Le Sénat lève partiellement l’immunité parlementaire de Gaston Flosse, parrain de la Polynésie française depuis des décennies, afin qu’il puisse être interrogé dans une affaire de corruption. Quand on connaît les réflexes corporatistes de cette bonne assemblée du Palais du Luxembourg, on peut mesurer l’ampleur des soupçons qui pèsent sur Flosse pour que même ses collègues lèvent son immunité.
Catégorie : France
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Cachons la misère
Cohn-Bendit envoie paître Ayraut, l’inamovible patron des députés PS à l’Assemblée nationale qui veut une alliance dès le premier tour des régionales, afin de noyer sa misère :
« Qu’ils arrêtent de nous casser les pieds avec cette histoire ! S’il y a un système électoral à deux tours, il est normal qu’une force politique émergente se présente avec son programme, ses personnalités, et puis, le soir du premier tour, on voit le rapport et on fait des alliances, sinon ce n’est pas la peine d’avoir un système électoral à deux tours ».
Le Ayraut ainsi rhabillé pour l’hiver avec ce bon sens écolo en rajoute et fait publier par l’AFP une lettre adressée à Dany le Rouge :
« Cher Dany, rassure-toi, je n’ai pas l’intention de te casser les pieds … 2012 se prépare maintenant. Les régionales peuvent être l’occasion d’une première étape. Ce que je souhaite, c’est un accord stratégique, un contrat de majorité alternative, un accord gagnant-gagnant ».
Du pur discours de communiquant vide de sens, évadé des business plans ou des programmes électoraux.
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Christine Boutin au chômage
D’après Les Echos le gouvernement aurait proposé à Christine Boutin un poste d’ambassadeur au Vatican pour la consoler de son licenciement du ministère du logement. Bon sang mais c’est bien sûr ! Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? C’est tout à fait le poste qu’il lui faut.
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Une indépendance des confettis de l’Empire toujours à l’horizon politique lointain
A l’occasion de la visite du président Sarkozy aux Antilles, la République propose aux élus martiniquais l’organisation d’un référendum sur l’autonomie comme le prévoit la constitution.
En 2003 un référendum pour une évolution du statut de la Guadeloupe et de la Martinique avait posé la question suivante :
« Approuvez-vous le projet de création en Guadeloupe/Martinique d’une collectivité territoriale demeurant régie par l’article 73 de la Constitution, et donc par le principe de l’identité législative avec possibilité d’adaptations, et se substituant au département et à la région dans les conditions prévues par cet article ? »
La réponse avait été « NON » à 73% en Guadeloupe et à 50,48% en Martinique. A Saint-Barthélemy et Saint-Martin le « OUI » l’avait emporté à respectivement 96% et 76%, avec référence à l’article 74 de la Constitution.
Rappelons comment ce document aborde le statut de ces territoires issus de la colonisation :
Art. 73. – Dans les départements et les régions d’outre-mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l’objet d’adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités.
Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s’exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement.
Par dérogation au premier alinéa et pour tenir compte de leurs spécificités, les collectivités régies par le présent article peuvent être habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement à fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement. [Entrée en vigueur dans les conditions fixées par les lois et lois organiques nécessaires à leur application (article 46-I de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008)]Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral. Cette énumération pourra être précisée et complétée par une loi organique.
La disposition prévue aux deux précédents alinéas n’est pas applicable au département et à la région de La Réunion.
Les habilitations prévues aux deuxième et troisième alinéas sont décidées, à la demande de la collectivité concernée, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Elles ne peuvent intervenir lorsque sont en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti.
La création par la loi d’une collectivité se substituant à un département et une région d’outre-mer ou l’institution d’une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités ne peut intervenir sans qu’ait été recueilli, selon les formes prévues au second alinéa de l’article 72-4, le consentement des électeurs inscrits dans le ressort de ces collectivités.Art. 74. – Les collectivités d’outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d’elles au sein de la République.
Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l’assemblée délibérante, qui fixe :
– les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
– les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l’Etat ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l’article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
– les règles d’organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
– les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d’ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l’approbation d’engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence.La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l’autonomie, les conditions dans lesquelles :
– le Conseil d’Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d’actes de l’assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu’elle exerce dans le domaine de la loi ;
– l’assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l’entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
– des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d’accès à l’emploi, de droit d’établissement pour l’exercice d’une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
– la collectivité peut participer, sous le contrôle de l’Etat, à l’exercice des compétences qu’il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l’ensemble du territoire national pour l’exercice des libertés publiques.
Les autres modalités de l’organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante.Art. 74-1. – Dans les collectivités d’outre-mer visées à l’article 74 et en Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement peut, par ordonnances, dans les matières qui demeurent de la compétence de l’État, étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ou adapter les dispositions de nature législative en vigueur à l’organisation particulière de la collectivité concernée, sous réserve que la loi n’ait pas expressément exclu, pour les dispositions en cause, le recours à cette procédure.
Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes intéressées et du Conseil d’Etat. Elles entrent en vigueur dès leur publication. Elles deviennent caduques en l’absence de ratification par le Parlement dans le délai de dix-huit mois suivant cette publication.On peut espérer que cette fois-ci la consultation pour la Martinique aura été mieux préparée, en tous cas les élus locaux semblaient ravis de cette bonne initiative. Un « OUI » semble plus probable et ce serait alors une étape vers plus de responsabilités locales, voire une marche vers une indépendance qui si elle ne peut être que lointaine n’en n’est pas moins souhaitable. Qui sait si une île antillaise ne pourrait pas être indépendante avant la Nouvelle-Calédonie qui à force de repousser l’échéance du plan dit « Rocard » semble hésiter au bord de la falaise avant le grand saut ?
On devrait pouvoir éviter le renouvellement d’accords du type de celui signé en Guadeloupe début 2009 (cf. ci-dessous) dans lequel 165 points représentent un incroyable galimatias d’engagements de l’Etat, des collectivités locales et de différents syndicats et collectifs, souvent imprécises, difficilement mesurables, parfois démagogiques et très certainement chronique de nouvelles contestations annoncées ! On crée des observatoires divers, un bureau d’études ouvrières, on gèle le prix de la baguette de 250 g, on baisse les prix du carburant… et on se donne rendez-vous pour le prochain conflit.
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La réclame sur la télévision de service public supposée sans pub
Ce soir vers 22h, en attendant le début de Mots Croisés sur France 2 avec son plateau-repas le téléspectateur ébahi voit défiler successivement :
- Une pub FR2 pour la série Urgences, sponsorisées par une marque X
- Une pub FR2 pour une émission de théâtre le mercredi, sponsorisée par une marque Y
- Le tirage du loto présenté par un présentateur bêtifiant et pathétique
- Une pub FR2 pour l’émission Envoyé Spécial, non sponsorisée
- Une auto-pub sur les 5 chaînes de France Télévisions
- Une auto-pub pour FR2
Le tout dure environ 15 mn, ce qui pour une chaîne sans pub après 20h est déjà pas mal.
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La France dans l’abime de la dette
Réuni en « séminaire dominical » le gouvernement constate que les ressources manquent pour financer des dépenses supplémentaires d’où l’opportunité de lancer un « grand emprunt national » ! On se demande s’il était bien nécessaire de réunir une palanquée de ministres et sous-ministres en ce dimanche ensoleillé sous les ors de Matignon pour arriver à une si brillante conclusion ? Cela doit faire plus de 30 ans que le budget de l’Etat est déficitaire et que la République dépense plus qu’elle ne gagne. Cela doit donc faire plus de 30 ans que des fonctionnaires du Trésor empruntent tous les matins en arrivant au bureau les sous nécessaires pour combler l’insuffisance des recettes encaissées par rapport aux dépenses décaissées. Donc rien de nouveau sous le soleil et qu’on arrête ce lavage de cerveaux pour arriver à démontrer au contribuable assailli que ce « grand emprunt national » est un concept pour relancer la France alors qu’il n’est qu’un outil parmi d’autres pour combler les trous.
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Pas très gaie la Gay Pride
Je me laisse surprendre ce soir à la Bastille par la fin de la Gay Pride ou plus exactement la Marche des Fiertés LGBT (lesbiennes-gay-bi & trans). Je suis en retard à mon dîner mais, retard pour retard, je reste 10 mn sur la place pour observer. C’est tout de même assez particulier. Je vois le char des Ginettes Armées avec une bande de lesbiennes musclées-tatouées-rasées qui se déhanchent aux rythmes d’une techno inaudible, je vois un gay bedonnant torse nu-poilu en slip paillettes embrasser à pleine bouche son ami, je vois des drag-queens chercher à séduire des CRS, je vois un monde assez incroyable, très saturé de bière, j’entends le maire de Paris et quelques politicards de service à la pêche aux voix et je ne suis pas bien sûr que tout ceci fasse du bien à la cause. Le risque est sans doute que si notre parlement vote une loi antiburqa quelques conservateurs rajoutent subrepticement un article pour interdire à ces zozos de parader ainsi. A 1h du matin, la Bastille est un immense champ de bataille et un cimetière de bouteilles cassées, une très forte et aigre odeur d’urine pèse sur tout le quartier.
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A quoi peut donc bien servir un ministre des Sports ?
A l’occasion de la nomination d’un nouveau gouvernement on se sluvient qu’il existe un ministre des Sports dans notre République. Soit ! Mais à quoi peut servir un ministre des Sports dans une démocratie ? Que fait-il le matin en arrivant à son bureau ? Les enjeux en matière de sport sont-ils si importants qu’ils doivent être réglés à l’échelon politique ministériel ? Est-ce qu’un bon fonctionnaire (voire haut-fonctionnaire) ne serait-il pas capable de gérer correctement le budget affecté aux sportifs ?
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La France dépensière
Sarkozy, le président hyper-agité présente le principe d’un emprunt national comme une grande avancée conceptuelle et le fruit d’une politique subtile. Bon, en fait, c’est juste un moyen de financement qui tombera dans le trou du déficit de la République. Il est étonnant qu’il n’y ait pas un journaliste ou un économiste pour rappeler aux citoyens que la trésorerie de l’Etat est fongible et quelle que soit l’origine de ses ressources : impôts, bons du trésor, emprunts sur les marchés financiers ou chez les particuliers, ces ressources ne sont pas affectées à des dépenses particulières mais financent les besoins de l’Etat.
Il vaudrait donc mieux expliquer les tenants et aboutissants du plan de survie/relance de l’économie française, ainsi que ses coûts, plutôt que de citer les outils techniques mis en œuvre pour payer ces coûts. Ce ne sont que des outils au service d’une politique, sans grand intérêt à détailler.
En réalité se cache derrière cette communication tonitruante une illusion : la volonté de l’Etat de montrer le soutien du peuple qui souscrira à cet emprunt. Pour remporter ce succès, il consentira des conditions attractives pour le particulier et sans doute plus coûteuses que pour une émission de bons du trésor sur les marchés financiers qui sont plutôt gourmands ces derniers temps de la signature française.
Beaucoup plus grave, l’affirmation présidentielle que les impôts n’augmenteront pas. C’est un mensonge lourd de conséquence car il est clair que les montagnes de dettes accumulées ces derniers mois (et le pire reste à venir) vont évidemment générer un accroissement de la pression fiscale. Ce n’est pas le retour d’une molle croissance qui permettra de rembourser les créanciers de la République. Les enfants de nos enfants continueront à payer pour les errements financiers de notre génération. On ne réduit pas un déficit en lançant un emprunt mais en diminuant l’écart entre les dépenses et les recettes. On ne règle pas une crise de l’endettement en empruntant.
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A la soupe
Ça commence : Hortefeux élu député européen semble devoir renoncer à ce poste pour rester ministre. S’il est plus utile à la République qu’à l’Union européenne il eut été plus honnête de ne pas se présenter aux élections pour une place de député européen… Comme l’on parle également de Barnier comme commissaire français, ce qui l’amènerait également à renoncer à son poste tout frais de député européen, il ne faut pas trop s’étonner que l’électeur communautaire pris pour un gogo se désintéresse du sujet !
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Saint Hervé

C’est la Saint Hervé : à part saint Yves de Tréguier, il n’est pas de saint aussi populaire que lui en Bretagne. Il était né dans une famille de bardes. Aveugle depuis son jeune âge, guidé par un loup, selon la légende, il mena une vie de pèlerin. Un jour cependant, il se fixa à Plouvien, puis à Lan-Houarneau (Herwan ou Hervé en breton) où il se consacra à Dieu pour en chanter les louanges dans le monastère qu’il y fonda. Certains avancent qu’il vivait avec ses loups à l’endroit qui s’appelle actuellement l’ermitage Saint-Hervé à Tréouergat. Il s’agit d’un petit bois où on peut encore trouver les traces une ancienne chapelle, d’un abri (sans doute celui de Saint Hervé), ainsi qu’une fontaine qui laisse toujours couler de l’eau.
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Pas de cannabis au parlement européen

Il semble que la liste Cannabis sans frontières n’aura pas de député à Strasbourg pour cette fois-ci.
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Du racolage à tous les étages
Il faut lire les tracts électoraux officiels du scrutin européen de demain dimanche. Rien de bien percutant ; intriguant néanmoins, la liste « antisioniste pour une Europe libérée de la censure du communautarisme des spéculateurs et de l’OTAN » de Dieudonné Mbala Mbala, humoriste amer, qui inclut un coupon réponse proposant trois options : (i) je soutiens la liste antisioniste, (ii) je soutiens financièrement la liste antisioniste et (iii) je suis sioniste et je soutiens Tsahal !
Dieudonné a organisé en direct lors de l’un de ses récents meetings un coup de fil avec Carlos depuis sa prison de la santé qui soutient la liste antisioniste. Comment est-ce possible ? Comment Carlos, terroriste condamné à perpétuité, qui a fait trembler l’Occident pendant des années, peut-il tranquillement téléphoner à Dieudonné du fond de sa prison ? Est-ce que la loi ne peut rien contre une telle situation, ne pourrait-on coincer le Dieudonné pour ce soutien qui devrait au minimum pouvoir être qualifié d’illégal ? La faiblesse des démocraties face à ces alliances nauséabondes est insondable.
Pendant ce temps le pédégé de la branche média du groupe Lagardère (Didier Quillot) fêtait hier soir son anniversaire sur une péniche de bord de Seine. Le collectif Sauvons les Riches a arraisonné la péniche et ses membres déguisés en pirate font une haie d’honneur aux invités où ils ont reconnu toute une palanquée de mondains médiatico-politicards. Les jet-setters surpris par cet accueil réagissent plus ou moins bien. On y trouve entre autres Messier, Xavier Bertrand, Elkabbach et l’ineffable BHL. Tapie n’a pas été signalé, ce sera pour l’an prochain. Rigolo !
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La question de la Tong

C’est le retour des beaux jours et de la Tong en ville. C’est étrange cette capacité des jeunes filles à marcher en tongs sur le béton parisien. D’abord cette savate nécessite des pieds élégants et agiles pour être portée avec nonchalance. Ce n’est malheureusement pas le cas de la majorité des citoyens amateurs de tongs. Ensuite, crapahuter en ville avec de telles sandales entraîne en quelques minutes un noircissement des pieds des impétrants, état de fait difficile à cacher bien entendu. Le recyclage d’une savate de plage en chaussure de ville ne présente a priori que des inconvénients techniques, mais quels avantages acquis n’abandonnerions-nous pas au profit du look ?
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L’extrême gauche toujours vivace
Etonnante interview écrite de Julien Coupat, mis en examen pour terrorisme et soupçonné de sabotage de caténaires de la SNCF. On y découvre un stupéfiant discours extrême. Quelques extraits :
Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de « mouvance anarcho-autonome » et d’ »ultragauche » ?
Laissez-moi reprendre d’un peu haut. Nous vivons actuellement, en France, la fin d’une période de gel historique dont l’acte fondateur fut l’accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d’ »éviter une guerre civile ». Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L’avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d’avoir pris l’initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant « sans complexe » avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l’Occident, l’Afrique, le travail, l’histoire de France, ou l’identité nationale.
Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu’elle n’ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d’entre ses éléments. Quant à l’extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l’état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n’a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.
Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n’a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l’importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c’est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d’entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.
Cette analyse sommaire du théâtre des opérations a dû s’imposer assez tôt puisque les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) les premiers articles dévoilant le terrible péril que feraient peser sur toute vie sociale les « anarcho-autonomes ». On leur prêtait, pour commencer, l’organisation des émeutes spontanées, qui ont, dans tant de villes, salué le « triomphe électoral » du nouveau président.
…
La police vous considère comme le chef d’un groupe sur le point de basculer dans le terrorisme. Qu’en pensez-vous?
Une si pathétique allégation ne peut être le fait que d’un régime sur le point de basculer dans le néant.
Que signifie pour vous le mot terrorisme ?
Rien ne permet d’expliquer que le département du renseignement et de la sécurité algérien suspecté d’avoir orchestré, au su de la DST, la vague d’attentats de 1995 ne soit pas classé parmi les organisations terroristes internationales. Rien ne permet d’expliquer non plus la soudaine transmutation du « terroriste » en héros à la Libération, en partenaire fréquentable pour les accords d’Evian, en policier irakien ou en « taliban modéré » de nos jours, au gré des derniers revirements de la doctrine stratégique américaine.
Rien, sinon la souveraineté. Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste. Qui refuse d’avoir part à cette souveraineté se gardera bien de répondre à votre question. Qui en convoitera quelques miettes s’exécutera avec promptitude. Qui n’étouffe pas de mauvaise foi trouvera un peu instructif le cas de ces deux ex – « terroristes » devenus l’un premier ministre d’Israël, l’autre président de l’Autorité palestinienne, et ayant tous deux reçus, pour comble, le Prix Nobel de la paix.
Le flou qui entoure la qualification de « terrorisme », l’impossibilité manifeste de le définir ne tiennent pas à quelque provisoire lacune de la législation française : ils sont au principe de cette chose que l’on peut, elle, très bien définir : l’antiterrorisme dont ils forment plutôt la condition de fonctionnement. L’antiterrorisme est une technique de gouvernement qui plonge ses racines dans le vieil art de la contre-insurrection, de la guerre dite « psychologique », pour rester poli.
L’antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n’est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c’est la méthode par quoi l’on produit, positivement, l’ennemi politique en tant que terroriste. Il s’agit, par tout un luxe de provocations, d’infiltrations, de surveillance, d’intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l’ »action psychologique », de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d’anéantir la « menace subversive » en associant, au sein de la population, l’ennemi intérieur, l’ennemi politique à l’affect de la terreur.
L’essentiel, dans la guerre moderne, est cette « bataille des cœurs et des esprits » où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l’ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l’exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l’humilier publiquement, inciter les plus vils à l’accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. « La loi doit être utilisée comme simplement une autre arme dans l’arsenal du gouvernement et dans ce cas ne représente rien de plus qu’une couverture de propagande pour se débarrasser de membres indésirables du public. Pour la meilleure efficacité, il conviendra que les activités des services judiciaires soient liées à l’effort de guerre de la façon la plus discrète possible », conseillait déjà, en 1971, le brigadier Frank Kitson [ancien général de l’armée britannique, théoricien de la guerre contre-insurrectionelle], qui en savait quelque chose.
Une fois n’est pas coutume, dans notre cas, l’antiterrorisme a fait un four. On n’est pas prêt, en France, à se laisser terroriser par nous. La prolongation de ma détention pour une durée « raisonnable » est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés, et de la profondeur de l’échec; comme est compréhensible l’acharnement un peu mesquin des « services », depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques, ou à filocher le moindre de nos camarades. Combien cette logique de représailles a d’emprise sur l’institution policière, et sur le petit cœur des juges, voilà ce qu’auront eu le mérite de révéler, ces derniers temps, les arrestations cadencées des « proches de Julien Coupat ».
Il faut dire que certains jouent, dans cette affaire, un pan entier de leur lamentable carrière, comme Alain Bauer [criminologue], d’autres le lancement de leurs nouveaux services, comme le pauvre M. Squarcini [directeur central du renseignement intérieur], d’autres encore la crédibilité qu’ils n’ont jamais eue et qu’ils n’auront jamais, comme Michèle Alliot-Marie.
Vous êtes issu d’un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction…
« Il y a de la plèbe dans toutes les classes » (Hegel).
Vous définissez-vous comme un intellectuel? Un philosophe ?
La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d’Héraclite comme échappée d’un monde révolu. A l’heure de l’intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier « l’intellectuel », sinon l’étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l’aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir?
Comment analysez-vous ce qui vous arrive?
Détrompez-vous : ce qui nous arrive, à mes camarades et à moi, vous arrive aussi bien. C’est d’ailleurs, ici, la première mystification du pouvoir : neuf personnes seraient poursuivies dans le cadre d’une procédure judiciaire « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », et devraient se sentir particulièrement concernées par cette grave accusation. Mais il n’y a pas d’ »affaire de Tarnac » pas plus que d’ »affaire Coupat », ou d’ »affaire Hazan » [éditeur de L’insurrection qui vient]. Ce qu’il y a, c’est une oligarchie vacillante sous tous rapports, et qui devient féroce comme tout pouvoir devient féroce lorsqu’il se sent réellement menacé. Le Prince n’a plus d’autre soutien que la peur qu’il inspire quand sa vue n’excite plus dans le peuple que la haine et le mépris.
Ce qu’il y a, c’est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d’un paradigme de gouvernement à un paradigme de l’habiter au prix d’une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s’instaurer, à l’échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d’une gestion « décomplexée », une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s’est jamais vu qu’une classe dominante se suicide de bon cœur.
La révolte a des conditions, elle n’a pas de cause. Combien faut-il de ministères de l’Identité nationale, de licenciements à la mode Continental, de rafles de sans-papiers ou d’opposants politiques, de gamins bousillés par la police dans les banlieues, ou de ministres menaçant de priver de diplôme ceux qui osent encore occuper leur fac, pour décider qu’un tel régime, même installé par un plébiscite aux apparences démocratiques, n’a aucun titre à exister et mérite seulement d’être mis à bas ? C’est une affaire de sensibilité.
La servitude est l’intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c’est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu’elle se demande « pour qui vais-je voter ? », mais « mon existence est-elle compatible avec cela ? »), c’est pour le pouvoir une question d’anesthésie à quoi il répond par l’administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l’anesthésie n’opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée.
Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu’une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d’autres, comme tant de « jeunes », comme tant de « bandes », de nous désolidariser d’un monde qui s’effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d’escrocs, d’imposteurs, d’industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l’heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu’ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle « victoire » dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d’autres termes : la situation est excellente. Ce n’est pas le moment de perdre courage.
Fascinant ! On en vient à se demander à quoi ce jeune intellectuel a pu être biberonné pour développer une telle pensée au XXIème siècle. Le délit d’opinion n’est plus reconnu par le droit français mais on ne peut s’empêcher de penser que l’auteur d’un tel texte est capable d’avoir posé des bouts de ferraille sur des caténaires de la SNCF.
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La protection sociale française coûte cher
Intéressant (mais compliqué) rapport de l’INSEE (dit rapport « Cotis » du nom de son directeur général) sur le partage de la valeur ajoutée, des profits et les écarts de rémunérations en France : il en ressort que la part des rémunérations dans la valeur ajoutée des entreprises non financières (donc hors administration, sociétés financières et ménages, soit environ 60% de la valeur ajoutée nationale en 2007) est restée stable depuis 1950 aux environs des 2/3, avec un pic post-choc pétrolier dans les années 70 puis une redescente dans les années 90. Mais à l’intérieur de ce bloc de 2/3, la part consacrée aux charges sociales a progressé plus vite que le salaire net. De même que la progression du millième le mieux rémunéré a été plus forte que celle des salaires médians, elle-même moins forte que celle des bas salaires.
On y découvre que les 10% des plus hauts revenus salariaux appartiennent aux trois secteurs du conseil, des activités financières et du commerce de gros. En 2005 le revenu moyen (salaires + divers transferts) était de 20 500 EUR, avec une progression très forte à partir des années 90 pour les 0,01% des plus hauts revenus que pour les 90%. Il semble que le creusement de cet écart en faveur des plus riches soit beaucoup plus fort dans les autres pays. La France est dans la moyenne, entre les Etats-Unis où les inégalités sont les plus fortes et la Suède à l’autre bout de l’échelle.
L’excédent brut d’exploitation, c’est-à-dire les 40% de valeur ajoutée restant après déduction des 60% consacrés aux rémunérations, est réparti en 2007 est réparti entre l’autofinancement des entreprises (40%), les revenus du capital versés aux propriétaires du capital (25%), les impôts (15%), les frais financiers (10%) et divers dont (10%).
La conclusion note que malgré la stabilité sur longue période de la part de la valeur ajoutée consacrée aux rémunérations (60%), la faible « dynamique » (ce qui signifie croissance) des salaires nets s’explique notamment par l’augmentation de la part des salaires bruts consacrée au financement de la protection sociale de haut niveau (choix politique français), la montée en puissance de l’emploi précaire.
Bref, une réflexion sophistiquée afin de donner un peu de sens aux débats « café du commerce » que l’on entend dans les enceintes politiques relayées par les journaux de TF1.
Lire le rapport ici
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La Justice tranquille
Tranche de vie du XIVème arrondissement n°1 : au tribunal où l’on dépose sa procuration de vote pour les prochaines élections européennes, je suis servi par un employé sans doute un peu benêt mais très serviable. Une administrée placée devant moi fond en larmes en découvrant un jugement rendu (qu’elle lit tout haut comme pour être sûre de bien le comprendre) qui bloque « l’exhumation du corps ». On ne sait pas de quel cadavre il s’agit, ni pourquoi, ni comment, ni pour qui, il était nécessaire de le ressortir de son cimetière : une recherche en paternité, un complément d’enquête pour un crime ? Allez, c’est aussi bien comme ça, il n’est pas nécessaire d’aller interroger les morts pour régler des soucis de vivants.
Il est rassurant de voir la République rendre la Justice, même si cela se passe dans un bâtiment un peu délabré. On ne peut pas aller déterrer les morts n’importe comment.
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Un président n’a-t-il rien d’autre mieux à faire ?
Un match de foot-balle oppose deux clubs bretons pour une finale franchouillarde et parisienne. Tout se passe correctement, pas de massacre de CRS, pas de symbole extrémiste, pas de bagarre hystérique, pas de crâne rasé, juste le Grand Ouest tranquille qui vient taper dans un ballon.
Seul débat, la venue ou non du président de la République pour regarder le ballon rouler. Il semble qu’il avait autre chose à faire mais que devant le scandale qu’aurait représenté son absence (i) pour la dignité des bretons et (ii) la culture française, il aurait finalement décidé de venir faire le zouave dans un stade aux frais des contribuables qui payent son salaire pour qu’il bosse.
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Adieu pédégé de la Société Générale
Daniel Bouton, président de la Société Générale, jette l’éponge et démissionne, cette fois-ci pour de bon. Ancien fonctionnaire de la République il n’a finalement été ni meilleur ni moins bon que ses coreligionnaires ou ses employés, il a simplement été plus voyant. Il y a une vidéo repassée en boucle ces derniers temps par les télévisions qui le montre dans une réunion en train de rallumer un gros cigare coincé entre ses dents, serrées dans un rictus pour tenir la bête. Ces images lui ont fait autant de mal que ses stock-options.
Il a participé à la grande fête financière de ces dix dernières années, attisant les illusions auxquelles il a sans doute cru, que le monde serait financier ou ne serait pas. Il a mangé dans la même soupe que toute la communauté financière, il l’a même aussi servie d’ailleurs. Il a réussi à maintenir sa banque indépendante ce qui n’est pas le plus mince de ses exploits. Il l’a sauvée après la découverte de l’escroquerie de Kerviel le trader-fraudeur. Mais il aurait bien voulu rester encore quelques années dans son fauteuil car lorsque l’on a goûté aux charmes des hauteurs il est bien difficile d’en redescendre.
Dans sa lettre adressée au personnel il explique que les attaques personnelles dont il est l’objet en permanence lui sont insupportables et risquent de nuire à la banque. C’est vrai, à force d’être trop voyant et de rallumer ses cigares devant les caméras il est devenu le symbole de tous les excès du capitalisme financier et la cible préférée des médias et gouvernants. En ces temps de débâcle mondiale il a tellement incarné le patron arrogant repu de rémunération à 6 zéros que le petit monde des internautes et autres blogueurs en est venu à l’exécrer quand dans le même temps il glorifiait Kerviel le trader-fraudeur. Déplorable inversion des rôles mais résultat prévisible d’un comportement général du monde de la finance.
Il se retire, c’est correct de sa part et utile pour son entreprise. Il ne sera pas irremplaçable, la Société-Générale vivra après Bouton.
