Un intéressant article de Ngoupandé, ex-premier ministre centrafricain, dont j’avais connu le frère à Bangui. Il développe une analyse sur la traite arabe et ses scories actuelles dans le Darfour, une vaste et déserte région au carrefour du Soudan, du Tchad et de la Centrafrique. Pendant des siècles cette immensité a été un vaste marché aux esclaves où s’effectuaient des razzias vers le Proche et Moyen-Orient. La conscience collective des populations noires de cette région est restée marquée par cette traite arabe. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que la suite logique d’un « esclavage arabe » qui ne veut pas dire son nom. Ngoupandé insiste sur le caractère « racial » de ce drame dont la seule évocation dérange car révélateur de traumatismes anciens et de désunion actuelle entre les populations africaines. Pour exorciser cette Histoire qui n’a jamais donné lieu à repentance, il appelle les pays arabo-africains à condamner clairement les exactions des hordes janjawids. La patience est une vertu africaine, heureusement…
Catégorie : Afrique
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Les Soudanais palabrent
Les parties soudanaises signent un vague papier au sommet franco-africain de Cannes, s’engageant à ce que la guerre civile ne déborde pas trop sur le Tchad et la Centrafrique. Cet engagement ne vaut évidemment rien et suivra le sort de ses prédécesseurs, la guerre ancestrale entre les nomades arabes et les sédentaires noirs, anciens esclaves, reprendra de plus belle d’autant qu’elle est largement encouragée par le gouvernement en place à Khartoum. Le président El Béchir a d’ailleurs réaffirmé à Cannes son refus de recevoir des troupes internationales sur son territoire pour mettre fin au massacre. Le temps où le Soudan livrait Carlos à la France est bien terminé. Soutenu par la Chine qui pompe son pétrole, délaissé par l’Occident qui n’envisage pas de se colleter ce nouveau conflit, négligé par le reste de l’Afrique qui a autre chose à faire, le Soudan continue tranquillement sa guerre d’un autre âge.
