Catégorie : Le Journalisme de circonstance

  • Fabius interruptus

    Le « Zapping » de Canal+ repasse Fabius lors de la soirée électorale de dimanche soir, interrompu par Pujadas qui préfère donner la parole à Johnny en direct à la sortie de Fouquet’s plutôt que de poursuivre avec le discours rabâché de notre socialiste mondain !

    La tête de ce pauvre Fafa valait le déplacement. Il a juste eu le temps d’ajouter « Ah ! Il est revenu de Suisse ? ». Dieu merci le téléspectateur en a eu pour son argent et a pu goûter toute la subtilité de l’analyse politique du rocker, toujours plus intéressante que celle de Pujadas malgré tout.

  • Résultat de la course à l’Elysée

    Ségolène perd avec le sourire. 85% des électeurs se sont prononcés. Le Pen est ramené à 10%, le parti communiste ne devrait plus s’en remettre ; on a vu pire comme résultat électoral !

    La prochaine avancée démocratique pour la France serait sans doute de se doter de rédactions de journalistes intelligents dans ses principaux médias. Vaste tâche à l’aune de la qualité des questions ce soir sur les grandes chaînes hertziennes : l’unique souci des interviewers est de savoir qui va tuer qui au PS, qui sera nommé premier ministre à droite et où Sarkozy part en vacances.

    Alors à chaque invité qui défile, et une rédaction de télévision un soir de deuxième tour c’est une véritable auberge espagnole, ils posent les mêmes questions vides de sens, ou interrompent les politicards pour donner la parole à Johnny ou à Bigard. En plus Mireille Matthieu chante la Marseillaise, on espère qu’on fera mieux pour la suite question renouveau !

  • Le journal Le Monde se prononce

    Après avoir appelé à un deuxième tour Ségo/Sarko, donc sans Bayrou, Colombani dans Le Monde appelle à voter Ségolène :

    Sa victoire lui donnerait l’autorité pout engager ce travail de réinvention indispensable. C’est un pari. Pour le pays, il mérite d’être tenté.

  • La presse en accusation

    Un très intéressant article dans Le Monde sur le discrédit des journalistes : ceux qui couchent avec les politiques, ceux qui soutiennent les mauvais chevaux, ceux qui posent les questions les plus stupides qui soient. Après le tonitruant « Taisez-vous Elkabbach » lancé par Georges Marchais il y a quelques années, les plumitifs sont redevenus la cible des hommes politiques qui flinguent la presse dans leurs meetings. Dans un grand élan de démocratie participative les télévisions remplacent les questions des journalistes par celles des téléspectateurs ! Et les journalistes se demandent à quoi donc peuvent-ils servir ?

    Beaucoup servent la soupe à des politiques qui se vautrent dans la bauge de la pipolisation avec délices : Chirac passe chez Drucker, Ardisson demande à Rocard si « sucer c’est tromper ? », etc. On se demande souvent pourquoi certains politiques ne quittent pas les plateaux quand les questions passent les bornes de la raison ou de la décence.

    Sans doute les électeurs porteraient plutôt un tel geste à leur crédit. En attendant, l’unique préoccupation de la presse au cours des six derniers mois de l’année 2006 était de savoir qui se présente et quand (jour et heure) les impétrants annonceront leur décision ; depuis 2007 les questions journalistiques tournent uniquement sur le déversement des résultats de sondages par candidat avec la réflexion puissante du genre : « ça monte pour x, ça descend pour y ». Du fond, il n’est jamais question. Le discrédit n’est peut-être pas totalement injustifié. Et c’est un journaliste qui l’écrit dans Le Monde.