
Auteur/autrice : Rehve
-
Il est temps qu’on en finisse

La campagne électorale présidentielle française se termine toujours vers plus de subtilité. On ne sait pas encore qui sera le vainqueur de cet affrontement de pieds nickelés aux fronts bas, mais on peut déjà dire que le grand perdant sera l’INTELLIGENCE ! -
Une coiffeuse heureuse
25 ans, elle coiffe le chroniqueur avec le sourire et lui explique que son CAP lui permet de trouver du boulot sans difficulté, en contrat à durée indéterminée. Elle a commencé dans des grandes chaînes de salons où le travail est morcelé et tourne un peu à l’abattage, pour poursuivre dans un petit salon artisanal de quartier. Toutes ses copines de promotion ont trouvé du travail aussi rapidement qu’elle. Le moment venu elle pourra même monter son propre salon de coiffure puisqu’elle est titulaire du brevet professionnel qui est nécessaire pour un tel projet.
Voilà au moins une bonne nouvelle : un secteur où la demande est forte où les jeunes y trouvent des emplois sans difficulté !
-

Patti Smith acquiert la maison de Rimbaud
Patti poursuit son parcours rimbaldien en acquérant près de Charleville-Mézières une maison construite sur l’emplacement de la ferme où Arthur Rimbaud a écrit Le Bateau Ivre et Une Saison en Enfer. L’attachement de la rockeuse au plus lumineux des poètes maudits est touchant et une nouvelle fois confirmé.
-
Attentat religieux islamiste à Londres
Un citoyen britannique mène une attaque terroriste au centre de Londres. Il fonce en voiture sur un pont renversant de nombreux piétons, tue au poignard un policier de garde devant le parlement avant d’être lui-même tué par des policiers. Il y a quatre autres morts à ce stade. Le groupe Etat islamique revendique l’action.
Comme en France, des enfants de la nation, nés sur place, élevés à l’école de la République ou de la Monarchie, prennent les armes contre leur pays et tuent aveuglément leurs concitoyens pour des motifs religieux plus ou moins inspirés par l’idéologie mortifère diffusées par des fous de Dieu, guerriers et stratèges moyenâgeux.
Evidemment nos esprits cartésiens libéraux occidentaux peinent, comme toujours, à comprendre ces comportements qu’il faut combattre. La bataille est engagée depuis plusieurs années et les citoyens occidentaux s’habituent progressivement à cette menace meurtrière. Il y eut de nombreux morts ces dernières années, il y en aura encore beaucoup d’autres à venir. Cela va être un peu la roulette russe. Pour survivre il suffit de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment puisque les attaques peuvent venir de n’importe où, même de nos proches qui seraient emportés par l’absolutisme religieux islamiste. Statistiquement cela reste assez peu probable mais cela peut arriver. Il suffit de croire aux statistiques.
-
Attentat religieux islamiste à Orly
Un citoyen français sous l’emprise de cannabis, de cocaïne et d’alcool, repris de justice multirécidivistes, cherche à s’emparer de l’arme d’un militaire dans l’aéroport d’Orly en criant à la gloire d’Allah. Il est tué par le reste de la patrouille militaire.
-
Les affaires Fillon s’étoffent

Avec la régularité d’un métronome, de nouvelles révélations viennent aggraver les difficultés électorales du candidat conservateur à l’élection présidentielle. Après avoir appris qu’il avait employé sa famille (sa femme et deux de ses enfants) à l’assemblée nationale, rémunérée avec de l’argent public, pour des prestations sur la réalité desquelles enquête la justice, François Fillon a été mis en examen, puis on apprit que ses enfants lui ont reversé une partie de leurs rémunérations, sa fille pour lui rembourser « les frais de son mariage », son fils pour rembourser son loyer pris en charge par ses parents.Après avoir admis avoir reçu un prêt sans intérêt de 50 000 EUR en 2013 d’un homme d’affaires du CAC40, on découvre aujourd’hui qu’un affairiste de la Françafrique lui a offert deux costumes à 7 000 EUR pièce il y a quelques semaines.
Tout ceci n’est décidément pas très raisonnable, et même carrément stupide. Cela va commencer sans doute à quelque peu saper le socle électoral du candidat. On est frappé de découvrir le manque de jugeote assez désarmant pour une personnalité de cette stature qui, a priori, aurait dû être en mesure d’autofinancer ses besoins compte tenu des rémunérations qui lui sont versées par le contribuable depuis des décennies, sans avoir besoin d’aller taper des affairistes. On frémit en pensant aux possibles conflits d’intérêt et on rigole désormais très franchement en entendant le candidat expliquer comment il va passer les dépenses publiques à la paille de fer.
On reste aussi confondu de la facilité avec laquelle toutes ces affaires sont révélées au public et à la presse. Certains de ces cas ne devaient être connus que de peu de monde, et pourtant Fillon a été trahi. Il l’a donc été par de très proches, et à plusieurs reprises. C’est la rançon à payer pour ces largesses dont il a bénéficié et qu’il aurait été plus avisé de refuser. La trahison est consubstantielle de la politique française, Fillon a sous-estimé cette tendance. Il le paiera peut-être cher.
-
John Wetton est mort le 31 janvier 2017

C’est l’hécatombe chez nos héros du rock progressiste des années 70-80’ : John Wetton est décédé ce 31 janvier. Keith Emerson et Greg Lake l’an passé, c’est leur compère John Wetton aujourd’hui. Il remplaça Greg Lake comme bassiste-chanteur de King Crimson et commit parmi les plus belles pièces de ce groupe novateur. Red reste sans doute le disque le plus accompli du groupe et John y est pour beaucoup. Après la dissolution du groupe il s’éloigna quelque peu de la veine si originale des Crimson et poursuivit avec Uriah Heep, Asia, UK (avec Eddie Jobson et Terry Bozzio) et d’autres. Il joua également de loin en loin avec Roxy Music. Un très beau parcours pour un bassiste exceptionnel et une voix de légende. Réécoutez Starless, un monument du rock progressiste.
Espérons que tous ces grands artistes font maintenant des jam au paradis des rockers !
-
La Turquie s’éloigne
Alors que la Turquie est en train d’organiser un référendum pour transformer son régime en lui donnant un caractère très présidentiel, des ministres de ce pays cherchent à venir animer des meetings en Europe auprès des diasporas turques particulièrement nombreuses en Allemagne et aux Pays-Bas. Certaines de ces réunions ont été annulées par les pays d’accueil, déclenchant de vives réactions en Turquie.L’Allemagne a été accusée de « pratiques nazies » et les Pays-Bas qualifiés de « fascistes [influencés par] les vestiges du nazisme ». La France qui a laissé un ministre turc venir animer un meeting référendaire à Metz, a pour l’instant été épargnée par les foudres turcs.
Pendant ce temps l’armée turque continue son combat sur le sol syrien contre les milices kurdes qu’elle craint plus que les milices islamistes et le pays accueille plus d’un million de réfugiés syriens.
Il faudra un jour se rapprocher de la Turquie et cela se fera. En attendant, le mieux est sans doute de laisser passer l’orage et poursuivre discrètement les accords qui peuvent l’être, dont ceux de l’OTAN dont la Turquie est membre. Le président Erdogan n’est sans doute pas éternel, gageons que son successeur reviendra à des sentiments moins éruptifs. Le problème est que la transformation constitutionnelle en cours va installer Erdogan au pouvoir absolu pour de longues années mais qui sait ce qui peut se passer en politique, surtout par les temps qui courent où la prévision est un art de plus en plus incertain.
-
Fillon s’égare
Fillon-le-stupide explique qu’une chaîne de télévision aurait annoncé le suicide sa femme. Vérification faite ce n’est heureusement pas le cas, aucune télévision ni radio n’a jamais lancé une telle nouvelle qui a juste circulé sur les réseaux dits « sociaux » qui brillent généralement plus par le tissu de bêtises complotistes qu’ils diffusent que par la qualité de leurs informations. Il suffit de ne pas les lire.
-
« Mutualiser la dette », la nouvelle illusion !

Benoît Hamon, comme d’autres candidats de gauche à l’élection présidentielle, veut faire battre le cœur de la France, mais veut aussi alléger ses engagements en prônant « la mutualisation de la dette en zone euro » ! En mots plus compréhensibles, cela revient à faire cautionner la dette publique française par les autres, a priori par ceux qui gèrent mieux leurs finances, ceux qui ont une situation financière plus florissante. Quand vous avez besoin d’une caution pour signer un bail d’habitation, vous la demandez plutôt à votre grand-mère assise sur ses Louis d’or plutôt qu’au cousin désargenté.
Cautionner, cela veut bien dire que, in fine, votre dette sera payée par la caution si vous n’êtes pas en mesure de le faire vous-même. Alors bien sûr, quand l’Allemagne qui est en excédent budgétaire (c’est-à-dire que l’Etat dépense moins d’argent qu’il n’en encaisse) voit arriver les français avec leur cohorte de mauvaise gestion, de dette très significative et de déficit budgétaire chronique depuis les années 70’ (c’est-à-dire que l’Etat dépense plus d’argent qu’il n’en encaisse et ce depuis 40 ans) quand un utopiste leur propose la « mutualisation de la dette », ils ne peuvent s’empêcher de penser que ces maudits français veulent faire payer leurs dettes par les rigoureux allemands… Il n’est pas sûr que la proposition rencontre un franc succès à Berlin.
Passer la patate chaude au voisin permettrait de continuer à dépenser comme si de rien n’était. C’est la nouvelle illusion.
En fait, la dette des pays de la zone euro est déjà informellement mutualisée mais sous réserve que les Etats membres respectent des critères minima de gestion d’un bon père de famille. Le cas de la Grèce a bien montré que sa dette était mutualisée puisque les autres membres de la zone ont évité que ce pays ne soit prononcé en défaut en refinançant ses dettes et, très probablement, en les remboursant à la place de la Grèce le moment venu. Mais il faudra bien un jour avouer aux citoyens français qu’ils vont payer à la place des grecs une partie de sa dette qu’ils ont cautionnée et ne pas être remboursés d’une partie des fonds que la France a prêtés en direct.
C’est ainsi, en matière de prêt/emprunt, il y a toujours quelqu’un qui dépense au début et qui paye à la fin, ou qui n’est pas remboursé, ce qui revient au même en terme de trésorerie. En principe c’est la personne qui dépense qui doit rembourser… Ce principe basique est bien compris par les allemands et Benoît Hamon, sauf qu’ils n’ont pas exactement la même idée sur celui qui doit payer in fine la dette française.
-

Amy Macdonald – 2017/03/07 – Paris le Trianon
Lorsqu’Amy MacDonald est annoncée en tournée à Paris, le chroniqueur prend mécaniquement un billet pour essayer de retrouver l’enchantement de sa découverte en 2007 avec la sortie de son flamboyant premier album folk-électrique This is the life qu’elle jouât avec tant de ferveur et d’innocence, à l’époque dans de petites salles (la Maroquinerie à Paris, notamment). C’était il y a dix ans ! L’eau a coulé depuis sous les ponts de Glasgow, et l’inspiration est un peu passée.
Elle est au Trianon ce soir pour la sortie de son dernier disque, Under Stars ; toujours maquillée comme une voiture volée, en équilibre instable sur des platform-boots de 30 cm, vêtue d’un frou-frou noir ajouré, elle distille avec son groupe une musique plutôt calibrée midinette mais elle a une voix formidable et une énergie sans pareil sur sa guitare rythmique pour accompagner ses chansons.
Les dernières compositions ne semblent pas inoubliables et il n’est pas sûr que l’on acquière Under Stars. Elle n’a plus reproduit d’aussi agréables morceaux que ceux de This is life, elle n’est d’ailleurs pas avare ce soir de retours vers cette période qui déclenchent le bonheur (et le réveil) du public.
Allez, une soirée avec Amy MacDonald n’est jamais un moment perdu. Elle garde notre affection et l’on reste touché devant son énergie à faire de la musique. Elle n’a jamais reproduit l’élévation de son premier album, mais on reste confiant qu’elle est capable de le faire un jour.
Setlist : Under Stars/ Don’t Tell Me That It’s Over/ Spark/ Youth of Today/ Mr. Rock and Roll/ Dream On/ Slow It Down/ 4th of July (Acoustic)/ Pride (Acoustic)/ Listen to the Music (The Doobie Brothers cover) (Acoustic)/ Poison Prince/ Automatic/ Love Love/ The Rise & Fall/ Run/ This Is the Life/ Never Too Late/ Life in a Beautiful Light
Encore : Prepare to Fall (Amy solo Acoustic)/ Down by the Water/ Let’s Start a Band
Warmup : Newton Faulkner
-
Encore une nouvelle stupidité au passif de Fillon !
Le Canard Enchaîné révèle cette semaine que François Fillon, candidat conservateur à l’élection présidentielle française, a emprunté 50 000 EUR en 2013 à un homme d’affaires du CAC40, celui-là même qui a également employé Mme. Fillon deux années durant avec un salaire confortable pour des prestations sur la réalité desquelles la justice est en train d’enquêter. Ce prêt sans intérêt a été remboursé, le tout étant confirmé par l’avocat du candidat.
On reste confondu devant tant de maladresse et d’absence complète de sens des réalités. Qu’un ancien premier ministre, ministre et parlementaire depuis 40 ans ait besoin de 50 mille euros, soit. Mais qu’il ne songe pas une seconde qu’il ferait mieux d’aller emprunter à la Caisse d’épargne de la Sarthe, comme Mme. Michu, plutôt que d’aller taper un affairiste, laisse songeur. Ce n’est sans doute pas illégal mais on imagine sans peine les soupçons de conflit d’intérêt qui pèsent sur de telles transactions. Cerise sur le gâteau, le candidat a oublié de mentionner ce prêt reçu dans sa déclaration de patrimoine due par tout parlementaire. Et tout ceci ne se passe pas dans les années 90’ à l’époque des malversations des Chirac, Emmanuelli et autres Juppé, mais… en 2013 soit un temps où le personnel politique était censé avoir compris que les petits arrangements entre amis étaient de moins en moins tolérés par les électeurs.
Tout ceci n’est pas très grave mais risque d’obérer sérieusement les chances de la droite à l’élection présidentielle qui étaient pourtant gagnée d’avance si l’on en croit les journalistes mondains de plateaux télévisés.
Affaire dans l’affaire : on se demande qui peut bien informer la presse de ces affaires. En l’occurrence il s’agit d’une transaction financière entre un politique et un homme d’affaires qui n’a pas été déclarée. Mis à part les deux impétrants, seules leurs banques a pu identifier le flux financier. Qui dénonce ?
-
Le bal des pleutres
Finalement, Fillon-le-stupide-de-la-campagne est confirmé comme le candidat conservateur pour les élections présidentielles. Aussitôt les traîtres qui avaient fui reviennent vers l’étable avec plus ou moins d’élégance de de bonne volonté. Contrairement à ce qu’annonçait les gens « bien informés », François Fillon tient bon et réussi à convaincre ses interlocuteurs politiques qu’il n’y a pas d’autre solution que sa candidature pour une élection qui se déroulera dans moins de deux mois. Alors les fuyards qui ont quitté le navire dès qu’une première brise s’est mise à souffler auraient peut-être mieux fait de réfléchir à deux fois. Mais on peut leur faire confiance pour revenir au bercail en bramant sur le rassemblement et l’unité.
-
Le bal des mondains
Dans un dîner en ville quelques convives assènent d’un air entendu et bien informé : « Fillon sera débranché demain ! ». Et quand on demande sur quoi repose une telle assertion, ils répondent « mais sur les sondages bien sûr et ce que l’on entend à la radio ».
Il est toujours étonnant de voir des citoyens accorder encore quelque crédit que ce soit aux sondeurs démiurges ou aux journalistes mondains. On a rarement vu deux corporations aussi incompétentes que celles-ci ces dernières années où elles n’ont pas cessé d’annoncer des évènements qui ne se sont pas produit, des résultats électoraux qui ont été démentis par la réalité, des prévisions apocalyptiques aussi ridicules qu’infondées.
Le lendemain de ce dîner de bobos, François Fillon était confirmé comme candidat unique de la droite à l’élection présidentielle.
-

SPRINGSTEEN Bruce, ‘Born to run’.
Sortie : 2016. Chez : Albin Michel.
C’est l’autobiographie d’un rocker de légende, Bruce Springsteen, qui a développé l’un des groupes de rock les plus puissants de l’époque contemporaine : le E Street Band, avec lequel il a écumé les plus grands stades du monde pour y décliner une musique énergique chantant l’Amérique profonde. Tout l’art de Springsteen réside dans ce talent de songwriter tout en subtilité emmené par un rock furieux.
Bruce raconte son enfance dans une famille d’origine italo-irlandaise du New-Jersey, qu’il qualifie lui-même de « prolo », en se glorifiant d’ailleurs de cette origine à laquelle il se raccrochera tout au long de sa carrière. Un père taiseux et psychologiquement malade, une mère énergique qui a toujours soutenu les projets musicaux de son fils, une sœur vaillante et travailleuse ; Bruce adolescent abandonne le lycée après avoir acheté sa première guitare. Sa vie désormais sera toute entière tournée vers la musique, il monte des groupes, joue dans les bars du Jersey shore, squatte de ci de là et déjà pose les premières pierres de ce qui sera le E Street Band, composé majoritairement de ses potes du New Jersey. 40 ans plus tard, les mêmes jouent toujours avec lui, moins deux tombés au front de la maladie.
Il est The Boss au sein du groupe et reconnu comme tel même si quelques frictions créatrices se produisent régulièrement dans ce milieu d’artistes aux ambitions affirmées. Le Boss revendique le pouvoir du créateur, gère la situation et emmène sa bande au plus haut du succès avec les disques Born to Run, Darkness on the Edge of Town, The River, suivis de tournées retentissantes dans le monde entier. Mais Bruce commet aussi quelques disques intimistes : Nebraska, Evil & Dust… retour aux sources profondes du folk américain de ses héros Woody Guthrie, Pete Seeger ou Bob Dylan. Et ce sont là parmi ses œuvres les plus émouvantes où sa voix et ses textes grattent le cœur de chacun et surtout de l’Amérique si grande mais parfois si dure avec son peuple.
Bruce dévoile aussi quelques aspects de sa vie personnelle et notamment une tendance à la dépression qui le fait fréquenter les cabinets de psychanalystes depuis des décennies. Quand on voit la force musicale et scénique du personnage on a du mal à l’imaginer sur le divan de Freud, mais ainsi va la vie. « There is a crack in everything, And that’s how the light gets in! » chantait Leonard Cohen.
Il raconte aussi la force partagée avec le public lorsqu’il joue et chante ses notes et ses mots, emmenés par la fantastique machine du E Street Band.Il écrit comment la chanson « The River« , un énorme succès, est en fait l’histoire de sa sœur qui rencontre son amoureux. Ils sont jeunes, font un enfant, travaillent à l’usine, connaissent les affres du chômage et, chaque fois qu’il faut se ressourcer descendent « down to the river… » à la recherche des bons souvenirs. Après des années de vie besogneuse et de soucis affrontés, la rivière s’est asséchée mais la roue continue de tourner. La première fois que Virginia entendit ce morceau en live elle dit à Bruce en le serrant dans ses bras : « c’est ma vie », ce qu’il a reçu avoir été la plus belle critique jamais reçue.
Cette autobiographie de tout de même 630 pages parcourt au galop l’histoire incroyable de ce gamin du New Jersey et de sa bande de potes qui ont su rester unis 40 ans durant pour dérouler à un public toujours ébahi et renouvelé le tapis rouge et flamboyant du ROCK ‘N’ ROLL.
-
Le bal des Judas
Le plus stupéfiant dans les aventures de Fillon et de ses petits arrangements familiaux c’est la rapidité avec laquelle tous les « amis de sa famille politique » ont immédiatement décidé de le trahir à la première brise contraire. On aurait pu imaginer une alternative où ils se seraient réunis comme un seul homme derrière le candidat et son programme, clamant la présomption d’innocence et la nécessité de réformer la République avec ce projet libéral plutôt radical qu’aucun d’eux n’avait eu le courage de formaliser sinon par quelques messages-slogans en 140 signes sur Tweeter ! Que nenni, c’est la débandade Solère, Estrosi, Morano et des dizaines d’autres quittent le bateau et sautent à l’eau.
Où sont les engagements, la croyance dans un programme, la parole donnée, les valeurs politiques ? A l’eau avec le reste ! Les traîtres n’écoutant que leur veulerie partent en courant voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Pas sûr qu’ils ne trouvent un pâturage beaucoup plus accueillant avec un plan B, C ou autre. En cas de victoire de Fillon à la présidentielle, hypothèse qui n’est quand même pas encore définitivement impossible, nous risquons d’avoir quelques bons moments et dessins satiriques avec le ralliement des traîtres qui reviendront immanquablement à la soupe.
Il est étonnant de voir que si peu de ces responsables conservateurs n’aient pris le pari de continuer derrière leur candidat un peu amoché par cette histoire d’emplois familiaux. Quoi qu’il en soit, il y aura demain des règlements de comptes dans le parti Les Républicains. Ils pourraient être bénéfiques s’ils en profitaient pour changer de génération, remiser les quinqua et sexagénaires pour faire émerger les plus jeunes. Il faut savoir passer la main et tirer les justes conclusions de la décadence en cours. Les jeunes ne feront pas pire.
Patrick Stéphanini, directeur de campagne démissionnaire de Fillon est le symbole de cette génération perdue. 63 ans, énarque, il a roulé sa bosse dans nombre de cabinets ministériels de droite, pantouflé dans des préfectures lorsque la gauche était au pouvoir, été parachuté dans des circonscriptions législatives imperdables, qu’il a perdues, etc. Entre deux postes politiques il est régulièrement nommé à des positions administratives qu’il n’occupe, si l’on ose dire, que quelques mois le temps que se présente une nouvelle occasion plus politique pour lequel il se croit sans doute plus apte et utile. M. Stéphanini est également condamné a de la prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. C’est ce même Stéphanini qui démissionne de son poste de directeur de campagne du candidat Fillon alors que celui-ci n’est pas même encore mis en examen. Qu’aurait-il eu à perdre, à 63 ans, de faire preuve d’un peu plus de respect de ses propres engagements en faveur d’un homme et de son programme ? Il devrait logiquement prendre maintenant sa retraite et cesser de polluer la vie politique française. En principe il ne devrait pas être trop étouffé par les remords. Ainsi va la vie politique en France.
-
Les serpents à sonnettes se débinent
Alors que François Fillon risque d’être mis en examen dans l’affaire de ses petits arrangements familiaux, beaucoup des serpents à sonnettes qui composent son entourage politique de la droite commencent à le lâcher et démissionnent de leurs postes de l’équipe de campagne alors qu’il est convoqué par les juges le 13 mars mais que sa mise en examen n’est pas encore certaine.
La stupidité de trop du candidat a été de dire qu’il renoncerait à sa candidature s’il était mis en examen pour finalement revenir sur cet engagement et annoncer qu’il continuerait quoi qu’il arrive. Ce n’est pas très sérieux, évidemment, mais la facilité avec laquelle tous ces élus de rencontre quittent le bateau Fillon en dit long sur la légèreté de leur engagement. La traîtrise est un mode de fonctionnement dans la politique française, ce n’est pas nouveau, mais elle s’exprime ici avec une vigueur et une rapidité plutôt inédites.
Les lâcheurs ont aussi peur de ne pas être réélus aux législatives qui suivront la présidentielle, ou de ne pas avoir le poste de ministre auquel ils rêvent, si Fillon ne pouvait atteindre le second tour. Ils regardent leur porte-monnaie et se disent que la soupe risque d’être un peu aigre s’ils restent avec ce candidat boiteux. Alors, comme un troupeau de gnous à la recherche d’un point d’eau à la fin de la saison sèche dans le cratère du Ngorongoro ils cherchent désespérément un candidat plus prometteur.
On a es dirigeants que l’on mérite !

