Catégorie : Humeurs

  • Et on ne se refuse rien

    À la suite des meurtres de quatre fonctionnaires de police commis à la préfecture de police de Paris le 3 octobre par un terroriste religieux (lui-même tué par un autre policier) il s’est trouvé au moins une personne en France pour soutenir le meurtrier. Hadama Traoré, activiste-créateur du mouvement La Révolution Est En Marche (LREEM, à ne pas confondre avec LREM le parti actuellement majoritaire au parlement La République En Marche) a appelé à manifester le 10 octobre en faveur du meurtrier, également fonctionnaire de la préfecture de police et qui, souffrant d’un handicap de surdité partielle, aurait été discriminé au travail d’où ses crimes. Celui-ci ne serait en aucun cas un terroriste mais un travailleur discriminé.

    La manifestation a été interdite et M. Traoré placé en garde à vue. Il s’était déjà fait connaître fin 2017 pour avoir porté plainte contre le préfet de Seine-Saint-Denis à la suite de sa révocation d’un poste qu’il occupait à la mairie d’Aulnay-sous-Bois comme responsable d’antenne jeunesse à la suite d’insultes qu’il aurait proférées par divers canaux à des élus et des fonctionnaires. Début 2018 la CGT organise une manifestation pour protester contre sa révocation et publie la lettre que M. Traoré adressa au président de la République.

    Bref, la manifestation qu’il proposait d’organiser en faveur du meurtrier de la préfecture a été interdite. On ne sait pas où en est sa plainte contre le préfet.

  • Incompétence et hystérie de la presse

    Impayable : hier soir la police de Glasgow annonce avoir arrêté un homme qui pourrait être Xavier Dupont de Ligonnès qui est soupçonné du meurtre de sa femme et de leurs quatre enfants à Nantes et qui a disparu de la circulation depuis 10 ans. On a retrouvé les corps des cinq premiers mais jamais le sien, laissant supposer toutes sortes d’hypothèses pour ce qui le concerne. La presse et ses acteurs qui adorent ce genre d’histoires ont produit depuis nombre d’articles, de livres et de documentaires retraçant ce que l’on sait des meurtres et ce que l’on imagine de la fuite de celui qui en est le principal accusé.

    Alors quand la nouvelle de l’arrestation possible de celui qui est soupçonné d’avoir commis cette tuerie est rendue publique, les radios et télévisions d’information continue se jettent sur l’affaire comme un nuage de crickets sur un champ de sorgho. Les ridicules logo « Edition spéciale » fleurissent comme des fleurs sur un tas de fumier et leurs soirées sont consacrées à répéter en boucle ce qu’ils ne savent pas. Tous et toutes s’y mettent avec un enthousiasme désarmant.

    Les empreintes digitales de la personne seraient comparables avec celles de l’accusé alors on s’en lèche les babines sur les plateaux médias où sont convoqués avec concupiscence tous les soi-disant experts de cette affaire criminelle mystérieuse. Une équipe de police française serait en route vers l’Ecosse pour réaliser des tests ADN. En attendant les envoyés spéciaux des chaînes font le pied de grue devant l’aéroport de Glasgow à répéter qu’ils ne peuvent pas en dire plus à ce stade. Tous les journaux parus ce matin ont titré sur cette arrestation.

    Las, les tests ADN réalisés ce matin ont montré que la personne arrêtée n’est pas le soupçonné. Elle est donc relâchée à Glasgow sans autre forme de procès. Depuis ce soir ce sont encore des « éditions spéciales » à tous les étages pour répondre à la question existentielle « Affaire Ligonnès : y-a-t-il eu défaillance [de la police] ? ». On croit rêver ! Les journalistes font tout de même, du bout des lèvres, amende honorable mais cherchent maintenant les coupables de leur déroute en dehors de leur profession.

    En réalité, pour douloureuse que soit cette affaire criminelle pour les familles qui y sont impliquées, elle n’est qu’un fait divers qui ne justifie en rien tout ce tapage médiatique, que l’on ait ou pas retrouvé le principal accusé. Au mieux cela peut générer trois lignes d’information en dernière page de l’édition du journal une fois le fait établi. Mais non ! Des journalistes de circonstance, unanimes, ont fait leurs choux gras d’une rumeur de caniveau sans aucun intérêt, montrant le peu de cas qu’ils font de leur mission de vérification et d’analyse de l’information qu’ils diffusent, décrédibilisant encore un peu plus leur profession. Au moins auraient-ils pu employer un peu plus le conditionnel, mais ce doit être une conjugaison que l’on n’enseigne plus dans les écoles de journalisme. Pas plus que la hiérarchie de l’information d’ailleurs, comme s’il n’y avait rien de plus approprié à publier hier soir et ce matin qu’une rumeur de commissariat de police concernant un obscur dérangé du 22 long rifle alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que l’économie mondiale ralentit, que le parlement français traite de la loi bioéthique et de l’immigration, etc. ?

    Ainsi va la presse de nos jours : hystérie, précipitation et incompétence. Tous les risques se justifient pour un scoop de caniveau.

  • La fin de vie au Café du commerce

    Entendu au sujet des difficultés croissantes de la fin de vie dans notre société vieillissante et en proie à différentes épidémies : cancer, maladies neuro-dégénératives…

    – Mme. Michu : on ne fait rien en France pour légaliser le suicide assisté, c’est pas normal !

    – Son contradicteur : comme de nombreux pays occidentaux, notre vieille démocratie réfléchit sur ce sujet intime et sensible. Un comité consultatif national d’éthique (CCNE) a été créé en 1983 et travaille sur toutes ces questions si délicates : la fin de vie, l’utilisation des nouvelles techniques liées à la biologie, les tests génétiques… Ce comité donne des avis mesurés et documentés qui aident à la réflexion des parlementaires légiférant sur les lois en la matière.

    – MM : oui mais la société française devrait autoriser le suicide assisté !

    – SC : pour le moment, le parlement élu par les citoyens, dans sa grande sagesse, n’a pas retenu cette option mais a préféré toiletter par touches progressives la loi dite « Leonetti » qui régit la fin de vie mais sans inclure l’option du suicide assisté. La société ne t’interdit pas de te suicider en te jetant sous un bus, en revanche elle estime qu’elle n’a pas à légiférer sur ce sujet. Si cela ne te plaît pas, soit tu vas t’installer dans un pays qui l’autorise, soit tu montes un parti politique pro-suicide assisté et tu cherches à emporter la majorité au parlement pour imposer tes vues.

    Nous sommes en France et le citoyen demande et s’attend à ce que l’Etat intervienne partout, même dans la mort. Les avis du CCNE sont un modèle de subtilité et de profondeur sur les sujets fondamentaux de notre société, dont la mort. Peut-être un jour recommandera-t-il le suicide assisté. Ce n’est pas le cas pour le moment et il est estimé qu’il ne faut pas bousculer la société. Dans ce domaine plus que tout autre, le simplisme de Café du Commerce n’est pas de mise. C’est une bonne chose. La loi « Leonetti » a déjà fait évoluer significativement le corpus légal mis à disposition des familles et du corps médical pour éviter l’acharnement thérapeutique. Appliqué par des gens intelligents et mesurés, elle a produit des effets favorables. Nous verrons les évolutions ultérieures, en la matière il convient de se hâter lentement.

  • Un nouvel attentat religieux à Paris : 5 morts dont le terroriste

    Un citoyen français, converti à l’Islam, travaillant à la préfecture de Paris, a tué quatre de ses collègues à coups de couteau dans les locaux mêmes de la préfecture ce jeudi 3 octobre. Il a ensuite été abattu par un gardien de la paix. L’administration française de la police est ébranlée de découvrir qu’un terroriste ait pu prospérer au cœur même d’un de ses lieux de pouvoir emblématiques. Les commentateurs de circonstance et élus de l’opposition s’égosillent sur les plateaux médias en appelant à la démission du ministre de l’intérieur, en déplorant le « laxisme du pouvoir qui ne protège pas les français » et bla-bla-bla… Les journalistes en rajoutent comme à leur habitude en produisant des sondages de pacotille interrogeant Mme. Michu pour savoir si elle a confiance ou pas dans ses dirigeants pour la protéger.

    Au-delà de cette agitation médiatique désormais rituelle, hélas, force est de constater une nouvelle fois que le mal terroriste religieux est niché au cœur de la société française et qu’aucune couche n’y échappe. Aujourd’hui c’est donc un service de police spécialisé dans la lutte anti-terrorisme qui est atteint en son sein par… un terroriste. C’est une version différente mais tout aussi pernicieuse des agents doubles du temps de la guerre froide. Le combat sera sans fin !

  • Panique dans un dîner en ville : tout va mal

    Entendu dans un dîner en ville :

    – Tout va mal, les hôpitaux s’effondrent, les professeurs se suicident, qu’allons-nous devenir ?

    – N’as-tu pas l’impression de très légèrement dramatiser la situation ? Qui autour de cette table n’a jamais rencontré une difficulté pour se faire soigner, pour soi-même ou ses enfants ? Certes, nous avons tous eu à passer un jour ou l’autre 4 ou 6 heures, voire une nuit complète, dans un service d’urgence, mais est-ce un drame puisqu’à la fin nous avons été soignés ? Où est-il écrit que tout patient doit être pris en charge dans les 5 mn de son arrivée aux Urgences ?

    – Ah oui, c’est vrai mais ce n’est pas pareil, nous, nous sommes favorisés en tant que catégorie socio-professionnelle ++ et je connais quelqu’un qui m’a dit qu’il connaissait quelqu’un qui avait rencontré quelqu’un qui lui a raconté que son cousin avait été mal soigné et bla-bla-bla…

    – Certainement il y a des erreurs médicales, des médecins surchargés, des patients mal pris en charge mais on peut raisonnablement penser que l’espérance de vie de la population française augmentant, ladite population doit plutôt être globalement soignée correctement. Ensuite, la République adapte son système de santé avec l’évolution des besoins et des moyens, ce n’est jamais assez, jamais à temps, mais cela se fait. Après, si l’on veut doubler les salaires des infirmières, par exemple, il suffit de le décider et de payer en augmentant ou en optimisant les cotisations sociales ce qui posent d’autres problèmes puisque les français sont opposés à un accroissement de leurs impôts (sauf pour « les riches ») ou de leurs cotisations sociales (sauf s’il s’agit de celles du voisin). L’enceinte pour ce genre de débat s’appelle le Parlement qui arbitre entre les affectations, vote et contrôle les dépenses publiques et sociales.
    Idem pour l’enseignement, certes une professeure vient de se suicider, débordée par ses mauvaises conditions de travail. C’est un drame humain incontestable mais pour savoir si c’est un problème généralisé il faudrait à tout le moins comparer le taux de suicide de cette profession avec le taux moyen de suicide dans la population. Quel qu’en soit le résultat, il n’y a sans doute pas tout à jeter dans le système éducationnel français, il doit bien subsister quelques îlots dans l’enseignement public où l’on apprend aux enfants le minimum de savoir et de comportements et où l’on ne deal pas de la cocaïne dans la cour ?

    Comme souvent en France, les citoyens, largement épaulés par les médias et le populisme envahissants, ont tendance à généraliser tout ce qui va mal. Bien sûr, ceux qui bénéficient de situations positives n’en parlent pas car ils considèrent ceci comme une situation normale. On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure… Les français sont réputés être les plus pessimistes en Europe ; les dîners en ville le confirment largement. Un peu de raison devrait permettre de mettre les choses en perspective et ne découragerait en rien de s’attaquer aux choses qui vont moins bien.

  • Que des vieux…

    Que des vieux…

    La journée dans les magasins il n’y a que des vieux, sans doute les autres sont au travail…

  • Coucou

    Coucou

    Un petit tour au Père Lachaise pour informer ceux qui m’ont précédé de ma nouvelle vie qui démarre aujourd’hui !

  • Et voilà !

    Pantoufles et café long ce matin, plus de bureau ni d’obligations conséquentes. Ce matin c’est vraiment le premier jour du reste de ma vie. Jusqu’ici tout va bien !

  • C’est fini

    Dernière journée de travail chez mon employeur : des réunions techniques quand même, puis il faut rendre son ordinateur, son téléphone et son badge, et c’est fini. Demain matin ma boîte email professionnelle sera clôturée. On ne perd pas de temps, les processus d’offboarding sont bien huilés désormais. En attendant on écluse quelques bières au bistrot portugais du coin de la rue avec quelques potes et puis c’est fini.

  • Il fait chaud dans le golfe persique

    Un championnat du monde d’athlétisme se déroule actuellement au Qatar. Les sportifs qui y concourent se plaignent de… la chaleur. Un stade est climatisé mais les épreuves qui se déroulent en dehors de celui-ci. Il fait effectivement plus de 40° la nuit avec un taux d’humidité de 70%. Ce qui est étonnant est que les autorités sportives responsables de l’organisation de tels évènements n’anticipent pas que dans le golfe persique… il fait chaud, même la nuit, même à l’automne !

    Les footeux ont mis quelques années à se rendre compte qu’une coupe du monde de fouteballe organisée également au Qatar en 2022 en été est annonciatrice de grosse chaleur… Dans un grand accès de clairvoyance il a finalement été décidé de déplacer cette compétition d’été en hiver.

    Il faudrait sans doute prévoir une petite formation aux bases de la météorologie pour les patrons de fédérations sportives. En attendant les sportifs se plaignent et le stade de Doha où de déroule la compétition d’athlétisme est plutôt déserté par les spectateurs.

  • Un adieu affectueux et rock

    Vingt années se terminent au cœur d’un mastodonte du CAC40 avec une belle photo de Keith Richards offerte par mes collègues reconnaissants qui ne pouvaient mieux tomber :

    après avoir passé plusieurs années avec une photo de Mick Jagger accrochée à la paroi de mon bureau du temps où nous avions des places attribuées :

    It’s only Rock’n’Roll, but I like it.

  • Le Grenelle des tics verbaux

    On ne dit plus une « réunion sur les violences conjugales » mais le « Grenelle sur les violences conjugales ».

    Le terme « Grenelle » fait référence à la réunion qui eut lieu au ministère du travail rue de Grenelle à Paris en 1968 entre les syndicats ouvriers et patronats, et le gouvernement pour mettre fin aux émeutes de cette année 1968. Désormais, chaque fois qu’un grand raout politico-social est organisé on parle de « Grenelle de ceci ou de cela » : le Grenelle de l’environnement en 2007, le Grenelle des violences conjugales cette année, etc.

    Cela pose son homme de se référer à Grenelle. Cela fait sans doute aussi plus cultivé ! C’est le propre du tic verbal de remplacer un mot par un autre, sans véritable rationnel autre que « c’est plus joli ».

  • Toujours plus loin dans l’abrutissement des masses

    Coco – Charlie Hebdo – 10/02/2016

    A plusieurs reprises ces dernières semaines, des supporters de fouteballe avinés ont chanté des slogans homophobes en déployant des banderoles dans les tribunes pour appuyer leurs attaques. Une nouvelle réglementation dans ce sport autorise les arbitres à interrompre voire mettre fin aux matchs en cas de manifestations homophobes, ce qui fut fait ces derniers jours, provoquant même l’ouverture d’enquêtes judiciaires.

    C’est devenu maintenant un jeu pour ces supporters décérébrés qui composent une minorité agissante s’asseyant sur l’intérêt de la majorité. Alors que les matchs soient arrêtés ou poursuivis leur importe peu du moment qu’ils peuvent exprimer leur capacité de nuisance. Il est des situations où devant une telle accumulation d’abrutissement la puissance publique est un peu impuissante à redresser les choses. Il faudrait arriver à élever le niveau socio-culturel de ces supporters pour les sortir de tels comportements. Vaste tâche… En attendant l’arrêt voire l’interdiction des matchs ne peut avoir que des effets favorables sur le niveau intellectuel de l’ensemble de la population.

  • Les actifs dévalorisés du fouteballe

    Un feuilleton financiaro- footeux déroule ses épisodes depuis quelques semaines. Le pousseur de baballe Naymard, acheté plusieurs centaines de millions d’euros par un club parisien en 2017 (222 millions a priori), a des états d’âme et est annoncé dans un autre club. Cette somme de 222 M est versée par le club acheteur au club vendeur, c’est un investissement. Le salaire versé au joueur est une autre histoire. Il s’agit en fait d’un achat d’actif, un peu comme si une société achetait un bâtiment ou une usine, mais il s’agit d’un pousseur de baballe avec deux jambes et quelques neurones.

    Comptablement les 222 millions sont inscrits au bilan du club et sont amortis sur la durée du contrat du joueur, exactement comme une machine est amortie sur sa durée de vie estimée. Si le joueur est revendu avant le terme de son contrat et que la somme convenue pour le transfert est inférieure à la valeur nette inscrite au bilan, eh bien il faudra comptabiliser une perte, ou un gain dans le cas contraire. Et même si la transaction n’est pas conclue mais que la valeur de marché du joueur est inférieure à sa valeur nette comptable le club devra déprécier son bilan et enregistrer une perte.

    Le cas actuel de Naymard est caractéristique de cette situation. Le garçon souvent blessé ne joue plus beaucoup et ne semble plus intéresser grand monde au prix proposé. Son club voudrait s’en débarrasser mais sans devoir enregistrer de perte comptable. En face du coté des acheteurs, peu semblent intéressés par payer un tel prix pour un pousseur de baballe qui ne tient pas ses promesses. C’est un cas d’investissement assez classique, ce qui est plus inhabituel est qu’il porte sur un humain mais la logique comptable est la même. Ainsi va la fouteballe aujourd’hui !

  • Bobos et compagnie

    A quoi peut donc bien servir un jus « d’eau de riz blanc et noisettes » ? Sans doute à pas grand-chose sinon à donner bonne conscience aux « bobos écolo-responsables ». Le kroniqueur n’a pas osé goûter ce breuvage bizarre dont pourtant le contenant affiche fièrement :

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  • Les fouteballeux s’expriment

    Un match de fouteballe a opposé en Egypte les équipes nationales d’Algérie et du Sénégal. La première a gagné et c’est un non-évènement pour la France mais des supporters de l’équipe gagnante d’Evreux, tout à leur joie, en ont profité pour sortir dans la rue et dégrader une statue de MonGénéral sur la place du Général de Gaulle, déclenchant un peu d’émotion dans cette municipalité. Outre la confirmation que le fouteballe additionné à la bière dissout les neurones, se confirme également la tolérance parfois suicidaire de la démocratie car on peut facilement imaginer la réaction des autorités égyptiennes si les supporters s’en étaient pris sur place à une statue de Nasser ou de Sadate…

  • Abrutissement et communautarisme sportifs

    A la suite de la victoire de leur équipe de fouteballe dans une compétition internationale de baballe des supporters se répandent dans Paris, bloquent le périphérique, détruisent et pillent des magasins de moto sur l’avenue de la Grande Armée. Cela devient désormais un rituel, pour exister il faut casser quelque chose chez le voisin, le piller au passage lorsque cela se présente. L’intérêt particulier des uns n’est considéré comme comblé que si celui de la majorité des autres est dévasté. C’est devenu un mode de fonctionnement dans la République.

    Elément de contexte, la compétition de foute en question est une coupe d’Afrique, l’équipe fêtée est celle d’Algérie et c’est là que les choses s’enveniment. Première (bonne) nouvelle : un supporter de l’équipe d’Algérie est une personne ni plus ni moins navrante que son alter-ego de l’équipe de France, un être décérébré dont la joie ou la peine ne peuvent s’exprimer qu’au détriment de son prochain. Deuxième nouvelle (moins bonne) : le syndrome franco-algérien toujours présent aggrave les effets de l’incivisme. Les supporters hooligans se drapent dans… des drapeaux algériens ce qui a tendance à provoquer un léger agacement chez une partie de la population, sans parler des partis politiques conservateurs. Ces comportements communautaires sont à tout le moins maladroits, chaque drapeau algérien agité provoque à coup sûr des votes supplémentaires en faveur de l’extrême droite et de ses messages simplistes.

    Du bon sens et de la modération devraient amener ces supporters à un peu plus de discrétion, peut-être en déployant un peu moins de drapeaux algériens ? Ces qualités sont, hélas, assez peu partagées dans le monde de la baballe, la relation franco-algérienne à fleur de peau fait le reste en jetant du sel sur des plaies jamais complètement cicatrisées de la guerre coloniale qui a opposé ces deux pays. Les descendants de ces combattants qui ont vaincu leur puissance coloniale se croient beaucoup permis dans ladite puissance qui, le plus souvent, a octroyé sa nationalité à leurs parents. Et c’est là toute l’ambiguïté de la relation entre ces deux nations : des millions de français d’origine algérienne vivent dans le pays qui a asservi leurs ancêtres. Il y a pour certains la volonté plus ou moins consciente d’une revanche à prendre, d’une dette à faire payer, même après tout ce temps passé. La génération qui a fait et vécu cette guerre est en train de s’éteindre doucement des deux côtés ; gageons qu’une fois complètement disparue les tensions diminueront peu à peu. Les gouvernements algérien et français ne réussissent toujours pas à partager une relation politique apaisée, les prises de bec sont fréquentes, souvent sur des détails de protocole, même si la coopération sur le fond est excellente. Comment imaginer alors qu’il puisse en être autrement pour les citoyens ?

    Une partie significative de la population française a des origines au Sud de la Méditerranée alors chaque évènement dans ces pays riverains d’Afrique du Nord, heureux ou malheureux, a des répercussions dans l’hexagone. L’enthousiasme méditerranéen ajoute l’exubérance et l’excès que l’on voit dans les rues ces jours-ci. Une génération plus tôt, la réconciliation franco-allemande s’est faite sur un mode plus froid, propre aux pays du Nord. Elle ne s’est pas traduite non plus par l’émigration significative d’une population vers le pays de l’autre. Après la dernière guerre chacun a repris son développement de son côté, mené par deux dirigeants visionnaires : le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer. Peut-être l’Algérie et la France ont-elles manqué de visionnaires ces dernières décennies ?

  • Privatiser ou ne pas privatiser

    Encore un débat franchouillard inutile : la République prévoit des modifications dans la gestion de ses actifs comme le fait très normalement tout détenteur d’un patrimoine. Un projet déclenche un hourvari général de l’opposition, de l’extrême gauche à son pendant d’extrême droite, en passant par les partis républicains placés au milieu : la poursuite de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), société déjà détenue à 49,4% par des acteurs privés qui possèdent donc 49,4% des infrastructures (pistes, terrains, etc.). Sur la forme il s’agit d’un mécanisme compliqué qui permettra à l’Etat de récupérer la pleine propriété des actifs au bout de 70 ans et de se repositionner alors sur la gestion de l’ensemble à confier à un nouvel opérateur ou à réintégrer dans le domaine public.

    Tous les arguments et leurs contraires sont débités par les opposants professionnels qui s’agitent dans les couloirs du parlement pour tenter de nuire au gouvernement en place. On voit même la droite demander l’annulation de cette privatisation alors qu’elle a de tous temps promu les privatisations après s’être opposée aux nationalisations « idéologiques » réalisées à différentes reprises par la gauche. Laurent Wauquiez, l’ex-chef de Les Républicains, après avoir soutenu récemment les émeutiers en gilet jaune, s’être opposé à la baisse des emplois aidés décidée au début du quinquennat actuel, conteste maintenant la privatisation d’ADP en déclarant « …on brade les bijoux de famille pour boucher les trous budgétaires ». Oui, c’est tout à fait et il faut effectivement boucher l’abysse du déficit budgétaire alors la République, comme tout ménage qui serait dans la même situation, va, non pas « brader », mais monétariser quelques-uns de ses actifs pour essayer de se renflouer. C’est un comportement responsable. Le produit de cette opération, à laquelle s’ajouteront les privatisations de la Française des Jeux et d’Engie (ex-Gaz de France), doit venir doter un fonds pour l’innovation.

    Peut-être que le parti Les Républicains ne doit pas chercher beaucoup plus loin la raison de la baisse significative de ses scores électoraux. Il arrive un moment où les retournements de vestes et autres reniements opportunistes ont tendance à perdre l’électeur, voir à le faire fuir !

    L’élément nouveau dans cette affaire est le regroupement improbable de parlementaires opposés (du parti communiste à Les Républicains) pour déclencher un référendum d’initiative partagée (RIP) tel que prévu dans la Constitution et bloquer ainsi le processus en cours. C’est la première fois qu’un tel référendum serait ainsi mis en œuvre à l’initiative du parlement et des citoyens, si toutefois 10% du corps électoral en signe la demande, ce qui fait plus de 4 millions de citoyens. Si la démarche réussit, cela démontrerait par l’absurde que finalement cette procédure de RIP peut être déclenchée si « le peuple » en manifeste la volonté et qu’elle n’a pas vraiment besoin d’être réformée comme le réclame à cor et à cri. Pour le moment il suffit de cliquer sur une plateforme ouverte par l’administration, ensuite il faudra tout de même se déplacer physiquement et voter pour ou contre.

    D’ici là, le processus de privatisation de cette société est bloqué en attendant (i) de savoir si 4 millions d’électeurs veulent l’organiser le référendum et (ii), en cas de réponse est positive, ce que votera in fine le corps électoral dans son ensemble. Ainsi va le cheminement tortueux de notre vieille démocratie.

  • Le retour des enfants des terroristes religieux français

    Comme annoncé, la France rapatrie au compte-goutte certains enfants mineurs de terroristes français partis participer à aux guerres religieuses du Proche et Moyen-Orient. Ces gamins, parfois orphelins, de nationalité française (même si pour ceux nés sur les champs de combat on peut imaginer qu’ils n’aient pas été déclarés au consulat de France…), sont exfiltrés de camps de prisonniers tenus par des forces kurdes en Syrie. Une dizaine sont arrivés ces jours-ci dans un avion de l’armée française et immédiatement placés dans des structures chargées d’abord de les soigner puis de les encadrer pour tenter de les remettre dans la société civile que leurs parents avaient voulu fuir pour rejoindre celle de leur Dieu. Ce n’est pas la première vague de retour et ce ne sera pas la dernière. Dans certains cas, leurs parents toujours vivants ont donné leur accord pour ce rapatriement, eux devant maintenant rendre compte de leurs actes aux justices locales dont ils dépendent.

    Cette politique du cas-par-cas appliquée par la République est sans doute la moins mauvaise de toute la palette disponible. La discrétion dans laquelle elle est menée est indispensable. Est-elle risquée ? Oui, certainement, une partie de ces gamins a dû être programmée par une éducation religieuse extrémiste et on imagine sans peine le niveau de traumatisme vécu par ceux qui ont vu, voire participé, aux actes de guerres ainsi qu’aux massacres barbares d’un autre âge commis par leurs parents. Des vidéos ont été diffusées montrant des assassinats d’otages commis par des enfants. Certains ne sortiront sans doute jamais de cet embrigadement intellectuel et feront sans doute encore parler d’eux dans le futur.

    Leur retour en France ou leur maintien en exil ne change finalement pas grand-chose au problème, ne l’aggrave véritablement ni ne le résous. L’interrogation reste la même : comment nos sociétés capitalistes occidentales ont pu générer une telle dérive de ses enfants prêts à retourner leurs âmes et leurs armes contre leur patrie, souvent en faisant preuve d’une barbarie rarement égalée depuis les camps nazis, le tout au nom d’un Dieu !

    La politicaillerie franchouillarde s’empare évidemment du sujet avec son simplisme habituel, attisant les bas instincts de Café du commerce, toujours à fleur de peau sur ces sujets traumatisants. Chacun y va de sa solution entre les déchoir de leur nationalité française, les laisser où ils sont et les rapatrier automatiquement. Ces gamins sont de toutes façons une mine de problèmes présents et futurs, où qu’ils soient ou seront. Il faut bien faire avec, les solutions extrêmes proposées par certains n’étant pas une option. Il est des circonstances où un Etat doit savoir aller contre l’avis de sa population, un pouvoir socialiste l’a fait en 1981 en abolissant la peine de mort contre l’avis de Mme. Michu, les dirigeants actuels le pratique en reprenant, au compte-goutte, ces mômes égarés par la folie de leurs parents. C’est l’honneur de la République !

  • Le bal des traîtres bat son plein !

    A la suite des mauvais résultats enregistrés aux dernières élections européennes par les partis de gouvernement français traditionnels, le bal des traîtres a débuté. Les plus emblématiques dans la couardise politique et l’absence de convictions se trouvent sans conteste chez Les Républicains. Après la démission de leur chef Laurent Wauquiez dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut point trop efficace à l’occasion de cette élection, Valérie Pécresse, toujours un pied dedans un pied dehors depuis des mois, a finalement franchi le pas et sauté à pieds joints en dehors du parti pour une destination assez floue pour le moment.

    Voilà qu’aujourd’hui 72 élus Les Républicains publient une tribune pour annoncer leur soutien au parti majoritaire et au président de la République. A gauche ce n’est guère plus brillant et La France Insoumise affronte également une vague de départs et de contestations répandue sur la place publique et dans les réseaux dits sociaux.

    C’est la débâcle ! Comme la banquise qui se désagrège au printemps dans le golfe du Saint-Laurent, les élus déboussolés se noient, se percutent et se déchirent, cherchant vers quel rivage se diriger. On mesure mal ce qui relève dans ce comportement de convictions mollassonnes ou, plus prosaïquement, de la volonté de se rapprocher d’une écurie plus susceptible d’assurer leurs réélections aux prochaines échéances. Après tout c’est leur job qui est en jeu et quand il faut nourrir ses enfants à la fin du mois on hésite moins à tourner sa veste.

    Ce que semble entériner ces fuites en rase campagne c’est la congélation du débat dans ces partis et le renoncement des impétrants à pouvoir le changer de l’intérieur. Les dinosaures continuent à phagocyter le pouvoir et les idées sans volonté de partage. Les jeunes générations politiques n’arrivent pas à les pousser dehors et on a vu avec consternation les Nadine Morano et autres Brice Hortefeux être élus députés européens la semaine dernière. Les fuyards abandonnent le navire et on ne sait pas encore sur quel bateau ils vont déposer leurs paquetages. Ces partis contestés ont encore des fans et des militants. Ils vont se recentrer sur leurs valeurs basiques, renouveler leurs dirigeants les plus visibles et, s’ils font preuve d’un peu d’intelligence et d’humilité, survivre à la tempête. Qui sait si dans dix ans la République n’aura pas un président Les Républicains ? En attendant, le radeau de la méduse dérive un peu pour trouver un abri !