Catégorie : France

  • Le chaos politique de la dissolution sera-t-il salvateur ?

    Le chaos politique de la dissolution sera-t-il salvateur ?

    La décision présidentielle prise dimanche dernier de dissoudre l’assemblée nationale à la suite du score de plus de 35% de la droite dure (le terme extrême-droite est devenu politiquement incorrect) a semé en France un chaos politique de première catégorie dont seuls les plus optimistes espèrent un sursaut salvateur. Il faut dire que c’est un peu l’objet de cette mesure constitutionnelle de la dissolution : secouer le cocotier et remettre les électeurs en mesure d’exprimer leurs choix électoraux partant du constat, réaliste en l’espèce, qu’ils ont perdu confiance dans le régime en place.

    Techniquement la France est à l’arrêt pour six mois. L’assemblée nationale est fermée jusqu’au 8 juillet, tous les projets et propositions de loi qui étaient en discussion parlementaires sont gelés (les lois sur la fin de vie, sur l’audiovisuel public, sur le financement des industries de défense… notamment). L’organisation des jeux olympiques et paralympiques Paris-2024 qui doivent se dérouler du 24 juillet au 8 septembre le seront dans un pays en plein psychodrame politique, gage d’une efficacité qui va être plus difficile à garantir. L’arrivée de la discussion budgétaire en septembre prochain, alors que les finances publiques sont hors de contrôle, va immanquablement être perturbée par cette dissolution, sauf dans le cas improbable où le camp présidentiel récupèrerait une majorité absolue à l’issue de ce scrutin imprévu. Sans parler du coût pour les contribuables qui vont devoir financer campagne et élection.

    Les membres du parti Les Républicains s’entre-déchirent entre leur président, Éric Ciotti, qui veut se rapprocher du Rassemblement National quand les vieilles ganaches du parti excluent un tel rapprochement au nom de « leurs valeurs ». La « destitution » contestée du président Ciotti a créé un imbroglio juridique digne de celui apparu en 2012 entre MM. Copé et Fillon. Toutes les tendances de la gauche sont en train de tenter de se réunir sous une bannière commune nouvellement intitulée « Front Populaire » dont les futures réunions risquent d’être animées tant certains sujets sont conflictuels entre les participants, de LFI au PS en passant par la NPA…

    Quelles que soient les convictions politiques de chacun, on peut raisonnablement constater quà ce jour les haines des différentes parties de la gauche ne les empêchent pas de se former une union, au moins de façade, qui sera sans doute aussi éphémère que celle de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale ), pour présenter des candidatures communes alors que la droite n’arrive pas à dominer ses propres haines internes. Il peut couler encore beaucoup d’eau sous les ponts d’ici le premier tour des élections dans deux semaines.

    Le bal des traîtres a par ailleurs été relancé. Marion Maréchal qui avait quitté le Rassemblement National pour rejoindre le parti d’Éric Zemmour en 2022 est en train de faire le trajet inverse. Zemmour, son président, la qualifie de « traître ».

    Xavier Bertrand qui avait quitté Les Républicains pour faire cavalier seul à l’élection présidentielle de 2017, avant de réintégrer piteusement ce parti pour participer à sa primaire désignant son candidat pour la présidentielle 2023 ; Rachida Dati qui a été exclue de LR en 2024 pour intégrer le gouvernement Attal ; ces deux personnages se retrouvent pour abominer Ciotti le traitant également de « traître ». L’hôpital qui se moque de la charité…

    Cette dissolution peut potentiellement amener une cohabitation entre le président Macron et un premier-ministre de droite dure, Jordan Bardella est déjà dans les starting-blocks, ou de gauche où les candidats sont nombreux : Jean-Luc Mélanchon, François Ruffin notamment qui n’ont pas brillé jusqu’ici par leur modération. Autre hypothèse, la France n’élit pas de majorité absolue et elle reste difficilement gouvernable, dernier cas, comme après la dissolution prononcée par MonGénéral en 1968, un raz de marée de la majorité présidentielle entre à l’assemblée et le problème est réglé pour quelques temps.

    Quoi qu’il en soit, ce sera le choix des électeurs qui, en principe, devrait être respecté. Le président Macron a voulu « clarifier » la situation politique française. Le résultat est incertain, pas sûr que ses nuits soient très paisibles d’ici le 7 juillet…

  • La culpabilité en bandoulière des « bobos »

    La culpabilité en bandoulière des « bobos »

    Dans les dîners en ville certains participants issus du haut de la classe moyenne, c’est-à-dire celle qui a pu accumuler un capital immobilier, voire aussi financier, au cours de sa vie professionnelle, souvent agrémenté de quelques biens hérités (c’est-à-dire qu’ils se sont « enrichis » mais l’adjectif est dur à assumer), se lamentent sur « l’inégalité » générée par le capitaliste. Il s’agit en gros de la catégorie dîtes des « bobos » (bourgeois-bohème) qui a le cœur à gauche et s’émeut à juste titre de la « pauvreté » que le système n’a pas réussi à endiguer, voire, a renforcé. 

    Libéralisme vs. étatisme

    Les choix socio-économiques de l’Occident depuis plusieurs décennies le portent globalement vers le « libéralisme » même si certains régimes choisissent en parallèle des options sociétales plus autoritaires comme actuellement la Hongrie, ou la Pologne lorsqu’elle était gouvernée il y a encore quelques mois par le PiS (Parti Droit et Justice), ou plus ou moins protectrice comme les pays latins versus leurs homologues anglo-saxons. Mais tous sont basés sur la liberté d’entreprendre, de faire du profit et le devoir de payer des impôts à l’Etat pour faire vivre la collectivité, chaque composante étant encadrée par la loi dans des proportions propres à chaque pays.

    En France, ce système dit « libéral » est loin de l’être intégralement dans ce pays où 57% du produit intérieur brut relève de la dépense publique, c’est-à-dire que l’Etat préleve dans la poche des uns pour redistribuer aux autres. Le taux de la redistribution faîte par l’Etat français est l’un des plus élevés dans le monde « libéral ». Mais il n’empêche pas bien sûr les rémunérations et enrichissements indécents de certains, se chiffrant en plusieurs dizaines de millions d’euros par an, ce qui renforce le sentiment d’injustice ressenti par les classes moyennes, même celles qui ont prospéré grâce au système contesté. Alors elles pointent sur le sort peu enviable des plus pauvres et prônent « plus de justice » sans aller beaucoup plus loin dans la proposition de solutions, oubliant tous ceux dont la situation a été améliorée par l’économie libérale, sans être des « ultra-riches », et que l’on entend fort peu.

    En réalité les offres politiques existent en France, susceptibles de satisfaire toutes les opinions, y compris les plus extrêmes auxquelles la majorité des électeurs n’arrive pas (encore) à se résoudre, même si elle s’en rapproche. Un changement total de système, évoluant vers plus d’étatisme est proposé par La France insoumise et les partis politiques qui s’y rallient. Une version plus sociale du capitalisme est affichée par ce qu’il reste du Parti Socialiste et du centre-gauche, qui entraînerait probablement une hausse des impôts, et pas que pour les ultra-riches. La droite dure qui a aujourd’hui le vent en poupe prône le retour à l’autorité, notamment dans la lutte contre l’immigration illégale, et affiche un programme économique plutôt flou comportant nombre de mesures que pourraient endosser les partis « progressistes ». Et puis il y a la majorité actuelle que l’on peut qualifier de « centre droit » qui croit au système économique libéral tout en cherchant à en adoucir les aspects les plus rugueux via les dépenses publiques financées aujourd’hui par la dette publique dont le remboursement pèsera sur nos enfants, mais sans réussir à ce stade à convaincre.

    Augmenter les impôts… « des autres »

    On peut voir ci-dessous dans les quelques extraits des tracts électoraux présentés par les principaux partis pour les élections européenne du 9 juin, qu’il y en a pour tous les goûts, toutes les aspirations et toutes les philosophies. Il y a ceux qui dépensent, ceux qui défendent la liberté, ceux qui transitionnent écologiquement, ceux qui taxent, ceux qui augmentent les salaires, ceux qui renversent le capitalisme, ceux qui soutiennent les Palestiniens, les Ukrainiens ou ceux qui décarbonent.

    S’agglomèrent dans ce gloubi-boulga idéologique le vieux débat sur l’efficacité du marché versus celle de l’Etat, mâtiné du parfum de marxisme qui a baigné des générations d’intellectuels germanopratins et continue à infuser une partie de la pensée socio-économique française et le résultat de 2000 ans d’éducation judéo-chrétienne qui génèrent un rejet plus ou moins conscient de l’argent et de la réussite.

    Il n’y a malheureusement aujourd’hui aucune offre politique qui augmente les dépenses sociales pour absorber la pauvreté et baissent les impôts pour favoriser le développement socio-économique tout en continuant d’accroître le patrimoine des classes moyennes supérieures. Il faudra choisir la proposition que chacun considère la moins mauvaise pour l’intérêt général. Chacun le fera en conscience dans l’isoloir, pour ceux qui consentent encore à aller voter…

    Choisir son camp

    Alors certains de leurs représentants portent leur culpabilité en bandoulière, travaillés par le remord de se retrouver à la tête d’un patrimoine supérieur à la valeur de celui qu’ils avaient en démarrant leur vie professionnelle. Ils cherchent une solution pour améliorer la situation des plus précaires tout en prônant les augmentations d’impôts pour les « plus riches », c’est-à-dire pas pour eux. C’est généreux mais souvent mission délicate au succès non garantie comme l’a montré l’histoire française contemporaine. Les deux tours des élections législatives annoncés pour les 30 juin et 7 juillet vont pousser les citoyens-électeurs en présence à choisir leur camp et voter en conscience pour le système qui leur paraît le plus à même de régler leurs états d’âme. Le plus probable est qu’il ne se dégagera pas de choix net et définitif et qu’il faudra bien compromettre et transiger. Personne ne sera content et la France poursuivra cahin-caha son décrochage régulier vers le rabougrissement. Ou alors peut-être les électeurs se décideront pour un « grand soir », soit de gauche, soit de droite, qui risque aussi de réserver quelques surprises pour tous.

    C’est « grandeur et décadence » de la démocratie », libérale ou « illibérale », qui donne la capacité à ses citoyens de choisir ce qu’ils veulent, mais aussi le devoir d’assumer la responsabilité de leurs choix ! La lecture des programmes sur lesquels s’appuieront les candidats aux élections législatives permettra d’en savoir plus sur les projets concoctés par les partis politiques en pleine agitation programmatique.

    Quelques extraits des tracts électoraux pour les élections européennes

    Rassemblement national > 31,37%

    • Votre pouvoir d’achat par la baisse des factures d’électricité et le refus de tout impôt européen.
    • Le patriotisme économique par la priorité aux entreprises française dans la commande publique.

    Majorité présidentielle (Renaissance et divers petits partis de centre droit) > 14,40%

    • « … réarmer notre continent, le réindustrialiser, décarboner nos économies et défendre avec force nos valeurs et notre modèle européen, fondé sur la justice sociale et fiscale, le respect des droits humains, la liberté et la laïcité » (signé : Valérie Hayer)

    Place publique / Le Parti socialiste > 13,83%

    • Créer un fonds souverain européen investissant 200 milliards par an dans les industries de la transition écologique et dans la révolution énergétique.
    • Financer cette grande bifurcation écologique de nos économies et de nos sociétés en taxant les superprofits des multinationales et des plus grandes fortunes européennes.

    La France Insoumise > 9,89%

    • Abroger les règles d’austérité qui détruisent les services publics.
    • Taxer les super-profits des entreprises et créer un impôt sur la fortune européen.
    • Mettre en place une allocation d’autonomie contre la détresse de la jeunesse.

    Les Républicains > 7,25%

    • Diminuer les impôts et les charges… pour augmenter les salaires.
    • Réduire les droits de succession et faciliter les donations jusqu’à 1 million d’euros.
    • Refuser les impôts européens voulus par Emmanuel Macron.

    Gauche Unie (Parti communiste et divers petits partis de gauche) > 2,36%

    • PROTEGEONS LES TRAVAILLEURS : Augmenter les salaires et les retraites en refusant le dumping social et les politiques d’austérité. Refuser l’élargissement de l’UE.
    • BAISSONS LES FACTURES : Diviser par deux les factures d’énergie en sortant du marché européen de l’électricité. Baisser la TVA sur l’essence.

    Pour mémoire citons également la liste du NPA (Nouveau parti anticapitaliste – révolutionnaires) :

    NPA > 0,15%

    • Renverser le capitalisme pour sauver la planète et en finir avec les oppressions.
    • Le capitalisme, c’est la guerre : nos vies valent mieux que leurs profits.

    Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

  • Panique et faux-jettonerie

    Panique et faux-jettonerie

    La décision du président Macron de dissoudre l’assemblée nationale le 9 juin au soir suite à la victoire des partis de droite très conservateurs (Rassemblement National [RN] et Reconquête !) qui ont obtenu 37% des suffrages, les députés des partis minoritaires s’égayent dans la nature pour tenter de sauver leurs postes, tel un troupeau de gnous assoiffés à la recherche d’un point d’eau dans le cratère du Ngorongoro en saison sèche.

    Salch / Charlie Hebdo (24/05/2023)

    A droite, le chef du parti Les Républicains (LR), Eric Ciotti, a annoncé aujourd’hui vouloir faire alliance avec le RN afin de préserver le (faible) nombre de ses députés sortants qui risqueraient sinon de se retrouver face à des candidats RN, et pas forcément en position favorable. Aussitôt les caciques républicains ont poussé des cris d’orfraie toute la journée, jurant que « les valeurs » du parti empêchaient une telle alliance, que Ciotti était déloyal et menteur, qu’il devait démissionner, que « MonGénéral » et Jacques Chirac devaient se retourner dans leurs tombes et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

    En réalité tous ces élus LR ne font que critiquer la majorité présidentielle depuis 2022 (voire même depuis 2017), refuser de voter ses projets de loi, la menacer de motion de censure, voter certaines présentées par d’autres partis, brailler pour réclamer la démission du président, la dissolution de l’assemblée nationale, bref, s’opposer systématiquement à la politique actuelle alors que nombre des réformes sur la table sont largement compatibles avec la philosophie LR. Alors à force de s’opposer et de vouloir faire tomber le chef de l’Etat ils y sont presque arrivés mais entre-temps leurs électeurs sont allés voir du côté du RN et il ne va pas être facile de les faire revenir au bercail. L’alliance proposée par M. Ciotti semble cohérente, les opposants compulsifs à M. Macron cherchent à s’unir, leur haine à l’encontre du régime actuel est plus forte que ce qui les divise. Les vieux caciques se répandent dans les médias pour en appeler à l’histoire de leur parti et s’égosiller devant la décision du président de leur « famille politique » de se rapprocher du RN. Le mieux aurait été d’y penser un peu plus tôt pour être les acteurs d’une opposition intelligente en s’associant au moins aux projets qui allaient dans le sens de leur programme. Ils ont aujourd’hui le résultat de leur comportement politique stupide de ces dernières années.

    Certes, le président Macron est horripilant, s’écoute parler, a sans doute une haute idée de sa personne, a mal géré les finances publiques mais, à la fin de la journée il fait avancer les sujets propres à une démocratie protectrice dont 57% des dépenses sont publiques. Des sujets que la droite de gouvernement aurait dû partager très largement si elle avait mis de côté ses frustrations d’égo par suite des élections perdues. Il en a été différemment.

    Kiro / Le Canard Enchaïné (11/10/2023)

    A gauche la course aux alliances bat son plein et un Front Populaire est mis en place basé sur la forte composante propalestinienne de La France insoumise (LFI). La encore il s’agit de sauver les têtes des députés en évitant les faces-à-faces mortifères devant les électeurs dans les circonscriptions. Comme pour l’opposition de droite, on verra les programmes plus tard…

    Il reste la majorité actuelle qui fleure bon le centre droit qui devrait complaire à la majorité des électeurs si ce n’était cette détestation que le président provoque autour de lui. Tout ceci tourne un peu au chaos mais pouvait-il en être autrement au vu du comportement de nos élus ces dernières années ?

  • Temps agité pour les vieilles ganaches LR

    Temps agité pour les vieilles ganaches LR

    Il y a du bon et du mauvais pour la liste du parti Les Républicains présentée aux élections européennes ce 9 juin.  On se souvient que ce vieux parti n’avait pas réussi à rajeunir ses candidats en se sentant obligé de présenter Nadine Morano (60 ans) et Brice Hortefeux (65 ans) en 5e et 6e place. Le couperet est tombé entre les deux, Morano a été élue, pas Hortefeux qui peut maintenant prendre une retraite politique bien méritée.

    Lire aussi : Les vielles ganaches de LR s’accrochent au pouvoir

    En quoi le maintien de ces deux candidats sur la liste LR, tout sauf visionnaires politiques et encore moins glamours, peut expliquer le maigre résultat de LR de 7,25% ce 9 juin ? On ne le sait évidemment pas mais on peut penser que le renouvellement de la classe politique ne pourrait sans doute que motiver l’électeur à se prononcer en faveur de telles listes.

    Nadine Morano dans nos colonnes

  • Des journalistes aux petits pieds

    Des journalistes aux petits pieds

    Natacha Polony qui tient une place de choix dans le bal des pleureuses de la corporation journalistique, critiquant tout et son contraire, en permanence et à tout bout de champ, dans la politique suivie par l’Etat est une nouvelle fois prise en flagrant délit caractérisé de mauvaise foi. Elle appelle depuis des mois à « redonner la parole au Peuple » via des élections et, ce soir, alors que le président de la République annonce la dissolution de l’assemblée nationale, elle critique cette décision comme « contraire à l’esprit de la constitution de la Ve République » et déclenchée par la volonté du président de manipuler les partis politiques en semant le chaos en leur sein.

    Même ses collègues plumitifs lui ont fait remarquer ce soudain et fort peu compréhensible retournement de veste ce soir sur les plateaux télévisés tant il est flagrant. Mme. Polony, sous son joli minois, a l’habitude de noyer ses interlocuteurs sous un déluge de mots. Ses raisonnements sont souvent alambiqués, pour masquer leur légèreté. Ses critiques à l’encontre du pouvoir en place sont permanentes et un peu désespérantes tant elles sont récurrentes. Rien ne satisfait cette journaliste dont le fonds de commerce repose sur l’accusation systématique.

    Dans l’hebdomadaire Marianne dont elle est directrice de la publication elle a titré hier soir :

    Pas la moindre cohérence autre que tacticienne à la dissolution annoncée par Macron.

    Natacha Polony (Marianne du 10/06/2024)

    La dissolution, elle était pour mais du moment qu’elle a été décidée par le président Macron c’était donc une mauvaise décision. Après avoir usé le plateau télévisé de BFM dimanche soir en agitant son moulin à paroles une bonne partie de la soirée, elle s’est précipitée sur son ordinateur pour continuer sa logorrhée anti-Macron dans un article publié en ligne ce lundi. Il serait profitable pour les gens qui la lisent ou l’écoutent qu’elle réfléchisse un peu entre ses phrases pour afficher un peu plus de cohérence ce qui lui redonnerait de la crédibilité. En sera-t-elle capable ? Pour le moment, sa place de directeur de Marianne est potentiellement remise en jeu par suite du rachat de ce journal par un investisseur français, Pierre-Edouard Stérin, fervent catholique, qui ne serait sans doute pas opposé à accentuer encore la critique contre la majorité présidentielle.

    Rappelons que Mme. Polony bénéficie, comme tous les journalistes, d’une niche fiscale offrant une déduction de 7 650 EUR de ses revenus qui n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait pousser Natacha Polony à un peu de modestie lorsqu’elle critique la politique budgétaire de l’Etat.

    Natacha Polony est, hélas, assez représentative d’une profession journalistique qui a trop souvent remplacé l’analyse par le verbiage, et qui porte aussi une part de responsabilité dans le chaos politique actuel.

  • Retour aux urnes

    Retour aux urnes

    A l’issue du score peu reluisant de la majorité présidentielle aux élections parlementaires européennes le président de la République a annoncé ce soir la dissolution de l’assemblée nationale française et l’organisation de deux tours d’élections législatives les 30 juin et 7 juillet, forçant ainsi les partis à une précipitation certaine pour préparer un programme et le choix des candidats en trois semaines. Les élections européennes ont permis au Rassemblement national de marquer un score de plus de 30%, 37% même si l’on ajoute les votes apportés à la liste présentée par le parti d’Éric Zemmour. Fort de ce succès il est imaginable que ce parti fasse aussi la course en tête aux législatives prochaines, voire qu’un de ses représentants entre à Matignon comme premier ministre d’une incertaine « cohabitation ». On voit mal le parti présidentiel redresser la barre d’ici la fin du mois tant le président Macron déclenche le rejet de la majorité et la haine du plus grand nombre. La gauche propalestinienne reste aussi en embuscade avec un fort soutien populaire.

    Bref, cette décision inattendue va probablement amener les partis extrêmes au pouvoir. Voilà plusieurs années qu’ils s’en rapprochent sérieusement alors le réveil le 8 juillet au matin risque d’être agité. On ne connaît pas bien les motivations présidentielles qui ont poussé M. Macron à se lancer dans une telle incertitude, peut-être le désir de mettre les citoyens face à leurs responsabilités : « Vous voulez être dirigés par les extrêmes ? Eh bien c’est le moment de vous décider et de sauter le pas ! ». Sans doute est-il bien plus machiavélique ? Ou alors le président, simplement fatigué d’être sans arrêt contesté par tous, quoi qu’il fasse, veut laisser les « clés du camion » à un autre conducteur et advienne que pourra ? Dans ce dernier cas il aurait sans doute été plus efficace d’opter pour la démission plutôt que la dissolution.

    La plupart des partis d’opposition ont réclamé cette dissolution à un moment ou à un autre depuis le début de l’actuel quinquennat, et souvent pour des raisons diamétralement opposées. Ils viennent de l’obtenir, il va bien falloir qu’ils s’en débrouillent maintenant. Le peuple contestataire et parfois brailleur va aussi devoir faire avec ce qu’il a provoqué. L’heure de la responsabilisation, des dirigeants comme des citoyens, a sonné.

  • Le président ukrainien fait un discours devant une assemblée nationale aux rangs clairsemés

    Le président ukrainien fait un discours devant une assemblée nationale aux rangs clairsemés

    Invité en Normandie pour le 80e anniversaire du débarquement du 6 juin 1944, le président ukrainien Zelensky a fait ensuite une étape par Paris, la veille du scrutin incertain des élections européennes pour prononcer un discours devant l’assemblée nationale française. Il est venu demander plus de sous et plus d’armes pour « gagner la guerre contre l’agresseur Russe ». Ce fut une prestation un peu pathétique car le nombre de députés présents était assez faible et cela se traduisait par des rangs clairsemés dans l’hémicycle. On ne peut pas dire que ces absences étaient très respectueuses à l’égard du président d’un pays allié en guerre. Certes, les élus avaient sans doute l’esprit plus tourné vers les élections du lendemain, mais sans doute le désintérêt de nombre d’entre eux marque aussi leur fatigue devant un conflit qui dure et dont on ne voit pas vraiment comment le terminer.

    Ce qui est cependant bien visible ce sont les coûts engagés par les alliés de l’Ukraine pour tenir ce pays à bout de bras face à l’ogre russe et, surtout, ce qu’il faudra payer pour reconstruire le pays et dont la charge reviendra probablement majoritairement sur l’Europe. Quelle que soit l’issue du conflit, il est assez peu probable que Moscou participe aux frais…

  • Fin de vie : « c’est pas à nous d’faire ça ! »

    Fin de vie : « c’est pas à nous d’faire ça ! »

    Les débats parlementaires ont débuté les discussions sur le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie. Le thème est sensible en ce qu’il agite les convictions profondes des uns et des autres, auxquelles se mêlent éventuellement leurs croyances religieuses ou leur foi en la laïcité. Bien sûr nous somme en France, alors les petites querelles politiciennes ne sont jamais loin. Des réflexions profondes et respectables sont partagées dans les médias. Des membres du personnel soignant, des philosophes, des malades, des chercheurs font part, le plus souvent avec beaucoup de tact et de modération, de leurs positions sur des sujets aussi vertigineux que : faut-il autoriser un patient à mettre fin à ses jours ? Pour quelles pathologies, à quel stade de celles-ci ? Faut-il inclure les maladies mentales ? Si le patient exprime sa volonté de mourir mais n’est plus en mesure de se « suicider », faut-il autoriser quelqu’un de son entourage à administrer le produit qui va donner la mort ? Ou imposer ce geste au personnel soignant ? Faut-il s’arrêter au « suicide assisté », aller jusqu’à l’euthanasie ? Bref, on est au cœur d’une véritable modification du statut donné jusqu’ici à la vie dans nos sociétés occidentales depuis des siècles et il n’est pas facile de trouver une voie satisfaisante pour tous.

    Alors chacun y va généralement de son exemple personnel sur un cas tragique de son entourage pour en tirer des conclusions souvent diamétralement opposées sur la façon souhaitable de le traiter le cadre général de la loi. Les références à l’expérience des pays européens qui sont allés vers l’euthanasie donnent aussi souvent lieu à des interprétations contradictoires

    Dans un très intéressant podcast en quatre épisodes de l’émission « Lsd – la série documentaire », intitulé « Des vivants jusqu’à la mort » l’émission interroge les acteurs de ces questions, y compris les malades et leurs familles, et l’on entend s’exprimer avec intelligence des positions qui semblent irréconciliables.

    Ecouter aussi :

    La fille d’un patient explique comment elle a pu se procurer illégalement un produit létal via une association proactive en la matière et l’a administré elle-même à son père, pour respecter sa volonté. On imagine aisément le traumatisme engendré par ce geste sur les survivants. Dans un cri du cœur cette femme dit : « c’est pas à nous d’faire ça ! ». C’est bien là tout le problème, qui « doit faire ça » ? Réflexe bien français même en ces circonstances dramatiques, le citoyen répond : « l’Etat [ou ses représentants] doit le faire ». Facile…

    Le corps médical est partagé, certains soignants expliquent qu’ils se voient mal effectuer le geste léthal, d’autres y sont favorables. Beaucoup s’expriment pour dire que la loi dite « Leonetti – Claeys » (du 02/02/2016) actuellement en vigueur est un cadre juridique satisfaisant pour appréhender la fin de vie des malades. Elle prévoit la mise en sédation profonde jusqu’à la mort du patient.

    Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d’état d’exprimer sa volonté, à l’issue d’une procédure collégiale définie par voie réglementaire.

    Article 2

    La sédation profonde et continue associée à une analgésie prévue au présent article est mise en œuvre selon la procédure collégiale définie par voie réglementaire qui permet à l’équipe soignante de vérifier préalablement que les conditions d’application prévues aux alinéas précédents sont remplies.

    Article 3

    Avant cette loi, chacun admet que le corps médical prenait parfois les décisions qui s’imposaient dans le secret de réunions collégiales pour abréger les souffrances intolérables et sans espoir de certains patients. Cela se faisait sans cadre légal, ce qui n’était plus en accord avec la judiciarisation de notre société. MM. Claes et Leonetti avaient initié la réflexion sur le vote d’une loi pour encadrer la pratique, mais sans aller jusqu’à légaliser le suicide assisté ou à l’euthanasie comme envisagés dans la présente loi. Les allers-retours en cours entre sénat et assemblée nationale montrent qu’une presque-majorité cherche à assouplir le projet de loi pour élargir le plus possible l’accès à cette fin de vie assistée ou provoquée. La loi finalisée devrait être votée d’ici à l’été. La majorité des citoyens affirment dans les sondages qu’ils sont en faveur de l’accès au suicide assisté voire à l’euthanasie mais ils ne précisent pas s’ils sont prêts à pratiquer le geste léthal eux-mêmes ou s’ils entendent le « déléguer » à d’autres…

    D’ores et déjà ce projet de loi réactive l’éternel conflit entre Intérêts particuliers et intérêt général, ce dernier étant bien délicat à définir de façon unanime en la matière

  • Une tranche de vie sur la ligne de bus 62

    Une tranche de vie sur la ligne de bus 62

    Vendredi 3 mai, il est 11h dans le XIVe arrondissement, station Tombe-Issoire de la ligne de bus 62, non loin des allées ombragées du parc Montsouris, direction Porte de Saint Cloud et le XVIe. Il fait beau, l’ambiance de cette mi-journée est plutôt guillerette. Une petite foule tranquille monte dans le véhicule.

    A la station Convention dans le XVe une femme d’un certain âge, appelons là Simone, appuyée sur deux cannes, d’un tour de taille plutôt ample et traînant un lourd caddy, demande bruyamment de l’aide pour monter son chariot dans le bus, aide qui lui est bien volontiers octroyée par des gens debout sur la plateforme. A peine les pieds posés dans le bus, se tournant vers un jeune homme d’origine asiatique, avachi sur un siège, appelons-le Kevin, elle exige toujours aussi bruyamment qu’il lui cède sa place assise. Sous sa capuche jaune Kevin lui répond qu’il est atteint d’une scoliose et ne peut pas lui laisser sa place. Sur la plateforme les gens maugréent devant ce manque d’éducation.

    Simone se tourne alors vers l’autre côté du couloir et avant même qu’elle ait pu agresser un autre passager pour exiger son dû, une femme « racialisée » en boubou multicolore, appelons-la Fatoumata, se lève pour lui céder sa place. Entre temps, celle à côté de Kevin se libère et Fatoumata s’y assied. Simone a installé son volumineux caddy dans le couloir et la place côté fenêtre est restée libre. Pendant une bonne partie du reste du trajet elle bloque le couloir avec ses courses et interdit l’accès à la place libre à côté d’elle au motif qu’elle ne peut pas bouger.

    Fatoumata entre temps a branché ses écouteurs et converse très fort avec un interlocuteur dans une langue probablement d’origine africaine. Simone a démarré une partie de Pac-Man sur son téléphone. Lorsque Kevin se lève pour descendre à une station, il ne paraît pas particulièrement handicapé par sa scoliose et Simone commente bien fort « qu’il paraît plus handicapé de la tête que des jambes »… Elle est largement approuvée par les passagers debout qui maugréaient tout à l’heure.

    Trois stations plus loin, nous sommes dans le XVIe, une passagère monte dans le bus, appelons-là Bérangère. Elle est manifestement du quartier si l’on en juge par les visites régulières qu’elle fait à son chirurgien esthétique qui a beaucoup travaillé sur son visage, pour un résultat plus proche d’ailleurs de la tête Michaël Jackson à la fin de sa vie que de celle d’Adriana Karembeu. Bérangère se retrouve coincée devant le caddy de Simone qui bloque l’accès au couloir. Très naturellement elle se tourne vers Fatoumata pour lui demander de pouvoir passer alors qu’il s’agit du chariot de Simone. Fatoumata interrompt sa conversation en wolof et s’énerve devant ce comportement raciste de Bérangère qui présuppose que l’origine « racialisée » de Fatoumata en fait la responsable évidente de cette obstruction. Bérangère en prend pour son grade et tout le bus suit le débat. Un généreux passager debout sur la plateforme propose alors de déplacer le caddy à côté de lui, ainsi Bérangère, le nez pincé autant par son chirurgien que par la colère devant cet esclandre, peut aller s’assoir juste derrière Simone.

    L’histoire se termine à la station Pont Mirabeau dans le XVIe et la morale en est plutôt triste devant cette population nombriliste et mal élevée, habitant entre le XIVe et le XVIe, sans doute pas les quartiers les plus défavorisés de la capitale, et qui ne sait s’exprimer que de façon agressive et courroucée, méprisante et guindée. Des citoyens abrutis par la publicité envahissante, les matchs de fouteballe, les émissions de Cyril Hanouna et les informations de Pascal Praud et dont les synapses se déconnectent progressivement, laissant leurs neurones sans plus de communication entre eux. C’est une énième manifestation de la perte de toute notion de l’intérêt général au profit de misérables petits tas d’intérêts particuliers. Le résultat n’est vraiment pas brillant et il n’est pas facile de garder le moral devant une telle déchéance.

  • Un chemin heurté vers l’inévitable indépendance de la Nouvelle-Calédonie

    Un chemin heurté vers l’inévitable indépendance de la Nouvelle-Calédonie

    Le territoire de la Nouvelle-Calédonie est de nouveau à feu et à sang depuis quelques jours, pillages, émeutes et guérilla ont fait quatre morts à ce stade, dont un gendarme, de nombreux blessés et des dégradations matérielles importantes. Les accords dits « de Nouméa » signés en 1998 entre l’Etat et les représentants de cet archipel ont reconnu le statut de « colonie » à la Nouvelle-Calédonie et la nécessité de mettre en œuvre un processus de décolonisation. Hélas, la succession de trois référendums organisés entre 2018 et 2020 n’a pas permis de dégager une majorité en faveur de l’indépendance et de permettre ainsi à ce territoire de voguer de ses propres ailes et à la France de se libérer du poids politique et financier de cette colonie.

    Les accords de Nouméa précisaient dans leur préambule :

    Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière.
    Le choc de la colonisation a constitué un traumatisme durable pour la population d’origine. …

    … Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun.

    La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie. …

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000555817

    Les émeutes en cours montrent qu’on est loin de cet objectif. La raison de cet échec est toujours la même, celle de la composition du corps électoral. La France est une démocratie qui ne sait pas différencier le droit de vote de ses citoyens, quand bien même ils résident dans une ancienne colonie déjà pourvue d’une grande autonomie. Une exception avait été incluse dans la constitution (Titre XIII) pour régir le statut spécifique de la Nouvelle-Calédonie et, notamment, la composition de son corps électoral. En gros, étaient autorisés à voter pour les trois référendums, les résidents sur le territoire depuis plus de dix ans en 1998. Rien n’a été changé depuis si ce n’est que le parlement français a voté le « dégel » du corps électoral puisque de nombreuses évolutions démographiques ont modifiés la structure de la population et de l’électorat depuis 1988, date du gel actuel.

    Cela ne fait pas l’affaire des indépendantistes principalement composés des Kanaks, les populations originaires de l’île qui ne seraient toujours pas majoritaires aujourd’hui face aux Caldoches, les descendants des colons auxquels il convient d’ajouter les expatriés qui restent sur place plusieurs années.

    Cela dérange encore plus les affaires de la France qui ne sait comment se tirer de cet imbroglio juridique. En réalité la seule solution pour assurer l’indépendance souhaitable de la Nouvelle-Calédonie serait de pouvoir concevoir un corps électoral ad hoc qui donnerait le droit de vote sur le « destin commun » uniquement aux populations indigènes. Cela reviendrait à exclure les Caldoches et les expatriés. Ce serait évidement très complexe à mettre en œuvre car il faudrait inventer des critères pour prouver « l’indigénéité » des « indigènes » qui seraient forcément subjectifs, « présence en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs générations » par exemple puisqu’il est difficile de retenir des critères physiques…

    Une telle solution serait forcément injuste pour les Caldoches qui porteraient ainsi la responsabilité collective de la colonisation menées par leurs ancêtres sous l’autorité du gouvernement français mais il est des situations où l’intérêt général du pays peut mériter d’être défendu au détriment des intérêts particuliers. Il faudrait en échange garantir la nationalité française à tous les citoyens ainsi exclus du corps électoral et, probablement, financer leur rapatriement et installation en France pour ceux qui ne souhaitent pas rester sur place après l’indépendance. Il s’agit de 100 à 150 000 personnes qui, tels les rapatriés d’Algérie en 1962, garderont alors pour des générations une rancœur contre la France. Quels élus ou dirigeants auront le courage de lancer une telle réflexion ?

    Ce qui devrait les guider est la question : « existe-t-il la moindre chance pour qu’un jour les Kanaks acceptent la tutelle de la France de façon apaisée et positive ? » La réponse est évidement non, ce qui devrait conduire des dirigeants à mener à bien le plus rapidement possible la décolonisation de ce territoire, fusse au prix d’une injustice au détriment des Caldoches !

    Lire aussi : La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre

  • Les vielles ganaches de LR s’accrochent au pouvoir

    Les vielles ganaches de LR s’accrochent au pouvoir

    Le parti Les Républicains (LR) a publié sa liste des candidats pour les élections européennes du 9 juin et on constate que Nadine Morano (60 ans) et Brice Hortefeux (65 ans) y figurent aux 5e et 6e place, sans doute des positions éligibles. Il se murmure que les instances LR auraient bien voulu se débarrasser de ces vieilles ganaches qui ne plaident pas vraiment pour le renouveau du parti mais elles n’ont pas osé. L’apport de Morano et Hortefeux à la politique et l’avenir du parti est probablement proche de zéro, voire négatif si l’on en juge par leurs prestations dans les méfias où ils sont plutôt contre tout, y compris l’Europe. On ne sait d’ailleurs pas bien ce qu’ils ont fait ou promu dans l’enceinte du parlement européen.

    Nadine Morano est un cas d’école. Elle aura déjà fait deux mandats comme député européen, soit 10 ans et elle va sans doute rempiler pour 5 ans ce qui devrait l’amener jusqu’à la retraite.

    En réalité, ces vieux grognards de la droite française seraient de véritables repoussoirs si LR les présentait dans les élections nationales tant ils sont marqués par leur implication dans le passé et leur absence d’idées et de charisme. Mais il faut bien les récompenser de leurs bons et loyaux services bien que leur capacité de nuisance doive être quasiment nulle, qui se sent encore intéressés par ce que peuvent dire ou penser ces deux lascars ? Mais on les case quand même comme députés européens où ils disposent de revenus confortables et d’éléments de standing qui flattent leurs égos vieillissants. On peut espérer qu’ils ne seront pas élus le 9 juin mais, si par malheur ils l’étaient, LR devrait quand même veiller à ne pas les maintenir trop longtemps dans ses listes électorales où ils seraient très avantageusement remplacés par des plus jeunes et dynamiques candidats qui piaffent déjà d’impatience.

  • Mauvaise foi et mauvaise gestion

    Mauvaise foi et mauvaise gestion

    Avec une mauvaise foi digne de la Russie s’estimant attaquée par l’OTAN dans sa guerre d’Ukraine, le président français et son gouvernement explique que le déficit des finances publiques de 11% en 2023 est lié à la non-réalisation des objectifs de recettes alors que les dépenses ont été réalisées telles que prévues, sans dépassement par rapport au budget. Cette explication suffirait à exonérer les gestionnaires des dépenses publiques de toute faute. En réalité, l’analyse n’est pas recevable tant la tendance déficitaire est lourde et durable, le dernier budget de la France en équilibre remontant à 1974, soit deux générations entières. Dans ces conditions on peut difficilement plaider le déficit « conjoncturel » comme le font les responsables dans un bel ensemble. N’importe quel ménage ou entreprise sait que lorsque les recettes ne sont pas au rendez-vous on ajuste les dépenses.

    D’ailleurs le gouvernement doit bien se rendre compte de son impéritie puisqu’il s’est empressé d’annoncer une première tranche d’économie de 10 Mds d’euros pour 2024 et de 20 Mds pour 2025 afin d’essayer d’atteindre l’objectif d’un déficit ramené sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2027.

    Le problème est maintenant de répartir la misère et chaque corporation pousse des cris d’orfraie afin d’échapper au train d’économies annoncées. Comme d’habitude, toute les monde est d’accord pour faire des économies, mais en commençant par… les autres. La variable d’ajustement étant l’augmentation de la dette publique, le paiement des intérêts aux prêteurs (50 Mds d’euros en 2023) va devenir rapidement le premier poste de dépenses publiques.

    Après la gabegie en cours des jeux olympiques organisés à Paris cet été on a appris que la région Auvergne-Rhône-Alpes s’était déjà portée candidate pour l’organisation de jeux olympiques d’hiver en 2023… On n’a pas l’impression que la France ait bien compris le message de la nécessité de reprendre le contrôle de ses dépenses publiques à la dérive. Le rappel à la réalité risque d’être tonitruant !

  • Il y a 70 ans la défaite militaire française de Diên Biên Phu marquait le début du démantèlement de l’empire colonial

    Il y a 70 ans la défaite militaire française de Diên Biên Phu marquait le début du démantèlement de l’empire colonial

    Il y a 70 ans, le 7 mai 1954, le camp français retranché de Diên Biên Phu tombait devant les assauts des troupes communistes du Viêt Minh menées par le Général Giap. On parle de 8 000 morts côté vietnamien et 2 500 du côté français. A l’issue de la furieuse bataille qui dura près de deux mois, les vainqueurs vietnamiens emmenèrent plus de 10 000 prisonniers originaires de l’empire français dans une marche harassante de 700 km jusqu’à leurs lieux d’internement. Seuls 2 à 3 000 furent finalement libérés une fois la paix signée via les accords de Genève signé en juillet 1954, aboutissant notamment à l’évacuation du Vietnam du nord par la France.

    Les troupes françaises étaient composées, outre de soldats métropolitains d’active, de toute une série de recrues venant d’Indochine et d’Afrique mais aussi de la Légion étrangère qui avait recyclé nombre de soldats allemands après la défaite de 1945. Il se disait que l’on parlait plus le français du côté des troupes de Giap qui avait suivi l’enseignement colonial, que dans le camp français où la langue allemande était très présente…

    Cette défaite militaire fut d’abord le résultat de l’inconséquence des stratèges militaires français qui, en s’installant au nord de la colonie voulait couper les routes d’approvisionnement de la rébellion au Sud par les rebelles communistes du Nord. Le problème est qu’ils installèrent la corp expéditionnaire dans une cuvette d’environ 17 km sur 6, cernée par une ceinture de collines que les galonnés coloniaux pensaient inatteignable par le Viêt Minh. Mais contre toutes attentes, et hors de la vue des observateurs français, les Vietnamiens du nord ont transporté nombre de pièces d’artillerie, et leurs munitions, en pièces détachées, transportées à dos d’homme ou à bicyclette jusqu’à ces collines « inatteignables ». Une fois remontées et mise en batterie, elles ont taillé en pièces le camp français qui ne put plus être ravitaillé par air du fait de la destruction de la piste d’aviation. La fin de Diên Biên Phu n’était plus qu’une question de patience et de tonnes d’obus déversés sur la cuvette.

    Après la IIe guerre mondiale et la défaite japonaise dont les troupes occupaient les colonies asiatiques de la France et du Royaume-Uni, ces deux puissances sévèrement affaiblies pensèrent reprendre leurs activités coloniales « comme avant ». Il n’en fut rien et les mouvements d’émancipation des peuples de ces territoire exigèrent leurs indépendances parfois conquises par la force des armes. Mais les deux empires connurent le même sort, qui était écrit : la fin de la colonisation.

    Le problème spécifiquement français est que Paris ne comprit pas immédiatement le message de Diên Biên Phu et envoya immédiatement son corps expéditionnaire indochinois en Algérie où avait débuté, la même année 1954, une rébellion armée de lutte pour l’indépendance de ce qui était encore à l’époque un département français. On connait la suite : l’indépendance de l’Algérie en 1962 après une guerre qui ne disait pas son nom, des dizaines de milliers de morts et blessés des deux côtés, un déchaînement de barbarie largement partagé entre les parties. Contrairement à l’Indochine, les troupes militaires françaises étaient surtout composées d’appelés dont toute une génération (en train de s’éteindre) garda un traumatisme profond.

    La décolonisation du reste des territoires coloniaux français s’est heureusement déroulée plus pacifiquement dans le reste de l’Afrique, bien que la Françafrique substitua des relations postcoloniales perverses à une relation de domination obsolète. Depuis le XXIe siècle et l’apparition d’une philosophie de la « déconstruction » poussant dans certains cas à la victimisation, la responsabilité des ex-puissances coloniales est régulièrement mise en cause pour expliquer le sous-développement et les difficultés politiques actuels des anciens pays colonisés, d’où leur volonté de rompre définitivement avec les anciens colons comme au Mali, au Burkina-Faso ou au Niger. Le fait colonial français a été et il aurait mieux valu qu’il ne fut pas. Idem pour l’esclavage. On ne peut pas revenir en arrière, on doit par contre lancer, ou accélérer, le processus de décolonisation des confettis de l’Empire que sont les territoires dits « ultramarins » : Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, les iles caraïbes, la Guyane et la Réunion. Et s’il faut payer des indemnités comme solde de tous comptes, il ne faut pas s’interdire de l’envisager.

  • Dépenses et irresponsabilité

    Dépenses et irresponsabilité

    Le déficit budgétaire de l’Etat pour 2023 s’est finalement établi, selon l’INSEE, à 5,5% du produit intérieur brut (PIB) soit 154 milliards d’euros. Il représente aussi près de 11% du total des dépenses, Etat et prestations sociales. C’est à dire que pour 100 EUR dépensés la France en a emprunté 11 sur les marchés financiers et prélevé la différence de 89 sur les contribuables. C’est un mauvais résultat au regard de l’objectif plus ou moins agréé pour les pays membres de la zone euro de ne pas dépasser un déficit de 3% du PIB. Mais c’est surtout un mauvais résultat en soi qui ne va pas dans le sens de la « trajectoire budgétaire » d’une réduction du déficit.

    Tout le monde est à peu près capable de comprendre que dépenser plus d’argent qu’on en gagne ce n’est pas bien, dans un ménage comme pour un Etat. La France est en déficit budgétaire depuis 1974. Cela fait presque deux générations que les citoyens français naissent dans un Etat qui n’a plus vraiment le contrôle sur ses dépenses et ils considèrent maintenant cette situation comme la norme. A chaque montée de tension financière les querelles et polémiques de bas étage sont à peu près les mêmes avec la gauche qui veut augmenter les impôts, la droite qui veut baisser les dépenses et Mme Michu au Café du commerce qui est d’accord pour faire des efforts mais à la condition que l’on commence par les autres. Généralement une solution provisoire est trouvée en piochant un peu dans les deux directions sans toutefois jamais arriver à équilibrer dépenses et recettes puisque nous sommes en déficit depuis… 1974.

    Lire aussi : Mauvaise foi et lange de bois : des finances publiques à la dérive

    Nous en sommes à peu près là aujourd’hui et les mêmes débats reprennent alors que le niveau de la dette nationale a dépassé les 3 000 milliards d’euros soit plus de 110% du sacrosaint PIB et que le poids des intérêts à payer sur ces dettes devient mécaniquement de plus en plus visible d’autant plus que les taux d’intérêt augmentent. Heureusement les guerres au Proche-Orient et en Ukraine permettent de passer allègrement ce sujet sous le tapis des politicailleries nationales. La France est, comme souvent sur ce sujet, l’un des pires élèves de l’Union européenne et cela se paiera un jour. La permanence de cette mauvaise gestion financière est un élément de plus de la décadence nationale.

  • Des nouvelles des confettis de l’Empire

    Des nouvelles des confettis de l’Empire

    La Corse et la Nouvelle Calédonie organisent leur éloignement de la République, dans la douleur.

    L’assemblée de Corse s’est mise d’accord sur un texte issu de négociations avec le gouvernement qui prévoit une nouvelle modification de la Constitution pour renforcer le statut spécifique dont dispose déjà cette ile au regard du droit français.

    Le premier alinéa stipule que :

    La Corse est dotée d’un statut d’autonomie au sein de la République, qui tient compte de ses intérêts propres, liés à son insularité méditerranéenne et à sa communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre.

    Très bien, très bien. Le reste est à l’avenant et on envisage de donner à ce territoire un pouvoir « d’adaptations justifiées » des lois et règlements à la collectivité de Corse, ainsi qu’au gouvernement « d’adapter » les dispositions législatives « aux spécificités de la collectivité ». Qu’en termes élégants ces choses sont dites puisqu’il s’agit donc d’accroître encore les différences de statut entre les citoyens corses et leurs homologues français du continent. Cette possibilité, si elle était constitutionalisée, ne manquerait d’être utilisée et de donner lieu à de sévères bagarres juridiques que pimenteront quelques « nuits bleues » au gré de l’inspiration des vrais indépendantistes.

    Dans un avis adopté par 25 voix pour, 8 contre, 1 abstention et 25 absents l’Assemblea di a Giuventù di a Corsica :

    SOUTIENT la volonté exprimée par les élus, dans le respect du fait majoritaire, que la Corse acquiert une autonomie comprenant un pouvoir législatif et qu’ainsi la Collectivité de Corse puisse générer des normes dans les domaines de compétences qui lui seront dédiés.

    CONSENT à une progressivité dans l’attribution des nouvelles compétences propres à la future Collectivité de Corse.

    SE SATISFAIT que la proposition de modification constitutionnelle ouvre la voie à une future loi organique dont les dispositions devraient permettre d’atteindre les objectifs fixés par la délibération de l’Assemblée de Corse du 5 juillet 2023.

    On ne peut pas dire que ce soit un oui franc et massif d’autant plus que cet avis est assorti de toute une série de considérations commençant par « REGRETTE », « S’INQUIETE », « ALERTE », « DEMANDE », « RAPPELLE »… Bref, la méfiance est de mise. Avant d’arriver à intégrer une modification du statut de la Corse dans la Constitution il faut maintenant que le parlement le vote à une majorité des trois cinquièmes, ou qu’un référendum l’approuve. Ce ne serait d’ailleurs pas intéressant de demander l’avis des citoyens français. Dans un cas comme dans l’autre ce n’est pas gagné et l’indépendance, souhaitable, ne sera pas immédiate. En revanche toute étape vers le détachement de la Corse de la République sera bénéfique. Dans ce but il reste à espérer que la Constitution puisse être modifiée tel que prévu.

    En Nouvelle-Calédonie la décolonisation de l’archipel se passe dans la douleur, rendue encore plus aigüe par la crise économique générée par la non-compétitivité de la filière locale du nickel. Après le rejet de l’indépendance à l’occasion de trois référendums organisés ces dernières années il s’agit de mettre sur pieds un nouveau processus pour prendre la suite des accords dits de Nouméa de 1998 qui sont désormais échus. Il semble qu’une réforme constitutionnelle soit également envisagée de ce côté-là. Sur place les indépendantistes (qui gouvernent le territoire) ne parlent plus aux loyalistes depuis longtemps. L’une des questions majeures concernent la composition du corps électoral qui sera appelé à voter lors des nouveaux référendums sur l’indépendance qui seront immanquablement organisés dans le futur. Selon les options prises, les indépendantistes seront majoritaires ou, au contraire, dilués si l’on admet dans le corps électoral les résidents non canaques présents sur le territoire depuis une durée à déterminer. Selon où sera placé le curseur le corps électoral, qui est gelé depuis l’accord de Nouméa, pourra pencher d’un côté ou de l’autre. C’est donc un point fondamental.

    Bien entendu, devant ces évolutions qui s’annoncent pour la Corse comme pour la Nouvelle-Calédonie, d’autres régions françaises signalent qu’elles souhaitent également renégocier leurs statuts au sein de la République, y compris à l’intérieur de l’hexagone. Nous sommes peut-être à la veille d’une évolution sensible de l’organisation de la République vers un système plus fédéral et moins centralisé provoquée par la volonté d’indépendance d’anciennes colonies que les hasards de l’Histoire ont laissé rattachées à la France. Tout cela va prendre du temps et de l’énergie, mais si l’objectif d’indépendance des territoires « ultramarins » doit entraîner une véritable décentralisation de la République, il faut sans doute en passer par là.

  • L’islamisme continue de fasciner une partie de la jeunesse

    L’islamisme continue de fasciner une partie de la jeunesse

    Les espaces numériques de travail sont définis sur le site web de de l’éducation nationale :

    Un espace numérique de travail (ENT) désigne un ensemble intégré de services numériques choisis et mis à disposition de tous les acteurs de la communauté éducative d’une ou plusieurs écoles ou d’un ou plusieurs établissements scolaires dans un cadre de confiance défini par un schéma directeur des ENT et par ses annexes.

    Il constitue un point d’entrée unifié permettant à l’utilisateur d’accéder, selon son profil et son niveau d’habilitation, à ses services et contenus numériques. Il offre un lieu d’échange et de collaboration entre ses usagers, et avec d’autres communautés en relation avec l’école ou l’établissement.

    https://eduscol.education.fr/1050/espaces-numeriques-de-travail

    Les ENT offrent, notamment, un service de courriel ouvert à tous les utilisateurs, y compris les élèves. C’est par le biais de ces boîtes email que des établissements ont fait l’objet de cyberattaques ces derniers jours. Des élèves ont reçu des courriels contenant des menaces de faire exploser leurs établissements, certains messages étant accompagnés de vidéos de décapitation. Jusqu’ici il s’est agi de « canulards ». Charmant !

    Différentes personnes ont été arrêtées et soupçonnées d’être à l’origine de certains de ces « canulards », dont un adolescent de 17 ans déjà mis en examen et placé en détention provisoire. La presse précise que ce garçon est français mais n’indique pas sa religion. Il aurait reconnu une partie des faits. On se demande ce qui peut bien passer par la tête d’un adolescent pour diffuser des vidéos de décapitation à ses camarades et rêver de mettre des bombes dans leurs salles de classes ? C’est probablement un drame de la bêtise de la part de gamins abrutis par la publicité envahissant tous les médias, les matchs de fouteballe et les émissions de Cyrille Hanouna. Cela relèverait dans ce cas du chahut lycéen avec fort peu de subtilité mais reste néanmoins pénalement puni par la loi, comme vont le constater les mis en examen si la justice confirme leur culpabilité.

    Mais pour d’autres il s’agit d’actes véritablement dirigés par leur embrigadement religieux même si les auteurs de ces menaces récentes ne semblent pas être en mesure de les mettre en œuvre, pour cette fois-ci. Le danger est le risque de passage à l’acte. Le récent assassinat du professeur de français Dominique Bernard à Arras en octobre 2023 est là pour montrer ce que cette idéologie islamiste peut déclencher dans l’esprit perturbé d’un apprenti terroriste.

    Nous en sommes là, une partie de la jeunesse française, ou étrangère mais vivant en France, adhère à l’islamisme et à ses théories violentes, et est prête à les mettre en œuvre. Encore plus pernicieux, bien que moins dangereux, des potaches s’emparent des messages religieux pour « s’amuser » à faire peur. Face à cette situation inextricable et dangereuse, la classe médiatique et politique s’égosille en réclamant des « mesures fortes » et un « changement de logiciel » mais sans proposer le moindre début d’idées réalisables. La loi a été considérablement renforcée pour lutter contre ce phénomène mortifère, qu’il s’agisse d’actes ou de menaces, tangentant les limites de l’Etat de droit démocratique. Mais nécessité fait loi et elle est appliquée. Au-delà de la répression, la question à laquelle personne ne sait répondre est comment extirper du cerveau de ces personnes leur certitude religieuses et leur volonté farouche de vouloir nuire à leur pays et ses citoyens en détruisant et en tuant ? Comment les persuader qu’il y a mieux à faire dans un cadre laïque et démocratique ? C’est l’un des défis de notre temps.

  • Querelle de mots dans un monde idéologique

    Querelle de mots dans un monde idéologique

    Le milieu politico-médiatique français se complaît dans une guérilla sémantique alors que la guerre fait rage au Proche-Orient. Le sujet du débat est de savoir comment qualifier les actions du mouvement palestinien Hamas et la campagne militaire en réaction d’Israël. Les propalestiniens parlent « d’acte de résistance » du Hamas et de « génocide » d’Israël. Les pro-Israël qualifient de « terrorisme » l’action du premier et de « droit de se défendre » pour le second. Et cela fait 70 ans que ça dure…

    Cette appréciation différenciée se constate en France entre l’extrême gauche et les partis de gouvernement, mais aussi à l’étranger. Aux Etats-Unis notamment, des intellectuels comme Judith Butler réassaisonne à la sauce « woke » ce conflit qui dure depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948.Les plateaux télévisés franchouillards adorent ce type de querelles de mots qui évitent de devoir réfléchir sur le fond.

    Vouloir convaincre un propalestinien que le Hamas est un groupe terroriste ou un pro-israélien que Tsahal commet des crimes de guerre, c’est comme de vouloir convaincre un trotskiste que Staline était un travailleur humanitaire. C’est inutile et, surtout, c’est peine perdue. Alors à quoi sert de vouloir forcer son adversaire politique à prononcer des qualificatifs qu’il réprouve ? A rien, sinon à animer des polémiques de plateaux télévisés. Il s’agit d’idéologies, les critères d’appréciation des uns sont différents de ceux des autres et les idéologues n’en changent pas. Les citoyens sont assez grands pour se faire leur opinion sans avoir besoin de guides spirituels. Les positions sont sur la table de façon assez claire, les électeurs en jugeront au moment de mettre un bulletin dans l’urne.

    Lire aussi : L’extrême gauche française est extrême

  • Mauvaise foi et langue de bois : des finances publiques à la dérive

    Mauvaise foi et langue de bois : des finances publiques à la dérive

    Avec une mauvaise foi impressionnante et une langue de bois en chêne massif, le monde polico-médiatique semble découvrir avec stupéfaction que la République Française dépense beaucoup plus de sous qu’elle n’en gagne et a dû accroître sa dette pour financer les déficits. Il semble que le déficit du budget de l’Etat en 2023 sera largement supérieur à la prévision qui était déjà pourtant de 4,9% du produit intérieur brut. Le chiffre officiel sera connu la semaine prochaine.

    Ces derniers mois on a vu le gouvernement éteindre les crises successives en déversant des tombereaux d’argent sur les incendies pour les circonscrire : la « ruralité », l’armée, l’enseignement, les policiers, les transports publics, les retraités, les entreprises en difficulté…, sans parler de la gabegie des jeux olympiques organisés à Paris à l’été 2024 qui succèdent à la coupe du monde de rugby en France de 2023. Mais où croit-on que se trouve l’argent ?

    En réalité il est prélevé dans la poche des contribuables, qui n’y suffit pas, et emprunté sur les marchés financiers pour le complément. C’est ainsi que la République française a vu son endettement dépasser le plafond symbolique des 3 milliards d’euros. A chaque déplacement d’un ministre, celui-ci n’existe qu’en annonçant une nouvelle enveloppe de dépenses en faveur de la corporation qu’il visite. Jamais il n’est annoncé en même temps quelle autre dépense sera réduite pour compenser. Non, on dépense, c’est plus simple. On ne sait même plus ce que signifient ces enveloppes supplémentaires qui s’accumulent : seront-elles bien délivrées et dans quelles conditions ? A peine sont-elles annoncées que les bénéficiaires les empochent tout en se plaignant immédiatement qu’elles sont notoirement insuffisantes pour résoudre leurs difficultés. Les journalistes, souvent très limités dans leur capacité d’analyse économique, sont également prompts à critiquer l’Etat au sujet de ses dépenses, oubliant qu’ils bénéficient d’une niche fiscale spécifique à leur profession leur permettant de déduire des charges, avantage non offert aux autres citoyens, participant également aux déficits publics.

    La hausse des taux d’intérêt depuis deux ans a déjà considérablement alourdi les charges financières payées par les contribuables aux prêteurs. C’est maintenant le niveau de la dette qui pose un problème. Et on semble le découvrir… Les décideurs devraient lire plus régulièrement nos chroniques économiques.

    Il est à craindre qu’il ne faille réduire les dépenses publiques, et de façon assez considérable !

  • M. Hanouna sur C8 : une bêtise affligeante doublée d’une insolence vulgaire

    M. Hanouna sur C8 : une bêtise affligeante doublée d’une insolence vulgaire

    Le Parlement français reçoit en ce moment à la queue-leu-leu les dirigeants de chaînes télévisées bénéficiaires d’une attribution gratuite de fréquence de la Télévision numérique terrestre (TNT) par l’Etat pour mesurer leur respect des engagements pris lors de l’attribution des fréquences et, donc, de l’opportunité de les renouveler à l’échéance. Les chaînes du groupe Bolloré (CNEWS et C8) sont bien entendu placées en tête de gondole compte tenu de leur niveau particulièrement affligeant, tant au niveau de l’information que de celui du divertissement. C8 et son animateur vedette ont d’ailleurs été condamnés à payer nombre d’amendes infligées par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour leurs dérives.

    Les patrons et propriétaires de chaînes ont défilé la main sur le cœur pour jurer leurs grands dieux que jamais ils n’intervenaient sur la « ligne éditoriale » de leurs médias. Les membres de la commission parlementaire ont dû avoir du mal à retenir leur hilarité. Dont acte.

    Vincent Bolloré, qui n’est plus que « conseiller » de son fiston à la présidence de Vivendi qui détient ces chaînes TNT ainsi que, notamment, CANAL+, est passé à la moulinette parlementaire le 13 mars. Elégant, costume gris foncé avec gilet déboutonné, boutons de manchette, cravate gris clair à pois, calme et posé, il commence par rappeler le passé de sa famille « riche, célèbre, bretonne et catholique », célèbre car deux de ses parents qui faisaient partie des troupes françaises qui ont participé au débarquement de juin 1944. Il retrace aussi son parcours plutôt brillant dans les affaires qui sont dirigées désormais par ses enfants, sans oublier les fondations qu’il a mises en place pour aider les autres.

    Le garçon est brillant et malin. Il domine son monde et le sujet haut la main avec son air patelin et faussement modeste. Il répond sagement aux questions posées par les membres de la commission dont certains sont issus de La France insoumise (à gauche de la gauche), pas vraiment la tasse de thé de la famille Bolloré… Il ne parle jamais de « ses » décisions mais de celles des équipes dirigeantes, met en avant son « devoir fiduciaire », son dévouement pour mener à bien la nécessaire restructuration de CANAL+, sa non-intervention dans les programmes audiovisuels, etc.

    Voir aussi : Interview Vincent Bolloré à l’assemblée nationale

    Ce qu’il ne dit pas, car personne n’ose le lui demander, c’est comment un homme de sa trempe et avec ses convictions, supporte la bêtise affligeante des programmes de divertissement de ses chaînes et l’absence crasse de réflexion journalistique de ses chaînes d’information ? Sans doute car le marché de l’abrutissement des masses est plus rentable que celui de l’intelligence mais la question reste ouverte. Vincent Bolloré, une sacrée pointure face à de jeunes parlementaires un peu idéologisés pour certains, le combat était inégal !

    Aujourd’hui c’est l’animateur de C8 Cyril Hanouna qui est passé au tableau noir et on est descendu de plusieurs marches. Habillé d’un costume noir et chemise de même couleur largement ouverte sur son torse tatoué, lunettes Ray-Ban noires, barbe de même couleur, allure gérnérale de capo mafieux en pleine réussite. Affichant son habituelle vulgarité il fait filmer son arrivée triomphale à l’entrée de l’assemblée nationale, partageant hugs et selfies avec les passants énamourés, comme à sa sortie d’ailleurs.

    Il passe la séance d’interview parlementaire à rouler des mécaniques en provoquant les députés qui l’interrogent, sur un mode ironique de café du commerce, ceux-ci semblant médusés et pétrifiés par le culot et la mauvaise éducation de l’animateur, sans songer une seconde à le remettre à sa place. Le soir même, ledit Hanouna consacre son émission « Touche pas à mon poste » (TPMP), qu’il anime avec un gang de commentateurs à sa botte se complaisant dans le racolage et la vulgarité, en diffusant des extraits de ses interventions abondement commentés par cette équipe de bras cassés se roulant dans la fange et la provocation.

    En réalité, ce qui est déplorable avec ces chaînes Bolloré est l’abrutissement des masses auquel elles participent grandement. Les députés se battent sur le terrain du « pluralisme » alors qu’elles sont bien plus nuisibles sur le plan de la bêtise qu’elle diffuse dans les fondements de la société française, mais il n’est pas facile d’aller sur ce terrain sans être immédiatement accusé d’élitisme ou de « germanopratisme ». Alors il est aisé pour ces chaînes de prouver qu’elles respectent la lettre du pluralisme en mesurant les temps de parole des invités, qu’elles rencontrent un franc succès d’audience, quand elles en violent manifestement l’esprit.

    La salubrité publique voudrait que la chaîne C8 ne se voit pas renouveler son autorisation d’émettre sur la TNT, surtout après la prestation d’Hanouna. Il est peu probable qu’une telle décision soit prise car l’intelligence et le brio de Vincent Bolloré emporte tout, y compris l’imbécilité des animateurs des chaînes qu’il contrôle sans vouloir le dire. C’est ainsi qu’il a réussi l’un des plus beaux parcours de capitaine d’industrie français, et avec son propre argent !

    Lire aussi : Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

  • Le bal des pleureuses

    Le bal des pleureuses

    L’Etat vient d’annoncer la nécessité d’économiser 10 milliards EUR sur les dépenses votées par le parlement fin 2023. Aussitôt les pleureuses touchées par cette mesure ont sorti leurs mouchoirs pour expliquer que ces économies sont intolérables et que, si elles s’appliquaient effectivement, elles allaient mourir. On est bien sûr d’accord pour faire des économies, mais chez les voisins pas sur notre propre budget. Le problème est qu’il faut bien affecter ces économies quelque part !

    De quoi parle-t-on ? Les dépenses du budget général 2024 ont été votées à hauteur de 453 milliards. 10 milliards d’économies représentent donc 2,2% de ce total. Quel est le ménage ou l’entreprise qui n’a pas eu un jour à réduire ses dépenses de 2,2% ? On y arrive.

    Rappelons aussi que ce budget 2024 a été voté avec un fort déficit de 141 milliards. L’économie de 10 milliards ne fera bien entendu pas disparaître ce déficit mais le réduire à la marge que de 7%.

    https://www.budget.gouv.fr/reperes/loi_de_finances/articles/loi-du-29-decembre-2023-de-finances-pour-2024-maitriser-la-depense

    On voit sur ce tableau du ministère des finances que pour payer 453 milliards de dépenses l’Etat ne dispose que de 312 milliards de recettes. Et encore ne sont pas intégrés dans ces chiffres les déficits générés par les « comptes spéciaux » et autres « budget annexes », sans parler bien entendu de ceux la sécurité sociale (assurances retraite, maladie, chômage, notamment, qui font partie d’un budget à part, encore plus élevé que le budget général, et en déficit également, voté par ailleurs). Le dernier budget général en équilibre de la République date de 1974. C’était sous la présidence de Giscard d’Estaing. Tous ces déficits sont financés par des emprunts dont les remboursements porteront sur les générations futures. Aujourd’hui, pour dépenser 100 EUR, l’Etat collecte 70 EUR et en emprunte 30. On préfère généralement ramener le déficit au produit intérieur brut (PIB) car il devient tout de suite moins effrayant mais la réalité financière est bien celle-ci : 30% des dépenses sont financées par emprunt. Pour le moment la République trouve encore des prêteurs pour financer sa gabegie sur les marchés internationaux.

    En réalité si l’on voulait ramener le déficit français à 3% des recettes ce ne sont pas 10 milliards qu’il faudrait économiser mais 130 ! On est loin du compte. Les pleureuses de sortie devraient aussi jeter un coup d’œil sur ces chiffres. Là encore, l’intérêt général se heurte aux intérêts particuliers et l’Etat faible ne sait guère trancher, ni encore moins se réformer pour réduire ces déficits endémiques, préférant financer des jeux olympiques plutôt que de rationaliser sa gestion.

    Lire aussi : La France médaille d’or de la dépense publique – Total Blam Blam (rehve.fr)
    Lire aussi