Étiquette : La Droite

  • Un ex-président de la République française en prison

    Un ex-président de la République française en prison

    L’ancien président de la République Sarkozy a été emprisonné après sa condamnation par le tribunal correctionnel à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs ». Un appel est en cours et le condamné est donc de nouveau considéré comme innocent jusqu’au prononcé du jugement d’appel mais pour des subtilités juridiques un peu abscondes il a quand même été embastillé à la prison de la Santé dans le quartier réservé aux personnes protégées. Les spécialistes pensent qu’il devrait être libéré prochainement par suite du dépôt par ses avocats le jour de son incarcération d’une demande de libération en attendant le procès en appel.

    L’affaire en question concerne les relations troubles que son clan a entretenues avec le régime libyen du dictateur Kadhafi et les soupçons de financements illicites, venant de Libye, de la campagne présidentielle de 2007 à l’issue de laquelle M. Sarkozy a été élu. D’autres personnes impliquées ont été condamnées dont un ancien secrétaire général de l’Elysée (Claude Guéant) et un ancien ministre (Brice Hortefeux) à des peines de prison, plus quelques autres comparses comme Alexandre Djouhri, affairiste sulfureux, ou Ziad Takieddine, intermédiaire douteux en armement et filouteries franco-arabes diverses, tous deux « amis » de nombre d’hommes politiques français et habitués des dorures des palais de la République. Ils sont titulaires de la double nationalité, franco-algérienne pour le premier, franco-libanaise pour son comparse. Le second est décédé au Liban où il avait fui sous le coup d’un mandat d’arrêt international, quelques jours avant le prononcé du jugement, le premier a été incarcéré le jour du jugement.

    M. Sarkozy a par ailleurs été blanchi des accusations de « recel de détournement de fonds publics libyens » et de « corruption passive et financement illégal de campagne électorale ». Le tribunal a estimé que malgré les soupçons les preuves formelles qui devaient étayer ces accusations n’avaient pas été formellement réunies.

    Il n’en reste pas moins que ces dix années de procès ont démontré l’incroyable imbroglio politico-financier mené par des élus et dirigeants français, avant et après l’élection présidentielle, avec l’un des plus féroces et abjectes dictateurs que la planète ait portés, M. Kadhafi, dont les services ont été, notamment, les donneurs d’ordre de l’attentat du DC-10 d’UTA qui a explosé au-dessus du Sahara tuant 170 passagers et membres d’équipage dont 142 Français, y compris les double-nationaux. Les déclarations des différents accusés ont toutes confirmé et détaillé l’ampleur de ces relations malsaines. Comme ils l’ont eux-mêmes reconnu lors du procès, MM. Hortefeux et Guéant ont, notamment, rencontré à plusieurs reprises en Libye, Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur, chef du Service de renseignements militaires et, surtout, condamné par contumace à la prison à perpétuité par la justice française pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA.

    Les deux impétrants ont expliqué au cours de leur procès qu’ils n’étaient pas informés par les organisateurs libyens de leurs voyages leur feraient rencontrer M. Senoussi et qu’ils n’avaient pas quitté la réunion séance tenante par peur de provoquer un « l’incident diplomatique ». Leurs déplacements en Libye étaient d’ailleurs officieux et non coordonnés avec l’ambassade de France locale. Quelques mois après l’installation de M. Sarkozy à l’Elysée, son homologue libyen était reçu en grande pompe à Paris. On se souvient des images ubuesques de la tente que le dirigeant libyen avait fait installer dans le jardin de l’hôtel Marigny, résidence officielle des invités d’Etat. Le doute subsiste pour savoir si cette invitation grotesque était une récompense offerte au dirigeant libyen pour service rendu. La France a même envisagé à l’époque de vendre à Tripoli des centrales nucléaires et des avions de combat Rafale. Heureusement ces engagements sont restés lettre morte et quelques années plus tard une coalition internationale menée par la France et le Royaume Uni mettait fin aux méfaits du dictateur, plongeant au passage le pays dans un chaos dont il n’est toujours pas sorti.

    Il est désormais acté (et reconnu par eux) que les membres de l’équipe du candidat Sarkozy ont approché et négocié avec des tyrans en Libye, dont un condamné à perpétuité par la justice française. Une fois au pouvoir, le clan a déployé le tapis rouge de la République pour recevoir un clown sinistre avant de lui envoyer son armée ce qui a facilité son élimination physique par son opposition. L’aventure politique s’est terminée en 2011 par la mort de M. Kadhafi, l’aventure judiciaire se poursuit encore pour M. Sarkozy avec son passage en prison. Ses comparses ont été condamnés et certains sont aussi en prison. La responsabilité de l’ex-président français est engagée, il était le chef de ces pieds-nickelés et le tribunal a estimé que tout ce micmac d’aventuriers de rencontre n’avait pas pu être mené sans qu’il en soit informé. Il clame son innocence et refuse d’assumer ses responsabilités de chef. Un nouveau procès va se dérouler dans quelques mois et la Cour d’appel jugera de nouveau.

    La morale de cette histoire est que lorsqu’on est un dirigeant responsable il ne faut pas transiger aussi ouvertement avec les principes de la démocratie : on ne copine pas avec des dictateurs. « Dictateur un jour, dictateur toujours », ces personnages reviennent toujours à leurs mauvaises habitudes. On peut laisser le secteur économique faire des affaires avec ce genre de pays, pourquoi pas, mais recevoir les dictateurs avec tous les fastes de l’Etat ne mène qu’à des désillusions. Négocier avec eux conduit à la perversion. M. Sarkozy l’a fait plus tard avec le président syrien El-Assad. Le président Macron a continué cette méthode avec son homologue russe Poutine. Les résultats n’ont guère été brillants. Plus récemment M. Macron a reçu le successeur syrien du président Assad, M. Ahmed al-Charaa, accueilli dans la cour de l’Elysée avec tapis rouge et gardes républicains malgré son passé de terroriste qui l’a vu frayer avec les mouvements religieux qui ont mis le Moyen-Orient à feu et à sang ces dernières années. Il est à craindre que l’issue ne soit guère différente.

    Ces pratiques géopolitiques sont peut-être guidées par de « bons sentiments ». Elles ne sont pas raisonnables, certainement inefficaces, car il n’y a pas de rédemption possible pour ces dictateurs. M. Sarkozy doit actuellement méditer ce qui devrait être un précepte de la politique internationale.

  • Changement de taulier à Matignon

    Changement de taulier à Matignon

    Un nouveau premier ministre en remplace un autre à l’hôtel de Matignon, conséquence de la révocation du gouvernement prononcée hier par un parlement félon.

    Bonne nouvelle : le nouveau venu ressemble fortement à l’auteur Antoine de Saint-Exupéry.

    Peut-être sera-t-il aussi inspiré que le légendaire écrivain-pilote.

    Deuxième fait singulier, et un peu mystérieux, il ne cède pas à cette mode plutôt horripilante apparue depuis plusieurs années des embrassades entre hommes. A la place il pratique un toucher de fronts. On l’a vu ainsi à l’issue de la passation de service avec son prédécesseur remonter la file des ministres « démissionnaires », soit en serrant les mains, soit, pour les ministres dont il est manifestement plus proche, en embrassant les femmes et, pour les hommes, en les touchant du front à droite et à gauche. Le garçon parait discret et sur la réserve. Il n’ira sans doute pas sur les plateaux télévisés de Cyril Hanouna. Encore une qualité.

    Espérons maintenant qu’il saura aussi compter car il va en avoir besoin, surtout des soustractions.

  • L’ineffable Rachida Dati

    L’ineffable Rachida Dati

    La ministre de la culture Rachida Dati est au cœur de l’actualité. Tout d’abord judiciaire, puisqu’elle est soupçonnée de corruption et de trafic d’influence dans le cadre de contrats d’avocat qu’elle a signés avec des groupes industriels français pour lesquels les juges ont du mal à attester la réalité des prestations fournies pour des rémunérations qui elles ont bien été reçues. Elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel à une date non encore déterminée.

    Au plan électoral on connaît son ambition pour briguer la mairie de Paris aux élections municipales de 2026. Elle devrait probablement démissionner de son poste de ministre si elle était élue, voire même avant l’élection car il semble difficile de mener une campagne municipale en assurant en même temps un rôle ministériel. Suite à l’inéligibilité d’un député de la majorité prononcée par le conseil constitutionnel pour irrégularité dans ses comptes de campagne, une élection partielle est organisée dans la IIe circonscription de Paris qui couvre une partie des 6e, 7e et 7e arrondissements de Paris. Michel Barnier, 74 ans, éphémère premier ministre et haut-savoyard est candidat à ce poste avec l’appui de son parti Les Républicains (LR). Il se murmure qu’il aurait également des ambitions pour le poste de maire de Paris, voire aussi celui de président de la République. De quoi faire ombrage à Rachida Dati qui craint que si M. Barnier était élu député il puisse lui faire concurrence pour la mairie de la capitale… Alors elle vient d’annoncer qu’elle se présentera également à l’élection partielle pour s’assurer que Barnier échoue !

    Vous suivez toujours ? Mme. Dati, ministre et maire du VIIe arrondissement de Paris, va se présenter à l’élection législative partielle de 2025 pour la IIe circonscription de Paris afin, croit-elle, de faire place nette pour sa candidature pour la mairie de Paris de 2026. Si elle était élue député en 2025 il lui faudrait alors démissionner de son poste de ministre, ou de député. Et si elle était ensuite élue maire de Paris en 2026 il lui faudrait également démissionner du poste précédent qu’elle aurait conservé. Cela en dit long sur la solidité de ses engagements : se faire élire pour 5 ans comme député et savoir déjà qu’on sera amené à démissionner pour un autre poste quelques mois plus tard.

    On a là l’archétype de ces petits arrangements politiques qui découragent les citoyens français de se rendre aux urnes. Cerise sur le gâteau, Rachida Dati n’est pas vraiment en odeur de sainteté au sein de son parti LR qu’elle a quitté en 2024 pour accepter son poste actuel de ministre de la culture, puis réintégré le parti début 2025. Son agressivité naturelle lui a créé pas mal d’ennemis politiques dans son camp comme dans l’opposition. Son énergie est inépuisable mais ses convictions politiques semblent plus floues. Elle se présente résolument comme de droite et combat la gauche inlassablement. Issue de l’immigration marocaine, elle bénéficie de la double nationalité et a souvent été présentée comme un exemple de la réussite offerte par la République à ses citoyens méritants « issus de la diversité ». Elle agace beaucoup, vibrionne en permanence sur tous les médias, pour ses fonctions officielles comme pour ses affaires judiciaires, occupe la parole sur les plateaux télévisés et au conseil municipal de Paris où elle est en guerre ouverte avec la maire socialiste actuelle. Rien ne paraît très sincère chez elle, un peu comme la couleur de ses cheveux ou la chirurgie esthétique qui lui a transformé le visage.

    Beaucoup d’élus ne seraient pas mécontents de la voir tomber. C’est peut-être ce qui va lui arriver bientôt face à l’ampleur des défis politiques et judiciaires qu’elle s’est elle-même fixés.

  • La droite française à la peine face aux déficits publics

    La droite française à la peine face aux déficits publics

    On se souvient que Laurent Wauquiez, l’éternel candidat malheureux de la droite, rejeté systématiquement par les militants de son parti, avait pris fait et cause pour les émeutiers lors de la révolte dite des « gilets jaunes » en 2018, n’hésitant pas à contredire au passage ses déclarations précédentes sur le « cancer de l’assistanat ». Le voici aujourd’hui qui se transforme en soutien des chauffeurs de taxi dans leur combat contre l’Etat. On apprend d’ailleurs à cette occasion que la majorité du chiffre d’affaires de cette corporation est constituée de fonds publics de la sécurité sociale qui les rémunère ainsi de leurs prestations de transports médicaux. Les négociations en cours entre l’Etat et les taxieurs portent sur des économies à faire sur le coût de ces prestations, économies dont bien entendu ne veulent pas entendre parler les chauffeurs arguant que c’est la fin de leur corporation si on baisse d’un centime leur rémunération. Nous sommes en France…

    Les chauffeurs de taxi ont une capacité de nuisance significative puisqu’ils peuvent bloquer la circulation en défilant au ralenti en cortège aux volants de leurs voitures, et ne s’en privent d’ailleurs pas. Ils sont une corporation privée vivant majoritairement sur les fonds publics issus des cotisations sociales payées par les citoyens et les entreprises. Il ne devrait pas être impossible d’envisager une amélioration de leur productivité comme n’importe quelle entreprise ou organisation le fait tous les jours. On ne sait d’ailleurs plus vraiment où en sont les négociations mais on sait que la corporation est soutenue par Laurent Wauquiez grâce à une vidéo qu’il a commise et publiée sur Facebook.

    Son contenu n’est pas d’un grand intérêt. L’élu de droite endosse l’argumentaire de la corporation. Il est instructif de lire les justifications avancées par celui qui aspire à être président de la République. Florilège :

    Aujourd’hui les taxis sont colère [sic]…
    C’est une profession qui bosse et dans notre pays il y a suffisamment d’économies à faire sur ceux qui travaillent pas (sic) pour pas aller (sic) taper (sic) ceux qui travaillent…
    Deuxième chose… pour faire des économies de bout de chandelle alors qu’il y a plein de gaspillages on va déstabiliser tout le parcours d’accompagnement de santé, aussi bien dans nos territoires ruraux que dans nos territoires urbains.

    https://www.facebook.com/watch/?v=3911641555814533&surface_type=vod&referral_source=vod_deeplink_unit

    Comme tout le monde en France, on est toujours d’accord pour faire des économies, mais chez le voisin !

    Il n’est pas sûr que ce genre de soutien soit très porteur d’avenir pour Laurent Wauquiez qui vient de se faire doubler par Bruno Retailleau pour la présidence de Les Républicains qui a ainsi pris un peu d’avance pour la candidature de ce parti à l’élection présidentielle de 2027. Wauquiez, comme nombre d’élus français, n’existe que par ses annonces de nouvelles dépenses publiques ou la défense de dépenses actuelles. On se souvient qu’il eut une attitude plus qu’ambigüe lors de la réforme des retraites visant à mettre fin à la croissance continue des déficits de financement du système français. Sa position, et celle de son parti, plutôt tiède à l’égard de la réforme a probablement fortement contribué à la chute du gouvernement Barnier en 2024 et au chaos institutionnel qui en a résulté.

    Les électeurs et les militants « de droite » attendent sans doute des positions plus ambitieuses de ceux qu’ils portent à la tête de leur parti (leur « famille politique » comme on dit désormais). On peut imaginer que cette clientèle serait plutôt favorable à une maîtrise de la dépense publique, en tout cas moins défavorable que les électeurs « de gauche ». Mais même dans ce contexte favorable les élus de droite comme Laurent Wauquiez n’osent pas prendre leurs responsabilités et annoncer à leurs électeurs qu’il va bien falloir baisser les dépenses publiques !

    C’est aussi l’une des marques de la déresponsabilisation générale du pays.

  • Les pronostics de « Valeurs Actuelles »

    Les pronostics de « Valeurs Actuelles »

    La magazine « Valeurs Actuelles » affiche en couverture le portrait du déplorable trublion Cyril Hanouna en en faisant un candidat pour les élections présidentielles de 2027. Ce serait une situation intéressante si elle était confirmée, prometteuse d’une campagne électorale encore plus affligeante que d’habitude.

    L’intéressé a démenti tout idée de candidature en 2027 comme pour les campagnes suivantes. « Valeurs Actuelles », habitué des unes tonitruantes va sans doute devoir fiabiliser ses sources d’information !

  • Les médias français entre fébrilité et incompétence

    Les médias français entre fébrilité et incompétence

    Depuis la destitution du gouvernement « Barnier » du fait d’une motion de censure votée par la gauche propalestinienne alliée au Parti Socialiste et au Rassemblement National le 4 décembre, les médias bruissent de rumeurs sur le nom de son remplaçant potentiel. C’est d’ailleurs leur unique préoccupation, anticiper le nom du futur premier ministre. Depuis plusieurs jours le centriste François Bayrou semblait en bonne place pour le poste. Les journalistes qui ne savent pas attendre la décision pour la commenter vivaient dans une espèce de crise de fébrilité à grands coups d’éditions spéciales, de logos « Premier Ministre » et de trombinoscopes déroulant les bobines de ceux que les médias voyaient entrer à l’Hôtel de Matignon.

    Ce matin M. Bayrou a été invité à l’Elysée par le président de la République à 8h30. Il ne devait pas y avoir grand monde dans cette réunion, les deux impétrants et peut-être un ou deux conseillers. Comme la réunion a duré presque deux heures, les médias ont passé la matinée à essayer de percer le secret de l’oracle. Vers 10h, le consensus médiatique penchait pour une nomination de Bayrou, quasiment acquise, mais vers midi il a tourné casaque et annoncé que cette réunion avait été provoquée pour permettre au président d’annoncer à François Bayrou qu’il ne serait pas désigné premier ministre et qu’une place de numéro 2 du gouvernement lui avait été proposée comme lot de compensation.

    A 12h18 le journal Le Monde en ligne titre : « Au cours d’un échange tendu, François Bayrou a été informé par Emmanuel Macron qu’il ne serait pas nommé premier ministre, selon les informations du ‘Monde’ ». Las, à 12h44 Le même journal doit annoncer : « François Bayrou est nommé premier ministre, annonce l’Elysée dans un communiqué ». C’est la débandade médiatique, les journalistes ravalent leur chapeau et diffusent l’information officielle qui balaye leurs prévisions.

    On se demande comment même Le Monde tombe dans ce piège de la recherche du scoop au détriment de l’intelligence. Quel était le problème d’attendre le communiqué de l’Elysée pour commenter la décision ? Le journal a bien mentionné à 12h18 « selon [nos] informations »… eh bien vos informations étaient fausses, ou vous vous êtes faits manipulés Messieurs les journalistes ! Seul le président de la République a le pouvoir de nommer le premier-ministre, tant qu’il ne l’a pas fait il n’y a pas de premier ministre. Il l’a désigné à 12h44, il suffisait d’attendre 37mn pour commencer à commenter et être intelligent plutôt que racoleur. Ce n’est pas le choix qui a été fait par les médias.

  • Les forbans renversent le gouvernement

    Les forbans renversent le gouvernement

    La gauche propalestinienne, le parti socialiste (PS) et le rassemblement national (RN) se sont finalement retrouvés pour faire tomber le gouvernement dirigé par Michel Barnier à l’occasion du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale. Du coup, plus de budget de la sécurité sociale, encore moins de budget de l’Etat avant la fin de l’année 2024 et un gouvernement à reconstruire en espérant qu’il convienne à une assemblée nationale composée de trois minorités aigries et revendicatives. Cette structure inhabituelle fait que si deux des trois tiers s’opposent, ils l’emportent quels que soient les tiers en question.

    En l’occurrence la gauche n’a cessé de clamer que ce gouvernement Barnier était « dans les mains du RN » et qu’il fallait donc le faire tomber. La réalité montre également qu’elle eut besoin du RN pour faire voter sa motion de censure. C’est juste de la mathématique appliquée aux règles de majorité du parlement français : si deux tiers s’unissent ils l’emportent contre le troisième. La gauche avait donc besoin du RN pour sa motion de censure comme le centre avait besoin de la neutralité de la gauche ou du RN pour continuer à gouverner. Et ce sera le cas tant que ces minorités opposées survivront.

    Certains forbans qui les composent ont décidé d’allier les contraires et de mettre fin à l’expérience Barnier quelques jours avant la fin de l’année. Afin que l’Etat puisse légalement continuer à travailler il faut bricoler dans l’urgence une « loi spéciale » qui l’autorise à lever l’impôt à partir du 1er janvier. A défaut de budget 2025 voté avant la fin de l’exercice c’est le budget 2024 qui est plus ou moins reconduit ce qui entraîne quelques perles comme la révision automatique au 1er janvier des pensions de retraite de 100% du montant de l’inflation alors qu’il était question d’étaler cette hausse pour faire des économies. A l’inverse la réévaluation des tranches d’impôt en fonction de l’inflation devrait être reportée à l’adoption du budget 2025 qui pourrait intervenir au cours du premier trimestre 2025. En attendant, les contribuables devraient voir leurs impôts augmenter mécaniquement… Les parlementaires de tous bords s’activent actuellement pour rédiger des lois en urgence (avant le 31 décembre) qui annulent ou compensent les effets négatifs du non-vote d’un budget dans les délais. C’est kafkaïen et chacun tente de retomber sur ses pieds face à cette situation ubuesque. On ne sait pas à ce stade si les parlementaires ont prévu d’annuler leurs congés de Noël afin de faire voter ces lois d’urgence dans les derniers quinze jours qu’il nous reste.

    Sous l’action inconséquente de ses députés, eux-mêmes élus par des citoyens sans boussole, la France continue à se rabougrir. C’est le résultat de choix démocratiques qui se sont exprimés. Si l’on voulait une situation différente il suffisait de voter différemment. L’hypothèse d’introduction d’une partie de proportionnalité dans le code électoral revient à l’ordre du jour pour éviter ces trois tiers désastreux. Pas sûr que cela ne suffise à rétablir le pays qui continue à s’enfoncer avec délectation dans la décadence.

  • La France a voté à droite

    La France a voté à droite

    L’issue des élections législatives anticipées de juillet dernier a été de porter à l’assemblée nationale trois minorités : la gauche propalestinienne réunie sous la marque électorale Nouveau Front Populaire (NFP), un conglomérat de partis menés par La France Insoumise (LFI), un centre dominé par le parti présidentiel et Les Républicains (LR) et le Rassemblement National (RN), bâti sur les bases de l’ancien Front National d’extrême droite.

    L’entre-deux tours de ces élections a vu la reconstitution du « front républicain » consistant en des désistements et alliances improbables pour empêcher un candidat RN arrivé en tête au premier tour d’être élu au second. Les tenants de ce « front républicain » considèrent que le RN ne fait pas partie de « l’arc républicain » et que tous les moyens doivent donc être utilisés pour l’empêcher d’arriver au pouvoir, y compris, pour le centre droit, en faisant élire des députés LFI. Cette tactique a bien fonctionné et le RN, qui se voyait déjà aux commandes, n’a finalement eu « que » 143 députés élus si l’on compte aussi avec eux les candidats LR qui ont rallié le RN. Malgré les 11 millions d’électeurs qui ont voté pour ce dernier, les caractéristiques de ce scrutin à deux tours ne lui ont pas permis de faire carton plein et d’emporter la majorité, ce qui aurait été sans doute le cas si le scrutin avait été proportionnel ou si le « front républicain » n’avait pas fonctionné.

    Les tractations estivales menées alors que la France profitait des dépenses publiques considérables engagées pour les jeux olympiques d’été organisés à Paris ont aboutit au fait que le programme du NFP fait peur à tout le monde (sauf à ses électeurs) et qu’aucune des deux minorités de droite n’est disposée à faire affaire avec lui. Au contraire, le centre droit comme le RN ont affirmé leur volonté de censurer tout gouvernement comportant des ministres LFI. Prenant acte de cette situation, le président de la République a désigné un premier ministre de droite, Michel Barnier, issu du parti Les Républicains, qui ne représente que 8% de l’assemblée, mais qui a le mérite de pouvoir envisager de présenter des textes emportant le soutien, ou au moins l’abstention du centre droit, de LR ou du RN, alors que le NFP aurait quasi systématiquement vu ses projets contrecarrés par le centre et le RN réunis dans une même opposition.

    La gauche s’égosille et qualifie de « déni démocratique » le fait que le premier ministre ne soit pas issu de ses rangs mais elle a face à elle deux minorités qui peuvent constituer une majorité pour soutenir ce gouvernement, ou le faire tomber. On pourrait d’ailleurs voir un jour le RN s’associer avec la gauche propalestinienne pour voter une censure, ils pourrait y parvenir, au moins mathématiquement parlant. En attendant les représentants du NFP, relayés par les convives des dîners en ville, réaffirment qu’on ne peut pas parler ni négocier avec le RN. En réalité, le résultat de ces élections a marqué une nouvelle étape dans la « normalisation » du parti fondé par Jean-Marie Le Pen sur des fondamentaux de l’Algérie française et de la collaboration. Son successeur, le RN, présidé par Marine, la fille de Jean-Marie, s’est efforcé de gommer ces aspects rugueux. Par ailleurs, la génération de ceux qui ont connu la guerre d’Algérie, et encore plus la collaboration durant la seconde guerre mondiale, est en train de s’éteindre. Ces irritants vont progressivement disparaître. Et puis, le sujet de l’immigration, autre marotte du RN est maintenant une problématique largement partagée par les autres partis, sauf bien sûr LFI qui vante en permanence les mérites de la « créolisation » de la société française. Il ne devrait pas y avoir trop de difficultés pour le gouvernement Barnier à trouver un accord pour essayer de réduire certains flux migratoires. Pour le reste, notamment l’avenir de la réforme des retraites il faudra attendre pour connaître le sort qui lui sera réservé !

    Malgré les vociférations des uns et des autres, le résultat de cette élection législative impromptue montre que la France est « de droite ». Il n’est pas illégitime que le président de la République en ait tenu compte dans le choix du premier ministre. Toute nouvelle dissolution à court terme ne devrait pas fondamentalement changer les choses. Le gouvernement de la France dans ces conditions va être périlleux mais si les Français le voulait différemment ils auraient voté autrement. Il faut maintenant assumer le choix émis par les électeurs. C’est ce qu’on appelle la démocratie.

  • Le Rassemblement National (RN) effraie toujours autant

    Le Rassemblement National (RN) effraie toujours autant

    A l’issue des élections européennes du mois de juin aussitôt suivies d’une dissolution de l’assemblée nationale qui a divisé la nouvelle assemblée en trois blocs d’importance électorale à peu près équivalente, le RN, successeur du Front National (FN) s’est retrouvé aux portes du pouvoir en France avec environ 30% des votes exprimés. C’est le meilleur score jamais réussi par ce parti depuis que Jean-Marie Le Pen, le fondateur du FN dont la fille Marine préside le RN, s’était qualifié pour le second tour des élections présidentielles de 2002, reléguant le candidat socialiste (ancien trotskiste tendance lambertiste) à la troisième place. Opposé à Jacques Chirac le père Le Pen avait été balayé par le « Front républicain » qui s’était mis en place et n’avait rassemblé que 18% des suffrages au deuxième tour. C’était il y a vingt-deux ans.

    Ce 30 juin dernier, le RN et ses associés arrivaient en tête du premier tour des élections législatives avec 33% des suffrages. Aussitôt un nouveau « barrage républicain » est construit afin de limiter le nombre de députés RN à l’issue du deuxième tour et, effectivement, à force d’alliances improbables et de désistements opportunistes, au soir du 7 juillet, le RN et associés n’obtiennent « que » 143 députés alors que certains sondagiers leur prévoyaient au moins la majorité absolue (289 députés) et que le président du parti, bien rasé derrière les oreilles, se voyait déjà nommé premier ministre. Dans les dîners en villes c’est le soulagement : « les fascistes ne sont pas passés ! » Dans le reste du pays c’est la déception : « les bobos urbains nous volent notre victoire ! »

    Lire aussi : La France face à l’aventure

    Le Nouveau front populaire (NFP), association électorale hétéroclite dominée par la gauche propalestienne et son leader Jean-Luc Mélanchon (lui aussi d’origine trotskyste tendance lambertiste), se réjouit de l’efficacité du « barrage contre le fascisme » et aspire au pouvoir sur la base d’un programme électoral radical.

    Dans ces dîners en ville au cœur des quartiers gentrifiés, on se veut se rassurer en se disant que jamais un tel programme ne pourra être mis en œuvre en France, qu’il ne s’agit que de promesses électorales sans conséquences et les convives, qui, le plus souvent, ne l’ont pas lu, se tranquillisent en se disant que leurs impôts n’augmenteront pas et que leur patrimoine sera préservé.

    Lire aussi : Le programme du Nouveau Front Populaire

    La France forte de son histoire révolutionnaire, reste irriguée par une pensée marxiste plus ou moins diffuse mais toujours prégnante dans l’imaginaire collectif poussant ainsi une bourgeoisie aisée à préférer voter pour l’extrême gauche plutôt que l’extrême droite, réduisant ainsi à portion congrue le bloc « central » qui est pourtant à l’origine de leur réussite. Le résultat est aujourd’hui un pays avec à sa tête un gouvernement démissionnaire, un président de la République qui passe son temps à congratuler les athlètes français médaillés aux jeux olympiques PARIS 2024 et une assemblée nationale en vacances, sans majorité réelle où, pour le moment, droite et gauche affirment leur volonté de ne pas collaborer avec le centre, ou alors sur la base de leur programme et uniquement celui-ci. Les choses risquent d’évoluer à la rentrée car il faudra bien gouverner le pays. Si personne ne veut faire de concession Paris pourrait rester avec son gouvernement démissionnaire et le parlement ne plus voter de réforme mais expédier lui aussi les affaires courantes. Et si la loi de Finances 2025 ne peut pas être votée faute de majorité il faudra bien qu’un texte de compromis pour faire fonctionner l’Etat à partir du 01/01/2025, ne serait-ce que pour lever l’impôt et, notamment, payer les salaires et les frais des députés… Sans doute feront-ils preuve d’un minimum de réalisme le moment venu quitte à s’accorder sur un budget irréaliste. Les électeurs en jugeront et, s’ils sont mécontents, il leur restera l’opportunité de voter différemment aux prochaines élections législatives car malgré les craintes de beaucoup, la démocratie n’est pas encore en risque dans le pays.

  • Septembre 1966, à bord du croiseur De Grasse

    Septembre 1966, à bord du croiseur De Grasse

    A une suggestion que lui fait Alain Peyrefitte de dissoudre l’assemblée nationale, de Gaulle répond :

    Quelle idée ! Les Français ne comprendraient pas. Nous ne sommes pas l’Angleterre. Il n’y a vraiment pas de raison d’écourter le mandat. La dissolution est une arme précieuse qu’il ne faut pas émousser. Pourquoi renvoyer une Assemblée où il y a une majorité et essayer de la remplacer par une Assemblée où il n’y en aurait peut-être pas ? L’opposition ferait sa campagne contre cette décision injustifiée. Elle pourrait bien entraîner la conviction des électeurs. Ensuite, je serais privé pendant un an de la capacité de dissoudre la nouvelle Assemblée. La Ve République, c’est la stabilité. La dissolution n’est faite que pour résoudre des crises.

    Cette Constitution a été faite pour gouverner sans majorité. Je ferais appel, comme en 1958, à des hommes nouveaux, des techniciens, des spécialistes qui ne se soient pas compromis dans les luttes politiques, mais qui soient respectés pour leur compétence.

    Vous me voyez choisir comme Premier ministre un chef de l’opposition ? Vous me voyez installer Mitterrand à Matignon ? Ça voudrait dire que la légitimité du gouvernement reposerait non sur celle du Président de la République, mais sur celle de l’Assemblée ! Ça voudrait dire qu’on retournerait à la IVe ! Non, non !


    In « C’était de Gaulle » tome III, Alain Peyrefitte

    Transmis au président Macron qui vient de dissoudre l’assemblée nationale dont la nouvelle composition est nettement moins favorable au parti présidentiel.

  • Les électeurs français ont voté

    Les électeurs français ont voté

    Les Français ont voté et le résultat de leurs suffrages est une assemblée nationale divisée en trois tiers plus ou moins d’égale puissance en nombre de députés : la droite radicale composée majoritairement du Rassemblement National (RN), la gauche radicale, quatre ou cinq partis réunis dans l’alliance électorale Nouveau front populaire (NFP) dominée par sa composante propalestinienne et le centre droit. Aucune de ces trois tendances ne peut à elle-seule emporter la majorité absolue et donc faire appliquer son programme. L’assemblée est donc condamnée soit à l’immobilisme, soit à des alliances. Les partis ont déjà affiché leur défiance les uns envers les autres et expliquent qu’ils sont d’accord pour une alliance à condition que ce soit sur leur programme. Autant dire que la négociation s’annonce mal. Comme souvent, des dirigeants de rencontre élus par les Français privilégient leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt du pays.

    La solution de l’immobilisme ne serait finalement peut-être pas la pire des solutions. Elle entraînerait de fait une stabilité législative par l’impossibilité de faire voter de nouvelles réformes. Est-ce vraiment un problème ? Sans doute pas, préoccupons-nous déjà de faire appliquer les lois existantes. Le corpus législatif préexistant déjà très fourni suffit à occuper l’administration d’autant plus qu’un certain nombre de décisions ne relèvent pas d’un vote au parlement mais plus simplement de circulaires ou décrets qui pourront être pris par un gouvernement à mettre en place, quelle que soit sa couleur politique. On pourra attendre quelques temps pour envisager de nouvelles réformes législatives. En attendant, respirons un peu. Même la Loi de finances annuelle qui est le texte majeur de toute législature qui doit en principe être voté avant le 31 décembre de l’année précédente, s’il ne peut pas être voté du fait de l’irresponsabilité de partis incapables de s’entendre sur un texte commun, peut être mis en vigueur sans vote par renouvellement par douzièmes mensuels du budget précédent. La constitution de la Ve République a tout prévu.

    Et si les électeurs sont insatisfaits de devoir renoncer, au moins provisoirement, aux réformes tonitruantes annoncées par les partis sur lesquels ils ont porté leurs suffrages, il leur suffira la prochaine fois de voter autrement. C’est ce qu’on appelle la responsabilité des citoyens.

  • Des mots qui changent pour une même réalité

    Des mots qui changent pour une même réalité

    On ne dit plus « la victoire du RN » mais « la dynamique du RN » !

  • Panique dans les partis politiques non-RN

    Panique dans les partis politiques non-RN

    Les résultats du premier tour des élections législatives tenues dimanche dernier sont en train de déclencher une fébrilité inédite en France. Le Rassemblement National (RN) emporte 33% des suffrages exprimés y compris ceux en faveur de la partie de Les Républicains (LR) qui a migré vers le RN. Le vote pour ce parti est bien réparti sur tout le territoire, dont les départements d’outre-mer, sauf quelques grandes villes qui restent inspirées par les idées progressistes. Les jeunes, les cadres, même les retraités, toutes les catégories socio-professionnelles se dirigent petit à petit vers le RN et le vote pour ce parti est maintenant décomplexé.

    Le Nouveau Front Populaire (NFP), qui est le pendant du FN à gauche, est crédité de 28% des votes. La majorité présidentielle est en troisième position avec 20%.

    Dès que ces résultats ont été avérés, l’ensemble des partis politiques non-RN s’est mis à tenter de reconstruire le fameux « front républicain » pour « faire barrage à l’extrême droite » ce qui consiste à monter des accords en catastrophe entre les deux tours pour faire capoter la candidature FN, même lorsque celle-ci est arrivée en tête du premier tour. Pour ce faire ces partis anti-RN fusionnent leurs candidatures pour n’en présenter qu’une seule face à celle du RN et ainsi limiter l’éparpillement des voix. Cela revient aussi à forcer la main de l’électeur qui, s’il ne vote pas RN devra apporter sa voix au candidat unique anti-RN. Celui-ci peut toujours voter « blanc » ou aller à la pêche le jour du vote si le cœur lui en dit.

    Le Rassemblement National continue à effrayer le microcosme malgré ses efforts de « normalisation » lancés depuis plus de dix ans mais il n’effraie plus un électeur sur trois qui a mis très sereinement un bulletin dans l’urne en sa faveur dimanche dernier. C’est le dilemme auquel est confronté le microcosme : doit-il continuer à contester ce vote en menant des alliances improbables avec pour seul objectif « tout sauf le RN », au risque de braquer encore plus les électeurs concernés, ou peut-il considérer que le RN est devenu un parti fréquentable, comme les autres, et envisager qu’il puisse gouverner comme c’est d’ailleurs le cas dans des conditions assez similaires dans d’autres pays européens, ou même aux Etats-Unis sous l’ère Trump, passée ou à venir.

    C’est clairement la première option qui est à l’œuvre aujourd’hui où l’on voit des caciques de la droite et du centre appeler à voter dimanche prochain pour des candidats de La France Insoumise (LFI, extrême gauche propalestinienne) dans des circonscriptions où le RN est arrivé en ballotage favorable au premier tour. Choisir la seconde option, celle de la normalisation du RN, présente un risque que le microcosme ne veut pas prendre : celui de la résurgence des tendances d’extrême droite du RN une fois qu’il serait arrivé au pouvoir. Au-delà de cette agitation d’appareils, l’électeur choisira en fonction de ses convictions qui risquent de n’être pas forcément en accord avec celles du microcosme.

    Dans tous les cas, une France gouvernée par des extrêmes d’un bord ou de l’autre risque de se rabougrir un peu plus. C’est le principal échec du pouvoir actuel : n’avoir pas su convaincre le pays de rester dans la raison sous une gouvernance apaisée.

  • Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    La campagne électorale pour les élections européennes du 9 juin dernier avait été centrée sur la guerre à Gaza, largement attisée par le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI). Cela n’a pas empêché le Rassemblement national d’arriver en tête avec 31,4% des suffrages exprimés. La campagne en cours pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet, provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale le 9 juin au soir, est centrée sur l’antisémitisme. Ces deux sujets sont certes importants pour la bonne marche du monde mais devraient l’être un peu moins dans le cadre de campagnes électorales françaises.

    Qu’importe, les partis qui font la course en tête, le Nouveau Front populaire (NFP dont LFI est le principal membre) et le Rassemblement National (RN, droite radicale) ont trouvé là des os à ronger et des motifs d’attaquer l’adversaire. Et ils s’en donnent à cœur joie, ressassant les mêmes slogans rageurs qui, sans doute, n’intéressent pas considérablement leurs électeurs et, surtout, n’orienteront probablement pas le vote des indécis, s’il en reste encore à ce jour.

    La droite, et ceux qui s’en réclament sur les plateaux télévisés, cherche par tous les moyens à faire dire à LFI que le Hamas (mouvement qui gouverne la bande Gaza et dont la branche armée a lancé et exécuté les massacres du 07/10/2023 en Israël) est un mouvement terroriste. Les membres de LFI s’y refusent car ils considèrent que ce mouvement s’est défendu le 7 octobre et ne peut pas être considéré comme terroriste. Ils le croient sans doute très sincèrement et restent sur cette position en refusant de prononcer ce qualificatif de « terroriste ». Ils ont le droit de prendre cette position et de l’afficher, accessoirement ce sentiment doit être partagé par une partie de leur électorat. Il est improductif de perdre du temps à essayer de les faire changer d’avis, d’autant plus que c’est une position historique de l’extrême gauche française qui n’est pas nouvelle. Le parti LFI est transparent sur ce point et leurs électeurs se positionnent en conséquence.

    Lire aussi : L’extrême gauche française est extrême

    La droite radicale du RN saisit cette occasion pour se refaire une virginité et passer sous le tapis son histoire antisémite. On se souvient des sorties tonitruantes et des plaisanteries nauséabondes de Jean-Marie Le Pen le fondateur du Front National qui s’est transformé en Rassemblement National après un coup de balai donné pour rompre les liens avec les membres du parti les plus voyants dans leur antisémitisme, y compris le patriarche. Les plus anciens qui ont fréquenté les universités françaises dans les années 1970 se souviennent des combats extrêmement violents menés entre les milices du GUD (Groupement Union Défense d’extrême droite) et celle du BETAR (mouvement de jeunesse juif sioniste radical, que l’on peut aussi qualifier d’extrême droite) qui en ont laissé plus d’un sur le carreau. L’antisémitisme est une vieille histoire en France, comme d’ailleurs dans une partie de l’Europe. C’est surtout un drame de la bêtise rendu encore plus aigüe par les nouvelles religiosités qui s’emparent des masses. L’exploit est qu’aujourd’hui le RN arrive à se présenter comme le défenseur des Français de confession juive. Quel retournement ! C’est, au moins, une réussite marketing.

    Ce débat qui pollue le processus électoral en cours est vain. Bien entendu il doit rester quelques nazillons au RN et quelques staliniens au NFP, comme dans le reste de la société française d’ailleurs. On n’arrivera jamais à éliminer complètement ces idéologies mortifères. L’essentiel est de s’assurer que les institutions de notre vieille République restent suffisamment solides pour maintenir les digues empêchant leur généralisation, c’est ce qu’on appelle l’Etat de droit, notion tellement contestée par les extrêmes du moment qui privilégient le populisme. Cela reste le cas pour le moment. Mais les barrières contre l’abrutissement des masses restent fragiles et doivent être constamment consolidées.

    Et, pour revenir au sujet des élections législatives françaises, le mieux est de laisser les électeurs se prononcer en leurs âmes et consciences et ils auront ce pour quoi ils voteront, les extrêmes, le centre ou la chienlit.

  • Panique et faux-jettonerie

    Panique et faux-jettonerie

    La décision du président Macron de dissoudre l’assemblée nationale le 9 juin au soir suite à la victoire des partis de droite très conservateurs (Rassemblement National [RN] et Reconquête !) qui ont obtenu 37% des suffrages, les députés des partis minoritaires s’égayent dans la nature pour tenter de sauver leurs postes, tel un troupeau de gnous assoiffés à la recherche d’un point d’eau dans le cratère du Ngorongoro en saison sèche.

    Salch / Charlie Hebdo (24/05/2023)

    A droite, le chef du parti Les Républicains (LR), Eric Ciotti, a annoncé aujourd’hui vouloir faire alliance avec le RN afin de préserver le (faible) nombre de ses députés sortants qui risqueraient sinon de se retrouver face à des candidats RN, et pas forcément en position favorable. Aussitôt les caciques républicains ont poussé des cris d’orfraie toute la journée, jurant que « les valeurs » du parti empêchaient une telle alliance, que Ciotti était déloyal et menteur, qu’il devait démissionner, que « MonGénéral » et Jacques Chirac devaient se retourner dans leurs tombes et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

    En réalité tous ces élus LR ne font que critiquer la majorité présidentielle depuis 2022 (voire même depuis 2017), refuser de voter ses projets de loi, la menacer de motion de censure, voter certaines présentées par d’autres partis, brailler pour réclamer la démission du président, la dissolution de l’assemblée nationale, bref, s’opposer systématiquement à la politique actuelle alors que nombre des réformes sur la table sont largement compatibles avec la philosophie LR. Alors à force de s’opposer et de vouloir faire tomber le chef de l’Etat ils y sont presque arrivés mais entre-temps leurs électeurs sont allés voir du côté du RN et il ne va pas être facile de les faire revenir au bercail. L’alliance proposée par M. Ciotti semble cohérente, les opposants compulsifs à M. Macron cherchent à s’unir, leur haine à l’encontre du régime actuel est plus forte que ce qui les divise. Les vieux caciques se répandent dans les médias pour en appeler à l’histoire de leur parti et s’égosiller devant la décision du président de leur « famille politique » de se rapprocher du RN. Le mieux aurait été d’y penser un peu plus tôt pour être les acteurs d’une opposition intelligente en s’associant au moins aux projets qui allaient dans le sens de leur programme. Ils ont aujourd’hui le résultat de leur comportement politique stupide de ces dernières années.

    Certes, le président Macron est horripilant, s’écoute parler, a sans doute une haute idée de sa personne, a mal géré les finances publiques mais, à la fin de la journée il fait avancer les sujets propres à une démocratie protectrice dont 57% des dépenses sont publiques. Des sujets que la droite de gouvernement aurait dû partager très largement si elle avait mis de côté ses frustrations d’égo par suite des élections perdues. Il en a été différemment.

    Kiro / Le Canard Enchaïné (11/10/2023)

    A gauche la course aux alliances bat son plein et un Front Populaire est mis en place basé sur la forte composante propalestinienne de La France insoumise (LFI). La encore il s’agit de sauver les têtes des députés en évitant les faces-à-faces mortifères devant les électeurs dans les circonscriptions. Comme pour l’opposition de droite, on verra les programmes plus tard…

    Il reste la majorité actuelle qui fleure bon le centre droit qui devrait complaire à la majorité des électeurs si ce n’était cette détestation que le président provoque autour de lui. Tout ceci tourne un peu au chaos mais pouvait-il en être autrement au vu du comportement de nos élus ces dernières années ?

  • Temps agité pour les vieilles ganaches LR

    Temps agité pour les vieilles ganaches LR

    Il y a du bon et du mauvais pour la liste du parti Les Républicains présentée aux élections européennes ce 9 juin.  On se souvient que ce vieux parti n’avait pas réussi à rajeunir ses candidats en se sentant obligé de présenter Nadine Morano (60 ans) et Brice Hortefeux (65 ans) en 5e et 6e place. Le couperet est tombé entre les deux, Morano a été élue, pas Hortefeux qui peut maintenant prendre une retraite politique bien méritée.

    Lire aussi : Les vielles ganaches de LR s’accrochent au pouvoir

    En quoi le maintien de ces deux candidats sur la liste LR, tout sauf visionnaires politiques et encore moins glamours, peut expliquer le maigre résultat de LR de 7,25% ce 9 juin ? On ne le sait évidemment pas mais on peut penser que le renouvellement de la classe politique ne pourrait sans doute que motiver l’électeur à se prononcer en faveur de telles listes.

    Nadine Morano dans nos colonnes

  • Des journalistes aux petits pieds

    Des journalistes aux petits pieds

    Natacha Polony qui tient une place de choix dans le bal des pleureuses de la corporation journalistique, critiquant tout et son contraire, en permanence et à tout bout de champ, dans la politique suivie par l’Etat est une nouvelle fois prise en flagrant délit caractérisé de mauvaise foi. Elle appelle depuis des mois à « redonner la parole au Peuple » via des élections et, ce soir, alors que le président de la République annonce la dissolution de l’assemblée nationale, elle critique cette décision comme « contraire à l’esprit de la constitution de la Ve République » et déclenchée par la volonté du président de manipuler les partis politiques en semant le chaos en leur sein.

    Même ses collègues plumitifs lui ont fait remarquer ce soudain et fort peu compréhensible retournement de veste ce soir sur les plateaux télévisés tant il est flagrant. Mme. Polony, sous son joli minois, a l’habitude de noyer ses interlocuteurs sous un déluge de mots. Ses raisonnements sont souvent alambiqués, pour masquer leur légèreté. Ses critiques à l’encontre du pouvoir en place sont permanentes et un peu désespérantes tant elles sont récurrentes. Rien ne satisfait cette journaliste dont le fonds de commerce repose sur l’accusation systématique.

    Dans l’hebdomadaire Marianne dont elle est directrice de la publication elle a titré hier soir :

    Pas la moindre cohérence autre que tacticienne à la dissolution annoncée par Macron.

    Natacha Polony (Marianne du 10/06/2024)

    La dissolution, elle était pour mais du moment qu’elle a été décidée par le président Macron c’était donc une mauvaise décision. Après avoir usé le plateau télévisé de BFM dimanche soir en agitant son moulin à paroles une bonne partie de la soirée, elle s’est précipitée sur son ordinateur pour continuer sa logorrhée anti-Macron dans un article publié en ligne ce lundi. Il serait profitable pour les gens qui la lisent ou l’écoutent qu’elle réfléchisse un peu entre ses phrases pour afficher un peu plus de cohérence ce qui lui redonnerait de la crédibilité. En sera-t-elle capable ? Pour le moment, sa place de directeur de Marianne est potentiellement remise en jeu par suite du rachat de ce journal par un investisseur français, Pierre-Edouard Stérin, fervent catholique, qui ne serait sans doute pas opposé à accentuer encore la critique contre la majorité présidentielle.

    Rappelons que Mme. Polony bénéficie, comme tous les journalistes, d’une niche fiscale offrant une déduction de 7 650 EUR de ses revenus qui n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait pousser Natacha Polony à un peu de modestie lorsqu’elle critique la politique budgétaire de l’Etat.

    Natacha Polony est, hélas, assez représentative d’une profession journalistique qui a trop souvent remplacé l’analyse par le verbiage, et qui porte aussi une part de responsabilité dans le chaos politique actuel.

  • Retour aux urnes

    Retour aux urnes

    A l’issue du score peu reluisant de la majorité présidentielle aux élections parlementaires européennes le président de la République a annoncé ce soir la dissolution de l’assemblée nationale française et l’organisation de deux tours d’élections législatives les 30 juin et 7 juillet, forçant ainsi les partis à une précipitation certaine pour préparer un programme et le choix des candidats en trois semaines. Les élections européennes ont permis au Rassemblement national de marquer un score de plus de 30%, 37% même si l’on ajoute les votes apportés à la liste présentée par le parti d’Éric Zemmour. Fort de ce succès il est imaginable que ce parti fasse aussi la course en tête aux législatives prochaines, voire qu’un de ses représentants entre à Matignon comme premier ministre d’une incertaine « cohabitation ». On voit mal le parti présidentiel redresser la barre d’ici la fin du mois tant le président Macron déclenche le rejet de la majorité et la haine du plus grand nombre. La gauche propalestinienne reste aussi en embuscade avec un fort soutien populaire.

    Bref, cette décision inattendue va probablement amener les partis extrêmes au pouvoir. Voilà plusieurs années qu’ils s’en rapprochent sérieusement alors le réveil le 8 juillet au matin risque d’être agité. On ne connaît pas bien les motivations présidentielles qui ont poussé M. Macron à se lancer dans une telle incertitude, peut-être le désir de mettre les citoyens face à leurs responsabilités : « Vous voulez être dirigés par les extrêmes ? Eh bien c’est le moment de vous décider et de sauter le pas ! ». Sans doute est-il bien plus machiavélique ? Ou alors le président, simplement fatigué d’être sans arrêt contesté par tous, quoi qu’il fasse, veut laisser les « clés du camion » à un autre conducteur et advienne que pourra ? Dans ce dernier cas il aurait sans doute été plus efficace d’opter pour la démission plutôt que la dissolution.

    La plupart des partis d’opposition ont réclamé cette dissolution à un moment ou à un autre depuis le début de l’actuel quinquennat, et souvent pour des raisons diamétralement opposées. Ils viennent de l’obtenir, il va bien falloir qu’ils s’en débrouillent maintenant. Le peuple contestataire et parfois brailleur va aussi devoir faire avec ce qu’il a provoqué. L’heure de la responsabilisation, des dirigeants comme des citoyens, a sonné.

  • Les vielles ganaches de LR s’accrochent au pouvoir

    Les vielles ganaches de LR s’accrochent au pouvoir

    Le parti Les Républicains (LR) a publié sa liste des candidats pour les élections européennes du 9 juin et on constate que Nadine Morano (60 ans) et Brice Hortefeux (65 ans) y figurent aux 5e et 6e place, sans doute des positions éligibles. Il se murmure que les instances LR auraient bien voulu se débarrasser de ces vieilles ganaches qui ne plaident pas vraiment pour le renouveau du parti mais elles n’ont pas osé. L’apport de Morano et Hortefeux à la politique et l’avenir du parti est probablement proche de zéro, voire négatif si l’on en juge par leurs prestations dans les méfias où ils sont plutôt contre tout, y compris l’Europe. On ne sait d’ailleurs pas bien ce qu’ils ont fait ou promu dans l’enceinte du parlement européen.

    Nadine Morano est un cas d’école. Elle aura déjà fait deux mandats comme député européen, soit 10 ans et elle va sans doute rempiler pour 5 ans ce qui devrait l’amener jusqu’à la retraite.

    En réalité, ces vieux grognards de la droite française seraient de véritables repoussoirs si LR les présentait dans les élections nationales tant ils sont marqués par leur implication dans le passé et leur absence d’idées et de charisme. Mais il faut bien les récompenser de leurs bons et loyaux services bien que leur capacité de nuisance doive être quasiment nulle, qui se sent encore intéressés par ce que peuvent dire ou penser ces deux lascars ? Mais on les case quand même comme députés européens où ils disposent de revenus confortables et d’éléments de standing qui flattent leurs égos vieillissants. On peut espérer qu’ils ne seront pas élus le 9 juin mais, si par malheur ils l’étaient, LR devrait quand même veiller à ne pas les maintenir trop longtemps dans ses listes électorales où ils seraient très avantageusement remplacés par des plus jeunes et dynamiques candidats qui piaffent déjà d’impatience.

  • Un président qui boxe dans le vide

    Un président qui boxe dans le vide

    La photographe « officielle » du président de la République a publié une photo de celui-ci sur son compte Instagram (https://www.instagram.com/soazigdelamoissonniere/). On peut imaginer qu’elle l’a fait avec l’accord de l’impétrant qui avait lui-même publié une vidéo de sa pomme avec ses gants de boxe autour du cou pour inciter les citoyens à faire au moins 30 minutes de sport journalier et leur vanter les mérites des jeux olympiques qui s’annoncent en France cet été, tout particulièrement à Paris.

    Qu’un président pratique la boxe est une information de peu d’intérêt pour la République et ses citoyens, mais si cette activité lui permet de mieux gérer le stress généré par la fonction qu’il occupe, grand bien lui fasse. On espère juste que ces séances n’empiètent pas trop sur le temps qu’il doit consacrer au travail pour lequel il est payé par le contribuable. Cependant qu’il perde du temps à se faire photographier et, comble, à publier le résultat de ces séances sur les réseaux dits « sociaux » est pour le moins affligeant. N’a-t-il rien de mieux à faire en ces temps de crise ?

    Outre le nombrilisme inapproprié que dénote ce comportement, celui-ci illustre métaphoriquement la situation actuelle du président Macron. Il boxe dans le vide, celui d’une majorité absolue perdue au parlement, celui de la perte de contrôle sur les finances publiques, celui de grandes déclarations laissant froids les partenaires du pays, celui d’un mandat qui sera forcément le dernier. On lui souhaite de n’être pas mis KO, mais dans le combat qu’il mène ce ne sont pas les muscles qui permettent la victoire. Et si par malheur le président français était étendu sur le ring par les éléments contraires on lui dédie ces mots de Claude Nougaro.

    La joue sur le tapis, j’aperçois les chaussettes
    De l’arbitre là haut
    4… 5… 6… 7…
    Enfant je m’endormais sur des K. O. de rêve
    Et c’est moi qu’on soutient
    Et c’est moi qu’on soulève

    Quatre boules de cuir