Catégorie : France

  • Qu’est-ce qui intéresse les citoyens ?

    Les journalistes savants et les analystes mondains glosent sans fin sur les « couacs » de nos gouvernants qui se prennent un peu les pieds dans le tapis de la communication déployé par les plateaux télé. Tout ceci n’a guère d’importance, ce qui compte c’est comment ces braves gens vont récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent à la République en 2013.

    On peut imaginer que le peuple se moque de ces querelles picrocholines qui ne dépassent guère les rédactions de Paris intra-muros. Les sondeurs obsessionnels devraient sonder les citoyens sur leurs centres d’intérêt pour savoir s’ils sont plus intéressés par connaître (i) qui a la plus longue quéquette entre Copé et Fillon ou (ii) quels seront les taux et les assiettes des impôts du budget 2013.

  • Les ambitieux bavards

    Copé et Fillon, les deux ambitieux qui visent le leadership de l’opposition, s’expriment désormais sur tout, n’importe quoi et de façon désordonnée.

  • Des pigeons escrocs

    Dans la série des pleureuses, nous avons eu ces derniers jours le mouvement dit des Pigeons. Il s’agit d’entrepreneurs qui se sont élevés contre la soumission au barème de l’impôt sur le revenu des plus-values de cessions mobilières, bref, leurs bénéfices réalisés lorsqu’ils revendent leurs entreprises. Nous avons eu droit à l’habituelle litanie des cris d’orfraies sur trop d’impôts tue l’impôt, le comportement anti-entrepreneur des socialistes, etc., etc., largement relayés par les aboyeurs de l’opposition.

    Tout ceci est de bonne guerre en ces circonstances et le gouvernement a retiré son projet félon, mais le plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est qu’il a reposé sur une escroquerie intellectuelle menée de main de maître par les Pigeons et finalement fort peu relevée ni par le gouvernement ni par les journalistes mondains. Les volatiles râleurs ont tout simplement oublié de mentionner les abattements importants qui en fonction de la durée ramènent leur imposition à des taux raisonnables en période de faillite budgétaire de leur République. En gros, s’ils revendent leur entreprise au bout d’un an ils auraient dû payer 55% d’impôt sur la plus-value, c’est-à-dire qu’ils encaissaient 45% du bénéfice ; mais s’ils revendaient leurs entreprises au bout de cinq ans le taux retombait dans les 30%, ce qui n’est pas confiscatoire.

    Il s’agissait donc d’aligner la fiscalité des plus-values mobilières sur celle des plus-values immobilières au niveau des principes : si tu vends rapidement après l’achat (ou la création) c’est qu’il y a une idée spéculative donc tu es taxé ; si tu gardes ton bien un certain temps avant de le revendre tu es moins taxé. Madame Michu lorsqu’elle vend son petit appartement respecte exactement ce principe. Les Pigeons n’y seront donc pas soumis.

  • Les ministres et la fumette

    Le ministre de l’éducation Vincent Peillon affirme un truc du genre : « il faut débattre de la dépénalisation du canabis. » Cela provoque immédiatement un hourvari de politicards de toutes couleurs et le gouvernement contredit son ministre.

    Après Cécile Duflot, écolo, qui avait sorti une saillie du même ordre il y a quelques semaines, la droite se régale de la permissivité de la gauche. Bon, que Peillon et Duflot fument des pétards le soir en rentrant chez eux, grand bien leur fasse, mais qu’ils discourent sans relâche sur ce sujet mineur laisse coi.

    Ces ministres de la République devraient consacrer 110% de leur temps à la seule tâche qui vaille : récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent pour respecter les engagements de déficit public en 2013. Et donc, plutôt que de bosser, ils nous font part de leurs avis sur la fumette. On rêve, c’est du temps perdu, volé, ils ne sont pas payés pour ça !

  • Le lapin et le président

    Entendu ce dimanche dans l’Esprit Public sur France-Culture de la part de Jean-Louis Bourlanges : « Hollande est comme un lapin pris dans les phares d’une voiture », porteur d’immenses espoirs qu’il sait irréalisables.

  • Il est temps d’arrêter, M. Devedjian !

    Patrick Devedjian, 68 ans, voit son élection de député invalidée par le conseil constitutionnel pour quelque obscur motif de suppléant qui n’aurait pas démissionné quand il fallait. Le garçon a acquis quelques galons de reconnaissance quand il s’est opposé au népotisme de la famille Sarkozy qui voulait placer le fiston à la tête de l’établissement gérant le site immobilier de la défense. Il reste malgré tout un requin nageant dans les eaux trouble de la politique depuis des décennies. Il a croqué bien des poissons, petits et moyens. A 68 ans il ferait mieux de se retirer et de laisser la place aux jeunes, il a fait son temps.

  • Le défilé des pleureuses

    Les économistes mondains et les journalistes savants continuent à rivaliser en beaufitudes pour émouvoir Madame Michu. En gros nous avons deux clans principaux et quelques sous-courants :

    • Les anti-rigueurs qui brament qu’il faut poursuivre les dépenses publiques et que l’austérité va tuer la croissance
    • Les anti-dépenses publiques qui brayent qu’il faut équilibrer les budgets publiques et que la dette va tuer la croissance

    Au milieu de tout ceci, Madame Michu a du mal à y retrouver ses petits, on la comprend. La vraie vie est bien sûr plus complexe et les dirigeants actuels se la collettent durement. Ils essayent de faire le job c’est-à-dire récupérer les 40 milliards qui manquent pour respecter les engagements pris par la République en matière de déficit publiques.

    Et ils se coltinent en sus l’habituel défilé des pleureuses :

    • Les buralistes qui râlent parce que les taxes sur les cigarettes augmentent,
    • Les brasseurs et vendeurs de bière qui pestent car les taxes sur la mousse augmentent,
    • Les retraités qui vont payer plus de cotisations,
    • Les riches qui vont inclure les œuvres d’art dans l’assiette de l’impôt sur la fortune,
    • Les jeunes créateurs d’entreprises qui voient s’alourdir l’impôt sur les plus-values,
    • Etc. etc.

    Et toutes ces corporations nous expliquent la larme à l’œil que si elles sont touchées par les hausses d’impôt c’est la fin du monde et une catastrophe pour l’emploi, et que par contre il faut augmenter les impôts du voisin qui lui roule sur l’or. Bref, la France dans toute sa splendeur.

    Tout le monde va payer, c’est à peu près la seule chose qui soit sûre puisqu’il semble se confirmer que la France vit au-dessus de ses moyens depuis des décennies et que l’heure de vérité est arrivée !

    On n’aimerait pas être à la place des gouvernants, ni d’ailleurs les économistes mondains et les journalistes savants (qui bénéficient eux même d’une niche fiscale que personne n’a réussi à abattre jusqu’ici).

  • Un premier ministre attaqué de toutes parts

    Les mondains des plateaux de télévision et les sondeurs obsessionnels ressassent sans arrêt la soi-disant baisse de popularité d’Ayrault. Ils nous développent leurs édifiantes analyses de Café du Commerce sur le thème : « faut-il remplacer le premier ministre ? »

    De quoi se mêlent-ils ces bouffeurs de courbes ? Ayrault est tristoune, ben oui et alors ? Ayrault passe plus de temps à bosser qu’à défiler devant les caméras, ben oui et alors ? Est-ce que pour faire le job à Matignon il faut avoir le profil d’un animateur de la Nouvelle Star, ben non, heureusement !

    Il a manifestement échappé aux mondains du microcosme parisien qu’il ne manque que 30 à 40 milliards d’euros pour, non pas équilibrer les finances publiques, mais juste afficher un déficit respectant les engagements pris pour 2013. Ce petit souci prend un peu de temps aux dirigeants pour être réglé, ça laisse donc moins de temps pour les dîners en ville.

    Que les sondeurs sondent leur utilité, cela les changera. 

  • La politique des affaires

    Borloo, ancien avocat de Tapie dans ses affaires houleuses, crée un énième parti politique centriste.

    En parlant d’affaires, aviez-vous remarqué que les deux candidats au poste de chef du parti socialiste (PS) étaient tous deux repris de justice ? C’est finalement Désir qui l’a emporté contre Cambadélis mais tous deux avaient été condamnés par la justice en leurs temps pour des affaires financières. N’aurait-il pas été possible de choisir des candidats avec un casier judiciaire vierge ? Ces deux garçons sont sympathiques, l’un un peu moins trotskiste que l’autre, mais il suffit de shooter sur un des lampadaires de la rue de Solferino et il vous tombe au moins cinquante candidats au poste de chefaillon du PS, tous aussi sympathiques, qui n’ont pas eu maille à partir avec la justice et qui présentent des compétences comparables à celles de Désir pour faire le job. C’aurait été plus propre, mais cela n’a pas été.

  • Des pratiques d’un autre âge

    Charlie-Hebdo / Charb

    Charlie Hebdo publie cette semaine ses habituelles caricatures des religions avec quelques dessins consacré à Mahomet. Toute la beaufitude de circonstance s’exprime bien entendu sur le sujet : les religieux de tous ordres ont leur avis, les libertaires craignent la censure, les politiques, mi-chèvre mi-choux, cherchent le sens du vent. Tout ceci devrait être traité par l’indifférence, mais ne l’est pas, hélas !

    Du coup est passé plus inaperçu l’éditorial de Charb sur la corrida qui mérite bien plus l’attention que cette agitation politico-religieuse => CH_20120919_Tauromachie.pdf.

    Il s’agit d’ailleurs de sujets comparables, où comment des minorités agissantes arrivent à imposer des pratiques d’un autre âge à la République.

  • Sémantique budgétaire

    La dérive sémantique budgétaire actuelle est étonnante. La plupart des journalistes et des économistes mondains accusent le dernier Traité budgétaire européen de pousser à l’austérité et à la rigueur alors qu’il ne s’agit que d’équilibrer progressivement les finances publiques c’est-à-dire dépenser moins que ce que l’on gagne (comme à la maison) et encore pas avant 5 ans et de plus avec le droit de revenir au déséquilibre en cas de récession. Sans doute un moyen d’aider les gens à mieux comprendre les phénomènes économiques serait d’employer des mots justes ?

  • Nationalité fiscale

    Riss – Charlie Hebdo 12/09/2012

    La presse satyrique du mercredi fait son beurre sur la demande de nationalité belge présentée par Bernard Arnault. Il faut dire que l’impétrant a vraiment tendu la corde pour se faire battre. Le sujet est devenu national, la droite y voit les conséquences de la politique de gauche, la gauche y dénonce l’immoralité des capitalistes et Arnault s’en fout, publiant tout de même des communiqués embarrassés pour expliquer qu’il est et restera contribuable français.

  • L’équilibre impossible

    Hollande présente son programme pour récupérer 30 milliards d’euros en 2013 par rapport à la tendance actuelle des finances publiques. Il va augmenter les impôts de 10 milliards sur les entreprises, 10 milliards sur les particuliers et ajouter 10 milliards d’économie sur les dépenses. Si l’on considère que la baisse des dépenses touchera à parts égales les entreprises et les particuliers, cela fait donc 15 milliards pour chaque catégorie.

    Il n’est donc pas nécessaire de pousser des cris d’orfraie, c’est du classique. Les 15 milliards des électeurs seront sans doute générés par une hausse de la CSG quand la droite aurait augmenté la TVA, mais cela ne change pas fondamentalement les choses, il faut rééquilibrer dépenses et recettes, ou en tout cas ramener le déséquilibre à 3% du PIB en 2013.

  • Les journalistes savants

    Mais comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Il suffisait de nommer au gouvernement un collectif des rédactions parisiennes pour résoudre les problèmes de la France. Tous ces beaux esprits pourraient enfin faire profiter leurs concitoyens de leur immense savoir et, non seulement délivrer leurs conseils, mais surtout les confronter à la vraie vie pour voir s’ils passent la rampe de la réalité au-delà des conciliabules de rédactions et des unes agressives et racoleuses !

    On pourrait d’ailleurs commencer par supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes pour assurer leur « indépendance » ?

  • La France survivra à Bernard Arnault

    Bernard Arnault, milliardaire français, qui a démarré son parcours gagnant avec le rachat du groupe textile Boussac en pleine déconfiture dans les années 80 et l’encaissement de subventions publiques pour le maintien de l’emploi, qui par ailleurs a immigré quelques années aux Etats-Unis en 1981 après l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, Arnault donc, aurait demandé sa naturalisation à l’Etat belge. Ce n’est pas grave, surtout ne vous inquiétez pas, s’il décidait de s’installer en Belgique la France arriverait à se passer de lui.

  • La presse se noie dans le caniveau

    Une tuerie en Savoie fait la une des journaux : 4 morts, 1 gamine gravement blessée et une autre (4 ans) retrouvée au bout de 8 heures cachée sous les corps de ses parents. Les mots manquent pour qualifier telle sauvagerie.

    La presse zappe allègrement du Hollande bashing à cette affaire morbide ; et d’inviter sur ses plateaux des pédopsychiatres médiatiques pour leur poser une des questions favorites du journaliste racoleur : « que ressent aujourd’hui cette petite fille ? »

    On imagine aisément le traumatisme durable subi par la gamine sans avoir besoin d’épiloguer devant Madame Michu avec des psychiatres de comptoirs. 

  • La presse racoleuse

    Les journalistes mondains confortablement installés dans leurs rédactions parisiennes (et leur niche fiscale) tancent le pouvoir avec des titres racoleurs pour les hebdomadaires de la semaine :

    • Le Point « On se réveille ? »
    • Le Nouvel Observateur « Sont-ils si nuls ? »
    • Marianne « Hollande secoue-toi, il y a le feu ! »
    • L’Express « Et si Sarkozy avait eu raison ? »

    Tous ces beaux esprits ont évidemment des solutions miracles à proposer. Cela tombe bien, il y a juste 35 milliards d’euros de recettes/ baisse des dépenses à trouver pour 2013. Au cas où cela aurait échappé à la presse, la tâche est rude et, incroyable, le programme n’était pas encore tout à fait prêt pour la sortie des hebdomadaires cette semaine. De ce fait les Christophe Barbier et autres Franz-Olivier Giesbert tombent à bras raccourci sur Hollande et philosophent sur la forme du pouvoir et son calendrier, sans même avoir d’idée novatrice sur le fond.

  • Vulgarité française

    Un crétin, ex-ministre de l’éducation, qualifie son successeur de « pétainisme » car celui-ci veut rétablir des cours de morale à l’école. Mon Dieu que ces gens sont vulgaires, déplaisants et inutiles !

  • Diplomatie aérienne

    Fabius, 66 ans, qui est vraiment la (très) mauvaise surprise du gouvernement actuel (âgé, suffisant, donneur de leçons, indiscipliné, grand bourgeois de gauche, on en passe et des meilleures), non content de se promener au Proche-Orient pour asséner des platitudes sur le conflit syrien, vient maintenant expliquer à Air France qu’il n’aurait pas dû poser son avion à Damas pour faire le plein.

    Il est en effet curieux d’apprendre que la compagnie ayant renoncé à poser son avion à Beyrouth, sa destination initiale, ait choisi Damas à la place afin d’y charger du kérosène et pouvoir ainsi rallier Larnaka, ville plus tranquille bien que tout aussi mafieuse. Les syriens ont été plutôt beaux joueurs sur ce coup-là, il faut bien l’avouer.

    Toutes ces villes du Proche-Orient état extrêmement proches, il est encore plus étonnant que l’avion n’ait pas eu assez de carburant pour se détourner directement sur Chypre !

    On peut imaginer que l’avion n’avait pas d’autres solutions techniques pour éviter la panne d’essence, mais on retient en tout cas que Fabius est également compétent en aéronautique. On pourra toujours le recaser au ministère des transports le jour où il agacera trop aux affaires étrangères.