Catégorie : La buvette des politiques

  • Christine Boutin pardonne à l’abbé Pierre

    Christine Boutin pardonne à l’abbé Pierre

    Christine Boutin (80 ans), ex-députée, ex-ministre, ex-maire, ex-soutien de Mme. Le Pen aux élections présidentielles 2017 pour « faire barrage » à M. Macron, puis soutien de M. Zemmour à l’élection suivante en 2022, catholique radicale, occupe sa retraite à diffuser ses idées sur le réseau « X » où elle affiche tout de même 94 800 followers.

    La lecture de son fil sur « X » permet de cerner ses sujets favoris :

    • La nocivité des vaccins contre la Covid19
    • La haine du président de la République Macron et de l’Europe
    • Et toutes une série de bondieuseries sans grand intérêt

    Depuis les révélations sur la sexualité débridée de l’abbé Pierre, elle défend ce curé qu’elle admire malgré ses déviances. A priori elle était au courant de « son attirance pour les seins » et précise que « tout le monde le savait ». Le pardon étant l’un des piliers de sa foi, Mme. Boutin pardonne à son grand homme au regard de ses réalisations.

    Le problème est surtout de savoir jusqu’à quand Christine Boutin va continuer à s’exprimer sur les sujets qui lui passent par la tête. Ne ferait-elle pas mieux de s’occuper de ses enfants et petits-enfants ? Encore un drame de l’addiction aux réseaux dits « sociaux ». Quand on pense qu’elle a exercé des responsabilités ministérielles on en frémit a posteriori.

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  • La France face à l’aventure

    La France face à l’aventure

    Lors des dernières élections européennes du 9 juin les électeurs français, du moins ceux qui s’expriment dans les urnes, ont mis un pied dans la porte en donnant le leadership à la droite populiste. Ils comptent transformer l’essai lors des scrutins législatifs des 30 juin et 7 juillet des élections législatives provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale prononcée ce 9 juin au soir par le président de la République.

    La perspective d’une arrivée au pouvoir du parti Rassemblement National (RN, ex-Front National) n’étant plus à exclure, la France est fébrile. La gauche a bricolé rapidement une alliance électorale baptisée « Nouveau Front Populaire » (NFP) qui va de LFI d’inspiration trotskiste (son premier responsable, M. Mélanchon, est entré en politique via l’Organisation communiste internationale [OCI]), aux socialistes de la gauche-caviar, en passant par un Parti communiste longtemps stalinien. On a même vu récemment Dominique Strauss-Kahn (75 ans) et Lionnel Jospin (86 ans), des vieilles ganaches du Parti Socialiste (PS), sortir de leur retraite pour apporter leur soutien au NFP. Un programme a été conclu sur le papier insistant sur les obsessions habituelles de la gauche : faire payer les riches, augmenter les salaires des autres, revenir à la retraite à 60 ans et reconnaître l’Etat de Palestine.

    Une seule priorité pour le gouvernement du Nouveau Front Populaire dès son installation : répondre aux urgences qui abîment la vie et la confiance du peuple français. Nous en finirons avec la brutalisation et la maltraitance des années Macron. Nous adopterons immédiatement 20 actes de rupture pour répondre à l’urgence sociale, au défi climatique, à la réparation des services publics, à un chemin d’apaisement en France et dans le monde. Pour que la vie change dès l’été 2024.

    Programme NFP « Contrat de législature »

    A l’autre bout de l’échiquier politique, la droite populiste RN alliée avec quelques membres de Les Républicains (LR) propose ses objectifs usuels : mettre fin à la « submersion migratoire », baisser les prix de l’énergie pour tout le monde et endiguer « le laxisme judiciaire » pour faire baisser délinquance et criminalité dans le pays.

    Dès ma nomination comme Premier ministre, j’apporterai des réponses concrètes aux préoccupations de nos concitoyens en matière de qualité de vie, de sécurité et d’immigration.

    Programme 2024-06 « Bardella premier ministre

    Cette droite a plus de mal à cacher ses origines extrêmes, que Jean-Luc Mélanchon ses origines trotskystes, car elles sont plus récentes et pas encore passées complètement aux oubliettes de l’histoire, pour ceux qui la suivent. Le patriarche Le Pen qui assumait ses blagues antisémites graveleuses et son révisionnisme est encore vivant, même sous tutelle, alors que Lambert ou Benny Lévy sont morts et enterrés depuis longtemps et que l’assassinat de Trotski par les tueurs communistes de Staline, ou le déchaînement de barbarie de l’armée rouge créée par Trotski durant la guerre civile russe au début du XXe siècle sont oubliés depuis très longtemps. Le peuple a la mémoire courte, c’est d’ailleurs une de ses caractéristiques principales.

    Au centre, le parti présidentiel qui a réussi à se mettre beaucoup de monde à dos, semble un peu dépassé par les évènements pourtant provoqués par son inspirateur. Ce mouvement et les LR se sont tellement haïs depuis quelques années, alors que leurs programmes étaient largement compatibles pour peu qu’ils mettent leurs égos sous le tapis de l’intérêt de la France, qu’ils n’arrivent pas à faire programme commun et laissent les populistes cavaler en tête.

    Pour le « peuple de gauche », largement soutenu par le monde intellectuel et artistique, l’horreur serait l’arrivée du FN au pouvoir. Pour « le peuple conservateur », l’abomination serait une majorité large ou absolue gagnée par le NFP. « Entre la peste et le choléra »… Alors ces formations politiques rivalisent d’assauts verbaux sur leurs stratégies électorales respectives : qui se désistera pour « faire barrage à… », qui donnera des consignes de vote pour empêcher « la catastrophe », etc. ? En réalité ces tactiques relèvent d’un autre âge désormais. Il est assez peu probable que les électeurs suivent aujourd’hui des consignes de vote qui seraient contraires à leurs propres convictions. Ils risquent même d’être agacés par d’éventuels désistements pour « faire barrage à… » qui reviennent à vouloir leur forcer la main pour voter dans un sens décidé par les appareils politiques mais pas par forcément par eux-mêmes.

    En cas de choix manichéen à faire entre « la peste ou le choléra » le mieux est de laisser choisir l’électeur par lui-même ce qui encore la meilleure solution pour qu’il assume ensuite la responsabilité de son vote. Et pour ceux qui ne veulent pas choisir les extrêmes il reste toujours le vote blanc. L’avenir sera ce qui se décidera dans les urnes. Les plus optimistes considèrent que les institutions de la République résisteront à la tempête le cas échéant et offriront aux électeurs la possibilité de revenir en arrière s’ils le veulent. Les pessimistes craignent le contraire. Ce qui semble sûr c’est que sauter sur son canapé en criant « tout sauf le RN, tout sauf le RN, tout sauf le RN !!! », ou accumuler des tribunes dans le journal Le Monde ne sert plus à grand-chose au point où nous en sommes. Pour calmer ses angoisses sur l’avenir politique du pays il faut voter et, éventuellement, militer si l’on souhaite inverser un résultat « non satisfaisant » pour la prochaine fois.

  • Le chaos politique de la dissolution sera-t-il salvateur ?

    Le chaos politique de la dissolution sera-t-il salvateur ?

    La décision présidentielle prise dimanche dernier de dissoudre l’assemblée nationale à la suite du score de plus de 35% de la droite dure (le terme extrême-droite est devenu politiquement incorrect) a semé en France un chaos politique de première catégorie dont seuls les plus optimistes espèrent un sursaut salvateur. Il faut dire que c’est un peu l’objet de cette mesure constitutionnelle de la dissolution : secouer le cocotier et remettre les électeurs en mesure d’exprimer leurs choix électoraux partant du constat, réaliste en l’espèce, qu’ils ont perdu confiance dans le régime en place.

    Techniquement la France est à l’arrêt pour six mois. L’assemblée nationale est fermée jusqu’au 8 juillet, tous les projets et propositions de loi qui étaient en discussion parlementaires sont gelés (les lois sur la fin de vie, sur l’audiovisuel public, sur le financement des industries de défense… notamment). L’organisation des jeux olympiques et paralympiques Paris-2024 qui doivent se dérouler du 24 juillet au 8 septembre le seront dans un pays en plein psychodrame politique, gage d’une efficacité qui va être plus difficile à garantir. L’arrivée de la discussion budgétaire en septembre prochain, alors que les finances publiques sont hors de contrôle, va immanquablement être perturbée par cette dissolution, sauf dans le cas improbable où le camp présidentiel récupèrerait une majorité absolue à l’issue de ce scrutin imprévu. Sans parler du coût pour les contribuables qui vont devoir financer campagne et élection.

    Les membres du parti Les Républicains s’entre-déchirent entre leur président, Éric Ciotti, qui veut se rapprocher du Rassemblement National quand les vieilles ganaches du parti excluent un tel rapprochement au nom de « leurs valeurs ». La « destitution » contestée du président Ciotti a créé un imbroglio juridique digne de celui apparu en 2012 entre MM. Copé et Fillon. Toutes les tendances de la gauche sont en train de tenter de se réunir sous une bannière commune nouvellement intitulée « Front Populaire » dont les futures réunions risquent d’être animées tant certains sujets sont conflictuels entre les participants, de LFI au PS en passant par la NPA…

    Quelles que soient les convictions politiques de chacun, on peut raisonnablement constater quà ce jour les haines des différentes parties de la gauche ne les empêchent pas de se former une union, au moins de façade, qui sera sans doute aussi éphémère que celle de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale ), pour présenter des candidatures communes alors que la droite n’arrive pas à dominer ses propres haines internes. Il peut couler encore beaucoup d’eau sous les ponts d’ici le premier tour des élections dans deux semaines.

    Le bal des traîtres a par ailleurs été relancé. Marion Maréchal qui avait quitté le Rassemblement National pour rejoindre le parti d’Éric Zemmour en 2022 est en train de faire le trajet inverse. Zemmour, son président, la qualifie de « traître ».

    Xavier Bertrand qui avait quitté Les Républicains pour faire cavalier seul à l’élection présidentielle de 2017, avant de réintégrer piteusement ce parti pour participer à sa primaire désignant son candidat pour la présidentielle 2023 ; Rachida Dati qui a été exclue de LR en 2024 pour intégrer le gouvernement Attal ; ces deux personnages se retrouvent pour abominer Ciotti le traitant également de « traître ». L’hôpital qui se moque de la charité…

    Cette dissolution peut potentiellement amener une cohabitation entre le président Macron et un premier-ministre de droite dure, Jordan Bardella est déjà dans les starting-blocks, ou de gauche où les candidats sont nombreux : Jean-Luc Mélanchon, François Ruffin notamment qui n’ont pas brillé jusqu’ici par leur modération. Autre hypothèse, la France n’élit pas de majorité absolue et elle reste difficilement gouvernable, dernier cas, comme après la dissolution prononcée par MonGénéral en 1968, un raz de marée de la majorité présidentielle entre à l’assemblée et le problème est réglé pour quelques temps.

    Quoi qu’il en soit, ce sera le choix des électeurs qui, en principe, devrait être respecté. Le président Macron a voulu « clarifier » la situation politique française. Le résultat est incertain, pas sûr que ses nuits soient très paisibles d’ici le 7 juillet…

  • Un président qui boxe dans le vide

    Un président qui boxe dans le vide

    La photographe « officielle » du président de la République a publié une photo de celui-ci sur son compte Instagram (https://www.instagram.com/soazigdelamoissonniere/). On peut imaginer qu’elle l’a fait avec l’accord de l’impétrant qui avait lui-même publié une vidéo de sa pomme avec ses gants de boxe autour du cou pour inciter les citoyens à faire au moins 30 minutes de sport journalier et leur vanter les mérites des jeux olympiques qui s’annoncent en France cet été, tout particulièrement à Paris.

    Qu’un président pratique la boxe est une information de peu d’intérêt pour la République et ses citoyens, mais si cette activité lui permet de mieux gérer le stress généré par la fonction qu’il occupe, grand bien lui fasse. On espère juste que ces séances n’empiètent pas trop sur le temps qu’il doit consacrer au travail pour lequel il est payé par le contribuable. Cependant qu’il perde du temps à se faire photographier et, comble, à publier le résultat de ces séances sur les réseaux dits « sociaux » est pour le moins affligeant. N’a-t-il rien de mieux à faire en ces temps de crise ?

    Outre le nombrilisme inapproprié que dénote ce comportement, celui-ci illustre métaphoriquement la situation actuelle du président Macron. Il boxe dans le vide, celui d’une majorité absolue perdue au parlement, celui de la perte de contrôle sur les finances publiques, celui de grandes déclarations laissant froids les partenaires du pays, celui d’un mandat qui sera forcément le dernier. On lui souhaite de n’être pas mis KO, mais dans le combat qu’il mène ce ne sont pas les muscles qui permettent la victoire. Et si par malheur le président français était étendu sur le ring par les éléments contraires on lui dédie ces mots de Claude Nougaro.

    La joue sur le tapis, j’aperçois les chaussettes
    De l’arbitre là haut
    4… 5… 6… 7…
    Enfant je m’endormais sur des K. O. de rêve
    Et c’est moi qu’on soutient
    Et c’est moi qu’on soulève

    Quatre boules de cuir
  • Des élus à la double nationalité

    Des élus à la double nationalité

    La France avait déjà Manuel Valls, ancien maire, ancien ministre et même ancien premier ministre de la République, titulaire d’une double nationalité franco-espagnole ce qui lui permit d’aller tenter de planter ses choux à Barcelone lorsqu’il estima la politique française ne lui réservait pas la place qui lui revenait, puis, de revenir en France lorsqu’il échoua à se faire élire maire de Barcelone en 2019, où il échoua de nouveau à se faire élire député des « français de l’étranger » en 2022, avant « d’abandonner la vie politique française » une énième fois.

    Elle a maintenant Meyer Habib, citoyen franco-israélien, député des « français de l’étranger », ami du premier ministre israélien et de la frange dure des partis au pouvoir à Tel-Aviv, de celle qui considère que la Bible est son titre de propriété et l’autorise donc à occuper Gaza et la Cisjordanie, le concept du « grand Israël », puisque c’est écrit ainsi dans la Genèse de l’ancien testament qui se place au-dessus des résolutions des Nations Unies, bien entendu.

    Le député Habib, né à Paris, est originaire d’une famille juive de Tunisie. Il a fait des études supérieures en Israël. A la tribune de l’assemblée nationale française il prend fait et cause pour Israël dans la guerre en cours à Gaza et prend bien soin de ne jamais parler de « Cisjordanie » ni de colonies israéliennes dans cette région, comme cela est reconnu par la communauté internationale, mais de « Judée et Samarie » comme cette région est désignée dans la Bible. Comme il est polémique et ultra, il est devenu un bon client des plateaux télévisés en ces temps de guerre au Proche-Orient où il expose ses vues partisanes et extrémistes sans vergogne.

    Lire aussi : Des Palestiniens au Congo ?

    Il a bien entendu le droit de croire que la Bible s’impose au droit international mais son cas pose une nouvelle fois la question du concept de double nationalité. Que ce soit Manuel Valls ou Meyer Habib, à qui ces doubles nationaux font-ils vraiment allégeance ? Comment se dépatouillent-ils de cette double appartenance ? Plutôt mal si l’on en juge leurs prises de position dans le cadre des responsabilités politiques pour lesquelles ils ont été élus. Au mieux ils défendent les positions d’un de leur Etat d’appartenance dans le cadre du mandat pour lequel ils ont été élus dans l’autre Etat dont ils ont la nationalité, au pire ils utilisent cyniquement les avantages que leur procurent leurs deux Etats, se faisant élire dans l’un ou l’autre au gré de leurs intérêts.

    La France devrait réfléchir sur la compatibilité de la double nationalité avec le statut d’élu français, à l’image du Sénégal qui n’autorise pas la double nationalité, notamment pour se présenter à l’élection présidentielle, et où Karim Wade, candidat au scrutin de 2024 a dû renoncer à sa double nationalité française pour se présenter. Il a été « libéré de son allégeance à l’égard de la France » par un décret paru aujourd’hui :

    Fils de l’ancien président sénégalais, il est né à Paris et a donc choisi d’être « uniquement » sénégalais pour essayer de succéder à son père. La lecture de ce décret qui montre 17 pages d’individus naturalisés français et deux noms seulement renonçant à ladite nationalité, semble indiquer que la France reste un pays attractif et accueillant.

  • L’alliance entre des forbans de droite et des irresponsables de gauche contre le gouvernement en place

    L’alliance entre des forbans de droite et des irresponsables de gauche contre le gouvernement en place

    Le parti de droite Les Républicains (LR) a franchi le rubicond en s’alliant avec les extrêmes de gauche et de droite pour empêcher l’examen d’un projet de loi sur l’immigration déjà amendé et approuvé par le sénat. Un mystérieux article du règlement intérieur de l’assemblée nationale permet en effet de rejeter l’examen d’un texte si une majorité se rassemble en faveur de ce rejet, ce qui fut le cas aujourd’hui. Le gouvernement a alors le choix de retirer le texte ou de convoquer une « commission mixte paritaire » composée de députés et de sénateurs pour tenter de se mettre d’accord sur une nouvelle version du projet de loi. C’est cette dernière option qui a été choisie.

    Cet incident procédurier n’est pas dramatique, après-tout la France peut sans doute se passer de cette énième loi sur l’immigration. Il faudrait déjà pouvoir appliquer intégralement les précédentes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, avant de légiférer de nouveau. En revanche, cette bataille juridique picrocholine a permis d’assister au consternant spectacle de députés de gauche (plutôt pro-immigration) brailler et applaudir avec des députés de droite (plutôt anti-immigration) devant la défaite du gouvernement qu’ils avaient provoquée. En s’associant à ce combat LR s’est acoquiné avec des forbans sans foi ni loi et a fait basculer la décision.

    Une nouvelle fois la France brille par son incapacité à compromettre pour gouverner au profit du pays, privilégiant les petites haines personnelles et des idéologies au rabais. Après tout, la représentation nationale représente bien la Nation qui l’a élue : des bandes de voyous s’écharpent à coups de couteau dans la rue et leurs représentants se battent à coups d’articles de règlements intérieurs. C’est moins sanglant dans le deuxième cas, mais tout aussi inefficace pour freiner la chute du pays dans une décadence dont on se demande si elle prendra fin un jour.

  • Annie Ernaux se voit refuser son visa pour l’Algérie

    Annie Ernaux se voit refuser son visa pour l’Algérie

    On ne peut s’empêcher de (légèrement) sourire lorsqu’on apprend qu’Annie Ernaux (83 ans), prix Nobel de littérature 2022, s’est vu refuser son visa pour l’Algérie où elle devait se rendre pour assister au Salon international du livre d’Alger. Ce refus n’est pas motivé par les autorités algériennes mais certaines mauvaises langues évoquent une tribune signée il y a quelques mois par l’auteure réclamant la libération d’un journaliste algérien emprisonné par le régime. De sensibilité plutôt « progressiste » elle est habituée des tribunes et pétitions prônant le combat social, le féminisme, la lutte des classes ou le refus de la politique sanitaire française durant la pandémie du Covid19. Elle est bien entendu concernée par le traumatisme « décolonial » des anciennes colonies françaises et il est savoureux que ce soit la première d’entre elle qui lui refuse l’accès à son territoire…

    Eh oui, il existe des pays qui peuvent priver de visa des intellectuels occidentaux qui ont, même ponctuellement, pris des positions contraires à ce qu’ils estiment être leurs intérêts. Ces pays sont généralement aujourd’hui dans le « Sud global » mais les plus anciens se souviennent qu’il fut un temps, pas si lointain dans les années 1970, où, pour obtenir un visa d’entrée aux Etats-Unis d’Amérique il fallait certifier n’être pas communiste. Georges Marchais (1920-1997), ex-chef du Parti communiste français (PCF) se faisait d’ailleurs une joie de préciser à tout bout de champ qu’il pouvait librement entrer en Union soviétique mais était interdit de voyage aux Etats-Unis, marquant ainsi le vent de liberté qui soufflait sur Moscou quand Washington était l’hydre capitaliste.

    Aujourd’hui Mme. Ernaux n’ira pas en Algérie où le gouvernement ne veut pas l’y voir. Alger a décidé qu’il pouvait choisir qui pouvait entrer ou pas sur son territoire. C’est ce qu’on appelle la souveraineté nationale, exercée pour de bonnes ou de mauvaises raisons, chacun en jugera. Mme. Ernaux n’a pas communiqué sur le sujet.

  • Un président du sénat réélu malgré son âge de 74 ans

    Un président du sénat réélu malgré son âge de 74 ans

    Gérard Larcher, 74 ans, vient d’être réélu pour un énième mandat à la présidence de cette institution. Il occupe ce fauteuil depuis 12 ans compte tenu d’une interruption de trois ans entre 2012 et 2014. Il est âgé, pas antipathique mais néanmoins âgé. Il aurait été de bon ton qu’il envisage de céder sa place à un collègue plus jeune et dynamique. Il n’a pas démérité mais douze ans « ça suffit ». Sauf évènement imprévu il en prend pour trois années supplémentaires ce qui lui fera quinze années de présidence, si ce n’est plus dans le cas, pas improbable, où il se représenterait en 2026…

    Par son insistance à rester collé à son maroquin il symbolise l’immobilisme français d’une caste politique accrochée à des postes sous les dorures d’une République qui traite plutôt bien ses employés « VIP ». Ces hommes se croient indispensables à la survie d’un pays tiraillé entre l’attentisme d’une classe politique rance et la violence d’une jeunesse bigarrée et impatiente. Gérard Larcher est l’un des derniers dinosaures de la Vème République, il aurait été tout à son honneur qu’il sorte en beauté cette année, et avec les honneurs, pour prendre une retraite à peu près méritée (et lucrative puisque le « régime spécial » de la retraite des sénateurs a été maintenu en place). Il en a décidé autrement, hélas !

  • Un kif de ouf pour le remaniement

    Un kif de ouf pour le remaniement

    A l’occasion d’un remaniement ministériel en France, sans grand intérêt, on apprend que la nouvelle sous-ministre de la ville, Sabrina Agresti-Roubache, une marseillaise, a signé et publié en 2022 un livre qui s’intitule « Moi la France, je la kiffe ! ».

    Ça promet…

  • Le misérabilisme érigé en mode de pensée

    Le misérabilisme érigé en mode de pensée

    Le débat en cours sur le projet de loi visant à repousser l’âge légal pour faite valoir ses droits à la retraite et à augmenter le nombre minimum de trimestres cotisés pour ce faire illustre ad nauseam le drame du misérabilisme érigé en mode de pensée. L’essence de la réforme étant de faire travailler les citoyens plus longtemps, ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour nombre d’entre eux. Leur principale argumentation consiste à citer le cas du « cariste » ou de la « femme de ménage » qui ont travaillé dans des conditions physiques difficiles toute leur vie et qui ne peuvent pas envisager de travailler plus longtemps que l’actuel âge légal de 62 ans. Certes, et personne ne le conteste. Des conditions spécifiques de « pénibilité » et de « carrière longue » sont prévues pour permettre de prendre en compte ces cas particuliers mais il n’en reste pas moins que nombre des citoyens mènent des carrières qui leur permettent sans difficultés physiques de poursuivre deux années de plus comme envisagé dans le projet de loi. Ceux qui partent en retraite en ce moment ont démarré leur carrière alors que l’âge légal de départ était de 65 ans, comme d’ailleurs pour la génération précédente. Ils ont vu cet âge légal baisser à 60 ans en 1983 (pouvoir socialiste) puis repasser à 62 ans en 2010 (gouvernement conservateur) et il est probable que leurs enfants vont le voir repasser à 64 sous peu, en attendant d’autres éventuels relèvements.

    Cette question du misérabilisme revient à se demander, dans le cas d’espèce, si une réforme des retraites doit être formatée pour répondre aux besoins des plus défavorisés ou si elle doit répondre aux besoins moyens et prévoir des exceptions pour les cas particuliers. Les partis d’opposition, y compris ceux de droite, répondent « oui » au premier terme de l’équation, ceux actuellement au pouvoir optent pour la vision moyenne. C’est un peu une question de philosophie politique.

    Le plus comique est de voir aujourd’hui le parti Les Républicains (LR) qui avait fait ses campagnes électorales 2022 présidentielle et législative sur la base d’un âge légal à porter à 65 ans, se battre aujourd’hui pour baisser cette limite, déjà proposée à 64 ans et obtenir d’autres assouplissements à cette réforme qu’il qualifie de « brutale ». Plus des concessions financières sont faites aujourd’hui et plus la prochaine réforme des retraites devra intervenir dans un futur proche. Les prochaines majorités parlementaires auront à gérer la suite.

  • La pollution des neurones par les médias « populaires »

    La pollution des neurones par les médias « populaires »

    Cyril Hanouna, animateur de l’émission « Touche pas à mon poste » (TPMP) sur la chaîne de télévision C8 fait de nouveau l’actualité ces derniers temps, largement aidé par le monde politique qui adore venir se vautrer dans ses émissions et comparaître face à ce trublion et sa bande de « chroniqueurs » dont la stupidité racoleuse ferait passer le Café du Commerce du coin de la rue pour une assemblée de prix Nobel.

    On a vu récemment son émission s’embraser sur un incident qui s’était produit le jour même à l’assemblée nationale lorsqu’un député d’extrême droite avait crié « qu’il(s) retourne(nt) en Afrique » alors qu’un député d’extrême gauche, « issu de la diversité », posait une question au gouvernement sur le sauvetage en cours de migrants dans la mer Méditerranée, sans que l’on ne sache vraiment si cette invective d’un goût douteux s’adressait au député ou aux migrants dont il parlait. Le soir même, le député victime de cet incident paradait chez Hanouna et un autre député issu du parti de l’attaquant s’expliquait sur la chaîne CNEWS dans l’émission « L’heure des pros » animée par un journaliste spécialisé dans le fouteballe, Pascal Praud, lui aussi entouré d’une bande de commères incapables de la moindre réflexion, préférant dévider des slogans et des poncifs comme s’il en pleuvait. Les deux chaînes appartiennent au groupe de l’homme d’affaires breton Bolloré, très investi dans les médias.

    Nouvel incident cette semaine, recevant un des anciens « animateurs » de TPMP, élu député d’extrême gauche cette année, la encore sur le sujet sensible de l’immigration, M. Hanouna, lui-même « issue de la diversité », s’oppose fortement audit député qui avait cité le nom de Bolloré comme membre de la caste des « très riches qui possèdent autant que des millions de pauvres », le ton monte entre les deux lascars aussi inconsistants l’un que l’autre, Hanouna défendant la main qui le nourrit et accusant le député de cracher dans la soupe, plus personne ne s’écoute et M. Hanouna injurie son partenaire qui quitte la scène. Spectacle terminé pour la soirée !

    Un animateur de télévision apostrophant un député de la République à coups de « T’es une merde », « Ferme ta gueule » ou « T’es un nase » crée un peu d’émotion dans le microcosme politico-audiovisuel. Vu le calibre des deux belligérants, leur conflit est de peu d’importance mais il est cependant inquiétant que la politique française se fasse de plus en plus sur des plateaux télévisés dont le niveau de réflexion est tout simplement consternant et varie de façon inversement proportionnelle aux scores d’audience.

    Ces émissions étant très regardées, les politiques rétorquent qu’y participer est le seul moyen de toucher la catégorie des citoyens qui les regardent, ceux-ci ne lisant pas Le Monde ou Le Figaro, et ne suivant pas non plus le journal télévisé d’Arte… Ainsi on a vu plusieurs candidats à l’élection présidentielle 2022 défiler à TPMP pour des débats avec M. Hanouna, son public et divers autres intervenants. Ils choisissent de compromettre avec la bêtise mais c’est un choix cornélien.

    Plus troublante est l’option retenue par M. Bolloré et sa famille, qui ont la haute main sur la programmation de ces deux chaînes et sur le recrutement de ses animateurs, qui choisissent de promouvoir sciemment l’abrutissement des masses en finançant ces émissions et leurs animateurs qui tirent vers le bas le niveau intellectuel des téléspectateurs. On ne peut guère soupçonner les Bolloré de stupidité et il est peu probable que leurs enfants regardent TPMP le soir après leurs devoirs. On ne va pas non plus leur reprocher leur positionnement conservateur et catholique traditionnel mais on s’interroge véritablement sur cette stratégie de favoriser les médias abrutissants. Le marché médiatique du racolage populaire est certainement plus rentable pour le privé que celui de l’intelligence. Sans doute aussi les Bolloré espèrent-ils qu’à force de favoriser les bas instincts des électeurs ceux-ci aillent voter pour des partis de droite ? C’est d’ailleurs ce qui s’est plus ou moins passé en France lors des élection présidentielle et législatives de 2022. C’est ce qui se passe dans d’autres pays proches depuis quelques années.

    Cette tactique de parier sur la bêtise des électeurs semble payante à court terme pour ses promoteurs. On a du mal à imaginer qu’elle le soit à plus long terme pour le pays. Ceux qui la promeuvent font preuve d’un cynisme à toute épreuve et pourraient s’en mordre les doigts un jour s’ils étaient capables d’autocritique.

    En attendant, peut-on espérer qu’un pays où Cyril Hanouna affiche 6 millions d’abonnés sur son compte Twitter, le fouteballeur M’Bappé 9 millions, ou « l’influenceuse » Nabilla 2,7 millions, puisse sortir de la spirale de décadence dans laquelle il est engagé ? Sans doute non, hélas !

    On pourra peut-être se rassurer un peu en constatant que Kim Kardashian a 74,1 millions d’abonnés à ce jour…

    Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

  • Partenariat bla-bla-bla…

    Partenariat bla-bla-bla…

    Le président français a félicité son homologue brésilien « Lula » qui a été élu de justesse face au président de droite sortant. Sur une vidéo manifestement diffusée par l’Elysée on voit M. Macron empêtré dans ses parapheurs mener sa conférence téléphonique en assénant sa volonté d’entamer :

    Un partenariat stratégique à la hauteur de notre histoire et des défis qui sont devant nous…

    On ne sait pas bien ce qu’est un « partenariat stratégique » sinon un slogan de circonstance, fumeux et verbeux. La France coopère certainement avec le Brésil, diplomatiquement et économiquement, elle va continuer à le faire et il n’est pas nécessaire d’en rajouter avec des effets de manche inutiles.

  • Des ministres, des élus et du sexe

    Des ministres, des élus et du sexe

    Les accusations de crimes ou délits sexuels pleuvent sur hommes et femmes politiques. Certaines paraissent quelque peu improbables, ainsi pour Damien Abad, transfuge du parti Les Républicains (LR) vers le parti présidentiel, ex-président du groupe LR de l’assemblée nationale sous la précédente législature, actuel ministre des handicapés, lui-même handicapé physique avec des avant-bras nécrosés et la démarche très sérieusement boiteuse et perturbée. Il est accusé de viol par plusieurs femmes.

    La définition juridique du viol est :

    Le viol désigne tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital, commis avec violence, contrainte, menace ou surprise.

    https://violences-sexuelles.info/definition-legale-du-viol/

    Quand on voit la lourdeur du handicap physique dont souffre M. Abad on a tout de même du mal à l’imaginer pratiquer un viol sur une femme : il n’a plus de mains, quasiment plus d’avant-bras et ses jambes ou son bassin ne sont a priori plus en très bon état de fonctionnement. Si viol il y eut, ce n’est sans doute pas par la force qu’il s’est imposé, peut-être par l’emprise ? La justice enquête sur le sujet et se prononcera ultérieurement. En attendant, sa position de ministre est sérieusement discutée tant les féministes de tous bords ont déjà pris fait et cause contre lui. Il n’est pas sûr qu’il puisse la conserver.

    Une autre ministre, une femme cette fois-ci, est également mise en cause : Chrysoula Zacharopoulou, sous-ministre chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux est accusée de viol par certaines de ses patientes, elle est gynécologue. On n’a pas de détails à ce stade sur le mode opératoire de ces viols supposés.

    Plus comique cette fois-ci, une rumeur vient d’être lancée concernant des comportements inappropriés avec les femmes qu’aurait une des leaders de la France insoumise (LFI, extrême gauche), Éric Coquerel, récemment élu président de la commission des finances de l’assemblée nationale. Cette rumeur a été lancée dans les médias par Rokhaya Diallo, journaliste, papesse de l’indigénisme, du décolonialisme, du féminisme et autres déconstructions diverses. Il n’y aurait pas de plaintes de victimes à ce stade, seulement des soupçons diffusés par les médias. Rokhaya Diallo qui accuse Éric Coquerel d’agression sexuelle c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité tant les idéologies féministes défendues par ces deux personnages sont similaires et excessives.

    Les accusations de dérives sexuelles sont en train de remplacer Les accusations de dérives sexuelles sont en train de remplacer progressivement pour les hommes et femmes politiques français celles de malversations financières qui fleurissaient il y a quelques années. Dans un cas comme dans l’autre il doit y avoir un doux mélange de vérités, de calomnies et de rumeur. Il serait sans doute préférable que tout ce petit monde travaille aux affaires de la République pour lesquelles ils sont payés par les contribuables, plutôt que de s’écharper sur des questions sexuelles. La justice, quand elle est saisie, y retrouve généralement ses petits mais à son rythme. Laissons-là travailler !

  • Manuel Valls : la déroute

    Manuel Valls : la déroute

    Manuel Valls (59 ans) détenant une double nationalité franco-espagnole, parti en Espagne en 2018 après avoir démissionné de l’Assemblé nationale française, revenu en France en 2021 après avoir démissionné du conseil municipal de Barcelone, a fait sa réapparition sur les plateaux de télévision parisiens pour y donner ses analyses sur la politique française.

    Lire aussi : Manuel Valls touche le fond
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    Soutien du président Macron pour sa réélection en 2022, il obtient une investiture du parti LREM pour se présenter à l’élection législative comme député des Français de l’étranger. Il vient de perdre cette élection et manque la qualification au second tour. Il ne sera donc pas député de cette législature. Toujours un peu colérique, il a pris acte de cette défaite sur son compte Twitter qu’il a immédiatement clôturé.

    Ses allers-retours de chaque côté des Pyrénées, les démissions répétitives de ses différents mandats franco-espagnols, ses apparitions sans grand intérêt sur les chaînes d’information en continu ont dérouté les électeurs français qui ont décidé de tourner la page. L’égo de l’impétrant ne lui a pas permis de percevoir les messages pourtant clairs qui lui avaient été adressés. Il choisit de se confronter à l’élection dont le résultat fut explicite.

    Le mieux pour lui serait maintenant qu’il se retire effectivement de la vie politique en espérant que son indécision entre la vie politique espagnole ou française ne nuise pas trop à la trace de l’action politique qui fut la sienne en France et pour laquelle il n’a pas démérité.

    Lire aussi : Manuel Valls ne veut pas choisir entre la France et l’Espagne
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  • Irrésistible lapsus présidentiel aux Etats-Unis d’Amérique

    Alors qu’il devisait sur l’Ukraine devant les caméras ce 18 mai, l’ancien président Bush (fiston) a condamné :

    La décision d’un homme, totalement injustifiée, d’envahir brutalement l’Irak…

    Avant de se reprendre, « je veux dire l’Ukraine ». C’est évidemment hilarant s’agissant du président américain qui a effectivement ordonné en 2003 l’invasion de l’Irak à titre « préventif », sur la base de fausses justifications montées par ses services, décision dont l’Occident paye encore les conséquences, sans parler de dizaines de milliers de morts et blessés que cette guerre a provoqué. Ce lapsus présidentiel devrait être un cas d’école pour la psychologie et semble indiquer que M. Bush réalise au fond de lui combien cette guerre a été nuisible au monde.

    Rappelons que l’exemple de cette guerre « préventive » menée sans aucun mandat de l’ONU, est régulièrement citée par la Russie et les nombreux pays non-occidentaux qui la soutiennent pour expliquer que l’invasion de l’Ukraine menée depuis le 24 février par Moscou n’est qu’une variante de celle de 2003.

  • La déconvenue des traîtres à droite

    La déconvenue des traîtres à droite

    Lorsqu’Éric Zemmour, polémiste de plateaux télévisés, annonça sa candidature à l’élection présidentielle en novembre 2021 il remporta un franc succès dans les sondages, montant jusqu’à 15% des intentions de vote, à tel point que nombre d’élus aux convictions molles ont quitté les partis Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN) pour rejoindre Reconquête !, le parti créé par Zemmour pour soutenir sa conquête.

    Guillaume Peltier (vice-président LR), Gilbert Collard (74 ans, avocat médiatique), Jérôme Rivière (chef des eurodéputés RN), Philippe de Villiers (73 ans, retraité de la droite décomplexée), Christine Boutin (78 ans, ancienne ministre conservatrice et bigote), Patrick Buisson (73 ans, ancien conseiller conservateur du président Sarkozy, impliqué dans différentes affaires financières et qui enregistrait secrètement ses conversations avec le président) et surtout, Marion Maréchal ex-Le Pen, petite fille du parrain Jean-Marie Le Pen, qui a trahi sa cousine Marine Le Pen, candidate du partie RN.

    Tout ce petit monde devait croire en la victoire de son poulain polémiste de plateaux télévisés, espérer quelques postes en échange d’un soutien de dernière heure. Las, il a terminé avec un score peu glorieux de 7% au premier tour ce qui l’a empêché bien entendu de s’aligner pour le second. Ses afficionados de circonstance ont dû se mordre les doigts de leur félonie et doivent se promettre d’y réfléchir à deux fois avant une nouvelle trahison, car il va bien falloir qu’ils se recasent (sauf pour les plus âgés) : rester chez le perdant ou refranchir le Rubicon pour retrouver leurs anciens camarades ?

    Lire aussi : Le bal des traîtres en surchauffe
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    Changer de camp, en politique comme en privé, est toujours un risque à prendre et on ne gagne pas à tous les coups. Le moins dangereux est sans doute de rester fidèle à ses idées en essayant de convaincre ses amis plutôt que de fuir dans le camp d’à côté à la moindre alerte sondagière !

  • Le bal des traîtres en surchauffe

    Dominic Cummings – Kiro/Le Canard Enchaîné (02/02/2022)

    Comme à chaque période électorale le ralliement des uns aux autres bat son plein. La création du nouveau parti politique « Reconquête ! » par le journaliste Éric Zemmour attise les convoitises avec à l’horizon des maroquins et des prébendes. Comme en 2017 lors de la création du parti « En Marche ! », une organisation partie de rien a besoin d’attirer à elle des militants qui soit viennent d’autres organisations qu’ils quittent, soit entrent dans l’action militante. « Reconquête ! » a aussi, et surtout, besoin d’attirer dans ses filets des dirigeants politiques connus qui, par définition s’ils sont déjà connus, appartiennent à d’autres partis ou organisations. C’est ce que l’on appelle pudiquement une « recomposition politique », en français dans le texte : le bal des traîtres !

    Ainsi va la vie politique, de convictions élastiques en comportements opportunistes, de fidélités à géométrie variable en amitiés de circonstance… C’est un rude et permanent combat.

    Dans un genre encore un peu plus extrême apparaît le cas du britannique Dominic Cummings qui explose tous les records de la fourberie politique. Il fut l’âme damnée de l’actuel premier ministre Boris Johnson dans sa campagne pour le Brexit, l’alimentant en désinformations diverses et mensonges variés avec un relatif succès puisque finalement le Royaume-Uni décida de quitter l’Union européenne par le fameux référendum de 2016. Parvenu quelques mois plus tard au pouvoir dans l’ombre de son prince il est son conseiller principal de juillet 2019 à novembre 2020 date à laquelle il est poussé vers la sortie pour avoir délivré des tombereaux d’outrances et d’avanies sur le monde politique londonien où il s’est créé tellement d’ennemis que son maintien auprès du premier ministre causait plus d’inconvénients que d’avantages.

    Débarqué du pouvoir officiel il continue de déverser son fiel sur la nomenklatura et particulièrement contre son ancien patron Boris Johnson. Il a quitté son bureau avec, a priori, une volumineuse documentation et il passe l’essentiel de ses journées à mettre le premier ministre dans la difficulté en feuilletonnant des révélations venant contredire les versions officielles de nombre d’évènements et décisions privées et politiques du premier ministre. La presse se rengorge de ce « Deep Throat » aux petits pieds dont le cas semble relever plus de la psychiatrie que de la science politique. Le garçon est malin et sait où il met les pieds, ce qu’il peut dévoiler et ce qu’il ne fait qu’évoquer. On peut être tranquille qu’il doit diffuser sous la table quantités d’autres délations qu’il n’a pas le droit de révéler officiellement.

    La France a connu le cas Patrick Buisson, ancien journaliste recyclé dans le conseil politique de l’ex-président Sarkozy entre 2007 et 2012 qui enregistrait en lousdé les conversations qu’il échangeait avec le président de la République. Des extraits de ces enregistrements ont été publiés par la presse, sans doute communiqués aimablement par M. Buisson. Le couple Bruni-Sarkozy a porté plainte contre lui pour « atteinte à la vie privée », Buisson a été condamné de ce chef d’accusation.

    Dans les deux cas, MM. Cummings et Buisson sont des gens intelligents et cultivés mais malfaisants, des forbans mettant leurs neurones au service de causes dont on ne sait d’ailleurs pas vraiment s’ils les endossent ou non, mais leur permettant de nuire dans l’ombre du pouvoir. C’est sans doute leur façon d’exister.

    Lire aussi : https://rehve2.fr/2017/03/le-bal-des-judas/

  • La démocratie française est bonne-mère

    La cour de justice de la République (CJR), juridiction d’exception chargée de juger les crimes et délits de membres du gouvernement a examiné puis rejeté près de 20 000 plaintes (oui, vous avez bien lu : VINGT MILLE) prérédigées par un avocat antivaccin (Fabrice Di Vizio) à l’encontre du premier ministre et de diverses de ses ministres pour « délit d’abstention de combattre un sinistre », « délit d’extorsion », « délit de publicité mensongère », « délit de non-respect des obligations ».

    Cet avocat, spécialistes des questions de santé, habitué des plateaux télévisés défendant des positions « antivax » et en faveur du professeur Raoult, commercialisait ses plaintes prérédigées. Il en aurait vendu 20 000. L’ordre des avocats a ouvert une enquête sur ses pratiques professionnelles. Il y aura éventuellement des sanctions à son encontre.

    Cet avocat fait partie de cette catégorie de personnes se levant tous les matins pour se demander : « mais qui je vais bien pouvoir emmerder ce matin ? » Au-delà des comptes qu’il aura éventuellement à rendre à son ordre professionnel, il faudrait créer dans le droit français un délit de « foutage de gueule » qui permette de pénaliser ces citoyens qui utilisent les moyens de la démocratie pour en saper les bases. La CJR a passé plusieurs mois à étudier ces plaintes pour pouvoir décider de les rejeter, du temps a été perdu, des salaires des fonctionnaires chargés de travailler sur ces 20 000 plaintes ont été versés… bref, les contribuables ont payé de leurs poches pour ces billevesées. C’est une perte d’argent, de temps, de crédibilité et l’avocat félon continue à pérorer sur les plateaux télévisés sans assumer le moins du monde sa responsabilité. Il faudrait à tout le moins lui faire financer tout ou partie de cette gabegie déclenchée par son action pour qu’il assume les conséquences de ses actes !

    Une telle mesure est évidemment difficile à mettre en œuvre et c’est l’honneur de la démocratie de tolérer les dérives d’une minorité pour Une telle mesure est évidemment difficile à mettre en œuvre et c’est l’honneur de la démocratie de tolérer les dérives d’une minorité pour assurer la liberté de la majorité. Mais, hélas, c’est peut-être aussi le chemin qui la mènera à sa perte !

  • L’épidémie de sondagite est loin d’être vaincue

    Avec une constance qui force l’admiration et un manque de discernement qui frise l’incompétence les « spécialistes » de plateaux télévisés passent des journées entières à gloser sur les sondages quasi-journaliers qui tombent comme à Gravelotte pour avancer un pronostic sur le résultat de l’élection présidentielle française d’avril 2022. Quant arrive un nouveau sondage, le préambule est toujours en deux points :

    1. Il ne s’agit pas d’un sondage prédictif mais d’une photographie de l’opinion à un moment donné
    2. Il faut faire preuve de la plus extrême prudence car les élections ces dernières années ont souvent abouti à des résultats très différents des anticipations

    Une fois posés ces rappels, les plateaux médiatiques passent ensuite des heures à torturer ces chiffres pour essayer d’en tirer, avec difficulté, des analyses qui paraissent intelligentes. Il faut dire qu’ils sont aussi poussés dans ce sens par des candidats qui brillent par l’absence de programme de gouvernement, il n’y a donc pas grand-chose à se mettre sous ma dent.

    Le plus étonnant est que l’un des partis conservateur, Les Républicains (LR), revendique officiellement d’avoir utilisé lancer sa propre « enquête d’opinion » pour constater qu’aucun de ses six candidats à la candidature ne prenait vraiment un leadership naturel dans l’opinion et qu’il fallait donc les départager via un vote des militants en décembre prochain.

    Les sondages sont érigés en outil de gouvernement depuis des décennies, ils remplacent plus ou moins l’absence de vision politique. A défaut de programme conçus par les gouvernants et expliqué aux citoyens, on demande à Mme. Michu si elle est d’accord pour augmenter les impôts ou nationaliser les autoroutes et l’on voit comment il est possible de concilier les intérêts du pays avec les résultats des sondages.

  • Une visionnaire à la dérive

    Coco/Charlie Hebdo (21/10/2015)

    Christiane Taubira (69 ans), née à Cayenne en Guyane, a connu en engagement visionnaire dans sa jeunesse lorsqu’elle militait pour l’indépendance de cette colonie française artificiellement transformée en « département d’outre-mer (DOM) » en 1946 (après avoir été déjà département français en 1797). Très logiquement, Mme. Taubira, surdiplômée des universités parisiennes (sciences-économiques, sociologie, ethnologie « afro-américaine », agroalimentaire) qu’elle rejoint après avoir été scolarisée en Guyane, développe une pensée qui l’amène à soutenir que l’indépendance est la seule solution possible pour ce confetti de l’empire colonial français. Elle partage cette vision avec son mari au sein du parti créé par celui-ci en 1974 : le Mouvement Guyanais de Décolonisation (MOGUYDE) et la développe à la tête de la revue indépendantiste MAWINA. Le MOGUYDE sera même impliqué dans une tentative ratée d’attentat contre les installations pétrolières guyanaises qui vaudra quelques mois de prison à son mari et leurs comparses.

    Cet admirable engagement militant pour l’indépendance des dernières colonies françaises marquait une personnalité ambitieuse et exigeante, un engagement qui s’est malheureusement affadi avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Mme. Taubira se rapproche du parti radical de gauche puis du parti socialiste, est élue conseillère régionale de Guyane en 2010, puis députée de ce territoire en 1993 et se trouve ensuite aspirée par les ors du pouvoir et les dorures des palais de la République, jusqu’à abandonner sa ferveur indépendantiste pour des raisons jamais vraiment explicitées. Renonçant à assurer l’avenir de son peuple, elle va, à la place, consacrer son temps et son énergie à l’élaboration de différentes lois culpabilisantes pour l’ancien colonisateur de son territoire de naissance, dont, en 2001, une loi qui entérine que :

    « …la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVème siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. »

    Cette loi exclut de fait la traite et l’esclavage dans le monde arabe ainsi qu’à l’intérieur du continent africain.

    Nommée ministre de la Justice sous la présidence socialiste de François Hollande, elle promeut la loi ouvrant le mariage aux homosexuels puis démissionne en 2015 par refus du projet de légiférer pour pouvoir déchoir de leur nationalité des terroristes binationaux.

    Dernier et récent avatar de sa reconversion dans l’avachissement de la pensée : elle refuse d’inciter publiquement ses concitoyens guyanais à se faire vacciner alors que l’épidémie de coronavirus fait des ravages dans les DOM où les taux de vaccination sont extrêmement faibles ce qui explique en grande partie la recrudescence du virus. Il semble que le vaccin suscite plus de méfiance qu’ailleurs dans ces anciennes colonies car il vient… des anciens colonisateurs.

    On ne connaît pas l’avis de Mme. Taubira sur les évacuations sanitaires qui permettent de transférer dans les hôpitaux métropolitains les malades de la Covid de ces départements exotiques où les hôpitaux sont débordés, ni sur les renforts de soignants envoyés dans ces territoires depuis l’ancienne puissance coloniale !

    Pourquoi cette femme brillante, excellente oratrice, férue de l’histoire des peuples colonisés, rouée au contact de la politicaillerie franchouillarde, ne s’en laissant pas compter par les journalistes de plateaux télévisés ni par les insultes d’une droite conservatrice déchaînée contre elle, a-t-elle abdiqué d’une pensée indépendantiste positive qui constituait une vraie révolution idéologique et un avenir souhaitable pour les DOM au profit d’engagements victimaires ressassant un passé révolu ?

    C’est le syndrome des DOM-TOM, on voudrait se débarrasser de tout lien avec l’ancien colon et faire payer ses péchés originels à ses descendants. On préfère mariner dans le ressentiment plutôt que d’assurer les incertitudes de la liberté et de la responsabilité. Christiane Taubira illustre jusqu’à l’excès cet inextricable contradiction, bien installée à… Paris.

    Et les doutes des guyanais sur le vaccin contre le coronavirus sont toujours aigus !