Auteur/autrice : Rehve

  • Maurice Thorez à la Mairie d’Ivry

    Mariage à la Mairie d’Ivry : dans le hall d’entrée trône un monument à la gloire de Maurice Thorez « militant éminent du mouvement ouvrier français et international ».

    Secrétaire général du parti communiste français lors de la deuxième guerre mondiale, Thorez est mobilisé en septembre 1939 alors que l’Union soviétique a signé le pacte germano-soviétique avec l’Allemagne nazi. L’international communiste dirigée par Moscou enjoint alors à Thorez de déserter, ce qu’il fera avec sa femme Jeannette Vermeersch en rejoignant Moscou. Il est alors condamné à six ans de prison pour « désertion en temps de guerre » par la justice française et déchu de sa nationalité française. Il est également déchu de son mandat de député.

    Il restera en Union soviétique jusqu’en novembre 1944 date à laquelle le gouvernement provisoire de de Gaulle (qui comprend deux ministres communistes) lui octroie une grâce individuelle. Il réintègre aussitôt son poste de secrétaire général et n’a pas perdu sa popularité auprès du monde ouvrier. Stalinien compulsif il fut ensuite ministre et poursuivra son œuvre partisane.

    Il fallait à l’époque réconcilier les français, et nombre d’entre eux étaient communistes dont certains furent de nobles résistants durant la guerre après la rupture du pacte germano-soviétique. Tout ceci relève maintenant de l’Histoire.

    La grande salle des mariages est décorée d’une vaste fresque en hommage à la révolution française de 1789. On y voit le peuple réjouit portant des fleurs vers un ciel bleu et pur, en avant pour un monde nouveau et radieux.

  • Nouvel attentat islamiste au Royaume-Uni

    Trois terroristes islamistes tuent huit personnes à Londres ce 3 juin. Trois victimes sont françaises. Les trois agresseurs ont écrasé des passants sur un pont dans une première étape puis, après être sortis du véhicule fou avec des couteaux, ils ont poursuivi leurs meurtres au hasard dans les pubs du quartier. Le groupe Etat islamique a revendiqué cette action.

  • Agitation diplomatique au Moyen-Orient

    L’Arabie-Saoudite et les Emirats Arabes Unis, plus quelques satellites comme l’Egypte et les Iles Maldives, rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils accusent cet Etat gazier de soutenir le terrorisme et l’Iran et veulent l’en punir en organisant de plus un embargo aérien, maritime et terrestre de l’émirat. Tous ces pays du Golfe sont de confession musulmane-sunnite et leurs gouvernements largement connectés avec l’Occident à qui ils achètent un armement sophistiqué et onéreux, investissent lourdement leurs pétrodollars sur les bourses américaines et européennes. Ils comptent plus ou moins sur le parapluie protecteur de Washington qui a déjà servi une fois ou deux pour libérer le Koweït, sous mandat des Nations Unies, envahi par l’Irak en 1990, puis destituer le dictateur Hussein de Bagdad en 2003, sans mandat cette fois-ci. On sait que cette dernière guerre s’est très mal déroulée et est en partie à l’origine de la flambée de terrorisme qui brule le monde, et tout particulièrement le Moyen-Orient qui est à feu et à sang sans discontinuer depuis ces évènements.

    Voir l’Arabie-Saoudite critiquer l’implication du Qatar dans le terrorisme ne manque pas de faire sourire. C’est l’hôpital qui se moque de la charité… Ces Etats musulmans ont tous été les promoteurs de l’Islam politique qui est, avec le pétrole, le socle de leur pouvoir. Tous ont œuvré à diffuser cette idéologie à travers la planète par tous les moyens dont ils disposent, financiers bien sûr, mais aussi théologique via des imams, centres culturels, mosquées prêchant le wahhabisme et le salafisme à travers la planète, cherchant à prendre le contrôle des neurones des citoyens musulmans pour leur imposer ce mode de pensée et de vie.

    L’étape ultime de ce totalitarisme religieux est le terrorisme mis en œuvre actuellement par une multitude de groupes armés qui ne cherchent pas à convaincre mais à imposer leurs vues par les armes. Aujourd’hui, les plus barbares parmi ces clans sont de confession sunnite (groupe Etat islamique, Al Qaïda,…). Ils s’écharpent sur les terrains de combat en Irak et en Syrie, et commettent des attentats sanglants en massacrant des civils indistinctement chez ceux qui n’ont pas, ou pas assez, les mêmes croyances qu’eux.

    L’Iran de confession musulmane-chiite a beaucoup donné dans l’action terroriste contre l’Occident dans les années 80/90 mais semble s’être calmé avec le XXI siècle. Là encore il n’est pas sans ironie de voir ces Etats sunnites menés par l’Arabie-Saoudite désigner l’Iran comme grand méchant loup acteur principal du terrorisme mondial !

    Tous ces Etats religieux, obsédés par ce qu’ils croient être leur mission divine ont passé, et continuent à passer, un temps infini à diffuser une idéologie d’un autre âge plutôt que de se consacrer au développement de leurs pays pour le bien de leurs peuples. Comme tous les régimes idéologiques la guerre est un des moyens à disposition et ils n’ont pas manqué de l’utiliser. Ils ont dépensé pour ce faire des sommes faramineuses. Sans doute le monde contemporain eut été différent, peut-être plus apaisé, s’ils avaient passé plus de temps à s’occuper de l’Homme plutôt que de chercher à plaire à Dieu. L’Occident a réglé le compte de ses idéologies les plus dévastatrices : la chrétienté, le nazisme, le communisme. Il lui reste à gérer quelques remugles de nationalisme et de populisme, ou plutôt de bêtise à courte vue. Gageons qu’ils seront moins violents. Il faut maintenant que l’Orient mène la bataille de l’intelligence et de la raison humaines.

  • Exposition Rodin au Grand Palais

    Exposition Rodin au Grand Palais

    Auguste Rodin est mort il y a 100 ans. Le Grand Palais organise « L’exposition du centenaire » autour de cette célébration. C’est l’occasion de revenir sur le parcours artistique de ce sculpteur important et prolifique qui laissa aussi des dessins, des gravures et des photographies. Certaines œuvres sont célèbres : les Bourgeois de Calais, le Penseur, le Baiser, elles sont exposées ici dans une de leurs déclinaisons en plâtre. De nombreux portraits d’hommes et de femmes ponctuent l’exposition montrant ainsi l’une des sources d’inspiration majeure de l’artiste. La sensualité des corps de marbre ou de bronze est frappante et l’on se demande même comment il est possible de travailler ainsi des matériaux si durs. Les dessins de Rodin illustrent encore la modernité de cet artiste qui fut reconnu en son temps et le demeure.

  • Champs Elysées

    Mon Général sur les Champs-Elysées

  • Attentats religieux en Orient

    Des religieux islamistes continuent les massacres aveugles au Proche et Moyen-Orient, toujours au nom de Dieu.

    • En Egypte le 27 mai 2017 un bus transportant des citoyens cooptes est attaqué, il y a au moins 29 personnes tuées.
    • En Afghanistan le 31 mai 2017 un camion lourdement piégé explose dans un quartier animé de Kaboul, il y a 80 morts et des centaines de blessés.

    Le Groupe Etat islamique a revendiqué ces actions et rappelé que le mois de ramadan qui a commencé fin mai doit être utilisé pour renforcer les meurtres contre les mécréants. Il a été suivi.

  • C’est le printemps…

    Il y a les soldes de printemps à cette époque, mais il y a aussi l’offensive de printemps des… talibans afghans. C’est traditionnel depuis que ce pays en en guerre, c’est-à-dire depuis l’invasion soviétique de 1979, au moins pour la période contemporaine : tous les printemps, lorsque la neige a fondu sur les contreforts de l’Himalaya et que les voies de communication redeviennent circulable après les frimas de l’hiver, les islamistes talibans repartent à l’assaut de qui détient le pouvoir. Que ce soient des soviétiques, des pakistanais, des occidentaux, des marionnettes des uns ou des autres qui sont aux commandes, eh bien ça ne loupe pas, les talibans veulent reprendre le pouvoir pour y installer leur idéologie religieuse régressive, alors ils repartent à l’assaut après l’hiver. C’est l’offensive de printemps, comme il y a la cuvée du patron !

    Ce serait risible si cela ne se traduisait par des centaines de morts chaque année et l’autodestruction réglée de ce pays par les siens. De guerres civiles en guérillas internationales, d’interventions étrangères en actions terroristes, les talibans sont toujours là et descendent de leurs montagnes le printemps venu pour tenter de réinstaller leur régime d’un autre âge. Gageons qu’ils y parviendront à force de lasser le reste de la planète et de gagner les combats contre les plus grandes puissances, animés d’une foi à ébranler les montagnes et armés par on ne sait trop qui !

    Le mieux est peut-être pour l’Occident de prendre acte de son échec à vouloir pacifier ce pays en l’accompagnant sur le chemin d’une civilisation moderne qu’il n’est pas sûr que la majorité de sa population désire vraiment. Si les intérêts supérieurs des pays occidentaux l’exigent il sera toujours possible d’y retourner guerroyer de temps à autres mais vouloir y rester durablement pour y instaurer un développement politique et économique apaisé est juste au-delà des compétences de ces puissances.

  • Le parti de la famille

    On ne dit plus en France un parti politique mais on parle de la famille politique. On ne sait pas bien ce qui a déclenché cette évolution des éléments de langage, sans doute le rejet des partis devant leur absence de résultat. Peut-être aussi parce que les partis traditionnels sont devenus de véritables auberges espagnoles où l’on essaye de faire cohabiter des courants irréconciliables sous l’apparence du rassemblement et d’une vision commune. A défaut de chefs capables d’imposer le silence dans les rangs, ces partis se sont divisés au point d’en être inefficaces, plus préoccupés de querelles d’égos que d’intérêt général.

    Alors pour cacher cette misère on rebaptise les partis en familles pour y donner un côté sympathique et ouvert à la discussion interne. Le problème est que cette notion de famille fait aussi sérieusement penser à la mafia, ses familles et ses parrains…

  • Comment un ministre peut-il se présenter aux élections législatives ?

    Nous sommes en France et rien ne semble impossible à une classe politique ambitieuse. Un nouveau gouvernement est en place depuis peu sous l’autorité du président Emmanuel Macron et sous l’aura du renouvellement et de la probité. Des élections législatives sont organisées pour mi-juin et un certain nombre de ces ministres sont candidats.

    Comment peut-on être en même temps ministre tout juste nommé et mener une campagne électorale ? Il est juste temporellement impossible de mener les deux tâches correctement. En cas de succès à l’élection comment l’impétrant va-t-il choisir entre son poste de député ou son poste de ministre ?

    Quelle que soit sa décision il sera coupable d’arrogance et de foutage de gueule ! S’il choisit de rester ministre pourquoi avoir fait croire aux électeurs législatifs qu’ils pouvaient voter pour lui pour assurer un mandat parlementaire ? S’il opte pour le parlement et démissionne de son ministère, pourquoi avoir accepté ce poste pour seulement quelques semaines, durée où il n’aura clairement rien pu faire de notable, d’autant plus qu’il était en campagne ?

    Le président a énoncé une règle voulant que si un ministre candidat aux législatives n’était pas élu il doive démissionner de son poste de ministre pour avoir été désavoué par les électeurs législatifs. C’est plutôt l’inverse qu’il aurait fallu édicter. Le gouvernement travaille sur une loi de moralisation de la vie publique et il conviendrait d’y inclure un article rendant impossible pour un ministre de se présenter à une élection sans avoir démissionné préalablement.

  • Attentat du groupe Etat islamique au Royaume-Uni

    Un nouvel attentat suicide s’est déroulé à Manchester à la sortie du concert d’une artiste américaine pour pré-adolescents ce 22 mai. Il y a une vingtaine de morts et de nombreux blessés, souvent très jeunes. Le terroriste qui s’est fait exploser est citoyen britannique d’origine libyenne d’une vingtaine d’années. Son père et son frère ont été arrêtés en Lybie et auraient déclaré qu’ils étaient au courant du projet d’attentat.

    Le groupe Etat islamique a revendiqué ce massacre et continue consciencieusement la mission de terreur dont il se croit investi par Dieu.

  • TESSON Sylvain, ‘Dans les forêts de Sibérie’.

    Sortie : 2011, Chez : folio #5586

    Aventurier-écrivain, fils du journaliste Philippe Tesson, Sylvain a parcouru le monde par des voies improbables, à pieds, à moto, immobile, et en a rapporté des récits intéressants. Il est aussi amateur d’escalades originales sur des cathédrales avec des motifs plus ou moins politiques comme la défense du Tibet. Il chute gravement en 2014 de la façade d’une maison et reste handicapé.

    Ce récit raconte son isolement dans une cabane de bois au bord du lac Baïkal durant six mois d’hiver. Il y raconte son émerveillement pour cette nature rugueuse mais finalement plaisante. En raquettes, en escaladant, en kayak (lorsque les glaces se dispersent sur le lac), sous le soleil ou dans la tempête, se lance dans des périples osés aux alentours pour finalement retrouver sa cabane et l’ivresse de ses bouteilles de vodka et de sa bibliothèque autour de la chaleur du poêle à bois.

    Il n’est si seul que l’on pourrait l’imaginer. Deux chiens l’accompagnent durant la seconde moitié de son séjour, mais surtout d’autres compères des bois lui rendent visite de temps à autres, sans parler de quelques nouveaux riches russes qui se lancent en rutilantes voitures sur la surface gelée du Baïkal et viennent importuner notre ermite le temps de vider bruyamment quelques bouteilles.

    Au-delà de la beauté gelée du lac et des forêts de Sibérie, on comprend que l’auteur a voulu aussi se réfugier loin du monde moderne et de son temps hystérique :

    « La solitude est cette conquête qui vous rend la jouissance des choses. »

    Immobilité, lecture et réflexion produisent ce récit, celui d’un homme qui a réglé son temps sur celui d’une nature sauvage mais apaisante :

    « Nos rêves se réalisent mais ne sont que des bulles de savon explosant dans l’inéluctable. »

    C’est un luxe qui demande du courage.

  • L’égo des journalistes

    Un nouvel évènement agite le microcosme du petit monde journalistique : David Pujadas, 52 ans, présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne publique France 2 depuis 16 ans est prié de laisser sa place sans pour autant être licencié, il continuera à être rémunéré pour animer d’autres émissions. Depuis 16 ans il affiche sa trombine à l’écran tous les soirs, sauf les week-ends, pour lire un bulletin d’information et annoncer quelques reportages, parfois mener une interview. Comme à chaque fois qu’un journaliste connu est remplacé, a priori contre sa volonté, le petit monde de la presse s’émeut et crie à la censure.

    Il y a quelques mois Jean-Pierre Elkabach, 78 ans, animateur de la tranche d’information du matin depuis des années s’était vu transférer sur le week-end. Il démissionnera considérant que cette nouvelle tranche horaire n’est pas à la hauteur de ses compétences. Et ne revenons pas sur les départs de Patrick Poivre dit d’Arvor et autres Claire Chazal. D’Arvor a présenté le journal de la première chaîne pendant 30 ans et il s’est plaint amèrement lorsqu’on lui a demandé de passer la main…

    Aveuglés par leurs égos surdimensionnés les journalistes français s’imaginent immortels et surtout, pensent que leurs immenses compétences sont irremplaçables. Quelle prétention ! Pujadas sera vire oublié comme le furent Poivre et Chazal, mais surtout il sera remplacé par la génération suivante qui fera sûrement aussi bien. En tout cas il faut lui laisser sa chance et savoir décrocher, qualité ans doute aussi peu répandue dans le monde journalistique que dans celui de la politique.

  • Le président turc aux Etats-Unis

    Le président turc Erdogan a rendu visite aux Etats-Unis ce 16 mai à un moment où la Turquie s’éloigne de l’Occident tout en restant membre de l’organisation de défense atlantique (Otan) et alors que Washington a annoncé vouloir accentuer ses livraisons d’armes aux milices kurdes qui combattent en Syrie le groupe terroriste Etat islamique, mais sont aussi des opposants à Ankara.

    Ces deux présidents populistes et grande gueule vont devoir compromettre sur des sujets sensibles, chacun tenant l’autre par la barbichette. Les forces de l’Otan disposent et utilisent des bases militaires en Turquie pour différentes opérations armées au proche et moyen orient. Les forces turques interviennent directement en Syrie plus ou moins sous l’aile russe et en soutien au régime syrien auquel s’oppose l’Occident. Pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions mais on peut gager que ces deux présidents roublards vont bien trouver un accord a minima en catimini, quitte à dire le contraire devant les journalistes.

    La vraie question qui risque de se poser à plus ou moins court terme est le maintien de la Turquie dans une alliance militaire dont elle s’oppose frontalement à tous les membres, en des termes qui manquent souvent d’élégance. A force de mener sa diplomatie avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine le président turc s’est mis tous ses voisins à dos. La charte de l’Otan stipule qu’en cas d’attaque contre un pays membre les autres doivent réagir. Il n’est pas vraiment réjouissant de penser que si l’Irak ou la Syrie attaquaient militairement un jour la Turquie, lassées des jérémiades et agressions diverses d’Ankara à leur encontre, eh bien les troupes occidentales de l’Otan seraient censées défendre la Turquie. Il va falloir y penser sérieusement si ce pays continue à dériver loin des intérêts occidentaux.

    Au cours de cette visite turque aux Etats-Unis, des manifestations se sont déroulées devant l’ambassade turque où l’on vit les gardes du corps présidentiels turcs sortir pour tabasser les opposants kurdes, parfois de nationalité américaine, devant une police locale dépassée par les évènements. Il faut dire qu’il est plutôt inhabituel de voir des services de sécurité étrangers faire le coup de poing contre des manifestants à l’occasion d’un voyage présidentiel. Ainsi va la Turquie !

  • Exposition France Allemagne(s) 1870-1871

    Exposition France Allemagne(s) 1870-1871


    Le musée de l’armée aux Invalides expose et explique ce que furent la guerre de 1870-71 contre la Prusse, et la révolution qui s’en suivit à Paris : la Commune. Guidée par l’empereur Guillaume Ier et son chancelier Bismarck la confédération des Etats d’Allemagne du Nord « se fait » déclarer la guerre par Napoléon III pour unir ses forces contre un agresseur commun. La défaite militaire française fut rapide et sans discussion, marquée par la capitulation de Sedan dont la mémoire est encore si vive dans la mémoire militaire hexagonale. L’empereur est alors fait prisonnier et finira sa vie en exil au Royaume-Uni.

    La guerre n’en est pas finie pour autant et la Prusse assiège alors Paris et le bombarde. Malgré un soutien de la province pour tenter de sauver la capitale, la défaite est totale. Un armistice est signé le 26 janvier 1871 suivi par le traité de Frankfort le 10 mai qui consacre l’annexion de l’Alsace et la Lorraine. Guillaume Ier poussera même la provocation en prononçant l’Empire allemand dans le Château de Versailles.

    La guerre est sauvage et malgré les moyens militaires de l’époque, les ravages sont terribles. Les photos d’époque montrent des villes comme dévastées par des bombardements aériens. Il n’y avait pas encore d’avions mais la technicité allemande des canons Krupp y suppléa.

    Devant la déroute de Napoléon III et de son régime, le peuple de Paris (la ville n’a pas été formellement prise par les prussiens) se lève contre les « capitulards » et lance l’insurrection en proclamant la Commune de Paris qui sera réduite en deux mois après une féroce répression. La France reste occupée jusqu’au paiement complet des indemnités de guerre en 1873.

    L’exposition retrace bien la solitude européenne de de la France en 1870 face à la Prusse. Les autres pays lui marquent un soutien prudent mais la laissent seule au combat. Heureusement la leçon aura été retenue pour les deux guerres suivantes contre l’Allemagne qui seront mondiales pour réduire la barbarie. On comprend mieux aussi les origines de la Commune qui reposent certes sur le sentiment anti-Napoléon III mais surtout sur la nationalisme de ses animateurs qui ne veulent pas céder devant les casques à pointes (dont des exemplaires sont bien sûr exposés) mais défendre la patrie attaquée !

    La France reste occupée jusqu’au paiement complet des indemnités de guerre en 1873. Les allemands reviendront en 1914, puis en 1940 avant de participer à la création d’une Europe en paix, mais que de mauvais souvenirs.

  • Un hold-up d’Etat se prépare

    Une délégation de l’organisation mafieuse du comité olympique international est en visite à Paris pour analyser si toutes les conditions nécessaires sont en place pour le hold-up de l’argent public des contribuables parisiens et nationaux qui se prépare pour financer des compétitions sportives. Cette délégation est reçue avec les flonflons de circonstance par la mairie de Paris et même le président de la République.

    La société organisatrice doit bénéficier d’une exonération fiscale totale qui ne manquera pas d’être votée par un parlement qui a déjà largement exonéré des compétitions similaires dont le championnat d’Europe de fouteballe en 2016. Cela veut dire que non seulement les contribuables vont devoir payer pour les installations sportives et hôtelières à construire ou à rénover, mais qu’ils vont également devoir compenser le fait que le comité olympique ne paiera pas un centime d’impôt ou de taxe sur ses bénéfices et ses transactions.

    L’argument habituel sur les bénéfices économiques collatéraux d’une telle organisation est balayé assez vite par l’analyse macro-économique qui montre assez facilement que si quelques bétonneurs et hôteliers vont bien sûr gagner de l’activité, la République elle va globalement dépenser plus de sous qu’elle n’en gagnera. D’autres villes qui étaient candidates (Hambourg, Boston) se sont désistées lorsqu’elles commencé à faire des comptes… Paris poursuit la route vers plus de dépenses et refuse d’organiser un référendum pour demander l’avis de ses citoyens-contribuables.

    Evidement c’est très chic pour des dirigeants dépensiers de déclarer ouverts des jeux olympiques devant les caméras du monde entier dans un stade plein d’électeurs-consommateurs qui ont payé leur place une fortune en cash et en impôts. Alors qu’importe la rigueur !

    Lire aussi : Boston gère l’argent de ses contribuables, De l’Europe aux JO

  • Des traîtres aux faux-jetons


    Après les traîtres qui ont animé la campagne électorale présidentielle voici venu le temps des faux-jetons qui s’emparent des médias de cette période incertaine qui s’ouvre d’ici les élections législatives de mi-juin.

    Depuis le début de cette année on a vu tout le monde trahir tout le monde à commencer par l’entourage de Fillon et la droite conservatrice qui a réussi à perdre cette élection « imperdable » ; Dupont-Aignan, se ralliant à l’extrême droite entre les deux tours, Christine Boutin lui emboitant le pas, Juppé et la droite du centre ne soutenant Fillon de l’extrême bout des lèvres. La gauche a été largement à la hauteur en matière de traîtrise : Manuel Valls et d’autres caciques de gauche reniant le vainqueur de la primaire socialiste et leur engagement à le soutenir, la France insoumise de Mélanchon menant Hamon en bateau avec l’illusion d’un désistement en sa faveur, le parti communiste se chamaillant avec le front de gauche etc. etc.

    Après tous ces errements et ces désillusions les mauvais perdants font maintenant dans la mauvaise foi pour essayer de survivre. Et l’on voit ceux qui n’ont plus le pouvoir ou ceux qui l’ont vu s’échapper, retomber dans les errements partisans qui les ont perdus. Les semaines à venir vont être difficiles à vivre particulièrement pour l’opposition conservatrice dont bien des revendications figurent dans le programme de ce nouveau président libéral de centre droit. Il va leur être délicat par exemple d’expliquer pourquoi s’opposer à la simplification du code du travail par ordonnances qui est prévue dès cet été par le nouveau pouvoir…

    C’est ce monde politique et ses pratiques ancestrales que les électeurs voulaient renverser en élisant Macron à la présidence française. Il est tout sauf certain que le succès sera au rendez-vous. Les vieux partis ont le cuir dur et risquent de défendre chèrement leur peau. Ils ont pour ce faire des arguments, des moyens (y compris financiers) et la rage de survivre. Il faudra au nouveau pouvoir en place être bien malin pour réussir cette révolution et rendre la politique française à plus d’intelligence !

  • Le nouveau président est européen


    Le président élu Emmanuel Macron est arrivé ce soir au Louvre pour prononcer un discours devant ses supporters avec L’Hymne à la joie de Beethoven. C’est d’abord une belle musique mais c’est aussi celle que l’Union européenne a adopté comme son propre hymne. Macron est le seul candidat a avoir affiché son engagement européen durant une campagne où les candidats battus ont beaucoup développé le thème « c’est la faute à l’Europe ».

  • SMITH Patti, ‘M Train’.

    Sortie : 2016, Chez : Gallimard.

    Patti Smith poursuit et nous fait partager ses pérégrinations littéraires avec ce nouvel ouvrage dont les chapitres sont autant de pages de son journal tenu dans ses années sexagénaires (on fête ses 66 ans au milieu du livre). Tenue par un besoin d’écriture compulsif elle noircit un carnet moleskine au hasard des voyages intérieurs comme ceux à travers la planète. « Ce n’est pas si facile d’écrire sur rien » note-t-elle en nous faisant découvrir sa vie new-yorkaise avec ses chats à nourrir, sa petite bicoque à Rockaway Beach, sa bibliothèque chérie où cohabitent tous ses héros, ses doutes des petits matins au Café ‘Ino où elle eut ses habitudes avant sa fermeture.

    Evidemment plane tout au long de cette introspection le souvenir des êtres aimés : Fred « Sonic » Smith, le père de ses deux enfants, guitariste de MC5 décédé en 1994, ses parents à qui elle dédit tous les matins une prière de remerciement pour lui avoir donné la vie, Sylvia Path, poétesse britannique chantre du féminisme, décédée violement, et tous les poètes qu’elle vénère depuis son adolescence. Il y a beaucoup d’étapes dans les cimetières, ponctuées de photos polaroïd, Patti est à l’âge, hélas, où l’on fréquente trop ces lieux. L’âme de tous ces êtres chers imprègne les pages de ce livre touchant : « Avec le temps, il arrive souvent que nous ne fassions plus qu’un avec ceux que nous ne parvenions pas à comprendre. »

    Tout au long de son parcours artistique Patti a porté un regard poétique et littéraire sur le monde qui l’entoure, des vers du combat punk de « Horses » à cet ouvrage tout en délicatesse en passant par l’hommage bouleversant à Mapplethorpe dans « Just Kids » et quelques uns des disques marquants de l’histoire du Rock ‘n Roll. Ce livre est la poursuite de ce chemin, un peu crépusculaire mais plein d’espoir devant la force de l’art et de la culture pour sortir du chaos.

    Elle conclut son « M Train » par un souhait : « Tous les écrivains sont des clochards… Puissé-je un jour être comptée parmi vous. » On peut gager que l’Histoire répondra positivement à ce rêve.

  • Au bistrot

    Paris – avenue de Clichy