Catégorie : France

  • Les danseuses du milliardaire

    Qu’est ce qui peut pousser un patron milliardaire, propriétaire de La Tribune, qui perd de l’argent tous les mois, à vouloir acheter Les Echos, autre quotidien économique, assez comparable au premier ? Pour faire cette opération, il doit vendre La Tribune, se colleter une horde de journalistes sensibles de l’épiderme sur leur indépendance, assumer les critiques braillardes sur le mélange des genres, etc., tout ça pour des dividendes qui ne lui paieront même pas sa note de cigares. Comme souvent à ce niveau, ce qui guide Bernard Arnault c’est le même égo surdimensionné qui le poussait à faire pipi plus loin que les autres dans la cour de sa maternelle.

  • En passant

    Ça y est : les Sarkozy sont divorcés. On s’en fout mais qu’est-ce que c’est intéressant.

    Bon, tout fout le camp du côté présidentiallo-conjugal mais heureusement la République conserve de vraies et ineffables valeurs avec Bernard Thibault et Force Ouvrière qui mettent le boxon dans les transports publics avec une délectation qu’ils ont du mal à cacher. Leur discours archéo est un modèle du genre, à citer dans les manuels. Les prochaines semaines vont certainement être plutôt agitées avec un premier test de l’énergie du pouvoir en place à se frotter réellement aux tendances profondes d’une partie de ses électeurs.

  • Défaite française à la baballe ovale

    Allez, c’est plié, la France est en deuil et l’Angleterre a gagné, une fois de plus ; la tradition monarchiste face à l’arrogance républicaine. Nous sommes en France alors il faut des coupables : l’entraîneur, le manque d’ambition, les drops du blondinet british, la fatigue post-Nouvelle-Zélande, on cherche une Jeanne à brûler en place publique pour absorber les larmes du peuple. Heureusement, d’un côté de la Manche comme de l’autre la bière coule à flot et noie les états d’âme.

  • Une histoire de brutes avinées

    Il semble que la brute rugbalistique anglaise soit mieux nourrie que les terreurs françaises : 10 kg de plus par joueur ! Merde… si c’est juste une question de densité de viande on devrait pouvoir régler le problème tout de même. Ils viennent tous du sud-ouest nos viandards nationaux, on ne manque pas d’éleveurs dans la cette région prix Nobel du cassoulet. Rien que l’accent de leur entraîneur déborde de graisse de confit de canard. Qu’on les mette au gavage à Marcoussis et basta ! A moins que les Français veuillent garder la ligne pour leur calendrier érotique… Comment voulez-vous que l’on gagne dans ces conditions ? Une véritable trahison nationale.

  • La morale de Charles Pasqua

    Entre deux auditions chez le juge pour trafic d’armes et d’influence, Pasqua père énonce quelques bons principes. Face à l’option des tests ADN pour autoriser le regroupement familial des immigrés, il a affirmé que « pour des personnes de sa génération [qui ont connu la dernière guerre mondiale] », toute idée d’utilisation de la génétique à des fins de sélection exhale des relents nauséabonds. Même pour les générations qui ont suivi et qui connaissent un peu l’Histoire de la barbarie en Europe, ces tests ADN sont déplaisants. C’est un peu comme les rafles de gamins sans papier dans les écoles. Il vaut mieux pour le moment accueillir, même un peu contraint et forcé, quelques immigrés fraudeurs de plus plutôt que de faire un tri avec ces méthodes tellement évocatrices et lourdes de sens.

  • Délits d’initié à tous les étages chez EADS

    Les affaires de délits d’initiés se poursuivent chez EADS. Il semble qu’il n’y ait pas que Forgeard qui se soit goinfré avant la chute des cours provoquée par l’annonce des retards industriels de l’A380… L’autorité des marchés financiers parle de ventes massives d’actions durant cette période, par 1 200 salariés de l’entreprise.

    Comme l’actionnaire Lagardère a par ailleurs vendu ses titres à la Caisse des dépôts et consignation (CDC), toujours avant la chute, la presse et la politicaillerie accusent l’Etat de négligence coupable, voire pire. La situation est inextricable car on peut penser que l’Etat actionnaire d’EADS et de la CDC était au courant des problèmes d’Airbus. S’il avait prévenu la CDC de la situation en lui demandant de ne pas faire la transaction, il y avait délit d’initié. Il n’a rien dit et du coup l’Etat est accusé d’être vendu aux intérêts de Lagardère ! Rendons grâce au groupe Lagardère qui avait affiché depuis longtemps déjà sa volonté de sortir de l’aéronautique. On peut admettre par ailleurs que l’Etat et ses démembrements aient voulu monter dans le capital d’EADS, entreprise jugée stratégique. Cela a été fait au prix fort, ce qui n’est sans doute pas dramatique compte tenu de l’enjeu, et puis les cours vont bien remonter un jour.

    Le vrai sujet est plutôt que les cadres EADS semblaient passer plus de temps à s’impliquer dans l’affaire Clearstream ou à suivre leurs les marchés boursiers, qu’à régler les questions industrielles d’une entreprise qui n’en manquait pas.

  • Des plumitifs racoleurs

    La seule chose qui intéresse les plumitifs lors des journées parlementaires de l’UMP est de savoir si le premier ministre a encore sa place auprès d’un président envahissant. On imagine que ces députés et sénateurs de droite ont bien dû aborder d’autres questions, peut-être un peu de politique ? Les journalistes ne s’en sont pas aperçu semble-t-il. A moins qu’ils n’aient pas compris lorsque les sujets non people sont venus sur la table ?

  • La Corse, un pays pacifique…

    Les cagoulés corses tirent des roquettes anti-char sur des bâtiments administratifs pour fêter l’arrivée du Garde des Sceaux, Rachida Dati, sur l’Isle de beauté. Vue leur tolérance immodérée à l’égard de la diversité française, on les a sentis particulièrement motivés par la venue Rachida.

  • Le « Mime Marceau » est mort

    Marcel Marceau décédé hier disait que l’art du mime:

    « donne au silence l’écho du temps et la pesanteur ailée de l’espace. »

  • Des journalistes pervers

    Les journalistes sont vraiment vicieux. Alors que le ministre des affaires étrangères Kouchner explique à un parterre de plumitifs que la crise avec l’Iran est grave et qu’il faut se préparer au pire, Nicolas Beytout l’interrompt et lui demande comment on se prépare au pire, Kouchner lui répond que le pire serait la guerre, hypothèse à laquelle on se prépare notamment avec des plans d’état-major. La planète média s’empare de cette pépite et diffuse en boucle les mots de Kouchner le « va-t’en guerre », avec une délectation qu’elle n’avait plus éprouvée depuis la dissolution de l’assemblée nationale prononcée par le président Chirac !

    Littéralement il n’y a rien à reprocher à Kouchner : Beytout avait peut-être une autre idée de ce que peut être le pire dans la confrontation actuelle avec l’Iran ? Nous pas, le pire c’est la guerre.  En revanche, médiatiquement, Kouchner n’a pas su s’adapter à la perversité de son interviewer et à son intérêt plus marqué pour le spectaculaire que l’analyse. Il s’est fait piéger comme un débutant. Le plus navrant est que rares sont les journalistes qui se sont penchés sur le fond du débat, tous occupés à gloser sur ce faux pas plutôt qu’à nous éclairer sur leurs propres hypothèses du pire et leurs idées pour l’éviter !

  • L’addition sera pour plus tard

    Le président Sarkozy s’agite en tous sens et garde une bonne popularité. Il n’a pas encore demandé à ses électeurs de payer l’addition. Pour le moment on le voit surtout distribuer des cadeaux. L’accueil sera sans doute moins favorable lorsque qu’il faudra faire passer les réformes qui vont taper au porte-monnaie.

  • Un Lionnel Jospin frustré attaque Ségolène Royal

    Jospin, qui s’est fait sortir au premier tour des élections présidentielles en 2002 avec 16,2% des votes, se fait plaisir en traînant dans la boue Ségolène qui avec 25,9% au premier tour a pu défendre ses chances au second d’où elle est ressortie battue avec 46,9%. Il est sympathique ce garçon mais après s’être retiré de la vie politique il y a cinq ans, avoir envisagé d’y revenir si le pays l’appelait (ce qui n’a pas été le cas) pour les présidentielles 2007, il pense maintenant à reprendre le PS si bien sûr le parti l’appelle…

    Afin de préparer sa campagne, dans un livre à paraître, il qualifie Ségolène de « candidate qui était la moins capable de gagner », puis d’être « une illusion », « une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques » pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle ». Selon lui, elle est « une figure seconde de la vie publique » qui n’est « pas taillée pour le rôle » de premier secrétaire du PS. « Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère » affirme-t-il.

    Il a sans doute raison, mais qui est-il ce zozo là pour agresser pareillement sa petite camarade de parti ? Même les OPA les plus sauvages du grand capitalisme international ne donnent pas lieu à un tel déchaînement de haine. Généralement dans le business, une fois la défaite consommée, chacun passe à autre chose. Mais le Jojo qui s’est retiré de la vie politique en 2002 n’arrive pas à s’y faire. C’est un peu pathétique !

  • Juppé change

    Eh bien ça y est ! Grande nouvelle, Juppé commence à comprendre l’électeur ; du fond de ses vignobles il vient de déclarer :

    « Je conclus que le cumul des fonctions exécutives n’est plus acceptable dans l’esprit des concitoyens. Si je suis candidat [à la marie de Bordeaux], et si je suis élu, c’est donc ce que je ferai. »

    Ben oui… quand le bordelais vote pour un député ou un maire ce n’est pas pour le voir démissionner le lendemain pour garder un poste de ministre à Paris. Ce n’est tout de même pas compliqué à intégrer surtout quand on a fait des études. Si j’étais à Bordeaux je voterais aux prochaines municipales pour le Juppé nouveau, réaliste, serein et tranquille, et qui reste tout de même un homme d’influence.

  • Querelles sémantiques

    Guerre des mots à droite, plan de rigueur dans la fonction publique, comme l’affirme la ministrette des finances, ou pas plan de rigueur ? Le Larousse encyclopédique nous explique que rigueur veut dire : Grande sévérité ; austérité ; dureté. On espère bien qu’il y a un plan de rigueur dans la gestion des finances de l’Etat. On est d’ailleurs étonné qu’il n’y en ait pas déjà un depuis longtemps. Les ressources mises à dispositions par les contribuables seraient-elles gérées sans rigueur ? Pour calmer cette tempête de mots dans la cuvette sémantique des toilettes du microcosme, Fillon parle de plan de revalorisation et Devedjian de bonne gestion. Tout ça pour expliquer (ou cacher) que deux fonctionnaires partant à la retraite sur trois seront remplacés en 2007 et un sur deux en 2008. Parfois on se demande vraiment si nos politiques ont un emploi du temps si chargé que cela…

  • Des analyses économiques de caniveau

    En attendant, les soi-disant analystes financiers, vraiment à court de réflexions intelligentes, sortent des statistiques pour étudier la corrélation entre la météo et les cours de bourse (ça monte quand il fait beau) ou les résultats de matchs de ballons en compétitions internationales (ça baisse dans les pays qui perdent les matchs). Le plus fascinant est que, sans vergogne ni l’ombre d’une culpabilité, à la question « pouvez-vous extrapoler une stratégie de cette corrélation ? » ils répondent « non, car la variation est trop faible » plutôt que « non, car c’était juste une blague de rentrée ». Voilà qui en dit long, une fois de plus, sur le niveau d’analyse de ces soi-disant analystes, et leur capacité à comprendre ce qui se passe sur les marchés comme le prouve une nouvelle fois la crise financière actuelle. On pourrait peut-être les recycler au Parti Socialiste pour analyser le niveau de corrélation entre la longueur des jupes de Ségolène Royal versus le pourcentage de déficit public en points de PNB ?

  • Restructurations dans l’énergie

    L’entreprise Suez va être démantelé et sa partie Energie va racheter GDF (Gaz de France), en la privatisant au passage. Ces entreprises sont lancées, au mieux, pour quatre années de pétaudière, encore appelées « synergies ». Les économistes mondains sont de sortie et rivalisent d’analyses contradictoires. On parle de patriotisme économique ou de nécessité industrielle ; le coup étant parti d’une réaction nationaliste contre l’offre de rachat de Suez lancée par l’ENEL, groupe semi-publique italien, on n’est pas bien sûr que la construction mise sur pieds soit plus opérationnelle : le franco-belge meilleur que le franco-italien ? L’avenir le dira.

  • Take A Walk On The Wild Side

    Café crème à la terrasse ensoleillée du café de la place du marché de Donzy. Les notes douces et rythmées de Take A Walk On The Wild Side s’échappent de la salle peinturlurée aux couleurs de l’OM. Le chien du patron baille à l’ombre des arbres. Les canards barbotent dans la petite rivière locale. Libération d’hier est disponible sur le comptoir. La population de ce petit bled de la Nièvre vaque doucement aux occupations dominicales de cette fin d’été. A deux heures de Paris, l’impression d’avoir atterri sur une autre planète.

  • Des dirigeants socialistes désertent leur « université d’été »

    Les dirigeants socialistes n’ont pas le temps de se rendre à l’Université d’été du PS à La Rochelle en revanche ils ont tout loisir d’écrire des bouquins contre Ségolène, Hollande et consorts. On en annonce une petite dizaine avec des titres aussi fraternels que L’Impasse, Désert d’Avenir, La Défaite en chantant, etc. C’est vraiment Règlements de comptes à OK Corail. Avec tous les communicants qui engraissent autour de la politique, il n’y en a pas un qui pourrait leur dire que cette rentrée littéraire n’est pas du meilleur effet, en termes électoraux tout du moins car je ne doute pas que le style, la sémantique, la réflexion contenus dans ces nombreux ouvrages vont faire fureur, voire même éclipser le prochain Prix Goncourt !

    Pendant ce temps, entre la création de missions, de commissions, de comités divers et politiquement ouverts, Sarkozy trouve le temps d’aller à l’Université d’été du patronat ; les syndicats et la gauche s’étranglent de fureur devant ce crime de lèse-majesté : le président parle aux entrepreneurs. Mon Dieu, quelle horreur !

  • Raymond Barre est mort

    Raymond Barre est mort. Comme tous les hommes politiques qui ont dit la vérité aux français il n’a jamais été élu à la fonction suprême. Il a été l’auteur de quelques perles comme « si les corses veulent leur indépendance, ils peuvent la prendre ». Dieu merci, la presse se concentre sur le vrai sujet du jour, la retraite de Guy Roux, un footeux populiste qui va donc cesser d’entraîner on ne sais plus quel club de foot-balle dans la France profonde. De profundis !

  • Démagogie de la baballe

    La pensée du jour revient incontestablement au député socialiste Philippe Martin qui termine sa chronique dans Libération par cette inoubliable référence à l’ovalie comme modèle de réconciliation pour le PS :

    « A la veille de l’ouverture de la coupe du monde de rugby, ajoutons-y l’utilité pour les socialistes de s’inspirer des valeurs de ce jeu où le « vivre ensemble » est la clef du succès et où l’on gagne, même lorsque l’adversaire est redoutable, en faisant preuve d’humilité et de respect, d’amitié et de sens du sacrifice, bref de fraternité. ».

    Heu… il n’a jamais vu la tête des joueurs de rugby après un match le Martin ! Il sort d’où celui-là ? Tu parles d’une fraternité le rugby ! Une bande de musculeux anabolisés qui se massacrent à coups de crampons pendant 90 mn sur une pelouse face à un troupeau de gnous hurleurs et imbibés, puis se murgent à la bibine pendant la troisième mi-temps quand ils ne posent pas à moitié nus pour des calendriers douteux. « Mondial de rugby, Mondial des abrutis » titrait Charlie-Hebdo la semaine dernière, la référence me paraît plus appropriée.