Catégorie : France

  • La presse dans l’excès

    « La Chienlit » titre cette semaine l’Express en première page devant la photo d’une brochette de responsables politiques de gauche. On pourrait aisément remplacer la photo par celle d’une brochette de journalistes incompétents et voyeurs (par ailleurs bénéficiaires de niches fiscales leur permettant de payer moins d’impôt sur le revenu que le reste des citoyens, toutes choses égales par ailleurs). L’Express, journal en faillite, passé dans les mains d’un cador du CAC40 se permet de donner des leçons aux sortants… Qu’il est loin le temps des Servan-Schreiber, Françoise Giroud et autres Claude Imbert…

    Une presse de circonstance attise le conflit et les réactions de caniveau d’une population dépassée par la complexité de notre temps. Des journaux vendeurs d’aspirateurs privilégient le café du commerce au détriment de l’intelligence. Mais où sont ces années où Raymond Aron publiait des chroniques dans les colonnes de l’Express ?

  • Pas de second mandat pour le président socialiste de la République

    François Hollande
    François Hollande

    Comme il l’avait laissé supposer à de nombreuses reprises, le président de la République vient de rendre publique sa décision de ne pas se présenter à l’élection pour un deuxième mandat. Il avait conditionné une nouvelle candidature notamment à « l’inversion de la courbe du chômage ». On ne peut pas dire que cet objectif ait été atteint, il a donc renoncé. C’est correct de sa part. Il devait se décider en décembre, ce calendrier fut également tenu comme annoncé.

    La presse de circonstance qui glosait depuis des mois sur la participation de François Hollande aux élections primaires de la gauche en est pour ses frais. Une nouvelle fois l’obsession des journalistes pour le sensationnalisme et l’immédiat les a détournés des questions de fond. Et de plus, ils se sont pour la plupart lourdement trompé sur l’immédiat : Hollande ne se représente pas.

    Ils auraient pu passer du temps à analyser les programmes des candidats de gauche mais ils ont préféré vouloir jouer les devins et anticiper la décision du Président, c’est plus facile et plus vendeur. A peine leur nouvel échec consumé, les voilà désormais tous tournés sur la nouvelle question clé : est-ce que le premier ministre actuel sera candidat à la primaire ?

    La courbe du chômage
    La courbe du chômage
  • Le bal des serpents à sonnettes

    Juppé et Sarkozy
    Juppé et Sarkozy

    A peine connu le nom du vainqueur du premier tour des élections primaires conservatrices à l’élection présidentielle de 2017, ce fut le bal des serpents à sonnettes qui rallièrent François Fillon avant le deuxième tour. Laurent Wauqiez, le cornecul qui s’est bruyamment félicité de l’élection de M. Trump aux Etats-Unis, Eric Ciotti et Christian Estrosi, les âmes damnées du sarkozysme dans le sud, Christian Jacob qui avait déjà trahi son ami Jean-François Coppé pour rallier le panache de Nicolas Sarkozy…, bref, c’est un festival de retournements de veste à grands coups de tweets auto-satisfaits et louangeurs.

    Tel Vercingétorix à Alésia, ils viennent tous déposer leurs armes aux pieds de François Fillon qui a écrasé le premier tour et s’apprête à remporter le second. Seuls quelques retardataires ont joué le mauvais cheval : Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Coppé ou encore Valérie Pécresse soutiennent Alain Juppé.

    Le vainqueur final est François Fillon et tous désormais s’affichent derrière lui. C’est le jeu de ces élections primaires qui sont venues se substituer à la décision des partis pour nommer leurs candidats. Devant l’impossibilité de s’entendre au sein des instances des partis politiques sur un nom incontestable à cause des conflits d’ambitieux, sauvages comme des caïmans dans le marigot, la décision a été poussée chez les supporters et militants, chargés de trancher un débat qui n’avait pas pu l’être au niveau supérieur. Cette procédure est présentée comme une avancée démocratique alors qu’elle ne fait que masquer l’indécision des partis. Son principal inconvénient est qu’elle allonge d’une année supplémentaire la durée de la campagne électorale présidentielle en France : sur un mandat de cinq ans, la dernière année est cette de la campagne pour l’élection suivant et l’avant-dernière année est celle de la campagne pour les primaires… Pas sûr que la démocratie n’y ait vraiment beaucoup gagné !

  • Les électeurs de gauche qui votent à l’élection primaire de droite

    Charlie Hebdo - Juin
    Charlie Hebdo – Juin

    Dans un dîner en ville le chroniqueur rencontre des représentants de cette étrange catégorie d’électeurs de gauche qui sont allés voter à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle de 2017 en France. Ils sont déçus du résultat et persuadés que si François Fillon et son programme libéral sont présents au deuxième tour en 2017 face à la candidate d’extrême droite, celle-ci l’emportera car la France moyenne refusera les mesures libérales déjà annoncées par Fillon dans son programme. C’est une possibilité et, de toute façon, nous aurons les dirigeants que nous méritons.

  • Dernières cartouches

    Charlie Hebdo – Juin

    En pleine campagne de publicité Alain Juppé pollue les répondeurs téléphoniques de citoyens qui n’en demandent pas tant. Le chroniqueur effaré en rentrant chez lui écoute ce message pathétique et racoleur :

    Bonjour c’est euh (SIC) Alain Juppé, la disparition des services publics de nos territoires qui hélas, s’accélère, c’est le déclin assuré et c’est l’abandon des françaises et des français qui habitent ce territoire, or la France c’est la France des territoires. Pour ma part je pense indispensable que l’Etat soit présent au plus près de vous, pour vous protéger, pour vous soigner, pour vous aider. La présence de la République, par ses services publics pour maintenir l’unité de la nation et accompagner l’ensemble des français et des françaises est essentiel et je m’engage à tout faire pour maintenir cette présence. Dimanche 27 novembre, au second tour de la primaire, nous devons nous en souvenir, j’ai besoin de vous et je compte sur vous.

  • Le niveau du débat politique

    Charlie Hebdo - Coco
    Charlie Hebdo – Coco

    Alain Juppé, 71 ans, maire de Bordeaux et candidat à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle a été appelé Ali Juppé par quelques-uns de ses bons amis politiques au prétexte qu’il a négocié en tant que maire avec un religieux musulman de sa ville, proche des Frères musulmans, sur une question de projet de construction de mosquée. Un grand moment du débat politique largement caricaturé et dénaturé par la presse et le Café du commerce, comme à leur habitude.

    En réalité Juppé estime qu’on ne peut pas gommer complètement les origines de la diversité française, religieuses et autres, le tout dans une laïcité intelligente bien comprise. Evidemment cela heurte les plus conservateurs de ses amis de droite, qui le font savoir de leur élégante façon.

  • Tic verbal compulsif : la dynamique

    Créer la dynamique devient un tic verbal compulsif autant dans le monde des business plans en entreprise que dans les cénacles politico-médiatiques. Les publicitaires qui ont envahi les entourages de nos dirigeants ne placent pas deux phrases fumeuses sans y intercaler la dynamique, et les journalistes qui n’ont pas le temps de lire les programmes politiques compensent leurs faibles connaissances en plaçant de la dynamique à tous les étages.

    Le dictionnaire Larousse définit le mot ainsi :

    Ensemble de forces qui entraînent, provoquent un mouvement, une évolution à l’intérieur d’une structure en développement : La dynamique révolutionnaire.

    Les pubards employant ce terme veulent laisser entendre que le candidat qui les rémunère a suffisamment d’idées ou de charisme pour auto-déclencher un cercle vertueux vers plus de bonheur et d’efficacité. Les mêmes nous expliquait il y a trente ans qu’un baril d’Omo valait mieux que deux barils d’une lessive lambda… Bref, créer une dynamique pour un politicard revient à mieux se placer en tête de gondole, à grand frais payés aux agences de publicité.

  • Impéritie complète des vendeurs de sondage

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    Au soir d’une élection primaire pour désigner un candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017, les vendeurs de sondages d’opinion font une nouvelle fois preuve de leur impéritie totale en ayant ressassé depuis des mois le succès d’un duo de tête alors que c’est finalement un troisième homme qui écrase les deux autres de par son score.

    Lire aussi : Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

    Et à peine connue l’ampleur de leur erreur, les voici de nouveau au premier plan pour prévoir le résultat du deuxième tour de dimanche prochain. La presse repart aussitôt dans ses habituelles circonvolutions autour d’anticipations oiseuse e tout repart comme si de rien n’était. Une presse incompétente s’appuie sur des sondeurs prétentieux. Le mieux est sans doute de négliger les uns comme les autres.

    Lire aussi : L’incompétence infinie des sondeurs

  • Nadine Morano s’esclaffe

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    De nombreux candidats français de tous bords surfent sur la vague populiste et s’auto-persuadent de plus en plus que pour être élu il faut raconter aux électeurs ce qu’ils veulent entendre. Ils pensent pouvoir cacher leur absence de conviction, voire compétence, par une recrudescence de leurs propos de Café du commerce. Rares sont ceux qui résistent encore à la tentation. On aura les dirigeants que nous méritons.

     

  • Un nouveau candidat à l’élection présidentielle

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    Emmanuel Macron, 38 ans, diplômé des meilleurs écoles, au cœur de la politique économique du quinquennat Hollande comme conseiller économique à la présidence puis ministre de l’économie, annoncé qu’il se présente à l’élection présidentielle de 2017. L’homme est sympathique, bien habillé et développe un discours socio-libéral de salon qu’il va lui falloir affiner et préciser. Il se dit « ni de droite ni de gauche » et ne se présente pas à des primaires mais directement à l’élection principale.

    Il n’a pas de parti derrière lui, seulement un mouvement « En Marche ! ». On ne sait pas comment il pourra financer sa campagne mais il s’avance. C’est ambitieux. Les partis institutionnels ont déjà commencé à le dézinguer consciencieusement. A défaut de programme ou de projet, il délivre pour le moment sa jeunesse et sa nouveauté. Ce sont déjà deux arguments électoraux porteurs.

    Son annonce ajoute encore un peu plus à la confusion de cette élection présidentielle où se bousculent les candidats, tous persuadés d’être l’Homme providentiel pour sauver la France. A suivre.

  • Un petit village breton accueille des migrants

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    Dans le cadre de la fraternité française inscrite aux frontons de toutes nos mairies, un petit village breton a accepté d’accueillir sa part de misère en hébergeant 30 immigrants venus du camp de Calais démantelé il y a peu. Les frais sont pris en charge par le contribuable national. Le conseil municipal a approuvé le principe. Sur 27 conseillers, 24 ont voté pour et trois se sont abstenus. La durée de cet accord est limitée dans le temps et, comme l’état d’urgence, sera sans doute renouvelée après les vacances de fin d’année période durant laquelle le lieu d’accueil est pris par ses occupants habituels.

    On voit depuis les immigrants se promener dans le froid venteux du bord de mer. Y-a-t-il des dealers de shit dans le groupe ? Peut-être. Des apprentis terroristes ? On ne peut pas l’exclure. Est-ce que ce petit village se serait mieux porté sans devoir accueillir ces personnes ? Sans doute. Mais loin des messages vengeurs et des slogans abrutissants émis par le microcosme sur Tweeter, on voit que lorsque de vraies décisions sont à prendre localement, elles sont prises dans la responsabilité et la quasi-unanimité. Jusqu’ici personne n’a cherché à incendier le centre d’accueil comme ce fut le cas à plusieurs reprises à Paris XVIème.

    Le camp sauvage de migrants à Calais a pu être démantelé grâce à ce sens des responsabilités de communes comme ce petit village breton. Il ne va pas être facile d’éviter sa reconstitution à Calais, mais un sort un peu plus humain est réservé à 30 personnes. Cela ne règle rien sur le long terme, cela créera peut-être quelques difficultés localement mais le pire n’est jamais sûr. Si des problèmes apparaissent, eh bien des gens intelligents et de bonne compagnie tenteront de les résoudre dans le calme et la raison.

    C’est en tout cas l’honneur de ces municipalités de participer à cet effort national :

    PV du conseil municipal du 9 septembre 2016 – Les migrants de Calais : Monsieur le Maire informe l’Assemblée de l’information reçue des services de la Préfecture, relative à l’accord donné par la Caisse Centrale des Activités Sociales (CCAS) pour accueillir 30 personnes du 10 octobre au 22 décembre 2016 sur son site situé à T. Monsieur le Préfet de département a validé cette offre et l’a faite remonter au Préfet de Région, coordonnateur de la démarche auprès du ministre de l’intérieur. Celle-ci intervient dans le contexte du démantèlement à venir du camp de Calais et l’accueil dans les différents départements au sein de centres d’accueil et d’orientation (CAO) créés à cet effet en Bretagne notamment. Les publics concernés sont des migrants d’origines diverses : afghans, pakistanais, érythréens, irakiens… actuellement à Calais qui se verront proposer des hébergements provisoires d’une durée limitée (entre deux et trois mois) leur permettant de se ressourcer et de repenser leur projet migratoire avec éventuellement le dépôt d’une demande d’asile en France. L’hébergement et alimentation sont pris en charge intégrale par l’Etat selon l’accord passé avec la CCAS, un accompagnement social sur place, financé par l’Etat, est effectué par l’association COALLIA qui gère déjà pour l’Etat des CAO sur Saint-Brieuc ainsi que des places d’hébergement pour demandeur d’asile (CADA) et qui a l’expérience de gestion de ce type de dispositif et la connaissance de ces publics. La sécurisation du site est assurée par la présence la nuit et le week-end d’un veilleur, et est financée également par l’Etat via COALLIA. Monsieur le Maire ajoute avoir demandé une vigilance particulière durant le week-end, Monsieur le Préfet en avisera la gendarmerie.

    LE CONSEIL MUNICIPAL, après en avoir délibéré, à vingt-quatre voix pour et trois abstentions (Madame XXX, Messieurs YYY et ZZZ)  – EMET un avis favorable au projet d’accueil de 30 personnes au centre de vacances de la CCAS d’EDF dans le cadre du démantèlement du camp de Calais.

  • Wauqiez félicite Trump

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    Il fallait bien que Laurent Wauqiez se sente solidaire du nouveau président élu américain. Voilà qui est fait, sur Tweeter bien entendu, car on ne sait pas bien à ce stade ce que M. Wauquiez retient ou rejette dans le programme de gouvernement de Donald Trump. Les 150 signes de Tweeter permettent d’éviter de trop s’engager sur le fond et offre un rétropédalage plus facile le cas échéant.

  • La presse continue à tirer le débat vers le bas

    Question idiote d’un journaliste crétin posée à Christiane Taubira sur France-Inter en ce jour premier anniversaire des attentats terroristes religieux islamistes du 13 novembre à Paris :

    Les 130 victimes sont-elles « mortes pour la France » ou pas ?

    Question du chroniqueur effaré :

    Mais qu’est-ce que l’on vous apprend dans les écoles de journalisme ?

  • La mémoire courte

    Charlie Hebdo - Juin
    Charlie Hebdo – Juin

    A la machine à café, trois trentenaires ignorent tout du passé judiciaire d’Alain Juppé dont le chroniqueur les informe. Le peuple a la mémoire courte et parfois sélective, surtout quand il s’agit de sujets politiques. C’est sans doute l’une des explications de la difficulté au renouvellement de la classe dirigeante en France. Tout est oublié !

    Lire aussi Indulgence dans les salons

  • Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

    Avec une constance à la hauteur de leurs compétences limitées, les journalistes de la presse française continuent à consacrer une grande partie de leurs papiers à commenter les sondages qui sortent journellement en cette période préélectorale. « Commenter », si l’on ose dire puisqu’en réalité ils se contentent d’afficher leurs résultats sur des graphes pastel et s’interroger les uns les autres sur ces chiffres changeant tous les jours, souvent de façon contradictoire.

    Le business du sondage a montré à de nombreuses reprises qu’il ne prévoyait pas grand-chose et que son taux de réussite était des plus limité. Cela ne l’a pas empêché de prospérer jusqu’ici. Le dernier exploit étant bien entendu celui du référendum britannique qui a finalement décidé de la sortie de l’Union européenne alors que « les sondages » prévoyaient le contraire de façon assez unanime. Même les dirigeants en faveur de la sortie ont été surpris par ce résultat comme le montre la totale impréparation dans laquelle ils se trouvent actuellement alors qu’ils doivent exécuter cette décision.

    Que les sociétés de sondage ne sachent pas prévoir l’avenir, on ne va pas leur en vouloir. Qu’elles trouvent tant de clients à qui fourguer leurs sornettes, c’est plus inquiétant. Mais que les dirigeants de nombreux pays basent leurs décisions et orientations sur les résultats de ces sornettes, c’est encore plus désespérant. S’agissant des sondages préélectoraux, la vraie question est de savoir si les électeurs sont influencés par lesdits sondages ? C’est possible mais ce qui est aussi probable c’est que ces sondages étant plus aléatoires que scientifiques leur impact dans un sens soit annulé par celui dans l’autre sens.

    Ce qui ferait sans doute un peu progresser la machine médiatique, mais aussi éclairerait la connaissance des citoyens avant le vote, ce serait que les journalistes politiques lisent les programmes des candidats (y compris les 1 012 pages de celui de Bruno Lemaire « le renouveau c’est Bruno »), les analysent, les expliquent et en débattent avec les intéressés plutôt que de se focaliser sur des classements et des sondages aussi éphémères qu’inutiles. Très peu de ces journalistes sont à la hauteur des cartes de presse qui leur sont (trop) généreusement distribuées. L’urgence et l’hystérie qui caractérisent leurs modes de fonctionnement ne sont pas compatibles avec la réflexion qui devrait normalement seoir à leur position. Ils participent tous les jours à l’appauvrissement du débat et à l’abrutissement des masses. Hélas !

  • L’autorité délabrée

    Des voyous ont attaqué une voiture de police en faction à Viry-Châtillon. Après en avoir bloqué les portes ils y ont jeté un cocktail Molotov. Un policier est très gravement brûlé et sa corporation manifeste depuis plusieurs jours dans les rues. La voiture surveillait une caméra de… surveillance censée filmer les dealers du coin et leur florissant business. On peut imaginer que ce sont ces dealers qui ont mené cette attaque pour protéger leurs affaires mais la justice le dira un jour peut-être.

    Aussitôt le crime connu les politicards se sont emparés du sujet pour s’accuser les uns les autres de l’habituel « laxisme » qui semble être le qualificatif de circonstance en matière de sécurité. Et chaque partisan de rappeler que lorsqu’il est (ou sera) aux commandes cela se passe (ou se passera) autrement. Mensonges, accusations infondées, balivernes et billevesées, rien n’effraie ces responsables aux petits pieds et à courte vue, ni l’indécence ni même la vie des policiers en jeu.

    En réalité, des gamins-dealers sans foi ni loi qui attaquent des membres des forces de l’ordre pour tuer sont le symbole de la déchéance de nos sociétés, un mal qui durent depuis des décennies et qui a progressivement rogné l’autorité des parents, des enseignants, des patrons d’entreprise, de partis politiques, et, in fine, de la République. Ce mouvement délétère est puissant, ancien et durable. C’est nous citoyens qui avons progressivement transformé nos sociétés, de mai 68 au mariage pour tous, c’est nous qui avons accepté petit à petit ces démissions en tous genres. C’est nous citoyens qui avons fait reculer les pouvoirs en descendant dans la rue à tout bout de champs, en élisant et réélisant des Patrick Balkany à la députation, en s’apprêtant à voter pour un repris de justice aux prochaines élections présidentielles, c’est nous citoyens qui avons glorifié des rémunérations indécentes de fouteballeurs ou de pédégés, qui avons préféré la télé-poubelle à la littérature, etc. etc. On voit même cette évolution au sein des familles : l’éducation des enfants d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle des générations qui les ont précédés. On voit des parents aller agresser des instituteurs qui ont mal noté leurs enfants, des citoyens attaquer leur maire en justice parce qu’un platane est tombé sur leur voiture. On entend des ministres d’un gouvernement afficher publiquement leur désaccord sur des décisions prises en conseil des ministres, on voit des corporations manifester ouvertement contre des lois votées par le Parlement (écotaxe votée à l’unanimité et finalement non appliquée face à la violence d’intérêts particuliers), ou des décisions adoptées par des représentations régionales (aéroport de Nantes), etc. Et parlons des entreprises où des organisations matricielles, transverses, horizontales, appuyées sur des réseaux sociaux internes envahissants remplacent de plus en plus le bon vieil organigramme pyramidal avec un chef absolu tout en haut. Tout ceci a progressivement consommé le socle d’autorité qui régissait la société.

    Il s’agit globalement un problème de démocraties riches qui s’affadissent en même temps que le taux de cholestérol de leurs populations augmente. Quand on a réglé ses problèmes de pain quotidien et bien diminué ses soucis de santé et de durée de vie, il reste alors du temps pour le nombrilisme et la contestation. Nous en sommes là, ce n’est point une question de « Taubira-laxiste » ou de couleur politique. Personne n’a formellement décidé d’abdiquer l’autorité du jour au lendemain mais chacun a participé au mouvement général depuis trois ou quatre générations. C’est un mélange sociétal où l’on a mixé des concepts aussi variés et flous que les droits de l’Homme, l’Etat de droit, des conventions internationales de droits des enfants, des femmes, le droit humanitaire, celui des réfugiés… Assez peu de monde ne se pose trop de questions en Chine ou en Russie sur le caractère autoritaire ou non de la société. Cet autoritarisme semble à peu près accepté par les dirigeants cela va sans dire, mais par les populations qui les élisent comme dans le cas de la Russie. Ce n’est pas le cas dans nos démocraties, surtout latines.

    La tâche sera rude et longue pour inverser cette dérive. Au-delà d’une loi ou d’une autre prise à l’occasion d’un changement de majorité, les prisons sont pleines depuis plusieurs décennies et la durée moyenne d’emprisonnement augmente. Il va surtout maintenant falloir se mettre à éduquer nos enfants pour leur ré-inculquer quelques principes d’intérêt général même si cela doit nuire à leurs/nos intérêts particuliers. Et pour aider, apprenons-leur à privilégier l’intelligence sur la beaufitude, la réflexion sur le slogan, la raison sur le dogme, Darwin sur Jésus. Montrons leur comment aimer Bach et Bowie plutôt que Nique ta mère, la presse de journalisme plutôt que les torchons gratuits distribués dans le métro.

    Cela commence ce soir, à la maison !

  • Recherche théorie du genre désespérément

    Le pape François 1er parle de la France à des journalistes dans un avion et se plaint du « sournois endoctrinement de la théorie du genre » que diffuserait les manuels scolaires français, une « colonisation idéologique » accuse-t-il. C’est le retour de la rumeur sur cette théorie qu’à ce jour personne n’a pu trouver dans lesdits manuels ni plus dans les programmes de nos charmantes petites têtes blondes. Peut-être le Vatican pourra relancer les recherches pour essayer de retrouver cette théorie qui pour le moment n’a été localisée que dans les méninges de Christine Boutin et les livres d’Eric Zemmour !

  • Tentative d’attentat religieux contre Notre Dame

    Trois femmes ont été arrêtées le mois dernier dans la région parisienne pour être soupçonnées d’avoir déposé des bonbonnes de gaz dans une voiture garée à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour commettre un attentat religieux qui, a priori, a échoué après l’échec de la mise à feu du véhicule. Lors de leur arrestation elles ont blessé les policiers avec des couteaux. Elles projetaient d’autres attentats contre des lieux publics.

    Elles présentent le profil habituel : jeunes, musulmanes ou converties, ayant séjourné en Turquie ou en ayant été empêchées au dernier moment, embrigadées par des inspirateurs religieux lointains, elles viennent rejoindre la cohorte de ceux qui veulent tuer au nom d’un Dieu.

  • Règlements de comptes en bandes

    Une bande d’irresponsables narcissiques, de nains politiques, d’escrocs intellectuels, le plus souvent rémunérés par les contribuables, oubliant tout sens de l’intérêt général au profit de leur nombrilisme pervers, règlent leurs petits comptes d’individus méprisables devant la presse et les citoyens ébahis.

    On avait déjà eu quelques récits de gare mémorables comme celui de l’ancienne copine du président de la République, ou celui d’une ancienne ministre écologique ayant quitté le gouvernement, on a cette semaine le grand prix du voyeurisme avec un livre et des interviews d’un ancien conseiller du président Sarkozy entre 2007 et 2012, ex-dirigeant du journal d’extrême droite Minute et affairiste en communication et sondages divers. Le garçon avait déjà connu son heure de gloire lorsqu’il fut révélé qu’il avait enregistré nombre de ses conversations avec le président et son entourage, à l’insu bien entendu des intéressés. Cela avait jeté semble-t-il un léger froid dans les relations entre M. Sarkozy et son ancien conseiller qualifié de traître.

    Celui-ci est par ailleurs chef de la chaîne de télévision Histoire du groupe TF1/Bouygues et chevalier de la légion d’honneur. Il est mis en examen pour avoir vendu ses sondages avec une grande facilité à l’Elysée du temps où il y officiait. Il a sorti la semaine dernière un livre attaquant son ancien employeur. Dans le même genre on voit Jean-François Copé se répandre en attaques contre le même Sarkozy et en plaidoyer pro-domo sur son innocence dans l’affaire de la campagne présidentielle de 2012 (toujours du même) qui a couté 40 millions d’euros au lieu du plafond de 20, le dépassement ayant été financé par des fausses factures réglées par l’UMP dont Copé était le président.

    Qui touche cette littérature vengeresse au-delà du microcosme politico-mondain ? Personne bien sûr. Que ces belles intelligences, le plus souvent rémunérées par de l’argent public, travaillent un peu plus au devenir du pays plutôt qu’à la destruction de leurs congénères ! Que ces frustrés pathologiques fassent le job pour lequel ils sont payés plutôt que de parader sur les plateaux télévisés à décocher leurs flèches assassines. Qu’ils emploient leurs neurones à bosser positivement pour le bien général et non à rabaisser leur voisin de classe. Et s’ils ont besoin de faire pipi plus loin que leur copain, qu’ils visitent leur psychanalyste plutôt que BFM, ils feront du bien à eux-mêmes et à la collectivité !

  • L’actualité des banques

    Goldman-Sachs_Sucks

    Jérôme Kerviel, le tradeur-fraudeur de la Société Générale condamné à une peine de prison pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique (jugement confirmé par la cour de cassation), voit son amende 5 milliards d’euros ramenée à 1 million par la cour d’appel. Le plus risible dans cette affaire est que l’amende de 5 milliards n’avait aucune chance d’être jamais payée, et d’ailleurs la Société Générale avait annoncé n’avoir pas l’intention de la recouvrer, alors qu’une somme de 1 million d’euros devient par contre décemment exigible.

    Le trader-fraudeur s’est lancé dans un nouveau combat pour faire annuler le procès où il fut condamné pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système informatique toujours avec la même tactique : se faire passer pour un agneau tout blanc face au loup Société Générale aux babines baveuses.