Mesure de salut public pour les Allemands, leurs télévisions ne transmettent plus le Tour de France. Le niveau culturel germanique devrait s’en ressentir favorablement.
Catégorie : Humeurs
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Barbouzeries françaises dans le grand business
Galouzeau de Villepin va être mis en examen dans l’affaire Clearstream après des perquisitions menées à son domicile, elles-mêmes rendues possibles par une fouille de l’ordinateur du général Rondot sur lequel des experts ont pu reconstituer des fichiers détruits. On reste un peu confondu devant un tel amateurisme de la part d’un maître espion. Un enfant de 10 ans sait qu’un fichier sur un ordinateur n’est jamais complètement détruit et le Rondot l’ignorait ! On lui a appris quoi à la DGSE ? A dynamiter les bateaux de Greenpeace sans doute, mais pas à planquer des documents.
Au moins Gergorin, celui qui écrivait des lettres anonymes au juge depuis son bureau au lieu de vendre des Airbus, a fait disparaître son ordinateur correctement. Il est accusé de destruction de preuves, certes, mais du coup il n’y a plus de preuves.
D’après Le Monde les juges seraient ressortis de chez le Galouzeau avec des dossiers en pagaille marqués Affaire Clearstream, un ordinateur et autres babioles. Ça aussi c’est un mystère : les journalistes récupèrent les procès-verbaux d’audition ou de perquisition en 24 heures. Comment font-ils ? Mis à part un ou deux juges et leurs greffiers, il ne doit pas y avoir grand monde ayant accès à ces documents et prêts à violer le secret de l’instruction.
Globalement on a l’impression d’avoir à faire soit à une bande d’incompétents notoires, soit à des manipulateurs dont le machiavélisme dépasse l’entendement. On penche plutôt pour la première solution : une clique de corneculs de première catégorie qui confondent domaine public et fait du Prince, se croyant au-dessus de tout et autorisés au pire, alors qu’ils sont payés pour faire un boulot qu’ils délaissent.
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Corrida & cie
Le bon peuple espagnol se fait encorner à Pampelune par des taureaux en fureur lâché dans les rues et les vapeurs d’alcool de la soirée précédente : traditions et arriération font souvent bon ménage.
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Renvoi d’ascenseur
La France propose la candidature de Strauss-Kahn pour la tête du FMI : entre coup de Jarnac et illusion sur la puissance de notre nation à imposer qui que ce soit dans cette institution, Sarkozy s’agite pour occuper l’espace.
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Juppé se détend
Eh bien voilà le Juppé qui se lâche et qui agresse un journaliste insupportable. Ce matin il a annoncé qu’il gardait la mairie de Bordeaux (fauteuil pour l’amour duquel il a tout de même fait démissionner le conseil municipal il quelques mois à peine). C’est bien mon Juju, vas-y, laisse-toi aller ! D’abord profite de la vie dans le sud-ouest, elle est cool. Flingue quelques journalistes, il en restera toujours assez pour poser des questions stupides. N’hésite pas à leur dire qu’ils sont des crétins, tu verras cela détend merveilleusement, comme une thalasso à Biarritz. Et puis prend ton vélo et va pédaler dans les landes, au grand air, cela va te régénérer, tu es tout pâle ces derniers temps.
Mon Juju, plus ça va et plus je me sens proche de toi, sans bien entendu prétendre égaler ta haute stature. Tous les deux nous sommes honnêtes et droits, rigoureux et inspirant la confiance aux belles-mères, mais tristes et déprimant, et sans une once de sens commercial. Alors Juju, ce n’est pas grave, c’est comme ça, c’est tout ! Il faut prendre la vie comme elle est et ne pas éternellement chercher à inverser le cours de choses. Il vaut mieux essayer de s’intégrer avec harmonie dans le courant qui nous porte.
Mon Juju, les électeurs c’est comme les femmes, ils couchent avec les gens qui les font rêver, pas avec les comptables ! Et je n’ai pas besoin de te faire un dessin, toi et moi on est plutôt dans la deuxième catégorie. Donc pas de déprime, pas de tentation de Venise ou d’ailleurs, just keep cool la vie est belle Juju, consacre-la simplement à ce que tu sais faire, c’est-à-dire pas les élections ou la politique, tu es trop pur pour ça.
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Les repris de justice ne sont pas repris par les électeurs
Grande avancée conceptuelle à l’issue de ce deuxième tour des élections législatives, il semble que le statut de repris de justice ne soit plus un aussi fort argument électoral que par le passé : Juppé, Carignon, Mellik sont dégagés, seul Tibéri réussit à se faire élire.
Bon, Juppé-le-contracté se fait sortir par la bourgeoisie bordelaise, que l’on ne savait pas particulièrement révolutionnaire ; il faut quand même le faire ! Il a sans doute déployé les derniers efforts pour arriver à un tel résultat. Il est vrai que nos us et coutumes sont quand même un peu bizarres : son chef Fillon l’oblige à être élu député pour rester ministre puis à démissionner aussitôt pour s’installer à Paris alors que c’est justement s’il n’était pas élu à Bordeaux qu’il aurait le temps d’être ministre puisque s’il est député il a plus le loisir d’être ministre. Peut-être que les Bordelais raisonnent ainsi et ne comprennent pas grand-chose à ces embrouillaminis politicards ?
Donc, Juppé-raide-comme-un-passe-lacet a démissionné du gouvernement et devrait se retirer une deuxième fois de la vie politique. Malgré ses cotés plutôt sympathiques (il a accepté de payer en justice pour Chirac sans broncher pour les affaires de la mairie de Paris) il va falloir qu’il réalise une bonne fois pour toutes que les Français ne l’aiment pas et le rejettent systématiquement où qu’il se présente. C’est ainsi. Pourquoi continue-t-il à s’acharner ? Ne peut-il essayer de profiter de la vie à Québec ou à Bordeaux : un petit mandat municipal, un peu de consulting politico-communicant, plus sa retraite d’ancien ministre et la vie sera belle ? Il pourra emmener sa jeune épouse faire du shopping et un peu de tourisme culturel. Que demande le peuple ?
L’UMP pleure des larmes de crocodiles sur le sort de Juppé-le-raide-comme-la-Justice avec une mauvaise foi remarquable. On va bien arriver à le remplacer au ministère du développement durable, ce n’est quand même pas le bout du monde. Et puis on parviendra aussi assez bien à se passer de son caractère soupe au lait et surtout de sa fidélité à Chirac.
Juju, crois-le, il y a une vie après la politique (c’est ton maître Chirac qui l’a dit), et puis promis, o, t’emmène voir les Stones la prochaine fois tu pourras reprendre I can’t get no satisfaction! avec Mick. Et d’ailleurs samedi soir au stade de France, Mick nous a dit entre deux chansons que Fillon était dans l’assistance. Donc tu vois, lui il était peinard, déjà réélu et pendant que tu sonnais aux portes pour faire la manche aux voix, il se la coulait douce. Tu crois qu’il serait venu donner un coup de main à Bordeaux à son ministre en chef ? Que nenni il a préféré les Rolling Stones au soutien à un concurrent. Il t’a laissé te faire étriller sans remord. Prends-en de la graine Juju, détend toi, souris, arrête de courir, de prendre des coups, sois cool et tout ira bien !
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Assaut de vulgarité gouvernementale
Lors de la passation de service entre premiers ministres, Mme Galouzeau de Villepin, épouse du sortant, porte une veste à imprimée avec parements bleus où on peut lire « adios, bye bye, ciao ciao, salut ». Après Rachida en corsage transparent la veille pour l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, les femmes brillent à droite pour essayer de suivre la voie sexy de Ségolène Royal !
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Nouvelle organisation gouvernementale
La soupe est en train de cuire mais il semble qu’il n’y aurait que quinze couverts au banquet ministériel et, oh crime de lèse-majesté, la moitié de femmes plus quelques ministres de gauche ou de la société civile. Cela ne laisse que cinq ou six places pour les grognards de l’UMP qui en semblent fort marris et le font savoir.
C’est étonnant l’ambition de ces gens pour un maroquin et la si haute idée qu’ils ont d’eux-mêmes ! C’est quoi un poste de ministre ? Des portes capitonnées et une grosse voiture, des soucis et plus beaucoup de prise sur l’évènement. Mais beaucoup de télévision et de médias.
C’est comme le Sarko, a priori il s’estime irremplaçable à la tête de l’UMP et y place une direction collégiale après sa démission.
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Des critères logiques
Le président Sarkozy affirme qu’il choisira ses ministres sur des seuls critères de compétence et non de fidélité :
La fidélité est pour les sentiments, la compétence pour le gouvernement.
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Fabius interruptus
Le « Zapping » de Canal+ repasse Fabius lors de la soirée électorale de dimanche soir, interrompu par Pujadas qui préfère donner la parole à Johnny en direct à la sortie de Fouquet’s plutôt que de poursuivre avec le discours rabâché de notre socialiste mondain !
La tête de ce pauvre Fafa valait le déplacement. Il a juste eu le temps d’ajouter « Ah ! Il est revenu de Suisse ? ». Dieu merci le téléspectateur en a eu pour son argent et a pu goûter toute la subtilité de l’analyse politique du rocker, toujours plus intéressante que celle de Pujadas malgré tout.
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Chapeau l’artiste
Quel parcours quand même ce Sarkozy ! Immigré de la 1ère génération, non énarque, et président de la République française à 52 ans. Que l’on soit d’accord ou non avec ses idées, c’est tout de même impressionnant. Quand on pense à l’ambition féroce qui a animé un Chirac toute sa vie alors qu’il était issu du sérail gaulliste, sortait de l’ENA et était marié avec une représentante des 100 familles de la noblesse industrielle ; on imagine difficilement la rage, la haine, l’incroyable énergie, l’absence totale de doute et de scrupule qui ont dû animer ce bonhomme tout au long de sa lutte pour le pouvoir suprême.
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Résultat de la course à l’Elysée
Ségolène perd avec le sourire. 85% des électeurs se sont prononcés. Le Pen est ramené à 10%, le parti communiste ne devrait plus s’en remettre ; on a vu pire comme résultat électoral !
La prochaine avancée démocratique pour la France serait sans doute de se doter de rédactions de journalistes intelligents dans ses principaux médias. Vaste tâche à l’aune de la qualité des questions ce soir sur les grandes chaînes hertziennes : l’unique souci des interviewers est de savoir qui va tuer qui au PS, qui sera nommé premier ministre à droite et où Sarkozy part en vacances.
Alors à chaque invité qui défile, et une rédaction de télévision un soir de deuxième tour c’est une véritable auberge espagnole, ils posent les mêmes questions vides de sens, ou interrompent les politicards pour donner la parole à Johnny ou à Bigard. En plus Mireille Matthieu chante la Marseillaise, on espère qu’on fera mieux pour la suite question renouveau !
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Le journal Le Monde se prononce
Après avoir appelé à un deuxième tour Ségo/Sarko, donc sans Bayrou, Colombani dans Le Monde appelle à voter Ségolène :
Sa victoire lui donnerait l’autorité pout engager ce travail de réinvention indispensable. C’est un pari. Pour le pays, il mérite d’être tenté.
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Copinage malsain
A sa sortie de l’Elysée la semaine prochaine le président Chirac doit emménager, provisoirement, avec sa famille dans un appartement sur les quais parisiens prêté par la famille Hariri. Est-ce qu’on imagine de Gaulle allant s’installer en 1969 dans l’hôtel particulier d’Houphouët-Boigny ?
Rien de bien grave sur le fond mais il est tout de même étonnant qu’il n’y ait personne dans son entourage pour lui signaler l’effet déplorable qui peut résulter de l’emménagement d’un ex-chef d’Etat français dans l’appartement d’un politico-affairiste libanais à la réputation très discutée, assassiné par des malfrats à Beyrouth, sans doute avec la participation, ou à l’initiative, de la Syrie. Encore plus étrange d’ailleurs qu’il n’y pense pas lui-même. On nous fera tout de même difficilement croire que notre République ne peut pas loger ses anciens maîtres !
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Du rififi à la Banque Mondiale
Le patron de la Banque Mondiale Wolfowitz continue à s’accrocher à son siège malgré son aveu d’avoir favoriser sa copine travaillant dans l’institution. C’est assez fort pour un pourfendeur de la mauvaise gouvernance des pays du tiers-monde bénéficiaires des prêts de la Banque Mondiale. Certains pays doivent se tenir les côtes à la lecture des conditionnalités anti-corruption imposées par la Banque dans ses programmes.
On ne sait plus qui a dit « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument » mais il y a de ça. On a vraiment l’impression qu’un sentiment d’impunité totale, une perte de contact avec les réalités, animent les actions de nos puissants et ce n’est pas bien, même s’il ne s’agit que de corruption intellectuelle.
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Ségolène vs. Bayrou
Le microcosme médiatique parisien a trouvé un vrai non-sujet dont tout le monde se moque mais qu’à force de bourrage de crâne et de gros titres il arrive à transformer en débat de société : la Royal va-t-elle papoter avec Bayrou entre les deux tours face aux caméras ? Au moins pendant que l’on s’étale sur la dimension de la table ou sur la tenue de Mme Royal on évite d’étaler l’abrutissement « people » dont fait preuve ledit microcosme plus préoccupé à sentir le fumet de la soupe à partager qu’à analyser des programmes et des idées.
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Saint JP II
Le pape Jean-Paul II va être béatifié. Dans son dossier de certification ISO du miracle réalisé figure la guérison de la maladie de Parkinson d’une bonne-sœur, deux ans après la mort de Jean-Paul ! Elle aurait passé une nuit en dévotion et de prière tournées vers notre pape défunt et se serait retrouvée guérie. Tant de sornettes sont-elles vraiment nécessaires au dogme ou tout simplement pour reconnaître la valeur d’un homme ?
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Abrutissement des masses
Le nouveau thème populiste à la mode électoraliste porte sur l’identité nationale et le drapeau bleu-blanc-rouge ! Deux gamines adolescentes à qui l’on demande à quoi sert le drapeau national répondent la bouche en cœur : « c’est pour la coupe du monde »… Il va falloir sacrément doter le budget du futur ministère de l’identité nationale pour inverser la tendance.
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Le pape rappelle le règlement
Notre bon pape Benoît XVI pond une exhortation apostolique où tout y passe : du refus du mariage des prêtres au retour à la messe en latin, de l’interdiction de sacrements aux divorcés-remariés au découragement de l’introduction dans le chant liturgique de genres musicaux qui ne sont pas respectueux de la liturgie. Bref, un bon petit programme catholique qui semble néanmoins poser des problèmes à certains spécialistes de la question, journalistes au Monde ou chercheurs au CNRS.
A quoi s’attendent-ils ces braves gens ? A ce que Benoît se transforme en démocrate participatif et copie Ségolène en organisant des émissions populaires sur TF1 ? Ils confondent tout simplement le dogme et la démagogie. A-t-on déjà vu un idéologue, qui plus est de droit divin, prendre le pouls de ses électeurs ? Certainement pas puisqu’il détient la science infuse en direct du Tout Puissant. Il n’a pas besoin de compter ses voix.
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La presse en accusation
Un très intéressant article dans Le Monde sur le discrédit des journalistes : ceux qui couchent avec les politiques, ceux qui soutiennent les mauvais chevaux, ceux qui posent les questions les plus stupides qui soient. Après le tonitruant « Taisez-vous Elkabbach » lancé par Georges Marchais il y a quelques années, les plumitifs sont redevenus la cible des hommes politiques qui flinguent la presse dans leurs meetings. Dans un grand élan de démocratie participative les télévisions remplacent les questions des journalistes par celles des téléspectateurs ! Et les journalistes se demandent à quoi donc peuvent-ils servir ?
Beaucoup servent la soupe à des politiques qui se vautrent dans la bauge de la pipolisation avec délices : Chirac passe chez Drucker, Ardisson demande à Rocard si « sucer c’est tromper ? », etc. On se demande souvent pourquoi certains politiques ne quittent pas les plateaux quand les questions passent les bornes de la raison ou de la décence.
Sans doute les électeurs porteraient plutôt un tel geste à leur crédit. En attendant, l’unique préoccupation de la presse au cours des six derniers mois de l’année 2006 était de savoir qui se présente et quand (jour et heure) les impétrants annonceront leur décision ; depuis 2007 les questions journalistiques tournent uniquement sur le déversement des résultats de sondages par candidat avec la réflexion puissante du genre : « ça monte pour x, ça descend pour y ». Du fond, il n’est jamais question. Le discrédit n’est peut-être pas totalement injustifié. Et c’est un journaliste qui l’écrit dans Le Monde.
