Catégorie : Humeurs

  • La France face à l’aventure

    La France face à l’aventure

    Lors des dernières élections européennes du 9 juin les électeurs français, du moins ceux qui s’expriment dans les urnes, ont mis un pied dans la porte en donnant le leadership à la droite populiste. Ils comptent transformer l’essai lors des scrutins législatifs des 30 juin et 7 juillet des élections législatives provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale prononcée ce 9 juin au soir par le président de la République.

    La perspective d’une arrivée au pouvoir du parti Rassemblement National (RN, ex-Front National) n’étant plus à exclure, la France est fébrile. La gauche a bricolé rapidement une alliance électorale baptisée « Nouveau Front Populaire » (NFP) qui va de LFI d’inspiration trotskiste (son premier responsable, M. Mélanchon, est entré en politique via l’Organisation communiste internationale [OCI]), aux socialistes de la gauche-caviar, en passant par un Parti communiste longtemps stalinien. On a même vu récemment Dominique Strauss-Kahn (75 ans) et Lionnel Jospin (86 ans), des vieilles ganaches du Parti Socialiste (PS), sortir de leur retraite pour apporter leur soutien au NFP. Un programme a été conclu sur le papier insistant sur les obsessions habituelles de la gauche : faire payer les riches, augmenter les salaires des autres, revenir à la retraite à 60 ans et reconnaître l’Etat de Palestine.

    Une seule priorité pour le gouvernement du Nouveau Front Populaire dès son installation : répondre aux urgences qui abîment la vie et la confiance du peuple français. Nous en finirons avec la brutalisation et la maltraitance des années Macron. Nous adopterons immédiatement 20 actes de rupture pour répondre à l’urgence sociale, au défi climatique, à la réparation des services publics, à un chemin d’apaisement en France et dans le monde. Pour que la vie change dès l’été 2024.

    Programme NFP « Contrat de législature »

    A l’autre bout de l’échiquier politique, la droite populiste RN alliée avec quelques membres de Les Républicains (LR) propose ses objectifs usuels : mettre fin à la « submersion migratoire », baisser les prix de l’énergie pour tout le monde et endiguer « le laxisme judiciaire » pour faire baisser délinquance et criminalité dans le pays.

    Dès ma nomination comme Premier ministre, j’apporterai des réponses concrètes aux préoccupations de nos concitoyens en matière de qualité de vie, de sécurité et d’immigration.

    Programme 2024-06 « Bardella premier ministre

    Cette droite a plus de mal à cacher ses origines extrêmes, que Jean-Luc Mélanchon ses origines trotskystes, car elles sont plus récentes et pas encore passées complètement aux oubliettes de l’histoire, pour ceux qui la suivent. Le patriarche Le Pen qui assumait ses blagues antisémites graveleuses et son révisionnisme est encore vivant, même sous tutelle, alors que Lambert ou Benny Lévy sont morts et enterrés depuis longtemps et que l’assassinat de Trotski par les tueurs communistes de Staline, ou le déchaînement de barbarie de l’armée rouge créée par Trotski durant la guerre civile russe au début du XXe siècle sont oubliés depuis très longtemps. Le peuple a la mémoire courte, c’est d’ailleurs une de ses caractéristiques principales.

    Au centre, le parti présidentiel qui a réussi à se mettre beaucoup de monde à dos, semble un peu dépassé par les évènements pourtant provoqués par son inspirateur. Ce mouvement et les LR se sont tellement haïs depuis quelques années, alors que leurs programmes étaient largement compatibles pour peu qu’ils mettent leurs égos sous le tapis de l’intérêt de la France, qu’ils n’arrivent pas à faire programme commun et laissent les populistes cavaler en tête.

    Pour le « peuple de gauche », largement soutenu par le monde intellectuel et artistique, l’horreur serait l’arrivée du FN au pouvoir. Pour « le peuple conservateur », l’abomination serait une majorité large ou absolue gagnée par le NFP. « Entre la peste et le choléra »… Alors ces formations politiques rivalisent d’assauts verbaux sur leurs stratégies électorales respectives : qui se désistera pour « faire barrage à… », qui donnera des consignes de vote pour empêcher « la catastrophe », etc. ? En réalité ces tactiques relèvent d’un autre âge désormais. Il est assez peu probable que les électeurs suivent aujourd’hui des consignes de vote qui seraient contraires à leurs propres convictions. Ils risquent même d’être agacés par d’éventuels désistements pour « faire barrage à… » qui reviennent à vouloir leur forcer la main pour voter dans un sens décidé par les appareils politiques mais pas par forcément par eux-mêmes.

    En cas de choix manichéen à faire entre « la peste ou le choléra » le mieux est de laisser choisir l’électeur par lui-même ce qui encore la meilleure solution pour qu’il assume ensuite la responsabilité de son vote. Et pour ceux qui ne veulent pas choisir les extrêmes il reste toujours le vote blanc. L’avenir sera ce qui se décidera dans les urnes. Les plus optimistes considèrent que les institutions de la République résisteront à la tempête le cas échéant et offriront aux électeurs la possibilité de revenir en arrière s’ils le veulent. Les pessimistes craignent le contraire. Ce qui semble sûr c’est que sauter sur son canapé en criant « tout sauf le RN, tout sauf le RN, tout sauf le RN !!! », ou accumuler des tribunes dans le journal Le Monde ne sert plus à grand-chose au point où nous en sommes. Pour calmer ses angoisses sur l’avenir politique du pays il faut voter et, éventuellement, militer si l’on souhaite inverser un résultat « non satisfaisant » pour la prochaine fois.

  • Le chaos politique de la dissolution sera-t-il salvateur ?

    Le chaos politique de la dissolution sera-t-il salvateur ?

    La décision présidentielle prise dimanche dernier de dissoudre l’assemblée nationale à la suite du score de plus de 35% de la droite dure (le terme extrême-droite est devenu politiquement incorrect) a semé en France un chaos politique de première catégorie dont seuls les plus optimistes espèrent un sursaut salvateur. Il faut dire que c’est un peu l’objet de cette mesure constitutionnelle de la dissolution : secouer le cocotier et remettre les électeurs en mesure d’exprimer leurs choix électoraux partant du constat, réaliste en l’espèce, qu’ils ont perdu confiance dans le régime en place.

    Techniquement la France est à l’arrêt pour six mois. L’assemblée nationale est fermée jusqu’au 8 juillet, tous les projets et propositions de loi qui étaient en discussion parlementaires sont gelés (les lois sur la fin de vie, sur l’audiovisuel public, sur le financement des industries de défense… notamment). L’organisation des jeux olympiques et paralympiques Paris-2024 qui doivent se dérouler du 24 juillet au 8 septembre le seront dans un pays en plein psychodrame politique, gage d’une efficacité qui va être plus difficile à garantir. L’arrivée de la discussion budgétaire en septembre prochain, alors que les finances publiques sont hors de contrôle, va immanquablement être perturbée par cette dissolution, sauf dans le cas improbable où le camp présidentiel récupèrerait une majorité absolue à l’issue de ce scrutin imprévu. Sans parler du coût pour les contribuables qui vont devoir financer campagne et élection.

    Les membres du parti Les Républicains s’entre-déchirent entre leur président, Éric Ciotti, qui veut se rapprocher du Rassemblement National quand les vieilles ganaches du parti excluent un tel rapprochement au nom de « leurs valeurs ». La « destitution » contestée du président Ciotti a créé un imbroglio juridique digne de celui apparu en 2012 entre MM. Copé et Fillon. Toutes les tendances de la gauche sont en train de tenter de se réunir sous une bannière commune nouvellement intitulée « Front Populaire » dont les futures réunions risquent d’être animées tant certains sujets sont conflictuels entre les participants, de LFI au PS en passant par la NPA…

    Quelles que soient les convictions politiques de chacun, on peut raisonnablement constater quà ce jour les haines des différentes parties de la gauche ne les empêchent pas de se former une union, au moins de façade, qui sera sans doute aussi éphémère que celle de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale ), pour présenter des candidatures communes alors que la droite n’arrive pas à dominer ses propres haines internes. Il peut couler encore beaucoup d’eau sous les ponts d’ici le premier tour des élections dans deux semaines.

    Le bal des traîtres a par ailleurs été relancé. Marion Maréchal qui avait quitté le Rassemblement National pour rejoindre le parti d’Éric Zemmour en 2022 est en train de faire le trajet inverse. Zemmour, son président, la qualifie de « traître ».

    Xavier Bertrand qui avait quitté Les Républicains pour faire cavalier seul à l’élection présidentielle de 2017, avant de réintégrer piteusement ce parti pour participer à sa primaire désignant son candidat pour la présidentielle 2023 ; Rachida Dati qui a été exclue de LR en 2024 pour intégrer le gouvernement Attal ; ces deux personnages se retrouvent pour abominer Ciotti le traitant également de « traître ». L’hôpital qui se moque de la charité…

    Cette dissolution peut potentiellement amener une cohabitation entre le président Macron et un premier-ministre de droite dure, Jordan Bardella est déjà dans les starting-blocks, ou de gauche où les candidats sont nombreux : Jean-Luc Mélanchon, François Ruffin notamment qui n’ont pas brillé jusqu’ici par leur modération. Autre hypothèse, la France n’élit pas de majorité absolue et elle reste difficilement gouvernable, dernier cas, comme après la dissolution prononcée par MonGénéral en 1968, un raz de marée de la majorité présidentielle entre à l’assemblée et le problème est réglé pour quelques temps.

    Quoi qu’il en soit, ce sera le choix des électeurs qui, en principe, devrait être respecté. Le président Macron a voulu « clarifier » la situation politique française. Le résultat est incertain, pas sûr que ses nuits soient très paisibles d’ici le 7 juillet…

  • Des journalistes aux petits pieds

    Des journalistes aux petits pieds

    Natacha Polony qui tient une place de choix dans le bal des pleureuses de la corporation journalistique, critiquant tout et son contraire, en permanence et à tout bout de champ, dans la politique suivie par l’Etat est une nouvelle fois prise en flagrant délit caractérisé de mauvaise foi. Elle appelle depuis des mois à « redonner la parole au Peuple » via des élections et, ce soir, alors que le président de la République annonce la dissolution de l’assemblée nationale, elle critique cette décision comme « contraire à l’esprit de la constitution de la Ve République » et déclenchée par la volonté du président de manipuler les partis politiques en semant le chaos en leur sein.

    Même ses collègues plumitifs lui ont fait remarquer ce soudain et fort peu compréhensible retournement de veste ce soir sur les plateaux télévisés tant il est flagrant. Mme. Polony, sous son joli minois, a l’habitude de noyer ses interlocuteurs sous un déluge de mots. Ses raisonnements sont souvent alambiqués, pour masquer leur légèreté. Ses critiques à l’encontre du pouvoir en place sont permanentes et un peu désespérantes tant elles sont récurrentes. Rien ne satisfait cette journaliste dont le fonds de commerce repose sur l’accusation systématique.

    Dans l’hebdomadaire Marianne dont elle est directrice de la publication elle a titré hier soir :

    Pas la moindre cohérence autre que tacticienne à la dissolution annoncée par Macron.

    Natacha Polony (Marianne du 10/06/2024)

    La dissolution, elle était pour mais du moment qu’elle a été décidée par le président Macron c’était donc une mauvaise décision. Après avoir usé le plateau télévisé de BFM dimanche soir en agitant son moulin à paroles une bonne partie de la soirée, elle s’est précipitée sur son ordinateur pour continuer sa logorrhée anti-Macron dans un article publié en ligne ce lundi. Il serait profitable pour les gens qui la lisent ou l’écoutent qu’elle réfléchisse un peu entre ses phrases pour afficher un peu plus de cohérence ce qui lui redonnerait de la crédibilité. En sera-t-elle capable ? Pour le moment, sa place de directeur de Marianne est potentiellement remise en jeu par suite du rachat de ce journal par un investisseur français, Pierre-Edouard Stérin, fervent catholique, qui ne serait sans doute pas opposé à accentuer encore la critique contre la majorité présidentielle.

    Rappelons que Mme. Polony bénéficie, comme tous les journalistes, d’une niche fiscale offrant une déduction de 7 650 EUR de ses revenus qui n’a plus vraiment de légitimité aujourd’hui. Elle reste malgré tout en vigueur et devrait pousser Natacha Polony à un peu de modestie lorsqu’elle critique la politique budgétaire de l’Etat.

    Natacha Polony est, hélas, assez représentative d’une profession journalistique qui a trop souvent remplacé l’analyse par le verbiage, et qui porte aussi une part de responsabilité dans le chaos politique actuel.

  • Fin de vie : « c’est pas à nous d’faire ça ! »

    Fin de vie : « c’est pas à nous d’faire ça ! »

    Les débats parlementaires ont débuté les discussions sur le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie. Le thème est sensible en ce qu’il agite les convictions profondes des uns et des autres, auxquelles se mêlent éventuellement leurs croyances religieuses ou leur foi en la laïcité. Bien sûr nous somme en France, alors les petites querelles politiciennes ne sont jamais loin. Des réflexions profondes et respectables sont partagées dans les médias. Des membres du personnel soignant, des philosophes, des malades, des chercheurs font part, le plus souvent avec beaucoup de tact et de modération, de leurs positions sur des sujets aussi vertigineux que : faut-il autoriser un patient à mettre fin à ses jours ? Pour quelles pathologies, à quel stade de celles-ci ? Faut-il inclure les maladies mentales ? Si le patient exprime sa volonté de mourir mais n’est plus en mesure de se « suicider », faut-il autoriser quelqu’un de son entourage à administrer le produit qui va donner la mort ? Ou imposer ce geste au personnel soignant ? Faut-il s’arrêter au « suicide assisté », aller jusqu’à l’euthanasie ? Bref, on est au cœur d’une véritable modification du statut donné jusqu’ici à la vie dans nos sociétés occidentales depuis des siècles et il n’est pas facile de trouver une voie satisfaisante pour tous.

    Alors chacun y va généralement de son exemple personnel sur un cas tragique de son entourage pour en tirer des conclusions souvent diamétralement opposées sur la façon souhaitable de le traiter le cadre général de la loi. Les références à l’expérience des pays européens qui sont allés vers l’euthanasie donnent aussi souvent lieu à des interprétations contradictoires

    Dans un très intéressant podcast en quatre épisodes de l’émission « Lsd – la série documentaire », intitulé « Des vivants jusqu’à la mort » l’émission interroge les acteurs de ces questions, y compris les malades et leurs familles, et l’on entend s’exprimer avec intelligence des positions qui semblent irréconciliables.

    Ecouter aussi :

    La fille d’un patient explique comment elle a pu se procurer illégalement un produit létal via une association proactive en la matière et l’a administré elle-même à son père, pour respecter sa volonté. On imagine aisément le traumatisme engendré par ce geste sur les survivants. Dans un cri du cœur cette femme dit : « c’est pas à nous d’faire ça ! ». C’est bien là tout le problème, qui « doit faire ça » ? Réflexe bien français même en ces circonstances dramatiques, le citoyen répond : « l’Etat [ou ses représentants] doit le faire ». Facile…

    Le corps médical est partagé, certains soignants expliquent qu’ils se voient mal effectuer le geste léthal, d’autres y sont favorables. Beaucoup s’expriment pour dire que la loi dite « Leonetti – Claeys » (du 02/02/2016) actuellement en vigueur est un cadre juridique satisfaisant pour appréhender la fin de vie des malades. Elle prévoit la mise en sédation profonde jusqu’à la mort du patient.

    Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d’état d’exprimer sa volonté, à l’issue d’une procédure collégiale définie par voie réglementaire.

    Article 2

    La sédation profonde et continue associée à une analgésie prévue au présent article est mise en œuvre selon la procédure collégiale définie par voie réglementaire qui permet à l’équipe soignante de vérifier préalablement que les conditions d’application prévues aux alinéas précédents sont remplies.

    Article 3

    Avant cette loi, chacun admet que le corps médical prenait parfois les décisions qui s’imposaient dans le secret de réunions collégiales pour abréger les souffrances intolérables et sans espoir de certains patients. Cela se faisait sans cadre légal, ce qui n’était plus en accord avec la judiciarisation de notre société. MM. Claes et Leonetti avaient initié la réflexion sur le vote d’une loi pour encadrer la pratique, mais sans aller jusqu’à légaliser le suicide assisté ou à l’euthanasie comme envisagés dans la présente loi. Les allers-retours en cours entre sénat et assemblée nationale montrent qu’une presque-majorité cherche à assouplir le projet de loi pour élargir le plus possible l’accès à cette fin de vie assistée ou provoquée. La loi finalisée devrait être votée d’ici à l’été. La majorité des citoyens affirment dans les sondages qu’ils sont en faveur de l’accès au suicide assisté voire à l’euthanasie mais ils ne précisent pas s’ils sont prêts à pratiquer le geste léthal eux-mêmes ou s’ils entendent le « déléguer » à d’autres…

    D’ores et déjà ce projet de loi réactive l’éternel conflit entre Intérêts particuliers et intérêt général, ce dernier étant bien délicat à définir de façon unanime en la matière

  • Le pardon de Saint-Yves à Tréguier

    Le pardon de Saint-Yves à Tréguier

    Saint Yves (Erwan en breton) est le saint catholique breton par excellence, patron des hommes de loi, défenseur des pauvres et des orphelins. Il est né et mort à Minihy-Tréguier (1253-1303), commune contiguë à Tréguier, et enterré dans la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier. Tous les ans un grand pardon y est organisé qui réunit de nombreux Bretons et des représentants des avocats, des magistrats, des juristes qui défilent dans le froufrou de leurs robes noires ou rouges.

    Puisqu’aujourd’hui, c’est votre pardon, saint Yves béni
    Priez pour vos compatriotes, priez pour les Bretons.
    Aujourd’hui les vrais Bretons, vous prient de bon cœur
    Donnez-leur, monsieur Saint Yves, donnez-leur à tous ce qu’ils désirent.

    Aujourd’hui, une grand-messe est célébrée par l’évêque auxiliaire de Rennes dans la cathédrale, avec grandes orgues et bombarde. Dans une aile du cœur s’entassent les voiturettes des personnes à mobilité réduite. Le reste de l’église est bondé, les retardataires suivront la cérémonie de l’extérieur. Quelques drapeaux bretons dépassent de la foule. A l’issue de la messe, la procession se met en route derrière les bannières de toutes les paroisses des alentours et les reliques du saint (son crâne notamment) dans un coffret de verre porté sur un brancard entre quatre drapeaux blancs à croix rouge, les drapeaux de procession qu’il y a dans toutes les paroisses. Sur le chemin les maisons et les haies sont parsemées d’arums et de genets, la foule avance doucement en murmurant des invocations religieuses et des chants bretons.

    Saint Yves, notre père.
    Saint Yves, notre père.
    Toi que nous implorons,
    Reçois notre prière
    Et bénis les Bretons.

    Arrivé à l’église Saint-Yves de Minihy, la relique entre dans la nef pour une courte cérémonie avant d’en ressortir et d’être respectueusement saluée par les bannières qui s’inclinent trois fois devant son passage. Le retour est toujours joyeux et se termine au son des binious dans Saint-Tugdual où les reliques sont replacées sur leur piédestal.

    Ferveur, tradition et émotion ; et un peu de communautarisme breton, font le sel de cette belle célébration qui remporte toujours un franc succès populaire.

    Voir aussi

  • Triste situation

    Triste situation

    On ne dit plus « un handicapé » mais « une personne en situation de handicap ».

  • Une tranche de vie sur la ligne de bus 62

    Une tranche de vie sur la ligne de bus 62

    Vendredi 3 mai, il est 11h dans le XIVe arrondissement, station Tombe-Issoire de la ligne de bus 62, non loin des allées ombragées du parc Montsouris, direction Porte de Saint Cloud et le XVIe. Il fait beau, l’ambiance de cette mi-journée est plutôt guillerette. Une petite foule tranquille monte dans le véhicule.

    A la station Convention dans le XVe une femme d’un certain âge, appelons là Simone, appuyée sur deux cannes, d’un tour de taille plutôt ample et traînant un lourd caddy, demande bruyamment de l’aide pour monter son chariot dans le bus, aide qui lui est bien volontiers octroyée par des gens debout sur la plateforme. A peine les pieds posés dans le bus, se tournant vers un jeune homme d’origine asiatique, avachi sur un siège, appelons-le Kevin, elle exige toujours aussi bruyamment qu’il lui cède sa place assise. Sous sa capuche jaune Kevin lui répond qu’il est atteint d’une scoliose et ne peut pas lui laisser sa place. Sur la plateforme les gens maugréent devant ce manque d’éducation.

    Simone se tourne alors vers l’autre côté du couloir et avant même qu’elle ait pu agresser un autre passager pour exiger son dû, une femme « racialisée » en boubou multicolore, appelons-la Fatoumata, se lève pour lui céder sa place. Entre temps, celle à côté de Kevin se libère et Fatoumata s’y assied. Simone a installé son volumineux caddy dans le couloir et la place côté fenêtre est restée libre. Pendant une bonne partie du reste du trajet elle bloque le couloir avec ses courses et interdit l’accès à la place libre à côté d’elle au motif qu’elle ne peut pas bouger.

    Fatoumata entre temps a branché ses écouteurs et converse très fort avec un interlocuteur dans une langue probablement d’origine africaine. Simone a démarré une partie de Pac-Man sur son téléphone. Lorsque Kevin se lève pour descendre à une station, il ne paraît pas particulièrement handicapé par sa scoliose et Simone commente bien fort « qu’il paraît plus handicapé de la tête que des jambes »… Elle est largement approuvée par les passagers debout qui maugréaient tout à l’heure.

    Trois stations plus loin, nous sommes dans le XVIe, une passagère monte dans le bus, appelons-là Bérangère. Elle est manifestement du quartier si l’on en juge par les visites régulières qu’elle fait à son chirurgien esthétique qui a beaucoup travaillé sur son visage, pour un résultat plus proche d’ailleurs de la tête Michaël Jackson à la fin de sa vie que de celle d’Adriana Karembeu. Bérangère se retrouve coincée devant le caddy de Simone qui bloque l’accès au couloir. Très naturellement elle se tourne vers Fatoumata pour lui demander de pouvoir passer alors qu’il s’agit du chariot de Simone. Fatoumata interrompt sa conversation en wolof et s’énerve devant ce comportement raciste de Bérangère qui présuppose que l’origine « racialisée » de Fatoumata en fait la responsable évidente de cette obstruction. Bérangère en prend pour son grade et tout le bus suit le débat. Un généreux passager debout sur la plateforme propose alors de déplacer le caddy à côté de lui, ainsi Bérangère, le nez pincé autant par son chirurgien que par la colère devant cet esclandre, peut aller s’assoir juste derrière Simone.

    L’histoire se termine à la station Pont Mirabeau dans le XVIe et la morale en est plutôt triste devant cette population nombriliste et mal élevée, habitant entre le XIVe et le XVIe, sans doute pas les quartiers les plus défavorisés de la capitale, et qui ne sait s’exprimer que de façon agressive et courroucée, méprisante et guindée. Des citoyens abrutis par la publicité envahissante, les matchs de fouteballe, les émissions de Cyril Hanouna et les informations de Pascal Praud et dont les synapses se déconnectent progressivement, laissant leurs neurones sans plus de communication entre eux. C’est une énième manifestation de la perte de toute notion de l’intérêt général au profit de misérables petits tas d’intérêts particuliers. Le résultat n’est vraiment pas brillant et il n’est pas facile de garder le moral devant une telle déchéance.

  • Nestlé et le blackface

    Nestlé et le blackface

    Les capsules Nespresso de couleur marron sont composées de café d’origine africaine, celles rouge-orangé sont faîtes avec du café d’Amérique latine. Pas sûr qu’une telle convention de couleurs plaise aux décolonialistes… Ne pourrait-elle rentrer dans ce qui est dénommé le blackface, ou « grimage en noir », synonyme pour les défenseurs des théories wokistes de racisme antinoir ?

    Cet industriel helvétique ayant déjà des comptes à rendre en ce moment sur la toxicité de certains de ses produits ménagers et eaux minérales, il est étonnant que le fabricant Nestlé n’ait pas encore été attaqué sur le sujet du blackface de ses capsules de café !

  • Un président qui boxe dans le vide

    Un président qui boxe dans le vide

    La photographe « officielle » du président de la République a publié une photo de celui-ci sur son compte Instagram (https://www.instagram.com/soazigdelamoissonniere/). On peut imaginer qu’elle l’a fait avec l’accord de l’impétrant qui avait lui-même publié une vidéo de sa pomme avec ses gants de boxe autour du cou pour inciter les citoyens à faire au moins 30 minutes de sport journalier et leur vanter les mérites des jeux olympiques qui s’annoncent en France cet été, tout particulièrement à Paris.

    Qu’un président pratique la boxe est une information de peu d’intérêt pour la République et ses citoyens, mais si cette activité lui permet de mieux gérer le stress généré par la fonction qu’il occupe, grand bien lui fasse. On espère juste que ces séances n’empiètent pas trop sur le temps qu’il doit consacrer au travail pour lequel il est payé par le contribuable. Cependant qu’il perde du temps à se faire photographier et, comble, à publier le résultat de ces séances sur les réseaux dits « sociaux » est pour le moins affligeant. N’a-t-il rien de mieux à faire en ces temps de crise ?

    Outre le nombrilisme inapproprié que dénote ce comportement, celui-ci illustre métaphoriquement la situation actuelle du président Macron. Il boxe dans le vide, celui d’une majorité absolue perdue au parlement, celui de la perte de contrôle sur les finances publiques, celui de grandes déclarations laissant froids les partenaires du pays, celui d’un mandat qui sera forcément le dernier. On lui souhaite de n’être pas mis KO, mais dans le combat qu’il mène ce ne sont pas les muscles qui permettent la victoire. Et si par malheur le président français était étendu sur le ring par les éléments contraires on lui dédie ces mots de Claude Nougaro.

    La joue sur le tapis, j’aperçois les chaussettes
    De l’arbitre là haut
    4… 5… 6… 7…
    Enfant je m’endormais sur des K. O. de rêve
    Et c’est moi qu’on soutient
    Et c’est moi qu’on soulève

    Quatre boules de cuir
  • L’islamisme continue de fasciner une partie de la jeunesse

    L’islamisme continue de fasciner une partie de la jeunesse

    Les espaces numériques de travail sont définis sur le site web de de l’éducation nationale :

    Un espace numérique de travail (ENT) désigne un ensemble intégré de services numériques choisis et mis à disposition de tous les acteurs de la communauté éducative d’une ou plusieurs écoles ou d’un ou plusieurs établissements scolaires dans un cadre de confiance défini par un schéma directeur des ENT et par ses annexes.

    Il constitue un point d’entrée unifié permettant à l’utilisateur d’accéder, selon son profil et son niveau d’habilitation, à ses services et contenus numériques. Il offre un lieu d’échange et de collaboration entre ses usagers, et avec d’autres communautés en relation avec l’école ou l’établissement.

    https://eduscol.education.fr/1050/espaces-numeriques-de-travail

    Les ENT offrent, notamment, un service de courriel ouvert à tous les utilisateurs, y compris les élèves. C’est par le biais de ces boîtes email que des établissements ont fait l’objet de cyberattaques ces derniers jours. Des élèves ont reçu des courriels contenant des menaces de faire exploser leurs établissements, certains messages étant accompagnés de vidéos de décapitation. Jusqu’ici il s’est agi de « canulards ». Charmant !

    Différentes personnes ont été arrêtées et soupçonnées d’être à l’origine de certains de ces « canulards », dont un adolescent de 17 ans déjà mis en examen et placé en détention provisoire. La presse précise que ce garçon est français mais n’indique pas sa religion. Il aurait reconnu une partie des faits. On se demande ce qui peut bien passer par la tête d’un adolescent pour diffuser des vidéos de décapitation à ses camarades et rêver de mettre des bombes dans leurs salles de classes ? C’est probablement un drame de la bêtise de la part de gamins abrutis par la publicité envahissant tous les médias, les matchs de fouteballe et les émissions de Cyrille Hanouna. Cela relèverait dans ce cas du chahut lycéen avec fort peu de subtilité mais reste néanmoins pénalement puni par la loi, comme vont le constater les mis en examen si la justice confirme leur culpabilité.

    Mais pour d’autres il s’agit d’actes véritablement dirigés par leur embrigadement religieux même si les auteurs de ces menaces récentes ne semblent pas être en mesure de les mettre en œuvre, pour cette fois-ci. Le danger est le risque de passage à l’acte. Le récent assassinat du professeur de français Dominique Bernard à Arras en octobre 2023 est là pour montrer ce que cette idéologie islamiste peut déclencher dans l’esprit perturbé d’un apprenti terroriste.

    Nous en sommes là, une partie de la jeunesse française, ou étrangère mais vivant en France, adhère à l’islamisme et à ses théories violentes, et est prête à les mettre en œuvre. Encore plus pernicieux, bien que moins dangereux, des potaches s’emparent des messages religieux pour « s’amuser » à faire peur. Face à cette situation inextricable et dangereuse, la classe médiatique et politique s’égosille en réclamant des « mesures fortes » et un « changement de logiciel » mais sans proposer le moindre début d’idées réalisables. La loi a été considérablement renforcée pour lutter contre ce phénomène mortifère, qu’il s’agisse d’actes ou de menaces, tangentant les limites de l’Etat de droit démocratique. Mais nécessité fait loi et elle est appliquée. Au-delà de la répression, la question à laquelle personne ne sait répondre est comment extirper du cerveau de ces personnes leur certitude religieuses et leur volonté farouche de vouloir nuire à leur pays et ses citoyens en détruisant et en tuant ? Comment les persuader qu’il y a mieux à faire dans un cadre laïque et démocratique ? C’est l’un des défis de notre temps.

  • Querelle de mots dans un monde idéologique

    Querelle de mots dans un monde idéologique

    Le milieu politico-médiatique français se complaît dans une guérilla sémantique alors que la guerre fait rage au Proche-Orient. Le sujet du débat est de savoir comment qualifier les actions du mouvement palestinien Hamas et la campagne militaire en réaction d’Israël. Les propalestiniens parlent « d’acte de résistance » du Hamas et de « génocide » d’Israël. Les pro-Israël qualifient de « terrorisme » l’action du premier et de « droit de se défendre » pour le second. Et cela fait 70 ans que ça dure…

    Cette appréciation différenciée se constate en France entre l’extrême gauche et les partis de gouvernement, mais aussi à l’étranger. Aux Etats-Unis notamment, des intellectuels comme Judith Butler réassaisonne à la sauce « woke » ce conflit qui dure depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948.Les plateaux télévisés franchouillards adorent ce type de querelles de mots qui évitent de devoir réfléchir sur le fond.

    Vouloir convaincre un propalestinien que le Hamas est un groupe terroriste ou un pro-israélien que Tsahal commet des crimes de guerre, c’est comme de vouloir convaincre un trotskiste que Staline était un travailleur humanitaire. C’est inutile et, surtout, c’est peine perdue. Alors à quoi sert de vouloir forcer son adversaire politique à prononcer des qualificatifs qu’il réprouve ? A rien, sinon à animer des polémiques de plateaux télévisés. Il s’agit d’idéologies, les critères d’appréciation des uns sont différents de ceux des autres et les idéologues n’en changent pas. Les citoyens sont assez grands pour se faire leur opinion sans avoir besoin de guides spirituels. Les positions sont sur la table de façon assez claire, les électeurs en jugeront au moment de mettre un bulletin dans l’urne.

    Lire aussi : L’extrême gauche française est extrême

  • Mauvaise foi et langue de bois : des finances publiques à la dérive

    Mauvaise foi et langue de bois : des finances publiques à la dérive

    Avec une mauvaise foi impressionnante et une langue de bois en chêne massif, le monde polico-médiatique semble découvrir avec stupéfaction que la République Française dépense beaucoup plus de sous qu’elle n’en gagne et a dû accroître sa dette pour financer les déficits. Il semble que le déficit du budget de l’Etat en 2023 sera largement supérieur à la prévision qui était déjà pourtant de 4,9% du produit intérieur brut. Le chiffre officiel sera connu la semaine prochaine.

    Ces derniers mois on a vu le gouvernement éteindre les crises successives en déversant des tombereaux d’argent sur les incendies pour les circonscrire : la « ruralité », l’armée, l’enseignement, les policiers, les transports publics, les retraités, les entreprises en difficulté…, sans parler de la gabegie des jeux olympiques organisés à Paris à l’été 2024 qui succèdent à la coupe du monde de rugby en France de 2023. Mais où croit-on que se trouve l’argent ?

    En réalité il est prélevé dans la poche des contribuables, qui n’y suffit pas, et emprunté sur les marchés financiers pour le complément. C’est ainsi que la République française a vu son endettement dépasser le plafond symbolique des 3 milliards d’euros. A chaque déplacement d’un ministre, celui-ci n’existe qu’en annonçant une nouvelle enveloppe de dépenses en faveur de la corporation qu’il visite. Jamais il n’est annoncé en même temps quelle autre dépense sera réduite pour compenser. Non, on dépense, c’est plus simple. On ne sait même plus ce que signifient ces enveloppes supplémentaires qui s’accumulent : seront-elles bien délivrées et dans quelles conditions ? A peine sont-elles annoncées que les bénéficiaires les empochent tout en se plaignant immédiatement qu’elles sont notoirement insuffisantes pour résoudre leurs difficultés. Les journalistes, souvent très limités dans leur capacité d’analyse économique, sont également prompts à critiquer l’Etat au sujet de ses dépenses, oubliant qu’ils bénéficient d’une niche fiscale spécifique à leur profession leur permettant de déduire des charges, avantage non offert aux autres citoyens, participant également aux déficits publics.

    La hausse des taux d’intérêt depuis deux ans a déjà considérablement alourdi les charges financières payées par les contribuables aux prêteurs. C’est maintenant le niveau de la dette qui pose un problème. Et on semble le découvrir… Les décideurs devraient lire plus régulièrement nos chroniques économiques.

    Il est à craindre qu’il ne faille réduire les dépenses publiques, et de façon assez considérable !

  • M. Hanouna sur C8 : une bêtise affligeante doublée d’une insolence vulgaire

    M. Hanouna sur C8 : une bêtise affligeante doublée d’une insolence vulgaire

    Le Parlement français reçoit en ce moment à la queue-leu-leu les dirigeants de chaînes télévisées bénéficiaires d’une attribution gratuite de fréquence de la Télévision numérique terrestre (TNT) par l’Etat pour mesurer leur respect des engagements pris lors de l’attribution des fréquences et, donc, de l’opportunité de les renouveler à l’échéance. Les chaînes du groupe Bolloré (CNEWS et C8) sont bien entendu placées en tête de gondole compte tenu de leur niveau particulièrement affligeant, tant au niveau de l’information que de celui du divertissement. C8 et son animateur vedette ont d’ailleurs été condamnés à payer nombre d’amendes infligées par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour leurs dérives.

    Les patrons et propriétaires de chaînes ont défilé la main sur le cœur pour jurer leurs grands dieux que jamais ils n’intervenaient sur la « ligne éditoriale » de leurs médias. Les membres de la commission parlementaire ont dû avoir du mal à retenir leur hilarité. Dont acte.

    Vincent Bolloré, qui n’est plus que « conseiller » de son fiston à la présidence de Vivendi qui détient ces chaînes TNT ainsi que, notamment, CANAL+, est passé à la moulinette parlementaire le 13 mars. Elégant, costume gris foncé avec gilet déboutonné, boutons de manchette, cravate gris clair à pois, calme et posé, il commence par rappeler le passé de sa famille « riche, célèbre, bretonne et catholique », célèbre car deux de ses parents qui faisaient partie des troupes françaises qui ont participé au débarquement de juin 1944. Il retrace aussi son parcours plutôt brillant dans les affaires qui sont dirigées désormais par ses enfants, sans oublier les fondations qu’il a mises en place pour aider les autres.

    Le garçon est brillant et malin. Il domine son monde et le sujet haut la main avec son air patelin et faussement modeste. Il répond sagement aux questions posées par les membres de la commission dont certains sont issus de La France insoumise (à gauche de la gauche), pas vraiment la tasse de thé de la famille Bolloré… Il ne parle jamais de « ses » décisions mais de celles des équipes dirigeantes, met en avant son « devoir fiduciaire », son dévouement pour mener à bien la nécessaire restructuration de CANAL+, sa non-intervention dans les programmes audiovisuels, etc.

    Voir aussi : Interview Vincent Bolloré à l’assemblée nationale

    Ce qu’il ne dit pas, car personne n’ose le lui demander, c’est comment un homme de sa trempe et avec ses convictions, supporte la bêtise affligeante des programmes de divertissement de ses chaînes et l’absence crasse de réflexion journalistique de ses chaînes d’information ? Sans doute car le marché de l’abrutissement des masses est plus rentable que celui de l’intelligence mais la question reste ouverte. Vincent Bolloré, une sacrée pointure face à de jeunes parlementaires un peu idéologisés pour certains, le combat était inégal !

    Aujourd’hui c’est l’animateur de C8 Cyril Hanouna qui est passé au tableau noir et on est descendu de plusieurs marches. Habillé d’un costume noir et chemise de même couleur largement ouverte sur son torse tatoué, lunettes Ray-Ban noires, barbe de même couleur, allure gérnérale de capo mafieux en pleine réussite. Affichant son habituelle vulgarité il fait filmer son arrivée triomphale à l’entrée de l’assemblée nationale, partageant hugs et selfies avec les passants énamourés, comme à sa sortie d’ailleurs.

    Il passe la séance d’interview parlementaire à rouler des mécaniques en provoquant les députés qui l’interrogent, sur un mode ironique de café du commerce, ceux-ci semblant médusés et pétrifiés par le culot et la mauvaise éducation de l’animateur, sans songer une seconde à le remettre à sa place. Le soir même, ledit Hanouna consacre son émission « Touche pas à mon poste » (TPMP), qu’il anime avec un gang de commentateurs à sa botte se complaisant dans le racolage et la vulgarité, en diffusant des extraits de ses interventions abondement commentés par cette équipe de bras cassés se roulant dans la fange et la provocation.

    En réalité, ce qui est déplorable avec ces chaînes Bolloré est l’abrutissement des masses auquel elles participent grandement. Les députés se battent sur le terrain du « pluralisme » alors qu’elles sont bien plus nuisibles sur le plan de la bêtise qu’elle diffuse dans les fondements de la société française, mais il n’est pas facile d’aller sur ce terrain sans être immédiatement accusé d’élitisme ou de « germanopratisme ». Alors il est aisé pour ces chaînes de prouver qu’elles respectent la lettre du pluralisme en mesurant les temps de parole des invités, qu’elles rencontrent un franc succès d’audience, quand elles en violent manifestement l’esprit.

    La salubrité publique voudrait que la chaîne C8 ne se voit pas renouveler son autorisation d’émettre sur la TNT, surtout après la prestation d’Hanouna. Il est peu probable qu’une telle décision soit prise car l’intelligence et le brio de Vincent Bolloré emporte tout, y compris l’imbécilité des animateurs des chaînes qu’il contrôle sans vouloir le dire. C’est ainsi qu’il a réussi l’un des plus beaux parcours de capitaine d’industrie français, et avec son propre argent !

    Lire aussi : Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

  • Guerre des mots

    Guerre des mots

    On ne dit plus « guerre d’usure » mais « guerre d’attrition ». En gros c’est la même chose, il s’agit de casser la g… à l’adversaire en lui résistant sur le long terme. Et c’est bien plus chic de parler « d’attrition » !

  • Le pape est contre l’avortement

    Le pape est contre l’avortement

    Pour des raisons pas forcément très claires, des dirigeants et élus français envisagent de modifier la constitution pour y inclure le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG, en d’autres termes l’avortement) et l’Eglise catholique rappelle à ceux qui l’ignoreraient encore qu’elle reste opposée au principe de l’avortement, et encore plus à son inscription dans le texte fondamental d’un Etat.

    Sur le média en ligne Vatican News, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique de la Conférence des évêques de France, déclare les doutes de l’Eglise française sur le sujet :

    …c’est un sujet trop sérieux, trop grave et qui mérite beaucoup de réflexion et d’humilité pour pouvoir discerner quel serait le mieux dans un cadre législatif, et d’autant plus si on choisit le cadre constitutionnel. Cela mérite une grande prudence. …

    à quoi sert la Constitution si on y met des libertés de ceci ou de cela qui sont affichées comme des droits quand il s’agit de problématiques sociétales ? Au lieu de servir la vie de la société et son débat, elle devient un instrument pour clore le débat !

    https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2023-10/france-ivg-constitution-eglise-mgr-dornellas-interview.html

    Il n’est pas particulièrement étonnant de voir confirmée la position anti-avortement de l’Eglise et sa crainte de la constitutionalisation de ce droit qui risque ainsi d’être un peu plus définitif, sans l’être complètement d’ailleurs.

    Il est plus intriguant de voir le président français vouloir se lancer dans une réforme constitutionnelle qui n’a que peu de chances d’aboutir sur ce sujet. Il faudrait effectivement une majorité des 2/3 du parlement sur un texte pour que celui-ci puisse être présenté au vote, soit du congrès, soit des électeurs dans le cadre d’un référendum.

    Ce sujet sociétal concerne certes nombre de citoyens mais à ce stade le droit à l’IVG qui relève de la loi n’est pas remis en cause et on peut véritablement se demander si le président de la République (sans majorité absolue) et le parlement n’ont rien de mieux à faire par les temps qui courent que d’ouvrir un nouveau combat, sans doute perdu d’avance, qui va générer insultes, postures, crispations et, surtout, perte de temps considérable pour les élus qui sont payés avec les impôts des contribuables ? En termes d’efficacité de la dépense publique il serait bien préférable qu’ils s’occupent de remplumer l’armée française ou d’équilibrer les finances publiques !

  • Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    Nouvelle contre-offensive des médias de la famille Bolloré contre l’intelligence

    A la suite d’une saisine du conseil d’Etat par l’association Reporters sans frontières (RSF) concernant le « pluralisme et l’indépendance de l’information » de la chaîne d’information en continue CNEWS, propriété du groupe Bolloré, le conseil demande à l’ARCOM, le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, de réexaminer dans les six mois « l’indépendance de l’information » au sein de la chaîne. Dans son communiqué le conseil d’Etat demande à l’ARCOM de ne pas comptabiliser uniquement le temps de parole des personnalités politiques invitées sur la chaîne pour mesurer son pluralisme, mais aussi les « interventions de l’ensemble des participants aux programmes diffusés, y compris les chroniqueurs, animateurs et invités ». Depuis la publication du communiqué du conseil d’Etat le 13 février, les médias du groupe Bolloré tournent en boucle sur leur indignation d’être ainsi ciblé par des institutions « de gauche » alors que les médias publics « financés avec nos impôts, repaire de gauchistes » ne sont pas mis en cause.

    Il s’agit d’une énième polémique contre les télévisions Bolloré, CNEWS et C8, qui sont accusées d’être « d’extrême droite », ce qui ne veut pas dire grand-chose en soi. La réalité est que ces chaînes sont surtout « d’extrême bêtise », au sens où l’intelligence est quasiment absente de leurs plateaux. Sur « L’heure des pros », le talk-show emblématique de CNEWS, animé par Pascal Praud, un ancien commentateur de fouteballe, réunissant un quarteron de journalistes, pour beaucoup à la retraite, on ressasse principalement le sujet de l’insécurité en France, « corolaire de l’immigration incontrôlée », et du « gauchisme » supposé des médias publics. Les sujets sont lancés avec quelques micros-trottoirs dans lesquels Mme. Michu fait part de son désarroi sur l’augmentation du ticket de métro et en avant pour le « Café du Commerce » où le spectateur est submergé de poncifs, de jugements à l’emporte-pièce et de critiques systématiques de tout et son contraire. Bien entendu, très peu des journalistes ou d’invités ont lu ou étudié les textes ou décisions qu’ils passent à leur moulinette médiatique simpliste. Ils rejettent par définition la complexité du monde et de l’action publique. Tous les élus et gouvernants sont au mieux des incompétents, au pire, des voleurs et des incompétents. Seuls eux s’estiment connectés avec le peuple depuis leurs plateaux clinquants.

    Pascal Praud sert un peu de tête de gondole à la chaîne qui repasse ensuite toute la sainte journée des extraits de ses deux émissions, celle du matin et celle du soir, avec les mêmes commentaires dénués d’intérêt proférés par d’autres journalistes de la chaîne.

    Sur C8, autre chaîne de la galaxie Bolloré, son collègue Cyril Hanouna relaie les mêmes sujets mais cette fois-ci les « journalistes » sont remplacés par un plateau « d’animateurs » dont le niveau de réflexion est consternant. Les invités sont le plus souvent des « influenceuses » à fortes poitrines et lèvres sévèrement botoxées qui racontent leurs aventures et activités sordides, dégradantes, déclenchant l’excitation du plateau mené avec autorité par un Hanouna à la vulgarité assumée, bardé de tatouage, portant d’amples débardeurs ou des sweat-capuches, déroulant un vocabulaire assez limité, ponctué de « j’vous l’dis moi » et de « voilà » tous les trois mots. Quelques hommes politiques, oubliant l’honneur, renonçant à la décence, se commettent dans son émission « Touche pas à mon poste (TPMP) » pour participer au festin de la beaufitude à une heure de grande écoute. Une partie de la campagne électorale des dernières élections présidentielles s’est tenue avec Hanouna en 2022. Pour interroger les candidats ou leurs soutiens, le garçon portait quand même costumes-cravate pailletés et modérait un peu le ton de ses questions, n’osant tout de même pas (encore) traiter un ministre comme Loanna.

    Coco / Charlie Hebdo (10/02/2016)

    Le problème posé par ces chaînes télévisées du groupe Bolloré relève plutôt du délit de racolage des bas instincts, du vide sidéral de la réflexion, de l’excitation des réflexes primaires, bref de la glorification de la bêtise humaine, plutôt que de penchants politiques qualifiés « d’extrême droite » par les critiques de ces médias. Après-tout ils ont le droit d’afficher leurs opinions politiques et ils prennent bien soin d’avoir toujours un intervenant ou journaliste « de gauche » qui se fait généralement étouffer par le reste de la bande, mais le « pluralisme » est ainsi affiché.

    Il est vrai que la décision du conseil d’Etat est incongrue et, sans doute, impossible à mettre en œuvre dans une démocratie tant la détermination de la couleur politique de tous les intervenants est difficile à identifier. Il est probable que cette exigence du conseil tombera d’elle-même aux oubliettes compte tenu de sa non-applicabilité. Il aurait été plus avisé de se baser sur les engagements pris par ces chaînes en échange de l’attribution par l’Etat des fréquences dont elles disposent.

    La relecture des conventions conclues entre le CSA (l’ancêtre de l’ARCOM) montre à quel point C8 ne respecte pas ses engagements dont l’article 2-3-4 « droits de la personne » stipule :

    [L’éditeur] ne doit diffuser aucune émission portant atteinte à la dignité de la personne humaine telle qu’elle est définie par la loi et la jurisprudence.

    Il respecte les droits de la personne relatifs à sa vie privée, à son image, à son honneur et à sa réputation tels qu’ils sont définis par la loi et la jurisprudence.

    Il veille en particulier :

    – à ce qu’il soit fait preuve de retenue dans la diffusion d’images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes ;

    – à éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine ainsi que tout traitement avilissant l’individu ou le rabaissant au niveau d’objet ;

    – à ce que le témoignage de personnes sur des faits relevant de leur vie privée ne soit recueilli qu’avec leur consentement éclairé ;

    Il fait preuve de mesure lorsqu’il diffuse des informations ou des images concernant une victime ou une personne en situation de péril ou de détresse.

    file:///C:/Users/rehve/OneDrive/Documents/02-Quoi/Divers/Presse/ARCOM_CONVENTION%20SIGNEE%20C8%20(2019)%20entr%C3%A9e%20en%20vigueur%202020.pdf

    Regardons une ou deux émissions de TPMP animée par M. Hanouna et l’on peut conclure assez rapidement au non-respect de cet engagement par la chaîne qui a déjà subi de multiples sanctions pécuniaires devant l’outrance démagogique de certaines de ses émissions. Jusqu’ici, la suspension de l’utilisation de la fréquence octroyée n’a jamais été prononcée. Elle serait pourtant une œuvre de salubrité publique.

    Pour ce qui concerne CNEWS il est plus difficile de démontrer la violation de ses engagements, le délit d’imbécilité ou de quasi-complotisme n’étant pas considéré comme formellement contraire à la déontologie. La convention requiert néanmoins pluralisme de l’expression des courants de pensée et d’opinion, représentation de la diversité, respect des droits de la personne, honnêteté de l’information et des programmes, indépendance éditoriale de la rédaction, et toute une série de grands principes éminemment sympathiques, mais assez flous et faciles à contourner pour un éditeur malin, capable de rester à la limite sans trop franchir la ligne jaune.

    La mauvaise foi de ces médias est évidente mais non formellement constituée. Le groupe Bolloré continue à surfer sur la bêtise en se parant de son « devoir d’informer ». On imagine assez aisément que les parents Bolloré mettent leurs enfants mineurs à l’abri de la propagande racoleuse des chaînes dont ils sont propriétaires mais, à ce stade, rien ne peut les empêcher de diffuser leurs insanités « pour le peuple ». Leur puissance leur permet par ailleurs de contrer vigoureusement toute tentative en ce sens, hurlant avec les loups à « la censure du gouvernement ».

    Oui, la raison voudrait que l’on censure ces Thénardier de l’infotainment mais les règles de la démocratie ne le permettent heureusement pas. Il faut donc accepter leur influence délétère sur le niveau intellectuel du pays. La seule arme restante est de parier sur l’intelligence et la réflexion en espérant que les spectateurs crédules de ces chaînes de l’abrutissement délaissent Cyril Hanouna et se dirigent progressivement vers Arte… Le combat sera long et difficile mais il y va de l’avenir de la République de le poursuivre quoi qu’il en coûte !

    Lire aussi : Le racolage des médias du groupe Canal+ et les règles de l’ARCOM

    Convention CSA-CNEWS

    Convention CSA-C8

  • Un sénateur socialiste qui fait du sport

    Un sénateur socialiste qui fait du sport

    Dans une tribune publiée dans Le Monde le 3 février, Patrick Kanner, sénateur socialiste de 66 ans, ancien ministre des sports, s’émeut que « En cette année olympique, le sport n’est toujours pas une priorité pour le gouvernement ». Et de se lamenter sur « la responsabilité de l’Etat, qui n’a donné aucun cap, aucune stratégie lisible en matière de haute performance », et de pleurnicher sur « Le sport reste le parent pauvre de notre système éducatif » et bla-bla-bla.

    Heureusement Monsieur le Sénateur que le sport n’est pas une priorité nationale ! La France a bien d’autres sujets autrement plus prioritaires à gérer. L’énergie et les sous actuellement déployés pour les jeux olympiques de Paris 2024, après la coupe du monde de rugby en 2023, seraient mieux utilisés pour réformer l’enseignement, améliorer les institutions de santé, subventionner la « ruralité » ou rembourser le surendettement du pays qui lui fait tangenter la faillite.

    A force de tout vouloir faire « prioriser » par l’Etat on ne fait que répartir la misère d’un budget de la République déficitaire depuis 1974. Le sport est nécessaire pour une vie saine et pour améliorer la santé publique mais ce n’est pas et ne doit pas être une « priorité » de l’Etat, c’est juste une politique comme les autres. Les collectivités publiques et l’Etat subventionnent des clubs sportifs, la construction de terrains de fouteballe… très bien, mais cela ne doit pas se faire au détriment des bibliothèques publiques. En faire une « priorité » cela implique que le sport passera avant d’autres politiques et ce n’est pas souhaitable en ces temps de budgets très sérieusement contraints.

    Evidemment il est toujours difficile pour un homme politique français d’aujourd’hui, qui n’existe que par le montant des fonds publics qu’il distribue, il est difficile d’intégrer que s’il existe des sujets prioritaires c’est donc bien qu’il en a qui ne sont pas prioritaires et que si les sous vont aux premiers il y en aura moins pour les seconds. C’est ainsi, ce sont les conditions de la vie, on ne peut pas tout faire. Sans doute M. Kanner comprend ces règles pour la gestion de son budget ménager, il a manifestement des difficultés à l’appliquer à la gestion des finances publiques.

  • L’église catholique face à l’homosexualité

    L’église catholique face à l’homosexualité

    Malgré des efforts méritoires, le pape n’arrive pas à faire passer dans ses troupes l’idée que l’Eglise puisse bénir les couples homosexuels le désirant. Dans un document alambiqué intitulé « DICASTÈRE POUR LA DOCTRINE DE LA FOI Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions » publié le 18/12/2023 par le Vatican la papauté s’emberlificote dans dix pages pour expliquer que la bénédiction des « couples en situation irrégulière et des couples de même sexe » n’est pas un mariage et que « la bénédiction exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu telle qu’elle est exprimée dans les enseignements de l’Église. »

    Le document qui explique la position du pape François 1er confirme :

    …il est possible de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, sous une forme qui ne doit pas être fixée rituellement par les autorités ecclésiales, afin de ne pas créer de confusion avec la bénédiction propre au sacrement du mariage. Dans ces cas, on donne une bénédiction qui n’a pas seulement une valeur ascendante, mais qui est aussi l’invocation d’une bénédiction descendante de Dieu lui-même sur ceux qui, se reconnaissant indigents et ayant besoin de son aide, ne revendiquent pas la légitimité de leur propre statut, mais demandent que tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations soit investi, guéri et élevé par la présence de l’Esprit Saint. Ces formes de bénédiction expriment une supplication à Dieu pour qu’il accorde les aides qui proviennent des impulsions de son Esprit – que la théologie classique appelle « grâces actuelles » – afin que les relations humaines puissent mûrir et grandir dans la fidélité au message de l’Évangile, se libérer de leurs imperfections et de leurs fragilités et s’exprimer dans la dimension toujours plus grande de l’amour divin.

    (https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_ddf_doc_20231218_fiducia-supplicans_fr.html#)

    Et c’est ainsi que :

    L’Église est ainsi le sacrement de l’amour infini de Dieu. C’est pourquoi, même lorsque la relation avec Dieu est obscurcie par le péché, il est toujours possible de demander une bénédiction, en lui tendant la main, comme l’a fait Pierre dans la tempête lorsqu’il a crié à Jésus : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14, 30).

    Le problème de l’Eglise romaine et que cette argumentation en dix pages ne semble pas avoir convaincu beaucoup de monde dans les arcanes catholiques à travers le monde à commencer par les évêques français qui, dans leur déclaration du 10/01/2024, rappellent que :

    …le Christ Seigneur » (n° 11), comprend le mariage comme « union exclusive, stable et indissoluble, entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération d’enfants » (n° 4). C’est ce que nous recevons de Jésus lui-même sur le mariage et son indissolubilité (cf. Mt 19, 3-9).

    https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2024/01/20240110-CP-Conseil-Permanent-Declaration-Fiducia-Supplicans.pdf

    Avant de jouer sur les mots et préciser leur engagement à « bénir » les personnes sans parler des couples.

    Plus radicaux, les évêques d’Afrique se cachent derrière les lois de leurs pays pour expliquer que les couples homosexuels sont interdits dans nombre d’entre eux et que, dans ces conditions, il n’est pas question de les bénir (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2023-12/fiducia-supplicans-des-reactions-des-eveques-d-afrique.html).

    Bref, le statut de couple homosexuel ou divorcé est considéré comme « irrégulier » par l’église catholique. Malgré le progressisme affiché par le pape argentin en poste, ses troupes ne semblent pas vouloir le suivre sur le simple détail de pouvoir bénir ces couples qui le souhaitent. Le rejet de l’homosexualité et du divorce reste un élément fondamental de la religion catholique. C’est ainsi. Vouloir aller contre aujourd’hui c’est un peu comme attendre d’un stalinien qu’il tresse des louanges à Trotski, c’est juste peine perdue. Il reste à conseiller aux couples « irréguliers » qui ont vraiment le besoin de se marier, de se contenter du mariage généreusement offert par la République, au moins en France, ou de changer de religion, il semble que les protestants ou les bouddhistes soient plus souples à ce sujet.

  • Ruralité bla-bla-bla…

    Ruralité bla-bla-bla…

    On ne dit plus « paysannerie » ou la « campagne », mais on emploie le terme « ruralité ». C’est mieux, plus moderne, plus « inclusif » et englobant, moins dénoté « plouc de campagne ». Le dictionnaire de l’académie française en donne la définition suivante :

    Didact. Caractère de ce qui est rural, de ce qui se rapporte à la campagne, par opposition à Urbanité, ou de ce qui se rapporte au monde agricole. La ruralité d’une région.

    https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9R3224

    quand la paysannerie est défini dans le même dictionnaire comme :

    L’ensemble des paysans d’une région, d’un pays ; le groupe social constitué par les paysans. (En termes économiques ou politiques, on dit plutôt Paysannat.) La paysannerie française sous l’Ancien Régime était composée de manouvriers ou journaliers, de métayers et de laboureurs. Petite, moyenne paysannerie. Une histoire de la paysannerie.

    https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P1105

    Paysannerie ça fait « ancien régime », il faut donc changer de mot !

  • Des élus à la double nationalité

    Des élus à la double nationalité

    La France avait déjà Manuel Valls, ancien maire, ancien ministre et même ancien premier ministre de la République, titulaire d’une double nationalité franco-espagnole ce qui lui permit d’aller tenter de planter ses choux à Barcelone lorsqu’il estima la politique française ne lui réservait pas la place qui lui revenait, puis, de revenir en France lorsqu’il échoua à se faire élire maire de Barcelone en 2019, où il échoua de nouveau à se faire élire député des « français de l’étranger » en 2022, avant « d’abandonner la vie politique française » une énième fois.

    Elle a maintenant Meyer Habib, citoyen franco-israélien, député des « français de l’étranger », ami du premier ministre israélien et de la frange dure des partis au pouvoir à Tel-Aviv, de celle qui considère que la Bible est son titre de propriété et l’autorise donc à occuper Gaza et la Cisjordanie, le concept du « grand Israël », puisque c’est écrit ainsi dans la Genèse de l’ancien testament qui se place au-dessus des résolutions des Nations Unies, bien entendu.

    Le député Habib, né à Paris, est originaire d’une famille juive de Tunisie. Il a fait des études supérieures en Israël. A la tribune de l’assemblée nationale française il prend fait et cause pour Israël dans la guerre en cours à Gaza et prend bien soin de ne jamais parler de « Cisjordanie » ni de colonies israéliennes dans cette région, comme cela est reconnu par la communauté internationale, mais de « Judée et Samarie » comme cette région est désignée dans la Bible. Comme il est polémique et ultra, il est devenu un bon client des plateaux télévisés en ces temps de guerre au Proche-Orient où il expose ses vues partisanes et extrémistes sans vergogne.

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    Il a bien entendu le droit de croire que la Bible s’impose au droit international mais son cas pose une nouvelle fois la question du concept de double nationalité. Que ce soit Manuel Valls ou Meyer Habib, à qui ces doubles nationaux font-ils vraiment allégeance ? Comment se dépatouillent-ils de cette double appartenance ? Plutôt mal si l’on en juge leurs prises de position dans le cadre des responsabilités politiques pour lesquelles ils ont été élus. Au mieux ils défendent les positions d’un de leur Etat d’appartenance dans le cadre du mandat pour lequel ils ont été élus dans l’autre Etat dont ils ont la nationalité, au pire ils utilisent cyniquement les avantages que leur procurent leurs deux Etats, se faisant élire dans l’un ou l’autre au gré de leurs intérêts.

    La France devrait réfléchir sur la compatibilité de la double nationalité avec le statut d’élu français, à l’image du Sénégal qui n’autorise pas la double nationalité, notamment pour se présenter à l’élection présidentielle, et où Karim Wade, candidat au scrutin de 2024 a dû renoncer à sa double nationalité française pour se présenter. Il a été « libéré de son allégeance à l’égard de la France » par un décret paru aujourd’hui :

    Fils de l’ancien président sénégalais, il est né à Paris et a donc choisi d’être « uniquement » sénégalais pour essayer de succéder à son père. La lecture de ce décret qui montre 17 pages d’individus naturalisés français et deux noms seulement renonçant à ladite nationalité, semble indiquer que la France reste un pays attractif et accueillant.