DSK dont on croyait que le contrôle judiciaire (pour soupçon de proxénétisme aggravé en bande organisée) interdisait tout contact avec la presse a néanmoins donné une interview au journal britannique Guardian dans laquelle il explique qu’il pense avoir été victime d’un complot et que les affidés de Sarkozy le pistait bien avant sa célèbre relation sexuelle ancillaire inappropriée. Il explique qu’il ne soupçonne pas ses ennemis politiques d’avoir provoqué la délétère pipe du Sofitel, mais d’avoir ensuite manœuvré pour que le scandale devienne public et bloque sa candidature aux élections primaires du Parti socialiste.
C’est possible ! Quoi qu’il en soit, même si la droite
française s’est rendue coupable de telles manipulations, cela semble avoir été
en pure perte puisque notre droite la plus bête du
monde va sans doute perdre le pouvoir suprême la semaine prochaine face
au candidat de gauche à la vie sexuelle pourtant beaucoup plus normale.
Les actionnaires de la banque américaine Citigroup ont
refusé d’avaliser la rémunération 2011 de leur pédégé qui devait s’élever à une
quinzaine de millions de dollars (y compris primes, stock-options et tout le
tra-la-la). Ils ont bien fait, on peut parier qu’à 7 millions de dollars ils
trouveront un autre dirigeant largement aussi compétent, ils auront ainsi
réalisé quelques économies.
A peu près au même moment fin avril, 32% des actionnaires de
la banque britannique Barclays avaient voté contre la rémunération du dégé qui
a été de 22 millions d’euros. Minoritaires, ils n’ont pas pu bloquer cette
infamie. Idem chez la banque suisse UBS.
Tous ces pédégés sont interchangeables et surcotés. On peut
trouver aussi bien, voire mieux, pour bien moins cher. Il suffit de laisser
jouer les forces du marché plutôt la tyrannie des copinages de conseils
d’administration.
Les Nouveaux Chiens de Garde : un documentaire amer sur les liens unissant les organes de presse français au monde des affaires. C’est édifiant, sans doute très pessimiste puisque fondé sur l’affirmation que ces liens incontestables annihilent toute objectivité desdits journalistes. Des exemples précis sont livrés sur des journalistes et des experts pris en flagrant au mieux d’incompétence au pire de collusion.
Hélas, les médias
d’aujourd’hui n’arrivent plus à fonctionner de façon autonome et doivent faire
la manche pour survivre, malgré les aides d’Etat consacrées à ce secteur. Alors
ils se tournent vers les affaires qui elles ont de l’argent et l’envie
d’utiliser la presse à leurs propres fins. Pas facile de concilier tous ces
intérêts avec le devoir d’informer !
Le Roi d’Espagne se fait surprendre en pleine chasse à
l’éléphant en Afrique alors que le taux de chômage dans son pays tangente les
25% et qu’il est le président du World Wild Fund espagnol.
Il a présenté ses excuses mais trop tard, le mal est fait et la faute de (très
mauvais) goût est patente.
Le manque de sens des réalités des élites est parfois
tellement patent que les mots manquent pour qualifier de tels comportements, et
surtout l’absence de sens politique qu’ils caractérisent… Quoi que l’on pense
de la chasse à l’éléphant, la révélation d’une telle pratique par un couronné européen
ne peut que déclencher hourvari et condamnation du bon peuple. A priori une telle réaction n’avait pas été
anticipée par la royale famille, ou alors considérée comme sans importance.
Est-ce que la droite française pourrait être suffisamment maligne pour phagocyter le Front national comme le florentin Mitterrand l’a été pour dissoudre le Parti communiste français ? Vues les performances actuelles de l’UMP et de son candidat histrion cela paraît peu probable, hélas !
Les économistes mondains et les philosophes de plateaux
s’entendent pour porter des jugements définitifs sur la nécessité de la relance
et l’inefficacité de la rigueur. Bon, bien, dont acte et que proposent-elles de
plus précis ces fines gâchettes franchouilllardes de la macro-économie au-delà
de ces poncifs de café du commerce ? Rien, sinon l’espoir que les vannes
de la dépense à tout va pourraient être de nouveau rouvertes, les niches
fiscales élargies, les primes à la casse pour changer de voiture rétablies,
etc.
Le mot relance est arboré
comme un étendard pour masquer nos faiblesses, entretenir nos illusions et
bercer les gogos. La réalité sera plus douloureuse car la dépense publique
devra décroître quoi qu’en disent les uns ou les autres. Mais heureusement cela
n’exclut pas une politique économique intelligente qui favoriserait la
croissance. Il suffit juste d’être intelligent et un peu moins démagogue.
Ah oui, j’oubliais, surtout on ne fait pas de relance durant les jours fériés du mois de mai,
particulièrement bien placés cette année. On commencera la relance après les vacances.
Après avoir vilipendé l’incurie des sondeurs dont les sondages
faux permettent à l’infini de masquer l’incompétence des journalistes et leur
incapacité à mener de l’analyse avec leurs propres neurones, le monde
polico-médiateux se penche désormais sur la question sans doute de très peu
d’importance du report des voix. L’unique question proposée aux battus sur les
plateaux mondains est : « sur quel candidat
allez-vous demander à vos électeurs de reporter leurs voix ? ».
Est-on bien sûr que les électeurs suivent aujourd’hui les
consignes de votes ? On peut en douter. Sauf peut-être du temps du parti
communiste stalinien quand la place du Colonel Fabien aurait demandé à ses
encartés de voter pour le père Noël, ils l’auraient fait, de notre temps chacun
n’en fait qu’à sa tête.
Il n’est donc pas nécessaire que les politicards s’humilient
à quémander des votes ou à coucher avec leurs
opposants. Qu’ils restent eux-mêmes, ne changent pas de cap et ils auront l’air
plus nobles et plus dignes de leurs électeurs.
Résultats de premier tour de la présidentielle : le racolage à tout va est ouvert, les sondeurs s’écharpent devant la déroute de leurs prévisions exactes à + ou – 50% et la presse, assise sur ses certitudes, commente déjà les nouveaux sondages.
Deux grands résistants sont morts la semaine dernière. Tous deux ont combattu le nazisme sous le même drapeau, puis leurs routes se sont séparées.
L’algérien Ahmed Ben Bella a lutté contre la France pour l’indépendance de son pays avant de combattre les siens qui l’ont laissé emprisonné 15 années durant puis de l’exiler en Suisse, ce qui lui a sans doute permis de sauver sa peau.
Le français Raymond Aubrac toute sa vie durant a défendu les valeurs humaines qui ont fondé son engagement. Leurs patries rendent hommage à ces hommes qui ont su se défendre des causes supérieures.nie de l’Histoire
The Stranglers sortent leur dix-septième album studio : Giants à la pochette très romantique on l’on voit une petite fille en jupette face à un portique duquel pendent quatre cordes de pendu à la place des balançoires. Sur leur site web www.thestranglers.net c’est encore plus subtil, les quatre étrangleurs pendent au bout des cordes et une animation voit la gamine pousser les corps pour les faire se balancer… très Stranglers !
Et notre joyeuse bande d’hommes en noir continue à tourner inlassablement, comme ils le font depuis le milieu des années 70’s. Jet Black est à nouveau empêché pour « raisons de santé » et remplacé comme d’habitude pour son fils (bâtard) spirituel, Ian Barnard. Sur l’affiche de la tournée, Jet se cache derrière un masque à oxygène, tout un programme.
La scène de l’Olympia semble un peu trop grande pour eux. Ils jouent devant une immense tenture siglée de leur logo blanc sur fond noir et démarrent le show avec l’enchainement Burning up Time, Sometimes et The Raven qui met la salle en joie. Quelques nouveautés extraites de Giant sont saupoudrées sur un parfait best-of de leurs seize premiers disques.
C’est du Stranglers, du brut, du rugueux, juste assoupli par les ritournelles synthétiques qui dégoulinent de l’estrade où est perché Dave caché derrière ses étagères de claviers. Baz la joue hargneux, grimaces aux lèvres, qu’il plaque des riffs rageurs sur ses noires guitares ou qu’il monte des arpèges sur ses cordes, JJ est plus fluide et félin sur ses lignes de bass, ensemble ils se répartissent le chant avec bonheur et juste comme il faut. Les Stranglers sont des proto-punks et il s’agirait de ne pas l’oublier, plus exceptionnel ils sont des punks survivants et oh combien vivants !
Hanging Around, Peaches, No More Heroes viennent nous le rappeler. Il s’agit de rythmes primaux et d’énergie vitale, ils parlent de violence avec sarcasme, ils nous racontent l’existence avec dérision et les nappes de claviers viennent marquer l’ironie du message.
Mais ils savent aussi faire dans punk-romantique avec quelques belles pièces comme Golden Brown, le plus récent Relentless et l’inoubliable Always the Sun qui seront joués ce soir pour calmer la furie, si l’on peut dire, car Always… déclenche hourvari et pogos endiablés.
La dernière chanson du show est lancée par JJ en référence aux élections présidentielles françaises qui se profilent : « si vous aviez une Reine vous n’auriez pas à vous embêter à élire un président mais… » et de jouer un Something Better Change déchaîné et de toute beauté. Deux rappels dont le deuxième rappel se termine par une belle reprise des Kinks : All Day And All Of The Night.
Le fiston Assad, président syrien, passe beaucoup de temps en ce moment à signer des accords de cessez-le-feu ! Evidemment puisqu’il ne les fait pas respecter par sa soldatesque, il faut en signer de nouveaux pour avoir l’air coopératif. On apprend toutefois par des internautes indélicats qui seraient parvenus à dévaliser les disques durs de M. et Mme. El Assad, que Bachar télécharge de la musique sur internet et notamment du New Order ! Bon, un homme qui écoute New Order (groupe successeur de Joy Division) ne peut être définitivement mauvais.
Voici maintenant que les candidats à l’élection présidentielle française s’affrontent sur le fondamental sujet de société qu’est le permis de conduire. Faut-il l’introduire ou non dans le cursus scolaire. Que ces grands esprits passent du temps sur ce détail montre, s’il le fallait encore, à quel point cette campagne aura marqué la défaite de l’esprit, quel que sera son vainqueur.
Les militaires dépenaillés qui avaient pris le pouvoir au Mali sont en train de le rendre. Pendant ce temps des Touaregs enturbannés qui avaient servi comme mercenaires de Kadhafi ont pris le nord du pays et déclaré son indépendance, appuyés par quelques barbus islamistes qui en ont profité pour augmenter leur stock d’otages en capturant des diplomates algériens du consulat de Gao. La situation se complique dans le Sahara…
Hilarant : Catherine Nay, journaliste refaite et
maquillée comme un voiture volée, triste comme une porte de prison, commet un
livre sur Sarko l’agité et se répand dans les médias pour en assurer la
promotion. Elle explique notamment que le jour de son élection le Sarko était
désespéré car il attendait Cécilia qui avait déjà le cœur qui penchait ailleurs,
et que la Cécilia est coupable d’avoir organisé la célébration du Fouquets et que Cécilia est méchante et que Sarko
est gentil et que bla-bla-bla. Du couple nouveau mari de Cécilia affirme dans
les médias que tout ceci est faux et bla-bla-bla.
Au-delà de cette histoire d’alcôve qui doit bien contenir
une part de vérité, on frémit un peu à l’idée que le moral d’un président
puisse être sensible à ce point à des peines de cœur.
Pour connaître la vraie vérité des femmes de l’agité, nous ne saurions trop recommander l’indispensable bande dessinée Sarkozy et ses femmes :
The Dø en formation resserrée ce soir à La Maroquinerie pour tester de nouveaux arrangements et entamer une tournée européenne : 2 filles et 2 garçons ; O et D, une percussionniste-machiniste et le guitariste habituel, petit génie des cordes en catogan.
L’ambiance est détendue dans cette salle intimiste, il n’y a pas de batterie ce qui donne une petite touche techno, atténuée tout de même par la quincaillerie-percussion (y compris un assortiment de clés anglaises…) utilisée par la Miss aux machines.
Le quatuor est dynamique, à la recherche de nouveauté, jongle entre les instruments sur la petite scène de la Maroquinerie. Olivia aimante les regards, bardée d’une blouse que l’on dirait découpée dans un drapeau américain. Elle virevolte, se loupe sur l’intro de Was It A Dream ?, rigole, papote, dansouille sous ses cheveux blonds et chante, comme d’habitude, plutôt bien, d’une voix enfantine ou tonitruante. Elle partage le devant de la scène avec Dan qui joue de la bass comme un combattant, nous délivre un superbe solo de saxophone et tapote sur un clavier à l’occasion.
Le reste de la petite bande fait plus que la présence en encadrant sympathiquement ce duo de charme.
The Do murit en produisant une atmosphère plus dépouillée mettant mieux en valeur leurs personnalités remuantes et une musique pop-jazzy-contemporaine enthousiasmante qui pétille de joie.
Sortie : 1968, Chez : Pocket 1910. Au cœur des années 50, le parcours de cancéreux au milieu de nulle part de l’Union soviétique en voie de déstalinisation. On y suit quelques semaines durant la vie de personnages incroyables : membre du parti, déporté par le NKVD, moujik d’Asie centrale, médecins dévoués, etc. centrés sur la maladie qu’ils subissent ou qu’ils soignent dans la mesure de leurs moyens et des instructions du Parti. Et au milieu de tout ce fatras de souffrance et de bureaucratie il reste l’humain si bien peint par Soljenitsyne, avec humour, tendresse et dérision. L’auteur, un temps malade, a fait un séjour dans ce pavillon durant sa relégation avant d’en ressortit miraculé. Et comme toujours dans ses romans, il y a du souffle, de la vie, du vrai. Et comme toujours Soljenitsyne s’avère un extraordinaire conteur des misères de l’existence soviétique et humaine.
La presse continue à gloser sans fin sur l’évolution des sondages concernant la prochaine élection présidentielle plutôt que d’analyser les idées. Dans certains cas les journalistes ne comprennent pas ces programmes et ne sont donc pas en mesure de les analyser, ils n’ont pas été formés pour. Dans d’autres circonstances les candidats n’ont même pas de programme affiché, alors de quoi discuter ? C’est le cas de l’agité du ciboulot qui n’a toujours rien publié mais se contente de balancer des idées saugrenues au gré des meetings racoleurs organisés par l’UMP. On ne sait pas bien si l’absence de publication d’un programme écrit est le fruit d’une décision stratégique, estimant que cela ne sert à rien, ou s’il n’a tout simplement pas eu le temps de s’occuper de ce point de détail.
Lambchop à la Maroquinerie, un grand moment de pureté hors du temps ; Kurt Wagner et sa bande de Nashville sont venus présenter leur musique folk alternative et surtout leur dernier disque : Mr. M, dédié à la mémoire de Vic Chesnutt, décédé en 2009, dont Kurt était très proche et à qui déjà les Cowboys Junkies ont dédicacé un merveilleux disque de reprises l’an passé.
En blazer bleu-marine, une casquette de base-ball vissée sur le crâne, Kurt cultive un air de beauf de campagne patenté ; un groupe talentueux, Cortney Tidwell qui accompagne aux chœurs après avoir assuré la première partie, tout ce petit monde joue assis, sauf le bassiste, arrangé en demi-cercle face au public. Le volume sonore est modeste, la technique et la musique sont tout en douceur et retenue. La steel-guitar ajoute sa touche traînante et ancestrale. L’inspiration est jazzy-folk, la voix torturée, étirée, comme en pointillé, les musiciens sont appliqués et naturels participant à l’œuvre amicale et intense dirigée par Kurt.
Avec une dizaine de disques désormais, les Lambchop poursuivent un chemin de traverse guidés par la révérence envers la musique, élevée au rang de source de vie. Les textes sont émouvants et ironiques, une sorte de chronique de petits évènements narrés avec poésie et incertitude. Les mots sont expirés, comme en souffrance : Sustain me with your voice, clean the coffee maker/ And I adore you/ I represent you crying and/ We were born to, we were born to rule.
Et pour le rappel, Wagner debout sous sa casquette se lance dans un slam effréné ; son label se dénomme City Slang !
Kurt peint à ses heures perdues et le livret du disque est illustré de sa série Beautilion Militaire 2000 où celui qu’on imagine comme Mr. M déroule son air débonnaire de bourgeois du XIXème siècle :
Lambshop, une atmosphère déchirante, un talent sans égal et une créativité bien à l’abri des attentes.
Label City Slang