Auteur/autrice : Rehve

  • Un sursaut de décence ?

    Cette fois-ci c’est le pédégé d’Aviva, une grosse compagnie d’assurance britannique qui voit son salaire remis en cause dans une assemblée générale d’actionnaires, il gagnait un petit million de GBP et avait déjà courageusement renoncé à une augmentation de 4,8%. Il a immédiatement démissionné. C’est bien, la gouvernance progresse. Tout n’est peut-être pas encore complètement perdu dans le monde des fat cats !

  • Le Front de Gauche en campagne

    Le Front de Gauche fait sa campagne dans le XIVème dans un camion à musique.
  • Casier judiciaire dans le monde politique

    Jean-Marc Ayrault que l’on annonce comme possible premier ministre mardi prochain est un repris de justice condamné à 6 mois de prison avec sursis en 1997 pour favoritisme dans une affaire de marché public. Comme pour Juppé, Chirac, Emmanuelli et bien d’autres repris de justice de la République, les communicants communiquent sur le thème « il n’y a pas eu d’enrichissement personnel ». Certes, ce n’est d’ailleurs pas de ça dont ils ont été accusés. Ils ont juste contrevenu à la Loi, qui plus est dans l’exercice de leurs fonctions électives. C’est ce pourquoi ils ont été condamnés. Le risque est que ce qu’ils ont fait une fois ils ne le refassent une deuxième fois.

  • Incompétence coûteuse des banques

    Encore un trader-fraudeur (français en l’occurrence) qui pousse son employeur, la banque américaine JP Morgan Chase, à provisionner 2 milliards d’USD pour couvrir une perte probable sur des opérations liées aux CDS sur la place de Londres. Le casino continue et les banques restent incapables de comprendre et de contrôler ce qui se passent chez elles où des forbans surpayés sont en mesure de les faire chuter en jouant avec l’argent des autres.

    On se demande s’il s’agit d’une stratégie bancaire de prendre des risques au-delà du raisonnable et de lâcher les forbans le mors aux dents, ou d’une incompétence de ces établissements à contrôler les agissements de leurs salariés. La réponse n’est pas évidente mais le résultat est toujours le même : l’opération est globalement neutre pour l’économie puisque les 2 milliards perdus par JP Morgan Chase ont été gagnés par quelqu’un d’autre, mais par contre potentiellement annonciatrice de catastrophe systémique si l’ampleur de la perte réalisée par une des parties fait tomber une banque ! Ces opérations sont donc au mieux inutiles pour le développement économique, au pire nuisibles, mais en aucun cas productives.

  • Le bla-bla répétitif des soirées électorales médiatiques

    Durant la soirée électorale de dimanche, les journalistes n’ont eu qu’une question sur les lèvres, quelque soient les interviewés : « quel est votre sentiment ? »

    Depuis lundi matin c’est devenu : « qui sera le premier ministre ? » Hollande leur a répondu que le gouvernement sera nommé mardi prochain, mais qu’importe, ils insistent.

    La répétition est érigée en mode de pensée dans les médias, c’est ce qui doit être enseigné dans les écoles de journalisme, à moins qu’on ne leur apprenne aussi à réfléchir mais qu’une fois leur carte de journaliste en poche ils n’y arrivent pas ?

  • La droite essaye de se refaire

    Les élections législatives se préparent : Juppé renonce à se présenter à Bordeaux par crainte d’être battu et l’UMP présente un candidat contre Bayrou pour le faire chuter, ambiance…

    De petits nouveaux apparaissent sur les listes de l’UMP : Guéant, Guaino, notamment, vont aller se frotter au suffrage universel. 

    La France qui a élu un président socialiste est capable de voter pour une assemblée nationale de droite. Ce serait un gage d’inefficacité et de sanglantes batailles.

  • Alternance à l’Elysée

    Charb – Charlie-Hebdo 2012

    Sarkozy admet sa défaite et prononce un discours d’adieu plutôt digne. C’était inattendu mais bienvenu.

    Sur son site web de campagne apparaît en page de garde :

    « Soyons dignes, soyons patriotes, soyons Francais. Je vous aime. »

    et sa signature manuscrite.

  • La démocratie

    Vote tranquille dans une école de quartier de la République ; comme la démocratie est rassurante.

  • Le clinquant des plateaux télévisés

    Un président bling-bling s’en va mais alors pour son départ les plateaux télé font un festival de clinquant et rivalisent en décorations de mauvais goût. La palme revient sans conteste à France 2 qui aligne une espèce de palais de verre avec parterre bleu-blanc-rouge, table écran, étages de côté pour les opératrices derrière leurs ordinateurs. Difficile de faire plus vulgaire et tape-à-l’œil ! TF1 est pas mal non plus dans le genre mais en tout de même plus modeste. Manifestement ils avaient moins de moyens.

  • Jeanne Added / Laetitia Shériff / Lisa Portelli – 2012/05/14 – Paris le Café de la Danse

    Jolies (presque) découvertes au Café de la Danse où se produisent en trois shows, courts et enlevés : Jeanne Added, Latetia Shériff et Lisa Portelli.

    Jeanne, bassiste-chanteuse, une réincarnation de Marlène Dietrich électronique, le cheveu hirsute, chemisier frou-frou, une voix trouble portée par la bass sacadée, une atmosphère froide et contemporaine.

    Laetitia, abonnée aux premières parties avec sa guitare baryton et ses samples. Elle mériterait les feux de la rampe, elle devrait les retrouver avec la reconstitution annoncée de son groupe. En attendant, elle continue à nous charmer de sa voix sombre posées sur ses arpèges répétitifs et obsédants.

    Lisa, un petit brin de femme blonde en chaussure blanche, montée sur ressorts, accrochée à sa guitare, virevoltante et agile, accompagnée d’un guitariste-grande-bringue et d’un batteur-sympathique, chantant en français d’une voix sucrée des textes charmants, elle est tout simplement exquise.

    Plaquant des riffs automatiques sur sa guitare en dialogue avec les six cordes de l’escogriffe, ils font monter la tension et terminent les morceaux dans des paroxysmes de rythmes électriques sens dessus dessous, et des vagues de cheveux blonds fouettant les airs. Un petit air de Vanessa Paradis mais ne nous y trompons pas, c’est une rockeuse… au cœur tendre.

  • La pédagogie du simplisme

    Le site publicitaire du candidat Sarkozy propose un argumentaire tout en nuances pour convaincre Madame Michu de voter pour le héros, du genre :

    « Les 10 meilleures raisons de ne pas voter François Hollande

    Il n’a aucune expérience : il n’a jamais été ministre ou secrétaire d’Etat, n’a jamais dirigé une grande ville ou une grande région, ni participé à une négociation internationale.

    Son bilan en en Corrèze, département le plus endetté de France, est calamiteux : +25% de dette en 3 ans, +50% de fonctionnaires, -60% d’investissement, suppression des transports scolaires gratuits et des bourses étudiantes…

    Il veut augmenter les impôts et creuser les déficits en revenant sur la réforme des retraites, en démantelant la filière nucléaire, en embauchant plus de fonctionnaires.

    Il est pour l’immigration massive, puisqu’il veut appliquer la même politique que Lionel Jospin de régularisation « au cas par cas ». ll veut donner le droit de vote aux étrangers en prenant le risque de faire monter le communautarisme en France. Il n’a d’ailleurs pas voté l’interdiction de la burqa.

    Il est inconnu à l’étranger, n’a pas été reçu par les chefs d’Etat et de gouvernement. La presse internationale le raille (« Cauchemar, naïveté, mollesse, dangereux, catastrophe… »)

    Il est laxiste en matière de sécurité : il veut alléger les peines des récidivistes, supprimer la rétention de sûreté et refuse de créer des places de prison supplémentaires.

    Il veut remettre en cause le quotient familial, pilier de notre politique familiale qui est l’une des meilleures au monde.

    Ce n’est pas un vrai leader : il se perd dans des compromissions et des négociations politiciennes. Il n’a pas d’équipe fidèle et s’entoure de personnes qui ne le respectent pas.

    Il croit aux recettes du passé qui n’ont pas marché en France et ont précipité la Grèce et l’Espagne dans la crise : 35 heures, emplois subventionnés, embauche de fonctionnaires…

    Il n’arrivera jamais à gouverner car il est condamné à faire le grand écart entre Eva Joly, l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, le Parti Socialiste et la réalité, et parce que les autres dirigeants socialistes ne sont pas ses amis. »

    En résumé : « tous aux abris, les bolchéviques et les immigrés reviennent ! » La dialectique est basique, niveau Café du Commerce, et le message est largement relayé par les flingueurs de l’UMP sur le thème « le chaos dès le 7 mai si Hollande est élu ! »

    Le France surendettée par 40 années d’incurie budgétaire est dépendante de ses prêteurs qui sont généralement des investisseurs financiers ayant le cœur du même côté que le portefeuille, c’est-à-dire à droite. Il est probable que si la gauche prend le pouvoir en France ce week-end ils ne manqueront pas de se rappeler au bon souvenir de leur emprunteur parisien, c’est ainsi. La probable augmentation des taux d’intérêt qui en résulterait aurait au moins l’avantage de faciliter la désintoxication à la dette de notre vieille République.

    Sinon, le reste de l’argumentaire est étonnant de simplisme et de mauvaise foi, on a du mal à croire qu’il puisse toucher Madame Michu mais, hélas pour l’intelligence, il doit quand même être parfois efficace.

  • L’UMP nerveuse

    Malika Salim, conseillère municipale UMP commet aujourd’hui ce charmant tweet avant de l’effacer aussitôt. Au-delà de la beaufitude du message on est surtout étonné que les élus de la République n’aient rien d’autre à faire que de tweeter toute la sainte journée !

  • La presse se délecte

    La couverture du Nouvel Obs de la semaine dernière : Sarkozy va encore apprécier Laurent Joffrin…

  • Dispensable débat

    Débat télévisé des deux finalistes pour le sprint des présidentielles : le personnage le plus intéressant, intense, profond, tout en rondeur fut incontestablement le décolleté de Laurence Ferrari ! Le reste ne fut que bataille de chiffonniers et agressions verbales sans grand intérêt mais avec un très cruel manque de poésie.

  • Mélanchon à la barre

    Bon, la syntaxe reste à parfaire mais l’engagement est là. Pour clôturer en beauté cette campagne de caniveau chacun se dispute la fête des travailleurs et c’est à qui organisera le meeting le plus militant et le plus inutile.

  • Churchill Winston, ‘Mémoire de guerre 1919-1941’.

    Sortie : 2009, Chez : Tallandier. L’irrépressible montée du nazisme post-traité de Versailles dans l’entre deux-guerres mondiales, l’incroyable faiblesse de la politique européenne face à l’Allemagne re-conquérante, l’esprit de résistance du peuple britannique, le grignotage territorial et violent d’Hitler et finalement l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni ; une aventure insensée, celle du siècle de nos parents, racontée avec la verve et l’enthousiasme d’un dirigeant de légende : Churchill !

  • La CGT se positionne

    Le chef syndical de la CGT annonce qu’il votera Hollande dimanche prochain. Et Sarko l’agité s’en émeut. Eh oui garçon, tu ne peux pas en permanence agresser, vilipender, fanfaronner, déraper et faire comme si de rien n’était. Tu n’es pas le seul à développer une capacité de nuisance certaine. Il n’est pas interdit par la Loi aux électeurs cégétistes de mettre leurs votes dans la balance ni à leur responsable de s’exprimer sur ses intentions de vote, même si cela semble contrevenir à la tradition. C’est ainsi !

    De toute façon tu ne perds pas grand-chose car il est tout de même assez peu probable que le moindre électeur cégétiste ait eu l’intention de mettre dimanche prochain un bulletin dans l’urne en ta faveur. Donc ne te trompe pas de combat, celui de la CGT est perdu d’avance, et bat toi sur les sujets où il te resterait encore quelques chances de faire valoir tes avantages.

  • The Dandy Warhols – 2012/04/29 – Paris l’Olympia


    The Dandy Warhols à l’Olympia, on ne se refuse rien, les quatre de Portland restent fidèles à leur musique et leurs habitudes : un disque tous les 2 ou 3 ans et une tournée dans la foulée ; évidemment ils sortent peu à peu du ghetto underground dans lequel ils se complaisaient et jouent maintenant dans le music hall chic de Paris. Tant mieux, ils le méritent très largement !

    Un nouveau disque : This Machine vient de sortir, on ne l’a pas encore écouté mais qu’importe, d’ailleurs le show commence par un triptyque fameux et classique : Mohammed, Used to be Friends & Last Junkie. Nos quatre cow-boys & girl sont alignés sur le devant de la grande scène, des étendards à tête de mort recouvrent les amplis, sur le fond de la salle une immense bannière à leurs couleurs, Courtney arrive en marinière, Zia coiffée d’un sombrero un chinchilla autour du cou, Brent bien droit derrière ses futs, Pete se cache dans les brumes bleutées diffusées par le light-show et étire à l’infini les longues plaintes aigues de sa guitare sur Mohammed annonçant les riffs cinglants de Courtney sur ce morceau emblématique : Again and again/ I get up and say/ I only want to get it right/ I only want to do the right thing/ But all these demons, harass my soul.

    Zia tambourine derrière ses claviers, chinchilla au vent et marque le beat sur lequel se placent les cordes glaçantes de Courtney, le show est lancé et s’en suivra un melting-pot de vieux tubes et de nouveautés menés tambour battant. Ces quatre-là tracent leur sillon rock depuis des décennies à travers le labour de nos âmes, ils jouent avec nonchalance de longues ballades, électriques, dures et tristes. C’est l’Amérique qui s’exprime à travers leurs notes, celle des grands espaces ; la réverbération des guitares évoque les plaines du Middle-West, les routes rectilignes de la Death-Valley, mais la rythmique nous ramène aux bars interlopes où on imagine les Warhols se sont tannés le cuir et qui d’ailleurs fixent souvent l’environnement des clips officiels du groupe.

    Sur Sad Vacation, une chanson de This Machine, Zia joue d’une vraie bass, à cordes, et Pete utilise un archet sur sa guitare, on n’y voit pas une grande différence, mais qu’importe, les tubes s’enchaînent Bohemian, Get Off, Godless, Horse Pills… l’Olympia pogotte, explose, transpire, exulte et finalement dépose les armes devant ces troubadours de l’enfer !

    On croyait devoir quitter la salle sans rappel lorsque Zia, hilare sous son sombrero, revient sur scène pour scander un appel au retour de ses hommes qui… reviennent pour une exceptionnelle montée d’adrénaline sur un Boys Better d’anthologie à la rythmique basique et obsédante assaisonnée d’une petite ritournelle aux claviers. La machine folle s’emballe, semble ne jamais pouvoir s’arrêter mais finalement expire dans le sifflement des larsens, laissant public et musiciens épuisés et rassasiés.

    The Dandy Warhols ! Que les Dieux du rock nous gardent encore longtemps sur la route ces desperados de la 6 cordes. On va tout de même aller acheter This Machine histoire d’y découvrir une perle ou deux qui n’apparaissaient pas évidentes sur scène, mais c’est ainsi, les disques des Warhols ont leur place dans toute discothèque qui se respecte.

    Setlist: Mohammed/ We Used To Be Friends/ Not If You Were The Last Junkie On Earth/ I Love You/ Rest Your Head/ Good Morning/ You Were The Last High/ I Am Free/ Holding me up/ Enjoy Yourself/ Sad Vacation/ Well They’re Gone/ Every Day Should Be A Holiday/ The Autumn Carnival/ Bohemian Like You/ Get Off/ Horse Pills/ Wasp In The Lotus/ Godless/ Country Leaver
    Encore: Pete International Airport/ Boys Better

  • Une fin de campagne pénible

    Il est vraiment temps que cette campagne électorale présidentielle française s’arrête. Chaque jour on croit avoir atteint le fond de la stupidité et de la démagogie, mais le lendemain on dépasse ce seuil qui n’en était pas un…

    Sarkozy en rajoute tous les matins dans l’agitation, les propositions désordonnées et irréfléchies qu’il sort de son chapeau pour essayer de remonter son retard : la banque des jeunes à créer, celle des entreprises, la présomption de légitime défense pour les policiers, la viande hallal, etc., etc. Est-ce qu’il invente lui-même ces saillies le matin en se rasant ou est-ce son équipe de campagne qui les lui liste pendant qu’il se rase ? Dans un cas comme dans l’autre, c’est la responsabilité du candidat qui les endosse.

    Hollande reste sur une posture plus présidentielle, assis sur un programme diffusé depuis plusieurs mois et ne sortant que fort peu de ce cadre, donnant l’image rassurante de la sérénité face à la tâche qui l’attend. Son programme comme celui de la droite sera sans doute balayé par les réalités, mais Hollande comme son challenger s’adaptera à la vraie vie, chacun avec son mode de fonctionnement, hystérie ou sérénité. L’un ou l’autre devra de toute façon tailler dans les dépenses et augmenter les impôts, c’est ainsi. Le déni français face à l’incurie budgétaire de leur République depuis plus de 30 ans va devoir tomber, ce sera l’honneur du futur président que de provoquer et d’accompagner cette inévitable prise de conscience. Les électeurs vont devoir choisir entre un trublion énervant et un placide fidèle, mais qui feront face aux mêmes réalités.

    En attendant l’un et l’autre font les yeux doux aux électeurs du Front national parlant de citoyens égarés et « en souffrance ». Ils se trompent, lesdits électeurs de Marine Le Pen ne semblent pas plus désespérés que les autres, ils sont juste fatigués de l’absence de cohérence du monde politique parisiano-rive-gauche. De façon plutôt maligne, la candidate frontiste explique doctement qu’elle ne donnera ses consignes de vote pour le deuxième tour que lorsqu’elle connaîtra la position de l’UMP dans les cas (qui seront a priori nombreux) où un candidat du Front national arriverait devant celui de la droite classique eux élections législatives de juin… Comme Sarkozy n’a pas osé dire, pour le moment, qu’il appellerait à voter Front national aux législatives, le cas le plus probable est que l’électeur frontiste sera laissé à lui-même pour glisser son enveloppe dans les urnes du 6 mai prochain, ce qui ne changera pas grand-chose, puisque comme devrait le savoir les sondeurs, l’électeur (toutes couleurs confondues) n’en fait qu’à sa tête.