La banque Dexia, en principe dédiée au financement des
collectivités locales françaises et belges, a fait faillite et est en
liquidation depuis quelques années, aux frais des contribuables qui cette
fois-ci sont sûrs de ne pas récupérer leur mise puisque cette banque va disparaître.
Cette banque en principe créée pour financer la chose publique a voulu jouer
dans la cour des tripatouilleurs de subprimes et autres réhausseurs
de crédit, et donc a fait faillite.
Entre autres joyeusetés, Dexia proposait aux collectivités
locales des prêts hautement spéculatifs dont le taux d’intérêt variable était
indexé sur la variation d’un couple de devises (CHF et USD si ma mémoire est
bonne), d’où leur qualificatif de toxique. Bien entendu, cette variation
a tourné à la Bérézina et les emprunteurs se sont vus imposer des taux
usuraires… mais contractuels. Que des élus locaux aient pu signer de tels
accords de crédit relève tout simplement de l’analphabétisme : il
suffisait de lire ce que l’on signait pour en comprendre le caractère
spéculatif, c’était à la portée d’un gamin en école primaire. Mais les élus n’ont
sans doute pas eu le temps de lire.
Certaines de ces collectivités ont attaqué en justice Dexia
pour leur avoir fourgué des produits incompréhensibles pour les neurones
de leurs dirigeants, limités en nombre et en agilité. Le conseil général de
Seine Saint-Denis vient de gagner une première manche et le tribunal de grande
instance a annulé avec effet rétroactif le taux d’intérêt (spéculatif et
contractuel).
Tout ceci est bel et bien beau, en tout cas moralement
satisfaisant, mais va renchérir le coût de la liquidation financé par… les
contribuables. En résumé, des requins de la finance ont vendu à des élus
incompétents (voire pire) des produits spéculatifs auxquels ils n’ont rien
compris ; les requins ont fait faillite, les élus ont été réélus, ou pas,
et le contribuable paye l’addition.