Catégorie : France

  • Perruques et rumeurs

    Une rumeur persistante mais non encore certifiée voudrait que Brigitte Macron et Rachida Dati portent des perruques. Au vu des photos disponibles, c’est une hypothèse que l’on ne peut pas exclure. Une seule certitude, à leurs âges, leurs couleurs ne sont pas naturelles, pas plus que la tenue de leurs cheveux. A tout le moins, si ce ne sont pas des perruques, elles doivent passer au moins une heure tous les matins avec un coiffeur pour afficher une telle raideur.

    Si elles portent des perruques, est-ce à dire qu’elles ont rasé leurs vrais cheveux pour porter ce succédané de chevelure ? Cela relève du même processus que celui de la chirurgie esthétique, en moins définitif bien sûr : se mutiler pour des questions de paraître. Et lorsque le paraître à ce point privilégié, c’est souvent pour masquer l’insuffisance de l’être.

    L’élection en cours confirmera peut-être cette rumeur du déni de réalité qui frapperait également les deux femmes.

  • Compétition de la dépense publique

    Compétition de la dépense publique

    La campagne électorale présidentielle française s’achève avec le premier tour demain. C’est un véritable championnat mondial de celui qui proposera le plus de dépenses publiques. La lecture des douze tracts électoraux des douze candidats retenus est édifiante à ce niveau et sont une succession d’annonces de nouvelles dépenses et de baisses d’impôts[1]. Rares sont les mesures qui vont dans le sens d’une tentative de maîtriser le gouffre du déficit des finances publiques, mais il en existe heureusement quand même quelques-unes. La crise sanitaire de 2020-2021 durant laquelle le dogme du « quoi qu’il en coûte » a été appliqué sans limite a fait tomber toutes les barrières de la bonne gestion. Il est toujours vivace dans les esprits au cœur de la campagne présidentielle. Si ce concept a été largement appliqué par toutes les démocraties, la France a encore réussi à battre les records du pays ayant le plus dépensé par habitant. La guerre entre la Russie et l’Ukraine donne une nouvelle excuse pour encore repousser le moment du retour aux réalités.


    [1] La candidate du parti conservateur LR propose même : « Un vrai statut rémunéré pour les sportifs de très haut niveau qui leur permettra de se consacrer entièrement à leur pratique ».

    La hausse de l’inflation mondiale depuis quelques mois est la première sanction de ces politiques de la dépense publique sans compter rendue possible par de la création monétaire indirecte (rachat de dettes publiques par les banques centrales ou « quantitive easing »). C’est aussi le retour de la théorie économique : la création de monnaie centrale déconnectée de l’évolution de la production se traduit par de l’inflation. Nous y sommes.

    La prochaine crise devrait être financière mais il est vulgaire de parler de ces problèmes en France en pleine campagne électorale. L’avenir risque de nous rappeler assez rapidement aux affres de la vraie vie.

  • L’armée malienne va mieux !

    La présidence militaire malienne se félicite de la meilleure santé de son armée avec force photos d’avions gros-porteurs débarquant du matériel militaire, sans doute en provenance de Russie dans le cadre de la coopération entre les deux pays qui est en train de se substituer à celle que Bamako entretenait avec Paris.

    Dans le même temps des opérations sont menées par l’armée malienne et des supplétifs russes, dont on ne sait pas bien s’ils sont des mercenaires privés ou des soldats russes officiels, contre les rebelles religieux dans le pays avec quelques débordements et massacres comme il y en a également en Centrafrique, également dans un cadre de coopération avec la Russie.

    Le gouvernement malien vient de décréter l’interdiction des médias RFI (Radio France Internationale) et France24 sur son territoire et interdit leur rediffusion par les médias locaux. Tout en subtilité, le gouvernement malien compare ces médias français à « Radio Mille Collines » qui, durant le génocide contre les Tutsis au Rwanda en 1994, appelait les citoyens à tuer les « cafards », noms donnés aux Tutsis et aux Hutus modérés.

    Il semble que les autorités maliennes ne rompent pas totalement les relations avec l’Europe, dont l’ancienne puissance coloniale, car elles auraient compris que la Russie ne financera pas leur développement, et selon le précepte éternel « on ne tape pas sur la main qui signe le chèque » il convient de continuer à bénéficier des subsides des contribuables européens pour maintenir l’économie locale la tête hors de l’eau. Evidemment si des exactions de ses forces armées sont mises à jour et documentées cela risque de jeter un petit froid dans le cœur des bailleurs de fonds. Le procureur de la République a donc ouvert une enquête le 06/04/2022 sur les « allégations d’exactions présumées commises sur des civils dans la période du 23 au 31 mars 2022 dans la zone de Moura ». Les conclusions de ce travail seront intéressantes.

    Le retrait de l’armée française du Mali est en cours dans une relative discrétion et c’est bien ainsi. Ce seront sans doute les derniers jours de cette évacuation qui seront les plus cruciaux, on peut supposer que les Maliens comme les Russes ont intérêt à ce qu’elle se passe bien. Seuls les terroristes religieux pourraient vouloir perturber les derniers jours comme ils l’ont fait en Afghanistan sur du retrait occidental sur l’aéroport de Kaboul en 2021.

    Souhaitons maintenant la réussite de la coopération militaire entre le Mali et la Russie. Elle a été librement choisie et unit des gouvernants qui partagent la même conception du pouvoir et de l’organisation de la société. Elle a donc plus de chances d’aboutir que celle avec la France qui, non seulement était marquée du sceau infamant du néo-colonialisme, mais, surtout, s’est épuisée à vouloir faire évoluer le Mali vers un modèle démocratique dont pas grand monde ne voulait dans ce pays sahélien.

  • Une droite égocentrique

    Alors que le premier tour de l’élection présidentielle se profile dans une semaine, la candidate du parti[1] conservateur « Les Républicains » (LR) n’est pas même sûre d’être présente au second tour. Ce n’est qu’un aléa de la vie politique, cependant ce que tout le monde a noté est que l’ancien président Sarkozy de Nagy-Bocsa, qui se veut le parrain de cette droite de gouvernement n’a pas encore apporté son soutien à la candidate désignée officiellement par une élection primaire au sein de ce parti (on se souvient qu’en 2017 M. Sarkozy avait fini 4ème de l’élection primaire LR et avait dû renoncer à la candidature). Ce n’est pas bien grave en soi tant il est peu probable que le soutien d’un ancien dirigeant âgé de 67 ans et au bilan mitigé ne doit pas transcender l’électeur moyen de droite ni entraîner des déplacements significatifs de votes. Mais ce silence est significatif des égos surdimensionnés qui minent le débat politique français au détriment des idées.

    La presse bien informée a publié que M. Sarkozy aurait traité la candidate (Valérie Pécresse, 54 ans), qui fut ministre sous sa présidence, de « pimbèche » en se plaignant qu’elle ne se réfère pas assez à lui dans la campagne électorale en cours. Que ces rumeurs soient fondées ou pas, et on a tendance à penser qu’elles le sont, on mesure l’insondable orgueil de l’ancien président qui n’arrive pas à prononcer ne serait-ce qu’un mot en faveur de la candidate du parti qu’il a créé. Que lui coûterait un soutien via une tribune ou une interview médiatique qui, au mieux aiderait Mme. Pécresse, au pire serait sans effet ? Rien ! Ou plutôt si, une douloureuse blessure d’égo car il réaliserait ainsi qu’à 67 ans, passer le relais à une femme de 54 ans, c’est aussi marquer la fin de sa route politique et ça, c’est insupportable pour lui.

    Cette après-midi le nom de Sarkozy a été sifflé par les militants LR présents au dernier rassemblement avant le premier tour. Les participants à ce rassemblement voient sans doute s’éloigner pour une troisième fois la perspective que leur candidat emménage à l’Elysée à la fin du mois, ils sont amers et signifient leur courroux à leur ancien héros !


    [1] On ne dit d’ailleurs plus un « parti politique » mais « une famille politique » sans que l’on sache exactement la raison de ce glissement sémantique, sans doute parce que te terme de « parti » incarne trop l’autorité d’un chef et que notre époque rejette globalement le concept d’autorité ou, à tout le moins, peine à identifier de vrais chefs !

  • Le 60ème anniversaire des Accords d’Evian marquant l’indépendance de l’Algérie

    Le 60ème anniversaire des Accords d’Evian marquant l’indépendance de l’Algérie

    Le 19 mars 1962 était signés les accords d’Evian marquant le cessez-le-feu entre la France et l’Algérie, mettant fin, progressivement, à une guerre sauvage et inutile entre une puissance colonisatrice et un pays colonisé, initiant des flux de migrations significatifs vers la France, les français d’Algérie appelés « pieds-noirs » mais aussi beaucoup de citoyens algériens, et le début d’une relation houleuse entre les deux pays, qui n’a jamais pu s’apaiser.

    Ces accords stipulaient l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans les trois mois suivant leur signature, ce qui fut fait, et aboutit bien entendu à l’indépendance, mais aussi à ces flux de population vers la France dont l’importance n’avait pas été anticipée à ce point. Comme c’est l’habitude en la matière, une partie de ces accords n’a pas été respectée par le vainqueur et, notamment, celle qui stipulait que :

    Nul ne pourra faire l’objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque en raison :

    – d’opinions émises à l’occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d’autodétermination;
    -d’actes commis à l’occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu.
    -Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d’en sortir.

    On le sait, les supplétifs algériens de l’armée françaises, les « harkis », qui n’avaient pas été rapatriés en France ont été massacrés en masse, souvent dans des conditions effroyables. Les historiens estiment entre 60 et 70 000 le nombre de victimes. Des règlements de comptes sanglants ont également eut lieu entre les différentes factions du Front de libération nationale (FLN), la plupart des signataires des accords d’Evian ont rapidement été éliminés ou contraints à l’exil.

    Lire aussi : Raymond Depardon / Kamel Daoud. Son œil dans ma main. Algérie 1961-2019.
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    Une autre partie de ces accords n’a pas même eu à ne pas être respectée faute de combattants : celle concernant les droits civiques à accorder par le gouvernement algérien aux « pieds-noirs », en effet, ceux-ci sont partis en France dans leur très grande majorité dès l’indépendance prononcée. Certains qui avaient pris fait et cause pour l’indépendance algérienne sont restés sur place et ont généralement pris la nationalité après l’indépendance. Ce statut particulier de « nationaux français exerçant des droits civiques algériens » na pas eu à être mis en œuvre.

    Accords d’Evian (1962) AFP

    L’application des articles sur la coopération économique a rapidement tourné court, notamment celle sur l’exploitation des ressources pétrolières qui devait être paritaire, ce qui était bien entendu ingérable dans le cas d’une Algérie indépendante, de même que, pour le sujet militaire, la location de la base de Mers El-Kébir pour 15 années renouvelables a été rapidement résiliée ainsi que les facilités d’utilisation accordées à la France sur des aérodromes et des sites militaires. Toutes ces illusions de coopération sereine entre les deux pays se sont rapidement révélées inapplicables et sont tombées aux oubliettes de l’histoire.

    Il reste la mention de la coopération culturelle qui devait « être développée » selon ces accords, pas sûr que ce fut vraiment le cas…

    Lire aussi : Les facilités accordées à l’immigration des citoyens algériens en France
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    L’histoire ne dit pas quelle partie proposa d’inclure dans les accords d’Evian ces articles sur la coopération économique, militaire et culturelle qui furent sans doute une façon de sauver la face de la France, chacun sachant qu’ils ne seraient pas appliqués. Ce que révèlent aujourd’hui les historiens est que le départ immédiat de tous les « pieds-noirs » n’avait pas été anticipé. Les signataires pensaient sans doute qu’une partie des Français d’Algérie resterait sur place et participerait à l’élaboration de la nouvelle nation algérienne. Leur départ en dit long sur la confiance qu’accordaient les « pieds-noirs » aux engagements du FLN… L’autre surprise, toujours d’actualité, est que les flux d’immigration de l’Algérie vers la France ont été, et restent encore aujourd’hui, très significatifs. Un fait sans doute révélateur lui aussi d’une confiance limitée des citoyens algériens en leurs dirigeants.

  • La Corse enterre un « héros »

    La dépouille d’Yvan Colonna a été rapatriée et inhumée en Corse. Colonna rappelons-le a été assassiné par un détenu djihadiste franco-camerounais dans la prison d’Arles où il purgeait une peine de prison à perpétuité à la suite de l’assassinat du préfet Erignac en 1998 (3 balles dans la tête tirées de dos), crime dont il s’est toujours déclaré innocent.

    Lire aussi : La Corse en feu… de nouveau
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    La collectivité de Corse a décidé la mise en berne des drapeaux (français, corse et européen) et le président de son conseil exécutif a fait partie de ceux qui ont porté le cercueil recouvert du drapeau corse à son arrivée dans le territoire. L’île est couverte de graffitis à la gloire d’Yvan Colonna et contre « l’Etat français assassin ».

    S’agissant de celui qui a été déclaré coupable de l’assassinat d’un préfet de la République, cette réception en dit long sur le fossé qui sépare maintenant la Corse de la France, voire la haine qui anime nombre de ses habitants lorsque l’on voit la violence des émeutes qui se sont déroulées sur place après l’agression contre Colonna. Souhaitons que pour un avenir serein, des négociations sérieuses soient lancées rapidement avec pour objectif ultime l’indépendance de la Corse qui est la seule solution véritablement efficace pour les deux parties. Et s’il faut garantir la réussite de ce processus en maintenant des flux financiers importants de la France vers une Corse souveraine, eh bien faisons-le, ce sera le prix à payer pour avoir colonisé cette île en 1768 qu’il n’aurait jamais fallu acheter à la République de Gênes. Si cette erreur géostratégique n’avait pas été commise sous Louis XV la Corse coulerait sans doute des jours heureux, indépendant ou italienne. Mais on ne refait pas l’Histoire, cependant on peut essayer de la corriger.

    Le plus important pour un futur statut, en attendant une pleine souveraineté, est que la Corse soit responsable de ses actes, ce qu’elle n’est pas aujourd’hui où, par exemple, chaque fois qu’un centre des finances publiques est détruit par des furieux, il est immédiatement reconstruit grâce à la générosité des contribuables français.

  • L’inénarrable Rokhaya Diallo

    Rokhaya Diallo, fringante journaliste, adepte des théories féministes-décolonialistes-genrées-… et autres, en vogue dans le nouveau monde « déconstruit et non binaire », s’est exprimée dans Le Washington Post, journal américain de référence, où elle est chroniqueuse, sur le traitement différencié des réfugiés selon leur région d’origine et leur région de destination.

    L’article déplore que les migrants venant de du Moyen-Orient (Afghanistan, Syrie) ou d’Afrique ont été moins bien accueillis en Europe que les migrants ukrainiens actuellement chassés par la guerre menée par la Russie dans ce pays. Mme. Diallo note que ces derniers bénéficient d’une vague de solidarité unanime parce qu’ils sont « blancs et européens » et que la mentalité « colonialiste » qui imprègnerait toujours l’Occident lui fait penser que la guerre et la misère sont un « état normal » pour les populations noires alors qu’elles sont choquantes lorsqu’elles touchent les « Blancs ». Elle exhorte les dirigeants européens à octroyer le même traitement à tous les réfugiés, quelles que soient leurs origines.

    Les faits dénoncés semblent réels : oui les migrants venant d’Ukraine sont mieux traités que ceux venant d’Afrique ou du Moyen-Orient. On voit même à l’intérieur des flux venant d’Ukraine des tris effectués entre les populations ukrainiennes « Roms » ou les étudiants africains qui faisaient des études en Ukraine et les autres, les premiers étant moins bien reçus dans les pays d’accueil.

    Ce traitement différencié est-il équitable ? Non. Est-il évitable ? Difficilement car il relève surtout de la réaction des populations plutôt que de décisions politiques. Rokhaya Diallo développe un discours sans surprise, un peu naïf et, évidemment, culpabilisateur à l’encontre des Occidentaux. Le passé colonial européen a certainement laissé des traces dans les esprits et est l’une des explications de ces comportements mais il est loin d’être la seule malgré ce qu’assènent les « décolonisalistes ».

    Ce qui est sûr c’est que quelque soient les pays de départ des flux migratoires convergent vers l’Europe de l’Ouest (sauf quand ils sont bloqués dans leur migration par des pays comme la Turquie ou le Maghreb), les populations semblant ainsi voter avec leurs pieds en faveur des régimes occidentaux et être moins sensibles au discours « décolonialiste » que Rokhaya Diallo.

  • Les consommateurs face à leurs contradictions

    La compagnie pétrolière multinationale TotalEnergies, dont le siège social est en France, a beaucoup investi en Russie ces dernières décennies et fournit une partie de ses clients, multinationaux eux-aussi, à partir de ressources produites et achetées en Russie. Les bonnes âmes crient au scandale du fait que cette entreprise continue à opérer en Russie, tout en faisant le plein de leurs automobiles et en se plaignant du prix des carburants. TotalEnergies est accusée de « crimes de guerre » et autres joyeusetés sur les plateaux médiatiques et au Café du Commerce et personne ne se demande comment la cuve de fioul de Mme. Michu sera remplie, ou à quel prix, si Total coupe ses approvisionnements en Russie. La France ne produisant plus d’hydrocarbures il faut bien acheter ceux-ci à l’extérieur, si ce n’est pas en Russie, il faut les remplacer par une autre source ou alors réduire la consommation. Le problème est que la plupart des pays exportateurs d’hydrocarbures ne sont pas à proprement parler dirigés par des régimes en accord avec les valeurs démocratiques occidentales. C’est le dilemme auxquelles sont confrontées les compagnies comme TotalEnergies, elles vont le résoudre progressivement loin des indignations et des simplismes de plateaux télévisés.

    L’Etat français est par ailleurs lancé dans une vaste opération de transfert des coûts de l’énergie des consommateurs sur les contribuables pour atténuer la hausse des prix sur le pouvoir d’achat de Mme. Michu. L’une des solutions possibles serait de supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes et d’en réaffecter les effets pour absorber cette hausse des prix de l’énergie, ce ne serait qu’une goutte d’eau dans la mer, bien sûr, mais cela permettrait à la presse d’être plus à l’aise pour critiquer les politiques de l’Etat, sans donner l’impression continuelle de cracher dans la bonne soupe.

  • L’indépendantiste corse Colonna est mort

    Yvan Colonna n’a pas survécu à l’agression par un terroriste religieux dans sa prison d’Arles. Il est décédé hier sans avoir jamais repris conscience depuis son agression le 2 mars.

    Colonna a été condamné à trois reprises pour le meurtre du préfet Erignac en 1998 (3 balles dans la tête tirées de dos) mais il a toujours clamé son innocence. Il avait été dénoncé par ses « camarades » nationalistes comme étant le tireur avant que ceux-ci ne reviennent sur leur dénonciation. Depuis son agression, ses avocats et les partisans d’une Corse éloignée de la France défilent sur les plateaux télévisés pour expliquer que, « sans discuter une décision de justice » (bien entendu) le processus judiciaire aboutissant à la condamnation a été défaillant. En lisant entre les lignes, ils disent que Colonna est innocent du crime et que la justice a instrumentalisé une vengeance d’Etat.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/03/la-corse-en-feu-de-nouveau/
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    Il semble qu’il y avait tout de même quelques indices à charge aboutissant à la culpabilité de l’impétrant mais on ne peut rien exclure, y compris une erreur judiciaire. Peut-être un véritable coupable est-il encore dans le maquis ?

    Quoi qu’il en soit, et avant même de mourir, Colonna est devenu un véritable héros corse ce qui est symbolique de la volonté de ce territoire de se détacher de la France. Il faut donc aller soit vers l’indépendance complète de la Corse, ce qui serait la meilleure solution pour tous, soit vers une autonomie qui équivaut à l’indépendance mais en conservant les financements français en faveur de la Corse.

  • La dépense publique comme programme présidentiel

    Les candidats à l’élection présidentielle française des 10 et 24 avril dévoilent progressivement les programmes de dépenses publiques (ou de baisses d’impôt, ce qui revient au même en termes budgétaires) qui leur tiennent lieu de programmes électoraux. Tout est bon pour exciter l’intérêt de Mme. Michu : on augmente telle prestation, on recrute dans telle corporation de fonctionnaires, on aide telle profession, on baisse tel impôt, on supprime telle redevance… Seules quelques rares mesures vont plutôt dans le sens d’un minimum de bonne gestion, les candidats de droite républicaine annoncent vouloir augmenter l’âge de départ à la retraite ce qui est aussitôt en partie absorbé par la volonté de revaloriser le niveau minimum de ladite retraite.

    On sait que ces périodes électorales sont propices à toutes les annonces démagogiques mais l’élection actuelle semble battre des records en la matière. Après les effets de la crise sanitaire sur les finances publiques on voit les impacts de la guerre en Ukraine peser sur les contribuables avec la prise en charge par les finances publiques de toute une série de dépenses privées, des consommateurs comme des entreprises.

    Comme souvent, la France dépense plus par citoyen en ces temps de crise que la plupart des pays occidentaux, l’effet sur les finances de la République est dévastateur et il faudra des générations avant de pouvoir apurer la situation.

    La France est en risque, risque d’augmentation des taux d’intérêt et risque d’accès au financement, mais aucun candidat ne semble véritablement s’en préoccuper. Vouloir tendre vers un équilibre des dépenses et des recettes (comme essaye de le faire tout ménage) est immédiatement qualifié de « programme de rigueur » et donc inacceptable. Ainsi va la vie politique française. Les contribuables vont devoir le payer un jour, cela ne se dit pas en période électorale, mais, en France, on ne le dit pas non plus le reste du temps, c’est ce qui est irresponsable.

  • La langue française en Corse

    En attendant l’indépendance de la Corse et donc l’érection de la langue corse en langue nationale, un mystère linguistique de ce territoire mériterait d’être élucidé. Les personnes d’origine corse ne prononcent pas la dernière lettre des patronymes qui est traitée comme un « e » muet.

    On ne dit pas Yvan Colonna mais Yvan Colônne, on ne dit pas Jean-Guy Talamoni mais Jean-Guy Talamône, on ne dit pas Gilles Siméoni mais Gilles Siméône, et ainsi de suite. On ne connaît pas la raison qui empêche le prononcé de la voyelle finale des patronymes mais cela donne un côté chantant au parlé corse quand il est prononcé en français.

    Il ne s’agit pas bien entendu de se rendre coupable de glottophobie mais on note cette spécificité locale : on ne prononce pas en Corse les voyelles situées en fin de patronyme lorsque l’on parle en français.

    Lire aussi : Un pas dans la bonne direction pour la Corse – Hit the road Jack… (rehve.fr)
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  • Un pas dans la bonne direction pour la Corse

    Le ministre de l’intérieur se rend en Corse aujourd’hui pour tenter de calmer la tempête déclenchée par l’agression en prison d’Yvan Colonna et a déclaré que le gouvernement est « prêt à aller jusqu’à l’autonomie [de l’Ile] ». C’est bien et c’est un bon objectif mais il est encore insuffisant puisque l’aboutissement doit évidemment être une indépendance totale de cette île dont le rattachement à la France est une source continuelle de coûts et de problèmes pour le continent, d’insatisfaction pour les Corses eux-mêmes, depuis qu’elle a été conquise par la force en 1769 par le Royaume de France.

    Lire aussi : La Corse en feu… de nouveau
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    L’autonomie c’est en fait l’indépendance mais avec la pension alimentaire puisque la Corse ne demande pas l’autonomie financière semble-t-il. Il n’y a plus d’espoir aujourd’hui que la Corse puisse un jour être compatible avec la République française il faut donc évoluer, « quoi qu’il en coûte ».

    Le risque est que ce qui sera obtenu par la Corse ne soit ensuite demandé par la Bretagne, le Pays basque ou par d’autres, mais devant le refus de la Corse de s’assimiler aux règles de la République et l’impossibilité pour l’Etat de réduire cette contestation permanente, il faudra bien prendre ce risque, céder aux exigences corses pour l’accompagner doucement vers une souveraineté apaisée et financée.

  • La Corse en feu… de nouveau

    Le militant indépendantiste Yvan Colonna a été reconnu comme Le militant indépendantiste Yvan Colonna a été reconnu comme ayant été le tireur qui a assassiné le préfet de Corse Erignac en 1998 (de trois balles tirées dans le dos). Il a été condamné à la prison à perpétuité lors de trois procès successifs. Il avait été dénoncé par d’autres nationalistes corses comme étant celui qui tenait l’arme mortelle, certains d’entre eux étant d’ailleurs revenus sur leur dénonciation. L’intéressé a toujours contesté être l’assassin.

    Colonna et ses deux complices purgeaient donc leurs peines dans des prisons françaises avec le statut de « DPS – détenu particulièrement signalé » qui empêchait qu’ils soient transférés dans une prison corse pour effectuer la fin de celles-ci. A plusieurs reprises les avocats des détenus ont demandé la levée de ce statut DPS et leur transfert dans une prison corse pour se rapprocher de leurs familles et faciliter leurs visites. A chaque fois l’administration de la Justice a refusé et les nationalistes locaux ont crié à « la vengeance d’Etat ». Ils n’ont pas tout à fait tort et il y a sans doute un peu de ça tant le crime d’assassinat d’un préfet par un indépendantiste corse avait marqué la République.

    Il n’y a pas d’automaticité, ni dans l’inscription ni dans la radiation d’un détenu au répertoire des DPS. Une circulaire de 2007 régit les conditions de décision d’inscription/radiation au fichier DPS prise par l’administration sur avis d’une commission synthétisé par le procureur. En gros, un détenu peut être sorti de la liste si : 

    « Les détenus qui ont été inscrits au répertoire des DPS doivent être radiés lorsque les raisons qui avaient motivé leur inscription ont disparu. »

    https://rehve2.fr/wp-content/uploads/GOVFR_Circulaite-DPS-2007.pdf

    A priori, Colonna et ses deux complices ne sont pas rentrés dans cette catégorie puisque l’administration s’est systématiquement opposée à la radiation des trois condamnés corses du fichier DPS. Bien malheureusement pour le premier qui a été agressé ce 2 mars par un détenu djihadiste qui l’a laissé moribond. Il est depuis à l’hôpital toujours dans le coma, entre la vie et la mort. L’agresseur détient une double nationalité franco-camerounaise, a été arrêté par l’armée américaine en Afghanistan en 2012 et remis aux autorités françaises en 2014. Il a alors été condamné à neuf ans de prison. Il a expliqué son geste contre Colonna parce que celui-ci aurait « insulté Dieu ». On n’en sait pas plus sinon que Yvan Colonna était plutôt qualifié de détenu « modèle » ce dernières années et que la présence de ces deux individus laissés seuls sans surveillance dans une salle de sport est inexplicable. Il aurait fallu 8 minutes avant que des gardiens les séparent. Le tout a été filmé par des caméras de surveillance et une enquête pour tentative d’assassinat est en cours.

    Depuis cette regrettable agression la Corse est dans la rue pour manifester sa colère à coup d’assaut contre les bâtiments publics qui sont incendiés et saccagés, les forces de l’ordre sévèrement attaquées par les manifestants. Les émeutes sont d’une rare intensité et risquent encore de s’aggraver si jamais Colonna ne s’en sortait pas. Il y a de nombreux blessés et les slogans habituels contre « l’Etat français assassin » (« Statu francese assassinu » en langue locale), les « Français de merde ! » et autres assimilations de la France au groupe Etat islamique.

    Dans un communiqué, le président « autonomiste » de la collectivité de Corse appelle, notamment, à :

    « Ouvrir un cycle politique nouveau dans les rapports entre l’Etat et la Corse. »

    https://rehve2.fr/wp-content/uploads/Corse_20220310_Communique-Simeoni.jpg

    Il a raison. Si cette agression contre le militant indépendantiste Colonna dans une prison d’Etat française est évidemment regrettable, il faut en tout état de cause ouvrir le cycle politique de la décolonisation de la Corse pour accompagner ce territoire vers sa pleine souveraineté de façon apaisée et volontaire, « quoi qu’il en coûte ». C’est la seule solution pour sauver les vies des préfets et des indépendantistes.

  • Le narratif de la propagande

    On ne dit plus « diffuser de la propagande » mais « construire un narratif et déconstruire le récit ».

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2022/03/trop-jouer-avec-les-mots-conduit-au-neant/
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  • « Protéger les français » en taxant les contribuables

    Devant la crise qui sévit sur le marché de l’énergie, le gouvernement français assure « protéger les français » des hausses significatives sur les matières premières, essentiellement le gaz, de façon à limiter l’augmentation du marché sur la facture des consommateurs. En réalité on ne fait que transférer sur le contribuable ce que le consommateur ne veut pas payer. Le dispositif consiste à indemniser les fournisseurs français de gaz avec de l’argent public de façon qu’ils puissent continuer à facturer leurs clients à un prix qui ne déclenche pas l’ire de Mme Michu-consommatrice et en espérant que Mme. Michu-contribuable ne s’apercevra de rien. En contrepartie, il est prévu, lorsque le prix de marché du gaz baissera de ne pas répercuter la baisse sur le consommateur tant que les fonds publics mis en œuvre pour compenser l’augmentation n’auront pas été récupérés.

    Ce dispositif plutôt malin, consiste donc en une avance de trésorerie faite par l’Etat aux fournisseurs de gaz. Le problème est que l’on sait quand a lieu la hausse mais que la baisse dans le futur reste hypothétique, au moins dans un futur prévisible. Le risque est fort que « l’avance de trésorerie » ne se transforme en une charge définitive pour le contribuable.

    C’est d’ailleurs un sport national en France de faire payer le contribuable au lieu du consommateur ou du cotisant. Il en est ainsi des retraites, des charges médicales, de la culture ou de la SNCF, secteurs largement subventionnés par l’argent public. Ainsi va la gestion des finances publiques en France qui explique que le dernier budget équilibré de la République date de… 1974 !

  • Trop jouer avec les mots conduit au néant

    On ne dit plus « mentir comme un arracheur de dents » mais « construire un récit alternatif » !

  • Francis Lalanne toujours en pointe

    L’ineffable Francis Lalanne prend position dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine en confirmant une (dés)information diffusée côté russe comme quoi le président ukrainien aurait fui son pays et que les vidéos diffusées tous les jours par Kiev montrant son président ont été préenregistrées.

    On se souvient que ce chanteur de guinguette à la retraite avait déjà pris des positions complotistes contre la politique sanitaire française, appelant à la destitution du président-dictateur Macron, au besoin avec l’aide de l’armée.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2021/01/un-grand-moment-de-solitude/
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  • StoptAntiPubAntiCovid

    La pandémie de coronavirus ayant tendance à se dissiper et les Français étant très majoritairement vaccinés, les mesures barrières sont progressivement levées. Il en est une qui, hélas, subsiste : la campagne de publicité pour le vaccin ! Enregistrée avec des voix horripilantes, diffusée à un rythme effréné sur tous les médias publics, cette campagne développe un fort taux d’abrutissement des auditeurs et laissera des traces dans leurs neurones.

    Comme toute publicité, le taux de pénétration du message est lié à l’intensité de sa répétition. Que ce soit pour acheter un aïe-phone où pour se faire vacciner, il faut saturer le cerveau du consommateur avec des messages simples et répétitifs, le plus souvent et le plus longtemps possible.

    C’est proprement insupportable pour l’auditeur-téléspectateur résistant qui tente de rester à l’abri des dommages collatéraux déclenchés par la publicité à haute dose. Alors baissons le rythme de ces publicités pro-vaccination débilitantes, proportionnellement à la diminution du taux d’incidence du virus !

    Faisons tout pour préserver les citoyens de l’abrutissement publicitaire !

  • La droite de la droite française et la Russie

    Comme on le constate depuis plusieurs années, on a assisté à un renversement des alliances traditionnelles de certains partis de l’extrême droite française. Durant la guerre froide et jusque dans les années 1980, le monde communiste, avec la Russie comme guide, était le chiffon rouge repoussoir pour la droite en général, la droite de la droite en particulier. L’Union soviétique était l’hydre à combattre, le collectivisme l’idéologie à abattre. Le siège de la compagnie nationale russe Aéroflot sur les Champs Elysées était le rendez-vous régulier de manifestations antisoviétiques dans les années 1970-1980 ; dès que Moscou envoyait des chars dans un « pays frère », ce qui s’est hélas passé assez régulièrement, de Budapest à Prague en passant par Varsovie, des groupuscules nationalistes et anticommunistes comme le GUD (Groupe union défense) ou l’UNI (Union nationale inter-universitaire) manifestaient leur antisoviétisme devant le bâtiment qui abritait la compagnie aérienne. En 1977, Alain Escoffier militant « solidariste » plus ou moins d’extrême droite, s’immolait par le feu en criant « communistes assassins ! » dans les locaux de cette même Aéroflot en hommage au militant Jan Palach qui s’était lui aussi immolé par le feu en 1969 à Prague pour contester l’invasion des chars soviétiques en Tchécoslovaquie à l’été 1968.

    Aujourd’hui, ces mêmes partis de droite dure copinent depuis quelques années avec la Russie qui finance d’ailleurs certains d’entre eux. Ils admirent le côté mâle dominant du président Poutine qui défend des positions nationalistes et patriotiques, méprise la faiblesse des démocraties et fait preuve d’une autorité violente chez lui et chez ses affidés.

    Récompensant la main qui les nourrit, le « Rassemblement national » de Marine le Pen comme le parti « Reconquête ! » d’Éric Zemmour trouvaient jusqu’à hier des circonstances atténuantes à la Russie « cernée par l’Alliance atlantique ». Ils ont évidemment un peu de mal à maintenir cette victimisation d’une Russie « agressée » par l’Ukraine et l’OTAN alors ils reviennent sur leurs positions prorusses, condamnent la guerre en cours mais en rendent aussi responsable l’Occident qui n’a pas su être assez sage pour ménager la Russie.

    Aussi intéressant est la situation d’un certain nombre de dirigeants occidentaux qui se sont laissés séduire par les sirènes du soft power de Moscou en acceptant de rentrer, voire de présider, des conseils d’administration de compagnie publiques russes. C’est ainsi que François Fillon, ancien premier ministre français, a été nommé administrateur des sociétés pétrochimiques Sibur et Zarubezhneft en 2021. Ce fait est aimablement rappelé depuis quelques jours par l’opposition au parti LR, au point que l’impétrant s’est fendu ce matin d’un message sur Twitter :

    Comme les réactions des partis de la droite nationaliste c’est un « je condamne, mais… ». Comme par hasard des photos de Fillon serrant les mains de quelques dirigeants russes sont ressorties ces derniers jours, probablement poussées par la Russie qui espère ainsi diviser la politique française. C’est le soft power, art dans lequel Moscou s’est montré maître ces dernières années, au moins autant que dans le pouvoir de la force. Cette nouvelle « affaire Fillon » n’est de guère d’importance tant le personnage a quitté la politique depuis 2017 et s’est déjà suffisamment démonétisé, humainement comme politiquement. En allant ainsi « à la soupe » il se dévalorise encore un peu plus mais les caciques de son ancien parti sont bien ennuyés de cette situation sur laquelle ils restent plutôt silencieux.

    Cette guerre russo-ukrainienne rend les petites querelles politiciennes franchouillardes tellement incongrues que du coup la campagne électorale présidentielle française est au point mort, ce qui probablement sert les intérêts du parti au pouvoir, dans la mesure où l’actuel président de la République se représenterait à l’élection du mois d’avril, ce qui n’est pas encore officialisé. Entendre Valérie Pécresse expliquer comment elle va « augmenter les salaires nets de 10% » alors que les missiles pleuvent sur l’Ukraine, ou Éric Zemmour vanter « l’immigration 0 » quand des milliers d’Ukrainiens sont en train de fuir leur pays vers l’Ouest, ne présente plus beaucoup d’intérêt…

  • Les vieilles badernes de plateaux télévisés

    L’un des dommages collatéraux de la résurgence des conflits comme celui d’aujourd’hui entre la Russie et l’Ukraine est que les médias ressortent de la poussière Bernard-Henry Lévy (BHL, 73 ans) et Bernard Kouchner (82 ans). Ces deux-là font un retour inutile sur les plateaux télévisés et l’on voit le plaisir qu’ils en éprouvent. Cabotins invétérés ils goûtent ce qui risque d’être, au moins pour le second, leur dernière apparition médiatique, alors ils ne s’en privent pas.

    BHL semble bien moins ramolli que Kouchner mais il a tendance à ressasser les mêmes vieilleries depuis des décennies. Dans le cas d’espèce il préconise de sanctionner la Russie et de se préparer à accueillir les réfugiés ukrainiens « que nous n’avons pas su protéger »… L’auteur de La barbarie à visage humain publié en 1977, ouvrage fondateur de la « nouvelle philosophie », se croit toujours investi de la mission d’ouvrir les yeux des peuples devant la barbarie des méchants dictateurs étrangers. Les choses ont un peu changé depuis 45 ans et la démocratie ne semble plus être l’unique modèle de société pour la planète, en tout cas, le prosélytisme pro-démocratique transfrontière n’est plus vraiment de mise et aboutit à bien des déceptions.

    Le mieux serait que MM. Kouchner et Lévy laissent les analyses à plus jeunes qu’eux. Leurs vies et leurs engagements ont été magnifiques dans leur contexte, nous sommes maintenant au XXIème siècle et il leur faut maintenant tourner la page, peut-être en continuant à écrire des ouvrages mais surtout, en laissant leurs places sur les plateaux télévisés à la génération d’intellectuels suivante.