Catégorie : Humeurs

  • Des ministres de l’éducation nationale mettent leurs enfants dans l’école privée

    Des ministres de l’éducation nationale mettent leurs enfants dans l’école privée

    Un nouveau sujet fait l’actualité du microcosme politico-médiatique français. Les enfants de la nouvelle ministre de l’éducation nationale, une ancienne joueuse de tennis d’orientation centre-droit, sont dans l’enseignement privé au collège Stanislas. Ceux de son prédécesseur, plutôt de centre-gauche, étaient également dans le privé, à l’école alsacienne. Le premier établissement est catholique, fondé par des ecclésiastiques « comme maison d’éducation chrétienne de garçons » Le second a été fondé après la perte de l’Alsace et la Lorraine en 1870 pour réformer l’enseignement français qui a amené la France à la défaite face aux Prussiens.

    Sur le site Internet de Stanislas on peut lire le compte rendu des célébrations du 8 décembre :

    En ce 8 décembre, Stanislas a célébré l’Immaculée Conception, sainte patronne de notre établissement. La journée a commencé à Saint-Sulpice pour les élèves du collège, du lycée et des classes préparatoires avec une messe solennelle, célébrée par le nonce apostolique en France, et suivie d’un petit-déjeuner avant le retour en cours.  Les élèves de maternelle et de CP ont déposé au pied de la Vierge du Rocher qui veille » sur notre établissement les fleurs blanches qu’ils ont apportées ce matin. Les élèves du Ce1 au CM2 ont célébré Marie lors d’une messe à Notre-Dame des Champs cet après-midi.

    https://www.stanislas.fr/letablissement/lhistoire-de-stanislas/

    On y apprend aussi que l’enseignement est mixte depuis 1992, et que l’internat est ouvert aux filles en 2018 via un lieu dédié :

    En septembre 2018 Stanislas a inauguré l’ouverture du foyer de jeunes filles Sainte-Claire afin d’accueillir davantage d’élèves internes filles en classes préparatoires.

    https://www.stanislas.fr/vie-pastorale/8-decembre-fete-patronale-de-stanislas/

    Il ne doit pas y avoir de toilettes « non binaires » à Stanislas.

    Evidemment, il n’est pas interdit par la loi qu’un ministre mette ses enfants dans une école privée mais cela montre son rejet de l’enseignement public qu’il est chargé d’administrer et, si possible, d’améliorer. Bien sûr cela n’en fera pas forcément un mauvais ministre mais à une époque de transparence obligatoire et où tout doit être justifié devant tout le monde, et spécialement les non-sujets, il est plus que prévisible qu’un ministre de l’éducation nationale ayant ses enfants dans l’enseignement privé sera soumis à un harcèlement sur le sujet par une presse avide de polémique. Le temps du « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » n’est plus d’actualité dans ce monde d’aujourd’hui.

    Sur 65 millions de français il devrait tout de même être possible d’identifier des candidats compétents pour ce poste de ministre qui, soit n’ont pas d’enfant, soit mettent leurs marmots à l’école publique ! Cela éviterait les pertes de temps considérables auxquelles donnent lieu ces débats inintéressants. Cela devient désormais un critère de la fiche de poste du ministre de l’éducation nationale : avoir ses enfants dans l’enseignement public. Si on refuse ce nouvel état de fait, l’autre solution pour le ministre mis en cause et sa hiérarchie est de refuser de répondre aux questions sur le sujet que journalistes et opposants ne cessent de poser, et de voir qui renoncera le plus rapidement du ministre ou de ses questionneurs.

    Hélas, hélas, hélas, la politique recule souvent sur le fond pour protéger son image. Il n’est pas sûr que l’actuel ministre arrive à tenir face à la polémique !

  • A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    A peine nommé, le premier ministre accroît la dépense publique

    Un nouveau premier ministre a été nommé en remplacement d’Elisabeth Borne, dont on ne sait pas exactement ce qui lui était reproché. Elle a passé les clés de l’hôtel de Matignon aujourd’hui en début d’après-midi à Gabriel Attal dont la principale qualité semble être sa jeunesse, il a 34 ans, et le fait qu’il ne passe jamais beaucoup de temp dans les postes qu’il occupe car il est constamment aspiré toujours plus haut…

    Cet après-midi, avant même d’installer ses petites affaires dans sa nouvelle demeure il est allé rendre visite au Pas-de-Calais en proie à des inondations interminables depuis la fin de l’année 2023. Bien sûr, une fois arrivé sur place, et devant les malheurs des citoyens de cette région, il a glosé sur « la solidarité nationale » et, donc, procédé à l’annonce de nouvelles dépenses publiques, sans un mot bien sûr sur la façon dont elles seront financées, ou les économies qui seront faites ailleurs pour faire jouer cette solidarité bienvenue.

    C’est une nouvelle fois l’application du syndrome de la politique française dont les membres n’existent que s’ils annoncent de nouvelles dépenses publiques. Sans remettre systématiquement en cause l’opportunité de telles dépenses, il serait opportun de préciser à chaque annonce son mode de financement. Il n’y a que trois possibilités : l’augmentation des impôts, la compensation avec la baisse d’une autre dépense ou l’augmentation de la dette publique si on ne peut pas appliquer l’une des deux premières méthodes. Toute le monde est capable de comprendre cette information. A défaut, les citoyens s’imaginent que « l’Etat paiera » et qu’il suffit de passer à la caisse en faisant venir un ministre. C’est ce qui se passe depuis des décennies en France et explique la situation financière délicate du pays par rapport aux autres pays d’Europe de l’Ouest.

    Lire aussi : La France pas assez raisonnable

  • Des Palestiniens au Congo ?

    Des Palestiniens au Congo ?

    La guerre entre Israël et le Hamas dure maintenant depuis plus trois mois avec son cortège de destruction et de barbarie et quelque chose entre 10 et 20 000 morts des deux côtés, très majoritairement palestinien. Après la libération d’une centaine de citoyens qui avaient été pris en otage et emprisonnés à Gaza, il resterait environ 130 israéliens toujours « disparus » depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre. Une partie est probablement gardée en otage par le Hamas et ses groupes affiliés. Il est en effet traditionnel que ces groupes se revendent leurs otages entre eux. On ne sait pas bien le nombre de ces « disparus » qui seraient encore vivants, sans doute pas la totalité.

    En attendant, l’armée israélienne continue à bombarder méthodiquement cette enclave au bord de la Méditerranée avec le but de guerre affiché de « détruire le Hamas ». Trois mois plus tard ledit Hamas continue à envoyer des missiles sur Israël et ses membres à se battre contre l’armée israélienne sur le terrain. Le mouvement doit certes être affaibli, on le serait à moins, mais il est toujours là. Il est probable que quelle que soit l’étendue des destructions effectuées dans la bande de Gaza, l’idée anti-israélienne subsistera et survivra sous une forme ou sous une autre à l’issue de la guerre, voire renaîtra renforcée tant la haine entre les deux peuples, ravivée par ces évènements, est féroce.

    Hélas, il n’y avait sans doute pas d’autre issues envisageables que de laisser parler les armes après le pogrom lancé par les Palestiniens ce 7 octobre tant ses réminiscences de Shoah parlent aux juifs israéliens. La simple question « qui a commencé ? » est impossible à poser et à trancher puisque chacun se relance la balle sans vouloir compromettre le moins du monde avec la parie adverse. La force brute d’Israël a les moyens de détruire les infrastructures gazaouis, ce qui est effectivement en cours en ce moment, de tuer un certain nombre de dirigeants du Hamas, mais elle ne suffira pas à éliminer l’idée de la résistance palestinienne à son encontre, pas plus qu’elle n’a réussi à neutraliser l’OLP ou le Hezbollah au cours des décennies passées malgré tous les efforts du peuple israélien en guerre quasi-permanente depuis sa création.

    Anticipant justement l’inefficacité de la guerre actuelle sur le long terme, certains des ministres religieux de la droite dure du gouvernement israélien prônent la recolonisation de Gaza par Israël et la déportation de la majorité de ses 2,2 millions d’habitants vers un autre pays. Les pays arabes avoisinants, Egypte ou Jordanie, n’envisageant pas une seconde d’accueillir un nouveau flux de réfugiés palestiniens, des négociations seraient menées entre Israël et… le Congo à ce sujet, c’est du moins ce qu’affirment les ministres en question. On a du mal à croire à la réalité d’une telle négociation avec le Congo (il semble s’agir de la République populaire du Congo, ex-Zaïre, pas du Congo Brazzaville), on voit mal un pays africain, ni quelque pays que ce soit d’ailleurs, s’engager dans un tel marchandage d’êtres humains au XXIème siècle, parfaitement irréalisable, sans compter la volonté des Gazaouis qui n’est sûrement pas de s’exiler où que ce soit ce qui ne serait pas sans rappeler la « Nakba », le grand exil des Palestiniens en 1948 après la création de l’Etat d’Israël et la guerre qui s’ensuivit. On ignore comment les promoteurs de cette idée saugrenue feraient pour transporter de force 2 millions de personnes sur un autre continent ?

    Tout ceci est parfaitement incongru et même nauséabond venant d’Israël. On se souvient que dans les années 1940, l’un des projets allemands, avant d’adopter la « solution finale » (l’extermination), était de déporter les juifs sur l’île de Madagascar pour les éloigner des territoires « aryens »… Mais aujourd’hui, l’idée d’une négociation avec le Congo, dont on ne sait même pas si elle a connu un début de réalisation (Kinshasa ne semble pas avoir démenti une telle hypothèse), confirme que la frange dure et religieuse de la politique israélienne n’a plus aucune volonté d’aller vers une solution politique et pacifique du conflit et n’envisage que la force pour régler ses problèmes de cohabitation avec ses voisins. Ces gens aux idées guerrières sont élus lors d’élections démocratiques et reflètent sans doute les idées d’une partie de la population ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’avenir de cette région qui empoisonne la planète depuis plus de 70 ans, ainsi que leurs propres populations. Cette croyance aveugle en la force pour régler un problème de territoire se heurte à la vraie vie. Depuis 70 ans, malgré les guerres, les actions antiterroristes, les assassinats ciblés, les résolutions des Nations Unies, les murs construits, la technologie mise en œuvre pour parquer les Palestiniens derrière des barrières électroniques, et même malgré les accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie, il y a toujours des terroristes palestiniens pour se lever un matin comme celui du 7 octobre et aller massacrer 1 200 juifs. La simple recherche d’efficacité devrait pousser à chercher une solution politique à ce conflit qui va bientôt devenir centenaire. Des pistes avaient pourtant été initiées avec les accords d’Oslo de 1983 mais jamais suivis d’effets, emportés par les errements des extrémistes des deux bords, Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien signataire de l’accord fut même assassiné en 1995 par un étudiant juif israélien extrémiste.

    Le pogrom anti-israélien qui s’est passé le 7 octobre, et ce qui se déroule depuis, a rechargé la haine entre Israéliens et Palestiniens pour plusieurs générations. Difficile de rester optimiste sur le court terme, la mésentente entre ces deux peuples va continuer à polluer la planète pour encore longtemps !

  • Des nouveaux venus dans la lutte contre l’Occident

    Des nouveaux venus dans la lutte contre l’Occident

    Voici un nouveau venu sur la scène actuellement très active de la communication d’états-majors : Yahya as-Saree, sanglé dans un uniforme rutilant, le verbe haut, fort et saccadé, il est le porte-parole de « l’armée Houthi », la rébellion yéménite pro-iranienne qui contrôle la moitié du Yémen, y compris sa capitale officielle Saana. Le Yémen fut un terrain de conquêtes coloniales menées par les empires Ottoman et Britannique jusqu’au XXème siècle et sur lequel l’Arabie-Saoudite frontalière au nord a toujours gardé un œil attentif. Après les décolonisations le pays est resté divisé en deux. Il y avait un Yémen du sud, constitué en République populaire et démocratique du Yémen autour du port d’Aden, pro-soviétique, et la République arabe du Yémen, mieux intégrée dans la région arabe environnante.

    De guerres civiles en rébellions, de tribus en protectorats, de prébendes en famines, les deux Yémen n’ont cessé de se chamailler, parfois par les armes, situation largement attisée par les puissances environnantes dont l’Arabie-Saoudite pas vraiment raccord avec l’idéologie « révolutionnaire » prônée à Aden. C’est la raison pour laquelle Ryad a pris la tête d’une coalition arabe-sunnite en 2015 pour « libérer » le Yémen de l’emprise houthi à grand renfort d’armes achetées à l’Occident. Ce fut un échec comme l’illustre les actions encours des Houthis contre Israël.

    Les deux Yémen se réunissent pour fonder la République du Yémen en 1990 mais la paix ne dure que quelques années et dès 1994 la bataille reprend entre les marxistes et les unionistes et n’a quasiment pas cessé depuis. La rébellion Houthi est largement soutenue par la République islamique d’Iran. Les Houthi sont plus ou moins musulman-chiite, comme leur protecteur, mais il semble que ce soit une version particulière de cette tendance. Ils ont en tout cas pris le parti de la cause palestinienne dans la nouvelle guerre qui oppose Israël au Hamas depuis le pogrom commis par ce dernier mouvement le 07/10/2023 (plus de 1 200 morts israéliens, dont beaucoup de civils assassinés dans la plus grande barbarie). Leurs moyens d’action sont le lancer de missiles en direction d’Israël et de bateaux militaires ou commerciaux occidentaux navigant en Mer Rouge en direction du canal de Suez. Ils ont même réussi à prendre des navires en otage en déposant des commandos amenés en hélicoptère sur le pont.

    Cette tactique porte ses fruits puisque le trafic vers le, et en provenance du, canal de Suez est perturbé ce qui oblige les navires à faire le tour de l’Afrique. Les armateurs expliquent que l’augmentation des coûts de transport générée par cette route plus longue est à peu près compensée par l’économie des droits de passage sur le canal. Les à-coups sur la fluidité de la chaîne internationale de transport sont néanmoins patents ce qui réjouit les Houthis.

    Le problème du jour est que ces milices Houthi que l’on assimilait jusqu’il y a peu à une bande de va-nu-pieds dépenaillés sont maintenant organisées en armée presque nationale (la prise du pouvoir et de la capitale par cette rébellion n’est pas officiellement reconnue par les Nations Unies) et capable d’envoyer des missiles balistiques vers Israël ou l’Arabie-Saoudite, ce qu’elles ne se privent pas de faire. Si les guerres claniques internes sont millénaires, les armes utilisées ont évolué… Pour bien comprendre ce pays, il est recommandé de relire « Fortune carrée » de Joseph Kessel, écrit en 1932 ; rien n’a vraiment changé sur le fond si ce n’est la portée des missiles.

    Selon Wikipédia, la traduction de la devise du mouvement est :

    Dieu est le plus grand, Mort à l’Amérique, Mort à Israël, Maudits soient les juifs, Victoire à l’islam.

    Vaste programme ; il y a encore quelques progrès à faire pour ramener la paix dans la région semble-t-il…

    L’ambassade de France au Yémen est fermée, comme celle au Niger, ce qui apparaît comme une mesure raisonnable. Il semble en revanche que l’ambassade du Yémen en France soit toujours opérationnelle dans le XVIème arrondissement parisien. On peut se demander si elle est bien utile, voire opportune ?

  • Joli cadeau de Noël du conseil constitutionnel

    Joli cadeau de Noël du conseil constitutionnel

    Le conseil constitutionnel présidé par Laurent Fabius, ancien premier ministre socialiste, a censuré quelques articles de la loi de finances 2024, dont les honteuses exonérations fiscales octroyées indument à des fédérations sportives et à leurs salariés afin de favoriser leur installation en France.

    Saisi de la loi de finances pour 2024, le Conseil constitutionnel censure, outre douze « cavaliers budgétaires », des dispositions relatives à l’exonération de certains impôts bénéficiant aux fédérations sportives internationales reconnues par le Comité international olympique et à leurs salariés.

    https://www.conseil-constitutionnel.fr/actualites/communique/decision-n-2023-862-dc-du-28-decembre-2023-communique-de-presse

    C’est une bonne nouvelle tant la France n’a pas les moyens de délivrer des exonérations à des fédérations de musculeux. C’est non seulement inégal comme le précise le conseil, mais c’est surtout financièrement absurde et inapproprié alors que la France est surendettée du fait de décennies de mauvaise gestion des deniers des contribuables. Rappelons ici que le dernier budget en équilibre de la France remonte à 1974.

    De plus, cette mesure « généreuse » est contraire à la constitution. Il est heureux que le conseil constitutionnel l’ait donc écartée et empêcher ainsi le gouvernement de s’égarer une nouvelle fois dans des dépenses inconsidérées.

    Mougey / Le Canard Enchaîné (24/05/2023)

    Le texte de la censure

    * Les auteurs des trois recours contestaient l’article 31 de la loi déférée modifiant plusieurs dispositions du code général des impôts afin d’exonérer de certains impôts les fédérations sportives internationales reconnues par le Comité international olympique ainsi que leurs salariés.

    Ces dispositions modifient le code général des impôts afin de prévoir, d’une part, que les fédérations sportives internationales reconnues par le Comité international olympique sont exonérées de cotisation foncière des entreprises, de cotisation sur la valeur ajoutée et d’impôt sur les sociétés au titre de certaines activités et, d’autre part, que les salariés de ces fédérations, fiscalement domiciliés en France, sont exonérés d’impôt sur le revenu à raison des traitements et salaires qui leur sont versés au titre de ces mêmes activités pendant cinq ans à compter de leur prise de fonctions.

    Ces dispositions étaient critiquées notamment au regard du principe d’égalité devant la loi, énoncé à l’article 6 de la Déclaration de 1789, et du principe d’égalité devant les charges publiques, énoncé à son article 13.

    Au regard de ces exigences constitutionnelles, le Conseil constitutionnel relève que, en adoptant ces dispositions, le législateur a entendu, afin de renforcer l’attractivité de la France, inciter les fédérations sportives internationales reconnues par le Comité international olympique à y installer leur siège social.

    Il juge que, toutefois, en prévoyant, d’une part, qu’une fédération est exonérée des impôts précités, pour toutes les activités afférentes à ses missions de gouvernance du sport et de promotion de la pratique sportive, et, d’autre part, que ses salariés, y compris lorsqu’ils sont déjà domiciliés fiscalement en France, bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu au titre de ces activités, au seul motif que cette fédération est reconnue par le Comité international olympique, le législateur n’a pas fondé son appréciation sur des critères objectifs et rationnels en fonction du but qu’il s’est proposé.

    Par conséquent, le Conseil constitutionnel censure comme méconnaissant le principe d’égalité devant les charges publiques l’article 31 de la loi déférée.

  • L’alliance entre des forbans de droite et des irresponsables de gauche contre le gouvernement en place

    L’alliance entre des forbans de droite et des irresponsables de gauche contre le gouvernement en place

    Le parti de droite Les Républicains (LR) a franchi le rubicond en s’alliant avec les extrêmes de gauche et de droite pour empêcher l’examen d’un projet de loi sur l’immigration déjà amendé et approuvé par le sénat. Un mystérieux article du règlement intérieur de l’assemblée nationale permet en effet de rejeter l’examen d’un texte si une majorité se rassemble en faveur de ce rejet, ce qui fut le cas aujourd’hui. Le gouvernement a alors le choix de retirer le texte ou de convoquer une « commission mixte paritaire » composée de députés et de sénateurs pour tenter de se mettre d’accord sur une nouvelle version du projet de loi. C’est cette dernière option qui a été choisie.

    Cet incident procédurier n’est pas dramatique, après-tout la France peut sans doute se passer de cette énième loi sur l’immigration. Il faudrait déjà pouvoir appliquer intégralement les précédentes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, avant de légiférer de nouveau. En revanche, cette bataille juridique picrocholine a permis d’assister au consternant spectacle de députés de gauche (plutôt pro-immigration) brailler et applaudir avec des députés de droite (plutôt anti-immigration) devant la défaite du gouvernement qu’ils avaient provoquée. En s’associant à ce combat LR s’est acoquiné avec des forbans sans foi ni loi et a fait basculer la décision.

    Une nouvelle fois la France brille par son incapacité à compromettre pour gouverner au profit du pays, privilégiant les petites haines personnelles et des idéologies au rabais. Après tout, la représentation nationale représente bien la Nation qui l’a élue : des bandes de voyous s’écharpent à coups de couteau dans la rue et leurs représentants se battent à coups d’articles de règlements intérieurs. C’est moins sanglant dans le deuxième cas, mais tout aussi inefficace pour freiner la chute du pays dans une décadence dont on se demande si elle prendra fin un jour.

  • Des baskets et pas de tête

    Des baskets et pas de tête

    Dans un train Paris-Brest, un jeune en jogging blanc et baskets de la même couleur (il ne porte pas de casquette) écoute son smartphone avec le son ouvert, certes à un niveau faible, mais suffisant pour que ses voisins autour de lui entendent. Et lorsqu’il lui est demandé aimablement de porter ses écouteurs ou de couper le son, il s’exécute en s’excusant mais comme il utilise en parallèle son application WhatsApp, chaque fois qu’il envoie un message on entend un léger « ploc » suivi d’un « plic » lorsqu’il reçoit la réponse. Les messages ne faisant pas plus de 3 ou 4 mots, les plic et les ploc prolifèrent.

    Deux rangs derrière, une dame sexagénaire, après avoir téléphoné bruyamment, déplie son pic-nic et laisse ses déchets sur sa tablette en partant.

    Le train est plein et transporte son habituel pourcentage de gens mal-élevés qui ne se sentent même pas coupables de leurs légères incivilités. Ce n’est plus une question d’âge, juste un affaissement des principes, la confirmation d’une certaine décadence.

  • Dvorak et Bernstein à Saint-Etienne du Mont

    Dvorak et Bernstein à Saint-Etienne du Mont

    Sur cette bonne vieille Montagne Sainte-Geneviève, le cœur du quartier étudiant et intellectuel de Paris durant des siècles, l’église Saint-Etienne du Mont accueille le Chœur Symphonique de Paris, dirigé par Xavier Ricour, qui chante la messe en ré de Dvorak (1841-1904) et les Chichester Psalms de Leonard Bernstein (1918-1990). Il n’y a pas d’orchestre mais une organiste, Mélodie Michel, perchée dans les hauteurs, suivant la baguette du chef sur un écran vidéo face aux imposants tuyaux d’orgue de l’église.

    Autant Dvorak est d’une pure facture très classique autant le Bernstein chahute un peu l’oreille. Une batterie et une harpe ont été ajoutée marquant aussi la modernité de l’œuvre inspirée du Livre de psaumes de la Bible hébraïque et chantée en hébreu. Le chœur est renforcé par un jeune contre-ténor, Arnaud Gluck, dont la voix de tête monte bien haut dans les arches de l’église et le cœur de l’assistance. Bernstein, chef d’orchestre, pianiste et brillant compositeur a vogué sur tous les courants musicaux de son siècle avec un égal bonheur, de la comédie musicale au dodécaphonisme en passant par le blues. Le concert ce soir remporte un franc succès et donne l’envie de découvrir ces psaumes plus avant.

    Dans la file pour d’attente pour accéder à l’église, deux vieilles dames à la peau parcheminée par le temps et le bronzage artificiel, très 6ème arrondissement, parlent du coronavirus. L’une affirme à l’autre : « ne te fais surtout pas vacciner car tu es ainsi sûre de l’attraper ». On a beau venir partager de la musique sacrée, on n’en reste pas moins concerné par les tracas du quotidien…

  • « Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique » de Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist

    « Je vous salue salope : La misogynie au temps du numérique » de Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist

    Ce documentaire détaille quatre cas de cyberharcèlement subis par quatre personnes dans quatre pays. En Italie, par la présidente de l’assemblée nationale, aux Etats-Unis, par une élue du Vermont, en France, par une réalisatrice, et au Canada, par une enseignante québécoise.

    C’est à chaque fois une histoire un peu similaire : un déchaînement d’injures, de menaces de viol, de mort, qui s’abat soudain sur ces personnes via les réseaux dits « sociaux », pour n’importe quelle raison, qu’elles soient célèbres ou inconnues, engagées politiquement ou pas, noires, blanche ou d’une autre couleur, pour des motifs politiques ou pas, sexuels ou non, parfois juste pour le plaisir de nuire. Certaines victimes y résistent courageusement, d’autres prennent peur et cèdent pour mettre fin à la menace.

    Le cyberharcèlement se montre surtout sous son vrai jour : une avalanche de bêtise crasse déversée par des décérébrés se sentant tout puissants derrière leurs écrans, ne se cachant même pas dans l’anonymat puisque la plupart revendiquent tout à fait publiquement leurs sordides actions numériques. Ce film expose au grand jour le niveau de dégénérescence dont souffre une partie de notre société à force de publicités abrutissantes, de télévisions débilitantes, de comportements politiques infantiles, de matchs de ballon aux accents racistes ou nationalistes, de « débats » menés par Cyril Hanouna et consorts…

    Un certain nombre d’individus n’arrive pas à s’extraire de cet environnement déliquescent et libère bile et frustrations en nuisant à son prochain et utilisant la puissance du numérique. Ce n’est pas réjouissant !

  • La France médaille d’or de la dépense publique

    La France médaille d’or de la dépense publique

    Alors que les jeux olympiques (JO) d’été 2024 avaient été attribués à la France par défaut d’autres candidats, ceux-ci s’étant retirés lorsque de Comité international olympique (CIO) avait fait part de ses exigences financières : exonération fiscale totale de ses activités commerciales et garantie financière des Etats d’un minimum d’activité, voilà que la France est de nouveau la seule candidate pour l’organisation des jeux d’hiver 2030 et la seule à accepter ce racket financier.

    Tout de même conscient de la gabegie de dépenses publiques générés par ces JO pour un pays déjà surendetté qui n’arrive déjà plus à financer son fonctionnement courant, le Sénat, de majorité conservatrice, vient de voter un amendement au projet de loi de finances 2024 visant à annuler les nouvelles exonérations fiscales dont l’Etat veut faire bénéficier la trentaine de fédérations sportives internationales reconnues par le CIO, déjà nstallées sur le territoire national ou projetant de s’y installer. Hélas, cette proposition sera certainement rejetée par le gouvernement qui aura le dernier mot et fera sans doute adopter la loi de finances de façon « autoritaire » comme l’autorise la Constitution par le biais de son article 49.3.

    Non content de dépenser des sommes considérables pour l’organisation de compétitions sportives internationales, l’Etat exonère fiscalement les fédérations organisatrices (impôt sur les sociétés [IS], impôt foncier, TVA) ainsi que les salaires versés à leurs employés. La fédération de rugby a déjà bénéficié de ce statut pour la coupe du monde 2023 et le CIO en est bénéficiaire pour les JO 2024. Une telle « générosité » est proprement incompréhensible pour les contribuables français et parfaitement injustifiée s’agissant de fédérations sportives généralement très riches, le plus souvent, installées dans des paradis fiscaux et, régulièrement, mises en cause pour corruption.

    Lire aussi : Les ministres Philippe, Darmanin et Maracineanu jettent l’argent public par les fenêtres et signent leur méfait

    Le dernier budget en équilibre de la République française date de 1974, depuis, l’Etat dépense systématiquement plus qu’il ne gagne et finance les déficits en augmentant une dette publique qui vient de dépasser le seuil des 3 000 milliards d’euros et que nos enfants devront rembourser. Malgré cette situation financière significativement dégradée, des dirigeants de rencontre octroient des avantages fiscaux indus à des fédérations sportives et cherchent à organiser des jeux du cirque plutôt que de financer la recherche ou l’enseignement… Une nouvelle fois la France se distingue par son incapacité à hiérarchiser ses dépenses. C’est irresponsable et incompréhensible ! Alors que de plus en plus les Etats occidentaux se retirent de l’organisation de ces compétitions ne voulant pas en assurer les coûts prohibitifs, l’hexagone en profite pour se placer et dépenser toujours plus. Autant certaines dépenses peuvent être considérées comme « contraintes », autant organiser des JO en 2023 et en 2030 relève d’une aberration purement volontaire et que l’on pourrait facilement éviter. C’est une espèce de masochisme budgétaire qui caractérise la puissance publique qui rejette avec allégresse la misère sur les générations futures.

    Dans le projet de loi de finances 2024 les intérêts à payer sur la dette publique s’élèvent à plus de 50 milliards d’euros et devraient croître jusqu’à 60 milliards en 2026. De tels montants sont le résultat de la hausse continue de cette dette résultant de la mauvaise gestion publique et de l’augmentation des taux d’intérêt résultat des forces du marché. A titre de comparaison, le budget de l’enseignement scolaire est de 64 milliards en 2024 dans le même projet de loi, celui de la recherche et enseignement supérieur est de 32 milliards, celui de la justice de 10 milliards… Comment dans ces conditions ne pas jouer sur tous les leviers disponibles pour reprendre le contrôle de la dette ?

    Cette permanence dans la gabegie des sous prélevés sur les contribuables est… désespérante.

    L’amendement proposé par le Sénat

    ARTICLE 3 SEXVICIES

    Supprimer cet article.

    Objet

    Le présent article prévoit d’exonérer les fédérations sportives internationales reconnues par le Comité international olympique (CIO) de l’impôt sur les sociétés, de la cotisation foncière des entreprises et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Il prévoit également d’exonérer d’impôt sur le revenu leurs salariés pour une durée de cinq ans.

    Premièrement, cet article soulève des questions sérieuses de conformité à la Constitution. La portée du régime fiscal introduit par cet article ne semble pas proportionnée à l’objectif, qui est d’inciter les fédérations sportives internationales à s’installer en France, ce qui pourrait constituer une rupture d’égalité devant les charges publiques. De plus, laisser le CIO décider des fédérations internationales qui sont éligibles ou non à ces exonérations n’est pas respectueux de la compétence du Parlement en matière fiscale.

    L’argument selon lequel les fédérations sportives internationales pourraient être assimilées à des organisations internationales n’est pas recevable. Il faut rappeler tout d’abord que les organisations internationales ont un système d’imposition interne, ce qui n’est pas le cas des fédérations sportives internationales. Ensuite, et plus fondamentalement, le caractère dérogatoire des exonérations bénéficiant aux institutions internationales est justifié par l’intérêt commun des États souverains qui décident de s’associer entre eux. Les fédérations sportives internationales ne réunissent pas des États, leur statut n’est pas réglé par des conventions internationales, et certaines d’entre elles poursuivent des objectifs de rentabilité sans aucun rapport avec l’intérêt général.

    Au-delà des arguments juridiques, la mise en place d’un régime fiscal particulièrement dérogatoire, pour des motifs qui ne relèvent pas de manière évidente de l’intérêt de la Nation, est de nature à nuire au consentement à l’impôt. Alors que des efforts importants sont aujourd’hui nécessaires pour réduire le déficit et la dette, un tel « cadeau fiscal » du Gouvernement est tout simplement inacceptable.

    https://www.senat.fr/enseance/2023-2024/127/Amdt_I-170.html
  • Annie Ernaux se voit refuser son visa pour l’Algérie

    Annie Ernaux se voit refuser son visa pour l’Algérie

    On ne peut s’empêcher de (légèrement) sourire lorsqu’on apprend qu’Annie Ernaux (83 ans), prix Nobel de littérature 2022, s’est vu refuser son visa pour l’Algérie où elle devait se rendre pour assister au Salon international du livre d’Alger. Ce refus n’est pas motivé par les autorités algériennes mais certaines mauvaises langues évoquent une tribune signée il y a quelques mois par l’auteure réclamant la libération d’un journaliste algérien emprisonné par le régime. De sensibilité plutôt « progressiste » elle est habituée des tribunes et pétitions prônant le combat social, le féminisme, la lutte des classes ou le refus de la politique sanitaire française durant la pandémie du Covid19. Elle est bien entendu concernée par le traumatisme « décolonial » des anciennes colonies françaises et il est savoureux que ce soit la première d’entre elle qui lui refuse l’accès à son territoire…

    Eh oui, il existe des pays qui peuvent priver de visa des intellectuels occidentaux qui ont, même ponctuellement, pris des positions contraires à ce qu’ils estiment être leurs intérêts. Ces pays sont généralement aujourd’hui dans le « Sud global » mais les plus anciens se souviennent qu’il fut un temps, pas si lointain dans les années 1970, où, pour obtenir un visa d’entrée aux Etats-Unis d’Amérique il fallait certifier n’être pas communiste. Georges Marchais (1920-1997), ex-chef du Parti communiste français (PCF) se faisait d’ailleurs une joie de préciser à tout bout de champ qu’il pouvait librement entrer en Union soviétique mais était interdit de voyage aux Etats-Unis, marquant ainsi le vent de liberté qui soufflait sur Moscou quand Washington était l’hydre capitaliste.

    Aujourd’hui Mme. Ernaux n’ira pas en Algérie où le gouvernement ne veut pas l’y voir. Alger a décidé qu’il pouvait choisir qui pouvait entrer ou pas sur son territoire. C’est ce qu’on appelle la souveraineté nationale, exercée pour de bonnes ou de mauvaises raisons, chacun en jugera. Mme. Ernaux n’a pas communiqué sur le sujet.

  • Deux guerres et les mêmes « experts de plateaux télévisés »

    Deux guerres et les mêmes « experts de plateaux télévisés »

    Une deuxième guerre chaude s’est déclenchée au Proche-Orient après celle d’Ukraine qui dure depuis février 2022. Du coup, la bande de Gaza a remplacé celle du Donbass du jour au lendemain sur les chaînes d’information en continue et les mêmes « experts » de plateaux télévisés, un quarteron de généraux en retraite, recyclent leurs analyses des plaines de l’Asie aux sables du Sinaï. Ils ont toujours aussi peu de choses à dire sinon quelques informations récupérées sur Internet et les réseaux dits « sociaux ». Certes, tous ces galonnés ont certainement encore quelques numéros de téléphone à appeler de leurs camarades d’active ou de collègues en Israël ou en Ukraine, mais le propre des opérations militaires est d’être secrètes et, en principe, non annoncées sur les antennes alors nos « experts » ressassent les mêmes évidences qui s’avèrent régulièrement être de fausses informations.

    Au début de la guerre d’Ukraine ils avaient annoncé que le président russe était malade et devait mourir sous peu, que la Russie était à court de missiles, que l’armée russe allait s’effondrer, puis que « la Russie avait d’ores et déjà perdu la guerre », et patati et patata… Presque deux ans plus tard, M. Poutine semble toujours en bonne santé, les missiles russes tombent comme à Gravelotte et l’armée russe, certes n’avance pas, mais paraît tenir solidement ses positions.

    Aujourd’hui ils prévoient ce qui va advenir à l’armée israélienne si elle se décide à envahir la bande de Gaza. En réalité, personne n’en sait rien. Que les journalistes échafaudent des inepties semble dans le cours de choses, mais que d’anciens militaires se compromettent dans leur sillage est plus problématique. Ne sont-ils pas soumis à un devoir de réserve ? Sans doute plus une fois l’heure de la retraite sonnée. Peut-être faudrait-il revoir ce point et étendre ce devoir dans le temps ? Des journalistes incompétents qui ne savent pas dire « je ne sais pas », on est habitué, mais des généraux bavards c’est plus problématique d’un point de vue éthique et militaire.

  • Un président du sénat réélu malgré son âge de 74 ans

    Un président du sénat réélu malgré son âge de 74 ans

    Gérard Larcher, 74 ans, vient d’être réélu pour un énième mandat à la présidence de cette institution. Il occupe ce fauteuil depuis 12 ans compte tenu d’une interruption de trois ans entre 2012 et 2014. Il est âgé, pas antipathique mais néanmoins âgé. Il aurait été de bon ton qu’il envisage de céder sa place à un collègue plus jeune et dynamique. Il n’a pas démérité mais douze ans « ça suffit ». Sauf évènement imprévu il en prend pour trois années supplémentaires ce qui lui fera quinze années de présidence, si ce n’est plus dans le cas, pas improbable, où il se représenterait en 2026…

    Par son insistance à rester collé à son maroquin il symbolise l’immobilisme français d’une caste politique accrochée à des postes sous les dorures d’une République qui traite plutôt bien ses employés « VIP ». Ces hommes se croient indispensables à la survie d’un pays tiraillé entre l’attentisme d’une classe politique rance et la violence d’une jeunesse bigarrée et impatiente. Gérard Larcher est l’un des derniers dinosaures de la Vème République, il aurait été tout à son honneur qu’il sorte en beauté cette année, et avec les honneurs, pour prendre une retraite à peu près méritée (et lucrative puisque le « régime spécial » de la retraite des sénateurs a été maintenu en place). Il en a décidé autrement, hélas !

  • Tentative de meurtre au stade de Marseille

    Tentative de meurtre au stade de Marseille

    A l’occasion d’un match d’un championnat de rugby se tenant bien malencontreusement en France, et plus précisément à Marseille, un joueur français se fait casser la gu… par un adversaire namibien. Le choc est violent et le garçon en sort avec une fracture de la mâchoire. Comme il est le chef de l’équipe des brutes avinées françaises le désespoir envahit les bistrots où des milliers de supporteurs boivent des hectolitres de bière devant les écrans de télévision retransmettant les matchs car il est peu probable que le costaud blessé puisse revenir dans les stades avant la fin de la compétition le 28 octobre (mon Dieu, encore un mois d’abrutissement général…).

    Dans un monde civilisé cet évènement aurait été immédiatement qualifié de « tentative de meurtre » mais nous sommes dans l’univers du rugby il s’agit donc d’un choc « viril », certes rude, qui n’empêche pas les propagandistes de vanter « valeurs de partage du rugby » sur le site Internet de la fédération mondiale de ce sport :

    Le respect envers les coéquipiers, adversaires, officiels de match et tous ceux qui sont impliqués dans le Rugby est une valeur fondamentale.

    La solidarité, le Rugby crée un esprit d’unité, de loyauté et de camaraderie, des liens d’amitié pour la vie, un sens du collectif, qui transcendent les différences culturelles, géographiques, politiques et religieuses.

    Et bla-bla-bla…

    https://www.world.rugby/organisation/about-us/values

    On croit rêver.

    Antoine Dupont, après le choc

    Il semble que cette agression carabinée ait pris quelques libertés avec « le respect des règles », slogan répété comme un mantra par tous ces paquets de muscles. Espérons que cette compétition interminable ne va pas se terminer avec des morts sur le terrain. Il est malheureusement plus que probable que les chocs encaissés vont laisser des traumatismes durables dans les cerveaux de ces brutes qui les provoquent et les encaissent, sous couvert des « valeurs de l’ovalie »

    Lire aussi : Le rugby des dîners en ville

  • Le rugby des dîners en ville

    Le rugby des dîners en ville

    Dans les diners en ville, les amateurs de rugby à la télévision défendent mordicus que c’est un sport « de gentlemen » et lorsqu’on leur rétorque que c’est tout de même une activité violente on s’entend répliquer que l’on ne comprend rien à ce sport « tout en noblesse ». Quand on voit la tête de certains joueurs de rugby à la sortie des terrains on se demande vraiment où est la noblesse de ces montagnes de muscles qui s’entrechoquent de plus en plus violemment au point qu’il y a régulièrement des morts.

    D’ailleurs les joueurs professionnels eux-mêmes se mettent de plus en plus à attaquer leurs fédérations en dommages et intérêts pour ne pas les avoir assez protégés et pour faire face à leurs soins de santé. Beaucoup d’entre eux souffrent de démence à force d’avoir reçu des chocs sur la tête. En France, la fédération et la ligue du ballon ovale rétorque qu’elles installent des médecins indépendants sur les terrains du championnat et sensibilisent les équipes aux risques de commotions cérébrales. Sur les terrains amateurs la situation est encore moins contrôlée face à des risques similaires.

    Même devant ces faits documentés, les dîners en ville bruissent de commentaires énamourés à l’égard de ces brutes autodestructrices : « Un peu de brutalité et de virilité dans le respect des règles », ou encore « Un jeu de brutes exécuté par des gentlemen », etc. En réalité, les amateurs embourgeoisés de rugby télévisuel aiment s’encanailler devant le spectacle de ces violences qui leur font envie du fond de leur canapé, sans parler des troisièmes mi-temps fortement arrosées, voire sexualisées, tout en sirotant leur whisky Single Malt muri dans la tourbe irlandaise. La coupe du monde de rugby qui va se dérouler en France le mois prochain les fait frétiller de satisfaction tout en continuant à vanter ce sport ultra-violent, et en espérant que leurs enfants ne le pratiqueront pas un jour.

    Lire aussi : Des joueurs de rugby rendus séniles par les chocs répétés

  • La mort du dernier chef du groupe Etat Islamique

    La mort du dernier chef du groupe Etat Islamique

    On ne sait pas bien comment mais le dernier chef du groupe Etat islamique (EI) est mort, sans doute dans le nord de la Syrie. Soit il se serait suicidé lors d’une attaque des services secrets turcs, soit il serait mort au cours de combats contre un autre groupe religieux-terroriste, potentiellement aidé par la Turquie. L’évènement n’est pas daté mais remonterait au mois d’avril dernier ou de mai. L’EI a officiellement annoncé son décès et dévoilé le nom de son successeur.

    Le peu de retentissement donné à cette nouvelle illustre la perte de puissance de l’EI qui avait été à l’origine de nombre d’attentats terroristes en Occident tout en étant très actif dans la guerre civile syrienne contre le pouvoir. C’est une bonne nouvelle tant cette organisation a déployé une terrifiante inventivité en termes de barbarie pour effrayer et lutter contre ses ennemis et imposer sa vision de l’Islam. Mais il ne faut sans doute pas l’enterrer pour autant, l’EI a semé les graines de la terreur religieuse partout à travers le monde, des semences qui peuvent germer de nouveau à tous moments. En attendant le groupe continue à mener sa guerre en Syrie et dans quelques autres territoires annexes où elle déclenche des attentats meurtriers de façon régulière, en Afghanistan notamment.

    Quel que soit l’avenir du terrorisme islamique, l’EI aura marqué le début du XXIème siècle dans un monde qui ne s’attendait pas à un tel déchaînement de violence mondialisée.

  • « La critique est facile mais l’art est difficile… »

    « La critique est facile mais l’art est difficile… »

    Entendu lors d’un dîner en ville de CSP+ (voire +++).

    • Macron est un incapable
    • Les élus sont nuls
    • La délocalisation dans l’industrie pharmaceutique entraîne la pénurie des médicaments
    • Les voitures électriques ne remplaceront jamais les véhicules thermiques
    • La politique énergétique du gouvernement est à jeter
    • La financiarisation de l’économie déconnecte les dirigeants de l’économie réelle
    • Les dividendes versés aux capitalistes augmentent quand le standing des hôtels diminue pour les salariés en mission
    • Etc. etc.

    On voit ici l’illustration du syndrome français : simplisme et critique généralisée, qui explique aussi pourquoi la France est un pays gros consommateur de psychotropes. Tout est noir, tout est à jeter et, du fond de son fauteuil, le Français a la solution évidente à tous les maux du pays, il suffit de l’écouter. Aucune réalisation ne rencontre son agrément, celles dont il bénéficie sont considérées comme normales, comme un dû, mais jamais portées au crédit de leurs initiateurs. Ce comportement pessimiste et négatif est en partie responsable de l’immobilisme, de l’inertie, du pays et de son enfoncement progressif dans le déclassement et une certaine décadence. Il marque aussi la différence avec les pays anglo-saxons plus dynamiques, plus réactifs pour chercher et mettre en œuvre des solutions à ce qui doit être amélioré.

    La vieille Europe latine est accrochée aux oripeaux de sa gloire passée, « c’était mieux avant », plutôt que de définir les conditions de son futur dans un monde qui évolue à un rythme encore jamais constaté.

  • Un kif de ouf pour le remaniement

    Un kif de ouf pour le remaniement

    A l’occasion d’un remaniement ministériel en France, sans grand intérêt, on apprend que la nouvelle sous-ministre de la ville, Sabrina Agresti-Roubache, une marseillaise, a signé et publié en 2022 un livre qui s’intitule « Moi la France, je la kiffe ! ».

    Ça promet…

  • Des chroniqueurs de guerre inconséquents

    Des chroniqueurs de guerre inconséquents

    Le microcosme médiatique qui commente la guerre d’Ukraine depuis plus d’un an connaît des hauts et des bas au gré des avancées et reculades du front. Reporters de salon pour la plupart, renforcés par une escouade de généraux en retraite, « experts » en stratégie et différentes armes, ils commentent sans vraiment savoir grand-chose ce qui se passe au cœur de cette guerre et de ses états-majors. On se souvient de la guerre de libération du Koweït en 1991 qui fut le premier conflit filmé en direct par la chaîne américaine CNN. C’était l’apparition des chaînes d’information en continu et de la censure que les armées contrôlaient afin d’éviter le désastre informationnel de la guerre du Vietnam où les reporters de guerre avaient accès à tous les terrains de combats de leur choix, étaient même véhiculés gratuitement par les hélicoptères des Marines et pouvaient en diffuser toute l’horreur sans aucun contrôle militaire mais avec tout de même le délai nécessaire au rapatriement des bandes du Vietnam vers les Etats-Unis avant qu’elles ne soient diffusées sur les poste de télévision de l’Amérique moyenne.

    Au Koweït les journalistes assistaient aux briefings des états-majors, plus tournés vers une propagande de bon aloi que vers de l’information et ils pouvaient diffuser les images des combats fournées par l’armée. Certains étaient « embeded », c’est-à-dire choisis par la hiérarchie militaire pour accompagner telle ou telle unité de combat et autorisés, ou pas, à diffuser des images de ce qu’on leur laissait filmer. Alors sur les plateaux parisiens, ou new-yorkais, les journalistes mondains n’avaient strictement rien à dire d’intelligent sinon de constater des départs de missiles ou les cibles atteintes dont ils ignoraient la plupart du temps la localisation de ces images, ni même si elles étaient réelles ou trafiquées. C’était de la pure propagande mais les téléspectateurs restaient fascinés par ces images de la guerre moderne, garantissant ainsi de bonne audience à ces émissions qui n’ont duré que quelques semaines, le temps de renvoyer l’armée irakienne dans ses pénates.

    C’était en 1991 ! Nous sommes aujourd’hui en 2023 et la situation n’a guère changé sinon que cette guerre est beaucoup plus longue et militairement plus « équilibrée » entre les parties, ce qui laisse aux « experts » le temps et la fantaisie de changer d’avis. Admiratifs devant la résistance ukrainienne des premiers mois, enthousiastes après la débandade russe de fin 2022 qui permit la reprise de Kharkiv et de Kherson, ils sont aujourd’hui plus dubitatifs devant les difficultés ukrainiennes à reprendre du terrain à l’armée russe solidement installée derrière ses lignes sur la partie du territoire ukrainien qu’elle occupe.

    En novembre 2022 la Russie avait déjà « perdu la guerre, quoiqu’il arrive » et celle-ci allait bientôt se terminer, aujourd’hui nos commentateurs en sont moins assurés et prédisent au contraire une guerre longue, avant qu’une éventuelle nouvelle percée ukrainienne ne les fasse revenir sur leur première prédiction ?

    La réalité est que les « experts » de plateaux télévisés ne savent pas grand-chose sur ce qui se passe réellement sur le front, et encore moins sur ce que mijotent les états-majors dans le secret de leurs bunkers. Le mieux serait qu’ils commentent les images que les belligérants leur laissent filmer, donnent éventuellement quelques éléments techniques pour expliquer la différence entre les canons Ceasar et les lance-roquettes IMARS, et encore, mais qu’ils s’abstiennent de toute prévision sur l’issue de ce conflit comme tout observateur intelligent devrait le faire.

    Mais il est vrai que nous sommes dans un pays, la France, où les campagnes électorales se font désormais en partie dans les émissions de variété de caniveau de Cyril Hanouna… alors exiger de l’intelligence dans la corporation des journalistes et « experts » télévisés est une vaste tâche !

  • Dialogue sur une aire de repos

    Dialogue sur une aire de repos

    Une grosse berline est arrêtée à l’ombre des arbres d’un parking de station essence au bord d’une route bretonne à quatre voies. A l’arrière une vieille femme, voilée et âgée, somnole, devant, une jeune maman donne le biberon un nourrisson et à l’extérieur un papa jovial s’occupe de sa petite fille. Ils sont en route pour des vacances à Perros-Guirec.

    Le chroniqueur est également au repos pas loin de la berline, la petite fille vient lui rendre visite et le voilà qui entame la conversation avec le papa jovial et sympathique, jeune quarantenaire avec un peu d’embonpoint et la barbe de quatre jours de rigueur, ingénieur informaticien, autrefois freelance mais désormais salarié depuis qu’il a deux enfants « pour la sécurité financière ».

    Et puis la conversation tourne vers la réforme des retraites françaises. Le papa goguenard ne semble pas traumatisé par l’allongement du nombre d’années à travailler pour sa génération avant de pouvoir prendre une retraite à taux plein :

    – Moi j’ai fait Bac+5, donc j’ai commencé à travailler à 25 ans, 25 + 43 cela une retraite à 68 ans !
    – Oui, c’est assez logique, mais vous n’avez jamais travaillé durant vos cinq années d’études, vous n’avez pas accumulé quelques trimestres à l’assurance vieillesse ?
    – Ah non, je n’ai pas travaillé durant mes études.
    – Ce n’était pas interdit pourtant et puis c’est plutôt intéressant même s’il s’agit de « petits boulots », ça forme le caractère et… ça rapporte des trimestres pour la future retraite.
    – Ah oui, c’est vrai, eh bien je le dirai à mes enfants pour plus tard !

    Et la petite famille repart dans sa confortable berline, probablement une voiture de fonction, vers un repos breton sans doute bien mérité. Encore un citoyen qui devait être opposé à la réforme des retraites et qui, manifestement, ignorait la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi ». Tant pis pour lui, il travaillera un peu plus longtemps que ses aînés et il n’en mourra pas.

    Ségolène Royal, toujours à propos