Catégorie : Café du Commerce

  • Les mains sales

    Avez-vous remarqué à la cantine de votre bureau ou la sandwicherie du coin de la rue le regard haineux du consommateur reprochant à la serveuse de ne pas porter de gants en latex alors qu’elle touche les aliments qu’elle lui délivre ?

    Les normes d’hygiène se sont renforcées au cours des années : lorsque votre chroniqueur était jeune le latex était réservé à des usages plus récréatifs que le service des croissants en boulangerie. Le barman du bistrot nous composait un « sec-beurre ballon-de-rouge » à la mimine et si des épidémies avaient ravagé la population des piliers de bar cela ce serait su.

    Autre temps, autre époque, on a aujourd’hui peur de son ombre, le principe de précaution est désormais introduit dans la Loi de la République et la France est congestionnée dans son immobilisme avec des jambon-beurre servis en latex pour préserver la flore intestinale de Mme. Michu devenue bien fragile avec le temps !

  • Le syndrome français de retour

    L’économie numérique présente bien des inconvénients et quelques dommages collatéraux. Elle offre notamment la possibilité aux râleurs nationaux de déverser leurs incohérences, voire leur bile, sur leur compatriotes. Nombre de sites internet se sont développés pour héberger les pétitions des français en colère. Sur https://www.change.org/ on trouve tout et n’importe quoi, de la pétition pour autoriser le don de sang des homosexuels à celle contre le taux de TVA sur les protections féminines, en passant par celle qui nous occupe aujourd’hui sur les deux orchestres classiques émargeant sur le budget de Radio France.

    La radio publique française est en grève depuis plusieurs semaines. Elle n’a plus assez de ressources pour financer ses prestations qui sont pourtant de qualité. Ses ressources viennent de la redevance audiovisuelle et de dotations budgétaires, bref, de la poche des contribuables. Il va falloir restructure Radio-France, c’est-à-dire ajuster les dépenses et les recettes, comme pour le reste de la République, comme à la maison, comme en entreprise. C’est la vie.

    Mais bien entendu le syndrome français du découplage entre recettes et dépenses se manifeste une nouvelle fois : les contribuables qui veulent une baisse de leurs impôts veulent en même temps que l’Etat soutienne Radio France, en gros augmente ses subventions. Il se trouve que cette radio publique finance deux orchestres classiques, un chœur et une maîtrise. L’un des points étudiés pour la restructuration était de fusionner les deux orchestres. Ce n’est pas plus idiot qu’autre chose et pourrait aider à redresser la barre. Est-ce mieux d’avoir deux orchestres qu’un seul ? Sans doute, mais lorsqu’il n’y a plus de sous il faut faire des choix, comme à la maison.

    Alors les citoyens découplés crient au scandale et pétitionnent à qui mieux mieux expliquant que ces deux formations musicales sont vitales pour la survie de Radio France : …une richesse unique au monde, qu’aucune autre radio ne peut se targuer d’abriter… Les mêmes contestent sans doute par ailleurs les impôts qu’ils payent. C’est la plaie de la France : les libéraux de salons, les chicago-boys de la rive gauche, les capitalistes de circonstances…

    • Je suis libéral mais comment, l’Etat envisagerait de ne plus financer deux orchestres chez Radio France, c’est un scandale ?
    • Je suis libéral mais comment, l’Etat envisage de laisser les sociétés d’autoroute augmenter les tarifs de péage et faire des profits, c’est un scandale ?
    • Je suis libéral mais comment, l’Etat vend ses parts dans l’aéroport de Toulouse, c’est un scandale ?
    • Je suis libéral mais comment, mon rejeton doit payer des droits d’entrée à l’université, c’est un scandale ?
    • Etc. etc.

    Tous ces citoyens ressassant les éditoriaux de Guillaume Roquette (le patron du FigMag) adhèrent au libéralisme mais à conditions que ses effets se fassent sentir uniquement chez leurs voisins, pas dans leurs jardins. C’est un des problèmes gaulois qui nuit à l’unité nationale qui serait pourtant nécessaire en ces périodes de crise financière et politique.

    La pétition des citoyens déphasés :

    Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre,

    Depuis quelques semaines Radio France est secouée par une grève sans précédent. Les formations musicales de cette maison ne cessent d’être la cible d’attaques récurrentes qui menacent leur existence même. L’Orchestre National de France et l’Orchestre Philharmonique de Radio France sont pointés du doigt. Depuis l’origine les chefs les plus prestigieux dirigent ces formations. Le niveau et la réputation internationale de ces orchestres sont un atout majeur dans le rayonnement de Radio France, dont la vocation de service public, rappelons-le, est d’informer, d’éduquer, de divertir. En association avec les antennes qui se font l’écho de leur travail, les formations musicales participent avec ferveur à cette mission avec des programmes audacieux, soutenant la création, les jeunes talents, et les projets pédagogiques. Les formations musicales de Radio France (les deux orchestres, le chœur et la maîtrise) ont des identités fortes : c’est une richesse unique au monde, qu’aucune autre radio ne peut se targuer d’abriter. C’est cette richesse dont on veut priver aujourd’hui Radio France, ses antennes et ses auditeurs. Ces formations reflètent par ailleurs toutes les valeurs que nos politiques veulent défendre, à raison : la Culture contre la barbarie, l’exception française, la jeunesse (avec le recrutement de musiciens issus des conservatoires supérieurs et la formation grâce au travail de la maîtrise), la parité hommes-femmes que beaucoup d’entreprises devraient nous envier. Pour honorer ces missions et ces valeurs, les formations musicales ne représentent que 6% du budget global de Radio France. La menace qui pèse sur elles, au nom d’une logique de rentabilité absurde, est la preuve du désengagement de l’état. Le paysage musical français se désertifie peu à peu… Les conservatoires, les festivals, les orchestres sont mis à mal partout en France… A l’heure où l’actualité nous livre les dérives de l’ignorance, dans une brutalité et une intolérance grandissantes, nos dirigeants doivent prendre conscience de la nécessité de PROTEGER et de COMMUNIQUER LE SAVOIR et la CULTURE qui en sont les remparts. Alors que la réouverture de Radio France au public vient de révéler les qualités et le potentiel d’un nouvel auditorium, nous réclamons une politique artistique digne du service public, et qui préserve l’avenir des formations en son sein.

  • La presse de caniveau

    Un avion s’écrase dans les Alpes françaises, 150 morts. Comme de bien entendu en de telles dramatiques circonstances, la presse fait assaut d’indécence et de bêtise. Nous avons droit aux questions stupides aux familles larmoyantes du genre « que ressentez-vous ? » posée au frère ou à la sœur d’un malheureux passager décédé.

    L’absence d’analyse tourne en boucle sur les écrans avec des slogans comme : « les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse ! ». Evidemment qu’ils n’excluent aucune hypothèse puisqu’ils enquêtent sur l’accident, c’est même exactement ce pour quoi ils sont payés : n’exclure aucune hypothèse et trouver l’explication à l’accident.

    Mais la presse ne peut se satisfaire d’attendre, drapée derrière son devoir d’informer, un devoir qui se transforme en droit de raconter des sornettes à des consommateurs qui ne pourraient pas attendre de la vraie information. Comme si Mme. Michu devant sa télé était à quelques jours près pour savoir si un avion s’est écrasé pour ci ou pour ça.

    On ne le dira jamais assez, la presse française est aussi responsable de l’acculturation des masses et de la pauvreté du débat. Les tristes évènements comme celui-ci ne font que le démontrer, de façon toujours aussi consternante.

  • L’épidémie du « on va dire » fait rage

    L’épidémie des « on va dire » prononcés tous les trois mots, déjà virale et très néfaste rejoint désormais l’endémie du « ça va l’faire » sur les plateaux télévisés et au Café du Commerce. L’heure est grave, comment va-t-on trouver l’antidote ?

  • La météo trouble la migration

    Nous sommes en hiver, il neige, nombre de français en vacances migrent vers les stations de sport d’hiver et se retrouvent bloqués sur les routes par… la neige. Comme c’est bizarre ! Ils n’ont pas du écouter les bulletins météo diffusés depuis deux jours avertissant de cet épisode. Comme c’est étrange !

    Attirés par leurs réjouissances hivernales comme un troupeau de gnous par un point d’eau en saison sèche dans le parc du Ngorongoro, les voici forcés de passer la nuit dehors à défaut de pouvoir grimper la montagne enneigée pour atteindre leurs stations d’altitude. 14 000 péquins en déshérence sur les routes de Savoie. Heureusement la République, bonne mère, trouve en urgence de quoi les abriter et les nourrir dans les écoles, gymnases et autres salles municipales. L’action publique a encore parfois du bon.

  • La journée de l’orgasme

    C’est la journée mondiale de l’orgasme, puisqu’il faut pour tout avoir désormais une journée ou une fête, mondiale si possible. Une presse de circonstance explique à Mme. Michu combien jouir permet de vivre serein et longtemps. Elle va sûrement être attentive au conseil ainsi donné, plus sympathique que celui de son gouvernement sur la réduction des déficits budgétaires.

  • Martine Aubry se teint toujours les cheveux

    Manuel_Valls_2013-08Martine Aubry, maire de Lille, fait des déclarations dans la presse pour critiquer la politique du gouvernement socialiste. A l’occasion on l’a vue à la télévision et la vérité est éclatante : elle continue à se teindre le cheveux de façon toujours aussi ridicule.

    Rappelons la haine politique qu’elle voue au premier ministre Manuel Valls qui nous avait valu cette exceptionnelle lettre signée par elle en 2009 en tant que cheftaine du parti socialiste où elle recommandait à l’impétrant de démissionner du parti. Il faut relire car c’est une vraie leçon de morale et de socialisme à celui qui est devenu premier ministre et essaye de moderniser la gauche française quand Aubry-qui-se-teint-les-cheveux-si-ridiculement continue à défendre ces vieilles lunes du socialisme français : cliquez ici pour la lettre et sa réponse.

  • La Morano en peine déprime

    Nadine_MoranoNadine Morano, pom-pom girl de la sarkozie, prix Nobel du Tweet politique le plus stupide, récompensée pour l’ensemble de son œuvre (https://twitter.com/nadine__morano), la Morano donc, exprime sa déception de ne pas avoir nommée à un poste de responsabilité dans la nouvelle équipe de l’UMP menée désormais par Sarkozy, le héros de Nadine.

    Selon Le Figaro, elle aurait refusé un poste de secrétaire national à l’apprentissage et à la formation professionnelle au sein de l’UMP alors qu’elle visait la vice-présidence du mouvement. Elle se répand depuis dans la presse pour expliquer que Sarkozy fait une erreur en ne s’entourant pas de ses plus proches et en voulant au contraire ouvrir le jeu dans son parti désigné faux-facturier de l’année.

    Fidèle parmi les fidèles, elle fait sans doute plus de mal que de bien compte tenu de ses capacités limitées. Il est des amis proches dont il faut se méfier tant leurs actions peuvent être irréfléchies et néfastes. La Morano est de cette trempe. La simple lecture de ses tweets permet de se rendre compte de l’étendue du désastre. Sarkozy a dû en convenir et s’est résolu à renoncer à récompenser cet aficionado. C’est sûrement douloureux pour lui mais la République lui en sera reconnaissante. On frémit quand on se souvient que Nadine fut ministre. On se rassure à l’idée qu’elle ne sera pas en tête de liste pour le redevenir si la droite revient au pouvoir.

  • Citoyens à courte vue

    Une réaction de plus en plus entendue dans les dîners en ville et au Café du commerce : les taux d’intérêt de la dette publique française sont si bas qu’il ne faut pas se priver de s’endetter. Dans ces conditions ces citoyens à courte vue se demandent si la dette publique est un véritable problème et s’il est vraiment nécessaire de réduire les déficits de la République. Ce type de raisonnement est largement soutenu par les Mélanchon, Montebourg et autres ayatollahs de la dépense.

    Il est certes agréable de s’entendre dire que l’on peut continuer à dépenser sans limite, mais il est étonnant que ce discours reniant les basiques de l’économie rencontre un tel écho auprès de citoyens qui appliquent ces mêmes basiques à la gestion de leur budget personnel.

    La note de la dette française a été de nouveau dégradée aujourd’hui par l’agence de notation Fitch. Elle l’avait déjà été par d’autres agences ces derniers mois, sans effet significatif sur les taux d’intérêt. On ne sait si ce nouveau bonnet d’âne entraînera une augmentation des taux, mais de toute façon, il va bien arriver un jour où les prêteurs exigeront plus de rémunération de leurs prêts à la France. Ce semble être, hélas, le seul moyen pour que la République comprenne son surendettement est un poids pour l’avenir et non une gloire.

  • Les corporatistes dans la rue

    Notaires-propagande_201409Notaires-propagande_201411La corporation protégée des notaires continue à inonder la presse de placards publicitaires pour justifier leur revendication de ne pas toucher à leur profession. Il convient de la pas avoir de réponse a priori sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec les professions protégées : notaires, pharmaciens ou autres. Par contre expliquer par presse interposée qu’il faut surtout ne rien changer n’est pas un comportement positif ni opérationnel. Cela ne fait qu’attiser les discussions de Café du commerce de Mme. Michu.

    Des gens intelligents et bien éduqués (comme les notaires) doivent pouvoir se réunir autour d’une table avec les représentant de l’Etat et des consommateurs pour voir s’il y besoin, ou pas, de faire évoluer le statut d’une profession. C’est ce qu’on appelle un comportement démocratique. Mais c’est surtout une méthode efficace.

    L’économie libérale chère à Guillaume Roquette sera sans doute pour le démantèlement des protections dont bénéficient ces professions. Il faut surtout ne pas avoir de position idéologique sur le sujet mais juste l’espérance que les responsables en charge de ces dossiers mesurent le pour, le contre, ainsi que les coûts pour le contribuable, et ensuite décident. C’est ce qu’on appelle un comportement responsable. Nous faisons ça en entreprise tous les matins en arrivant au bureau… Ce n’est pas si compliqué.

    Hélas, c’est rarement la méthode employée dans notre République par ses citoyens !

  • Citoyens ! Réjouissons-nous !

    Philharmonie-projetLe monde de la culture est déjà à feu et à sang pour la nouvelle salle philharmonique de musique classique construite à la Porte de Pantin sur financement du contribuable, et pas même encore inaugurée.

    L’Etat qui en est propriétaire de même que la salle Pleyel veut administrer cette nouvelle offre culturelle en concentrant la musique classique sur ce nouveau site et en réservant la salle Pleyel à d’autres genres musicaux. Et déjà le monde de la culture et Mme. Michu pétitionnent et contestent en chœur cette nouvelle organisation qui n’a pas encore vu le jour. Un adjoint à la culture de la mairie de Paris 17ème lance une pétition sur un site spécialisé en coups de gueule franchouillards :

    À l’attention : de la Ministre de la Culture et de la Communication et du Directeur Général de la Cité de la Musique

    Madame la Ministre, Monsieur le Directeur,

    La Salle Pleyel fermera temporairement fin 2014 et son exploitation sera concédée à un prestataire dont le cahier des charges sera exclusivement centré sur les spectacles de musique (rock, pop, chanson…) et de divertissement.

    Nous nous opposons à cette fin programmée de la musique classique à la Salle Pleyel, lieu mythique chargé d’histoire.

    L’argument invoqué par les responsables de la Philarmonie [avec une belle fôte d’orthographe, NDLR], d’une éventuelle concurrence entre les deux salles, ne nous paraît pas suffisant pour décider arbitrairement d’une réduction drastique de la présence de la musique classique symphonique dans le centre de Paris.

    De même que Bastille n’a jamais vidé Garnier, une complémentarité peut certainement être trouvée entre la Philarmonie et Pleyel, permettant à cette dernière de conserver tout ou partie de sa vocation classique.

    Nous faisons donc appel à votre pragmatisme pour que le bon sens l’emporte et permette à la Salle Pleyel de continuer à accueillir des concerts de musique classique.

    Les musiciens se sont plaints des années durant de l’absence de salle de musique classique digne de ce nom à Paris. Leurs vœux ont été exaucés aux frais du contribuable puisque bien entendu le secteur privé n’a pas semblé intéressé par un tel investissement. La salle existe désormais et doit être inaugurée dans les prochaines semaines. Croyez-vous que lesdits musiciens se réjouissent, remercient le contribuable de ses efforts et l’Etat d’avoir mené à bien ce chantier ? Que nenni, les quémandeurs sont déjà à leurs pétitions…

    En l’occurrence l’Etat se propose d’administrer l’offre musicale parisienne plutôt que de laisser jouer la libre concurrence. Pourquoi pas en attendant de consolider la demande ? Une autre solution est effectivement de laisser agir les forces du marché (chères à Guillaume Roquette du FigMag) pour désigner le vainqueur et pleurer sur la défaite du vaincu. La logique libérale voudrait alors que l’on laisse fermer la salle qui ne drainerait pas assez de spectateurs. Dans une telle hypothèse on peut compter sur une nouvelle pétition des quémandeurs pour exiger que le contribuable paye les déficits de la salle moribonde plutôt que de la laisser mourir.

    Nous sommes en France et nous connaissons cette tendance tenace à consacrer son énergie à la contestation de tout et son contraire plutôt qu’à avancer, mais celle-ci est parfois un peu déconcertante et peu productive. Laissons démarrer les choses doucement, les gestionnaires de cette offre culturelle nouvelle s’adapteront aux réalités de ce marché aux contours encore incertains au fur et à mesure de leur apparition. Et qui sait il y aura peut-être assez de spectateurs et de fonds publics pour faire vivre ces deux salles en plus de l’auditorium de Radio-France, du théâtre des Champs-Elysées, les salles Gaveau, du Chatelet et des deux opéras de la capitale.

    Citoyens ! Réjouissons-nous ! Merci aux contribuables d’avoir financé cette belle salle et d’être déjà engagés à en payer une partie du fonctionnement pour les années à venir. Merci aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage d’avoir mené ce chantier. Merci aux artistes qui s’y produiront et aux spectateurs qui s’y rendront. Sourions, laissons-nous aller, cette nouvelle salle ce n’est que du plaisir et enfin une bonne nouvelle. Les pisse-froid ne nous feront pas perdre notre bel enthousiasme, les râleurs ne gagneront pas face aux gens heureux, Guillaume Roquette du FigMag n’appliquera pas ses théories libérales à l’exception culturelle française !

    Accessoirement, l’exposition David Bowie is… y est programmée à partir du 3 mars.

     

  • Supporters mal élevés

    Nicolas_Sarkozy

    Rigolo : Sarkozy en campagne pour la présidence de la République en passant par une étape de d’élection à la présidence de l’UMP tient un meeting à Bordeaux où il invite Juppé, maire de cette ville, et lui aussi candidat à la présidence de la République. Les militants venus soutenir Sarkozy sifflent bruyamment leur opposition audit Juppé lorsque celui-ci évoque son projet d’alliance de l’UMP avec le centre.

    La presse se gausse de l’incident car Sarkozy alors assis dans un fauteuil n’a rien fait pour calmer ce mouvement d’humeur. L’attaqué réagit avec philosophie sur son blog : 

    Les campagnes électorales finissent toujours dans l’effervescence et l’énervement. On l’a vu samedi après-midi à Bordeaux. Il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. Pour ma part, j’ai vu pire. Restons sereins.

    tout en redemandant des éclaircissements sur le ligne politique que suivra le futur nouveau président de l’UMP !

    Il en ressort que les militants qui assistent à ce genre de meetings sont des gens qui… militent, plutôt mal élevés et moutonniers, mais engagés pour une politique à laquelle ils croient. Il en faut pour faire vivre la démocratie. Alors un petit bonhomme de la droite dure a fait chahuter un vieux bonhomme de la droite molle, par des supporters qui n’aiment pas ce dernier. C’est un peu la même chose quand l’Olympique de Marseille rentre sur le Parc des Princes face au Paris Saint-Germain…

    Pour ceux qui en doutaient, il se confirme que ces deux produits politiques n’ont pas la même cible commerciale, et d’ailleurs pas la même politique. Le plus roublard devrait l’emporter en 2017.

  • Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Nabilla, bombasse à gros seins, ex-vedette de télé-réalité, est mise en examen et emprisonnée, soupçonnée d’avoir poignardé son compagnon qui est blessé. Ce fait divers remet en haut de l’affiche ce personnage tellement symbolique de l’effondrement intellectuel de la société d’aujourd’hui.

    La miss est devenue célèbre dans une émission dite de télé-réalité où en fait de réalité des chaînes de télévision avides laissent s’affronter la bêtise humaine devant des spectateurs hélas captivés. Elle utilisa ensuite cette célébrité pour lancer une marque de lingerie féminine où s’afficher sur des calendriers pour camionneurs et dans la presse de caniveau pour salon de coiffure.

    Nabilla c’est le fruit d’une société abrutie depuis plusieurs générations par les matchs de fouteballe et les journaux télévisés de TF1, une société où l’on préfère Zemmour à Zola, où quand on demande à un gamin à quoi sert la Marseillaise il répond : « c’est utile pour être fouteballeur », où un ministre confond Voltaire avec Zadig et Voltaire, où la maîtresse d’un président de la République à peine virée de la chambre conjugale publie un livre vengeur, etc…

    Une société où les messages tweets en 140 signes ont pris le pas sur la pensée ne peut guère espérer ériger de grands intellectuels comme modèles pour ses enfants. Nabilla est une pauvre gamine à qui la gloire éphémère dans la presse pipole est montée dans une tête un peu vide et qui s’est transformée en criminelle. C’est regrettable, surtout pour son compagnon poignardé, c’est affligeant pour l’évolution du genre humain.

    Nabilla relève de la psychiatrie, elle sera soignée d’une façon ou d’une autre. Le relèvement de notre civilisation risque d’être plus long et difficile.

  • Les forbans délateurs

    L’un des grands questionnements qui anime la bulle parisiano-médiatique de salon est de savoir si la guerre des boutons entre Fillion-costume-étriqué et Jouyet-le-délateur-de-l’Elysée relève ou pas de l’affaire d’Etat. Voilà une vraie interrogation ! Et d’abord qu’est-ce qu’une affaire d’Etat versus une affaire qui n’est pas d’Etat ?

    C’est la même différence qui existe dans le protocole diplomatique entre une visite d’Etat et une simple visite de président. Dans la visite d’Etat la puissance recevant déplie le tapis rouge et épais jusqu’à la passerelle de l’avion de l’invité et la fanfare claque l’hymne national lorsque le noble hôte met le pied sur le sol de France. A table le soir le visiteur « d’Etat » est reçu avec l’argenterie de luxe : 4 verres cristal, 4 fourchettes et 3 couteaux. Le modèle pas d’Etat est plus modeste, pas de tapis à l’aéroport ni de revue militaire, dîner avec moins de couverts bien que sous les ors de la République.

    Dans l’affaire qui nous occupe il semble qu’il s’agisse d’une super affaire d’Etat. Quelle que soit, la vraie vérité est une des deux hypothèses :

    • Soit, Fillon, ancien premier ministre (de droite), demande à la présidence de la République (de gauche) d’intervenir dans un processus judiciaire pour casser les reins d’un de ses concurrents lui-même ancien président de la République (de droite),
    • Soit, si cette première hypothèse n’est pas la bonne, le secrétaire général de la présidence de la République monte une histoire abracadabrantesque et la diffuse dans la presse pour nuire à l’opposition.

    Dans un cas comme dans l’autre la perversion de ces gens dépasse l’entendement !

    A ce jour on ne sait toujours pas qui des deux a réglé l’addition chez Le Doyen, car ces gens-là font le mal, certes, mais au moins le pratiquent-ils dans un restaurant de luxe.

  • Affligeant…

    Nicolas_SarkozyRigolo : alors que Madame Chirac annonce son soutien à Sarkozy pour les futures élections présidentielles, le reste de la famille c’est-à-dire Jacques et sa fille affichent leur soutien à Juppé.
    Bernadette et Jacques sont âgés et fatigués. Il conviendrait qu’ils se taisent désormais et se consacrent à leur retraite et leurs petits-enfants. Ils ont fait leur temps et leur devoir. Ils ne sont plus utiles ni à la France, ni à Sarkozy ou Juppé d’ailleurs !

  • Combats de papys pour les honneurs du Sénat

     

    Larcher (65 ans), UMP filloniste, a battu Raffarin (66 ans), UMP sarkozyste, pour la présidence du sénat dont la majorité a basculé à droite dimanche dernier. Tout ceci n’a guère d’importance et relève du blanc bonnet-bonnet blanc, mais démontre hélas une fois de plus l’immobilisme franchouillard. Ces deux garçons, qui ont maintenant atteint l’âge de la retraite, se sont déjà battus pour la même cause il y sept ans. Avides d’honneur (il n’y a pas de réels pouvoirs au sénat) ils s’imaginent personnages providentiels à la tête de cette institution vieillissante et arc-boutée sur ses privilèges, plus souvent source de conservatisme que d’innovation.

    Larcher a déjà été président du sénat quelques années et il n’a pas démérité semble-t-il. Depuis il a beaucoup grossi et il n’est sûr qu’il ne faille pas changer le fauteuil de président pour l’accueillir. Une dépense supplémentaire que l’on aurait pu éviter si cette génération de préretraités acceptait de passer la main à la suivante. Cela devient urgent !

    Larher-Raffarin au Sénat, Juppé-Sarkozy pour l’Elysée, on ne peut pas vraiment dire que la République se renouvelle. On a les dirigeants que l’on mérite.

  • Gallouzeau n’aime pas ses cheveux

    Dominique-de-VillepinAvez-vous remarqué la dernière couleur de cheveux de Galouzeau de Villepin la Gargouille ? On dirait qu’il a raté son affaire. Alors qu’il portait beau une crinière uniformément blanche, le voici désormais affublé d’une coiffure châtain sur le dessus avec simplement les tempes blanches. C’est bien entendu du plus parfait ridicule et repose une nouvelle fois cette lancinante question de savoir pourquoi les hommes politiques font ainsi profession de cacher la réalité à leurs électeurs, celles des comptes publics comme celle de leur propre personne ?

  • Une déroute !

    L’extrême droite française obtient 25% des suffrages exprimés aux élections européennes qui enregistrent par ailleurs 58% d’abstention. Cela veut dire que sur dix personnes autour de chacun d’entre nous : six ne sont pas allées voter et une a voté Front National qui devient ainsi le premier parti français.

    Ce n’est pas brillant mais c’est ainsi, il va bien falloir vivre avec. La catégorie socio-professionnelle cible de bon client du Front est celle des jeunes défavorisés. Au même moment Daniel Cohn-Bendit annonçait son retrait de la vie politique, lui le héraut de la jeunesse soixante-huitarde qui se tournait alors plutôt vers la Gauche Prolétarienne que vers l’extrême-droite. Changement d’époque, d’un extrême à l’autre…, la vie continue malgré tout.

  • Simplisme et journalisme

    Maître Collard, avocat des plateaux de télévision depuis toujours, député pro-extrême droite depuis quelques années, répond plutôt malicieusement à un journaliste mondain le critiquant pour prôner le principe d’une véritable réclusion à perpétuité afin de décourager les partisans de la peine de mort de la rétablir, en lui proposant d’accueillir chez lui Francis Heaulme quand il sortira de prison… C’est un peu facile il est vrai, mais cela incitera peut-être ce journaliste mondain (Dominique Souchier) à poser à l’avenir les problèmes de façon un peu moins simpliste !

  • La pétaudière encore et toujours

    Un nouveau gouvernement français est en gestation, les médias ne s’intéressent qu’aux questions de personnes, au casting, plutôt qu’à la politique sujet fort peu vendeur sur les journaux télévisés. Regardons un peu les chiffres de résultats de ces élections tels que publiés par le ministère de l’intérieur.

    Lire les résultats sur : Municipales 2014

    Certes, 155 municipalités ont changé de couleur mais que l’un dans l’autre la France est toujours divisée en deux, à part à peu près égales entre les partis « républicains ».

    Si l’on additionne d’une part « PS+Union Gauche » et « UMP+Union Droite » on obtient respectivement 2 761 505 voix (27,6% des suffrages exprimés) pour les roses et 2 697 963 voix (27,0% des suffrages exprimés) pour les bleus.

    Si on fait le même calcul en ajoutant les divers gauche aux roses et les divers droite aux bleus tu obtiens respectivement : 3 926 162 voix (39,2% des suffrages exprimés) pour les roses et 4 366 298 voix (43,6% des suffrages exprimés) pour les bleus.

    Le Front national a emporté 3,99% des suffrages exprimés, ce n’est pas à la hauteur de la couverture médiatique qui en est faite par des journalistes racoleurs.

    Après-ça les jeux habituels d’alliances et le scrutin proportionnel de listes font que des majorités ont changé dans des conseils municipaux mais au total les écarts de voix, et donc de nombre de conseillers municipaux de chaque couleur, ne sont pas gigantesques. Simplement si on a 50%+1 conseiller municipal c’est la majorité au conseil municipal et tout le pouvoir, si on a 50%-1 il y a des élus mais plus de pouvoir.

    Tout ça pour dire que, hélas, la France n’a pas résolu son problème fondamental de « lutte des classes » : quand on est au Café du commerce, sur dix pochtrons accoudés au zinc il y en a :

    • 3,9 qui sont restés au bistrot plutôt que d’aller au bureau de vote
    • 2,7 qui ont voté « bleu »
    • 2,4 qui ont voté « rose »
    • 1,0 qui a voté « extrême » droite ou gauche

    En termes de voix exprimées ce n’est ni un raz-de-marée, ni un Trafalgar, c’est juste une France-pétaudière et ingouvernable, comme toujours.