Catégorie : Café du Commerce

  • L’abrutissement généré par les réseaux dits « sociaux »

    L’abrutissement généré par les réseaux dits « sociaux »

    Avez-vous remarqué combien sont nombreuses les personnes de votre connaissance s’informant exclusivement « sur les réseaux sociaux » ? Il y en a beaucoup, même au sein de populations qui ont les moyens financiers et intellectuels de s’abonner à un ou des vrais journaux écrits (en ligne ou sur papier, voire sur les deux supports) par de vrais journalistes ? Ces personnes cèdent au mirage du « gratuit » et à l’illusion de l’information alors que, le plus souvent, elles accèdent, au mieux, à de la publicité, au pire, à de la propagande.

    Les écrans de smartphones, tablettes ou ordinateurs sont livrés avec des applications natives dont les algorithmes harcèlent leurs propriétaires en leur sélectionnant des « informations » de quelques lignes sur des sujets qui collent aux « préférences » de leurs lecteurs grâce à la magie de l’algorithme. Il s’agit le plus souvent de nouvelles relevant de journaux pipole ou sportifs. On peut généralement s’en défaire en déconnectant toutes les notifications des applications livrées avec l’écran, ou celles que l’on télécharge ultérieurement, mais la plupart des utilisateurs ignorent comment faire, ou ne prennent pas les cinq minutes nécessaires pour comprendre comment procéder à cette déconnection. C’est d’ailleurs la première victoire de ces diffuseurs « d’information » : leur caractère intrusif est accepté par leurs cibles.

    Alors les notifications pleuvent sur les écrans comme à Gravelotte et les cibles se laissent séduire en les lisant. Ils tombent sur les « pensées » de Cyrille Hanouna ou des méthodes pour perdre du poids. L’objectif de ces notifications est de faire en sorte que ceux qui les reçoivent cliquent sur un lien, faisant ainsi tourner l’économie Internet tout en décérébrant les utilisateurs qui ne choisissent plus ce qu’ils souhaitent lire, laissant les algorithmes commerciaux en décider pour eux. Il y a donc une espèce de double peine : le niveau consternant des publications disponibles et le choix de celles-ci réalisé par la machine et non plus par le lecteur.

    Pour ceux dont l’ordinateur est équipé de Windows, le gloubi-boulga informatif servi de façon contraignante lorsqu’on clique sur le bouton en bas à gauche de la barre des tâches, en est une excellente illustration.

    Sur ce panneau Microsoft chaque « tuile » est en réalité un lien URL menant sur le site commercial du fournisseur de « l’information ». Certes, les sources commerciales de ces « tuiles » sont plus ou moins paramétrables mais il est impossible à l’utilisateur de Windows de faire disparaître le panneau. Il apparaît par défaut et s’impose à tous, sauf, peut-être à avoir des capacités de développeur.

    Le stade suivant de l’abrutissement des masses est l’abonnement aux pages animées par des « influenceuses » à forte poitrine, et déficience de neurones actifs, sur les réseaux dits « sociaux ». Nabilla (photo) a 9,3 millions d’abonnés à son compte Instagram (14% de la population française) et 2,7 millions sur son compte X (ex-Twitter). La nature de ses publications mérite le détour pour prendre conscience de l’étendue du désastre. Dans une publication en 2018 sur Twitter restée célèbre Nabilla vantait les mérites du bitcoin « grave en train de se développer ». L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait dû publier un contre-communiqué pour avertir des risques que présente un investissement en cryptomonnaie. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

    Lire aussi : Nabilla et le bitcoin

    L’étape ultime est l’utilisation de ces réseaux dits « sociaux » pour des objectifs de propagande politique. C’est beaucoup plus pernicieux compte tenu de la paresse intellectuelle des cibles qui prennent le plus souvent pour argent comptant ce qu’ils lisent. Les dictatures en lutte contre l’Occident usent et abusent de leurs multiples comptes sur les réseaux dits « sociaux » pour mener le travail de sape des sociétés de l’Ouest, complémentaire des guerres idéologiques et, parfois, militaires menées sur le terrain. C’est la version 2.0 de « l’agit-prop » (agitation et propagande) chère aux mouvements gauchistes des années 1960 (maoïstes, trotskystes, communistes…) qui en firent leur miel pour essayer de faire tomber la société libérale. Cette nouvelle version est bien plus efficace car touchant facilement des millions de personnes et ne nécessitant pas de violence physique, au moins dans un premier temps.

    Alors désormais dans les dîners en ville nombre de convives assènent comme des vérités des publications collectées au hasard des réseaux dits « sociaux » ou des notifications intempestives de leurs téléphones qualifiés de « smart ». Pendant ce temps, la presse se meurt, ou est rachetée par de grands groupes industriels qui l’utilisent pour diffuser leurs idées, mais encore le font-ils via des journalistes professionnels respectant un minimum d’éthique.

    L’Occident qualifié de « collectif » par le « Sud global » a inventé ces outils numériques qui aujourd’hui sont en partie utilisés contre lui. Outils de marketing et de propagande, ils aboutissent aussi à l’abrutissement des masses ce qui n’est jamais de bon augure. Mais ce ne sont que des outils et, pour rester optimistes, il suffit de les utiliser autrement pour rendre leurs effets plus positifs. En attendant, un simple abonnement à un journal en ligne qui vaut 10 EUR/mois permettrait d’asséner moins d’inepties dans les dîners en ville.

  • Wi-Fi « républicain »

    Wi-Fi « républicain »

    Installé dans son TGV Inouï, le voyageur recherche tranquillement le Wi-Fi de la SNCF pour y connecter son téléphone mobile. Du coup les identifiants de téléphones des passagers dont le Wi-Fi est activé apparaissent sur son écran. Le plus souvent anonymes, l’un d’eux est personnalisé de façon un peu voyante : « Si tu votes RN t’es un GROS NAZE » affiche cet identifiant. Le voyageur cherche des yeux si les députés Sébastien Delogu ou Thomas Portes seraient dans le wagon. Mais non, il doit s’agir seulement de l’un de leurs admirateurs.

  • La presse en France

    La presse en France

    Les grands capitaines d’industrie continuent d’acheter les titres de la presse française et différents médias. La dernière acquisition en date est celle de l’hebdomadaire Paris Match par le groupe de Bernard Arnault après celle encore toute fraîche du groupe BFM par l’armateur CMA-CGM. Généralement ces hommes d’affaires sont plutôt libéraux, voire « de droite » et les médias dont ils sont désormais propriétaires ne diffusent pas vraiment d’idées révolutionnaires. Quelques exceptions toutefois avec les quotidiens Libération et Le Monde, financés eux aussi par des hommes d’affaires mais qui laissent une liberté éditoriale à ces journaux via différents instruments (fondations, pôles d’indépendance…). Le premier affiche une ligne éditoriale clairement « de gauche », le second plutôt de « centre gauche ». Ces sensibilités restent minoritaires dans une presse nationale française globalement acquises aux idées conservatrices et, surtout, au simplisme politique.

    Dans les dîners en ville les bourgeois « pas bohème » s’émeuvent de la « bolchévisation » du Monde depuis qu’en mai 1981 il a appelé à voter François Mitterrand. Peut-être sont-ils devenus eux-mêmes plus conservateurs depuis toutes ces années. Les bourgeois restés « bohème » se satisfont de ce journal intelligent, longtemps dit « de référence ». Dans le reste de la population, le journal Le Monde est un O.V.N.I. tant l’abrutissement des masses s’aggrave. Alors que les campagnes électorales se déroulent désormais plus chez Cyril Hanouna que sur les médias historiques, lire des articles de deux pleines pages d’un quotidien, fût-il « de référence », relève de la mission impossible dont plus grand monde n’a envie.

    On doit se féliciter qu’il existe encore des financiers capitalistes disposés à financer ce journal en lui laissant sa liberté éditoriale. Pas sûr qu’ils ne soient disposés à le faire encore très longtemps, hélas !

  • L’abrutissement des masses toujours à la hausse

    L’abrutissement des masses toujours à la hausse

    A la suite de la mort d’un gendarme tué par un chauffard sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants, multirécidiviste, sa veuve a prononcé quelques mots durant la cérémonie d’hommage qui lui a été rendue dans sa caserne du sud de la France à Mougins fin août. Elle a parlé de « laxisme », « d’excès de tolérance », affirmé que « la France a tué [mon] mari » et fait référence à l’année 1981, sans doute pour évoquer l’abolition de la peine de mort qui a été adoptée cette année-là.

    Elle est depuis la cible de cyberharcèlement sur les réseaux dits « sociaux » où se déverse toute une logorrhée haineuse et vulgaire la visant ainsi que les forces de l’ordre. L’effet de meute joue à plein et chaque « auteur » rivalise de violence avec ses collègues. Cette veuve est traitée de « truie », menacée de mort, invitée à « rejoindre son mari », etc. Devant l’abjection de cette communication, le procureur général s’est saisi du dossier pour d’éventuelles poursuites. On arrive généralement assez facilement à retrouver les auteurs « anonymes » grâce aux adresses IP de leurs ordinateurs ce qui d’ailleurs montre leur naïveté et le côté naturel de l’insulte adopté comme mode d’expression. Et quand on les retrouve devant un tribunal on voit généralement M. et Mme. Michu, qui pourraient être nos voisins de paliers, expliquer « qu’ils n’avaient pas conscience de ce qu’ils faisaient » avec des mimiques d’angelots implorant l’innocence.

    De telles attitudes sont le fruit d’une ou deux générations de citoyens laminés par l’irresponsabilité générale qui gouverne notre société, abrutis par une publicité envahissante, le fouteballe décérébrant, les influenceuses à forte poitrine, la télé-réalité, Cyrille Hanouna et Christine Boutin, bref un environnement où on a l’impression que la bêtise, l’inculture et la facilité sont érigés en modes de vie et largement valorisés. Evidemment on peut imaginer que si ces forbans de réseaux dits « sociaux » lisaient Balzac et Hannah Arendt au lieu de déverser leurs tombereaux d’injures numériques nous n’en serions pas là, mais tel n’est pas le cas. Comment inverser cette décadence ? Pas facile d’voir des idées efficaces pour sortir notre civilisation de ce marigot de la pensée.

    En attendant, la veuve éplorée du gendarme et ses enfants subissent l’ignominie dans une indifférence largement partagée.

  • L’invasion allemande des Birkenstock

    L’invasion allemande des Birkenstock

    L’Allemagne est une grande nation qui a significativement participé à l’élaboration de la culture occidentale, de la musique à la philosophie, en passant par la peinture, la poésie ou le cinéma. Goethe, Brahms, Kant, Hegel, Arendt… ne sont que quelques grands noms extraits de la longue liste des intellectuels allemands qui ont marqué l’époque contemporaine. Le pays a également un côté sombre qui a mené aux dérives des années 1930 où l’idéologie nazie a dévasté l’Europe.

    Le 25 août 1944, le Général von Choltitz remettait la reddition de l’armée allemande occupant Paris au Général Leclerc et au chef communiste résistant Rol-Tanguy. 80 ans plus tard, l’Allemagne qui a réintégré ses frontières historiques continue à envahir l’Europe, et même le monde, avec un outil certes bien plus pacifique mais toujours très voyant. La sandale Birkenstock a été adoptée par une grande partie de la population mondiale. En France elle est portée à la ville comme à la plage et les Français semblent heureux de s’afficher avec ce godillot lourd et inélégant, fruit d’un improbable croisement entre le sabot paysan et la tong estivale. Le résultat est plutôt affligeant mais le porteur de sandales Birkenstock affiche une satisfaction non dissimulée de vivre ses pieds à l’air (et à l’aise) dans ses sandales.

    Birkenstock est le nom du cordonnier qui a créé la société en 1774, « pionnière dans le domaine de la santé du pied » mais c’est surtout à la fin du XXème siècle que cette godasse teutonne a envahi nos plages et nos trottoirs. C’est regrettable car le résultat esthétique est peu reluisant. L’Allemagne nous avait habitué à mieux !

    Lire aussi : « Paris brûle-t-il ? – Quand le cinéma réinvente la Libération » au musée de la Libération de Paris
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  • Mais quand vont-ils se taire !

    Mais quand vont-ils se taire !

    Le problème avec la mort d’un artiste c’est que l’on ressort immanquablement Jack Lang et Line Renaud de leur naphtaline pour leur demander leur avis nécrologique. Ce matin, la France estivale a appris le décès de l’acteur Alain Delon. Aussitôt Jack et Line se sont exprimés sur divers réseaux dits « sociaux ». A quoi peuvent donc bien servir les commentaires de Line Renaud (96 ans) et Jack Lang (84 ans) sur la carrière et la personnalité d’un acteur décédé ?

  • Fin de vie : « c’est pas à nous d’faire ça ! »

    Fin de vie : « c’est pas à nous d’faire ça ! »

    Les débats parlementaires ont débuté les discussions sur le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie. Le thème est sensible en ce qu’il agite les convictions profondes des uns et des autres, auxquelles se mêlent éventuellement leurs croyances religieuses ou leur foi en la laïcité. Bien sûr nous somme en France, alors les petites querelles politiciennes ne sont jamais loin. Des réflexions profondes et respectables sont partagées dans les médias. Des membres du personnel soignant, des philosophes, des malades, des chercheurs font part, le plus souvent avec beaucoup de tact et de modération, de leurs positions sur des sujets aussi vertigineux que : faut-il autoriser un patient à mettre fin à ses jours ? Pour quelles pathologies, à quel stade de celles-ci ? Faut-il inclure les maladies mentales ? Si le patient exprime sa volonté de mourir mais n’est plus en mesure de se « suicider », faut-il autoriser quelqu’un de son entourage à administrer le produit qui va donner la mort ? Ou imposer ce geste au personnel soignant ? Faut-il s’arrêter au « suicide assisté », aller jusqu’à l’euthanasie ? Bref, on est au cœur d’une véritable modification du statut donné jusqu’ici à la vie dans nos sociétés occidentales depuis des siècles et il n’est pas facile de trouver une voie satisfaisante pour tous.

    Alors chacun y va généralement de son exemple personnel sur un cas tragique de son entourage pour en tirer des conclusions souvent diamétralement opposées sur la façon souhaitable de le traiter le cadre général de la loi. Les références à l’expérience des pays européens qui sont allés vers l’euthanasie donnent aussi souvent lieu à des interprétations contradictoires

    Dans un très intéressant podcast en quatre épisodes de l’émission « Lsd – la série documentaire », intitulé « Des vivants jusqu’à la mort » l’émission interroge les acteurs de ces questions, y compris les malades et leurs familles, et l’on entend s’exprimer avec intelligence des positions qui semblent irréconciliables.

    Ecouter aussi :

    La fille d’un patient explique comment elle a pu se procurer illégalement un produit létal via une association proactive en la matière et l’a administré elle-même à son père, pour respecter sa volonté. On imagine aisément le traumatisme engendré par ce geste sur les survivants. Dans un cri du cœur cette femme dit : « c’est pas à nous d’faire ça ! ». C’est bien là tout le problème, qui « doit faire ça » ? Réflexe bien français même en ces circonstances dramatiques, le citoyen répond : « l’Etat [ou ses représentants] doit le faire ». Facile…

    Le corps médical est partagé, certains soignants expliquent qu’ils se voient mal effectuer le geste léthal, d’autres y sont favorables. Beaucoup s’expriment pour dire que la loi dite « Leonetti – Claeys » (du 02/02/2016) actuellement en vigueur est un cadre juridique satisfaisant pour appréhender la fin de vie des malades. Elle prévoit la mise en sédation profonde jusqu’à la mort du patient.

    Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d’état d’exprimer sa volonté, à l’issue d’une procédure collégiale définie par voie réglementaire.

    Article 2

    La sédation profonde et continue associée à une analgésie prévue au présent article est mise en œuvre selon la procédure collégiale définie par voie réglementaire qui permet à l’équipe soignante de vérifier préalablement que les conditions d’application prévues aux alinéas précédents sont remplies.

    Article 3

    Avant cette loi, chacun admet que le corps médical prenait parfois les décisions qui s’imposaient dans le secret de réunions collégiales pour abréger les souffrances intolérables et sans espoir de certains patients. Cela se faisait sans cadre légal, ce qui n’était plus en accord avec la judiciarisation de notre société. MM. Claes et Leonetti avaient initié la réflexion sur le vote d’une loi pour encadrer la pratique, mais sans aller jusqu’à légaliser le suicide assisté ou à l’euthanasie comme envisagés dans la présente loi. Les allers-retours en cours entre sénat et assemblée nationale montrent qu’une presque-majorité cherche à assouplir le projet de loi pour élargir le plus possible l’accès à cette fin de vie assistée ou provoquée. La loi finalisée devrait être votée d’ici à l’été. La majorité des citoyens affirment dans les sondages qu’ils sont en faveur de l’accès au suicide assisté voire à l’euthanasie mais ils ne précisent pas s’ils sont prêts à pratiquer le geste léthal eux-mêmes ou s’ils entendent le « déléguer » à d’autres…

    D’ores et déjà ce projet de loi réactive l’éternel conflit entre Intérêts particuliers et intérêt général, ce dernier étant bien délicat à définir de façon unanime en la matière

  • Une tranche de vie sur la ligne de bus 62

    Une tranche de vie sur la ligne de bus 62

    Vendredi 3 mai, il est 11h dans le XIVe arrondissement, station Tombe-Issoire de la ligne de bus 62, non loin des allées ombragées du parc Montsouris, direction Porte de Saint Cloud et le XVIe. Il fait beau, l’ambiance de cette mi-journée est plutôt guillerette. Une petite foule tranquille monte dans le véhicule.

    A la station Convention dans le XVe une femme d’un certain âge, appelons là Simone, appuyée sur deux cannes, d’un tour de taille plutôt ample et traînant un lourd caddy, demande bruyamment de l’aide pour monter son chariot dans le bus, aide qui lui est bien volontiers octroyée par des gens debout sur la plateforme. A peine les pieds posés dans le bus, se tournant vers un jeune homme d’origine asiatique, avachi sur un siège, appelons-le Kevin, elle exige toujours aussi bruyamment qu’il lui cède sa place assise. Sous sa capuche jaune Kevin lui répond qu’il est atteint d’une scoliose et ne peut pas lui laisser sa place. Sur la plateforme les gens maugréent devant ce manque d’éducation.

    Simone se tourne alors vers l’autre côté du couloir et avant même qu’elle ait pu agresser un autre passager pour exiger son dû, une femme « racialisée » en boubou multicolore, appelons-la Fatoumata, se lève pour lui céder sa place. Entre temps, celle à côté de Kevin se libère et Fatoumata s’y assied. Simone a installé son volumineux caddy dans le couloir et la place côté fenêtre est restée libre. Pendant une bonne partie du reste du trajet elle bloque le couloir avec ses courses et interdit l’accès à la place libre à côté d’elle au motif qu’elle ne peut pas bouger.

    Fatoumata entre temps a branché ses écouteurs et converse très fort avec un interlocuteur dans une langue probablement d’origine africaine. Simone a démarré une partie de Pac-Man sur son téléphone. Lorsque Kevin se lève pour descendre à une station, il ne paraît pas particulièrement handicapé par sa scoliose et Simone commente bien fort « qu’il paraît plus handicapé de la tête que des jambes »… Elle est largement approuvée par les passagers debout qui maugréaient tout à l’heure.

    Trois stations plus loin, nous sommes dans le XVIe, une passagère monte dans le bus, appelons-là Bérangère. Elle est manifestement du quartier si l’on en juge par les visites régulières qu’elle fait à son chirurgien esthétique qui a beaucoup travaillé sur son visage, pour un résultat plus proche d’ailleurs de la tête Michaël Jackson à la fin de sa vie que de celle d’Adriana Karembeu. Bérangère se retrouve coincée devant le caddy de Simone qui bloque l’accès au couloir. Très naturellement elle se tourne vers Fatoumata pour lui demander de pouvoir passer alors qu’il s’agit du chariot de Simone. Fatoumata interrompt sa conversation en wolof et s’énerve devant ce comportement raciste de Bérangère qui présuppose que l’origine « racialisée » de Fatoumata en fait la responsable évidente de cette obstruction. Bérangère en prend pour son grade et tout le bus suit le débat. Un généreux passager debout sur la plateforme propose alors de déplacer le caddy à côté de lui, ainsi Bérangère, le nez pincé autant par son chirurgien que par la colère devant cet esclandre, peut aller s’assoir juste derrière Simone.

    L’histoire se termine à la station Pont Mirabeau dans le XVIe et la morale en est plutôt triste devant cette population nombriliste et mal élevée, habitant entre le XIVe et le XVIe, sans doute pas les quartiers les plus défavorisés de la capitale, et qui ne sait s’exprimer que de façon agressive et courroucée, méprisante et guindée. Des citoyens abrutis par la publicité envahissante, les matchs de fouteballe, les émissions de Cyril Hanouna et les informations de Pascal Praud et dont les synapses se déconnectent progressivement, laissant leurs neurones sans plus de communication entre eux. C’est une énième manifestation de la perte de toute notion de l’intérêt général au profit de misérables petits tas d’intérêts particuliers. Le résultat n’est vraiment pas brillant et il n’est pas facile de garder le moral devant une telle déchéance.

  • Nestlé et le blackface

    Nestlé et le blackface

    Les capsules Nespresso de couleur marron sont composées de café d’origine africaine, celles rouge-orangé sont faîtes avec du café d’Amérique latine. Pas sûr qu’une telle convention de couleurs plaise aux décolonialistes… Ne pourrait-elle rentrer dans ce qui est dénommé le blackface, ou « grimage en noir », synonyme pour les défenseurs des théories wokistes de racisme antinoir ?

    Cet industriel helvétique ayant déjà des comptes à rendre en ce moment sur la toxicité de certains de ses produits ménagers et eaux minérales, il est étonnant que le fabricant Nestlé n’ait pas encore été attaqué sur le sujet du blackface de ses capsules de café !

  • Des ministres de l’éducation nationale mettent leurs enfants dans l’école privée

    Des ministres de l’éducation nationale mettent leurs enfants dans l’école privée

    Un nouveau sujet fait l’actualité du microcosme politico-médiatique français. Les enfants de la nouvelle ministre de l’éducation nationale, une ancienne joueuse de tennis d’orientation centre-droit, sont dans l’enseignement privé au collège Stanislas. Ceux de son prédécesseur, plutôt de centre-gauche, étaient également dans le privé, à l’école alsacienne. Le premier établissement est catholique, fondé par des ecclésiastiques « comme maison d’éducation chrétienne de garçons » Le second a été fondé après la perte de l’Alsace et la Lorraine en 1870 pour réformer l’enseignement français qui a amené la France à la défaite face aux Prussiens.

    Sur le site Internet de Stanislas on peut lire le compte rendu des célébrations du 8 décembre :

    En ce 8 décembre, Stanislas a célébré l’Immaculée Conception, sainte patronne de notre établissement. La journée a commencé à Saint-Sulpice pour les élèves du collège, du lycée et des classes préparatoires avec une messe solennelle, célébrée par le nonce apostolique en France, et suivie d’un petit-déjeuner avant le retour en cours.  Les élèves de maternelle et de CP ont déposé au pied de la Vierge du Rocher qui veille » sur notre établissement les fleurs blanches qu’ils ont apportées ce matin. Les élèves du Ce1 au CM2 ont célébré Marie lors d’une messe à Notre-Dame des Champs cet après-midi.

    https://www.stanislas.fr/letablissement/lhistoire-de-stanislas/

    On y apprend aussi que l’enseignement est mixte depuis 1992, et que l’internat est ouvert aux filles en 2018 via un lieu dédié :

    En septembre 2018 Stanislas a inauguré l’ouverture du foyer de jeunes filles Sainte-Claire afin d’accueillir davantage d’élèves internes filles en classes préparatoires.

    https://www.stanislas.fr/vie-pastorale/8-decembre-fete-patronale-de-stanislas/

    Il ne doit pas y avoir de toilettes « non binaires » à Stanislas.

    Evidemment, il n’est pas interdit par la loi qu’un ministre mette ses enfants dans une école privée mais cela montre son rejet de l’enseignement public qu’il est chargé d’administrer et, si possible, d’améliorer. Bien sûr cela n’en fera pas forcément un mauvais ministre mais à une époque de transparence obligatoire et où tout doit être justifié devant tout le monde, et spécialement les non-sujets, il est plus que prévisible qu’un ministre de l’éducation nationale ayant ses enfants dans l’enseignement privé sera soumis à un harcèlement sur le sujet par une presse avide de polémique. Le temps du « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » n’est plus d’actualité dans ce monde d’aujourd’hui.

    Sur 65 millions de français il devrait tout de même être possible d’identifier des candidats compétents pour ce poste de ministre qui, soit n’ont pas d’enfant, soit mettent leurs marmots à l’école publique ! Cela éviterait les pertes de temps considérables auxquelles donnent lieu ces débats inintéressants. Cela devient désormais un critère de la fiche de poste du ministre de l’éducation nationale : avoir ses enfants dans l’enseignement public. Si on refuse ce nouvel état de fait, l’autre solution pour le ministre mis en cause et sa hiérarchie est de refuser de répondre aux questions sur le sujet que journalistes et opposants ne cessent de poser, et de voir qui renoncera le plus rapidement du ministre ou de ses questionneurs.

    Hélas, hélas, hélas, la politique recule souvent sur le fond pour protéger son image. Il n’est pas sûr que l’actuel ministre arrive à tenir face à la polémique !

  • A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    Un nouveau premier ministre a été nommé en remplacement d’Elisabeth Borne, dont on ne sait pas exactement ce qui lui était reproché. Elle a passé les clés de l’hôtel de Matignon aujourd’hui en début d’après-midi à Gabriel Attal dont la principale qualité semble être sa jeunesse, il a 34 ans, et le fait qu’il ne passe jamais beaucoup de temp dans les postes qu’il occupe car il est constamment aspiré toujours plus haut…

    Cet après-midi, avant même d’installer ses petites affaires dans sa nouvelle demeure il est allé rendre visite au Pas-de-Calais en proie à des inondations interminables depuis la fin de l’année 2023. Bien sûr, une fois arrivé sur place, et devant les malheurs des citoyens de cette région, il a glosé sur « la solidarité nationale » et, donc, procédé à l’annonce de nouvelles dépenses publiques, sans un mot bien sûr sur la façon dont elles seront financées, ou les économies qui seront faites ailleurs pour faire jouer cette solidarité bienvenue.

    C’est une nouvelle fois l’application du syndrome de la politique française dont les membres n’existent que s’ils annoncent de nouvelles dépenses publiques. Sans remettre systématiquement en cause l’opportunité de telles dépenses, il serait opportun de préciser à chaque annonce son mode de financement. Il n’y a que trois possibilités : l’augmentation des impôts, la compensation avec la baisse d’une autre dépense ou l’augmentation de la dette publique si on ne peut pas appliquer l’une des deux premières méthodes. Toute le monde est capable de comprendre cette information. A défaut, les citoyens s’imaginent que « l’Etat paiera » et qu’il suffit de passer à la caisse en faisant venir un ministre. C’est ce qui se passe depuis des décennies en France et explique la situation financière délicate du pays par rapport aux autres pays d’Europe de l’Ouest.

    Lire aussi : La France pas assez raisonnable

  • Des baskets et pas de tête

    Des baskets et pas de tête

    Dans un train Paris-Brest, un jeune en jogging blanc et baskets de la même couleur (il ne porte pas de casquette) écoute son smartphone avec le son ouvert, certes à un niveau faible, mais suffisant pour que ses voisins autour de lui entendent. Et lorsqu’il lui est demandé aimablement de porter ses écouteurs ou de couper le son, il s’exécute en s’excusant mais comme il utilise en parallèle son application WhatsApp, chaque fois qu’il envoie un message on entend un léger « ploc » suivi d’un « plic » lorsqu’il reçoit la réponse. Les messages ne faisant pas plus de 3 ou 4 mots, les plic et les ploc prolifèrent.

    Deux rangs derrière, une dame sexagénaire, après avoir téléphoné bruyamment, déplie son pic-nic et laisse ses déchets sur sa tablette en partant.

    Le train est plein et transporte son habituel pourcentage de gens mal-élevés qui ne se sentent même pas coupables de leurs légères incivilités. Ce n’est plus une question d’âge, juste un affaissement des principes, la confirmation d’une certaine décadence.

  • Dvorak et Bernstein à Saint-Etienne du Mont

    Dvorak et Bernstein à Saint-Etienne du Mont

    Sur cette bonne vieille Montagne Sainte-Geneviève, le cœur du quartier étudiant et intellectuel de Paris durant des siècles, l’église Saint-Etienne du Mont accueille le Chœur Symphonique de Paris, dirigé par Xavier Ricour, qui chante la messe en ré de Dvorak (1841-1904) et les Chichester Psalms de Leonard Bernstein (1918-1990). Il n’y a pas d’orchestre mais une organiste, Mélodie Michel, perchée dans les hauteurs, suivant la baguette du chef sur un écran vidéo face aux imposants tuyaux d’orgue de l’église.

    Autant Dvorak est d’une pure facture très classique autant le Bernstein chahute un peu l’oreille. Une batterie et une harpe ont été ajoutée marquant aussi la modernité de l’œuvre inspirée du Livre de psaumes de la Bible hébraïque et chantée en hébreu. Le chœur est renforcé par un jeune contre-ténor, Arnaud Gluck, dont la voix de tête monte bien haut dans les arches de l’église et le cœur de l’assistance. Bernstein, chef d’orchestre, pianiste et brillant compositeur a vogué sur tous les courants musicaux de son siècle avec un égal bonheur, de la comédie musicale au dodécaphonisme en passant par le blues. Le concert ce soir remporte un franc succès et donne l’envie de découvrir ces psaumes plus avant.

    Dans la file pour d’attente pour accéder à l’église, deux vieilles dames à la peau parcheminée par le temps et le bronzage artificiel, très 6ème arrondissement, parlent du coronavirus. L’une affirme à l’autre : « ne te fais surtout pas vacciner car tu es ainsi sûre de l’attraper ». On a beau venir partager de la musique sacrée, on n’en reste pas moins concerné par les tracas du quotidien…

  • « Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique » de Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist

    « Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique » de Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist

    Ce documentaire détaille quatre cas de cyberharcèlement subis par quatre personnes dans quatre pays. En Italie, par la présidente de l’assemblée nationale, aux Etats-Unis, par une élue du Vermont, en France, par une réalisatrice, et au Canada, par une enseignante québécoise.

    C’est à chaque fois une histoire un peu similaire : un déchaînement d’injures, de menaces de viol, de mort, qui s’abat soudain sur ces personnes via les réseaux dits « sociaux », pour n’importe quelle raison, qu’elles soient célèbres ou inconnues, engagées politiquement ou pas, noires, blanche ou d’une autre couleur, pour des motifs politiques ou pas, sexuels ou non, parfois juste pour le plaisir de nuire. Certaines victimes y résistent courageusement, d’autres prennent peur et cèdent pour mettre fin à la menace.

    Le cyberharcèlement se montre surtout sous son vrai jour : une avalanche de bêtise crasse déversée par des décérébrés se sentant tout puissants derrière leurs écrans, ne se cachant même pas dans l’anonymat puisque la plupart revendiquent tout à fait publiquement leurs sordides actions numériques. Ce film expose au grand jour le niveau de dégénérescence dont souffre une partie de notre société à force de publicités abrutissantes, de télévisions débilitantes, de comportements politiques infantiles, de matchs de ballon aux accents racistes ou nationalistes, de « débats » menés par Cyril Hanouna et consorts…

    Un certain nombre d’individus n’arrive pas à s’extraire de cet environnement déliquescent et libère bile et frustrations en nuisant à son prochain et utilisant la puissance du numérique. Ce n’est pas réjouissant !

  • Le rugby des dîners en ville

    Le rugby des dîners en ville

    Dans les diners en ville, les amateurs de rugby à la télévision défendent mordicus que c’est un sport « de gentlemen » et lorsqu’on leur rétorque que c’est tout de même une activité violente on s’entend répliquer que l’on ne comprend rien à ce sport « tout en noblesse ». Quand on voit la tête de certains joueurs de rugby à la sortie des terrains on se demande vraiment où est la noblesse de ces montagnes de muscles qui s’entrechoquent de plus en plus violemment au point qu’il y a régulièrement des morts.

    D’ailleurs les joueurs professionnels eux-mêmes se mettent de plus en plus à attaquer leurs fédérations en dommages et intérêts pour ne pas les avoir assez protégés et pour faire face à leurs soins de santé. Beaucoup d’entre eux souffrent de démence à force d’avoir reçu des chocs sur la tête. En France, la fédération et la ligue du ballon ovale rétorque qu’elles installent des médecins indépendants sur les terrains du championnat et sensibilisent les équipes aux risques de commotions cérébrales. Sur les terrains amateurs la situation est encore moins contrôlée face à des risques similaires.

    Même devant ces faits documentés, les dîners en ville bruissent de commentaires énamourés à l’égard de ces brutes autodestructrices : « Un peu de brutalité et de virilité dans le respect des règles », ou encore « Un jeu de brutes exécuté par des gentlemen », etc. En réalité, les amateurs embourgeoisés de rugby télévisuel aiment s’encanailler devant le spectacle de ces violences qui leur font envie du fond de leur canapé, sans parler des troisièmes mi-temps fortement arrosées, voire sexualisées, tout en sirotant leur whisky Single Malt muri dans la tourbe irlandaise. La coupe du monde de rugby qui va se dérouler en France le mois prochain les fait frétiller de satisfaction tout en continuant à vanter ce sport ultra-violent, et en espérant que leurs enfants ne le pratiqueront pas un jour.

    Lire aussi : Des joueurs de rugby rendus séniles par les chocs répétés

  • « La critique est facile mais l’art est difficile… »

    « La critique est facile mais l’art est difficile… »

    Entendu lors d’un dîner en ville de CSP+ (voire +++).

    • Macron est un incapable
    • Les élus sont nuls
    • La délocalisation dans l’industrie pharmaceutique entraîne la pénurie des médicaments
    • Les voitures électriques ne remplaceront jamais les véhicules thermiques
    • La politique énergétique du gouvernement est à jeter
    • La financiarisation de l’économie déconnecte les dirigeants de l’économie réelle
    • Les dividendes versés aux capitalistes augmentent quand le standing des hôtels diminue pour les salariés en mission
    • Etc. etc.

    On voit ici l’illustration du syndrome français : simplisme et critique généralisée, qui explique aussi pourquoi la France est un pays gros consommateur de psychotropes. Tout est noir, tout est à jeter et, du fond de son fauteuil, le Français a la solution évidente à tous les maux du pays, il suffit de l’écouter. Aucune réalisation ne rencontre son agrément, celles dont il bénéficie sont considérées comme normales, comme un dû, mais jamais portées au crédit de leurs initiateurs. Ce comportement pessimiste et négatif est en partie responsable de l’immobilisme, de l’inertie, du pays et de son enfoncement progressif dans le déclassement et une certaine décadence. Il marque aussi la différence avec les pays anglo-saxons plus dynamiques, plus réactifs pour chercher et mettre en œuvre des solutions à ce qui doit être amélioré.

    La vieille Europe latine est accrochée aux oripeaux de sa gloire passée, « c’était mieux avant », plutôt que de définir les conditions de son futur dans un monde qui évolue à un rythme encore jamais constaté.

  • Dialogue sur une aire de repos

    Dialogue sur une aire de repos

    Une grosse berline est arrêtée à l’ombre des arbres d’un parking de station essence au bord d’une route bretonne à quatre voies. A l’arrière une vieille femme, voilée et âgée, somnole, devant, une jeune maman donne le biberon un nourrisson et à l’extérieur un papa jovial s’occupe de sa petite fille. Ils sont en route pour des vacances à Perros-Guirec.

    Le chroniqueur est également au repos pas loin de la berline, la petite fille vient lui rendre visite et le voilà qui entame la conversation avec le papa jovial et sympathique, jeune quarantenaire avec un peu d’embonpoint et la barbe de quatre jours de rigueur, ingénieur informaticien, autrefois freelance mais désormais salarié depuis qu’il a deux enfants « pour la sécurité financière ».

    Et puis la conversation tourne vers la réforme des retraites françaises. Le papa goguenard ne semble pas traumatisé par l’allongement du nombre d’années à travailler pour sa génération avant de pouvoir prendre une retraite à taux plein :

    – Moi j’ai fait Bac+5, donc j’ai commencé à travailler à 25 ans, 25 + 43 cela une retraite à 68 ans !
    – Oui, c’est assez logique, mais vous n’avez jamais travaillé durant vos cinq années d’études, vous n’avez pas accumulé quelques trimestres à l’assurance vieillesse ?
    – Ah non, je n’ai pas travaillé durant mes études.
    – Ce n’était pas interdit pourtant et puis c’est plutôt intéressant même s’il s’agit de « petits boulots », ça forme le caractère et… ça rapporte des trimestres pour la future retraite.
    – Ah oui, c’est vrai, eh bien je le dirai à mes enfants pour plus tard !

    Et la petite famille repart dans sa confortable berline, probablement une voiture de fonction, vers un repos breton sans doute bien mérité. Encore un citoyen qui devait être opposé à la réforme des retraites et qui, manifestement, ignorait la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi ». Tant pis pour lui, il travaillera un peu plus longtemps que ses aînés et il n’en mourra pas.

    Ségolène Royal, toujours à propos
  • Bonjour les gogos

    Bonjour les gogos

    On ne dit plus « influenceuse » mais « créatrice de contenu » !

    Sur le fond rien n’a changé, on parle toujours de nunuches à gros seins assurant la promotion de marques de vernis à ongles histoire de vendre à des gogos des produits dont ils n’ont pas besoin.

    Lire aussi : Booba Robin de Bois

  • Booba Robin de Bois

    Booba Robin de Bois

    On connaît le poète Booba et ses compositions romantiques (lire aussi : Les idoles de la jeunesse), on ignorait son côté Robin de Bois volant à la rescousse des gogos escroqués par les « influenceurs et influenceuses », une espèce extrêmement nuisible au développement intellectuel des citoyens.

    Nabilla est la parfaite représentante de ces VRP (voyageur représentant placier) du XXIème siècle : charcutée par la chirurgie esthétique (poitrine démesurée, lèvres refaites…) et peu gâtée par la nature en termes de neurones connectés, ex-vedette de la télé-réalité, habituée des magazines à scandales, résidante à Dubaï et prête à tenter de vendre n’importe quoi aux suiveurs des réseaux dits « sociaux » qu’elle anime (trois millions sur Twitter notamment).

    Lire aussi :
    Nabilla et le bitcoin
    Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Booba fait la une (le « buzz » comme on dit aujourd’hui) depuis plusieurs semaines sur les réseaux dit « sociaux » dans le cadre du combat qu’il mène contre ceux qu’il qualifie « d’influvoleurs ». Il s’en prend tout particulièrement à l’une d’entre elles qui dirige une entreprise mettant en rapport les sociétés commerciales et des « influenceurs » censés promouvoir leurs produits. La nunuche visée n’est probablement pas plus voleuse que ses coreligionnaires mais c’est elle qui prend. Booba, avec la délicatesse d’un rappeur musculeux dans un magasin de porcelaine attaque « l’influvoleuse » à coups de tweets vengeurs et peu délicats. Le garçon ayant 6 millions de suiveurs (contre 40 mille à sa cible) ses tweets sont relayés par ses fans qui y ajoutent souvent des insultes et parfois des menaces de mort envers la malheureuse « influenceuse ».

    Harcelée, elle et sa famille, depuis un an, elle vient de porter plainte contre la plateforme Twitter qui laisse faire le rappeur ! Booba qui harcèle une « influenceuse » sur Twitter c’est l’hôpital qui se moque de la charité. La situation serait risible si elle n’étai pas si symptomatique de l’effondrement moral de notre époque qui glorifie le vide la pensée, le narcissisme ravageur de ses acteurs, la vulgarité endémique de ses héros.

    Il ne manquerait plus que Booba et cette influenceuse soient invitées sur le plateau de Cyril Hanouna pour couronner cette affaire de si peu d’intérêt !