Étiquette : Virus baladeur et autres joyeusetés

  • L’abrutissement publicitaire se poursuit même en période de confinement

    Les radios et télévisions publiques diffusent plusieurs fois par heure des messages publicitaires informant les citoyens de l’épidémie de coronavirus en cours et des gestes « barrière » à appliquer pour en limiter les risques. Ils sont dévidés avec le même ton commercial traînant et horripilant que les publicités pour les barils de lessive. Sont-ils vraiment utiles ? Y-a-t-il encore vraiment dans ce pays des citoyens qui ignorent que nous sommes atteints par une pandémie et qu’il faut se laver les mains régulièrement ? C’est tout de même assez peu probable.

    Mais c’est sans doute aussi la mission de service public radiotélévisé d’abrutir ses auditeurs et spectateurs en leur rentrant de force dans le cerveau ces messages sanitaires en utilisant les méthodes abêtissantes du marketing de masse. Il faut donc supporter, ce n’est pas très grave, juste un peu agaçant.

  • Pavlov et le coronavirus

    Parmi les réflexes pavloviens qui surgissent régulièrement dans le débat français, deux d’entre eux réapparaissent avec vigueur en ces temps de coronavirus baladeur : la fermeture des frontières et l’annulation de la dette africaine…

    Quelle que soit la courbe des évènements, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, que l’économie croisse ou décroisse, que la criminalité baisse ou augmente, que les français soient heureux ou non, la droite conservatrice préconise la fermeture des frontières comme mode essentiel de gouvernement. Si ça va mal, c’est de l’étranger que vient le mal. Si cela va mieux, cela serait encore meilleur si les étrangers ne venaient pas consommer notre bonheur. Les Marine Le Pen et autres Thierry Mariani appellent sans cesse à la fermeture des frontières comme l’alpha et l’oméga de toute politique en France. L’Union européenne a d’ailleurs fermé ses frontières extérieures pour le moment mais ce n’est pas assez pour les tenants du nationalisme qui veulent fermer les frontières de l’Etat et non pas uniquement celles de l’Union [des Etats]. Ce n’est pas la décision qui a été prise à ce stade par les élus français.

    Dans son intervention récente de lundi dernier, le président de la République française a appelé à « l’annulation de la dette africaine » pour aider ce continent à lutter contre le virus. C’est aussi un maronier de la doxa française : quoi qu’il se passe, annulons les dettes de l’Afrique ! Cela ne fait jamais de mal d’ânonner ce genre de slogan surtout lorsque l’on n’est plus le créditeur principal… La France (et donc ses contribuables) a déjà annulé par le passé des dizaines de milliards de dettes publiques au bénéfice des pays africains et délivre désormais son aide aux Etats des pays les moins avancés sous forme de dons. Evidemment cela fait moins de sous disponibles pour les bénéficiaires que lorsqu’elle distribuait généreusement des prêts en entretenant la fiction qu’ils seraient remboursés.

    Il semble qu’une partie significative de la dette des pays les moins avancés soit désormais le fait de prêteurs privés et de la Chine (en tant qu’Etat ou via des prêteurs chinois privés). Il leur revient d’annuler, ou non, cette dette qui, soit dit en passant, ne concerne pas que le continent africain. Le G20 a entériné lors de sa réunion du 15 avril une suspension provisoire des remboursements dus par les pays les plus pauvres (the poorest countries) aux Etats membres et demandé aux créanciers privés de s’associer à cette initiative, sans bien sûr pouvoir l’exiger puisqu’il s’agit de prêteurs privés. Il a par ailleurs lancé une énième réflexion sur l’inextricable et permanent serpent de mer : comment continuer à prêter à bas taux à des emprunteurs qui ne sont pas en mesure de rembourser leurs dettes. Si la réponse est « il n’y a pas de solution », il faut alors transformer les financements en dons ce qui nécessite une plus grande générosité des contribuables des pays riches. Cela fait juste un siècle que cette question tourne en boucle sans trouver de réponse vraiment satisfaisante ni définitive… si ce n’est de ressortir à chaque choc économique que les pays pauvres ont bien entendu plus de difficultés à amortir que les pays riches.

    We support a time-bound suspension of debt service payments for the poorest countries that request forbearance. We agreed on a coordinated approach with a common term sheet providing the key features for this debt service suspension initiative, which is also agreed by the Paris Club. All bilateral official creditors will participate in this initiative, consistent with their national laws and internal procedures. We call on private creditors, working through the Institute of International Finance, to participate in the initiative on comparable terms. We ask multilateral development banks to further explore the options for the suspension of debt service payments over the suspension period, while maintaining their current rating and low cost of funding. We call on creditors to continue to closely coordinate in the implementation phase of this initiative.

    G20 Finance Ministers and Central Bank Governors Meeting 15 April 2020 [Virtual]

    Le lien entre ces deux réflexes pavloviens est d’ailleurs que les partisans de la fermeture des frontières sont généralement contre l’annulation de dettes en faveur des pays pauvres, préférant favoriser leurs citoyens nationaux plutôt que des emprunteurs étrangers…

  • La France et ses fromages

     « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? »

    Mongénéral

    La théorie des 258 fromages ressurgit tous les jours en ces temps de pandémie de coronavirus. Le président de la République française a annoncé en début de semaine que le déconfinement des français va démarrer en principe le 11 mai par la réouverture des écoles mais sans doute un processus plus progressif pour les français considérés comme « vulnérables », les personnes âgées notamment.

    Aussitôt était lancé le bal des pleureuses : « on réouvre les écoles trop tôt, comment s’assurer que des gamins de 5 ans puissent respecter les gestes barrières ? » disent les uns, « on ne peut pas ségréger les personnes âgées, c’est de la discrimination » se lamentent les autres. Le président aurait annoncé le déconfinement immédiat des personnes âgées mais provisoire des écoliers, les pleureuses auraient inversé leurs arguments.

    Tout ceci est un peu décourageant… Nos sociétés sont habituées au « zéro risque » ou à ce que l’Etat assume tout pour eux. Nous sommes arrivés à une ère de déresponsabilisation globale des citoyens. La France a même constitutionalisé le « principe de précaution » en incluant l’article suivant dans la Chartres de l’environnement :

    Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

    Article 5 – Chartre de l’environnement

    Depuis 25 ans il y a selon l’INSEE entre 520 et 620 mille décès « ordinaires » chaque année en France. L’épidémie actuelle a déjà fait environ 20 mille morts « directs » à ce jour. Il y en aura d’autres en attendant la mise au point de traitements et de vaccins. Comme il y aura probablement d’autres apparitions de nouveaux virus, certains dévastateurs, d’autres moins. Dans la situation actuelle il semble difficilement envisageable de garder le pays (comme la planète) à l’arrêt, il faudra bien redémarrer l’activité un jour ou l’autre. Les autorités ont décidé de lancer le processus ce 11 mai, de façon raisonnée, d’autres pays confinés adoptent plus ou moins un calendrier similaire. Appliquons-le avec intelligence, faisons confiance aux dirigeants qui font ce qu’ils peuvent avec l’aide de scientifiques et de praticiens. Ces gens n’ont pas pour objectif de décimer la population française mais d’encadrer ce retour à la vraie vie. Il reste encore nombre de questions sans réponses, des pénuries de matériel handicapantes, des théories qui s’affrontent, des spécialistes qui s’écharpent… Gouverner c’est choisir et donc prendre des risques. A la fin il faut bien prendre des décisions et il n’y en a pas d’incontestables ni de faciles. Dans le cas d’espèce il existe des mesures dîtes « barrière » qui permettent de limiter ces risques, suivons-les.

    Bien sûr il va sûrement y avoir quelques gamins qui vont attraper ce virus du fait de leur retour à l’école, peut-être en mourir. Ce sera un drame indicible pour les familles concernées qui déclenchera à coup sûr des polémiques de plateaux télévisés sans fin. Mais c’est un risque que la collectivité s’apprête à prendre en cherchant à le contrôler autant que faire se peut. Nous sommes en présence d’une épidémie, personne ne l’a souhaitée et il faut bien faire avec. Son effet le plus immédiat est d’accroître le niveau de risque dans lequel évolue la société et ses citoyens. C’est ainsi.

  • L’épargne des ménages risque d’être entamée

    Les statistiques de la Banque de France du 3ème trimestre 2019 confirment que les ménages français sont toujours des épargnants importants. C’est environ 5 400 milliards d’euros de placements financiers qui sont détenus par les ménages au 30 septembre 2019, dont 3 500 en produits monétaires (principalement en dépôts bancaires et assurance vie). Pour donner un ordre de grandeur, le budget annuel de l’Etat est de l’ordre de 300 milliards et celui des prestations sociales de 530 milliards. Le stock d’épargne des ménages équivaut grosso-modo à 7 fois les budgets cumulés de l’Etat et des prestations sociales (retraite, assurance chômage, assurance santé, etc.) :

    Ce sont là des masses de placements financiers assez considérables. C’est évidemment une bonne nouvelle de savoir que le ménage français moyen est plus fourmi que cigale malgré sa réputation. Si l’on ajoute à cela qu’environ 60% des français sont propriétaires de leur résidence principale, on peut déduire qu’il y a quand même eu un peu de richesse créée dans ce pays même si bien entendu il y a de la dette privée en contrepartie pour financer ces actifs. Mais actifs financiers et immobiliers il y a !

    Pour environ 30 millions de ménages en France, le placement financier moyen est donc de 180 EUR par ménage (et de 83 EUR par personne pour les 65 millions de citoyens français), ce qui est nettement moins impressionnant que les chiffres en valeur absolue. Bien évidemment une moyenne n’a probablement guère de sens statistique sans prendre en compte l’écart-type par rapport à cette moyenne (le taux de répartition par catégorie socio-professionnelle). Mais pour un Etat affichant de gros besoins, cette masse de 3 500 milliards d’épargne monétaire des ménages va être une cible bien tentante.

    La crise économique majeure en cours provoquée par la pandémie de coronavirus risque de faire fondre une partie de cette richesse soit car elle sera consommée par le renforcement de l’inflation provoquée par l’action des banques centrales créant de la monnaie sans rapport avec la production, soit empruntée par la République comme « l’emprunt sécheresse » de 1973, soit carrément taxée comme ce fut le cas lors de la faillite de Chypre en 2013. Les trois hypothèses reviennent d’ailleurs au même en termes financiers même si elles n’ont pas des effets psychologiques identiques.

    Les placements en actions ont déjà perdu environ 30% de leur valeur. D’une façon ou d’une autre les placements dits « de taux » en principe plus sécurisés (dépôts bancaires et assurances vie) devraient plus ou moins connaître le même sort. Il va bien falloir payer toute cet effondrement économique d’une façon ou d’une autre. En tant de crise il vaut toujours mieux être endetté qu’épargnant. L’Histoire risque encore de le confirmer.

  • Le retour du marché noir

    Coco / Charlie-Hebdo (13/03/2020)

    Le chroniqueur faisant ses courses en ces temps de confinement constate avec intérêt que beaucoup de citoyens portent désormais des masques en extérieur, plutôt une majorité d’ailleurs, au moins pour les passants du quartier. On est en revanche surpris de réaliser que nombre de ceux-ci portent des modèles chirurgicaux, voire même de type FFP2 (et non pas des masques « alternatifs ») alors que ces deux catégories sont en principe réquisitionnées par l’Etat et réservées au personnel soignant. Comment ces citoyens se procurent-ils des masques réquisitionnés ? Un rapide sondage obtient toujours le même genre de réponse : « ma copine infirmière m’en a laissé un ce matin » ou « mon employeur nous en a donné », etc.

    On se retrouve un peu comme en 40 où la Kommandantur réquisitionnait les kartoffeln en laissant les topinambours aux parisiens. Il arrivait que le grand-père de Mme. Michu se lance dans le marché noir pour récupérer des patates et les revendre au prix fort. De la collaboration en 40 à Goldman Sachs qui expliquait en 2008 au gouvernement grec comment trafiquer sa comptabilité publique, les ressources du marché et la créativité de ses acteurs sont sans limite pour détourner les réglementations.

  • La presse et le virus

    Depuis presqu’un mois que la France est confinée, comme nombre d’autres pays de la planète, ses plateaux médiatiques d’information en continue ne parlent plus quasi exclusivement que de ce sujet. Ils accueillent nombre de commentateurs érigés en « experts de dîner en ville ». On trouve dans cette catégorie d’ailleurs beaucoup de soignants dont on se demande s’ils n’ont vraiment rien de mieux à faire en ce moment que de bavarder sur les plateaux ?

    Evidemment lorsqu’on a rabâché en continu 24h sur 24 depuis quatre semaines la question des masques, des tests, de la chloroquine, des lits de réanimation, des cambriolages de pharmacies et des statistiques du nombre de morts, sans oublier la coupe de cheveux du Pr Raoult, il est un peu difficile d’être original. Alors heureusement un nouveau sujet se profile à l’horizon : le président de la République doit faire une communication demain soir. La nouvelle mission dont la presse s’auto-investit est de deviner à l’avance ce qu’il va bien pouvoir dire. Et de nouveau la machine à tourner dans le vide s’est remise en route depuis déjà quelques jours puisque, justement, on ne sait pas encore ce qu’il va dire… Pour alimenter le mouvement perpétuel de cette machine infernale, les chaînes font appel depuis longtemps à une espèce qui n’est pas du tout en voie de disparition, celle des « communicants ».

    Au sein de celle-ci une catégorie de « communicants » est mise en avant, celle des « communicants de crise » particulièrement coriace et imbue de son importance. Alors que nos pays sont quasiment en crise permanente depuis celle du pétrole de 1973, cette espèce spécifique prospère et vend ses conseils aussi bien aux Etats qu’aux entreprises. Même certains particuliers y font appel, par exemple DSK lors de sa crise sexuelle du Novotel de New-York, ou Carlos Ghosn lors sa crise judiciaire (il est recherché par la justice japonaise depuis sa fuite au Liban). Lorsqu’ils interviennent pour des particuliers « en crise » la mission de ces « communicants de crise » est de sauver la mise de leurs mandants en leur faisant dire ce qui est censé mettre l’opinion publique de leur côté et qui n’est pas forcément la vérité. Lorsqu’il s’agit de « crise politique » on ne sait pas trop quelle est leur mission sinon d’aller occuper indûment et inutilement les plateaux télévisés pour y asséner leurs soi-disant principes fondamentaux de « communication de crise », qui sont généralement vrais le lundi puis démentis le mardi…

    Pour en revenir à l’allocution présidentielle de demain, le mieux serait sans doute tout simplement d’attendre lundi soir une fois que l’allocution aura été prononcée pour savoir ce qu’il y a dedans. Et ainsi, pendant le temps libéré, les journalistes pourraient peut-être consacrer quelques petits moments à d’autres sujets que le coronavirus ? Car pendant ce temps la guerre continue en Syrie, la station spatiale internationale tourne toujours autour de la terre, la campagne électorale se poursuit aux Etats-Unis, avec à la clé la possible éjection du président actuel, certaines entreprises produisent normalement, etc. On pourrait peut-être passer de 98% du temps d’antenne occupé par le virus à seulement 90 ou 95% ?

  • Les effets économiques vertigineux de la crise sanitaire en cours

    Plus le coronavirus se répand à travers la planète, plus l’on constate les effets vertigineux de l’arrêt de l’économie mondiale. Les dirigeants des pays touchés (presque toutes les nations en réalité) avancent des plans de soutien et de relance qui se chiffrent en milliers de milliards d’euros ou de dollars. Le monde est déjà en récession, le commerce planétaire est en sévère recul, plus-ou-moins la moitié de la population terrienne est confinée. On est stupéfaits devant la rapidité avec laquelle tout le beau château de cartes de l’économie mondiale s’effondre. On pourrait penser qu’après tout un mois ou deux de ralentissement devrait pouvoir être absorbé sans trop de difficultés… mais ce n’est pas le cas et les Etats ne sont globalement pas en mesure de prendre le relais pour combler ces mois d’arrêt. Ou plus exactement, les Etats des pays développés vont emprunter massivement sur les marchés financiers pour injecter cet argent dans leurs économies et les autres vont faire ce qu’ils peuvent. Les déficits des finances publiques vont être gigantesques. Les banques centrales de ces pays riches ont déjà annoncé qu’elles faisaient sauter tous les verrous monétaires et étaient prêtes à racheter ces dettes étatiques, ce qui revient à faire tourner « la planche à billets » comme l’on disait autrefois.

    La théorie économique veut que la création de monnaie de la banque centrale sans contrepartie dans le développement de la production entraîne l’inflation. Ces théoriciens ne comprennent d’ailleurs toujours pas pourquoi ce n’est pas le cas depuis la crise financière de 2008. Laissons-leur encore un peu de temps pour réfléchir, les évènements actuels vont apporter des expériences en temps réel pour approfondir leurs analyses. Ce qui est probable est que cette masse considérable de dettes publiques en cours de construction va bouleverser durablement le système financier planétaire et devra bien être apurée d’une façon ou d’une autre, soit par de l’inflation soit par de l’impôt, dans les deux cas c’est bien nous les citoyens qui allons payer.

    Certains pays développés qui ont opté pour le confinement de leurs populations sont en train de penser sérieusement à y mettre fin même si le risque sanitaire est encore loin d’être éteint. Ils procèdent à une classique analyse coûts-bénéfices des deux alternatives : confinement avec une économie à l’arrêt et moins de morts immédiats versus non-confinement avec une économie qui fonctionne mais une morbidité sans doute beaucoup plus élevée. « Produit intérieur brut » vs. « Coronavirus », c’est un dilemme qui n’est pas facile à trancher (en dehors des plateaux télévisés), d’autant plus que les avis divergent à l’intérieur même des communautés scientifiques, économiques ou politiques. Pour le moment la France a opté pour le confinement et semble vouloir le prolonger encore quelques semaines.

  • La Queen monte au front

    Elisabeth II, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, 93 ans, s’est exprimée quelques minutes ce soir à la télévision pour son peuple, y compris les citoyens du Commonwealth, pour leur parler de la crise sanitaire du coronavirus. Elle s’exprimait depuis son château de Windsor et de ce fait ne portait pas un de ses inimitables chapeaux. Dommage ! Elle affichait tout de même perles, broche et pot de fleurs dans un ensemble parfait.

    Il n’est pas sûr que ses mots soient très efficaces contre le coronavirus mais cette reine, quelle classe tout de même ! Des ruines de Londres bombardée par les allemands durant la IIème guerre mondiale aux événements actuels elle traverse le temps avec cette froide sérénité tellement britannique. Son fils se rétablit du coronavirus et son premier ministre est à l’hôpital, elle reste de marbre et règne, tout simplement.

    “We will meet again”

    …est sa conclusion.

  • Le risque du tourisme à l’étranger

    Comme lors de chaque catastrophe, humaine ou naturelle, planétaire ou localisée, des touristes français se retrouvent bloqués à l’étranger, parfois très loin, avec la volonté de retrouver la mère-patrie au plus vite. Comme à chaque catastrophe, la République, bonne-mère, déploie tous les efforts nécessaires pour ramener ses enfants sur le sol national, généralement aux frais des contribuables. Comme à chaque catastrophe, la plupart des rapatriements se passent bien et sont réalisés rapidement avec la bonne volonté de tous les acteurs impliqués. Mais comme à chaque catastrophe, un certain nombre de touristes sont difficiles à exfiltrer rapidement pour différentes raisons.

    C’est le cas avec cette épidémie de coronavirus pour certains pays, notamment aux Philippines en confinement où il n’y a plus de lignes aériennes entre les multitudes d’iles de l’archipel et la capitale. Les touristes sont un peu laissés à eux-mêmes pour trouver une solution avec l’aide en ligne des ambassades et consulats français. Bien sûr, certains d’entre eux se révoltent et ne comprennent pas pourquoi la République n’est pas capable de leur envoyer un avion spécial toutes affaires cessantes pour les cueillir là où ils sont, bien sûr gratuitement… Et de déverser leur rancœur sur les réseaux dits sociaux auxquels ils ont toujours accès, surtout quand ils ont dû payer à leurs frais un billet d’avion retour.

    Selon le ministère français des affaires étrangères il y avait 130 000 nationaux dans cette situation (y compris des voyageurs d’affaires) au début de l’épidémie. Il n’en resterait plus que 10 000 à ce jour en attente d’une solution que les autorités françaises s’efforcent de mettre en œuvre. L’épicentre de la pandémie étant désormais européen, les touristes bloqués aux Philippines ou ailleurs sont parfois stigmatisés par les populations locales.

    Gageons que tout ceci va se résoudre progressivement mais l’irresponsabilité de certains français est, comme souvent, plutôt confondante. Aller passer des vacances à l’étranger c’est prendre un risque, celui de se retrouver dans un environnement social, économique, politique qui est différent de celui de son pays d’origine. Quand tout va bien, on profite de cet exotisme que l’on est venu chercher, mais quand un grain de sable grippe la belle machine du tourisme au long cours on se rend compte assez rapidement que l’on est plus « chez soi ». Prendre l’avion pour passer quinze jours de vacances aux Philippines c’est encourir divers risques, celui de la faillite de la compagnie aérienne qui vous y transporte et disparaît avant de vous en avoir ramené, celui d’une éruption volcanique, d’un coup d’Etat, d’une guerre ou… d’une pandémie planétaire comme aujourd’hui. Quel que soit le cas, il est plus difficile et plus onéreux de ramener un touriste français en perdition aux Philippines que dans le Cantal. Nous en sommes là aujourd’hui.

    « C’est l’ambassade de France qui est maintenant chargée de nous trouver une solution de retour avec Qatar Airways et un vol via Doha. Aucune idée des dates possibles et des prix. Nous sommes donc en attente, sans plus de précisions, et avons été obligés de prolonger, à nos frais, l’hôtel et les dépenses quotidiennes, sans parler du billet à venir… » (Une touriste en Birmanie)

    « Au fond ma situation est loin d’être grave…. Mais on peut se demander si c’est normal que l’on puisse laisser des ressortissants français seuls comme ça et qu’on leur assène que le rapatriement n’est pas de leur ressort, sans explication et sans solution bis. » (Un étudiant en Allemagne)

    Journal Le Monde du 25/03/2020

    La mondialisation « heureuse » dans laquelle nous baignions ces dernières années nous a fait oublier ces quelques évidences et, il est vrai que les risques pris étaient marginaux, mais l’intensité de ceux-ci est probablement en train de croître. Le transport aérien va sans doute être l’un des plus atteints par la crise actuelle et, au sortir de celle-ci, il n’est pas sûr que l’activité aérienne soit rétablie « comme avant ». Peut-être qu’il coûtera désormais plus cher de se transporter à l’autre bout du monde, favorisant ainsi les vacances… dans le Cantal, moins risquées s’il faut revenir chez soi en cas de problème. A priori on attrape autant le coronavirus à Aurillac qu’à Cebu mais peut-être est-on mieux potentiellement mieux soigné dans le Cantal qu’aux Philippines, surtout quand on est français. Il faut juste y penser avant de s’embarquer à Roissy.

  • Quelques chiffres sur les dépenses de santé

    En ces temps de crise sanitaire où les experts de plateaux télévisés assènent des sentences définitives et non documentées (« la casse de l’hôpital public », « une gestion de comptables » et bla-bla-bla et bla-bla-bla), il n’est pas inutile de rappeler quelques faits chiffrés publics disponibles à quiconque sur les sites web de l’administration et du parlement.

    Le budget de la sécurité sociale fait l’objet d’une loi votée chaque année par les élus de la République. La Loi de financement de la sécurité sociale 2020 (PLFSS) rappelle les montants qui sont en jeu :

    Compte tenu des circonstances il est probable que les chiffres votés pour l’année 2020 devront être actualisés mais ils s’élèvent pour le moment à 533 milliards d’euros de dépenses, dont 224 milliards pour la maladie (y compris les hôpitaux). Chaque année depuis 2018 les recettes sont inférieures aux dépenses dégageant donc un déficit. Pour donner un ordre de grandeur, la dette publique française est d’environ 2 400 milliards pour le moment.

    En résumé, la République collecte et dépense 500 milliards d’euros chaque année pour ses prestations sociales, dont 220 pour le volet maladie. Cela représente 21% du produit intérieur brut du pays et 117% du budget de l’Etat, et cela augmente chaque année en valeur absolue. Alors ces sommes sont peut-être mal dépensées, insuffisantes, mais elles sont tout de même assez considérables. Il serait judicieux que nos experts de plateaux télévisés les mentionnent de temps à autre pour que leurs auditeurs se rendent compte de ce dont on parle. A tout le moins il serait intéressant de demander à ceux qui se plaignent et réclament « plus de moyens » quels sont exactement les besoins et une fois que l’on s’est mis d’accord sur les « dépenses », passer aux « recettes » nécessaires pour arbitrer ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.

    Augmenter ces sommes est envisageable, on peut passer les dépenses sociales de 21% du PIB à 25 ou 30 ou 40%, il suffit de voter cette évolution, en dépenses comme en recettes

    Allez, encore deux petits croquis pour la route qui permettront à nos stars de plateaux télévisés qui n’ont ni le temps ni les neurones pour lire les 94 articles de la Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020, d’améliorer leurs analyses :

  • Au Café du commerce

    L’impréparation et le déni de nos dirigeants vont nous coûter bien plus cher qu’un stock de masques et des équipements hospitaliers décents pour faire face à la pandémie.

    Mme. Michu au Café du commerce

    Comme à son habitude Mme. Michu rouspète et rabâche ses plaintes en boucle au Café du commerce entre deux ballons de blanc sec. Elle est largement relayée par les « experts » de plateaux télévisés qui ont fait du sujet « masque » l’une de leurs polémiques favorites après avoir raillé et ironisé il y dix ans la constitution de stocks de vaccins et, déjà, de masques lors de l’épidémie de grippe H1N1 en 2009. Ces stocks n’avaient finalement pas été utilisés puis avaient été très significativement réduits et la responsabilité de leur détention partagée entre l’Etat et les établissements hospitaliers.

    A la question « serait-il préférable d’avoir un stock de masques plus important aujourd’hui » la réponse est évidemment oui, non seulement à Paris, mais dans tous les pays qui sont en chasse de volumes considérables de ces fameux masques dont la planète manque cruellement. A la question « faudra-t-il adapter le système de santé à ces risques épidémiques, ou en tout cas à certains d’entre eux », la réponse est évidemment oui en choisissant le niveau de risque que l’on veut couvrir. A la question « qui va payer », la réponse est évidemment : M. et Mme. Michu !

    Plutôt que le pitoyable bal des pleureuses donné en spectacle sur les plateaux télévisés et au Café du commerce, le mieux est que toute cette énergie perdue soit consacrée à soutenir notre pays qui lutte contre cette maladie, pas plus mal que certains et bien mieux que beaucoup. On n’a pas assez de masques, eh bien les chaînes logistiques sont sur le terrain pour améliorer l’approvisionnement. Notre système de santé est dimensionné pour 5 000 lits de réanimation et ce n’est pas assez, eh bien le corps médical a réussi à faire passer l’offre à 10 000 lits en quelques semaines. Certaines régions sont dramatiquement touchées, eh bien on transfère dans d’autres villes des patients à coups de trains à grande vitesse transformés en ambulances, d’hélicoptères transformés en tapis volants. On a dû fermer les écoles et les universités, eh bien on a recyclé l’enseignement dans le cloud… etc.

    Est-ce que tout ceci est 100% satisfaisant : non bien sûr. Est-ce que l’on ne se porterait pas mieux si le virus était resté en Chine : bien sûr que oui. Alors arrêtons de geindre, cessons de critiquer, gelons les polémiques, admirons ce qui fonctionne, soutenons les premières lignes, appliquons les recommandations. Bref, soyons moins franchouillards et plus efficaces, Mme. Michu y compris.

  • La France réquisitionne les masques produits sur son territoire, les autres pays font de même

    La polémique sur la pénurie de masques continue à faire rage en France dans le contexte de la crise sanitaire. Environ 100 millions de masques auraient déjà été distribués par les autorités de santé en fonction d’une liste de bénéficiaires prioritaires préétablie. 100 millions sont insuffisants par rapport au besoin mais ce n’est pas zéro.

    Dès le début de la crise l’Etat français a réquisitionné toutes les productions de masques sur le territoire national, c’est-à-dire que ceux sortant des usines françaises (on parle d’une production d’une dizaine de millions par semaine, en cours d’augmentation) doivent être remis à l’Etat et ne peuvent donc pas être vendus à l’exportation. Des commandes publiques auraient été passées à l’étranger pour 1 milliard de masques supplémentaires afin de combler la pénurie. Le problème est que la grande majorité des pays atteints par le virus sont à la recherche de ces mêmes masques et que les pays producteurs font grosso-modo la même chose que la France c’est-à-dire qu’ils réquisitionnent leurs productions nationales pour assurer en priorité les besoins de leurs populations. L’arrivée de ce milliard de masques va sans doute se faire au compte-gouttes dans l’hexagone. C’est le fruit d’un « chacun pour soi » bien compréhensible en pareils circonstances, et il est difficile de reprocher aux autres de faire ce que fait la France sur son territoire national…

    Pour l’avenir, la solution sera peut-être de reconstituer un stock de sécurité de masques pour le prochain virus baladeur. C’est techniquement assez simple à faire, il suffit de financer la dépense conséquente.

  • Le risque du chaos

    L’incertitude dans laquelle la pandémie de coronavirus plonge la planète laisse imaginer que le pire puisse en être une option de sortie. Ce serait évidemment un scénario hollywoodien mais le risque d’un véritable chaos n’est sans doute pas à exclure totalement. Chaos interne si des gangs profitaient de la situation pour semer le trouble ou, plus prosaïquement, que des mouvements sociaux mettent la France à feu et à sang. Chaos externe si, au hasard, la Russie décidait d’annexer la Géorgie ou d’envahir la Pologne. Ou si des extrémistes religieux décidaient de reprendre la route de Bamako Bref, gageons que l’intelligence et la raison prévaudront sur la planète au cours de cette crise sanitaire d’un genre nouveau.

  • L’âge critique approche

    L’âge critique approche

    Les statistiques de morbidité de l’épidémie actuelle de coronavirus diffusées tous les jours montrent que plus de 90% des décédés ont plus de 65 ans… Evidemment, quand on en a 62 on sent l’âge critique arriver. D’ailleurs, au-delà de la maladie actuelle, lorsque l’on arrive dans les 70 ans on entre dans des temps qui peuvent être ceux des tourments médicaux. Et il n’y a pas que le coronavirus qui attaquent les seniors, hélas. Quand on vieillit on passe des étapes qui nous rapprochent de ces temps incertains, avant une échéance finale qui elle est certaine. Les statistiques sont redoutables !

  • Une vieille idée : faire payer l’Allemagne !

    En compagnie des pays mal gérés du sud de l’Europe, la France (en déficit de ses finances publiques depuis 1974) relance sa vieille idée de mutualiser la dette européenne, espérant profiter de la crise sanitaire en cours pour faire plier les pays du nord, et en particulier l’Allemagne. En fait il s’agit de faire emprunter l’Union européenne en tant que personne morale, sachant que les éventuels prêteurs savent que derrière cet emprunteur multinational il y a des propriétaires que sont les Etats avec des bons et des mauvais mais, l’un dans l’autre, les prêteurs espèrent que les dérives des uns seront compensées par les vertus des autres. C’est un peu comme l’assurance automobile, les bons conducteurs payent pour les accidents provoqués par les mauvais, c’est le principe de la mutualisation. Dans le cas d’une dette européenne, les mauvais élèves bénéficieraient d’un taux d’intérêt et d’un accès à la ressource moyennés, c’est-à-dire meilleurs que ce qu’ils obtiendraient seuls. A l’inverse, les bons élèves paieraient plus chers…

    On imagine toutefois la difficulté d’une dette communautaire : comment détermine-t-on le montant à emprunter, l’affectation des sous encaissés, les parts respectives de chaque Etat dans le pool d’emprunteurs, le mode de remboursement ? Que se passe-t-il si un Etat quitte l’Union avant l’échéance ou y rentre, etc. Bref, nous sommes sans doute encore (très) loin de présenter la maturité et la solidarité suffisantes pour mettre en œuvre une dette mutualisée.

    D’ailleurs l’Allemagne et les Pays-Bas viennent déjà de dire (sèchement) non ! L’inquiétude des pays mal gérés réside sans doute aussi dans l’accès aux marchés : compte tenu de l’ampleur des sommes dont on parle, qui se chiffrent en centaines de milliards d’euros, trouveront-ils assez de prêteurs pour répondre à la somme de leurs besoins nationaux ?

    Lire aussi : « Mutualiser la dette », la nouvelle illusion !

    Non, décidément, le mieux qu’aurait pu faire la République française eut été de rétablir l’équilibre de ses finances publiques avant la crise pour pouvoir affronter celle-ci dans de meilleures conditions sans avoir à devoir « faire la manche » auprès des pays nord-européens ! Cela n’a pas été fait et nous allons sans doute en payer les conséquences.

    Les plus anciens se souviendront que « faire payer l’Allemagne » on a déjà essayé avec le Traité de Versailles signé en 1919 à l’issue de la Ière guerre mondiale. Conclusion, elle n’a pas payé et elle a de nouveau franchi le Rhin vers l’Ouest en 1940… Il convient donc de manier ce concept avec prudence et intelligence.

  • Les ploucs de la République

    En cette période de crise sanitaire la lecture de quelques comptes Twitter de responsables franchouillards est assez édifiante, voire légèrement déprimante sur les bords. Les habituels bons clients : les Eric Ciotti, Gilbert Collard, Christine Boutin, entre autres, se déchaînent. Plus ou moins confinés comme le reste de la population, ils semblent passer encore plus de temps que d’habitude à répandre critiques et insultes en 140 signes contre « ce gouvernement d’incapables »[1] en n’oubliant pas de publier aussi leur bobine en tête de gondole histoire de se rappeler au bon souvenir de leurs lecteurs. Et comme tous ces personnages bénéficiant manifestement de beaucoup de temps libre se retwitte les uns les autres avec enthousiasme on a un peu l’impression que ce média est saturé par toute la ploucitude politique dont des élus de la République, rémunérés par les contribuables, sont capables.


    [1] Nadine Morano Tweet du 26 mars

    Polémiques vaines, nombrilisme renforcé, critiques gratuites, injures déplacées, on a parfois envie de donner les clés du pouvoir à ces  donneurs de leçon pour les voir à l’œuvre ! Cette irresponsabilité de certains attise la tendance naturelle de Mme. Michu à vouloir couper des têtes des responsables qu’elle a élus. Elle cache aussi, bien malheureusement, le fait que la majorité des français se décarcassent pour vivre et participer à cette cause nationale de la lutte contre l’épidémie. Comme toujours en France, une minorité organisée et médiatisée arrive à semer un trouble nuisible dans la République. Décidément, on a bien les dirigeants que l’on mérite.

  • Le syndrome « rue Lauriston »

    Les râleurs et les escrocs prospèrent en période de crise, rien que de très normal tant que cela reste statistiquement minoritaire. En l’occurrence on est en train de dépasser les bornes de la décence avec des dénonciations qui rappellent le temps où la grand-mère de Mme. Michu dénonçait son voisin juif au siège de l’officine française de la gestapo rue Lauriston durant l’occupation allemande de la France lors de la IIème guerre mondiale.

    Aujourd’hui des infirmiers et infirmières qui sont amenés à croiser des malades du coronavirus dans leur activité professionnelle reçoivent des courriers, anonymes ou pas, de voisins des immeubles dans lesquels ils habitent leur demandant de veiller à ne pas toucher les boutons d’ascenseur, de se garer plus loin, etc… et même d’aller « habiter ailleurs si possible ». L’un d’eux a reçu un courrier officiel du syndic de l’immeuble qui s’est excusé ensuite.

    Les arnaqueurs font par ailleurs preuve de créativité et d’énergie pour escroquer ladite Mme. Michu qui, une fois qu’elle a dénoncé son voisin, se fait fourguer des faux masques de protection vendus sur internet par des aigrefins de passage.

    Cette montée de ploucitude est désolante, sans doute inévitable en de telles circonstances où la peur prend le pouvoir sur les neurones de certains, déjà bien atteints par des décennies de match de fouteballe à la télévision et les tweets de Nadine Morano.

  • Déjà des plaintes en justice

    Ça y est, il n’aura pas fallu attendre plus de quelques semaines après le déclenchement de la crise sanitaire pour que des individus portent le sujet devant la Justice. En l’occurrence, quelques médecins généralistes attaquent l’Etat pour que les masques FFP2 (à haut niveau de protection) soient fournis aux généralistes. Si l’Etat était déclaré coupable il serait dans l’obligation de fournir ces masques qu’il n’a pas en quantités suffisantes pour le moment d’où la gestion de pénurie. C’est un peu comme ce fameux droit opposable au logement que le président Chirac avait fait voter dans un grand élan de générosité (et sans doute pour avoir la paix) obligeant l’Etat à fournir un logement social à toute personne sans logement répondant par ailleurs à quelques conditions, distribution qu’il est évidemment incapable de faire puisqu’il n’en détient pas assez.

    Cette déplorable tendance franchouillarde à polémiquer et à trouver des têtes à couper se manifeste une nouvelle fois, et en plein cœur d’une crise grave. Ces médecins n’ont-ils rien de mieux à faire que d’ester en justice par les temps qui courent ? Il y a pour le moment un écart entre l’offre et la demande de masques qui semble-t-il est en voie de réduction. Des gens intelligents et opérationnels s’occupent d’augmenter les capacités de production nationales. Des millions de masques sont produits et distribués chaque semaine, d’autres sont commandés à l’étranger. Ne doutons pas que chacun fait le maximum pour participer à la réduction du goulot d’étranglement, les actions en justice n’y changeront pas grand-chose sinon de satisfaire les égos de plaignants en mal de gloriole personnelle peu soucieux d’efficacité opérationnelle, et d’emboliser un système judiciaire lui aussi au ralenti.

    C’est d’autant plus regrettable que cela risque d’être le début d’une longue litanie d’actions judiciaires que devrait mener un peuple développant un réflexe pavlovien : « c’est la faute à l’Etat » ! Si tous les citoyens pouvaient se mettre au travail et consacrer toute leur énergie à la résolution de la crise ce serait bien.

  • L’immigration agricole

    C’est le printemps, les récoltes de fruits et légumes s’annoncent pour les jours à venir et l’habituel flux de travailleurs agricoles immigrés se tarit du fait de la fermeture plus ou moins hermétique des frontières nationales. Alors le principal syndicat agricole français fait appel aux bonnes volontés pour aller cueillir les fruits et légumes dans les champs. Il manquerait 200 000 travailleurs dans les champs :

    Voici un effet plutôt inattendu de la fermeture des frontières. Et l’on découvre les travaux que les citoyens français ne veulent plus ou ne savent plus faire, et pour lesquels la République fait appel à l’étranger. C’est un bon exemple du sujet de la « démondialisation » qui devrait venir sur la table à l’issue de la crise. Si l’on veut résoudre cette dépendance à l’étranger pour notre agriculture il faudra juste trouver 200 mille personnes chaque année pour les 3 mois de récolte printanière. Pour cela il faudra peut-être augmenter les salaires versés ce qui accroîtra le prix du kilo de carottes payé par Mme. Michu au marché ; ou alors réquisitionner des travailleurs. Ce débat sera mené demain et promet nombre de polémiques franchouillardes, d’autant plus qu’il ne sera qu’un des sujets au milieu de bien d’autres similaires.