Nous venons de vivre quelques mois de tension dus à la énième brouille entre la France et l’Algérie sur des questions mémorielles et migratoires, la température se réchauffe et le président français a démarré ce soir une visite « officielle et d’amitié » de trois jours à son alter égo algérien. Cette énième réconciliation sent le gaz et on peut craindre que la France se prépare à compromettre avec Alger pour y acheter plus de gaz en substitution du gaz russe.
Vaut-il mieux que la France dépende de l’Algérie ou de la Russie pour ses importations de gaz ? La réponse n’est pas évidente. La Russie fait la guerre à l’occident, y inclus la France, l’Algérie n’aime pas son ancienne puissance coloniale et lui fait savoir, parfois vertement. Le mieux serait de laisser les autres pays européens acheter le gaz algérien et que la France aille acheter au Qatar, aux Etats-Unis d’Amérique, en Norvège etc., partout plutôt qu’à Alger.
La prochaine brouille entre les deux pays est déjà inscrite dans le calendrier et les contrats commerciaux, surtout ceux de nature politique comme pour l’énergie, seront forcément perturbés lors de la prochaine fâcherie. On peut imaginer que l’Algérie ne va pas déclarer la guerre demain à la France, mais elle ne sera jamais mécontente de la menacer ou de lui nuire. C’est ainsi, le passé étant ce qu’il est entre la France et l’Algérie, il vaudrait mieux pour Paris ne dépendre que le moins possible d’Alger, surtout concernant des produits aussi stratégiques que les hydrocarbures. Il reste assez de fournisseurs disponibles dans le monde pour pouvoir se passer de l’Algérie. Le choix de ceux-ci relève juste d’une question de gestion du risque dans laquelle l’intrusion de la politique est toujours malvenue.
On ne parle plus de « question migratoire entre la France et l’Algérie » mais de « mobilité et circulation » (président Macron, discours à Alger les 25/08/2022).
En ces temps de crise énergétique où l’accès au gaz est rendu plus onéreux du fait de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les plateaux télévisés suivent le niveau de remplissage des stocks de gaz français : 80%, 90%, 95%… semblant être satisfaits lorsqu’on approche les 100%. La crainte est de ne pas disposer d’assez de gaz pour les entreprises et les particuliers durant le prochain l’hiver. Très bien, mais personne ne pose la question de savoir combien de mois de consommation permettraient des stocks remplis à 100% ? Si la réponse est deux mois de consommation, par exemple, cela signifie que même remplis à 100% les stocks ne permettent pas de passer l’hiver.
Il est étonnant que des journalistes toujours prêts à lancer des sujets de polémique oiseuses ne posent pas cette question pourtant clé, préférant se focaliser sur un taux de remplissage qui n’a de sens que si on le complète par les informations de consommation. C’est l’éternel lien entre les flux et les stocks, concept qui semble un peu complexe pour les écoles de journalisme.
Rappelons cependant que les titulaires de carte de presse comprennent bien le fonctionnement de la niche fiscale dont ils bénéficient, sans trop de justifications évidentes, sous la forme d’un « abattement pour frais d’emploi » de 7 650 EUR/an. Le coût total de cette niche fiscale n’est pas documenté de façon transparente. Ce qui est certain est que si on la supprimait et qu’on en affectait le produit à la reconstitution des stocks de gaz on atteindrait plus vite les 100%. A moins que l’on ne subventionne les écoles de journalisme pour financer un cours d’économie sur les flux et les stocks ?
Alors que le cours du pétrole revient dans un étiage plus acceptable, dans les 100 USD par baril, le concours « je dépense plus d’argent public que toi » fait toujours rage en France. Le parlement avait voté un subventionnement du prix de vente de l’essence de 15 à 18 centimes/litre du 1er avril au 31 août, puis l’a portée à 30 centimes à compter du 1er septembre, puis être réduite à 8,33 centimes au 1er novembre et disparaître au 31 décembre.
Ce transfert de charges du consommateur au contribuable se chiffre en milliards d’euros et le plus croquignolet dans cette histoire est qu’il a été imposé au gouvernement par la droite conservatrice Les Républicains (LR) qui voulait même bloquer les prix de vente de l’essence à 1,50 EUR/l, tout en critiquant les déficits publics…
La logique économique voudrait que la subvention soit flottante, c’est-à-dire varie en fonction des cours du pétrole. LR a affirmé que le transfert des charges sur les contribuables restait justifié malgré la baisse du baril de brut car « les français avaient beaucoup dépensé ces derniers mois et devaient se refaire ». Le maintien de cette subvention non ciblée, qui bénéficie aux riches comme aux pauvres, est contre-intuitive à bien des égards : coût prohibitif pour les contribuables, avantage préférentiel donné aux véhicules à gros moteurs, effet prix déconnecté de l’objectif de frugalité affiché pour des raisons écologiques…
L’addiction à la dépense publique en France est devenue telle que même les partis en principe économiquement libéraux vantent et votent des mesures accroissant ces dépenses à l’effet discutable. La prochaine crise sera sans doute financière en Occident, les pays mal gérés et surendettés seront les premiers à en payer le prix, leurs citoyens seront alors en première ligne !
La France semble avoir évolué dans sa stratégie du retour « au cas par cas » des citoyens français ayant rejoint le groupe terroriste religieux Etat islamique (EI) dans son combat en Syrie contre le pouvoir en place. Vaincu par une coalition internationale, l’EI a dû abandonner les territoires qu’il administrait en Irak et en Syrie. Ses combattants, quand ils ont survécu, sont plus ou moins enfermés dans des camps assez peu sécurisés, tenus le plus souvent par des mouvements kurdes dans le nord de la Syrie et objets de révoltes et d’évasions de prisonniers assez régulièrement. Les Kurdes ont quant à eux aussi d’autres problèmes à régler. Subissant les attaques de l’armée syrienne et les bombardements de l’armée turque on peut comprendre qu’ils n’accordent pas la plus extrême attention au sort de prisonniers religieux qu’ils ont combattus avec la coalition internationale. Ils demandent depuis maintenant plusieurs années aux pays dont sont originaires les prisonniers non-syriens de reprendre leurs ressortissants, et les enfants, parfois orphelins, que ceux-ci ont enfantés.
La plupart des pays européens l’ont fait. Seule la France restait un peu à l’écart en ne rapatriant, « au cas par cas », que les enfants de nationalité française résident dans ces camps. La polémique était sans fin, les organisations « droit de l’hommiste » prônant le retour de tous les français arguant que les enfants ne sont pas responsables des actes de leurs parents et que ces derniers seraient mieux surveillés en France que s’ils restaient en Syrie ; et la population française qui défendait majoritairement le thème : « ils ont voulu aller faire la guerre en Syrie, eh bien qu’ils y restent ! »
Début juillet, les autorités françaises ont annoncé le rapatriement de 16 femmes « djihadistes » et de 35 enfants français. Les mères ont été remises dans les mains de la justice et les enfants orientés vers les services de l’aide à l’enfance. Parmi les femmes figure Emilie König, une bretonne du Morbihan, assez connue pour avoir figuré dans nombre de vidéos de propagande de l’EI, caractéristique de ces français que rien ne rattachaient ni de près ni de loin à la Syrie ou à l’Islam, qui sont partis combattre en Orient et, le plus souvent, commettre des exactions plutôt sordides au nom d’un Dieu dont ils devaient même ignorer l’existence quelques années plus tôt. Elle va rendre des comptes à la justice française.
Le cas de ces français à la dérive en Orient est juste inextricable et il n’y a que de mauvaises solutions pour le prendre en compte. Le gouvernement français semble avoir changé de stratégie. Dans un cas comme dans l’autre ces citoyens français et les enfants qu’ils ont continué à engendrer sur place, le plus souvent avec des « maris » de circonstance, combattants morts ou disparus, resteront de potentiels dangers. On ne peut pas exclure que certains d’entre eux fassent amende honorable et veuillent réellement réintégrer la communauté nationale, mais il reste assez probable qu’une autre partie d’entre eux (minoritaire ?) continuera son combat après être passée dans les mains de la justice française. Ceux-là doivent d’ailleurs se réjouir de ce rapatriement qui leur offre des perspectives d’avenir et la clémence d’une justice démocratique délivrée par un système qu’ils combattent à mort…
Ce 5 août dernier, une gamine de 7 ans et un gamin de 10 ans qui jouaient « à chat » à Pontoise étaient gravement blessés par un motard de 18 ans ayant perdu le contrôle de son engin alors qu’il pratiquait un rodéo sur la roue arrière de sa moto. La fille est sortie du coma au bout de dix jours mais risque de garder des séquelles neurologiques définitives du choc. Le conducteur a d’abord pris la fuite avant de se rendre au commissariat le lendemain. Il vient du même quartier que ses victimes et serait déjà connu des services de police pour conduite sans permis. Il a pour l’instant été mis en examen et incarcéré.
La mère de la gamine a fait des déclarations à la télévision avec son avocat et ils ont annoncé leur intention de déposer plainte contre l’Etat « pour inaction ». La détresse d’une mère dans une telle situation explique sans doute ce réflexe courant en France de se retourner contre l’Etat à tout bout de champ. Si l’on s’extrait de ce drame particulier, on conviendra qu’il importe surtout que le conducteur soit condamné plutôt que la collectivité nationale, dont fait d’ailleurs partie la plaignante. Le mal de la déresponsabilisation individuelle qui ronge la société française s’exprime aussi dans de telles dramatiques situations. La justice passera et il n’est pas impossible qu’elle condamne la collectivité à payer pour le crime d’un individu, cela s’est déjà vu. Pas sûr que cela n’apaise la douleur d’une mère ni ne favorise le rétablissement de sa fille.
Quelques jours plus tard, le 16 août, un autre amateur de rodéo à moto se tuait tout seul dans un accident à Marseille en percutant violement un poteau au cours de son rodéo. Un drame de la bêtise. Au moins a-t-il eu l’élégance de ne pas écraser d’enfants sur son passage. Si ces « jeunes » ont un tel besoin de jouer les cow-boys en deux-roues, au péril de leurs vies et de celles des autres, peut-être serait-il moins dangereux de leur proposer de relancer des rodéos à cheval, comme au Texas ? C’est toujours une activité dangereuse, donc créatrice de montées d’adrénaline, mais moins que la roue-arrière à moto en pleine rue.
Dans la neuvième leçon (sur 19) du cours « Démocratie et totalitarisme » donné à la Sorbonne durant l’année universitaire 1957-1958, le philosophe politique Raymond Aron (1905-1983) explique comment une opposition peut arriver au pouvoir en régime constitutionnel pluraliste (son terme pour désigner la démocratie). Il se réfère à la République de Weimar qui s’est terminée par la majorité donnée légalement par les électeurs au parti national-socialiste en 1933.
C’est ainsi que s’est terminée, de manière pour ainsi dire parfaite, l’exemple de corruption d’un régime constitutionnel pluraliste, les oppositions hostiles au régime acquérant une majorité, et le chef d’une des oppositions arrivant au pouvoir et liquidant, parfois semi-constitutionnel, le régime existant.
L’exemple a ses vertus d’enseignement. Il montre que, un régime que nous appelons démocratique, peut perdre le contact avec les masses populaires, il peut se faire que dans un régime où existe des libertés un très grand nombre de citoyens finissent en apparence par souhaiter la destruction de ces libertés, il peut se faire que le système des partis finisse par devenir étranger aux masses populaires, autrement dit ces régimes ne sont pas assurés de durer toujours par une grâce d’Etat, ces régimes de compétition de partis doivent assurer les fonctions collectives s’ils veulent conserver le contact et le soutien des masses populaires.
Cela-dit il ne faudrait pas tirer de l’exemple de la République de Weimar des leçons extrêmes, le fait est qu’une fois un régime de partis a finit par être détruit par le fait que ses ennemis sont devenus ensemble plus nombreux que ses partisans. Mais au bout du compte nous avons connu au moins une autre circonstance où cette même coalition des extrêmes aurait pu obtenir une majorité et où il a suffi, pour tromper ses espérances, dissiper ses illusions, ou détruire ses grandes ambitions d’une simple modification de la loi électorale qui décrétant que les partis du milieu avaient le droit de s’entendre et ainsi obtenir un peu plus de députés que la proportionnalité ne leur en donnait le droit, il a suffit de ce truc parlementaire et constitutionnel élémentaire pour substituer à une majorité de coalition d’ennemis une majorité de partisans…
Ce qui prouve que les régimes constitutionnels pluralistes ont des moyens de se défendre et ce ne sont pas d’ailleurs nécessairement les meilleurs de ces régimes qui se défendent le mieux !
Grandeur et décadence de la démocratie, le gouvernement français actuel qui ne dispose que d’une majorité relative au parlement ferait bien de méditer cette analyse.
Le départ à la retraite du préfet de police de Paris Didier Lallement n’a pas provoqué beaucoup de réactions de regret ni à gauche qui le considérait comme un réactionnaire, ni à droite qui a estimé qu’il avait échoué dans sa mission de maintien de l’ordre. Au-delà de ces imprécations de circonstance dont le monde politique français est coutumier, ce préfet a mis en place durant son service un changement de doctrine du maintien de l’ordre significatif dont les effets ont été mitigés, non pas tant du fait de la nouvelle doctrine elle-même que par la crainte qu’elle a provoquée chez les dirigeants politiques, patrons de M. Lallement.
La doctrine essayée fut celle du « contact » qui remplaçait celle de la « distance ». En français dans le texte cela signifiait qu’on « rentre dans le tas », au risque de faire des blessés et des morts, plutôt que de chercher à contenir « à distance » les débordements de manifestants ou délinquants en évitant de les affronter en direct pour éviter les dommages sur les personnes.
On a vu lors des émeutes dîtes des « gilets jaunes » en 2019 et 2020 les forces de l’ordre user de tirs de balles en caoutchouc (Lanceur de balles de défense – LBD) ou de grenades de désencerclement contre les émeutiers, casseurs et militants politiques violents dont certains ont été gravement blessés. Bien entendu certains des blessés ont pu n’être que de « pacifiques manifestants » qui ne méritaient pas un tel traitement. Assez rapidement, devant l’étendue des réactions et les débats sans fin sur les « violence policières » le pouvoir politique a pris peur et restreint l’utilisation de ces armes défensives par les forces de l’ordre malgré la poursuite des attaques déchaînées contre la police et les dégradations importantes de bâtiments publics et privés.
Le débat se poursuit aujourd’hui avec le cas des rodéos urbains au cours desquels des gamins paradent en pleine ville sur la roue arrière de leurs motocross. Il y a régulièrement des morts et des blessés, parmi les conducteurs qui roulent bien entendu sans casque mais en casquette sur des deux-roues souvent volés et pas toujours titulaires d’un permis de conduire, mais aussi parmi les piétons qui sont régulièrement percutés par ces pieds-nickelés. La nuisance provoquée par ces rodéos est importante et leur bilan souvent dramatique. Les forces de l’ordre sont assez impuissantes à y mettre fin car elles ont pour instruction de ne pas intervenir directement par crainte de blesser les conducteurs lors de leur éventuelle interpellation au cœur de l’action. On apprend que la police britannique, elle, est autorisée au « contact tactique » contre les motos refusant de s’arrêter. Des vidéos officielles impressionnantes existent qui montrent des voitures de police britanniques percuter des motards et les faire chuter afin de les arrêter. C’est assez efficace à court terme mais on n’est pas encore bien sûr que cette tactique décourage véritablement les délinquants en deux roues.
En réalité, stratégie du contact ou de la distance, le pouvoir politique est confronté à un problème de société jusqu’ici insoluble : l’ensauvagement d’une partie de la population qui ne craint plus grand-chose et certainement pas l’ordre policier ni judiciaire. Des émeutiers aux trafiquants en tous genres, ils affrontent, provoquent et manipulent à leur profit l’Etat de droit qui n’a pas su ou pas voulu satisfaire leurs exigences. Ils n’ont plus peur de rien et poursuivent leur délinquance sans trop d’obstacles réels. Le pouvoir politique n’est certainement pas l’unique responsable de l’émergence de ces populations sans foi ni loi comme on cherche trop souvent à l’en accuser au Café du commerce et sur les plateaux télévisés. La perte d’autorité et la dégradation de l’éducation parentales sont aussi à mettre en cause. Ce mouvement de décadence du pays semble malheureusement une tendance lourde qu’aucun pouvoir de gauche comme de droite n’arrive à inverser pour le moment. Tous sont à la recherche de la solution miracle qui reste à conceptualiser et mettre en œuvre. Vaste tâche !
Alors que l’inflation refait son apparition en Europe, on constate que nombre de produits alimentaires restent encore abordables. C’est le cas de certains poissons qui sont en-dessous de 10 EUR/kg soit largement moins que la viande de bœuf ou de veau par exemple, et comparables au poulet ou au porc. Certes, il y a la tête et les arrêtes qui, une fois enlevées, augmentent un peu le prix du kilo consommable, mais le poisson reste très compétitif et, en plus, excellent pour la santé.
Le temps des arbitrages est venu, pourquoi ne pas passer du steak de bœuf aux sardines grillées pour préserver son pouvoir d’achat ?
Dans la neuvième leçon (sur 19) du cours « Démocratie et totalitarisme » donné à la Sorbonne durant l’année universitaire 1957-1958, le philosophe politique Raymond Aron (1905-1983) explique la liaison entre la guerre de conquête et le régime politique des Etats.
Entre 1933 et 1939 les régimes constitutionnels pluralistes [les démocraties] paraissaient absolument décadents parce qu’ils avaient en face d’eux des régimes dirigés par des hommes dont la façon de penser et le style d’action étaient essentiellement différents du style de pensée et de la méthode d’action des dirigeants parlementaires. Un dirigeant parlementaire croit au compromis, et de manière générale n’aime pas la violence, le chef d’un parti monopolistique croit en la violence et méprise les compromis. Les chefs des régimes fascistes pensaient que la guerre est l’état normal des collectivités et que la conquête est la fin normale de toutes les collectivités vivantes…
Or, incontestablement les régimes pluralistes au XXème siècle sont mal adaptés à la conquête, et même jusqu’à un certain point à la préparation de la guerre.
Au bout du compte, les régimes que nous étudions [pluralistes] au XIXème siècle ont conquis de grands empires, ajoutons qu’ils les ont perdus au XXème… Ces régimes sont de plus en plus dépourvus des moyens idéologiques de justifier leurs empires et ils ne possèdent ni la capacité de violence ni la capacité d’hypocrisie pour maintenir en permanence une politique contraire à leurs idées.
On a ici la parfaite description de l’impossibilité du dialogue entre les dirigeants d’un parti monopolistique en poste au Kremlin et les pays occidentaux qui soutiennent l’Ukraine dans la guerre de conquête que lui a déclarée la Russie. La conquête reste un objectif de la Russie pour étendre ou reconstituer son Empire quand les démocraties occidentales se réfèrent à l’Etat de droit et à « l’intangibilité » des frontières, et donc au compromis pour ne pas déroger à ces principes. C’est un dialogue de sourds dans lequel la partie attaquante mise sur l’usure attendue des démocraties soutenant la partie attaquée. Le gagnant sera celui qui aura le plus de patience dans ce conflit délétère.
Les tentatives de compromis ont échoué lorsque l’Occident a plus ou moins laissé faire les invasions de la Géorgie, de la Crimée ou la réduction sanglante de la réduction tchétchène par le Kremlin. Elles n’ont pas empêché de nouvelles guerres de conquête comme celle en cours contre l’Ukraine. L’histoire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne en 1939 puis par l’Union soviétique en 1968 n’ont pas donné lieu à réactions militaires immédiates des « régimes constitutionnels pluralistes », elles ont néanmoins emmené les pays et régimes agresseurs vers leur défaite en liguant les démocraties contre ces envahisseurs.
L’histoire dira si la Russie aura fait le pas de trop ce 24 février en envahissant militairement l’Ukraine !
Le Liban fait de nouveau parler de lui après l’explosion dramatique qui s’est déroulée sur le port de Beyrouth en août 2020 qui avait fait plus de 200 morts, des milliers de blessés et provoqué la dévastation de la ville. Cet évènement avait aussi accéléré l’effondrement économique et financier du pays déjà bien engagé avant l’explosion. Aujourd’hui ce sont deux immenses silos à grains situés sur le port qui avaient été endommagés en 2020 et qui sont en train de s’effondrer.
C’est l’occasion de revenir sur l’échec quasi-total des tentatives françaises pour essayer de favoriser la réforme du pays malgré les déplacements très (trop) médiatiques du président Macron sur place qui a perdu là une bonne occasion de se taire et de rester discret. On se souvient qu’on l’avait vu déambuler sur le port en bras de chemises expliquer à la population que la France allait favoriser la rénovation politique du pays et l’aide directe à la population, sans passer par les intermédiaires habituels corrompus qui détournent plus qu’ils ne distribuent.
Deux ans plus tard il ne s’est pas passé grand-chose sinon les habituels blocages internes, politiques et confessionnels, empêchant l’enquête d’avancer. L’Etat est quasiment paralysé, l’inflation fait des ravages, la devise locale dévisse, la pauvreté de la population progresse, la corruption endémique est toujours là, la classe politique se protège, bref, le Liban continue sa route vers l’abîme.
Seule bonne nouvelle : les justices occidentales commencent à bouger légèrement au sujet des « biens mal acquis » de dirigeants libanais sur leurs territoires. En France on découvre avec effarement la fortune accumulée par l’inamovible chef de la banque centrale du Liban, Riad Salamé, et qui se chiffre en centaines de millions d’euros. Des saisies d’ampleur ont été réalisées sur des biens supposés appartenir à la famille Salamé et à certains de ses proches. Le garçon est pour le moment toujours en place à la tête de la banque centrale, expliquant que sa fortune est le fait d’investissements avisés…
Les tentatives de compromis entre les forces politiques et religieuses du pays échouent les unes après les autres. L’Iran agit comme en terrain conquis à travers la milice religieuse Hezbollah, Israël continue à surveiller le Liban comme le lait sur le feu et des millions de réfugiés syriens sont toujours sur place. Carlos Ghosn, franco-libano-brésilien, ex-pédégé de Renault-Nissan, fuyant la justice japonaise, est réfugié à Beyrouth mais même s’il est très riche, ses dépenses locales ne vont que faiblement participer au redressement de la balance des paiements libanaise. Pas plus que son comparse Ziad Takieddine, franco-libanais, fuyant la justice française dans l’affaire des financements des campagnes de Nicolas Sarkozy, qui s’affiche comme ruiné…
La « feuille de route » proposée par M. Macron en 2020 contenant un certain nombre de réformes n’a quasiment pas connu un début de commencement. Les objurgations lancées par le président à l’encontre de la classe politique libanaise lors de ses deux visites sur place en 2020 n’ont guère fait remuer les branches du cèdre libanais dont les racines sont profondément entremêlées avec les mauvaises habitudes de corruption, d’arrangements mafieux et de tentatives de compromis religieux.
M. Macron se fait plus discret sur le sujet du Liban depuis un an. Il faut dire qu’il a perdu une bonne occasion de se taire en 2020. Bien sûr la France se devait d’essayer d’aider le Liban devant la nouvelle catastrophe endurée par ce pays, mais il aurait été plus approprié de le faire dans la discrétion. Entamer des procédures judiciaires, enfin, contre les biens mal acquis libanais en Europe, identifier les canaux civils par lequel faire transiter une aide humanitaire bienvenue plutôt que via un Etat défaillant, conditionner discrètement le sauvetage financier du Liban à des réformes politiques, mettre en branle la puissance européenne plutôt que le cavalier seul franchouillard… tout valait mieux pour aider ce pays méditerranéen plutôt que de venir agiter un petit drapeau bleu-blanc-rouge sur le port de Beyrouth en critiquant vertement la classe politique libanaise devant les médias.
N’importe quel connaisseur du monde arabe, et ils pullulent au Quai d’Orsay, aurait pu expliquer au président français que les grands effets de manche ne sont pas efficaces dans la région et qu’il vaut mieux agir avec froideur, détermination et discrétion si l’on veut atteindre ses objectifs, particulièrement lorsqu’ils viennent de l’ancienne puissance mandataire (coloniale). Mais une nouvelle fois on a privilégié esbroufe et publicité au détriment du fond et de l’efficacité.
Le concours du « je vote pour dépenser plus d’argent public que mon voisin » bat son plein à l’assemblé nationale française. Les résultats des élections législatives de juin dernier ont porté sur les bancs de cette assemblée trois blocs d’importance à peu près équivalente : la droite, la gauche et le centre-droit (qui conserve une majorité relative). Les deux premiers groupes composés de différents partis se sentent pousser des ailes du fait de leur succès électoral. Ils ont décidé de mener la vie dure à la majorité présidentielle.
La gauche, menée par le parti « La France Insoumise – LFI » transforme l’hémicycle en poulailler où caquètent des gallinacés majoritairement occupés à crier ou faire claquer leurs pupitres. La droite, dominée par le parti « Rassemblement National – RN » veut paraître plus respectable et susceptible d’accéder au pouvoir dans un avenir proche adopte clairement une attitude d’opposition systématique en cherchant, de façon plus subtile que leurs concurrents de gauche, à ennuyer le pouvoir.
Les uns comme les autres se retrouvent pour accroître la dépense publique. Nombre d’amendements sont votés contre le gouvernement pour distribuer de l’argent public au-delà de ce qu’il propose. De la revalorisation des retraites aux « chèques-énergie » en passant par toute une série d’aides à distribuer aux citoyens… tout y passe pour transférer aux contribuables une partie des coûts payés par les consommateurs et les partis d’opposition s’y retrouvent en donnant l’impression à leurs électeurs qu’ils prennent leurs intérêts en compte ce qui leur permet au passage de savonner la planche du gouvernement en lui imposant des dépenses qu’il faudra bien financer d’une façon ou d’une autre par de l’impôt ou par de la dette ; pas sûr qu’une telle unanimité se retrouve sur le volet recettes du budget, la gauche et la droite ayant généralement des positions diamétralement opposées sur la réponse à la question : « comment finance-t-on les dépenses » ? L’impôt pour la première, l’activité économique (accompagnée d’une baisse des prélèvements fiscaux) pour la seconde sont les réponses généralement apportées à cette question lancinante depuis 50 ans. Rappelons une nouvelle fois que le dernier budget équilibré de la République date de 1974 (cf. graphe INSEE ci-dessus). Depuis cette date, la France a systématiquement dépensé plus qu’elle n’a encaisse.
Pour le moment, l’assemblée nationale ressemble à une cour d’école où s’affrontent des gamins morveux. Ce n’est pas très brillant, et surtout peu efficace. On a les dirigeants que l’on mérite !
On ne dit plus « économies d’énergie » mais « sobriété énergétique ».
Maintenant que la Russie a repris son rôle favori de perturbateur de l’Occident tout en continuant à fournir l’Europe de l’Ouest en gaz et pétrole, les dirigeants des pays acheteurs rivalisent d’expressions tempérées pour ne pas affoler le gogo. Le consommateur-électeur occidental est particulièrement chatouilleux sur le sujet de son confort et il s’agit surtout de ne pas le brusquer. On utilise donc les termes appropriés pour cacher la vérité à Mme. Michu : l’énergie fossile va disparaître un jour et, plus on se rapprochera de l’échéance plus cette énergie sera rare et donc chère.
Poussés par la rareté et le conflit russo-ukrainien les produits pétroliers connaissent déjà une hausse sensible de leurs cours dont se réjouissent les pays producteurs, la Russie la première. Pour le moment on transfère sur le contribuable le coût que le consommateur ne veut (ou ne peut) pas payer atténuant ainsi l’impact de l’effet prix sur la réduction de la consommation des produits pétroliers amenés à se raréfier.
L’Etat est soumis à des « injonctions contradictoires » : réduire la consommation des produits pétroliers pour des raisons écologiques et de rareté de la ressource d’une part, ne pas trop mécontenter ses électeurs possesseurs de véhicules thermiques ou de chaudières à fuel ou à gaz. Pour le moment, il a arbitré en faveur du deuxième facteur de l’équation et remplacé le terme « économie » par celui de « sobriété », plus neutre et moins effrayant.
Dans la quatrième leçon (sur 19) du cours « Démocratie et totalitarisme » donné à la Sorbonne durant l’année universitaire 1957-1958, le philosophe politique Raymond Aron (1905-1983) explique le sens du compromis nécessaire en régime pluraliste moderne où cohabitent plusieurs partis. Outre le respect des règles et des lois, la notion de compromis est un principe clé du bon fonctionnement de la démocratie : « accepter le compromis est accepter la légitimé partielle des arguments des autres et essayer de trouver une solution qui ne soit agressive pour personne ».
Malgré tout il y a des domaines où le compromis « est une catastrophe » comme dans le domaine de la politique étrangère où il faut choisir entre deux voies, chacune comportant des avantages et des inconvénients, mais si le choix se porte sur la politique intermédiaire « on ne divise pas les risques par deux, normalement on les multiplie par deux ou tout au moins on collectionne les inconvénients des deux politiques possibles ».
Lorsque l’Italie de Mussolini a voulu faire la conquête de l’Ethiopie [en 1935]… la France et ses alliés avaient le choix entre laissez-faire Mussolini ou l’empêcher par l’usage de moyens militaires… En démocratie on n’aime pas prendre des risques d’opérations militaires, ce qui est d’ailleurs légitime à bien des égards, mais on ne peut pas non plus en politique extérieure atteindre des résultats sans prendre de risques.
La politique choisie a consisté à imposer des sanctions mais des sanctions suffisamment inefficaces pour qu’il n’exista aucun risque de réplique militaire par l’Italie. La conséquence prévisible et inflexible fut que l’Italie fut suffisamment irritée par les sanctions pour glisser du côté de l’Axe [Allemagne-Japon] et ne fut pas suffisamment gênée dans ses entreprises pour être obligée de s’arrêter. Cela c’est l’exemple du mauvais compromis.
Comme souvent Raymond Aron fut un visionnaire analytique et réfléchi sur le monde qui l’entourait dont nombre d’aspects sont toujours d’actualité. Rapportés à la guerre actuelle déclenchée par la Russie contre l’Ukraine, ses commentaires sur le compromis sont toujours frappants d’actualité.
Les assassinats continuent à pleuvoir sur la Corse comme à Gravelotte. Le dernier en date a eu lieu fin juin à Propriano où un entrepreneur local dans la construction (Jean-Christophe Mocchi) a été abattu alors qu’il prenait un verre avec des amis dans un bistrot. Le garçon avait déjà fait l’objet de tentatives d’assassinat et vivait dans la crainte d’être tué. Il avait révélé au journal Le Monde qu’une sombre histoire foncière l’opposait à une partie de sa famille mais avait toujours refusé de donner le nom de ceux qui avaient déjà tenté de l’assassiner, les protégeant ainsi de poursuites judiciaires.
La plupart de ces crimes restent impunis du fait de l’omerta qui règne dans cette région laissant des bandes mafieuses mettre l’ile à feu et à sang dans trop craindre la justice française. Des avocats de ces clans sont parfois impliqués dans les « affaires » de certains de leurs clients… Le monde politique local se fait une raison et cohabite avec la mafia qui tient une partie de l’économie. Un tiers des quelques électeurs qui se sont déplacés pour aller voter se sont prononcés pour Marine Le Pen à la présidentielle et ont élu une majorité de députés « autonomistes » en juin qui vient ainsi consolider la Collectivité de Corse[1] déjà présidée par un autonomiste.
Devant la violence antifrançaise qui se manifeste et l’incompatibilité désormais avérée de la Corse dans la République, l’Etat a proposé aux élus de l’ile d’ouvrir des négociations d’autonomie qui doivent démarrer ces jours-ci à Paris. C’est une excellente initiative pour peu que l’on n’oublie pas que l’objectif à long terme est, bien entendu, la décolonisation totale de cette ile par une retour à son indépendance et une pleine souveraineté.
[1] Entité spécifique de la Corse réunissant les anciennes institutions départementales, présidée par Gilles Simeoni et dont le site web est majoritairement rédigé en dialecte corse : https://www.isula.corsica/.
Alors que l’Ukraine croûle sous les bombes et les missiles russes qui semblent lancés un peu au hasard sur des objectifs civils comme militaires, la France et d’autres pays occidentaux manquent de matériels et de munitions à fournir à Kiev et… de moutarde pour assaisonner ses hamburgers.
Les citoyens européens découvrent avec un peu de stupéfaction que leurs armées ne disposent que de quelques jours de stocks de munitions et pas assez de matériels pour leurs propres armées, encore moins pour en partager avec l’Ukraine. C’est l’effet de ce qu’on a appelé les « dividendes de la paix » qui ont poussé les gouvernements européens à désinvestir dans leurs forces militaires au profit d’autres dépenses publiques. En France, par exemple, on a adoré financer des compétitions sportives internationales ou des jeux olympiques plutôt que d’investir dans un deuxième porte-avions pour la Marine nationale.
La réouverture de la guerre en Europe est en train de déciller les yeux des dirigeants comme d’une partie de leurs administrés. Il faut réarmer, cela va probablement coûter très cher et prendre du temps avant de pouvoir reconstituer une force susceptible d’impressionner les nouveaux conquérants du monde que sont la Chine, la Russie et leurs affidés. A défaut de les impressionner il faudrait a minima arriver à les dissuader de se lancer dans de nouvelles guerres comme celle actuellement menée par Moscou dont l’issue est encore incertaine.
Mais il va falloir dépenser des sous, beaucoup de sous. Les ordres de grandeur nécessaires sont probablement incompatibles avec le niveau de dépenses publiques françaises auquel la population s’est habituée. L’heure des choix vitaux va bientôt sonner, les contribuables vont devoir payer et les bénéficiaires des prestations publiques vont voir celles-ci se stabiliser, voire décroître. La République va devoir arbitrer dans ses dépenses, ce qu’elle ne sait pas bien faire depuis son dernier budget à l’équilibre qui date de …1974.
En attendant, le ketchup peut heureusement suppléer à la pénurie de moutarde, et les Etats-Unis compenser les défaillances européennes pour délivrer des armements à l’Ukraine.
Trois ministres félons ont signé le 27 juin 2020 un décret exonérant les organisations chargés des jeux olympiques (JO) et paralympiques de Paris 2024 d’impôts sur les sociétés et de différentes taxes (dont celle sur les salaires). Les trois ministres sont MM. Philippe, Darmanin et Mme. Maracineanu. Ils ont choisi de sacrifier les finances publiques au profit d’une opération de prestige que la France n’a plus les moyens de se payer. Ils accréditent l’idée que notre pays préfère financer les jeux du cirque plutôt que la recherche fondamentale ou son système éducatif.
Accessoirement, les organisations multinationales organisatrices de ces compétitions sont souvent localisées en Confédération Helvétique et sans doute pas que pour des considérations climatiques (olympiques [CIO à Lausanne] ou de fouteballe [FIFA à Zurich]). Le siège de la fédération internationale de rugby est, quant à lui, sis à Dublin en Irlande, pays également tristement célèbre pour les accommodements fiscaux très préférentiels visant à attirer les entreprises sur son sol. Les scandales financiers pullulent également dans ces organisations compte tenu des montants financiers considérables en jeu pour l’organisation des compétitions sportives internationales qu’elles gèrent. Bref, l’Etat français, représenté par ces trois signataires félons a pris l’habitude d’octroyer des exonérations à des institutions fraudeuses et mafieuses… Ce n’est pas brillant !
Au-delà de cette décision navrante de gaspillage de l’argent tiré des poches des contribuables, c’est aussi une occasion manquée pour illustrer auprès de ses citoyens que l’Etat ne peut pas payer tous leurs caprices et que la Nation ne peut plus tout se permettre. C’était le moment d’expliquer que la France renonce à l’organisation des compétitions internationales onéreuses et consacre les ressources ainsi économisées à des sujets prioritaires comme l’éducation, la santé, les places de prison ou, plus simplement, la réduction de la dette.
Mais l’Etat et ses représentants irresponsables ont préféré, une nouvelle fois, dépenser l’argent public. C’est avec de tels comportements que le budget des finances publiques est déficitaire depuis 1974 et que la dette augmente d’année en année. Quel ménage, quelle entreprise pourrait mener durablement une telle gabegie ? Aucun bien sûr, et la France va bientôt se heurter à la réalité. Le prochain choc sera financier, il risque d’être sévère !
Le résultat des élections législatives de juin dernier a donné une majorité de 250 députés au parti présidentielle qui reste la première force de l’assemblée nationale sans pour autant disposer d’une majorité absolue lui permettant de faire passer les lois de façon quasiment assurée à 100%. Les commentateurs de tous bords n’arrêtent pas de parler de situation « inédite ». On se demande bien ce qui justifie le choix de ce qualificatif tant la situation d’un parti présidentiel rencontrant des difficultés face à l’assemblée nationale ? Le général de Gaulle en 1958, M. Mitterrand en 1988 mais aussi nombre de pouvoirs bénéficiant de majorités dîtes « absolues » ont dû batailler contre leurs députés pour faire passer des textes. La plus emblématique fut la majorité socialiste du président Hollande qui s’est progressivement effritée avec l’émergence des « frondeurs » qui ont bloqué nombres de projets présidentiels. La situation politique d’aujourd’hui n’est donc pas inédite mais va nécessiter que le pouvoir négocie sa politique avec le parlement, ce n’est pas une hérésie, juste un changement d’habitudes !
Les mêmes commentateurs à la recherche de grands mots parlaient déjà de réélection « historique » du président Macron en avril qui aurait été le seul président depuis de Gaulle à être « réélu hors période de cohabitation ». Il est certain que si on élimine tous sont qui ont été réélus dans le passé le cas de Macron est « inédit ». La vérité est que sur huit présidents de la cinquième République, l’un est mort, un autre ne s’est pas représenté pour un second mandat, quatre ont été réélus et, donc, deux n’ont pas été réélus. Qualifier la réélection d’un président de la Vème République « d’historique » est inapproprié et relève du racolage médiatique.