Catégorie : Café du Commerce

  • Le grand remplacement sémantique

    Le grand remplacement sémantique

    On observe que les trois mots « effectivement », « et cetera » et « voilà » occupent désormais 50% des phrases prononcées sur les différents médias par les journalistes comme leurs invités. Les dîners en ville suivent la même régression, en route vers l’appauvrissement de la langue française.

    Cette dégénérescence linguistique est déjà lancée depuis de nombreuses années. Elle accompagne la décadence française constatée dans bien d’autres domaines : incapacité du pays à s’entendre sur un futur commun, appauvrissement du discours politique, lamentation perpétuelle des citoyens, violence à tous les étages de la société, perte de contrôle de la gestion des finances publiques, dégradation du niveau scientifique, stagnation économique, abrutissement des masses plus intéressées par des influenceuses à forte poitrine et les interviews de joueurs de fouteballe que par les choses de l’esprit, etc.

    Comment les plateaux médiatiques pourraient encore se préoccuper de la langue française ?

    Les plus anciens pensent quand même qu’ils pourraient faire un effort, avant de renoncer à leurs illusions devant l’évidence de cette décadence…

  • Jeunes sans frontières et sans contraintes

    Jeunes sans frontières et sans contraintes

    Dans les dîners en ville la jeunesse s’émeut qu’il faille obtenir et payer une Autorisation de voyage électronique (ETA) pour entrer au Royaume-Uni, même pour un court séjour. Pire encore, les Etats-Unis d’Amérique envisageraient de rendre obligatoire la mention de ses comptes sur les réseaux dits « sociaux » lors de la demande de visa pour entrer sur ce territoire ; elle est pour le moment facultative. Il s’agirait pour les autorités douanières américaines de pouvoir refuser l’entrée à des étrangers qui auraient dit ou écrit du mal des Etats-Unis ou de ses dirigeants.

    C’est ce qu’on appelle des frontières ! Evidemment, nos jeunes dopés aux programmes Erasmus qui n’ont jamais rien connu d’autre que la libre circulation des biens et des personnes entre les pays membres de l’Union européenne (UE) et la presque-disparition des frontières entre les pays membres et signataires des accords de Schengen, ont un peu oublié le concept même de frontière. Ils comprennent difficilement pourquoi ils doivent demander l’autorisation du gouvernement britannique et payer 20 livres pour aller à Londres, ou donner les références de leurs comptes TikTok à la douane américaine pour rentrer, éventuellement.

    A une époque où une grande partie des citoyens et de la classe politique se lamentent au sujet des « abandons de souveraineté » que la France, comme tous les pays-membres, a consenti au profit de l’UE, le retour des frontières et des visas donnent un aperçu de ce que pourrait être la récupération de certains de ces éléments de souveraineté. Demander un visa ou un ETA n’est pas bien pénalisant même si légèrement contraignant. L’Autorisation de voyage électronique demandée par les autorités britanniques n’est en fait que la version moderne des petites fiches cartonnées que les anciens remplissaient dans l’avion avant le débarquement pour remise au douanier avec son passeport. Si malgré tout on ne veut pas se soumettre à ces formalités trop « intrusives », il suffit de ne pas se rendre au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.

    Ces petites contraintes devraient permettre d’éclairer la réflexion de chacun sur les avantages et inconvénients pour un pays comme la France à faire partie, ou pas, d’une alliance politique et commerciale comme l’UE. Comme chaque décision il y a du pour et du contre, le bilan consiste à faire la somme des « + » et des « – » et de se positionner en conséquence. Le Royaume-Uni a montré qu’il était possible de quitter l’Union européenne si le peuple le voulait. On peut aussi rétablir les frontières intra-européennes, après tout, les accords de Schengen qui les ont abolis ne datent que de 1985 et l’Europe a vécu pendant des siècles avec des frontières dont les franchissements furent plus ou moins fluides selon les époques et les pays. Mais dans ce cas il vaut mieux être cohérents et arrêter de se lamenter sur les « contraintes » que représenteraient les visas ou les ETA.

  • En Vélib’

    En Vélib’

    Les bicyclettes parisiennes à louer servent le plus souvent de support à des graffitis informes ou des slogans politiques infâmes, le nettoyage de toutes ces dégradations se faisant bien entendu aux frais des usagers et non des pollueurs. Il est plutôt rare de trouver un Vélib’ affublé du message d’amour d’un ancien pape.

    Ne boudons pas notre plaisir. C’est beau comme l’antique !

  • Féminisme de salon sur les ondes médiatiques

    Féminisme de salon sur les ondes médiatiques

    Sur les médias français les commentateurs pratiquent, ou pas, un féminisme sémantique qui n’engage pas à grand-chose. Lors du lancement d’un plateau télévisé ou radiophonique les animateurs l’entament généralement d’un sonore « bonjour à toutes, bonjour à tous », l’ordre compte. Quelques résistants se contentent d’un « bonjour à tous » ou, plus modestement d’un simple « bonjour ».

    Selon l’Académie française, « tous », est un pronom indéfini pluriel employé « Pour désigner l’ensemble des êtres, des choses que l’on considère, dont on parle, que l’on envisage. » Il n’a donc pas besoin d’être féminisé puisqu’il inclut « l’ensemble des êtres ». C’est un mot épicène (désignant tout référent quel que soit son sexe ou son genre [ex. : la personne, le bébé, la girafe] – Wikipédia).

    Voir : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9T1677

    Les militants de la féminisation affichent ainsi à peu de frais leur engagement dans la bataille idéologique abordée dans un bel article de Michel Serres, membre de l’Académie française, à la jolie conclusion :

    La grammaire révèle des solutions dont la facilité relative évite les batailles idéologiques d’autant plus féroces qu’elles soulèvent des tempêtes dans un verre d’eau.

    https://www.academie-francaise.fr/la-bataille-ideologique

    En poursuivant les recherches, on découvre qu’en écriture « inclusive » on écrit « tou-te-s » quant à la façon « neutre-binaire : « touxtes » ou « touls » font l’affaire.

    On vit vraiment une époque formidable !

  • « La liberté guidant le peuple »

    « La liberté guidant le peuple »

    La célébrité du tableau de Delacroix « La Liberté guidant le peuple » se confirme au Louvre où il est exposé. Une foule dense se presse en permanence devant cette toile et nombre de touristes se prennent en photo devant cette liberté à la poitrine dénudée. Pas sûr que tous ces visiteurs connaissent le contexte historique dans lequel elle a été peinte, celui de la révolution française de 1830 qui a amené au remplacement de Charles X par Louis-Philippe qui tombera lui-même lors de la révolution de 1848…

    Alors les touristes au bout de leurs perches à selfies ignorent sans doute cette histoire mais admirent ce tableau qui leur a sans doute été décliné dans leurs pays comme représentatif de la France. On s’interroge sur ces milliers de selfies pris devant la « Liberté… », que deviennent ces clichés, à quoi et qui servent-ils sinon à meubler les réseaux dits « sociaux » et à satisfaire le nombrilisme envahissant qui gangrène la société ?

    Lire aussi : Musée Eugène-Delacroix

  • Une tragédie de la bêtise humaine

    Une tragédie de la bêtise humaine

    Il a suffi de passer quelques minutes devant la cérémonie d’élection de Miss France 2026 ce samedi 6 décembre pour prendre conscience une nouvelle fois de l’abîme de stupidité au bord duquel le pays est en train de se pencher. Présentée par Jean-Pierre Foucault « animateur » de télévision de 78 ans engoncé dans son smoking, vieilli et grossi, il continue à son âge avancé à se compromettre dans cette cérémonie d’un autre âge.

    Une Miss d’on ne sait plus quelle région a été élue et le lendemain on apprenait que Miss Aquitaine et Miss Provence avaient été « destituées » par leurs comités régionaux respectifs.

    Cette décision fait suite à la diffusion d’une vidéo tournée dans les loges de l’élection de Miss France 2026 dans laquelle les deux candidates tiennent et relayent des propos injurieux à l’égard des douze demi-finalistes. Ces paroles et cette attitude sont en total contradiction avec les valeurs que nos comités s’efforcent de défendre.

    Signé comités Miss Provence côte d’Azur et Miss Aquitaine

    D’après la presse, populaire et pas, les propos injurieux seraient « C’est toutes des grosses putes » aurait dit l’une, modérée par l’autre qui ajoute « Ouais, pas toutes, mais beaucoup ». Le plus fascinant dans cette histoire est que ces deux grâces se sont sans doute filmées elles-mêmes et la vidéo « poétique » a dû être publiée sur les réseaux dits « sociaux » sans même qu’elles ne s’en aperçoivent, tant le narcissisme de cette génération la pousse à filmer tous ses faits et geste et à les diffuser.

    Bien entendu, la diffusion des ces insultes entre Miss a déclenché un tsunami d’insultes et de menaces en retour sur les réseaux dits sociaux de nos brillantes donzelles. La bêtise attise la crétinerie.

    On cherche en vain les « valeurs » du comité Miss France qui sont mentionnées dans le communiqué de destitution. Au moins on imagine aisément celles qui ne font partie de ce référentiel mystérieux. Cette cérémonie annuelle de l’élection d’une Miss nationale est un business, affligeant certes, mais un business dont le marché est basé sur l’abrutissement des masses auquel lui-même participe, un gage de croissance.

    Comment voulez-vous qu’un pays où Nabilla affiche 10 millions de suiveurs sur Instagram et où des millions de spectateurs regardent les élections de Miss France chaque année sur TF1 soit un pays d’avenir ?

  • Boualem Sansal, libéré par l’Algérie, choisit ses médias pour s’exprimer

    Boualem Sansal, libéré par l’Algérie, choisit ses médias pour s’exprimer

    Boualem Sansal, écrivain de langue française disposant de la double nationalité franco-algérienne, vient d’être « gracié » par le président algérien après qu’il eut été arrêté à l’aéroport d’Alger il y a un an et condamné à cinq ans de prison par le système judiciaire local pour « atteinte à l’unité nationale ». Aussitôt gracié il a été rapatrié en Allemagne, pays qui a aidé la France a récupérer son double-national, puis en France.

    Revenu à Paris il a été invité par différents médias nationaux pour raconter ses mésaventures, majoritairement par ceux du « service public » (France TV, France Inter) mais aussi Le Figaro. Sur les médias de la famille Bolloré c’est l’incompréhension. Sa cause avait en effet été défendue par CNEWS, Europe 1 ou le JDD (Journal du Dimanche) mais sans doute plus pour critiquer la politique algérienne du gouvernement que pour la défense de l’écrivain dont la plupart des commentateurs n’ont probablement pas lu les œuvres. L’une des obsessions de ces médias est en effet la critique permanente des chaînes du « service public » accusées pêle-mêle de « gauchisme », de parti-pris et d’incompétence.

    Probablement l’écrivain a un avis différent d’où sa décision de privilégier ces médias publics, mais aussi Le Figaro, au moins dans un premier temps. Probablement M. Sansal ira également répondre plus tard aux questions de Pascal Praud et de sa bande de commentateurs de bistrot pour les remercier de leur engagement en sa faveur. Mais pour son retour il a d’abord choisi le journalisme contre le Café du Commerce.

    Charlie Hebdo (23/12/2020)
  • La psychanalyse en question

    La psychanalyse en question

    Un amendement au PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) 2026 a été adopté par le Sénat stipulant :

    À compter du 1er janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie.

    Cet amendement adopté ne sera pas forcément retenu dans la version finale du PLFSS mais il déclenche en attendant les réactions du monde psychanalytique pour le déplorer. Ce soir un débat radiophonique sur France Culture a rassemblé des spécialistes de la spécialité dans un échange plutôt abscond pour le néophyte. Il y a été question de « langage, parole et corps », « reconnaissance du sujet », de l’Œdipe, de la castration, du « sujet de la conscience ou de l’inconscience », de « l’organicité de certains troubles », du « sujet qui ne peut pas se débrouiller pour affronter son propre manque », de « thérapies cognitivo-comportementales », de « clinique du transfert », de « sujet de la conscience ou de l’inconscience », de « ne pas prendre la sujet par le symptôme au risque de manquer le sujet et le symptôme »…

    Bref, il n’est pas facile de se retrouver dans ce jargonnage et, à vrai dire, le citoyen lambda (comme l’interviewer ce soir) n’y comprend rien. C’est peut-être là un des problèmes principaux de la psychanalyse : ses pratiquants n’arrivent pas à la vulgariser. Elle est ainsi la cible rêvée pour ceux qui voudraient l’exclure des financements publics. Encore un problème de « pensée complexe »…

    Des économies sont recherchées du côté de la psychanalyse mais jusqu’ici personne n’a encore remis en cause la ligne budgétaire de 400 millions d’EUR prévue pour le préfinancement des jeux olympiques Alpes Françaises 2030.

    Alors, des sénateurs de rencontre manifestement opposés à la théorie psychanalytique cherchent à l’exlure du PLFSS. Ils se justifient ainsi dans leur préambule :

    Cet amendement vise à garantir la cohérence scientifique et l’efficience des dépenses de l’assurance maladie.

    Les soins fondés sur la psychanalyse, en particulier lorsqu’ils s’appliquent aux troubles du neuro-développement, aux troubles anxieux ou dépressifs et aux affections psychiatriques chroniques, ne disposent aujourd’hui d’aucune validation scientifique ni d’évaluation positive du service médical rendu par la Haute Autorité de santé. Plusieurs rapports publics ont souligné l’absence de preuves d’efficacité et le caractère inadapté, voire contre-productif, de ces approches, qui sont à différencier de psychothérapies.

    Dans un contexte budgétaire contraint, il est légitime que la solidarité nationale concentre son effort sur les prises en charge dont l’efficacité est démontrée et évaluée. Cet amendement ne remet pas en cause la liberté de choix des patients ni la liberté de pratique des professionnels. Il se borne à mettre fin au financement public de la pratique, quels que soient les dispositifs de financement : Mon Soutien Psy, centres médico-psychologiques, etc.

    En recentrant la dépense d’assurance maladie sur les soins ayant un bénéfice médical avéré, il s’agit de favoriser la diffusion de pratiques thérapeutiques recommandées par la Haute Autorité de santé, notamment les approches comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociale.

  • Pascal Praud règle son compte au nouveau prix Nobel d’économie

    Pascal Praud règle son compte au nouveau prix Nobel d’économie

    Pascal Praud a fait sa rentrée sur la chaîne CNEWS sans trop de surprises et toujours concentré sur ses thème éditoriaux principaux : les médias publics « de gauche », l’insécurité et l’immigration. La désignation récente d’un co-prix Nobel d’économie français, Philippe Aghion, lui a permis de tomber à bras raccourcis sur ce malheureux avec toutes les certitudes que s’autorise un bas-du-front.

    Aghion était non seulement passé sur France Inter, radio « de gauche et wokiste », mais il y avait de plus déclaré qu’il était opposé à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France. Que n’avait-il pas dit ! Praud a immédiatement qualifié l’institution Nobel de « bidon » et expliqué qu’il n’avait pas été frappé par la pensée du nouveau prix Nobel qui selon lui ne volait pas vers les cimes.

    Il n’est pas sûr que M. Praud, entre deux matchs de fouteballe, ait pris le temps de lire les écrits de M. Aghion, notamment ceux sur les liens entre innovation et croissance économique. On lui offre ici une occasion de se rattraper car un peu d’innovation dans son émission Café du Commerce serait sans doute bienvenue, bien que nécessitant un investissement intellectuel un peu supérieur à celui ordinairement déployé sur ses plateaux de commères.

  • Dans les allées arborées du XVIe arrondissement parisien

    Dans les allées arborées du XVIe arrondissement parisien

    Avenue Raphaël, séparée de la Muette par un agréable parc ombragé, les hôtels particuliers d’ambassades de pays improbables (République islamique d’Afghanistan, République du Surinam…) succèdent aux immeubles cossus de la bourgeoisie parisienne. Tous les bâtiments sont en retrait par rapport à la rue dont ils sont séparés par de larges trottoirs végétalisés sur lesquels cohabitent des rubans bitumés, l’un dédié aux « mobilités douces », l’autre aux piétons. Tout le monde a largement la place de circuler.

    Les bonnes philippines surveillent des enfants blondinets qui s’amusent sur les équipements urbains de jeux installés dans la verdure. Des jeunes filles font leur jogging en baskets Dior avant de rejoindre leurs amis pour un brunch avenue Mozart. Les arbres étendent leurs branches centenaires sur l’ensemble, lui donnant un caractère éternel et apaisé.

    Des immeubles modernes cassent un peu le style haussmannien qui reste majoritaire. Non seulement le trottoir est immense, mais les bâtiments ont aussi leurs propres espaces verts derrière des grilles en fer forgé. Tous, les anciens comme le plus récents, présentent une entrée de service sur le côté pour les fournisseurs ou le personnel de maison. Alors que les halls principaux d’entrée sont vastes et lumineux, généralement revêtus de marbre, les entrées de service sont étroites et modestes, donnant probablement sur des escaliers dédiés, eux-aussi « de service ».

    Les traditions perdurent : dans les immeubles haussmanniens comme dans ceux construits il y a 20 ans, on prend soin de ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

  • Des hommes et des bijoux

    Des hommes et des bijoux

    Dans les dîners en ville et sur les plateaux médiatiques de plus en plus d’hommes affichent des bracelets multicolores et multiples à un ou deux poignets, généralement en tissu ou en cuir. Ici, un candidat conservateur à l’élection présidentielle de 2027, Edouard Philippe, porte de tels bracelets à son bras droit, avec même l’un d’entre eux qui a glissé dans son poignet de chemise. Ce politicien encore relativement jeune, 54 ans, cède à cette nouvelle mode masculine, peut-être par conviction, sans doute pour séduire une clientèle électorale. A moins que ce ne soit à la demande de son épouse et de ses enfants ?

    Lorsque l’occasion s’est présentée il nous est arrivé de demander aux intéressés si ces nouveaux bijoux avaient une signification particulière. La réponse est généralement vague faisant juste référence à l’esthétique. Dans des temps anciens des hommes portaient des gourmettes, plus lourdes et précieuses. La mode change, et cette nouvelle tendance a au moins le mérite d’être moins clinquante.

  • L’illusion d’une écologie sans contrainte

    L’illusion d’une écologie sans contrainte

    Le monde politique français est en train de démonter les aspects écologiques de lois qu’il avait lui-même votées avec une mise en œuvre éloignée du moment du vote. A mesure que se rapprochent les échéances d’application de ces aspects on commence à réaliser qu’ils sont potentiellement contraignants et qu’ils vont donc obliger certaines corporations et même des citoyens à modifier leurs habitudes. Bien entendu ceux-ci se lèvent contre ces nouvelles obligations dont le respect entraînerait des coûts supplémentaires, ou, dans certains cas, seulement des modifications de leurs modes de vie. Bien évidemment, la situation « des plus précaires » est mise en avant pour contester la justification de ces mesures « d’écologie punitive ». Alors chacun utilise ses capacités de nuisance pour faire reculer le gouvernement et le parlement français est en train de démonter ce qu’il avait mis en place.

    On se souvient de la révolte dite des « bonnets rouge » en Bretagne en 2013 qui avait réussi à faire abroger le principe d’une « écotaxe », votée en 2008 dans le cadre d’un énième « Grenelle », celui de l’environnement. L’application de cette taxe avait été repoussée à plusieurs reprises avant d’être définitivement annulée devant la violence des agriculteurs et transporteurs bretons, largement soutenus par les autres régions.

    Aujourd’hui, dix ans plus tard, les élus sont en train d’abroger les ZFE (zones à faible émission) consistant à interdire les véhicules les plus polluants dans les centres de certaines villes, ou de réintroduire l’usage de certains pesticides dans l’agriculture. Une candidate aux élections municipales de Paris en 2026 (Rachida Dati) a annoncé qu’elle voulait rétablir la circulation automobile sur les voies sur berge transformées en espaces piétonniers depuis les années 2010. Et il en est de même pour toute une série de mesures législatives ou réglementaires de nature écologique.

    Ces revirements marquent le manque de constance de parlementaires qui votent des lois le lundi, s’aperçoivent le mercredi qu’elles vont provoquer du mécontentement chez certains de leurs électeurs à forte capacité de nuisance, puis votent leur abrogation le vendredi. Comme souvent en France, les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, un concept qui a à peu près disparu de la pensée des citoyens et de leurs représentants.

    Surtout, ils font définitivement tomber la fiction qu’évoluer vers une société plus écologique pourrait se faire sans contrainte. C’est le mensonge qui a été vendu par la politique : « non à l’écologie punitive, vous allez pouvoir continuer à vivre comme avant, rien ne changera et nous allons quand même sauver la planère. » Au pied du mur la France s’aperçoit que ce n’est tout simplement pas possible. Pour le moment on privilégie la facilité plutôt que l’effort. C’est un peu la même histoire avec les déficits des finances publiques…

  • 4ème enquête annuelle sur les atteintes sexistes et sexuelles au sein de la communauté étudiante de l’École polytechnique

    4ème enquête annuelle sur les atteintes sexistes et sexuelles au sein de la communauté étudiante de l’École polytechnique

    L’école polytechnique publie pour la quatrième année consécutive un curieux document au sujet des HDVS (situations de harcèlement, de discriminations et de violences à caractère sexuel ou sexiste). Un questionnaire a été envoyé à 3 167 élèves. 2 068 réponses partielles et 1 520 réponses complètes ont été reçues, ce qui fait un total de 3 588 réponses, soit plus que le nombre de questionnaires… Sans doute certains questionnaires ont circulé auprès de plusieurs élèves. Les réponses ont été apportées à 25% par des femmes, 74% par des hommes et 1% par des non-binaires.

    Il y a eu 1 039 HDVS déclarées (contre 788 en 2023) dont 16 viols (contre 24 en 2023). La surprise vient du fait que 54% des personnes déclarant avoir fait l’objet d’atteintes sexuelles en 2024 sont des hommes et que 70% des auteurs désignés sont des hommes. Si l’on compte correctement : 562 hommes ont donc été agressés de façon « sexuelle ou sexiste » et, en moyenne, 70% de leurs agresseurs seraient des hommes, les 30% restant se répartissant entre femmes et non-binaires.

    On ne sait pas bien ce que recouvrent les « atteintes » à caractère sexiste ou sexuel ? Des insultes, de l’ironie, des frôlements, des attouchements ? On n’apprend guère plus sur la réalité et la gravité de ces incidents. On croyait les élèves de cette école militaire, de jeunes adultes, plus préoccupés par les algorithmes et le drapeau de la République que par la gaudriole. Espérons qu’en cas de nécessité ils se montreront plus aptes à repousser les envahisseurs qu’ils ne le sont aujourd’hui pour éconduire leurs agresseurs « sexistes ou sexuels »

    On reste quand même un peu étonné par la transparence donnée à cet exercice d’autoflagellation, surtout venant d’une institution militaire, et dubitatifs sur sa nécessité.

  • La liberté d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    La liberté d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    Alors que les conservateurs français, sans doute inspirés par le courant libertarien américain, se lamentent dans les nombreux organes de presse qu’ils détiennent, ou qui leur ouvrent leurs colonnes, des « attaques contre la liberté d’expression » dont ils seraient victimes, on apprend que suite à la réattribution de la fréquence publique de la Télévision numérique terrestre (TNT) de C8 à Ouest-France TV, Cyril Hanouna, le hérault des médias du groupe Bolloré continue à diffuser son émission Touche pas à mon poste (TPMP) sur des réseaux dits « sociaux » et via diverses « box » fournies lar des opérateurs Internet. La chaîne CNEWS, autre média du groupe Bolloré, s’en félicite d’ailleurs à longueur d’antenne en ajoutant que l’audience de M. Hanouna sort d’ailleurs renforcée de cet épisode.

    On se rassure donc en constatant que la « censure » de l’Etat n’empêche pas TPMP de remporter un succès d’audience sur les nouveaux canaux utilisés par l’animateur. Ce n’était donc peut-être pas peine de brailler sur partout que la « mort » de C8 est une atteinte inqualifiable à la liberté d’expression. La publicité que les spectateurs subissent désormais sur Youtube et assimilé n’est pas moins abrutissante que celle qui était diffusée par C8 sur son canal TNT. La vulgarité et la bêtise crasse de Cyril Hanouna sont toujours disponibles pour les téléspectateurs intéressés et c’est bien ainsi.

    Les médias du groupe Bolloré se posent en victime de la censure d’Etat, inspirée par une idéologie « de gauche », en dépit de la réalité : la plupart des magazines d’information sont détenus par des hommes d’affaires du CAC40, et affichent une ligne éditoriale que l’on peut difficilement qualifier de bolchévique. Le quotidien Le Figaro reste l’un des grands journaux français et son propriétaire est le groupe Dassault pas non plus en faveur d’une ligne gauchisante, ce qui n’empêche pas de maintenir une équipe de journalistes compétents. Il en est de même avec les quatre chaînes d’information en continu de la TNT. Il reste quelques journaux comme Libération, toujours à gauche mais avec une très faible diffusion. L’offre des médias français est diverse, de la gauche à la droite.

    Sur CNEWS, l’autre média phare du groupe Bolloré, Pascal Praud, ancien commentateur de fouteballe et animateur d’un plateau style « Café du Commerce » matin et soir réunissant un quarteron de polémistes à la retraire, affiche tous les jours son obsession contre les médias publics qui seraient « de gauche » en vivant de l’argent public et que seule CNEWS, et tout particulièrement son plateau « L’heure des pros », parlerait des sujets qui intéressent les Français.

    Charlie Hebdo (23/12/2020)

    Lesdits Français peuvent choisir librement les médias qu’ils décident de suivre. Le problème n’est pas tant les sujets abordés par les différents médias, où les tendances politiques affichées, que la manière dont ils sont traités. CNEWS et C8 prennent le parti de la courte vue et du racolage populiste de bas étage pour proférer des jugements à l’emporte-pièce, attisant la contestation systématique de toute action publique ou intellectuelle auprès de leur auditoire. Le Figaro et France-Culture optent pour l’analyse et la réflexion menées par des journalistes professionnels.

    Pour élever le niveau de la France qui, rappelons-le une nouvelle fois, répertorie près de 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram (le fouteballeur M’Bappé en affiche 123 millions…) il faudrait pouvoir censurer non pas le soi-disant manque de pluralisme, mais plutôt l’absence d’intelligence. Vaste tâche !

  • Cyril Hanouna toujours vivant

    Cyril Hanouna toujours vivant

    Ce soir à minuit la chaîne de télévision C8 voit son autorisation d’émettre sur la fréquence publique gratuite de la Télévision numérique terrestre (TNT) s’éteindre. La nouvelle chaîne à qui a été octroyé cette fréquence n°8 est Ouest-France TV qui devrait commencer à émettre à partir du 1er septembre.

    La chaîne C8 a diffusé hier des émissions larmoyantes se lamentant sur la « censure » que l’Etat fait peser sur elle ; Dans le même temps la vedette de C8, Cyril Hanouna, a annoncé que son émission TPMP (Touche pas à mon poste) continuera dès lundi pour la fin de saison et sera diffusée en direct sur d’autres canaux privés, certains gratuits, d’autres pas : Youtube, Canal+, etc.

    Message « X » du 28/02/2025

    La veille, le même annoncait que pour la saison prochaine son émission TPMP serait diffusée par le groupe M6 sur la chaîne gratuite de la TNT : W9.

    Message « X » du 27/02/2025

    De son côté le groupe Bolloré continuera d’exercer sa liberté éditoriale sur ses autres médias : les chaînes de télévision Canal+ (en partie payante), CNEWS et CSTAR (gratuites sur la TNT) ; la radio Europe1 ; les journaux le JDD, Paris-Match, GEO, Ca m’intéresse ; la plateforme DAILYMOTION et bien d’autres médias qui font du groupe Bolloré le plus puissant acteur médiatique français du moment, un peu ce que fut le groupe Hersant dans les années 1970-1980

    On a donc vu pire comme censure… On peut même se demander si la famille Bolloré n’aurait pas profité des circonstances pour se débarrasse à bon compte de l’animateur Hanouna dont la vulgarité et le racolage commencaient à devenir un peu envahissants et, sans doute, très couteux, tout en se victimisant sous le poids de la « censute étatique ».

    Cerise sur le gâteau, le journal Le Monde rapporte ce matin que Hanouna aurait répondu par la négative « pour le moment » sur l’hypothèse de sa candidature aux élections présidentielles de 2027

    L’élection présidentielle de 2027, pour l’instant, bien sûr, c’est non […] je le ferai que si un jour on a une chance de sauver la France.

    Nous voilà rassurés.

    Depuis le 28/02/2025 le canal 8 de la TNT affiche écran noir :

    Ecran C8 après le 28/02/2025

    Calme et volupté !

  • Les médias du groupe Bolloré derrière C8

    Les médias du groupe Bolloré derrière C8

    Le groupe Bolloré a déclenché un tir de barrage très nourri pour accompagner les derniers jours de l’autorisation d’émission de sa chaîne C8 sur la Télévision numérique terrestre (TNT) gratuite. Tous les salariés des médias du groupe se lamentent à l’unisson contre « cette atteinte intolérable à la liberté d’expression et à leur devoir d’informer ». Ils sont appuyés par nombre de commentateurs conservateurs anti-Macron qui en profitent pour se laisser aller contre ce président qu’ils ne sont pas arrivés à empêcher d’être élu pour deux mandats successifs.

    L’argumentation est que l’Etat « a tué » la première chaîne de la TNT « au mépris du peuple ». En réalité ce n’est pas la chaîne C8 qui est fermée, c’est son autorisation d’émettre sur une fréquence gratuite à laquelle il est mis fin. C8 peut tout à fait émettre via les box et les bouquets satellites payants comme des dizaines d’autres chaînes. Rien ne l’empêche, et surtout pas l’Etat qui est le propriétaire des fréquences de la TNT et a décidé d’attribuer celle jusqu’alors utilisée gratuitement par C8 à une nouvelle chaîne qui ne fait pas (encore ?) partie du groupe Bolloré. Même s’il décide de « fermer » C8, ce dernier continue à contrôler de nombreux autres médias, dont la chaîne CNEWS sur la TNT, qui pourront continuer à diffuser sa « ligne éditoriale ». On a vu pire comme « atteinte inqualifiable à la liberté d’expressions ».

    Et puis, qui sait, peut-être que les deux nouveaux bénéficiaires de fréquences TNT, Ouest-France TV et Réels TV, vont-elles recruter Cyril Hanouna pour se reconnecter « avec le peuple » ?

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  • Le monde des médias du groupe Bolloré en émoi

    Le monde des médias du groupe Bolloré en émoi

    Les journalistes œuvrant dans les médias détenus par le groupe de l’homme d’affaires Bolloré s’émeuvent depuis plusieurs semaines de la « mort » annoncée de la chaîne C8 pour la fin du mois de février. Celle-ci émet sur la Télévision nationale terrestre (TNT) dont les fréquences sont attribuées gratuitement par l’Etat en échange du respect d’un cahier des charges. Les supporters de C8 se lamentent, toute la journée et sur tous les médias du groupe, sur le fait que l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) organisme administratif « sans aucune légitimité démocratique » a décidé de « tuer » la chaîne ce qui serait une atteinte à inqualifiable à la « liberté d‘expression ».

    En réalité, l’Arcom a décidé d’attribuer la fréquence de C8 à une autre chaîne, donc l’une va remplacer l’autre en une sorte d’alternance même s’il semble que la nouvelle chaîne soit encore à l’état de projet. La raison la plus probable de cette décision est que l’Etat tente de mettre fin à la bêtise crasse et au racolage affligeant auxquels se livre cette chaîne. En promouvant l’abrutissement des masses et la vulgarité toute la journée la chaîne Bolloré et son animateur vedette Cyril Hanouna n’ont pas respecté les obligations déontologiques incluses dans le cahier des charges qu’ils ont signé. Comme il est difficile de justifier ouvertement ce non-renouvellement pour des motifs liés au niveau affligeant de ses programmes, sous peine d’être accusé de « mépriser le peuple », bien qu’il suffise de regarder dix minutes de l’émission quotidienne d’Hanouna pour s’en convaincre assez facilement, l’Arcom argumente plus sur le manque de pluralisme que sur l’absence d’intelligence, c’est sans doute un peu moins subjectif.

    Lire aussi : Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    C8 pourrait poursuivre son activité en tant que chaîne payante à intégrer sur des bouquets satellites ou des box. Mais évidemment ce n’est plus la même histoire et la clientèle-cible est différente dans ce cas, bien moins nombreuse. On se souvient que la chaîne d’information en continue LCI appartenant au groupe Bouygues-TF1 avait menacé de fermer purement et simplement si on ne lui attribuait pas une fréquence gratuite. Ne pas payer l’accès aux téléspectateurs facilite évidemment la diffusion et l’atteinte de la rentabilité… A priori, les dirigeants de la chaîne annoncent qu’elle fermera et licenciera ses 400 employés. Cyril Hanouna, lui, devrait rebondir sur une autre chaîne. Les soutiens de C8 affichent bien entendu la perte de 400 emplois, sans préciser bien entendu que la chaîne qui la remplacera va créer des emplois. Ils prônent également la suppression de l’Arcom coupable d’atteinte à la « liberté d’expression » sans expliquer non plus par quel processus on la remplacera pour l’attribution de fréquences de la TNT, mise aux enchères, auquel cas elles ne seront plus gratuites, attribution directement pat l’administration, autre système ?

    L’Arcom a également décidé de transférer la fréquence dont bénéficie NRJ12 à une autre chaîne ce 28 février. Ce changement se fait avec beaucoup plus de discrétion. Sans doute NRJ12 ne peut pas s’appuyer sur un groupe aussi puissant et idéologique que celui contrôlant C8.

    Ainsi va la vie dans l’audiovisuel français, de nouveaux acteurs apparaissent, d’autres disparaissent, et l’Etat qui met gratuitement à disposition des chaînes de la TNT en nombre limité, exige en échange des engagements des bénéficiaires. Cela ne parait pas illégitime mais le type de contreparties demandées peut être modifié, ou pas. Il suffit de le décider, c’est l’Etat qui régule ces fréquences et c’est à lui de décider. Si le pouvoir change de mains en France les nouveaux venus pourront faire évoluer ce système, ou pas…

    Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

  • L’abrutissement des masses

    L’abrutissement des masses

    On ne dit plus « influenceuses à forte poitrine et à neurones déliquescents » mais on dit désormais « créatrices de contenus ».

    C’est ainsi que le monde de Nabilla et de ses confrères est requalifié, sans doute pour cacher la bêtise abyssale dans laquelle ils entraînent le pays. Nabilla compte aujourd’hui 9,4 millions de « followers » sur son compte Instagram soit 14% de la population française, et elle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres mais un cas tellement représentatif de l’abrutissement considérable des masses auquel participent ces « créateurs ». Le plus inquiétant est la progression de leur audience.

    Lire aussi : Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Le cas de Nabilla est consternant par le nombre de ses suiveurs moins par son « contenu ». Elle se contente de faire des promotions commerciales de vernis à ongles et de parfum. Plus inquiétant, désormais tout le monde peut « influencer » sur ces réseaux dits « sociaux », divulguer des idéologies diverses, de Rima Hassan aux suprémacistes de tous bords, en passant par les terroristes religieux ou un président de la République française qui répond à des influenceurs sur TikTok. Et ces idéologues aux petits pieds sont quasiment certains de rencontrer un public.

    Aujourd’hui, plus grand monde ne lit la presse composée par des journalistes professionnels et les jeunes générations « s’informent » majoritairement via le monde de Nabilla. C’est une défaite de l’esprit mais ce sont ces générations qui vont désormais gouverner le monde. Peut-être vont-elles se satisfaire de ces nouveaux canaux et laisser décliner l’intelligence ? Ce sera leur choix et nous en supportons déjà collectivement les conséquences.

    Voir aussi : Un président qui boxe dans le vide

  • La gauche qui vote à droite

    La gauche qui vote à droite

    Dans un dîner en ville on débat du nouveau fractionnement de l’assemblée en trois tiers : un pour la gauche propalestinienne, un de centre droit et un de droite dure, ce qui fait, si l’on sait compter, deux tiers de droite et un tiers de gauche. Les convives progressistes ont une autre interprétation de cette réalité chiffrée : « les électeurs de la droite dure sont en fait des électeurs de gauche déçus par la gauche », d’où leur vote pour la droite de la droite. Contrairement aux apparences il y aurait en fait deux tiers de gauche et un tiers de droite.

    C’est une interprétation comme une autre, qui montre si besoin en était que la droite dure provoque toujours la même aversion de la population « de gauche » au point que celle-ci dénie même la réalité du vote des électeurs qui sont passés de la gauche à la droite. C’est en gros : « pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Alors on peut les compter comme électeurs de gauche, ils ont quand même voté à droite et il faudra bien qu’ils en assument la responsabilité même si l’époque tend de plus en plus à la déresponsabilisation générale.