Avec la fin annoncée de
la domination du groupe Etat islamique sur un territoire formel en Syrie, la
question du sort des terroristes non syriens se retrouve posée d’autant plus
que nombre d’entre eux commencent à se rendre aux forces kurdes et non
gouvernementales syriennes qui les assaillent et les bombardent à qui mieux-mieux
avec l’aide de la coalition internationale disposant d’une force aérienne
puissante.
Il y a de nombreux morts
bien sûr, mais on voit aussi sortir des décombres de la ville de Bagouz des
terroristes éclopés, et aussi, plus stupéfiant, des cortèges de femmes intégralement
couvertes de robes noires de la tête aux pieds, avec leurs enfants, parfois
eux-aussi blessés. Les photographes se régalent en prenant des photos de ces fantômes
noirs au milieu du désert avec leurs bambins habillés de couleurs traînant leurs
doudous au milieu de la caillasses asséchée. C’est l’une des caractéristiques de
cette guerre religieuse : les combats se mènent en famille, avec femmes et
enfants, qui, parfois, participent eux-mêmes aux carnages. On a vu des vidéos
de gamins assassinant des otages et il se dit que les femmes combattantes ne
sont pas les moins cruelles. Des enfants sont aussi nés dans ces combats :
« les lionceaux de califat » afin de constituer l’armée future. Alors
que dans les guerres passées, il était plutôt de tradition de mettre les femmes
et les enfants à l’abri des misères de la guerre, ici, tout le monde est sur le
front.
Cette horde hagarde qui
sort actuellement des ruines est composée d’un patchwork de nationalités. Il y
a des français bien sûr, notre pays ayant constitué l’un des plus nombreux quotas
de cette guerre pour Dieu. On entend des femmes expliquer derrière leur voile
noir qu’elles n’ont rien commis mal, que leurs maris qu’elles ont suivis bien innocemment
depuis la France sont morts au combat et qu’il faut maintenant que la
mère-patrie les accueille avec leurs progénitures. Leurs dires sont invérifiables
et en France, personne ne sait bien quoi faire avec ce sujet :
Mme. Michu explique qu’ils ont voulu partir en Syrie alors qu’ils y
restent, certains élus prônent des « assassinats ciblés » par les
services de sécurité français, les humanitaires font pleurer dans les
chaumières, les juristes ânonnent que la République doit le soutien à ses
ressortissants, d’autres pensent qu’ils seront mieux sous surveillance dans l’hexagone
que laissés à eux-mêmes au Moyen-Orient. Il est toujours facile d’avoir un avis
quand la décision relève d’un autre… Pour le moment, le pouvoir exécutif édicte
que les crimes commis dans des pays étrangers doivent être jugés dans ces pays
et que le rapatriement des enfants sera décidé au cas par cas. Plusieurs centaines
de terroristes religieux, hommes et femmes, sont d’ailleurs déjà revenus d’eux-mêmes
en France et, pour nombre d’entre eux, végètent en prison après leur
condamnation en attendant une libération certaine, dont les premières sont déjà
annoncées pour 2019.
Il est plus que probable
que parmi ces futurs libérables ou rapatriés, certains n’ont pas abdiqué avec
leur fanatisme religieux et la mission de tuer les mécréants dont ils se
sentent investis. Cette population cherchera sans doute à semer de nouveau la
terreur, en France et ailleurs. Certains d’entre eux auront certainement les
moyens de passer entre les mailles des filets de la surveillance policière mise
en œuvre à leur encontre. C’est statistiquement une évidence.
Le pouvoir aux responsabilités avance prudemment et de façon pragmatique sur la question et semble utiliser les différents moyens à sa disposition tout en restant dans les limites de la démocratie et de l’intelligence, malgré les aboiements irresponsables de son opposition. Des assassinats ciblés, il y en eut et il continue à se produire : on a vu récemment l’exécution des frères Clain, fervents catholiques normands convertis à l’islam et devenus personnages importants dans la hiérarchie du groupe terroriste (la mort d’au moins l’un d’entre eux a été confirmée), par un tir de drone de la coalition internationale le mois dernier à Bagouz justement Certains procès locaux ont déjà aboutis en Irak contre des citoyens français ; des enfants orphelins ont déjà été rapatriés sur le territoire national ; les terroristes revenus d’eux-mêmes sont désormais judiciarisés dans le cadre des lois ayant criminalisé la participation a des entreprises terroristes. On ne peut pas non plus exclure que certains des revenants soient rentrés discrètement et aient échappés à l’application de la Loi.
Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils seront au pouvoir, qu’ils se fassent déjà élire.