Catégorie : Le Journalisme de circonstance

  • Charlie et la gériatrie

    Charlie-Hebdo, un journal lourdingue et subtil. Un très bel article de Patrice Pelloux sur la gériatrie dans le numéro de cette semaine.

    Cliquer sur : https://rehve2.fr/wp-content/uploads/CH_20100804_Geriatrie.pdf

  • La presse de caniveau

    Encore une cinglée qui tue ses nouveau-nés. Cette fois-ci elle ne les a pas congelés mais enterrés au fond du jardin. La presse adore et se jette sur le fait-divers tel un trésorier de l’UMP sur la fortune de Mamy Bettencourt : envoyés spéciaux sur place, interview des voisins du style « Que ressentez-vous à l’annonce d’une telle nouvelle ? », exposé des capacités professionnelles de l’impétrante par sa hiérarchie, etc., etc. L’histoire extraordinaire de gens sans histoire, un vrai bonheur pour des journalistes en mal d’actualité.

  • Sujets sensibles

    Le journaliste polémiste Eric Zemmour affirme sur Canal+ :

    – Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait.

    Comme de bien entendu cette affirmation fait du bruit dans le landerneau parisiano-politico-médiatico-associatif, d’autant plus que l’avocat général près la cour d’appel de Paris, Philippe Bilger, publie un billet sur son blog qui précise notamment :

    – …En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce « fait », la justesse de cette intuition qui, aujourd’hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n’est inutile : qu’il y ait aussi des « trafiquants » ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard. Il n’est point besoin d’aller chercher des consolations dans les statistiques officielles dont la finalité presque exclusive est de masquer ce qui crève les yeux et l’esprit si on accepte de regarder. 

    Toute vérité n’est pas bonne à dire si crument d’autant plus que les statistiques officielles françaises ne permettent pas de la vérifier puisqu’elles n’utilisent pas de critères ethniques. A tout le moins, plutôt que de jeter en pâture à la beaufitude franchouillarde des réalités explosives, il conviendrait que ces plumitifs enrobent quand même ces révélations d’un peu de pédagogie, de précautions oratoires, voire d’intelligence si ce n’est pas trop demander.

    Zemmour a adressé une lettre d’explications à la LICRA par suite d’un entretien avec son président. Il s’explique longuement sur l’utilisation qui a été faite de ses propos :

    – … On a volontairement oublié que ma désormais fameuse phrase n’était qu’une réponse aux arguments développés par les autres intervenants selon laquelle « la police n’arrête que les Arabes et noirs ». Cette double « stigmatisation » – et de la police républicaine – et des « Arabes et noirs » ne choque personne. Les « Arabes et noirs » peuvent être distingués du reste « de la communauté nationale » s’ils sont héros (le livre de Thuram exaltant les héros noirs) ou victimes. Dans tous les autres cas, il est infâme de les distinguer. Cette injonction universaliste conviendrait assez bien à mon tempérament assimilationniste. J’ai tendance à ne voir dans tous les Français que des enfants de la patrie, sans distinction de race ni de religion, comme dit le préambule de notre Constitution. …

    La principale conclusion à tirer de cette affaire c’est qu’à force de fréquenter des émissions de variété d’un niveau intellectuel plutôt modéré, les politiques et autres plumitifs se brûlent les ailes, poussés à la faute par des animateurs en mal de scoops et de provocations. Il leur suffit de ne pas se montrer dans ces shows médiatiques pour éviter ce genre de mésaventures. Leurs égos en souffriraient peut-être, certainement pas la Pensée !

  • Le bal des roquets sur les ondes

    Nicolas Demorand s’affronte ce matin sur France-Inter à Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP-aux-cheveux-longs-et-gras, porte-flingue de la droite (et il a vraiment les cheveux très-longs-et-très-gras) mais il faut quand même bien admettre que Demorand est éligible à la médaille d’or du roquet-club. Quelle triste transformation. Ce garçon était un vrai régal de l’esprit quand il officiait le matin sur France-Culture avec finesse et subtilité, animant de vrais débats matinaux d’intellectuels ou de politiques, prenant le temps d’écouter et de comprendre. Aujourd’hui il a rétrogradé dans la catégorie des pisses-vinaigres radiophoniques provoquant, interrompant, abusant, manipulant ses interlocuteurs, privilégiant l’agression sur le débat, la petite phrase sur la réflexion, le scoop pipole sur l’information, bref, il est devenu vendeur de bouillie instantanée sur les ondes matinales de France-Inter (et de soupe télévisuelle sur France-5). Quelle régression pour un garçon pourtant agrégé de lettres et de philosophie…

    Certes ses interlocuteurs politicards s’y entendent aussi en matière de rouerie et de manipulation, mais est-ce une raison pour se mettre à leur niveau ? Hélas, oui sans doute. Après tout Demorand compromet avec les objectifs de son employeur, ce n’est pas un crime et il suffit de ne plus l’écouter.

    Mais alors qu’on le croyait irremplaçable lorsqu’il a quitté les matins de France-Culture en 2006, son successeur Ali Badou et l’a fait oublier rapidement. Mais hélas encore, trois fois hélas, Ali, autre normalien et agrégé de lettres, a lui aussi cédé aux sirènes de la télé et abandonné France-Culture l’an passé. Il est remplacé par Marc Voinchet, qui tient bien la route pour le moment.

  • Et alors ?

    Psychodrame franchouillard : le président de la République va aller clôturer le salon de l’agriculture au lieu de l’inaugurer. Et l’on trouve tout un cheptel de chroniqueurs et de politicards pour gloser sur le sujet : inauguration versus clôture. Quelle affaire !

  • La commercialisation du look

    Christophe Barbier, porte-plume en chef de L’Express, fait partie de ces pipoles se croyant obligés de se transformer en logo commercial en s’habillant de la même façon. On a dans cette catégorie, entres autres, l’architecte Jean Nouvel, toujours intégralement en noir, costume et chemise col-Mao, Pierre Rosenberg, ancien directeur du Louvre toujours également en écharpe rouge, Jean-Pierre Elkabach en écharpe bleu clair, Thierry Ardisson, toujours en polo et costume noir. Bref, des humains qui se logoïsent pour se vendre comme un paquet de nouilles.

    Interrogé sur France Info le 7 janvier,le Barbier répond que cette écharpe lui a été offerte par Carla et qu’elle est devenue « …un petit gimmick marketing… Et c’est aussi un peu mon doudou, aussi. » Notre société de communication pousse à ces perversions où la forme est privilégiée par-dessus-tout, ceux qui refusent de compromettre avec cette pipeauterie perdent, cf. Seguin et d’autres…

  • La culture en France

    Enfin une bonne nouvelle avant la coupe du Mooooooonde de fouteballe : France Culture arrive en n°3 des radios les plus podcastées en France. Comme quoi même avec seulement 1,8% de part de marché une radio intelligente arrive à soulever des montagnes.

  • Les Amériques

    A l’occasion de la décision prise d’organiser les jeux olympiques au Brésil, une bonne partie de la presse explique que la dernière fois que des jeux ont été organisés en Amérique du Sud c’était au Mexique… Hum, hum, hum, il semble qu’il y ait confusion en Amérique du Sud et Amérique Latine. Le Mexique est en Amérique du Nord tout en étant en Amérique Latine mais certainement pas en Amérique du Sud. Le journaliste sportif de base devrait consulter son atlas un peu plus souvent.

  • La presse de caniveau

    Un cinglé récidiviste enlève et tue une jeune femme joggeuse, après sans doute l’avoir violée. Il avait fait la même chose il y a quinze avec une gamine de 13 ans, mais qu’il n’avait pas tuée. Il était sorti de prison au bout des 2/3 de sa peine comme la Loi l’y autorise.

    Le journal télévisé de France 2 ce soir relate ce triste fait divers. Les journalistes de la rédaction ont réussi à retrouver les parents de la gamine de 13 ans et lui ont posé leurs questions habituelles d’une grande élévation spirituelle du genre : « que ressentez-vous aujourd’hui à l’annonce de ce nouveau crime commis par celui qui a violé votre fille ? ».

    On reste bien entendu confondu par la crétinerie insondable de cette démarche journalistique qui ne respectant rien, ni l’humain ni l’intelligence. Mais on se demande ce qui se serait passé si les journalistes de FR 2 avaient essayé de se comporter comme des Hommes et non comme des hyènes aux babines dégoulinantes ? Est-ce que vraiment leur sacrosainte audience aurait marqué un coup d’arrêt ? Nous n’arrivons pas à le croire. Qui se serait plaint de ne pas voir les larmes de ces parents touchés au cœur par cet incroyable manque d’éducation de la presse publique ? A notre avis personne, bien au contraire. Alors qui tentera le pari de l’intelligence à FR 2 ?

  • Une presse audiovisuelle en-dessous de tout

    On pourrait penser que nous en voulons aux médias, mais c’est un véritable feu d’artifice de leur part en ce moment ! Et puis, oui, nous en voulons aux médias qui dans leur grande majorité jouent un rôle non négligeable dans l’abêtissement des masses.

    La grippe A occupent les grands titres depuis maintenant plusieurs mois. Comme chacun sait la presse est supposée indépendante dans notre pays on peut donc imaginer que les rédactions des jités décident à leur niveau, et sans pression aucune, de passer 15 mn chaque soir à faire pleurer les chaumières sur le H1N1. A chaque fois que l’on ferme une maternelle au fin fond de la Corrèze par souci de non-prolifération du virus, les journaux télévisés font l’ouverture sur le sujet à grand renfort d’envoyés spéciaux qui interrogent les parents, le maire et la crémière du village sur ce sujet majeur. Généralement le point suivant est de demander à un ministre ou à un politique si « nous n’en faisons pas un peu trop ». Devoir d’informer et bla-bla-bla.

    Mais bougre de butors, qui en fait trop ou pas assez sinon la presse elle-même ? L’Etat se prépare au pire, principe de précaution oblige, et essaye d’être en mesure de soigner le peuple si jamais la situation l’exigeait. Et qui tomberait à bras raccourcis sur le gouvernement s’il se retrouvait impuissant face au virus ? La presse elle-même bien sûr qui ainsi inventé une espèce de mouvement perpétuel : j’agite le bocal des peurs populaires et je harcèle les politiques qui frémissent d’horreur au souvenir des scandales du sang contaminé et autres hormones de croissance. Les ministres interviennent, se contredisent, et la vente des journaux est assurées pour plusieurs mois.

    Vous verrez que le sujet suivant concernera les 95 millions de vaccins commandés par l’Etat. Si on ne les utilise pas le gouvernement sera accusé de gabegie, si on en a besoin et qu’il n’y en a pas assez, les accusations porteront sur l’imprévoyance étatique et s’ils correspondent au besoin, pas un de ces plumitifs de circonstance n’admettra que « finalement on n’en a pas fait trop. » Grandeur et décadence de la démocratie !

  • Les comptes de la sécurité sociale à la dérive

    Il semble que les comptes de la sécurité sociale de notre vieux pays soient lourdement déficitaires depuis des années, voire des décennies. Il semble que les multiples plans de redressement élaborés par les gouvernements successifs de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel n’aient été que des cautères sur une jambe de bois et chaque fois la course folle des dépenses a repris sans commune mesure avec l’augmentation des recettes. Tout ceci est pour la bonne cause puisqu’est c’est pour soigner le peuple !

    Mais il semble également que la réalité comptable soit aussi incontournable que la croissance des charges. On a beau essayer de passer les chiffres sous le tapis de divers artifices budgétaires, quand on dépense plus qu’on ne gagne, l’exercice a ses limites. La presse se croit maligne en annonçant une augmentation probable du forfait hospitalier journalier restant à la charge des patients de 16 à 20 EUR/j, la politicaille s’emmêle les pinceaux devant cette affaire et ladite presse revient à la charge en se réjouissant de voir bafouiller les hommes politiques et les harcèle sur le thème « allez-vous continuer à tondre les pauvres malades ? »

    C’est du niveau école maternelle ! Il n’est quand même pas indécent que les décideurs en charge des finances sociales s’interrogent sur les voies et moyens de redresser celles-ci. Quand Libération ou le Monde ont frôlé le dépôt de bilan, les managements de ces quotidiens ont réfléchi à des plans de restructuration qu’ils ont mis en œuvre pour sauver ces journaux. Il y a eu des réductions drastiques de coûts et des suppressions de postes.

    Il est probable que l’augmentation éventuelle du forfait hospitalier n’est qu’un des éléments d’un plan de redressement global de la sécurité sociale mais les médias se focalisent dessus car il est vendeur auprès du bon peuple qui s’en émeut. D’une façon ou d’une autre il va bien falloir trouver un cocktail avec augmentation des recettes et diminution des dépenses sociales. Le vrai sujet est de savoir comment le poids de ces mesures sera réparti entre les contribuables et les consommateurs de services hospitaliers, mais de ceci personne ne parle sur les plateaux télévisés.

    Peut-être pouvons-nous espérer un jour équilibrer les comptes sociaux français, mais pour arriver à ce que les médias hexagonaux soient un peu plus pédagogues et moins concierges, la route sera certainement encore très longue.

  • Petit malais vagal présidentiel

    Le président Sarkozy a fait un malaise hier et passé la nuit à l’hôpital. Cela n’a pas l’air d’être bien grave, il est sorti du Val de Grâce ce matin, mais en fait personne n’est bien sûr de connaître la vérité. La Nation s’est faite enfumée pendant quinze ans avec le cancer de Mitterrand, alors pourquoi pas un nouveau mensonge d’Etat avec Sarko, il en est capable. Après tout il continue d’affirmer que les impôts n’augmenteront pas, alors pourquoi ne pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes et un cancer du foie pour un malaise vagal ?

    Le plus croquignolet dans l’histoire est de voir la presse s’agiter à tout va car elle ne sait rien et a du mal à l’admettre. Malgré tous ses reporters en planque à l’Elysée ou à Versailles, ses interviews de médecins non informés, les analyses de ses sondeurs mondains, personne ne sait plus que ce qui figure sans les communiqués officiels, et cela énerve. Pour un journaliste dire : « nous ne savons rien et passons donc au sujet suivant » est aussi difficile à imaginer que Fabius votant pour un traité européen ou Frédéric Lefèbre le porte-parole de l’UMP aux-cheveux-longs-et-gras se faisant une coupe au bol. C’est tout simplement impossible ! Par contre la capacité à occuper l’antenne pour ne rien dire sinon répéter que l’on ne sait rien relève d’un exploit hors du commun.

  • La réclame sur la télévision de service public supposée sans pub

    Ce soir vers 22h, en attendant le début de Mots Croisés sur France 2 avec son plateau-repas le téléspectateur ébahi voit défiler successivement :

    • Une pub FR2 pour la série Urgences, sponsorisées par une marque X
    • Une pub FR2 pour une émission de théâtre le mercredi, sponsorisée par une marque Y
    • Le tirage du loto présenté par un présentateur bêtifiant et pathétique
    • Une pub FR2 pour l’émission Envoyé Spécial, non sponsorisée
    • Une auto-pub sur les 5 chaînes de France Télévisions
    • Une auto-pub pour FR2

    Le tout dure environ 15 mn, ce qui pour une chaîne sans pub après 20h est déjà pas mal.

  • Une catastrophe médiatique

    Un avion de ligne tombe en plein océan Atlantique avec 228 passagers et personnel d’équipage. Il n’y ni trace ni indice ni communication de dernière minute pour comprendre la catastrophe. Il n’y a rien de rien pour commencer à imaginer ce qui a pu se passer. Au moins peut-on penser que la destruction de l’aéronef a dû être brutale et que ses passagers n’ont, heureusement, pas dû avoir trop de temps pour réaliser ce qui s’est passé.

    Cet avion est français alors les médias nationaux s’emparent du sujet à grandes envolées d’émissions spéciales, de logos AF 447 et autres détails destinés à cacher qu’ils n’ont rien à dire sur le sujet. Les rédactions envoient des reporters dans les aéroports, ressortent les experts en catastrophes aériennes qui confirment que pour le moment il n’y a rien à dire, retrouvent les survivants d’anciennes catastrophes, ressassent les cellules d’assistance psychologiques mises en place pour les familles. Bref, meublent le vide, mobilisent leurs antennes et n’apportent aucune information puisqu’il n’y en a pas de disponible à ce stade, mais ils le font avec énergie et détermination. C’est la comédie humaine appliquée aux médias sur un sujet morbide.

    Que se passerait-il si une des chaînes de télévision généralistes essayait de se démarquer du comportement moutonnier de l’ensemble en expliquant qu’il n’y a rien à dire pour le moment que sa rédaction suit ce sujet dramatique et reprendra l’antenne quand il y aura de la matière ? On a l’impression que cette chaîne paraîtrait plus intelligente et professionnelle et l’audimat devrait lui en savoir gré ! Mais sans doute doit-on rêver…

  • L’affligeante écoute des radios « commerciales »

    Grève sur France-Culture ce matin, on se rase sur RMC. Cela fait longtemps que l’on n’avait pas traîné sur les ondes « commerciales » (depuis la dernière grève publique en fait) et il faut avouer que cela fait mal ! Entre deux tranches de pub il y a parfois un peu d’information. Enfin, « information » c’est une façon de parler. Aujourd’hui le pauvre Éric Woerth, ministre du tiroir-caisse essayait de paraître intelligent (ce qu’il semble être d’ailleurs) au milieu d’une horde de pipelettes dont l’unique objectif était de l’interrompre dès qu’il échouait à développer un sujet en plus de 10 secondes et de le ramener à des sujets débilitants dès qu’il essayait d’expliquer à ces ignares les subtilités de la finance publique. Bref, mais pourquoi RMC ne fait pas grève !

  • Il suffit de ne pas parler à la presse

    Il suffit de ne pas parler à la presse

    Devant les commentaires ironiques sur ses dernières déclarations, Ségolène Royal explique qu’elle a en fait donné une réponse humoristique à une question provocatrice.

    Ce même jour, Kerviel le Trader-fraudeur dément avoir donné l’interview publiée par le Parisien ce matin. Il s’agirait en fait d’un bla-bla « off » bien tenu par l’impétrant mais qui n’était pas censés lui être attribués officiellement.

    Si toutes ces divas des radios et des télés faisaient un peu plus leur boulot et paradaient un peu moins sur les plateaux, ils éviteraient d’avoir à se dédire et contredire en permanence, et d’occuper indument l’espace médiatique où ils n’ont rien à faire. Que Mme. Royal propose une alternative au PS, que Kerviel prépare ses explications à la justice sur comment il a fait perdre 5 milliards à son employeur, et par pitié, qu’ils débarrassent le plancher de nos écrans et nos ondes, tout le monde en sera infiniment satisfait.

  • La presse maltraite le ministre de la Justice

    Les journalistes sont incorrigibles et massacrent Rachida Dati qui, recevant le 3 décembre le rapport de la Commission chargée de formuler des propositions pour réformer l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante a dit notamment :

    La Commission propose de fixer la minorité pénale à 12 ans. C’est le seuil qui a été recommandé en février 2007 par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Il correspond à la moyenne de ce qu’appliquent nos pays voisins (10 ans en Suisse et en Angleterre, 12 aux Pays-Bas, 14 en Allemagne, Espagne, Italie).

    Dire qu’un mineur d’aujourd’hui peut justifier une sanction pénale à partir de 12 ans me semble correspondre au bon sens. Sanctionner ne veut évidemment pas dire emprisonner et les juges pour mineurs doivent pouvoir disposer d’une palette de réponses adaptées à tous les cas.

    Je crois aussi, comme le propose la Commission, que les mineurs de moins de 12 ans qui commettent des infractions devraient pouvoir être entendus par des enquêteurs, alors même que leur responsabilité pénale ne pourrait pas être engagée. Nous devons prévoir un dispositif permettant qu’ils soient tenus à la disposition des enquêteurs, avec toutes les garanties qu’impose leur âge.

    Il faut aussi que les mineurs de moins de 12 ans qui ne pourraient pas être sanctionnés pénalement puissent faire l’objet d’une prise en charge civile très particulière. La Commission ouvre une piste en direction d’un placement éducatif spécialisé qui me paraît intéressant.

    Le dernier principe que la Commission propose d’inscrire dans le nouveau code concerne l’âge de majorité pénale.

    Cet âge est fixé à 18 ans depuis 1906. Depuis plus d’un siècle, en-dessous de 18 ans, on est jugé selon les règles spéciales applicables aux mineurs.

    La Commission propose de consacrer solennellement ce principe dans le futur code de la justice pénale des mineurs. Cela répondra aux inquiétudes que certains ont pu exprimer lors de l’annonce d’une réforme en profondeur de l’ordonnance de 1945.

    Ce principe n’exclut pas pour autant que des règles particulières de procédure soient prévues pour les mineurs les plus âgés. La justice pénale des mineurs a toujours distingué selon la maturité des délinquants. Plus un mineur approche des 18 ans, plus le régime pénal qui s’applique à lui se rapproche également de celui des majeurs. C’est justifié et logique. Cela doit rester le cas.

    http://premier-ministre.gouv.fr/IMG/doc/Discours_de_Rachidat_Dati.doc

    Tout ceci s’est transformé à la une des journaux et télévision : « Rachida veut emprisonner les mineurs de 12 ans. » Il semble qu’il y a tout de même quelques nuances et subtilités qui ont échappé à la presse. Quoi que l’on pense du sujet, il n’est pas interdit de le présenter honnêtement.

    Quand à Sarko, il continue à désavouer ses ministres avec énergie en fonction de la direction du vent. (Edgar Faure disait : « ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent… »)

    Là encore, et sauf si la mémoire nous fait défaut, il semble vaguement nous souvenir que sa campagne électorale présidentielle était plutôt du genre sécuritaire. On se demande même si ce ne sont pas ses discours de l’époque (certes très lointaine) qui ont inspiré cette commission, mais ce doit être notre mauvais esprit qui parle ?

    De toute façon, le Loi passera et le parlement décidera de ce qu’il veut retenir ou pas de ces propositions, qui pourraient rejoindre la poubelle déjà très remplie des rapports sans suite.

  • Bonjour Siné

    Siné, dessinateur viré de Charlie Hebdo cet été pour chronique antisémite est en train de lancer Siné Hedo.

    Un canard qui ne respectera rien, n’aura aucun tabou, chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs.

    Guy Bedos et la philosophe Michel Onfray sont actionnaires fondateurs, Benoît Delépine, Denis Robert, Didier Porte et bien d’autres seront au programme. Cela promet des mercredis matin sanglants avec Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Siné Hebdo dans les kiosques en même temps ! On va se régaler.

  • La presse se distingue

    TF1 présente ses excuses pour avoir annoncé la mort du petit Louis. La chaîne avait diffusé la mort du garçon disparu dans la Drôme vendredi à la fin du journal de 20 heures. Elle a présenté ses excuses au journal de 13 heures samedi. Ah les journalistes, vraiment incorrigibles ! C’est vrai que ces derniers temps ils ont adoré les histoires d’enfants massacrés à coups de couteaux, ou morts étouffés, oubliés par leurs parents enfermés dans des voitures garées au soleil. Ca les a beaucoup réjouis durant un été pauvre en nouvelles people. Ils n’avaient grosso-modo que le disque de Carlita à se mettre sous la dent : un peu fade tout de même. Alors là, un petit Louis disparu voilà qui mettait du baume au cœur des rédactions désœuvrées qui ont donc fantasmé une fin médiatiquement heureuse : la mort du garçonnet. Hélas, le p’tit Louis était simplement endormi sous un arbre à 500 mètres de chez lui… Si on ne peut plus compter sur les psychopathes pour assurer l’audience des journaux télévisés, où va le monde ?

  • Des journalistes dépités

    Le journaliste chroniqueur de musculeux des JO de Pékin n’aura pas accès depuis le centre de presse du coin aux sites web diffusant des informations « illégales ou nuisibles » soit la pornographie, la violence ou des contenus mettant en cause « l’unité et la sécurité nationale et les bases des principes de la Constitution ». Il s’émeut donc d’avoir été roulé dans la farine par les engagements de l’empire du milieu qui, lors de l’attribution des jeux, aurait promis une totale liberté de la presse à Pékin. Bon, les journalistes vont devoir commenter les exploits sportifs sans avoir accès à des sites de cul ni plus des sites tibétains. Il est vrai que regarder de l’athlétisme toute la journée pendant trois semaines doit être particulièrement soporifique, même si l’on est payé pour ce faire, alors une petite vidéo porno aurait permis de ragaillardir le chroniqueur devant sa page blanche. Eh bien nada mon pote, tu es bon pour te taper le marathon à la télé, les interminables qualifications du lancer de poids, ou les compétitions de Tai Kwan Do, sans pause récréative, et en plus tu devras faire ton article pour L’Equipe du lendemain malgré ton indigestion de noodles sauce aigre-douce ! Eh oui, c’est ça les jeux olympiques.