Catégorie : Café du Commerce

  • Le risque et la vie

    Des français sont coincés un peu partout dans le monde suite au nuage volcanique islandais qui paralyse le ciel européen. Bien sûr ils se plaignent de ce que leur gouvernement ne leur paye pas l’hôtel dans les villes où ils sont bloqués ni n’affrète bateaux et bus pour les ramener sans délai à bon port.

    Bien que notre parlement ait introduit le principe de précaution dans la Constituion (l’une des dernières déplorables lubies de Chirac « roi-fainéant ») ils en oublient que l’action humaine est sujette au risque et qu’un avion qui vole le lundi peut ne pas voler le mardi, voire s’écraser le mercredi. Donc le consommateur de voyages veut mutualiser ses pertes et les faire payer par le contribuable.

    Pendant ce temps la SNCF continue sa grève comme si de rien n’était, quelques soient les circonstances. Des voyageurs éplorés ramenés tant bien que mal sur les aéroports encore ouverts du sud de la France campent à la gare Saint-Charles après avoir squatté les halls d’aéroports.

    Tout ceci n’est quand même pas la fin du monde. Le peuple des touristes ferait mieux de méditer sur ce que disait ce vieux Joe Strummer (The Clash) :

  • Mauvais goût et victimisation

    Tout en subtilité des propriétaires de maisons promises à l’indemnisation/expropriation à la suite des inondations survenues il y a quelques semaines parlent de déportation et d’étoile jaune pour illustrer leur triste sort. C’est de mauvais goût.

  • Vacances poudrées à Saint-Domingue

    Les deux gamines condamnées à 8 ans de prison pour trafic de drogue en République Dominicaine sont graciées par le président de ce pays après 18 mois de détention. On avait retrouvé 6 kilos de cocaïne dans leurs bagages au départ de Saint-Domingue. Elles ont clamé dès le départ que ces sacs de cocaïne étaient arrivés dans leurs valises sans qu’elles ne s’en aperçoivent… Soit, mais le contraire est également possible.

    Allez, passons l’éponge, elles sont peut-être coupables, peut-être innocentes, mais elles ont fait 18 mois de prison. Elles seront en tout cas mieux en liberté en France plutôt qu’en prison en République Dominicaine. La prochaine fois les filles, allez passer vos vacances dans le Limousin, c’est moins dangereux !

  • La France éternelle

    La France râle… comme toujours. Il y a 15 jours elle se marrait devant Roselyne et ses 95 millions de doses de vaccin contre la grippe A et aujourd’hui elle hurle car il leur faut attendre 2 heures pour faire vacciner les gamins au gymnase du coin. Quelle affaire ! Entre les deux il y a eu 65 morts. Cela vaut peut-être la peine de perdre 120 mn pour obtenir un vaccin… Cela fait presque la durée d’un match de fouteballe, y compris la tournée de bière post-match et la lecture de L’Equipe du lendemain matin !

  • Pas très gaie la Gay Pride

    Je me laisse surprendre ce soir à la Bastille par la fin de la Gay Pride ou plus exactement la Marche des Fiertés LGBT (lesbiennes-gay-bi & trans). Je suis en retard à mon dîner mais, retard pour retard, je reste 10 mn sur la place pour observer. C’est tout de même assez particulier. Je vois le char des Ginettes Armées avec une bande de lesbiennes musclées-tatouées-rasées qui se déhanchent aux rythmes d’une techno inaudible, je vois un gay bedonnant torse nu-poilu en slip paillettes embrasser à pleine bouche son ami, je vois des drag-queens chercher à séduire des CRS, je vois un monde assez incroyable, très saturé de bière, j’entends le maire de Paris et quelques politicards de service à la pêche aux voix et je ne suis pas bien sûr que tout ceci fasse du bien à la cause. Le risque est sans doute que si notre parlement vote une loi antiburqa quelques conservateurs rajoutent subrepticement un article pour interdire à ces zozos de parader ainsi. A 1h du matin, la Bastille est un immense champ de bataille et un cimetière de bouteilles cassées, une très forte et aigre odeur d’urine pèse sur tout le quartier.

  • Tactique gagnante

    Sondage de la Revue du Web publié par les Inrocks : comment pecho une girl ? « L’ignorer » est la réponse majoritaire.

  • La question de la Tong

    C’est le retour des beaux jours et de la Tong en ville. C’est étrange cette capacité des jeunes filles à marcher en tongs sur le béton parisien. D’abord cette savate nécessite des pieds élégants et agiles pour être portée avec nonchalance. Ce n’est malheureusement pas le cas de la majorité des citoyens amateurs de tongs. Ensuite, crapahuter en ville avec de telles sandales entraîne en quelques minutes un noircissement des pieds des impétrants, état de fait difficile à cacher bien entendu. Le recyclage d’une savate de plage en chaussure de ville ne présente a priori que des inconvénients techniques, mais quels avantages acquis n’abandonnerions-nous pas au profit du look ?

  • Bistrot musique dans le XIVème tous les samedis après-midi

    Tranche de vie du XIVème arrondissement n°2 : 4 musicos, plutôt talentueux, s’amusent et nous régalent. Ils font scène ouverte et convient les amateurs du coin à venir s’associer aux gigs. Très, très sympa de se taper une petite bière en écoutant leur blues-rock de quartier.

  • La Justice tranquille

    Tranche de vie du XIVème arrondissement n°1 : au tribunal où l’on dépose sa procuration de vote pour les prochaines élections européennes, je suis servi par un employé sans doute un peu benêt mais très serviable. Une administrée placée devant moi fond en larmes en découvrant un jugement rendu (qu’elle lit tout haut comme pour être sûre de bien le comprendre) qui bloque « l’exhumation du corps ». On ne sait pas de quel cadavre il s’agit, ni pourquoi, ni comment, ni pour qui, il était nécessaire de le ressortir de son cimetière : une recherche en paternité, un complément d’enquête pour un crime ? Allez, c’est aussi bien comme ça, il n’est pas nécessaire d’aller interroger les morts pour régler des soucis de vivants.

    Il est rassurant de voir la République rendre la Justice, même si cela se passe dans un bâtiment un peu délabré. On ne peut pas aller déterrer les morts n’importe comment.

  • Gros égo et compétence limitée

    Marc Touati, oracle économique mondain devant les caméras et les micros, explique que la moitié des chômeurs actuels est due à la crise et l’autre à la « peur de l’avenir » ! Et la peur de l’avenir elle est due à quoi ?

    Pour rappel, Touati avait commis un site web intitulé www.stoptrichet.com qui vouait aux gémonies le patron de la banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, accusé de dogmatisme, de cynisme, d’attitude méprisante, on en en passe et des meilleures. Evidemment ce brûlot a été lancé fin 2006 début 2007, depuis les choses ont un peu évolué, les prévisions et analyses de Trichet se sont peut-être révélées plus adaptées que les envolées mondaines de Marc Touati. Le site web existe toujours mais avec bien moins de promotion.

    Touati tient un blog vidéo : www.marctouati.com, sorte de café du commerce financier où le chroniqueur parade chaque semaine avec une nouvelle cravate à rayures, et continue sa charge contre la banque centrale qui semble relever de l’obsession.

  • On est toujours le gauchiste de quelqu’un

    Le chroniquer se fait traiter de gauchiste par la nouvelle garde de ses collègues de bureau lors d’un déjeuner Chez Dédé où il marque son intérêt pour les émissions politico-culturelles de Frédéric Taddeï le soir sur France 3. A sa question étonnée sur ce qu’ils reprochent à cet animateur il lui est répondu qu’hier soir en fait il y avait un match de fouteballe qui a remporté leurs suffrages… Ils sont étonnants ces soi-disant jeunes, ils ont entre 25 ans et 30 ans et ils sont déjà branchés sur le ballon rond dribblé par des divas anabolisées, plutôt que des émissions intelligentes et sereines qui laissent des intellectuels et des politiques s’exprimer calmement (en principe…) sur des sujets de la pensée ! Le plus drôle est que la garde privée des amis du chroniqueur, évoluant dans la recherche ou la musique, le prennent pour un indécrottable réactionnaire au service du grand capital.

  • On ne se refuse rien

    En route pour le musée du Luxembourg, rencontre avec le point de départ d’une manifestation « [des] jeunes qui veulent vivre autrement », dont quelques représentant sont mis en examen par suite des dégradations contre les installations de la SNCF et dont le leader est toujours embastillé. Un camion sono diffuse sous une banderole noire affichant fièrement : « Nous sommes tous des terroristes, Al Queida c’est possible. ». Ambiance ! Un rap sample Edith Piaf et un refrain répétitif « destruction de la police » qui fait vibrer la statue de Catherine de Médicis qui en a vu d’autres…

  • Un peu moins de publicité abrutissante, une grande avancée pour l’humanité

    La télévision publique française s’achemine doucement vers la disparition de la publicité déclenchant un tohu-bohu parlementaire avec inversion des rôles comme seule la politique française sait en créer d’inextricables. La gauche s’élève contre cette atteinte à l’indépendance de la télévision et en appelle au marché comme défenseur des libertés. Certains députés de droite contestent cette réforme qui aboutit à la création de taxes nouvelles pour financer une partie du budget de la future télé sans pub.

    Les consommateurs modérés du petit écran ne se désoleront pas de cette réforme qui, il est vrai, n’était sans doute pas prioritaire, mais la forte contribution de la publicité à l’abrutissement des masses devrait faire de sa suppression une avancée pour le niveau intellectuel moyen des téléspectateurs.

  • L’Etat responsable de tout

    Les touristes coincés en Turquie par un hôtelier non payé par leur agence de voyages ou bloqués en Thaïlande pour cause de manifestations populaires se retrouvent sur le thème « mais que fait notre ambassade pour nous sortir de ce guêpier ? » Toujours le même mirage d’une civilisation qui a oublié la notion du risque. Les vacances à Saint-Gilles Croix de Vie restent plus sûres.

  • Fin d’année au bistrot et dans la joie

    Fin d’année au bistrot et dans la joie

    Bon aujourd’hui c’est le dernier jour de l’année donc on se tape une double Francfort-frites-bière chez Dédé, le bistrot favori près du bureau, accoudé sur le zinc avec le Canard Enchaîné du jour. Ambiance détendue et sympathique et tout le monde se quitte en se souhaitant bonne année. Il n’y a pas à dire : on est quand même mieux chez Dédé que chez Lasserre !

    Et comme rien ne m’arrêtait, j’ai pris une décision révolutionnaire qui confirmera ma légendaire capacité d’adaptation, ma première résolution 2009 : j’ai changé la police de caractère de mon ordinateur professionnel de Comic Sans MS à Tahoma. Et pan ! En voilà une décision majeure qui oriente déjà favorablement mon année 2009 avec une police plus maligne et moins débraillée, plus sérieuse et plus taquine !

    Et pour terminer l’année comme nous l’avions commencée, une photo du plus grand mystère de ces 12 derniers mois.

    Au-delà le la complexité d’une crise financière à laquelle personne ne comprend rien, plus explosif que la querelle Titine / Fafa / Ségo, plus insondable que les magouilles de Kerviel le trader-fraudeur, encore plus incompréhensible que l’escroquerie centenaire de Madoff le mondain de Wall-Street, la question la plus énigmatique de cette année 2008 qui meurt, celle qui hante tous les français, et peut-être même le monde entier « mais comment a-t-elle pu épouser Sarko ? »

  • La sémantique de MAM

    Notre MAM (Michèle Alliot-Marie), misnistrette de la police, qui n’a toujours pas recraché le parapluie qu’elle a avalé il y a plusieurs décennies, parle de l’ultragauche en lieu et place de la traditionnelle extrême gauche. Mon dictionnaire m’apprend que :

    Ultra = élément du latin ultra « au-delà », qui exprime l’excès, l’exagération.

    Extrême = qui est tout à fait au bout, qui termine.

    Il est vrai que le sens est légèrement différent. C’est déjà mieux que Védrine, ex-ministre des affaires étranges qui, une fois à la retraite, a inventé le concept d’hyper-puissance pour remplacer celui plus couru de superpuissance. En fait hyper veut dire exactement la même chose que super, mais le premier vient du grec et le second du latin.

  • Shocking

    Un collectif de d’habitants de la Villa Montmorency, ghetto de riches du XVIème arrondissement (dont l’hôtel particulier de Carlita), s’émeut de la construction d’une HLM dont les fenêtres donneront sur les allées ombragées de leurs hôtels particuliers. Il n’est sans doute pas impossible que la mairie de Paris soit pour quelque chose dans cet envahissement inattendu du lumpen proletariat sur le territoire de la bourgeoisie haut de gamme. Evidemment ladite bourgeoisie ne sait pas trop comment tourner le problème pour s’y opposer et le collectif fait dans la contorsion sémantique pour dire que « le logement social c’est très bien, mais ailleurs… », un petit défaut d’ailleurs bien franchouillard, les sacrifices on est toujours d’accord du moment qu’ils commencent chez les autres.

  • Fatiguant…

    Le couple musulman qui veut faire prononcer l’annulation de son mariage pour défaut de virginité de la mariée continue à nous casser les pieds en voulant forcer la justice à des acrobaties sémantiques pour confirmer cette annulation prononcée en première instance. Ils ne peuvent pas divorcer comme tout le monde et nous laisser tranquilles avec ces histoires d’alcôve ?

    Lire aussi : Un mariage civil annulé pour cause de non-virginité

  • La dérive d’un plouc

    L’humoriste Jean-Marie Bigard, toujours entre deux subtilités, remet en doute l’avion écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001. Après le cul, il élargit maintenant son domaine d’analyse à la politique internationale, cela promet aussi de franches rigolades. Grand ami de Sarkozy l’hyperagité qui l’avait déjà emmené en visite chez le pape, il pourrait faire partie du prochain voyage officiel aux Etats-Unis d’Amérique, ce serait une bonne idée, Washington apprécierait !

  • Déresponsabilisation générale

    Une gamine de 14 ans en vacances à Paimpol est retrouvée en coma éthylique dans les toilettes de son camping breton. Le père attaque en justice le supermarché qui lui a vendu l’alcool. On espère que ça ne l’a tout de même pas empêché de coller aussi, et en premier lieu, une fessée carabinée à sa fille. Ce n’est même pas sûr… le réflexe judiciaire avant celui de l’éducation. On est mal barré !