Catégorie : Humeurs

  • Les tics verbaux compulsifs en forte croissance

    Les tics verbaux compulsifs en forte croissance

    Sur les plateaux télévisés et dans les dîners en ville le « on va dire » continue à tenir la corde des tics verbaux compulsifs (TVC) les plus usités. Mais récemment le « effectivement » remonte dans le classement et s’insère tous les trois mots dans le langage commun. Il n’est pas encore au niveau du « voilà » mais il s’en rapproche. La compétition promet d’être rude entre ces deux adverbes qui jouent un rôle identique de comblement de la pauvreté sémantique des piliers de plateaux médiatiques.

  • Invasion de chenilles processionnaires et d’aïe-phones sur l’Ile de la Cité

    Invasion de chenilles processionnaires et d’aïe-phones sur l’Ile de la Cité

    La cathédrale Notre-Dame de Paris est rouverte au public et rencontre un franc succès. Ceux qui n’ont pas réservé en ligne font la queue dehors et ceux qui sont entrés dans l’édifice mènent une longue procession dans le sens des aiguilles d’une montre autour de la nef telle une longue colonne de chenilles processionnaires bardée d’aïe-phones.

    Une partie de cette nef située près du chœur est clôturée et réservée aux fidèles assistant à la messe de midi. Des sacristains informent ceux-ci qu’il est interdit de prendre des photos depuis cet enclos. Bien entendu les fidèles n’écoutent pas et une forêt d’aïe-phones poussent au-dessus de leurs têtes. Les clergymen portant fièrement une polaire sans manches siglée « Notre-Dame de Paris » font la chasse aux photographes-pécheurs pour les rappeler aux règles de la cathédrale mais rien n’y fait et les pauvres pécheurs continuent à suivre les tentations inspirées par le Malin et à accumuler des milliers de photos ratées dans la mémoire de leurs téléphones.

    Après trois « Je vous salue Marie » successifs prononcés par le prêtre officiant face à la statue de la Vierge à l’enfant du XIVe siècle, la messe débute, mise en musique avec le petit orgue et un chantre plutôt harmonieux. Pour la quête, les sacristains déploient des paniers munis de lecteur de cartes bleues et pour la communion, un sacristain supplémentaire en jogging-sweat-capuche-baskets gris vient renforcer l’équipe pour distribuer les hosties, même aux photographes-compulsifs-impénitents. Peut-être seront-ils pardonnés !

    Après la messe, relativement courte, les fidèles se joignent aux chenilles processionnaires. Ils ont ainsi l’occasion d’admirer les petites chapelles situées dans les collatéraux du vaisseau central de la nef, toutes remises à neuf après l’incendie de 2019. Le tour de chœur et ses magnifiques sculptures en bois retracent les scènes de la vie du Christ. Clou du spectacle, une immense roue d’or dont le centre contient des reliques : un morceau de la croix du Christ et de sa couronne d’épines sauvés des feux de l’enfer en 2019 grâce à la virtuosité des pompiers de Paris. Un vrai miracle !

    Vue de l’intérieur la cathédrale a été remise à neuf et bien ravalée. La voute a tenu durant la messe ce qui laisse imaginer que la charpente qui la surplombe a été correctement reconstruite. Du bel-œuvre. A l’extérieur les travaux sont loin d’être terminés si l’on en juge les nombreux échafaudages et barraques de chantier qui subsistent, ainsi que les renforts en bois posés après l’incendie pour soutenir les arcs-boutants de pierre.

    Le chantier a avancé plus rapidement que celui de l’assainissement des finances publiques françaises. Une espèce d’unanimité, plutôt exceptionnelle, a émergé de l’opinion publique pour reconstruire cette cathédrale après l’incendie destructeur de 2019. En France on est souvent unanime dès qu’il s’agit de dépenser de l’argent public, des jeux olympiques à la cathédrale de Paris. Peut-être un miracle similaire se produira pour définir l’âge légal de la retraite ?

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  • Les ‘Ricains

    Les ‘Ricains

    On ne dit plus « les Etats-Unis ont élu un président ruffian-marchand de bétail » mais « le président américain est un être transactionnel ».

  • Des débats médiatiques vains

    Des débats médiatiques vains

    Une énième affaire de financement illégal de partis politiques français a été jugée hier et d’un coup d’un seul l’affaire du « Petit Emile » sur laquelle des journalistes de circonstance glosaient en boucle depuis une semaine sur les plateaux télévisés sans avoir rien à dire sur ce dossier couvert par le secret de l’instruction, pour une fois à peu près bien tenu. Il s’agissait juste d’attiser l’intérêt morbide de Mme. Michu sur le sort de ce malheureux gamin assassiné sans qu’on sache par qui.

    Les médias sont passés à ce nouveau sujet sur lequel ils n’ont rien à dire. Ils se pourlèchent les babines et rivalisent d’éditions spéciales et d’experts capables de parler durant des heures pour ne rien dire, une performance. Evidemment c’est une histoire moins dramatique que la précédente.

    Au moins le « Petit Emile » et sa famille retournent ainsi dans l’anonymat ce qui, compte tenu du tragique de ce fait divers est aussi bien.

  • Des méthodes journalistiques de caniveau

    Des méthodes journalistiques de caniveau

    Le paysage télévisuel français (PAF) ne brille décidément pas par la vigueur de son professionnalisme. L’actualité récente multiplie les sujets, anecdotiques ou sérieux, sur lesquels la très grande majorité des journalistes ne brille pas par sa capacité d’analyse. En réalité, qu’il s’agisse de la disparition du « petit Emile », du budget de la République ou du sort judiciaire de M. Sarkozy ou de Mme. Le Pen, les rédactions se basent toujours sur deux outils : le sondage d’opinion et le micro-trottoir. Et lors des journaux télévisés ou des talkshows d’actualité les intervenants glosent en continu sur les résultats délivrés par ces deux outils. On demande à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’augmentation des impôts ? » ou on lance un sujet sur un plateau avec un sondage : « 60% des Français sont contre ceci »…

    Ce genre de « lancements » évitent aux animateurs titulaires de carte de presse d’étudier les dossiers sur lesquels ils interrogent le monde politique ou les experts de plateaux télévisés. Ils compensent leur absence d’analyse par les résultats des sondages. Qu’importe le manque d’éthique des questions ou le côté racoleur des sondages, puisque Mme. Michu pense ainsi c’est donc là-dessus qu’il faut débattre. Et les « experts » et les politiques devisent sur la position de Mme. Michu sans rentrer sur le fond des dossiers. Tout le monde semble se satisfaire de ces raccourcis.

    On se demande ce qui est encore enseigné dans les écoles de journalisme ?

    Rappelons que les journalistes qui déclarent des revenus en France, bénéficient d’une niche fiscale pour « frais d’emploi » leur permettant une déduction de 7 650 EUR de leurs revenus dont ne bénéficient pas les autres citoyens. Cette niche qui était destinée à assurer leur indépendance lorsqu’elle a été instituée, n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait être un gage de qualité et non de racolage.

  • Le retour des hyènes médiatiques

    Le retour des hyènes médiatiques

    Avec une jubilation sordide les médias français se jettent sur un nouvel évènement judiciaire annoncé dans le cadre de l’affaire dite de « la disparition du petit Emile », un malheureux gamin de quelques années disparu en 2023 puis retrouvé mort en 2024 aux abords d’un petit hameau des Alpes de Haute-Provence. La police n’a pas encore réussi à élucider ce mystère mais vient de placer en garde-à-vue deux grands-parents et deux oncles de l’enfant, déclenchant les « émissions spéciales » de nombre de chaînes de télévision avec force envoyés spéciaux, « experts » en criminologie et rediffusion de très nombreux reportages réalisés à l’époque dont la conclusion était « on ne sait pas expliquer ce mystère ».

    Aujourd’hui les journalistes n’en savent pas plus mais palabrent sur les plateaux télévisés en racolant Mme Michu à qui ils n’ont rien à dire si ce n’est ressasser en boucle des non-informations qu’ils créent comme ils respirent. On se demande toujours si ce genre de racolage génère véritablement une hausse des audiences des chaînes qui s’y compromettent ? Et que se passerait-il si, à la place, les journalistes effectuaient le travail pour lequel ils sont rémunérés (et qui bénéficient par ailleurs d’une niche fiscale spécifique à leur profession), c’est-à-dire l’information et l’analyse ? Pas sûr qu’ils y perdraient, en revanche le niveau intellectuel moyen ne pourrait que progresser mais ça c’est du long terme et de l’hypothétique alors que les supputations sur l’assassin du « petit Emile » c’est de la réjouissance immédiate.

  • La liberté d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    La liberté d’expression a encore quelques beaux jours devant elle en France

    Alors que les conservateurs français, sans doute inspirés par le courant libertarien américain, se lamentent dans les nombreux organes de presse qu’ils détiennent, ou qui leur ouvrent leurs colonnes, des « attaques contre la liberté d’expression » dont ils seraient victimes, on apprend que suite à la réattribution de la fréquence publique de la Télévision numérique terrestre (TNT) de C8 à Ouest-France TV, Cyril Hanouna, le hérault des médias du groupe Bolloré continue à diffuser son émission Touche pas à mon poste (TPMP) sur des réseaux dits « sociaux » et via diverses « box » fournies lar des opérateurs Internet. La chaîne CNEWS, autre média du groupe Bolloré, s’en félicite d’ailleurs à longueur d’antenne en ajoutant que l’audience de M. Hanouna sort d’ailleurs renforcée de cet épisode.

    On se rassure donc en constatant que la « censure » de l’Etat n’empêche pas TPMP de remporter un succès d’audience sur les nouveaux canaux utilisés par l’animateur. Ce n’était donc peut-être pas peine de brailler sur partout que la « mort » de C8 est une atteinte inqualifiable à la liberté d’expression. La publicité que les spectateurs subissent désormais sur Youtube et assimilé n’est pas moins abrutissante que celle qui était diffusée par C8 sur son canal TNT. La vulgarité et la bêtise crasse de Cyril Hanouna sont toujours disponibles pour les téléspectateurs intéressés et c’est bien ainsi.

    Les médias du groupe Bolloré se posent en victime de la censure d’Etat, inspirée par une idéologie « de gauche », en dépit de la réalité : la plupart des magazines d’information sont détenus par des hommes d’affaires du CAC40, et affichent une ligne éditoriale que l’on peut difficilement qualifier de bolchévique. Le quotidien Le Figaro reste l’un des grands journaux français et son propriétaire est le groupe Dassault pas non plus en faveur d’une ligne gauchisante, ce qui n’empêche pas de maintenir une équipe de journalistes compétents. Il en est de même avec les quatre chaînes d’information en continu de la TNT. Il reste quelques journaux comme Libération, toujours à gauche mais avec une très faible diffusion. L’offre des médias français est diverse, de la gauche à la droite.

    Sur CNEWS, l’autre média phare du groupe Bolloré, Pascal Praud, ancien commentateur de fouteballe et animateur d’un plateau style « Café du Commerce » matin et soir réunissant un quarteron de polémistes à la retraire, affiche tous les jours son obsession contre les médias publics qui seraient « de gauche » en vivant de l’argent public et que seule CNEWS, et tout particulièrement son plateau « L’heure des pros », parlerait des sujets qui intéressent les Français.

    Charlie Hebdo (23/12/2020)

    Lesdits Français peuvent choisir librement les médias qu’ils décident de suivre. Le problème n’est pas tant les sujets abordés par les différents médias, où les tendances politiques affichées, que la manière dont ils sont traités. CNEWS et C8 prennent le parti de la courte vue et du racolage populiste de bas étage pour proférer des jugements à l’emporte-pièce, attisant la contestation systématique de toute action publique ou intellectuelle auprès de leur auditoire. Le Figaro et France-Culture optent pour l’analyse et la réflexion menées par des journalistes professionnels.

    Pour élever le niveau de la France qui, rappelons-le une nouvelle fois, répertorie près de 10 millions de suiveurs sur son compte Instagram (le fouteballeur M’Bappé en affiche 123 millions…) il faudrait pouvoir censurer non pas le soi-disant manque de pluralisme, mais plutôt l’absence d’intelligence. Vaste tâche !

  • Les Etats-Unis veulent annexer le Canada

    Les Etats-Unis veulent annexer le Canada

    Le président des Etats-Unis d’Amérique affiche vigoureusement son objectif d’annexer le Canada pour en faire le 51e état américain. On a du mal à y croire tant l’outrance apparaît farfelue mais ce n’est pas une hallucination, l’objectif est répété par le président à toutes sortes d’occasions. En attendant « mieux », une guerre commerciale a plus ou moins été ouverte par Washington pour tenter de forcer la Canada à « demander » lui-même ce rapprochement et sa disparition en tant qu’Etat indépendant.

    Ce nouvel impérialisme ressemble à bien des égards à celui de la Russie qui dénie à l’Ukraine son droit d’exister comme Etat indépendant et a donc envoyé ses chars en février 2022 pour atteindre son objectif. Dans un premier temps, la Russie a annexé sans autre forme de procès les provinces du Donbass sur lesquelles se déroulent encore des combats. Cette annexion, comme celle de la Crimée en 2014, n’est reconnue que par les amis de Moscou.

    On a du mal à imaginer que Washington puisse faire de même en faisant parler les armes contre le voisin canadien, mais dans cette période de chaos international causé par la remise en cause de l’organisation du monde, et particulièrement des frontières, issue de l’après-seconde guerre mondiale, on se dit que tout est possible. Après tout les Etats-Unis revendiquent également le Groenland qu’ils veulent racheter au Danemark et le retour à leur souveraineté sur le canal de Panama !

    Ces revendications inattendues brisent les certitudes des générations européennes post-seconde guerre mondiale qui croyaient « l’allié » américain solide comme le roc et mené par des dirigeants visionnaires, défenseurs de la démocratie et du libéralisme économique. Les choses changent !

    Juin / Charlie Hebdo (09/03/2016)
  • Cyril Hanouna toujours vivant

    Cyril Hanouna toujours vivant

    Ce soir à minuit la chaîne de télévision C8 voit son autorisation d’émettre sur la fréquence publique gratuite de la Télévision numérique terrestre (TNT) s’éteindre. La nouvelle chaîne à qui a été octroyé cette fréquence n°8 est Ouest-France TV qui devrait commencer à émettre à partir du 1er septembre.

    La chaîne C8 a diffusé hier des émissions larmoyantes se lamentant sur la « censure » que l’Etat fait peser sur elle ; Dans le même temps la vedette de C8, Cyril Hanouna, a annoncé que son émission TPMP (Touche pas à mon poste) continuera dès lundi pour la fin de saison et sera diffusée en direct sur d’autres canaux privés, certains gratuits, d’autres pas : Youtube, Canal+, etc.

    Message « X » du 28/02/2025

    La veille, le même annoncait que pour la saison prochaine son émission TPMP serait diffusée par le groupe M6 sur la chaîne gratuite de la TNT : W9.

    Message « X » du 27/02/2025

    De son côté le groupe Bolloré continuera d’exercer sa liberté éditoriale sur ses autres médias : les chaînes de télévision Canal+ (en partie payante), CNEWS et CSTAR (gratuites sur la TNT) ; la radio Europe1 ; les journaux le JDD, Paris-Match, GEO, Ca m’intéresse ; la plateforme DAILYMOTION et bien d’autres médias qui font du groupe Bolloré le plus puissant acteur médiatique français du moment, un peu ce que fut le groupe Hersant dans les années 1970-1980

    On a donc vu pire comme censure… On peut même se demander si la famille Bolloré n’aurait pas profité des circonstances pour se débarrasse à bon compte de l’animateur Hanouna dont la vulgarité et le racolage commencaient à devenir un peu envahissants et, sans doute, très couteux, tout en se victimisant sous le poids de la « censute étatique ».

    Cerise sur le gâteau, le journal Le Monde rapporte ce matin que Hanouna aurait répondu par la négative « pour le moment » sur l’hypothèse de sa candidature aux élections présidentielles de 2027

    L’élection présidentielle de 2027, pour l’instant, bien sûr, c’est non […] je le ferai que si un jour on a une chance de sauver la France.

    Nous voilà rassurés.

    Depuis le 28/02/2025 le canal 8 de la TNT affiche écran noir :

    Ecran C8 après le 28/02/2025

    Calme et volupté !

  • Les médias du groupe Bolloré derrière C8

    Les médias du groupe Bolloré derrière C8

    Le groupe Bolloré a déclenché un tir de barrage très nourri pour accompagner les derniers jours de l’autorisation d’émission de sa chaîne C8 sur la Télévision numérique terrestre (TNT) gratuite. Tous les salariés des médias du groupe se lamentent à l’unisson contre « cette atteinte intolérable à la liberté d’expression et à leur devoir d’informer ». Ils sont appuyés par nombre de commentateurs conservateurs anti-Macron qui en profitent pour se laisser aller contre ce président qu’ils ne sont pas arrivés à empêcher d’être élu pour deux mandats successifs.

    L’argumentation est que l’Etat « a tué » la première chaîne de la TNT « au mépris du peuple ». En réalité ce n’est pas la chaîne C8 qui est fermée, c’est son autorisation d’émettre sur une fréquence gratuite à laquelle il est mis fin. C8 peut tout à fait émettre via les box et les bouquets satellites payants comme des dizaines d’autres chaînes. Rien ne l’empêche, et surtout pas l’Etat qui est le propriétaire des fréquences de la TNT et a décidé d’attribuer celle jusqu’alors utilisée gratuitement par C8 à une nouvelle chaîne qui ne fait pas (encore ?) partie du groupe Bolloré. Même s’il décide de « fermer » C8, ce dernier continue à contrôler de nombreux autres médias, dont la chaîne CNEWS sur la TNT, qui pourront continuer à diffuser sa « ligne éditoriale ». On a vu pire comme « atteinte inqualifiable à la liberté d’expressions ».

    Et puis, qui sait, peut-être que les deux nouveaux bénéficiaires de fréquences TNT, Ouest-France TV et Réels TV, vont-elles recruter Cyril Hanouna pour se reconnecter « avec le peuple » ?

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  • Le monde des médias du groupe Bolloré en émoi

    Le monde des médias du groupe Bolloré en émoi

    Les journalistes œuvrant dans les médias détenus par le groupe de l’homme d’affaires Bolloré s’émeuvent depuis plusieurs semaines de la « mort » annoncée de la chaîne C8 pour la fin du mois de février. Celle-ci émet sur la Télévision nationale terrestre (TNT) dont les fréquences sont attribuées gratuitement par l’Etat en échange du respect d’un cahier des charges. Les supporters de C8 se lamentent, toute la journée et sur tous les médias du groupe, sur le fait que l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) organisme administratif « sans aucune légitimité démocratique » a décidé de « tuer » la chaîne ce qui serait une atteinte à inqualifiable à la « liberté d‘expression ».

    En réalité, l’Arcom a décidé d’attribuer la fréquence de C8 à une autre chaîne, donc l’une va remplacer l’autre en une sorte d’alternance même s’il semble que la nouvelle chaîne soit encore à l’état de projet. La raison la plus probable de cette décision est que l’Etat tente de mettre fin à la bêtise crasse et au racolage affligeant auxquels se livre cette chaîne. En promouvant l’abrutissement des masses et la vulgarité toute la journée la chaîne Bolloré et son animateur vedette Cyril Hanouna n’ont pas respecté les obligations déontologiques incluses dans le cahier des charges qu’ils ont signé. Comme il est difficile de justifier ouvertement ce non-renouvellement pour des motifs liés au niveau affligeant de ses programmes, sous peine d’être accusé de « mépriser le peuple », bien qu’il suffise de regarder dix minutes de l’émission quotidienne d’Hanouna pour s’en convaincre assez facilement, l’Arcom argumente plus sur le manque de pluralisme que sur l’absence d’intelligence, c’est sans doute un peu moins subjectif.

    Lire aussi : Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    C8 pourrait poursuivre son activité en tant que chaîne payante à intégrer sur des bouquets satellites ou des box. Mais évidemment ce n’est plus la même histoire et la clientèle-cible est différente dans ce cas, bien moins nombreuse. On se souvient que la chaîne d’information en continue LCI appartenant au groupe Bouygues-TF1 avait menacé de fermer purement et simplement si on ne lui attribuait pas une fréquence gratuite. Ne pas payer l’accès aux téléspectateurs facilite évidemment la diffusion et l’atteinte de la rentabilité… A priori, les dirigeants de la chaîne annoncent qu’elle fermera et licenciera ses 400 employés. Cyril Hanouna, lui, devrait rebondir sur une autre chaîne. Les soutiens de C8 affichent bien entendu la perte de 400 emplois, sans préciser bien entendu que la chaîne qui la remplacera va créer des emplois. Ils prônent également la suppression de l’Arcom coupable d’atteinte à la « liberté d’expression » sans expliquer non plus par quel processus on la remplacera pour l’attribution de fréquences de la TNT, mise aux enchères, auquel cas elles ne seront plus gratuites, attribution directement pat l’administration, autre système ?

    L’Arcom a également décidé de transférer la fréquence dont bénéficie NRJ12 à une autre chaîne ce 28 février. Ce changement se fait avec beaucoup plus de discrétion. Sans doute NRJ12 ne peut pas s’appuyer sur un groupe aussi puissant et idéologique que celui contrôlant C8.

    Ainsi va la vie dans l’audiovisuel français, de nouveaux acteurs apparaissent, d’autres disparaissent, et l’Etat qui met gratuitement à disposition des chaînes de la TNT en nombre limité, exige en échange des engagements des bénéficiaires. Cela ne parait pas illégitime mais le type de contreparties demandées peut être modifié, ou pas. Il suffit de le décider, c’est l’Etat qui régule ces fréquences et c’est à lui de décider. Si le pouvoir change de mains en France les nouveaux venus pourront faire évoluer ce système, ou pas…

    Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

  • Les précieuses ridicules

    Les précieuses ridicules

    La récente réélection de Donald Trump comme président des Etats-Unis d’Amérique a permis de lever le voile sur l’un des grands secrets de ce pays : pourquoi M. Trump a le visage orange ? Parmi les nombreux « experts » qui ont hanté les plateaux télévisés français à l’occasion de cette élection, on a vu des dermatologues venir expliquer que l’impétrant utilise une crème auto-bronzante, probablement de façon excessive, qui provoque ce teint orange qui lui est désormais familier. Le résultat est original et on n’est pas bien sûr qu’il se rende compte de celui-ci. Ou alors il s’en satisfait !

    Après tout nous avons eu en France un président de la République, François Hollande (70 ans), qui se teignait, et se teint encore, les cheveux d’un noir corbeau tellement intense qu’ils en deviennent surnaturels. Il en va de même pour la maire de Paris Anne Hidalgo, 65 ans. Ces derniers jours la présidente de l’assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (54 ans) est apparue teinte en blonde fatale sur les plateaux médiatiques. Le personnel politique prend soin de son apparence, il ne serait pas inutile qu’il passe aussi du temps pour prendre soin de la politique.

    Le nouveau président Trump a annoncé qu’il allait dévoiler un autre secret, cette fois-ci plus fondamental pour les Etats-Unis que la couleur de ses cheveux : il doit déclassifier le dossier de l’assassinat en 1963 de son lointain prédécesseur John Fitzgerald Kennedy (JFK). Différentes hypothèses ont été avancées depuis cette tragédie : une action secrète de la CIA, une action de la mafia américaine, une action de Cubains anticastristes, entre autres.

    Le monde a appris la vérité sur la couleur du visage du président Trump, il va peut-être enfin apprendre qui a assassiné JFK.

  • Accélérons !

    Accélérons !

    A l’occasion d’une nouvelle catastrophe naturelle, des inondations en Ille-et-Vilaine les autorités annoncent qu’elles vont « accélérer » la signature du décret déclarant l’état de « catastrophe naturelle » qui permet le déblocage d’indemnisations exceptionnelles.

    Comme on chaque catastrophe, des ministres défilent devant les victimes et comme ils n’ont pas beaucoup d’armes à fourbir contre le déchainement de la nature ils « accélèrent » un décret. Cela ne peut pas faire de mal mais « l’accélération » devient la norme et il arrive un moment où, à force « d’accélérer », le décret va précéder la catastrophe…

    Le mieux est sans doute que l’administration et les ministres fassent leur boulot, conformément à ce que prévoit la loi, plutôt que cette communication inutile. 

  • Le wokisme jusqu’au Congo

    Le wokisme jusqu’au Congo

    On ne dit plus une soldatesque congolaise dépenaillée « a violé des femmes » dans sa déroute à l’Est du Congo mais on dit comme un porte-parole des affaires humanitaires de l’ONU cité par le journal Le Monde du 28/01/2025 que cette soldatesque est soupçonnée de « violences fondées sur le genre ».

  • LENOIR Frédéric, ‘L’Odyssée du sacré’.

    LENOIR Frédéric, ‘L’Odyssée du sacré’.

    Sortie : 2023, Chez : Editions Albin Michel.

    Frédéric Lenoir, philosophe français né en 1962, un peu mondain sur les bords, a beaucoup travaillé et vulgarisé le sujet de la religion. Il fut même directeur de la rédaction du magazine Le Monde des Religions entre 2004 et 2013. Avec cet ouvrage grand public, « L’Odyssée du sacré » il revient sur l’émergence chez l’homme du besoin de religion. On a identifié au paléolithique les traces des premiers rites funéraires (-350 000 ans avant notre ère), puis le néolithique voit apparaître le culte des anciens avec la sédentarisation progressive des humains et leur maîtrise de la nature. Ils en viennent à concevoir un pouvoir supérieur qui domine cette nature. Au IVe siècle avant JC, les Grecs inventent leur panthéon des Dieux de l’Olympe, et le clergé qui va avec.

    Le monothéisme caractérisé d’abord par le judaïsme est apparu et l’Homme a commencé à se pencher sur son bonheur, y compris post-mortem. La Genèse, premier chapitre de la Bible aurait été écrite vers le VIe siècle avant JC. Confucius, Lao Tseu, Bouddha et bien d’autres diffusent également leur spiritualité en Asie plusieurs siècles avant notre ère. Puis la mort de Jésus, le catholicisme, l’arrivée des différents courants de l’islam, le schisme entre catholicisme et orthodoxie, celui entre catholicisme et protestantisme.

    L’arrivée de la modernité puis du « siècle des lumières » dans l’Europe du XVIIIe siècle vient apporter un peu de raison et d’esprit critique dans des idéologies religieuses plus gouvernées par des fables que par la réalité scientifique. Aux XIXe et XXe siècles émerge la critique matérialiste essentiellement incarnée par le marxisme qui prône « l’athéisme philosophique », ou Freud qui défend l’idée que « toute idée d’un monde divin est une croyance superstitieuse ». Les philosophes du XXe s’ils peuvent mettre en doute l’existence d’un Dieu ne rejettent pas pour autant « l’expérience spirituelle », qui peut être athée comme religieuse.

    Ce parcours historique de la religion et de la spiritualité à travers les millénaires se termine sur l’émergence du transhumanisme de nos jours qui imagine l’homme bionique à l’intelligence boostée par les microprocesseurs et touchant à l’éternité.

    Cette présentation du fait religieux dans le temps est intéressante en ce qu’elle retrace ce besoin de croire en une puissance supérieure qui pourrait répondre à la question existentielle du sens de la vie de l’origine de l’Homme sur terre. Hélas, aucune religion ni philosophie n’a pu apporter une réponse rationnelle à création de la vie ou de l’univers. Frédéric Lenoir en convient et, avec un bon sens apaisant, recommande de se satisfaire de « Prendre le temps d’aimer, de nous émerveiller, de vivre. Expérimenter le sacré en contemplant la beauté du monde ou d’un visage. » et regarder la mort « comme faisant pleinement partie de la vie, et, pour certains, espérer qu’elle ne sera qu’un passage vers un nouvel état d’être et de conscience. »

    On ne saurait mieux dire !

  • L’abrutissement des masses

    L’abrutissement des masses

    On ne dit plus « influenceuses à forte poitrine et à neurones déliquescents » mais on dit désormais « créatrices de contenus ».

    C’est ainsi que le monde de Nabilla et de ses confrères est requalifié, sans doute pour cacher la bêtise abyssale dans laquelle ils entraînent le pays. Nabilla compte aujourd’hui 9,4 millions de « followers » sur son compte Instagram soit 14% de la population française, et elle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres mais un cas tellement représentatif de l’abrutissement considérable des masses auquel participent ces « créateurs ». Le plus inquiétant est la progression de leur audience.

    Lire aussi : Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Le cas de Nabilla est consternant par le nombre de ses suiveurs moins par son « contenu ». Elle se contente de faire des promotions commerciales de vernis à ongles et de parfum. Plus inquiétant, désormais tout le monde peut « influencer » sur ces réseaux dits « sociaux », divulguer des idéologies diverses, de Rima Hassan aux suprémacistes de tous bords, en passant par les terroristes religieux ou un président de la République française qui répond à des influenceurs sur TikTok. Et ces idéologues aux petits pieds sont quasiment certains de rencontrer un public.

    Aujourd’hui, plus grand monde ne lit la presse composée par des journalistes professionnels et les jeunes générations « s’informent » majoritairement via le monde de Nabilla. C’est une défaite de l’esprit mais ce sont ces générations qui vont désormais gouverner le monde. Peut-être vont-elles se satisfaire de ces nouveaux canaux et laisser décliner l’intelligence ? Ce sera leur choix et nous en supportons déjà collectivement les conséquences.

    Voir aussi : Un président qui boxe dans le vide

  • La gauche qui vote à droite

    La gauche qui vote à droite

    Dans un dîner en ville on débat du nouveau fractionnement de l’assemblée en trois tiers : un pour la gauche propalestinienne, un de centre droit et un de droite dure, ce qui fait, si l’on sait compter, deux tiers de droite et un tiers de gauche. Les convives progressistes ont une autre interprétation de cette réalité chiffrée : « les électeurs de la droite dure sont en fait des électeurs de gauche déçus par la gauche », d’où leur vote pour la droite de la droite. Contrairement aux apparences il y aurait en fait deux tiers de gauche et un tiers de droite.

    C’est une interprétation comme une autre, qui montre si besoin en était que la droite dure provoque toujours la même aversion de la population « de gauche » au point que celle-ci dénie même la réalité du vote des électeurs qui sont passés de la gauche à la droite. C’est en gros : « pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Alors on peut les compter comme électeurs de gauche, ils ont quand même voté à droite et il faudra bien qu’ils en assument la responsabilité même si l’époque tend de plus en plus à la déresponsabilisation générale.

  • Accidents d’avion en Corée du sud

    Accidents d’avion en Corée du sud

    Un accident d’avion fait 179 morts et 2 survivants aujourd’hui sur un aérodrome de province en Corée du sud. Unanime, la presse française qualifie de drame de « pire catastrophe aérienne de l’histoire du pays ».

    C’est oublier un peu vite le vol de la Korean Airlines n°007 reliant New York et Séoul le 01/09/1983 qui fut abattu par la chasse soviétique, faisant 269 morts, après s’être « égaré » au-dessus du territoire soviétique. Moscou accusât l’appareil de faire de l’espionnage. C’est seulement après la dissolution de l’URSS que Moscou rendit les « boîtes noires » de l’appareil dont le dépouillement conclut à une négligence des pilotes.

    269 étant supérieur à 179 on se demande pourquoi l’accident d’aujourd’hui est considéré comme le plus grave de l’histoire de la Corée du sud ? Et pourtant l’intelligence artificielle fait des miracles pour retrouver les archives. Celles de 1983 n’étant pas des plus anciennes, cette qualification est probablement le fait de la paresse intellectuelle de jeunes journalistes. A moins qu’ils ne jouent sur les mots, une « attaque de chasseur » n’étant pas à proprement parler un « accident ». ? Comme personne ne rappelle cette attaque dans la presse, on peut raisonnablement opter pour l’insuffisance des journalistes.

    Puisque nous somme dans les accidents d’avion coréens, rappelons l’attentat à la bombe dont fut victime un vol de la Korean Airlines en 1987. Deux agents nord-coréens avaient déposé une bombe en cabine et quitté l’avion avant l’explosion à une escale à Abu Dhabi. Il y avait eu 115 morts. Les agents nord-coréens avaient ensuite été identifié et arrêtés à Bahreïn, l’homme se suicidant lors de l’intervention de la police et la femme tentant également de se suicider mais échouant dans cette tentative. Elle fut récupérée par la Corée du sud, condamnée à mort puis graciée. Réalisant à Séoul que la situation de la Corée du sud n’était celle qu’on lui décrivait en Corée du nord elle a exprimé des remords et présenté des excuses. Elle vivrait toujours cachée et sous protection en Corée du sud, de peur de représailles que pourrait exercer la Corée du nord pour qui elle est une traitresse à la cause.

  • Le cumul des mandats, serpent de mer sans intérêt de la politique française

    Le cumul des mandats, serpent de mer sans intérêt de la politique française

    Le nouveau premier ministre, François Bayrou, à peine installé à l’hôtel de Matignon ressort une des vieilles lunes de la politique française : le cumul des mandats. Dans une France en voie de rabougrissement il n’est sans doute pas la première urgence de s’attaquer une nouvelle fois à ce serpent de mer qui voit s’affronter avec une régularité de métronome les arguments le plus souvent de mauvaise foi.

    M. Bayrou est maire de Pau et une simple question de bon sens amène à se demander comment il peut assumer à la fois ses fonctions de premier ministre et celle de premier édile d’une ville moyenne ? C’est juste impossible sans négliger l’un des postes, voir les deux.

    L’argument principal développé par les partisans de l’abandon de la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats est de garder une « présence de terrain » pour mieux comprendre les « problèmes des Français ». Cet argument ne résiste pas longtemps à l’analyse car la loi n’interdit pas tous les cumuls, elle ne fait que les limiter. Par exemple, un député français ne peut pas être également sénateur ou député européen. Il ne peut pas non plus exercer un mandat exécutif local, maire ou président de conseil départemental ou régional cependant il peut très bien rester simple conseiller municipal, départemental ou régional ce qui lui permet amplement de garder le « contact avec le terrain ». Par ailleurs, les députés ont généralement une permanence locale dans leur circonscription dans laquelle ils peuvent se rendre pour dialoguer « avec le terrain », ce qu’ils font d’ailleurs le plus souvent.

    Aujourd’hui un député peut donc garder un mandat local du moment qu’il ne soit pas « exécutif ». Il suffit de s’en servir. Laurent Wauquiez qui vient de se faire élire député le 07/072024 était président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a donc démissionné du poste de président mais il reste conseiller régional et siège aux assemblées de cette région ce qui lui permet sans aucun doute de continuer à recevoir les lamentations de ses électeurs en plus de celles qu’il partage en tant que député dans sa permanence électorale. On peut d’ailleurs imaginer qu’il continue d’influer sur la présidence de la région car le député-conseiller régional Wauquiez ayant probablement plus d’entregent que le conseiller général lambda…

    On espère que ce débat récurrent sur le cumul des mandats, qui a été réduit mais non point interdit, n’est pas influencé par le cumul des rémunérations et des retraites versées aux titulaires de ces mandats ou la promotion d’égos surdimensionnés…

    Lire aussi : L’escroquerie électorale perdure

  • Les médias français entre fébrilité et incompétence

    Les médias français entre fébrilité et incompétence

    Depuis la destitution du gouvernement « Barnier » du fait d’une motion de censure votée par la gauche propalestinienne alliée au Parti Socialiste et au Rassemblement National le 4 décembre, les médias bruissent de rumeurs sur le nom de son remplaçant potentiel. C’est d’ailleurs leur unique préoccupation, anticiper le nom du futur premier ministre. Depuis plusieurs jours le centriste François Bayrou semblait en bonne place pour le poste. Les journalistes qui ne savent pas attendre la décision pour la commenter vivaient dans une espèce de crise de fébrilité à grands coups d’éditions spéciales, de logos « Premier Ministre » et de trombinoscopes déroulant les bobines de ceux que les médias voyaient entrer à l’Hôtel de Matignon.

    Ce matin M. Bayrou a été invité à l’Elysée par le président de la République à 8h30. Il ne devait pas y avoir grand monde dans cette réunion, les deux impétrants et peut-être un ou deux conseillers. Comme la réunion a duré presque deux heures, les médias ont passé la matinée à essayer de percer le secret de l’oracle. Vers 10h, le consensus médiatique penchait pour une nomination de Bayrou, quasiment acquise, mais vers midi il a tourné casaque et annoncé que cette réunion avait été provoquée pour permettre au président d’annoncer à François Bayrou qu’il ne serait pas désigné premier ministre et qu’une place de numéro 2 du gouvernement lui avait été proposée comme lot de compensation.

    A 12h18 le journal Le Monde en ligne titre : « Au cours d’un échange tendu, François Bayrou a été informé par Emmanuel Macron qu’il ne serait pas nommé premier ministre, selon les informations du ‘Monde’ ». Las, à 12h44 Le même journal doit annoncer : « François Bayrou est nommé premier ministre, annonce l’Elysée dans un communiqué ». C’est la débandade médiatique, les journalistes ravalent leur chapeau et diffusent l’information officielle qui balaye leurs prévisions.

    On se demande comment même Le Monde tombe dans ce piège de la recherche du scoop au détriment de l’intelligence. Quel était le problème d’attendre le communiqué de l’Elysée pour commenter la décision ? Le journal a bien mentionné à 12h18 « selon [nos] informations »… eh bien vos informations étaient fausses, ou vous vous êtes faits manipulés Messieurs les journalistes ! Seul le président de la République a le pouvoir de nommer le premier-ministre, tant qu’il ne l’a pas fait il n’y a pas de premier ministre. Il l’a désigné à 12h44, il suffisait d’attendre 37mn pour commencer à commenter et être intelligent plutôt que racoleur. Ce n’est pas le choix qui a été fait par les médias.