Sur les médias français les commentateurs pratiquent, ou pas, un féminisme sémantique qui n’engage pas à grand-chose. Lors du lancement d’un plateau télévisé ou radiophonique les animateurs l’entament généralement d’un sonore « bonjour à toutes, bonjour à tous », l’ordre compte. Quelques résistants se contentent d’un « bonjour à tous » ou, plus modestement d’un simple « bonjour ».
Selon l’Académie française, « tous », est un pronom indéfini pluriel employé « Pour désigner l’ensemble des êtres, des choses que l’on considère, dont on parle, que l’on envisage. » Il n’a donc pas besoin d’être féminisé puisqu’il inclut « l’ensemble des êtres ». C’est un mot épicène (désignant tout référent quel que soit son sexe ou son genre [ex. : la personne, le bébé, la girafe] – Wikipédia).
Les militants de la féminisation affichent ainsi à peu de frais leur engagement dans la bataille idéologique abordée dans un bel article de Michel Serres, membre de l’Académie française, à la jolie conclusion :
La grammaire révèle des solutions dont la facilité relative évite les batailles idéologiques d’autant plus féroces qu’elles soulèvent des tempêtes dans un verre d’eau.
En poursuivant les recherches, on découvre qu’en écriture « inclusive » on écrit « tou-te-s » quant à la façon « neutre-binaire : « touxtes » ou « touls » font l’affaire.
Comme chaque année les chaînes françaises d’information en continu ressortent leur classiques « marronniers » de fin d’année. Le premier d’entre eux est rituel de tous les 25 décembre : comment Mme. Michu cherche à revendre sur Internet les cadeaux de Noël reçus la veille et qu’elle n’aime pas. Cette année encore nous n’y avons pas échappé.
La journée du 31 décembre est généralement consacrée sur les plateaux médiatiques à essayer d’anticiper ce que va dire le président de la République dans ses vœux à la Nation le soir à 20H. Hélas, cette année encore ce spectacle affligeant a été diffusé par des journalistes qui s’écoutent parler parce qu’ils n’ont pas grand-chose d’intelligent à divulguer en ce jour de fête, et qu’ils veulent essayer de briller en montrant leur capacité d’anticipation à des téléspectateurs qui ont été plutôt moins nombreux que d’habitude à regarder et écouter les vœux de 20h qui n’ont été pas été vraiment révolutionnaires ni bouleversants.
Tout aussi classique le 1er janvier est la diffusion des « analyses » de ces vœux par le milieu médiatique. Mais cette année, le premier jour de l’année 2026 a été celui de la révélation de l’incendie d’un bar en Suisse qui a fait 40 morts et une centaine de blessés gravement brûlés. Encore plus éclatant, le 4 janvier au matin la planète stupéfiée apprenait l’exfiltration vers les Etats-Unis d’Amérique du président vénézuélien et de son épouse par des troupes américaines. On est passé d’un coup des « émissions spéciales » sur l’incendie à celles sur l’enlèvement.
Couic : les commentaires post-vœux 2026 du président français sont définitivement passés aux oubliettes médiatiques alors que les plateaux télévisés traitent fébrilement de ces nouveaux sujets tellement plus excitants pour une presse en mal de remplir ses grilles en ces périodes de fête.
Ça y est, le « on va dire » passe en deuxième place des tics verbaux compulsifs derrière le « effectivement » sur les plateaux télévisés et même dans les dîners en ville. L’adverbe effectivement ponctue désormais les phrases de présentateurs et animateurs de télévision tous les cinq à six mots. Ce tic est apparu récemment depuis une ou deux années, assez brutalement, sans qu’on ne sache vraiment ce qui a déclenché cette dérive langagière désormais bien établie dans la bouche de tout le monde. Elle a même infusé dans la société où les citoyens se laissent souvent contaminer, effectivement !
Ce grand remplacement linguistique ne semble pas inquiéter grand monde. Peu nombreux sont ceux qui le remarque. Ainsi va l’appauvrissement continue de la langue française accentué par l’inculture du monde de la presse « populaire » dans un environnement où elle a de moins en moins de lecteurs et où l’influenceuse à forte poitrine Nabilla déclare dix millions de suiveurs sur son compte Instagram et le fouteballeur M’Bapé, 129 millions. Vertigineux !
Pas sûr qu’il ne soit facile d’inverser rapidement ce mouvement délétère.
Pascal Praud a fait sa rentrée sur la chaîne CNEWS sans trop de surprises et toujours concentré sur ses thème éditoriaux principaux : les médias publics « de gauche », l’insécurité et l’immigration. La désignation récente d’un co-prix Nobel d’économie français, Philippe Aghion, lui a permis de tomber à bras raccourcis sur ce malheureux avec toutes les certitudes que s’autorise un bas-du-front.
Aghion était non seulement passé sur France Inter, radio « de gauche et wokiste », mais il y avait de plus déclaré qu’il était opposé à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France. Que n’avait-il pas dit ! Praud a immédiatement qualifié l’institution Nobel de « bidon » et expliqué qu’il n’avait pas été frappé par la pensée du nouveau prix Nobel qui selon lui ne volait pas vers les cimes.
Il n’est pas sûr que M. Praud, entre deux matchs de fouteballe, ait pris le temps de lire les écrits de M. Aghion, notamment ceux sur les liens entre innovation et croissance économique. On lui offre ici une occasion de se rattraper car un peu d’innovation dans son émission Café du Commerce serait sans doute bienvenue, bien que nécessitant un investissement intellectuel un peu supérieur à celui ordinairement déployé sur ses plateaux de commères.
On apprend qu’un « créateur de contenu », nouveau qualificatif pour « influenceur », ancien militaire français gagnant désormais sa vie en se faisant humilier et martyriser, y compris physiquement, en direct sur la plateforme « KICK » est décédé. Ce sont d’autres « créateurs de contenu » qui pratiquaient les sévices et doivent aussi probablement partager la rémunération versée par les abonnés payant sur la plateforme pour visionner ces joyeusetés.
Mais les tortures sont allées un peu loin ce 18 août et le torturé est… mort en direct. Il semble que le live était déconnecté lorsque le décès a été constaté mais tous les sévices ont bien été suivis en direct durant douze jours par des spectateurs payants. Tout un programme ! On se demande qui est le plus à plaindre, du décédé, des organisateurs ou de leurs spectateurs ? Les premiers résultats d’une autopsie pratiquée sur « l’influenceur » concluent que le décès n’aurait pas « une origine traumatique » mais serait sans doute dû à une faiblesse médicale de cette personne.
Tous sont des victimes de l’abrutissement général de notre société, des talk-show affligeants tenus sur les médias du groupe Bolloré aux photos et messages de Nabilla suivis par 9,5 millions de personnes sur Instagram, de l’héroïsation des fouteballeurs aux débats de « Café du Commerce » échangés à l’assemblée nationale, tout tire la société vers le bas, la facilité, la déresponsabilisation et l’éloigne de l’intelligence. Un petit clic sur KICK permettra assez facilement de se rendre compte que cette plateforme ne va pas pousser nos enfants à lire Raymond Aron pour comprendre le monde.
Devant l’inanité d’un tel spectacle notre monde libéral est pris à son propre piège. Le sens de la liberté qui le guide voudrait que l’on ne régule pas ce genre d’émissions, insultes à la raison, en pariant sur leur élimination naturelle par l’émergence de séquences plus intelligentes, en une sorte de darwinisme cathodique. Ce n’est hélas plus le cas : Nabilla en roue libre tangente les 10 millions de followers mais il a fallu de ne pas renouveler le contrat public d’attribution de la fréquence de télévision numérique terrestre (TNT) pour faire disparaître, temporairement, le clownesque Cyril Hanouna du paysage télévisuel français (PAF) dans l’émission duquel défilaient Nabilla et aussi… le monde politique ! Hanouna doit renaître de ses cendres dès la rentrée sur une autre chaîne où il devrait poursuivre son œuvre d’insalubrité publique. On ne va pas mettre Hanouna en prison pour l’empêcher de sévir, en revanche les « créateurs de contenu » qui ont torturé leur victime risquent les foudres de la justice ce qui ne semble pas le cas pour les spectateurs.
C’est LE dilemme de notre société : comment trouver les voies et moyens pour que l’intelligence puisse stopper d’elle-même la progression de la bêtise sur les écrans ? Comment faire pour que des suiveurs de plateformes abrutissantes privilégient la lecture de Raymond Aron au visionnage d’émissions dégradantes ? Jusqu’ici on n’a pas trouvé de solution viable si ce n’est d’appliquer les méthodes de contrôle des médias russe ou chinoise, ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour.
Durant les « trente glorieuses », les années 1945-1975, la France était sur la voie de la croissance, non seulement économique mais aussi celle de l’intelligence collective. Le mouvement s’inverse depuis les années 2000, le pays et sa population se rabougrissent dans l’impuissance générale. Peut-être est-ce le cycle de vie naturel d’une nation, hélas !
La magazine « Valeurs Actuelles » affiche en couverture le portrait du déplorable trublion Cyril Hanouna en en faisant un candidat pour les élections présidentielles de 2027. Ce serait une situation intéressante si elle était confirmée, prometteuse d’une campagne électorale encore plus affligeante que d’habitude.
L’intéressé a démenti tout idée de candidature en 2027 comme pour les campagnes suivantes. « Valeurs Actuelles », habitué des unes tonitruantes va sans doute devoir fiabiliser ses sources d’information !
Sur les plateaux télévisés et dans les dîners en ville le « on va dire » continue à tenir la corde des tics verbaux compulsifs (TVC) les plus usités. Mais récemment le « effectivement » remonte dans le classement et s’insère tous les trois mots dans le langage commun. Il n’est pas encore au niveau du « voilà » mais il s’en rapproche. La compétition promet d’être rude entre ces deux adverbes qui jouent un rôle identique de comblement de la pauvreté sémantique des piliers de plateaux médiatiques.
Une énième affaire de financement illégal de partis politiques français a été jugée hier et d’un coup d’un seul l’affaire du « Petit Emile » sur laquelle des journalistes de circonstance glosaient en boucle depuis une semaine sur les plateaux télévisés sans avoir rien à dire sur ce dossier couvert par le secret de l’instruction, pour une fois à peu près bien tenu. Il s’agissait juste d’attiser l’intérêt morbide de Mme. Michu sur le sort de ce malheureux gamin assassiné sans qu’on sache par qui.
Les médias sont passés à ce nouveau sujet sur lequel ils n’ont rien à dire. Ils se pourlèchent les babines et rivalisent d’éditions spéciales et d’experts capables de parler durant des heures pour ne rien dire, une performance. Evidemment c’est une histoire moins dramatique que la précédente.
Au moins le « Petit Emile » et sa famille retournent ainsi dans l’anonymat ce qui, compte tenu du tragique de ce fait divers est aussi bien.
Le paysage télévisuel français (PAF) ne brille décidément pas par la vigueur de son professionnalisme. L’actualité récente multiplie les sujets, anecdotiques ou sérieux, sur lesquels la très grande majorité des journalistes ne brille pas par sa capacité d’analyse. En réalité, qu’il s’agisse de la disparition du « petit Emile », du budget de la République ou du sort judiciaire de M. Sarkozy ou de Mme. Le Pen, les rédactions se basent toujours sur deux outils : le sondage d’opinion et le micro-trottoir. Et lors des journaux télévisés ou des talkshows d’actualité les intervenants glosent en continu sur les résultats délivrés par ces deux outils. On demande à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’augmentation des impôts ? » ou on lance un sujet sur un plateau avec un sondage : « 60% des Français sont contre ceci »…
Ce genre de « lancements » évitent aux animateurs titulaires de carte de presse d’étudier les dossiers sur lesquels ils interrogent le monde politique ou les experts de plateaux télévisés. Ils compensent leur absence d’analyse par les résultats des sondages. Qu’importe le manque d’éthique des questions ou le côté racoleur des sondages, puisque Mme. Michu pense ainsi c’est donc là-dessus qu’il faut débattre. Et les « experts » et les politiques devisent sur la position de Mme. Michu sans rentrer sur le fond des dossiers. Tout le monde semble se satisfaire de ces raccourcis.
On se demande ce qui est encore enseigné dans les écoles de journalisme ?
Rappelons que les journalistes qui déclarent des revenus en France, bénéficient d’une niche fiscale pour « frais d’emploi » leur permettant une déduction de 7 650 EUR de leurs revenus dont ne bénéficient pas les autres citoyens. Cette niche qui était destinée à assurer leur indépendance lorsqu’elle a été instituée, n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait être un gage de qualité et non de racolage.
Avec une jubilation sordide les médias français se jettent sur un nouvel évènement judiciaire annoncé dans le cadre de l’affaire dite de « la disparition du petit Emile », un malheureux gamin de quelques années disparu en 2023 puis retrouvé mort en 2024 aux abords d’un petit hameau des Alpes de Haute-Provence. La police n’a pas encore réussi à élucider ce mystère mais vient de placer en garde-à-vue deux grands-parents et deux oncles de l’enfant, déclenchant les « émissions spéciales » de nombre de chaînes de télévision avec force envoyés spéciaux, « experts » en criminologie et rediffusion de très nombreux reportages réalisés à l’époque dont la conclusion était « on ne sait pas expliquer ce mystère ».
Aujourd’hui les journalistes n’en savent pas plus mais palabrent sur les plateaux télévisés en racolant Mme Michu à qui ils n’ont rien à dire si ce n’est ressasser en boucle des non-informations qu’ils créent comme ils respirent. On se demande toujours si ce genre de racolage génère véritablement une hausse des audiences des chaînes qui s’y compromettent ? Et que se passerait-il si, à la place, les journalistes effectuaient le travail pour lequel ils sont rémunérés (et qui bénéficient par ailleurs d’une niche fiscale spécifique à leur profession), c’est-à-dire l’information et l’analyse ? Pas sûr qu’ils y perdraient, en revanche le niveau intellectuel moyen ne pourrait que progresser mais ça c’est du long terme et de l’hypothétique alors que les supputations sur l’assassin du « petit Emile » c’est de la réjouissance immédiate.
Alors que les conservateurs français, sans doute inspirés par le courant libertarien américain, se lamentent dans les nombreux organes de presse qu’ils détiennent, ou qui leur ouvrent leurs colonnes, des « attaques contre la liberté d’expression » dont ils seraient victimes, on apprend que suite à la réattribution de la fréquence publique de la Télévision numérique terrestre (TNT) de C8 à Ouest-France TV, Cyril Hanouna, le hérault des médias du groupe Bolloré continue à diffuser son émission Touche pas à mon poste (TPMP) sur des réseaux dits « sociaux » et via diverses « box » fournies lar des opérateurs Internet. La chaîne CNEWS, autre média du groupe Bolloré, s’en félicite d’ailleurs à longueur d’antenne en ajoutant que l’audience de M. Hanouna sort d’ailleurs renforcée de cet épisode.
On se rassure donc en constatant que la « censure » de l’Etat n’empêche pas TPMP de remporter un succès d’audience sur les nouveaux canaux utilisés par l’animateur. Ce n’était donc peut-être pas peine de brailler sur partout que la « mort » de C8 est une atteinte inqualifiable à la liberté d’expression. La publicité que les spectateurs subissent désormais sur Youtube et assimilé n’est pas moins abrutissante que celle qui était diffusée par C8 sur son canal TNT. La vulgarité et la bêtise crasse de Cyril Hanouna sont toujours disponibles pour les téléspectateurs intéressés et c’est bien ainsi.
Les médias du groupe Bolloré se posent en victime de la censure d’Etat, inspirée par une idéologie « de gauche », en dépit de la réalité : la plupart des magazines d’information sont détenus par des hommes d’affaires du CAC40, et affichent une ligne éditoriale que l’on peut difficilement qualifier de bolchévique. Le quotidien Le Figaro reste l’un des grands journaux français et son propriétaire est le groupe Dassault pas non plus en faveur d’une ligne gauchisante, ce qui n’empêche pas de maintenir une équipe de journalistes compétents. Il en est de même avec les quatre chaînes d’information en continu de la TNT. Il reste quelques journaux comme Libération, toujours à gauche mais avec une très faible diffusion. L’offre des médias français est diverse, de la gauche à la droite.
Sur CNEWS, l’autre média phare du groupe Bolloré, Pascal Praud, ancien commentateur de fouteballe et animateur d’un plateau style « Café du Commerce » matin et soir réunissant un quarteron de polémistes à la retraire, affiche tous les jours son obsession contre les médias publics qui seraient « de gauche » en vivant de l’argent public et que seule CNEWS, et tout particulièrement son plateau « L’heure des pros », parlerait des sujets qui intéressent les Français.
Charlie Hebdo (23/12/2020)
Lesdits Français peuvent choisir librement les médias qu’ils décident de suivre. Le problème n’est pas tant les sujets abordés par les différents médias, où les tendances politiques affichées, que la manière dont ils sont traités. CNEWS et C8 prennent le parti de la courte vue et du racolage populiste de bas étage pour proférer des jugements à l’emporte-pièce, attisant la contestation systématique de toute action publique ou intellectuelle auprès de leur auditoire. Le Figaro et France-Culture optent pour l’analyse et la réflexion menées par des journalistes professionnels.
Pour élever le niveau de la France qui, rappelons-le une nouvelle fois, répertorie près de 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram (le fouteballeur M’Bappé en affiche 123 millions…) il faudrait pouvoir censurer non pas le soi-disant manque de pluralisme, mais plutôt l’absence d’intelligence. Vaste tâche !
Ce soir à minuit la chaîne de télévision C8 voit son autorisation d’émettre sur la fréquence publique gratuite de la Télévision numérique terrestre (TNT) s’éteindre. La nouvelle chaîne à qui a été octroyé cette fréquence n°8 est Ouest-France TV qui devrait commencer à émettre à partir du 1er septembre.
La chaîne C8 a diffusé hier des émissions larmoyantes se lamentant sur la « censure » que l’Etat fait peser sur elle ; Dans le même temps la vedette de C8, Cyril Hanouna, a annoncé que son émission TPMP (Touche pas à mon poste) continuera dès lundi pour la fin de saison et sera diffusée en direct sur d’autres canaux privés, certains gratuits, d’autres pas : Youtube, Canal+, etc.
Message « X » du 28/02/2025
La veille, le même annoncait que pour la saison prochaine son émission TPMP serait diffusée par le groupe M6 sur la chaîne gratuite de la TNT : W9.
Message « X » du 27/02/2025
De son côté le groupe Bolloré continuera d’exercer sa liberté éditoriale sur ses autres médias : les chaînes de télévision Canal+ (en partie payante), CNEWS et CSTAR (gratuites sur la TNT) ; la radio Europe1 ; les journaux le JDD, Paris-Match, GEO, Ca m’intéresse ; la plateforme DAILYMOTION et bien d’autres médias qui font du groupe Bolloré le plus puissant acteur médiatique français du moment, un peu ce que fut le groupe Hersant dans les années 1970-1980
On a donc vu pire comme censure… On peut même se demander si la famille Bolloré n’aurait pas profité des circonstances pour se débarrasse à bon compte de l’animateur Hanouna dont la vulgarité et le racolage commencaient à devenir un peu envahissants et, sans doute, très couteux, tout en se victimisant sous le poids de la « censute étatique ».
Cerise sur le gâteau, le journal Le Monde rapporte ce matin que Hanouna aurait répondu par la négative « pour le moment » sur l’hypothèse de sa candidature aux élections présidentielles de 2027
L’élection présidentielle de 2027, pour l’instant, bien sûr, c’est non […] je le ferai que si un jour on a une chance de sauver la France.
Nous voilà rassurés.
Depuis le 28/02/2025 le canal 8 de la TNT affiche écran noir :
Les journalistes œuvrant dans les médias détenus par le groupe de l’homme d’affaires Bolloré s’émeuvent depuis plusieurs semaines de la « mort » annoncée de la chaîne C8 pour la fin du mois de février. Celle-ci émet sur la Télévision nationale terrestre (TNT) dont les fréquences sont attribuées gratuitement par l’Etat en échange du respect d’un cahier des charges. Les supporters de C8 se lamentent, toute la journée et sur tous les médias du groupe, sur le fait que l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) organisme administratif « sans aucune légitimité démocratique » a décidé de « tuer » la chaîne ce qui serait une atteinte à inqualifiable à la « liberté d‘expression ».
En réalité, l’Arcom a décidé d’attribuer la fréquence de C8 à une autre chaîne, donc l’une va remplacer l’autre en une sorte d’alternance même s’il semble que la nouvelle chaîne soit encore à l’état de projet. La raison la plus probable de cette décision est que l’Etat tente de mettre fin à la bêtise crasse et au racolage affligeant auxquels se livre cette chaîne. En promouvant l’abrutissement des masses et la vulgarité toute la journée la chaîne Bolloré et son animateur vedette Cyril Hanouna n’ont pas respecté les obligations déontologiques incluses dans le cahier des charges qu’ils ont signé. Comme il est difficile de justifier ouvertement ce non-renouvellement pour des motifs liés au niveau affligeant de ses programmes, sous peine d’être accusé de « mépriser le peuple », bien qu’il suffise de regarder dix minutes de l’émission quotidienne d’Hanouna pour s’en convaincre assez facilement, l’Arcom argumente plus sur le manque de pluralisme que sur l’absence d’intelligence, c’est sans doute un peu moins subjectif.
C8 pourrait poursuivre son activité en tant que chaîne payante à intégrer sur des bouquets satellites ou des box. Mais évidemment ce n’est plus la même histoire et la clientèle-cible est différente dans ce cas, bien moins nombreuse. On se souvient que la chaîne d’information en continue LCI appartenant au groupe Bouygues-TF1 avait menacé de fermer purement et simplement si on ne lui attribuait pas une fréquence gratuite. Ne pas payer l’accès aux téléspectateurs facilite évidemment la diffusion et l’atteinte de la rentabilité… A priori, les dirigeants de la chaîne annoncent qu’elle fermera et licenciera ses 400 employés. Cyril Hanouna, lui, devrait rebondir sur une autre chaîne. Les soutiens de C8 affichent bien entendu la perte de 400 emplois, sans préciser bien entendu que la chaîne qui la remplacera va créer des emplois. Ils prônent également la suppression de l’Arcom coupable d’atteinte à la « liberté d’expression » sans expliquer non plus par quel processus on la remplacera pour l’attribution de fréquences de la TNT, mise aux enchères, auquel cas elles ne seront plus gratuites, attribution directement pat l’administration, autre système ?
L’Arcom a également décidé de transférer la fréquence dont bénéficie NRJ12 à une autre chaîne ce 28 février. Ce changement se fait avec beaucoup plus de discrétion. Sans doute NRJ12 ne peut pas s’appuyer sur un groupe aussi puissant et idéologique que celui contrôlant C8.
Ainsi va la vie dans l’audiovisuel français, de nouveaux acteurs apparaissent, d’autres disparaissent, et l’Etat qui met gratuitement à disposition des chaînes de la TNT en nombre limité, exige en échange des engagements des bénéficiaires. Cela ne parait pas illégitime mais le type de contreparties demandées peut être modifié, ou pas. Il suffit de le décider, c’est l’Etat qui régule ces fréquences et c’est à lui de décider. Si le pouvoir change de mains en France les nouveaux venus pourront faire évoluer ce système, ou pas…
Un accident d’avion fait 179 morts et 2 survivants aujourd’hui sur un aérodrome de province en Corée du sud. Unanime, la presse française qualifie de drame de « pire catastrophe aérienne de l’histoire du pays ».
C’est oublier un peu vite le vol de la Korean Airlines n°007 reliant New York et Séoul le 01/09/1983 qui fut abattu par la chasse soviétique, faisant 269 morts, après s’être « égaré » au-dessus du territoire soviétique. Moscou accusât l’appareil de faire de l’espionnage. C’est seulement après la dissolution de l’URSS que Moscou rendit les « boîtes noires » de l’appareil dont le dépouillement conclut à une négligence des pilotes.
269 étant supérieur à 179 on se demande pourquoi l’accident d’aujourd’hui est considéré comme le plus grave de l’histoire de la Corée du sud ? Et pourtant l’intelligence artificielle fait des miracles pour retrouver les archives. Celles de 1983 n’étant pas des plus anciennes, cette qualification est probablement le fait de la paresse intellectuelle de jeunes journalistes. A moins qu’ils ne jouent sur les mots, une « attaque de chasseur » n’étant pas à proprement parler un « accident ». ? Comme personne ne rappelle cette attaque dans la presse, on peut raisonnablement opter pour l’insuffisance des journalistes.
Puisque nous somme dans les accidents d’avion coréens, rappelons l’attentat à la bombe dont fut victime un vol de la Korean Airlines en 1987. Deux agents nord-coréens avaient déposé une bombe en cabine et quitté l’avion avant l’explosion à une escale à Abu Dhabi. Il y avait eu 115 morts. Les agents nord-coréens avaient ensuite été identifié et arrêtés à Bahreïn, l’homme se suicidant lors de l’intervention de la police et la femme tentant également de se suicider mais échouant dans cette tentative. Elle fut récupérée par la Corée du sud, condamnée à mort puis graciée. Réalisant à Séoul que la situation de la Corée du sud n’était celle qu’on lui décrivait en Corée du nord elle a exprimé des remords et présenté des excuses. Elle vivrait toujours cachée et sous protection en Corée du sud, de peur de représailles que pourrait exercer la Corée du nord pour qui elle est une traitresse à la cause.
Depuis la destitution du gouvernement « Barnier » du fait d’une motion de censure votée par la gauche propalestinienne alliée au Parti Socialiste et au Rassemblement National le 4 décembre, les médias bruissent de rumeurs sur le nom de son remplaçant potentiel. C’est d’ailleurs leur unique préoccupation, anticiper le nom du futur premier ministre. Depuis plusieurs jours le centriste François Bayrou semblait en bonne place pour le poste. Les journalistes qui ne savent pas attendre la décision pour la commenter vivaient dans une espèce de crise de fébrilité à grands coups d’éditions spéciales, de logos « Premier Ministre » et de trombinoscopes déroulant les bobines de ceux que les médias voyaient entrer à l’Hôtel de Matignon.
Ce matin M. Bayrou a été invité à l’Elysée par le président de la République à 8h30. Il ne devait pas y avoir grand monde dans cette réunion, les deux impétrants et peut-être un ou deux conseillers. Comme la réunion a duré presque deux heures, les médias ont passé la matinée à essayer de percer le secret de l’oracle. Vers 10h, le consensus médiatique penchait pour une nomination de Bayrou, quasiment acquise, mais vers midi il a tourné casaque et annoncé que cette réunion avait été provoquée pour permettre au président d’annoncer à François Bayrou qu’il ne serait pas désigné premier ministre et qu’une place de numéro 2 du gouvernement lui avait été proposée comme lot de compensation.
A 12h18 le journal Le Monde en ligne titre : « Au cours d’un échange tendu, François Bayrou a été informé par Emmanuel Macron qu’il ne serait pas nommé premier ministre, selon les informations du ‘Monde’ ». Las, à 12h44 Le même journal doit annoncer : « François Bayrou est nommé premier ministre, annonce l’Elysée dans un communiqué ». C’est la débandade médiatique, les journalistes ravalent leur chapeau et diffusent l’information officielle qui balaye leurs prévisions.
On se demande comment même Le Monde tombe dans ce piège de la recherche du scoop au détriment de l’intelligence. Quel était le problème d’attendre le communiqué de l’Elysée pour commenter la décision ? Le journal a bien mentionné à 12h18 « selon [nos] informations »… eh bien vos informations étaient fausses, ou vous vous êtes faits manipulés Messieurs les journalistes ! Seul le président de la République a le pouvoir de nommer le premier-ministre, tant qu’il ne l’a pas fait il n’y a pas de premier ministre. Il l’a désigné à 12h44, il suffisait d’attendre 37mn pour commencer à commenter et être intelligent plutôt que racoleur. Ce n’est pas le choix qui a été fait par les médias.
Avez-vous remarqué combien sont nombreuses les personnes de votre connaissance s’informant exclusivement « sur les réseaux sociaux » ? Il y en a beaucoup, même au sein de populations qui ont les moyens financiers et intellectuels de s’abonner à un ou des vrais journaux écrits (en ligne ou sur papier, voire sur les deux supports) par de vrais journalistes ? Ces personnes cèdent au mirage du « gratuit » et à l’illusion de l’information alors que, le plus souvent, elles accèdent, au mieux, à de la publicité, au pire, à de la propagande.
Les écrans de smartphones, tablettes ou ordinateurs sont livrés avec des applications natives dont les algorithmes harcèlent leurs propriétaires en leur sélectionnant des « informations » de quelques lignes sur des sujets qui collent aux « préférences » de leurs lecteurs grâce à la magie de l’algorithme. Il s’agit le plus souvent de nouvelles relevant de journaux pipole ou sportifs. On peut généralement s’en défaire en déconnectant toutes les notifications des applications livrées avec l’écran, ou celles que l’on télécharge ultérieurement, mais la plupart des utilisateurs ignorent comment faire, ou ne prennent pas les cinq minutes nécessaires pour comprendre comment procéder à cette déconnection. C’est d’ailleurs la première victoire de ces diffuseurs « d’information » : leur caractère intrusif est accepté par leurs cibles.
Alors les notifications pleuvent sur les écrans comme à Gravelotte et les cibles se laissent séduire en les lisant. Ils tombent sur les « pensées » de Cyrille Hanouna ou des méthodes pour perdre du poids. L’objectif de ces notifications est de faire en sorte que ceux qui les reçoivent cliquent sur un lien, faisant ainsi tourner l’économie Internet tout en décérébrant les utilisateurs qui ne choisissent plus ce qu’ils souhaitent lire, laissant les algorithmes commerciaux en décider pour eux. Il y a donc une espèce de double peine : le niveau consternant des publications disponibles et le choix de celles-ci réalisé par la machine et non plus par le lecteur.
Pour ceux dont l’ordinateur est équipé de Windows, le gloubi-boulga informatif servi de façon contraignante lorsqu’on clique sur le bouton en bas à gauche de la barre des tâches, en est une excellente illustration.
Sur ce panneau Microsoft chaque « tuile » est en réalité un lien URL menant sur le site commercial du fournisseur de « l’information ». Certes, les sources commerciales de ces « tuiles » sont plus ou moins paramétrables mais il est impossible à l’utilisateur de Windows de faire disparaître le panneau. Il apparaît par défaut et s’impose à tous, sauf, peut-être à avoir des capacités de développeur.
Le stade suivant de l’abrutissement des masses est l’abonnement aux pages animées par des « influenceuses » à forte poitrine, et déficience de neurones actifs, sur les réseaux dits « sociaux ». Nabilla (photo) a 9,3 millions d’abonnés à son compte Instagram (14% de la population française) et 2,7 millions sur son compte X (ex-Twitter). La nature de ses publications mérite le détour pour prendre conscience de l’étendue du désastre. Dans une publication en 2018 sur Twitter restée célèbre Nabilla vantait les mérites du bitcoin « grave en train de se développer ». L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait dû publier un contre-communiqué pour avertir des risques que présente un investissement en cryptomonnaie. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
L’étape ultime est l’utilisation de ces réseaux dits « sociaux » pour des objectifs de propagande politique. C’est beaucoup plus pernicieux compte tenu de la paresse intellectuelle des cibles qui prennent le plus souvent pour argent comptant ce qu’ils lisent. Les dictatures en lutte contre l’Occident usent et abusent de leurs multiples comptes sur les réseaux dits « sociaux » pour mener le travail de sape des sociétés de l’Ouest, complémentaire des guerres idéologiques et, parfois, militaires menées sur le terrain. C’est la version 2.0 de « l’agit-prop » (agitation et propagande) chère aux mouvements gauchistes des années 1960 (maoïstes, trotskystes, communistes…) qui en firent leur miel pour essayer de faire tomber la société libérale. Cette nouvelle version est bien plus efficace car touchant facilement des millions de personnes et ne nécessitant pas de violence physique, au moins dans un premier temps.
Alors désormais dans les dîners en ville nombre de convives assènent comme des vérités des publications collectées au hasard des réseaux dits « sociaux » ou des notifications intempestives de leurs téléphones qualifiés de « smart ». Pendant ce temps, la presse se meurt, ou est rachetée par de grands groupes industriels qui l’utilisent pour diffuser leurs idées, mais encore le font-ils via des journalistes professionnels respectant un minimum d’éthique.
L’Occident qualifié de « collectif » par le « Sud global » a inventé ces outils numériques qui aujourd’hui sont en partie utilisés contre lui. Outils de marketing et de propagande, ils aboutissent aussi à l’abrutissement des masses ce qui n’est jamais de bon augure. Mais ce ne sont que des outils et, pour rester optimistes, il suffit de les utiliser autrement pour rendre leurs effets plus positifs. En attendant, un simple abonnement à un journal en ligne qui vaut 10 EUR/mois permettrait d’asséner moins d’inepties dans les dîners en ville.
Les grands capitaines d’industrie continuent d’acheter les titres de la presse française et différents médias. La dernière acquisition en date est celle de l’hebdomadaire Paris Match par le groupe de Bernard Arnault après celle encore toute fraîche du groupe BFM par l’armateur CMA-CGM. Généralement ces hommes d’affaires sont plutôt libéraux, voire « de droite » et les médias dont ils sont désormais propriétaires ne diffusent pas vraiment d’idées révolutionnaires. Quelques exceptions toutefois avec les quotidiens Libération et Le Monde, financés eux aussi par des hommes d’affaires mais qui laissent une liberté éditoriale à ces journaux via différents instruments (fondations, pôles d’indépendance…). Le premier affiche une ligne éditoriale clairement « de gauche », le second plutôt de « centre gauche ». Ces sensibilités restent minoritaires dans une presse nationale française globalement acquises aux idées conservatrices et, surtout, au simplisme politique.
Dans les dîners en ville les bourgeois « pas bohème » s’émeuvent de la « bolchévisation » du Monde depuis qu’en mai 1981 il a appelé à voter François Mitterrand. Peut-être sont-ils devenus eux-mêmes plus conservateurs depuis toutes ces années. Les bourgeois restés « bohème » se satisfont de ce journal intelligent, longtemps dit « de référence ». Dans le reste de la population, le journal Le Monde est un O.V.N.I. tant l’abrutissement des masses s’aggrave. Alors que les campagnes électorales se déroulent désormais plus chez Cyril Hanouna que sur les médias historiques, lire des articles de deux pleines pages d’un quotidien, fût-il « de référence », relève de la mission impossible dont plus grand monde n’a envie.
On doit se féliciter qu’il existe encore des financiers capitalistes disposés à financer ce journal en lui laissant sa liberté éditoriale. Pas sûr qu’ils ne soient disposés à le faire encore très longtemps, hélas !
Fin juillet, le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, l’Arcom, n’a pas retenu les chaînes C8 et NRJ12 pour l’attribution des 15 fréquences de la Télévision numérique terrestre (TNT) qui cesseront donc d’émettre à partir de février 2025. C’est évidemment une mesure de salubrité publique quand on connaît le niveau de bêtise crasse d’au moins le premier des deux recalés. C8 appartient aux médias du groupe Bolloré et son animateur vedette, Cyrille Hanouna, bellâtre racoleur, vulgaire et bas du front, se vautre dans la fange depuis des années en subissant régulièrement les foudres de l’Arcom chargée de faire respecter les contreparties sur lesquelles s’engagent les attributaires de ces chaînes. Il s’agit majoritairement de conditions liées au pluralisme politique et à la dignité humaine. Ces fréquences qui sont des actifs publics sont attribuées gratuitement par l’Arcom, il n’est donc pas illégitime que ceux qui les reçoivent soient soumis à des contreparties.
Aussitôt la décision connue, tous les médias du groupe Bolloré et, globalement, l’intelligentsia de droite, ont crié à la violation de la « liberté d’expression ». En réalité les deux chaînes retoquées ont été remplacées par Réels TV appartenant à l’homme d’affaires Daniel Kretinsky et OF TV du groupe de presse Ouest-France. Ni les uns ni les autres ne sont véritablement répertoriés comme « de gauche » donc on ne voit pas bien en quoi la liberté d’expression est mise en cause quand on remplace des chaînes « de droite » par des chaînes « de droite ». Cependant, l’intelligence devrait y gagner mais la « faux-jettonerie » générale empêche les commentateurs d’utiliser cet argument car il est plutôt subjectif et risque de blesser les nombreux téléspectateurs de ces chaînes. En réalité on peut imaginer que les décideurs de l’Arcom se sont basés sur ce critère de l’intelligence pour exclure C8, mais sans le dire.
Les chaînes exclues des fréquences publiques de la TNT ne sont pas censurées ; personne ne les empêche de continuer à émettre via l’Internet ou des bouquets payants, simplement, dans ce cas, elles auront sans doute moins d’audience. Cyrille Hanouna pourra probablement se recaser sur une autre chaîne de la TNT à moins que cette situation ne serve de leçon et que plus personne ne veuille lui proposer un emploi. Dans ce cas il recevrait certainement des offres pour un autre média du groupe Bolloré, peut-être pas pour le même salaire.
Natacha Polony qui tient une place de choix dans le bal des pleureuses de la corporation journalistique, critiquant tout et son contraire, en permanence et à tout bout de champ, dans la politique suivie par l’Etat est une nouvelle fois prise en flagrant délit caractérisé de mauvaise foi. Elle appelle depuis des mois à « redonner la parole au Peuple » via des élections et, ce soir, alors que le président de la République annonce la dissolution de l’assemblée nationale, elle critique cette décision comme « contraire à l’esprit de la constitution de la Ve République » et déclenchée par la volonté du président de manipuler les partis politiques en semant le chaos en leur sein.
Même ses collègues plumitifs lui ont fait remarquer ce soudain et fort peu compréhensible retournement de veste ce soir sur les plateaux télévisés tant il est flagrant. Mme. Polony, sous son joli minois, a l’habitude de noyer ses interlocuteurs sous un déluge de mots. Ses raisonnements sont souvent alambiqués, pour masquer leur légèreté. Ses critiques à l’encontre du pouvoir en place sont permanentes et un peu désespérantes tant elles sont récurrentes. Rien ne satisfait cette journaliste dont le fonds de commerce repose sur l’accusation systématique.
Dans l’hebdomadaire Marianne dont elle est directrice de la publication elle a titré hier soir :
Pas la moindre cohérence autre que tacticienne à la dissolution annoncée par Macron.
Natacha Polony (Marianne du 10/06/2024)
La dissolution, elle était pour mais du moment qu’elle a été décidée par le président Macron c’était donc une mauvaise décision. Après avoir usé le plateau télévisé de BFM dimanche soir en agitant son moulin à paroles une bonne partie de la soirée, elle s’est précipitée sur son ordinateur pour continuer sa logorrhée anti-Macron dans un article publié en ligne ce lundi. Il serait profitable pour les gens qui la lisent ou l’écoutent qu’elle réfléchisse un peu entre ses phrases pour afficher un peu plus de cohérence ce qui lui redonnerait de la crédibilité. En sera-t-elle capable ? Pour le moment, sa place de directeur de Marianne est potentiellement remise en jeu par suite du rachat de ce journal par un investisseur français, Pierre-Edouard Stérin, fervent catholique, qui ne serait sans doute pas opposé à accentuer encore la critique contre la majorité présidentielle.
Rappelons que Mme. Polony bénéficie, comme tous les journalistes, d’une niche fiscale offrant une déduction de 7 650 EUR de ses revenus qui n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait pousser Natacha Polony à un peu de modestie lorsqu’elle critique la politique budgétaire de l’Etat.
Natacha Polony est, hélas, assez représentative d’une profession journalistique qui a trop souvent remplacé l’analyse par le verbiage, et qui porte aussi une part de responsabilité dans le chaos politique actuel.
Le milieu politico-médiatique français se complaît dans une guérilla sémantique alors que la guerre fait rage au Proche-Orient. Le sujet du débat est de savoir comment qualifier les actions du mouvement palestinien Hamas et la campagne militaire en réaction d’Israël. Les propalestiniens parlent « d’acte de résistance » du Hamas et de « génocide » d’Israël. Les pro-Israël qualifient de « terrorisme » l’action du premier et de « droit de se défendre » pour le second. Et cela fait 70 ans que ça dure…
Cette appréciation différenciée se constate en France entre l’extrême gauche et les partis de gouvernement, mais aussi à l’étranger. Aux Etats-Unis notamment, des intellectuels comme Judith Butler réassaisonne à la sauce « woke » ce conflit qui dure depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948.Les plateaux télévisés franchouillards adorent ce type de querelles de mots qui évitent de devoir réfléchir sur le fond.
Vouloir convaincre un propalestinien que le Hamas est un groupe terroriste ou un pro-israélien que Tsahal commet des crimes de guerre, c’est comme de vouloir convaincre un trotskiste que Staline était un travailleur humanitaire. C’est inutile et, surtout, c’est peine perdue. Alors à quoi sert de vouloir forcer son adversaire politique à prononcer des qualificatifs qu’il réprouve ? A rien, sinon à animer des polémiques de plateaux télévisés. Il s’agit d’idéologies, les critères d’appréciation des uns sont différents de ceux des autres et les idéologues n’en changent pas. Les citoyens sont assez grands pour se faire leur opinion sans avoir besoin de guides spirituels. Les positions sont sur la table de façon assez claire, les électeurs en jugeront au moment de mettre un bulletin dans l’urne.