Catégorie : France

  • La retraite apaisée

    A l’écoute des grands débats contemporains de France-Culture en faisant la vaisselle : ce soir le sujet porte sur le vieillissement de la population. Les sociologues de haute volée qui dialoguent notent en passant qu’un des moyens pour saborder une retraite tranquille est de multiplier les divorces pendant sa vie active, sources de pensions alimentaires sans fin et d’explosion exponentielle des dépenses ménagères. Pour une vieillesse paisible les vieux votent pour la paix dans les couples !

  • Clinquant et Cie

    Rigolo : l’hebdomadaire Marianne signe un article cette semaine sur le côté nouveau-riche-clinquant du Sarko. C’est vrai qu’il donne matière à sourire : Ray-Ban Aviator, brushing de star, montre Breitling lourde et grosse, cigares de pédégés, stylos Montblanc en argent massif. Bref, du Bernard Tapie en à peine plus distingué. Sans parler des vacances tape-à-l’œil. Il est des positions au sommet de la République où un peu de discrétion et de modestie ne nuirait pas à la popularité.

  • D’un bord à l’autre

    Lustiger est enterré aujourd’hui. Il est présenté partout comme un homme bon et fort en gueule, humain avec une grande élévation spirituelle. Très bien, il a sûrement été tout ça. Mais les médias nous serinent que malgré sa conversion du judaïsme au catholicisme à 14 ans il n’a rien renié ! Comment ça il n’a rien renié ? On croit rêver ! Il a quand même changé de crèmerie.

    Bon, ce n’est pas grave, c’est un peu comme un dirigeant socialiste qui rentre dans le gouvernement Sarkozy, il passe d’un dogme à l’autre, c’est tout.

  • Ancien testament vs. Nouveau

    Beaucoup de « grands hommes » nous quittent ces derniers temps : Antonioni, Bergman, Henri Amouroux, le cardinal Lustiger. Ce dernier est présenté comme le grand réconciliateur des juifs et des catholiques et salué pour cette œuvre de salut public. On doit avouer n’avoir jamais vraiment bien compris ce qui séparait les uns des autres, sinon une histoire d’ancienneté d’un testament, voire d’un Jésus venu ou attendu.

  • Compromission et sales affaires

    Galouzeau de Villepin est mis en examen pour dénonciation calomnieuse et autres babioles de l’affaire Clearstream. On espère pour lui qu’il pourra prouver son innocence car si tel n’est pas le cas cela en dira long sur les implications louches du pouvoir d’aujourd’hui dans des affaires que l’on croirait relever d’un autre siècle.

  • Service minimum

    Le premier ministre Fillon enviage étendre à l’enseignement le service minimum qui devrait s’appliquer au secteur des transports. Des associations de parents d’élèves se réjouissent. Les syndicats d’enseignants s’étranglent de fureur, on porterait atteinte au droit de grève… eh bien, c’est exactement ça. Le projet est bien de limiter le droit de grève dans le secteur public !

  • A la soupe

    Nos politicards sont incorrigibles, devant les offres de maroquins proférés par la droite, ils frétillent tels des gardons dans un bocal, ils n’en peuvent plus de faire des rodomontades avant d’accepter les honneurs. Mais ils vont se faire croquer telles des souris qui se goinfreraient du fromage servi par le chat.

  • Ségolène Royal en crise

    Ségolène fait la politique de la chaise vide au comité directeur du PS après avoir affirmé que le SMIC à 1 500 EUR et la généralisation des 35 heures défendus dans son programme présidentiel étaient des imbécilités. Toute vérité n’est pas bonne à dire et les éléphants du parti s’étranglent de colère. Tout ceci est plutôt comique, on ne sait pas qui va l’emporter de la Jeanne d’Arc socialiste contre les archéos, mais voir Mélenchon avaler sa cravate de fureur est un petit plaisir dont il ne faut pas se priver en ces temps difficiles.

  • Juppé se détend

    Eh bien voilà le Juppé qui se lâche et qui agresse un journaliste insupportable. Ce matin il a annoncé qu’il gardait la mairie de Bordeaux (fauteuil pour l’amour duquel il a tout de même fait démissionner le conseil municipal il quelques mois à peine). C’est bien mon Juju, vas-y, laisse-toi aller ! D’abord profite de la vie dans le sud-ouest, elle est cool. Flingue quelques journalistes, il en restera toujours assez pour poser des questions stupides. N’hésite pas à leur dire qu’ils sont des crétins, tu verras cela détend merveilleusement, comme une thalasso à Biarritz. Et puis prend ton vélo et va pédaler dans les landes, au grand air, cela va te régénérer, tu es tout pâle ces derniers temps.

    Mon Juju, plus ça va et plus je me sens proche de toi, sans bien entendu prétendre égaler ta haute stature. Tous les deux nous sommes honnêtes et droits, rigoureux et inspirant la confiance aux belles-mères, mais tristes et déprimant, et sans une once de sens commercial. Alors Juju, ce n’est pas grave, c’est comme ça, c’est tout ! Il faut prendre la vie comme elle est et ne pas éternellement chercher à inverser le cours de choses. Il vaut mieux essayer de s’intégrer avec harmonie dans le courant qui nous porte.

    Mon Juju, les électeurs c’est comme les femmes, ils couchent avec les gens qui les font rêver, pas avec les comptables ! Et je n’ai pas besoin de te faire un dessin, toi et moi on est plutôt dans la deuxième catégorie. Donc pas de déprime, pas de tentation de Venise ou d’ailleurs, just keep cool la vie est belle Juju, consacre-la simplement à ce que tu sais faire, c’est-à-dire pas les élections ou la politique, tu es trop pur pour ça.

  • Les repris de justice ne sont pas repris par les électeurs

    Grande avancée conceptuelle à l’issue de ce deuxième tour des élections législatives, il semble que le statut de repris de justice ne soit plus un aussi fort argument électoral que par le passé : Juppé, Carignon, Mellik sont dégagés, seul Tibéri réussit à se faire élire.

    Bon, Juppé-le-contracté se fait sortir par la bourgeoisie bordelaise, que l’on ne savait pas particulièrement révolutionnaire ; il faut quand même le faire ! Il a sans doute déployé les derniers efforts pour arriver à un tel résultat. Il est vrai que nos us et coutumes sont quand même un peu bizarres : son chef Fillon l’oblige à être élu député pour rester ministre puis à démissionner aussitôt pour s’installer à Paris alors que c’est justement s’il n’était pas élu à Bordeaux qu’il aurait le temps d’être ministre puisque s’il est député il a plus le loisir d’être ministre. Peut-être que les Bordelais raisonnent ainsi et ne comprennent pas grand-chose à ces embrouillaminis politicards ?

    Donc, Juppé-raide-comme-un-passe-lacet a démissionné du gouvernement et devrait se retirer une deuxième fois de la vie politique. Malgré ses cotés plutôt sympathiques (il a accepté de payer en justice pour Chirac sans broncher pour les affaires de la mairie de Paris) il va falloir qu’il réalise une bonne fois pour toutes que les Français ne l’aiment pas et le rejettent systématiquement où qu’il se présente. C’est ainsi. Pourquoi continue-t-il à s’acharner ? Ne peut-il essayer de profiter de la vie à Québec ou à Bordeaux : un petit mandat municipal, un peu de consulting politico-communicant, plus sa retraite d’ancien ministre et la vie sera belle ? Il pourra emmener sa jeune épouse faire du shopping et un peu de tourisme culturel. Que demande le peuple ?

    L’UMP pleure des larmes de crocodiles sur le sort de Juppé-le-raide-comme-la-Justice avec une mauvaise foi remarquable. On va bien arriver à le remplacer au ministère du développement durable, ce n’est quand même pas le bout du monde. Et puis on parviendra aussi assez bien à se passer de son caractère soupe au lait et surtout de sa fidélité à Chirac.

    Juju, crois-le, il y a une vie après la politique (c’est ton maître Chirac qui l’a dit), et puis promis, o, t’emmène voir les Stones la prochaine fois tu pourras reprendre I can’t get no satisfaction! avec Mick. Et d’ailleurs samedi soir au stade de France, Mick nous a dit entre deux chansons que Fillon était dans l’assistance. Donc tu vois, lui il était peinard, déjà réélu et pendant que tu sonnais aux portes pour faire la manche aux voix, il se la coulait douce. Tu crois qu’il serait venu donner un coup de main à Bordeaux à son ministre en chef ? Que nenni il a préféré les Rolling Stones au soutien à un concurrent. Il t’a laissé te faire étriller sans remord. Prends-en de la graine Juju, détend toi, souris, arrête de courir, de prendre des coups, sois cool et tout ira bien !

  • Incorrigibles

    Le retour gagnant des repris de justice : après Juppé revenu d’installer sous les ors des palais du VII° arrondissement c’est maintenant Carignon qui se présente aux législatives avec l’investiture de l’UMP et de Line Renaud (si, si, vous ne rêvez pas, c’est bien vrai, il y a même sa lettre de soutien sur le blog de Carignon), quel attelage redoutable ! Et Tiberi qui ressort du bois avec l’investiture de l’UMP dans le 5ème arrondissement. Toujours cet attrait du pouvoir qui les pousse à gravir sans cesse la roche de Sisyphe…

    Dans le cas de Juppé le Raide, le plus drôle est à venir car Fillon a dit que ses ministres qui ne seraient pas élus aux législatives seraient renvoyés dans leurs pénates. Et il semble qu’il soit en difficulté à Bordeaux. Bizarre d’ailleurs cette coutume française qui veut qu’un ministre se présente aux législatives pour démissionner dès son élection pour garder son maroquin. Cela ressemble très légèrement à du foutage de gueule d’électeurs cette pratique !

  • Coopération

    Kouchner explique dans Le Monde pourquoi il a accepté l’offre d’ouverture du nouveau président :

    La politique extérieure de la France n’est ni de droite ni de gauche. Elle défend les intérêts de la France dans un monde qui se réinvente chaque jour.

    Il est bien ce garçon qui n’a pas hésité à braver les quolibets de ses camarades pour tenter l’expérience de faire de la politique, même avec la droite. On espère qu’il va réussir et que ses pontages coronariens sont solides car il n’a pas fini d’encaisser des injures.

  • Assaut de vulgarité gouvernementale

    Lors de la passation de service entre premiers ministres, Mme Galouzeau de Villepin, épouse du sortant, porte une veste à imprimée avec parements bleus où on peut lire « adios, bye bye, ciao ciao, salut ». Après Rachida en corsage transparent la veille pour l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, les femmes brillent à droite pour essayer de suivre la voie sexy de Ségolène Royal !

  • Nouvelle organisation gouvernementale

    La soupe est en train de cuire mais il semble qu’il n’y aurait que quinze couverts au banquet ministériel et, oh crime de lèse-majesté, la moitié de femmes plus quelques ministres de gauche ou de la société civile. Cela ne laisse que cinq ou six places pour les grognards de l’UMP qui en semblent fort marris et le font savoir.

    C’est étonnant l’ambition de ces gens pour un maroquin et la si haute idée qu’ils ont d’eux-mêmes ! C’est quoi un poste de ministre ? Des portes capitonnées et une grosse voiture, des soucis et plus beaucoup de prise sur l’évènement. Mais beaucoup de télévision et de médias.

    C’est comme le Sarko, a priori il s’estime irremplaçable à la tête de l’UMP et y place une direction collégiale après sa démission.

  • Des critères logiques

    Le président Sarkozy affirme qu’il choisira ses ministres sur des seuls critères de compétence et non de fidélité :

    La fidélité est pour les sentiments, la compétence pour le gouvernement.

  • Fabius interruptus

    Le « Zapping » de Canal+ repasse Fabius lors de la soirée électorale de dimanche soir, interrompu par Pujadas qui préfère donner la parole à Johnny en direct à la sortie de Fouquet’s plutôt que de poursuivre avec le discours rabâché de notre socialiste mondain !

    La tête de ce pauvre Fafa valait le déplacement. Il a juste eu le temps d’ajouter « Ah ! Il est revenu de Suisse ? ». Dieu merci le téléspectateur en a eu pour son argent et a pu goûter toute la subtilité de l’analyse politique du rocker, toujours plus intéressante que celle de Pujadas malgré tout.

  • Chapeau l’artiste

    Quel parcours quand même ce Sarkozy ! Immigré de la 1ère génération, non énarque, et président de la République française à 52 ans. Que l’on soit d’accord ou non avec ses idées, c’est tout de même impressionnant. Quand on pense à l’ambition féroce qui a animé un Chirac toute sa vie alors qu’il était issu du sérail gaulliste, sortait de l’ENA et était marié avec une représentante des 100 familles de la noblesse industrielle ; on imagine difficilement la rage, la haine, l’incroyable énergie, l’absence totale de doute et de scrupule qui ont dû animer ce bonhomme tout au long de sa lutte pour le pouvoir suprême.

  • Résultat de la course à l’Elysée

    Ségolène perd avec le sourire. 85% des électeurs se sont prononcés. Le Pen est ramené à 10%, le parti communiste ne devrait plus s’en remettre ; on a vu pire comme résultat électoral !

    La prochaine avancée démocratique pour la France serait sans doute de se doter de rédactions de journalistes intelligents dans ses principaux médias. Vaste tâche à l’aune de la qualité des questions ce soir sur les grandes chaînes hertziennes : l’unique souci des interviewers est de savoir qui va tuer qui au PS, qui sera nommé premier ministre à droite et où Sarkozy part en vacances.

    Alors à chaque invité qui défile, et une rédaction de télévision un soir de deuxième tour c’est une véritable auberge espagnole, ils posent les mêmes questions vides de sens, ou interrompent les politicards pour donner la parole à Johnny ou à Bigard. En plus Mireille Matthieu chante la Marseillaise, on espère qu’on fera mieux pour la suite question renouveau !

  • Sarkozy veut liquider les scories de mai 1968

    Sarkozy racole à Bercy hier soir devant un impressionnant parterre « d’intellectuels » où l’on reconnaît, entre autres, Johnny, Arthur, David Douillet, Enrico, etc. Il veut « liquider » mai 68 ! Bon, il ne faut tout de même pas trop exagérer… c’est notre Histoire même si le chérubin est trop jeune pour l’avoir vécue. On peut en contester la pensée ou les motifs mais cela s’est passé. Pendant qu’il y est peut-il proposer aussi de nettoyer la Révolution française et aller installer le palais présidentiel en Vendée il pourrait ainsi récupérer les voix du vicomte de Villiers.

  • Copinage malsain

    A sa sortie de l’Elysée la semaine prochaine le président Chirac doit emménager, provisoirement, avec sa famille dans un appartement sur les quais parisiens prêté par la famille Hariri. Est-ce qu’on imagine de Gaulle allant s’installer en 1969 dans l’hôtel particulier d’Houphouët-Boigny ?

    Rien de bien grave sur le fond mais il est tout de même étonnant qu’il n’y ait personne dans son entourage pour lui signaler l’effet déplorable qui peut résulter de l’emménagement d’un ex-chef d’Etat français dans l’appartement d’un politico-affairiste libanais à la réputation très discutée, assassiné par des malfrats à Beyrouth, sans doute avec la participation, ou à l’initiative, de la Syrie. Encore plus étrange d’ailleurs qu’il n’y pense pas lui-même. On nous fera tout de même difficilement croire que notre République ne peut pas loger ses anciens maîtres !