Auteur/autrice : Rehve

  • MEIGNAN Géraldine, ‘Les réseaux de la malbouffe’.

    Sorti : 2015, Chez : JC Lattès

    Ce livre cataclysmique décrit par le menu tous les produits détestables que nous ingérons dans nos assiettes depuis l’industrialisation de l’agriculture et les effets délétères de la mondialisation de celle-ci ainsi que des pratiques commerciales douteuses qui ne sont d’ailleurs pas spécifiques à ce secteur.

    Ecrit par une journaliste au groupe l’Express, il se compose d’une longue litanie des produits chimiques ajoutés aux aliments, des influences néfastes de lobbys divers et variés, des incohérences dans les politiques des Etats responsables de la santé de leurs citoyens, etc. Tout ceci explique quelques scandales sanitaires retentissants comme celui de la « vache folle » et met les populations en risque sur leur santé.

    Cette analyse plutôt effrayante est sans doute fondée et en tout cas attestée par les accidents et fraudes sanitaires déjà identifiés à travers la planète. Elle passe toutefois un peu sous silence les réalisations de ces politiques agricoles et alimentaires qui ont permis de nourrir au XXème siècle une population planétaire en forte croissance, les famines et dérives de tous ordres ayant probablement tué moins de monde que les guerres barbares de cette même période. Aurions-nous pu faire autrement avec moins de dommages ? Sans doute, alors essayons de nous en inspirer pour l’avenir en investissant sur le consommateur qui a le dernier mot puisque c’est lui qui achète et consomme le produit final.

    Le principal problème une fois l’ouvrage refermé est de savoir ce que l’on va bien pouvoir de faire à dîner ce soir !

  • Les copains et les coquins

    Laurent Fabius, 69 ans, a démissionné du gouvernement dont il était ministre, oubliant le devoir, semant la confusion d’un remaniement ministériel forcé par sa fuite, pour attraper un poste de président du conseil constitutionnel valable pour 9 ans, soit jusqu’à ses presque 80 ans.

    Jean-Louis Debré, 71 ans, ex-président du conseil constitutionnel qui est remplacé par le précédent, a été immédiatement nommé à la présidence du conseil supérieur des archives.

    L’un et l’autre sont de vieux roublards de la République qui n’ont pas particulièrement démérité. Ils ont largement dépassé l’âge de la retraite et ne sont en rien indispensables à la République. Alors pourquoi nommer une nouvelle fois ces notables à ces postes ? Prolonger ces deux personnes âgées à de nouvelles responsabilités relève du copinage politique qu’il aurait mieux fallu éviter, tout le monde s’en serait bien mieux porté.

  • Mais que fait le gouvernement ?

    Entendu au Café du commerce :

    L’interdiction dans Paris intra-muros à partir du 1er juillet 2016 les jours de semaine des véhicules particuliers motorisés avant le 31/05/2000 ne sera pas applicable car « la Maire de Paris » n’a rien fait pour véritablement favoriser la diffusion des véhicules électriques en installant des bornes de rechargement en nombre suffisant !

    Le conseil municipal de Paris, fruit de l’élection municipale de mars 2014, a arrêté un plan d’interdiction progressive de la circulation des véhicules « polluants » classés par catégories selon l’âge de leur motorisation. La première vague d’interdiction est intervenue en septembre dernier, les suivantes doivent suivre :

    • Depuis le 01/09/2015 la circulation des bus, cars et poids lourds de motorisation antérieure au 01/10/2001 est interdite dans la capitale de 8 à 20 heures, y compris le week-end.
    • A partir du 01/07/2016, cette interdiction s’étendra aux camionnettes et véhicules particuliers antérieurs à 1997 ainsi qu’aux deux-roues motorisés antérieurs au 31/05/2000 (les deux-roues motorisés concernés par la mesure représentent 1% du parc actuel). Ces véhicules individuels et utilitaires légers pourront eux continuer à circuler le week-end.
    • Entre 2017 et 2020 la circulation d’autres catégories de véhicules sera progressivement interdite.

    Des mesures d’accompagnement ont également été votées pour allouer une partie des impôts payés par les contribuables vers des investissements susceptibles d’inciter les propriétaires de véhicules concernés par ces interdictions à en changer ou à faire évoluer leur mode de transport : subvention sur les abonnements pour location de véhicules électriques Autolib’, location de bicyclettes Velib’ ou achat de vélocipèdes, électriques ou non, remboursement de pass Navigo, subventions aux copropriétés désireuses d’installer des abris vélos sécurisés ou des bornes de rechargement dans leurs locaux, ainsi qu’un programme de développement de bornes de recharge publiques.

    L’arrêté municipal n°2015 P 012 du 28/08/2015 qui régit la première interdiction en vigueur depuis le 01/09/2015 est provisoire jusqu’au 01/01/2017 et on peut donc imaginer qu’un bilan sera alors fait sur le renouvellement, l’adaptation ou la modification de la mesure et le conseil municipal en place à l’époque décidera démocratiquement de la suite à donner.

    En l’état actuel des mesures d’incitation on peut s’interroger :

    • Le subventionnement par le contribuable de l’utilisateur d’un véhicule « polluant » est-il suffisant pour déclencher un mouvement massif de changement de véhicule ou de mode de transport ? Sans doute pas !
    • Est-ce que néanmoins une partie de ces utilisateurs peuvent d’ores-et-déjà bénéficier de bornes de rechargement sur leurs parcours habituels ? On ne peut pas l’exclure totalement !
    • Aurait-il été préférable que l’argent prélevé sur les contribuables soit affecté au renforcement des mesures incitatives plutôt qu’à financer la coupe d’Europe de fouteballe ou les jeux olympiques de 2024 ? Certainement oui !
    • Est-ce une raison pour tout jeter avec l’eau du bain ? Non !

    Le syndrome français continue de diffuser ses effets délétères : le citoyen maugrée, râle, peste, conteste, attend tout de l’action publique et rejette systématiquement ce qui vient troubler sa situation personnelle. Que les conducteurs se rassurent, il est probable que si l’étape d’interdiction au 01/07/2016 n’est pas gérable, eh bien elle sera rapportée ou décalée ou modifiée comme le furent nombre de textes comme ceux de l’écotaxe, de l’accès des lieux publics aux handicapés, etc. etc.

    Ainsi va la vie publique en France, faîte d’à coups et d’imperfections, mais à la fin les choses finissent par avancer à leur rythme. Si les mesures actuelles ne plaisent pas, il suffit de voter pour d’autres élus aux prochaines élections municipales, ou de créer son propre lobby pour influer ou de se présenter avec un programme. Le chroniqueur voterait, par exemple, sans barguigner pour tout candidat s’engageant à renoncer à l’organisation des jeux olympiques, comme l’ont déjà fait les villes de Boston, de Toronto et de Hambourg.

  • La Turquie telle qu’elle est

    Drapeau_TurquieLa Turquie est dans la tourmente et l’ambiguïté : parti religieux au pouvoir et président autocrate, implication trouble dans la guerre civile syrienne, obsession antikurde, état de quasi guerre avec la Russie, chantage aux réfugiés vis-à-vis des pays européens, reprise en main de la presse d’opposition, etc.

    Le pays se révèle tel qu’il est c’est-à-dire plus tourné et concerné par l’Orient que par l’Occident ce qui n’est pas incongru s’agissant d’une puissance asiatique. Gageons que les évènements actuels repousseront aux calendes grecques l’option de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

    Il va falloir faire preuve de trésors de diplomatie pour tenter de calmer les ardeurs guerrières et manœuvrières de la Turquie, membre de l’OTAN, et sans doute capable de déclencher un conflit sans s’en apercevoir. Le pays est sanguin et, comme beaucoup, avide de retrouver son statut d’empire. Ainsi vont les affaires du monde.

  • Réformer le travail

    CH_20151110_Code-du-travail

    On ne sait pas bien comment va se terminer ce projet de réforme du code de travail mais on pressent que l’affaire est mal engagée. Ce projet de loi d’inspiration libérale déclenche tout d’abord l’enthousiasme du syndicat patronal MEDEF qui le clame haut et fort entrainant immédiatement son rejet par les citoyens, élus et corps intermédiaires de gauche qui rebaptisent la réforme « loi Gattaz » du nom du chef du MEDEF…

    Celui-ci est coutumier des faits de communication imbéciles. C’est lui qui avait arboré un badge « 1 million d’emplois » lors de la sortie de l’un des différents pactes fiscaux qui ont consisté ces dernières années à transférer sur les contribuables des charges jusque-là payées par les entreprises.

    Le gouvernement n’est guère plus brillant dans cette affaire annonçant la présentation de la loi pour un conseil des ministres avant de reporter, présentant les principes arrêtés du texte puis rouvrant la négociation, etc. etc. Et, comble du grotesque, la ministre du travail, en charge du projet, chute dans sa baignoire le jour où des négociations syndicales sont programmées.

    Tout ceci n’est guère brillant mais si ce petit monde passait un peu moins de temps à confectionner des badges ridicules ou à perdre des journées entières au salon de l’agriculture, et un peu plus dans leurs bureaux à travailler sur leurs dossiers nous n’en serions peut-être pas tout à fait là.

    Sur le fond, on ne sait pas bien si une telle réforme porterait ses fruits ou non et le badge ridicule du MEDEF montre la prétention de toute prévision, mais elle n’a jamais été essayée alors il ne faut pas s’en priver.

  • La réforme constitutionnelle

    Le scrutin public sur l’ensemble du projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation qui vise à constitutionnaliser la déchéance de nationalité a été approuvé en première lecture par l’assemblée nationale le 10/02/2016 à 317 voix pour, 199 contre et 51 abstentions.

    Parmi les élus conservateurs qui ont voté contre on note quelques têtes connues : Benoist Apparu, Bernard Debré, Patrick Devedjian, François Fillon, Hervé Gaymard, Henri Guaino, Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche, Thierry Mariani, Hervé Mariton et d’autres moins en pointe.

    Les principales dispositions du projet de loi sont les suivantes :

    Article 1er Introduction dans la Constitution du régime de l’état d’urgence, en en précisant les conditions de mise en œuvre par la reprise des dispositions des trois premiers articles de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence.

    Article 2 Modification de l’article 34 de la Constitution, qui définit le champ de compétence du législateur, afin d’y ajouter la possibilité de déchoir de leur nationalité française les personnes nées françaises, ayant une autre nationalité et condamnées pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation.

    Le sénat à majorité conservatrice a déjà annoncé son intention de démonter le texte pour le réécrire. Il n’est pas sûr que la constitution puisse finalement être modifiée sur ce point.

  • Massive Attack – 2016/02/26et27 – Paris le Zénith

    Massive Attack – 2016/02/26et27 – Paris le Zénith

    Massive Attack publie un disque 4 titres : Ritual Spirit, dans un minimalisme d’une beauté froide, et consacre deux dates à Paris pour terminer sa tournée européenne. De nouveau ils viennent diffuser leur trip-hop aux relents si sombres à l’image de la confusion de notre monde. C’est le retour du son de Bristol avec ses hérauts du chaos sur fond de basses massives, d’électronique troublante et de voix susurrant une poésie de l’absurde. La puissance de ce groupe reste dévastatrice et fascinante. Elle est mise au service de l’engagement politique de ses membres et d’une vision musicale qui glace le sang.

    En formation classique : double batteries, un bassiste (Winston Blissett), un guitariste (Angelo Brushini), 3D et Daddy G aux voix et claviers-machines, ainsi que Martina Topley Bird, Horace Andy et Shara Nelson en intermittents chanteurs de luxe pour des prestations époustouflantes.

    Suivant le rituel désormais récurrent les messages-slogans défilent sur les immenses écrans électroniques du fond de scène tels les horaires d’avions dans un hall d’aéroport. Et les mots diffusés jusqu’à l’écœurement parlent de la barbarie en Syrie, de la désespérance des gigantesques mouvements de population qui enflamment le Moyen-Orient et autres contrées. Sur l’un des longs et lugubres instrumentaux du show, un dialogue entre un pilote de drone en train d’ajuster une cible humaine, et sa base, s’affiche sur les écrans alors que les guitares se déchaînent pour accompagner l’embrasement final. Les mots sont simples et soulignés par les images terribles de tous les conflits qui tuent sur cette planète dans le désert d’indifférence et d’égoïsme où vit le reste du monde plus préoccupé par les cours de la bourse que par la guerre.

    Trois des quatre nouveaux morceaux sont joués avec la participation d’Azekel sur Ritual Spirit, un londonien dont la voix haut perchée réverbère et résonne à l’infini sous les arches métalliques du Zénith. Take It There déploie ses arpèges mineurs et son brouillard de mots. Sur le disque Tricky a repris du service mais c’est Daddy G qui entonne ce soir son refrain crépusculaire : She’s with me, we share the pain/ Treat the girl like licorice/ She’s so soft and ticklish/ Take you there, and take your time/ Take your time/ Take you there, you’ll lose you mind/ Take you there, and take your time…

    Voodoo in My Blood a donné lieu à la sortie d’une formidable vidéo dans laquelle l’actrice britannique Rosamund Pike joue une danse ensorcelante avec un OVNI qui a pris possession d’elle qui n’est pas sans rappeler l’incroyable performance d’Isabelle Adjani en pleine crise d’hystérie dans un couloir de métro dans… « Possession ». Sur scène les Young Fathers qui assuraient la première partie viennent épauler leurs maîtres, y compris dans leur message politique.

    Le reste de la set-list (identique pour les deux concerts) est plus classique avec quelques envolées éblouissantes sur Angel, Inertia Creeps et Future Proof, notamment, qui restent les marqueurs du groupe. Hélas celles-ci furent interrompues par les problèmes techniques le premier soir poussant le groupe à quitter la scène sur Future Proof, 3D plutôt énervé. En réalité les spectateurs n’ont pas vraiment identifié de changement dans les conditions soniques du show mais les musiciens ont sans doute l’oreille plus fine. Durant quinze minutes des ingénieurs trifouillent les câbles et les machines avant que le show ne reprenne. Le lendemain nous fûmes réconciliés avec des Massive Attack de meilleure humeur qui produisirent un show d’un excellent cru.

    Martina Topley Bird a envouté le Zénith avec sa grâce intergalactique, ses tenues de guerrière du désert, son maquillage de squaw apache et surtout cette voix profonde et douce qui donne instantanément la chair de poule. Sur Paradise Circus, seule sur une ritournelle de clavier et la rythmique elle danse entre les couplets d’une manière mystérieuse et enfantine, rien que le cheminement de ses mains et ses doigts dans l’espace est un concentré d’élégance pendant que s’égrènent la mélopée lancinante sur laquelle elle pose sa voix : Love is like a sin, my love,/ For the one that feels it the most/ Look at her with a smile like a flame/ She will love you like a fly will never love you again.

    Encore à l’affut de collaborations productives, cette année les Young Fathers et Azekel ont apporté un peu de jeunesse aux bases du groupe sans en dévier l’inspiration pour le son urbain et troublant qui remporte toujours le même succès en France.

    Set list 27/02 : United Snakes/ Clock Forward/ Risingson/ Paradise Circus/ Ritual Spirit/ Girl I Love You/ Psyche (Flash Treatment)/ Future Proof/ Jupiter (with lyrics from Martina Topley Bird’s Poison)/ Teardrop/ Angel/ Inertia Creeps/ Safe From Harm/ Take It There/ Voodoo in My Blood/ He Needs Me/
    Encore : Unfinished Sympathy/ Splitting the Atom
    Warm up: Young Fathers

    Set list 26/02 : United Snakes/ Clock Forward/ Risingson/ Paradise Circus/ Ritual Spirit/ Girl I Love You/ Psyche (Flash Treatment)/ Future Proof (band leaves stage due to technical issues)/ Jupiter (with lyrics from Martina Topley Bird’s Poison)/ Teardrop/ Angel/ Inertia Creeps (aborted, restarted then… more )/ Safe From Harm/ Take It There/ Voodoo in My Blood/ He Needs Me/
    Encore : Unfinished Sympathy/ Splitting the Atom
    Warm up: Young Fathers

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  • Titine monte à nouveau au front

    CH_20151110_Code-du-travail

    Martine Aubry, 65 ans, maire de Lille, membre du parti socialiste tendance archéo, cosigne une tribune dans le journal Le Monde du 25/02/2016 avec quelques élus verts et socialistes et des membres de la société civile. Ensemble ils se plaignent de la politique libérale du pouvoir en place, du projet constitutionnel de déchéance de la nationalité au « pacte avec le MEDEF » en terminant bien sûr avec le projet de réforme en cours du code du travail. Tout est à jeter selon les signataires qui assortissent leur jugement des grands mots de circonstance sur les valeurs, le nouveau modèle de développement social et écologique, l’identité de la France et patati-et-patata.

    Toutes ces idées sont nobles et légitimes mais quelle est l’utilité de les publier dans la presse ? A peu près nulle sinon de vendre un peu de papier dans les kiosques, quelques clics sur les médias sociaux et du temps d’antenne sur les plateaux mondains car les journalistes, comme toujours, adorent se jeter sur ces combats de basse-cour.

    Il faut que Martine Aubry et les siens se comptent, au sein du parti socialiste pour commencer, puis sur les bancs du parlement pour finir. Ils doivent présenter des motions au congrès du PS, des candidats aux primaires s’il y en a, et un programme de gouvernement aux électeurs. Ils verront bien après ce travail s’ils ont des citoyens derrière eux. Ce n’est pas dans Le Monde qu’ils feront notablement avancer leurs idées.

    Rappelons la haine politique que Martine Aubry voue au premier ministre Manuel Valls qui nous avait valu cette exceptionnelle lettre signée par elle en 2009 en tant que chef du parti socialiste où elle recommandait à l’impétrant de démissionner du parti. Il faut la relire car c’est une vraie leçon de morale et de socialisme à celui qui est devenu premier ministre et essaye de moderniser la gauche française contre les vieilles lunes du socialisme français : cliquez ici pour la lettre et sa réponse.

    Accessoirement, on constate que Mme. Aubry continue à ses teindre les cheveux, ce qui lui fait au moins un point commun avec le président de la République. Ils se retrouvent tous deux sur le terrain de ceux qui n’assument pas leur âge et cherchent à maquiller la réalité.

  • Lyon

     

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    Lyon

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    Lyon – musée des Confluences, mi-scarabée mi-avion furtif

     

     

  • Religion en Israël

    Une révolution culturelle en Israël : le gouvernement a décidé de l’ouverture d’une section mixte au mur des lamentations. Jusqu’à ce jour il existe une section hommes et une section femmes, hermétique l’une pour l’autre. Les partis israéliens orthodoxe s’opposent et dénoncent un affront aux traditions. Le sujet était en débat depuis des siècles et avait provoqué encore récemment des affrontements entre modernistes et régressifs.

    Pas facile de faire évoluer la religion…

  • Rectifications de l’orthographe

    La polémique dans les dîners en ville

    Najat Vallaud-Belkacem (que beaucoup se plaise à appeler simplement Belkacem pour bien marquer son origine immigrée) ministre de l’éducation supprime les accents circonflexes…

    L’académie française n’a jamais approuvé cette réforme de l’orthographe…

    etc, etc…

    Les faits

    Le journal officiel de la République française – édition des documents administratifs, daté du 06/12/1990, a publié un document de 17 pages intitulé « Les rectifications de l’orthographe ». Les recommandations qu’il contient sont le fruit du travail du conseil supérieur de la langue française, constitué au sein de l’académie française et présidé par Maurice DRUON, secrétaire perpétuel de l’académie française (à l’époque). Pour ceux qui s’en souviennent, l’homme n’était pas à proprement parler un dangereux bolchevik, la faucille entre les dents sanguinolentes. Il signe bien le document en tant que « secrétaire perpétuel de l’académie française » et précise dans un long préliminaire que le conseil a bien entendu consulté l’académie française :

    Pour ces motifs, et à quelques réserves près, minimes, que le Conseil supérieur a bien voulu prendre en compte, l’Académie, à l’unanimité, a approuvé les propositions du Conseil. Et elle est disposée à les mettre en application dès la publication du 6e fascicule de son dictionnaire, l’an prochain.

    S’en suivent la description des grands principes des rectifications proposées dont celles de l’accent circonflexe :

    Vous avez ensuite confié au Conseil la tâche d’améliorer l’usage de l’accent circonflexe, source de nombreuses difficultés. Après avoir examiné cette question avec la plus grande rigueur et en même temps la plus grande prudence, il est apparu au Conseil supérieur qu’il convenait de conserver l’accent circonflexe sur la lettre a, e et o, mais qu’il ne serait plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les quelques cas où il est utile : la terminaison verbale du passé simple et du subjonctif imparfait et plus-que-parfait, et dans quelques cas d’homographie comme jeûne, mûr et sûr.

    Et une quinzaine de pages décrivant par le menu détail les rectifications que chacun pourra lire en cliquant sur Les rectifications de l’orthographe. Le document est mesuré et prudent, rappelant à de multiples reprises l’avis favorable à l’unanimité de l’académie française ainsi que l’accord du conseil de la langue française du Québec et celui du conseil de la langue de la communauté française de Belgique, précisant bien qu’il ne s’agit pas de réformer mais de rectifier. Bref, c’est le travail apaisé et démocratique d’une vieille Nation qui cherche à faire vivre sa langue constitutionnelle.

    Les conclusions

    1. L’accent circonflexe n’est pas supprimé.
    2. L’académie française a bien approuvé les rectifications proposées par le conseil supérieur de la langue française présidé par Maurice DRUON, secrétaire perpétuel de l’académie française, malgré les dénégations de l’actuel secrétaire perpétuel dans le journal Le Figaro.
    3. Des journalistes de rencontre continuent à divaguer sur des textes officiels qu’ils n’ont pas lus.
    4. Mme. Vallaud-Belkacem a bien repris la place de punching-ball laissée vacante par la démission de « Taubira la laxiste ».

    Postface

    Un pays dont toute une élite médiatique jusqu’à Mme. Michu au Café du commerce crée de toutes pièces un psychodrame qui agite le microcosme des semaines durant, basé sur des assertions non vérifiées alors que toute l’information est disponible, un tel pays donc est inefficace car il privilégie l’écume sur le fond, la polémique inutile sur l’action sereine, la querelle oiseuse sur le débat conclusif. Ce pays ne doit pas s’étonner de ses échecs. Polémiquer ou produire, son peuple doit choisir !

  • L’agriculture face au libéralisme

    Le monde rural français est en émoi devant la baisse des prix internationaux de ses productions. Des paysans manifestent, déversent des tonnes de purin devant les préfectures, bloquent les routes et les supermarchés en appelant au soutien des prix, c’est-à-dire la générosité des contribuables et des consommateurs, nationaux ou européens.

    Soudainement on n’entend plus les parangons du libéralisme échevelé, les ayatollahs du libre marché, les Guillaume Roquette de pacotille qui a longueur de journaux (subventionnés par les contribuables) vantent les mérites de Monsieur le Marché pour réguler nos vies enfermées dans l’étatisme de la « gauche laxiste ». Ceux-là en appellent à « prendre des mesures drastiques » ou à « envoyer des signaux forts » sans plus de précisions…

    La vérité c’est que nous sommes en surproduction agricole ce qui amène très logiquement Monsieur le Marché à ajuster ce déséquilibre en poussant les prix à la baisse. C’est ce qu’on appelle le principe de « l’offre et la demande », un concept assez élémentaire mais qu’il conviendrait de ne pas utiliser uniquement lorsque cela arrange des positions politiciennes et en dérange d’autres. La baisse des prix pousse en dehors du marché les producteurs qui ne peuvent pas aligner leurs coûts sur ceux des voisins.

    On peut considérer que l’agriculture doit sortir des fourches caudines de Monsieur le Marché mais à ce moment-là il faut accepter de faire payer le consommateur ou le contribuable, ou les deux plus probablement. Il faudra aussi accepter de ne plus (ou de moins) exporter car une production subventionnée jouerait une concurrence déloyale face à celle de Monsieur le Marché. Soit les prix sont libres et fruit de la confrontation de l’offre avec la demande, soit ils sont administrés. C’est un choix de société que là encore le monde politique et médiatique s’honorerait à poser un peu plus clairement devant les citoyens.

    A court terme c’est le contribuable français qui paye pour subventionner le manque de compétitivité d’une partie de la production agricole française et débloquer provisoirement la situation. En réduisant les charges sociales des agriculteurs sans baisser les prestations dont ils bénéficient, on fait donc payer ces dernières par les autres. C’est le jeu de bonneteau budgétaire favori de la République, depuis des années…

  • Heather Nova – 2016/02/16 – Paris l’Alhambra

    Heather_Nova_2014

    Heather Nova passe à l’Alahmbra avec un groupe ramassé et plutôt acoustique, un garçon multi instrumentiste contrebasse/violoncelle/guitare/clavier et une batterie jazzy. Toujours simple et belle, des fleurs tropicales enroulées autour de son pied de micro elle chante et joue de la guitare avec grâce, une voix à la Joan Baez, très pure et un peu brumeuse, un folk poppy teinté de mélancolie. Cela fait un peu chapelle, un peu boyscout et fleure bon une ambiance hippie qui aurait pris un coup au moral. Heather a beau être née sous le soleil des Bahamas elle décline des balades plutôt tristounes que son vibrato rend parfois tragiques.

    Qu’importe, tout ceci est beau et doux, cette voix nous porte comme une brise d’automne, légère mais déjà un peu fraiche : Hey don’t cry, the night is almost through/ And I’ll be here to hold and comfort you/ Sometimes you’ll look out on dark and stormy skies/ But darling remember the sun will always rise/ And bring the light, and bring the light (The Sun will always rise – 2005).

    Setlist : 1. Treehouse/ 2. I Wanna Be Your Light/ 3. Girl On The Mountain/ 4. Island/ 5. Sea Glass/ 6. Paper Cup/ 7. The Archaeologist/ 8. Winter Blue/ 9. Walking Higher/ 10. Moon River Days/ 11. London Rain/ 12. Lie Down In The Bed You’ve Made/ 13. Fool For You/ 14. Sea Change/ 15. I’m Air/ 16. Like Lovers Do/ 17. This Humanness/ 18. The Sun Will Always Rise/ 19. Sugar
    Warmup : Mishka

  • Dévorés par l’ambition

    Trois des nouveaux ministres arrivée dans la fournée du remaniement ministériel sont écologistes. Leurs partis sont en ruines mais leurs égos sont en forte croissance. Il reste à peine 15 mois avant les prochaines élections présidentielles ce qui veut dire que compte tenu du délai de mis en route (2 mois minimum la sortie des décrets fixant leurs périmètres, nomination des cabinets, installation matérielle, etc.) et des 2 mois de gel de l’action qui vont, au minimum, précéder l’élection, il leur reste moins d’un an de service actif. Que pourront-ils faire d’utile pour la République durant cette période ? Probablement pas grand-chose. Ils vont par contre ruiner leur vie durant ces quinze mois mais ils vont être célèbres l’espace de ce temps, et ça, cela n’a pas de prix pour eux.

    Mais pour leur défense, il faut rappeler que toute cette agitation est le fruit de la fuite piteuse du ministre des affaires étrangères qui a abandonné son poste pour contrat à durée déterminée de 9 ans qui l’emmènera jusqu’à ces 80 ans.

    Malgré tout il aurait sans doute été plus efficace de se contenter de juste remplacer le lâcheur sans autre forme de procès, plutôt que de lancer un remaniement plus vaste qui ne fait qu’attiser l’ambition qui dévore ces personnages.

  • Bettina Rheims à la Maison européenne de la Photographie

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    Rétrospective Bettina Rheims à la Maison européenne de la Photographie (MEP), exposition prisée par les bobos du Marais : il y a 30mn de queue devant ce sympathique musée parisien. Bettina est passée maître dans la photo de personnages à la beauté plastique et à la sexualité indécise, mis en scène soit dans des décors un peu lugubres et déglingués (chambre d’hôtel [de passe ?] au papier peint d’un autre âge avec bidet dans un coin) ou de fonds unis et glaçants où se fondent ses personnages rarement souriants. Images posées et travaillées aux couleurs souvent flashantes, tout est forcé et irréel, traduisant l’étrange vision que l’artiste porte sur ses congénères.

    Et comme on est décidément à l’aise dans ce musée on finit par l’accrochage des photos rocks de Renaud Monfourny qui passe en revue en noir-et-blanc nos héros musiciens de ces dernières décennies :MEP_Monfourny_01

    Maison Européenne de la Photographie

  • Laurent Fabius abandonne le radeau

    Laurent Fabius, 70 ans, grand bourgeois politiquement rose, couvert de diplômes et de postes depuis sa plus tendre jeunesse, a décidé, seul dans son coin, de démissionner en abandonnant ses bons amis du gouvernement au milieu du gué. Et pour quelle raison demanderez-vous ? Non pas pour une retraite paisible après ces années de succès et d’échecs dans le marigot politique, mais pour attraper au vol le poste bientôt vacant de président du conseil constitutionnel, un des beaux maroquins de la République qu’il gardera pour neuf années, soit jusqu’à 80 ans…

    Le garçon est intelligent et n’a pas plus démérité que ses petits camarades en politique. Mais comme eux il se rend coupable du péché de gourmandise en dépassant franchement les bornes de la décence. A son âge avancé, ayant fait son temps, il montre une nouvelle fois l’incapacité des hommes politiques à résister à l’attrait du pouvoir. Il aurait logiquement dû prendre sa retraite. Sans doute ne sera-t-il pas complètement inefficace à ce poste, au moins durant les premières années de son mandat, mais il ne sera pas meilleur qu’un autre et, en shootant sur un lampadaire de la rue de Montpensier tombent au moins dix candidats d’égale valeur et de quinze ans de moins…

    Plus grave, ce lâchage en rase campagne d’un gouvernement à la peine force à un remaniement ministériel qui entraîne de changements de responsables donc des périodes de passation de services peu propices à l’action. Bref, Laurent Fabius avait le choix entre choisir l’intérêt supérieur de la République en restant en poste jusqu’à la fin du quinquennat, ou partir en courant pour attraper un poste lui permettant de valoriser son égo pour neuf années de plus. Il n’a pas hésité à privilégier sa personne. C’est dommage, une sortie ratée.

  • Le parlement à la dérive

    Voici deux mois que les parlementaires s’écharpent en public, au sénat, à l’assemblée nationale et sur les plateaux télévisés sur le vote du principe de la déchéance de la nationalité française aux individus se rendant coupables de terrorisme, principe à inclure dans la constitution de la République. Tout le monde s’accorde à penser qu’une telle mesure ne sera pas dissuasive à l’encontre d’apprentis terroristes qui se disent inspirés par un message divin et dans la plupart des cas meurent au cours de leurs actions terroristes. La proposition est symbolique et ne sera probablement jamais appliquée ni applicable.

    Mais tout le monde discutaille les virgules du texte avec arguments recevables dans un sens comme dans l’autre offrant le spectacle affligeant de batailles de mots alors que les circonstances d’attentats terroristes religieux ayant fait des dizaines de morts en France devraient prêter à un peu plus de modestie aux égos surdimensionnés de nombre d’élus, et surtout pousser tout ce beau monde vers l’efficacité. La mesure est symbolique et inutile, certes, mais la droite comme la gauche en ont approuvé le principe alors adoptons là rapidement et passons à autre chose plutôt que de pinailler.

    Après tout, si des citoyens veulent éviter de se voir déchoir de leur nationalité il leur suffit de ne pas commettre d’actes terroristes ! La vraie crainte est de savoir ce qu’un parlement avec une majorité d’extrême droite ou tout simplement de droite « forte et décomplexée » pourrait faire de cette option de déchéance si elle se laissait aller. Mais restons optimistes en rappelant que ce qu’une loi a fait, fut-elle constitutionnelle, une autre loi peut le défaire.

  • GREENFIELD Robert, ‘Exile on Main St. – A season in hell with The Rolling Stones’.

    Sorti : 2004, Chez : Da Capo Press (version anglaise).

    L’histoire mondaine de l’enregistrement de « Exile on Main St. » le disque légende des Rolling Stones qui fut enregistré dans une villa du sud de la France en 1971, plus exactement au sous-sol de la luxueuse villa Nellcote louée par Keith Richards et Anita Pallenberg.

    Le livre raconte l’atmosphère de la villa où se côtoyaient musiciens mythiques et dealers corses, où allaient et venaient les cinq Rolling Stones, leurs enfants et un entourage pas toujours très recommandable. De ce marigot fécond est sorti un disque remarquable, dans la souffrance et dans l’ivresse. C’est l’histoire d’une époque fertile et dangereuse dont les Stones ont réussi l’exploit de sortir à peu près indemnes et surtout sont restés créatifs depuis des décennies grâce à ce duo de choc Mick Jagger et Keith Richards.

    Le journaliste-auteur insiste bien sûr sur l’héroïne qui semblait couler à flot à Nellcote et est sans doute pour quelque chose dans la création de ce disque. Il tient la chronique des jours qui passaient et des phantasmes qui sont restés sur l’extraordinaire aventure de ce disque. On y parle pas beaucoup de musique mais plutôt de comportements, c’est intéressant aussi.