Catégorie : Religion

  • La théorie d’Olivier Roy

    Dans un dîner en ville le chroniqueur s’est vu interdire de prendre la parole sur le sujet des attaques terroristes sur Paris en novembre dernier tant qu’il n’avait pas lu la théorie d’Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste ». Le raisonnement de ce spécialiste de l’islam est que l’extrémisme des terroristes ne serait pas le fait d’une quelconque religiosité mais plutôt d’une rébellion nihiliste à la recherche d’une cause : « Il ne s’agit pas de la radicalisation de l’islam, mais de l’islamisation de la radicalité. ».

    On ne va pas trop rentrer dans les détails de la démonstration mais que ces extrémistes aient commencé par la radicalisation pour aboutir à la religiosité, ou l’inverse, on passe bien par le fait religieux et là est le problème, lorsque le dogme prend le pas sur la raison. Alors qu’il s’agisse d’une révolte générationnelle happée par le coran ou d’une religiosité obtuse passée aux armes, ces extrémistes tuent au nom de Dieu comme l’indiquent les cris de guerre dont ils accompagnent leurs crimes.

    Que l’on soit dans une théorie ou l’autre, le problème de fond est le traitement à appliquer à cette déviance mortifère. Et là, personne n’a vraiment de solution évidente à proposer. Il s’agit en gros d’un problème de bêtise humaine, de régression intellectuelle qui doit pouvoir être traité par de l’intelligence. Mais cela prendra du temps, sans doute plusieurs générations en admettant que le traitement puisse commencer immédiatement ce qui est loin d’être le cas…

    LE MONDE | 24.11.2015 à 06h44 • Mis à jour le 30.11.2015 à 09h23

    Par Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam (suite…)

  • Religion au Moyen-Orient… toujours

    L’Arabie Saoudite et quelques autres Etats du Golfe persique annoncent la rupture de leurs relations diplomatiques suite aux réactions chiites intervenues après l’exécution d’un iman chiite en terre sunnite.

    Rappelons de quoi nous parlons :

    • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
    • Les musulmans sunnites chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel

    Pour ne pas être en reste, précisons que :

    • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète avec des variantes entre ceux qui croient à la sainte-vierge et ceux qui n’y croient pas
    • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
    • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
    • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
    • Etc. etc…

    Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu. Mais en attendant, au nom de celui-ci, on sème la mort et la désorganisation sur une bonne partie de la planète.

    Ce qui serait profitable à l’Humanité serait que toute cette énergie dépensée pour défendre par les armes des dogmes incertains soient consacrée à instaurer des Etats apaisés avec des règles de gouvernance démocratique et un développement économique à peu près partagé entre les administrés.

    Cette évolution a été engagée au XXème siècle par l’Occident, gageons qu’elle le sera aussi, un jour, au Moyen-Orient, reléguant ainsi les conflits religieux d’un autre âge au rang des mauvais souvenirs.

  • Religion… encore au Moyen-Orient

    L’Arabie-Saoudite sunnite exécute 47 condamnés à mort dont un imam opposant, saoudien amis chiite. Il n’en faut pas plus pour que l’Iran chiite s’insurge et que ces deux pays théocratiques s’invectivent en s’accusant mutuellement de terrorisme.

    Téhéran accusant Ryad de terrorisme, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité ! Venant de ces deux Etats religieux musulmans qui ont profondément inséré le terrorisme dans les modes de fonctionnement du XXème siècle et du XXIème débutant pour régler leurs contentieux ou diffuser leurs idéologies, cela pourrait prêter à sourire ne serait-ce le contexte qui pourrait encore déraper dans une nouvelle guerre arabo-perse si la diplomatie intelligente ne reprenait pas le dessus.

    L’Arabie-Saoudite en diffusant largement son courant wahhabite très conservateur est devenue l’inspiratrice de nombre de ces mouvements qui dynamitent actuellement la planète. L’Iran a trempé dans beaucoup des complots terroristes de la fin du XXème siècle et la France a été particulièrement touchée que ce soit sur son propre sol ou au Liban (attentat sur l’immeuble du Drakkar, entre autres, 58 militaires français morts, plus la famille libanaise du gardien de l’immeuble).

    Avec un pays comme l’autre la France a commercé et continue de le faire, initiant d’ailleurs il y a quelques décennies l’industrie nucléaire iranienne, quelle folie ! Il est des situations où le commerce permet d’apaiser les tensions en modernisant ses acteurs. Nous n’en somme manifestement pas là dans ce Moyen-Orient compliqué.

  • Etonnant !

    Le ministère français de la défense a communiqué le 17/11/2015 à 8h05 :

    Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2015 à 1h30 (heure française), l’armée française a de nouveau mené un raid contre Daech – à Raqqah en Syrie. La force Chammal a détruit deux sites opérationnels de combattants terroristes.

    Le raid était constitué de dix avions. Les équipages ont décollé à partir des bases situées en Jordanie et dans le Golfe arabo-persique (GAP) pour se rejoindre au-dessus de la Syrie. Réalisé en coordination avec la coalition, le raid aérien composé de six Mirage 2000 et quatre Rafale a frappé simultanément un centre de commandement qui abrite l’un des quartiers généraux de Daech, et un centre d’entraînement. Au total 16 bombes ont été délivrées…

    16 bombes lâchées par 10 avions sur deux sites opérationnels… on s’étonne qu’il reste encore des sites opérationnels du groupe Etat islamique après plus d’un an et demi de bombardements syriens, occidentaux et maintenant russes sur cette malheureuse Syrie ! De quoi s’agit-il exactement ? Deux tentes de bédouins dans le désert ? Des bâtiments en dur ? Qu’est-ce que bombardent les avions de la coalition depuis 18 mois sinon les centres opérationnels ? Tout ceci reste est un peu mystérieux pour les citoyens que nous sommes.

  • A qui la faute ?

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    Les responsables des attentats religieux de Paris vendredi dernier sont d’abord ceux qui ont appuyé sur la gâchette et tué 129 personnes (à ce stade). Ils sont présumés coupables d’assassinats. La justice des hommes ne pourrait pas en décider autrement s’ils avaient à y rendre des comptes, ce qui ne sera pas le cas puisqu’ils se sont soit suicidés à l’issue de leurs forfaits ou soit ont été tués lors de l’assaut des forces de polices.

    Comme c’était à craindre la majorité des assaillants semblent citoyens français et portent des noms à consonance arabe. Il n’en faut pas plus pour qu’une frange de la population désigne « les étrangers » et les français « issus de l’immigration » comme responsables et de généralement ajouter un couplet sur « la gauche laxiste ». Réflexe naturel d’une population généralement senior qui ne reconnait plus sa France des villages de l’après-guerre et qui considère que si l’on stoppait l’immigration, plus exactement s’il n’y avait eu d’immigration, il n’y aurait pas de terrorisme religieux et la France somnolerait tranquillement à l’ombre de ses clochers.

    Sans remonter aux origines de la colonisation, cette génération oublie généralement que c’est elle, et la précédente, qui a enrôlé les « tirailleurs sénégalais » dans les armées alliées au cours des deux dernières guerres mondiales puis a ouvert les portes de la France à l’immigration pour trouver des ouvriers pour travailler dans les usines françaises, que c’est elle qui a décolonisé, parfois violemment comme en Algérie, laissant des traces indélébiles entre nos populations. Les générations suivantes ont « mondialisé », c’est-à-dire facilité la circulation des marchandises, des capitaux et… des hommes, elles ont même créé Ryan Air pour voyager en avion moins cher qu’en train et Twitter pour diffuser en temps réel des slogans à quatre sous.

    Cette interpénétration internationale a permis un développement sans précédent, du commerce et des idées, ainsi qu’un enrichissement général de la planète. Mais évidemment les dommages collatéraux de cette mondialisation sont devenus… globaux : la destruction des ressources naturelles, le crime organisé, les mafias, les idéologies, les trafics sont passés eux aussi de l’espace national à l’environnement planétaire

    Le terrorisme islamique actuel utilise au mieux ces outils et surfe sur la mondialisation pour divulguer son idéologie mortifère. Alors on peut regretter les frontières, le « chacun chez soi », l’immigration, l’émigration, cette mondialisation est probablement irréversible et il faudra bien résoudre les problèmes actuels de terrorisme dans ce cadre.

    Le terrorisme religieux c’est plus un drame de la bêtise humaine plus qu’un problème de civilisation. Alors à côté des bombardements improbables de fous de Dieu dans leurs déserts il faut aussi tout faire pour tenter de faire tendre nos enfants vers toujours plus d’intelligence. Voilà la vrai antidote à l’obscurantisme, elle prendra des générations avant d’agir.

  • Terrorisme religieux à Paris

    Paris encore attaqué hier soir par des terroristes religieux, a priori islamistes : 8 lieux différents dont une salle de concert, des mitraillettes et des ceintures d’explosifs qui ont permis aux attaquants de se faire exploser après avoir rafalé des passants, plus de 120 morts, des dizaines de blessés graves. Le groupe Etat islamiste qui répand déjà sa terreur en Irak, en Syrie et ailleurs, a revendiqué ces actions. L’état d’urgence est déclaré et les frontières françaises fermées.

    Une nouvelle fois on reste sans voix devant l’impuissance de nos vieilles démocraties face  de tels phénomènes de violence. Ils parlent à Dieu quand l’occident échange avec Descartes, pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions. Leur puissance de nuisance provoque plus d’effets que nos armes sophistiquées, leur foi nihiliste leur apporte plus de certitudes que nos raisonnements démocratiques. La bonne réaction n’est pas facile à définir.

  • François 1er à l’assaut du conservatisme des siens

    Rigolo : François 1er, pape catholique et représentant de leur Dieu sur terre essaye de faire changer la mentalité légèrement conservatrice de ses ouailles et cela n’a pas l’air de tout repos. Un synode réunit actuellement des évêques de tous pays et ce petit monde planche sur le sort que l’Eglise doit réserver aux divorcés et aux homosexuels.

    Aujourd’hui le dogme catholique interdit aux de communier. Ils ne sont pas vraiment chassés de l’Eglise mais ils n’ont pas accès à la communion. Les homosexuels ne sont guère mieux lotis car ils commettent des actes ne permettant pas le don de la vie. François 1er voudrait faire évoluer le dogme vers un peu plus de tolérance.

    Ce synode planche sur un document intitulé Instrumentum laboris, publié en juin dernier, dégoulinant de bonnes intentions et d’amour du prochain mais ne pouvant sortir trop franchement des contraintes du dogme malgré quelques timides tentatives. En fait l’Eglise catholique a un problème commercial : son marché dans les pays occidentaux tend à s’effondrer. Les catholiques abandonnent la bible au profit de l’aïe-phone, se marient de moins en moins, divorcent de plus en plus, utilisent la contraception et vont même jusqu’à marier les homosexuels. Pas facile dans ces conditions de les faire cohabiter avec le dogme, sauf à faire évoluer celui-ci, mais comment changer un dogme qui descend du Ciel en ligne directe ? C’est l’exercice difficile auquel s’essaye courageusement François 1er.

    Il se heurte à l’opposition de certains évêques, pour le moment majoritaires, issus des pays émergeants qui eux ne veulent pas du mariage homosexuel ni donner la communion aux divorcés. Le problème est que ces pays sont le marché en croissance du catholicisme alors on ne peut plus forcément leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Certains évêques conservateurs de la vieille Europe ne sont pas non plus en reste pour s’opposer aux tentatives d’évolution de dogme considérées comme quasiment révolutionnaires.

    La bulle Instrumentum laboris fait 36 pages et voici quelques extraits :

    Le développement de la société de consommation a séparé sexualité et procréation. C’est aussi une des causes de la dénatalité croissante. Dans certains contextes, elle est liée à la pauvreté ou à l’impossibilité de s’occuper des enfants ; chez d’autres, à la difficulté de vouloir assumer des responsabilités et à la perception que les enfants pourraient limiter le libre épanouissement de soi.

    Il est réaffirmé que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec sensibilité et délicatesse, aussi bien dans l’Église que dans la société. Il serait souhaitable que les projets pastoraux diocésains réservent une attention spécifique à l’accompagnement des familles où vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle et à ces mêmes personnes.

    Il est totalement inacceptable que les pasteurs de l’Église subissent des pressions en ce domaine et que les organismes internationaux subordonnent leurs aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le « mariage » entre des personnes du même sexe.

    Sur l’homosexualité on voit la prudence de la rédaction.

    François 1er et son synode sur la famille c’est un peu comme Cambadélis au parti socialiste français : il y a des frondeurs, des courants, des conciliants, des râleurs, des emmerdeurs… et il faudra bien trouver une motion de synthèse qui soit votée par la majorité.  « Votée » c’est un peu vite dit pour le synode où la démocratie électorale n’est pas vraiment de mise, mais disons plutôt « adoptée ». D’ailleurs la presse a publié une lettre adressée au pape au début du synode, signée par treize cardinaux rebelles qui dénonçaient la méthode visant à leur forcer la main pour « faciliter l’obtention de résultats prédéterminés ».

    François 1er est un peu le Macron du Vatican : il cherche à moderniser ses ouailles contre leur volonté quand Macron cherche à moderniser la gauche française et lui faire abandonner ses dogmes marxo-syndicalistes. La tâche est rude mais les deux garçons sont courageux et sans doute désintéressés. Que Dieu leur prête réussite !

  • Anonyme, ‘La Bible – Genèse’.

    Anonyme, ‘La Bible – Genèse’.

    Une édition de la Bible datant de 1910 dans laquelle comme il se doit la Genèse est le premier livret, en principe commun aux religions monothéistes. On y lit ou relit l’histoire de la création. Celle du monde et de l’Homme avec Adam et Eve. On suit ensuite les aventures agitées de la descendance de ce couple fondateur dont le mâle a vécu 930 ans et fut à l’origine d’une nombreuse progéniture qui commença avec Caïn et Abel. Noé arriva plusieurs générations après et emmena sa femme et leurs fils ainsi que des spécimens d’animaux sur son arche pour sauver la vie alors que l’Eternel déclencha le déluge pour punir la corruption du genre humain qu’il avait pourtant créé :

    #6.6. « L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l’Eternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. »

    Après le déluge, Noé et les survivants reboot la vie sur terre et s’en suivent les pérégrinations de sa descendance dont celle d’Abraham à qui l’Eternel va donner le pays de Canaan et sauver son fils de l’égorgement infanticide. Tout ce petit monde voyage, se bat, se reproduit, échange avec l’Eternel, assiste à la destruction de Sodome et Gomorrhe. Il y a des meurtres, des sacrifices, de l’inceste, de la vente d’êtres humains, des négociations entre peuples, des récoltes, des famines, des jeunes et des vieillards, bref, la vie dans une antiquité pas vraiment datée.

    On ne sait pas trop qui a écrit ces textes, ni en combien d’épisodes, ni d’ailleurs exactement quand. Tout le monde religieux a trouvé son inspiration dans ces légendes : les juifs comme les catholiques, les protestants ou les musulmans. Chacun y voyant d’ailleurs midi à sa porte. On est tellement dans le symbolique que l’on peut en déduire ce que l’on veut.

    Le plus étonnant est sans doute que cette Genèse et les livrets qui l’ont suivi aient pu ainsi traverser les millénaires et encore continuer à fonder tant de politiques (voire de guerres) dans les pays qui mélangent le pouvoir temporel avec le spirituel. A l’heure de la science moderne, tout ceci laisse un peu rêveur…

  • Attaque dans le Thalys

    Un citoyen marocain de 26 ans sort des toilettes d’un train Amsterdam-Paris ce 21 août, torse nu, armé d’une kalachnikov, d’un pistolet, de nombreuses munitions et d’un cutter. Des passagers s’interposent et le neutralisent. Il blesse deux des hommes qui tentaient de l’arrêter dont l’un en lui tirant une balle qui lui traverse le poumon. On peut imaginer que s’il n’avait pas été interrompu dans sa besogne il aurait fait usage de son arsenal avec des résultats potentiellement terrifiants.

    Les premières informations laisse apparaître un profil d’islamiste radical mais l’intéressé plaide pour le moment qu’il a « trouvé les armes dans un parc à Bruxelles » et qu’il s’apprêtait à rançonner les passagers. Des informations judiciaires sont ouvertes en France et en Belgique, le suspect est en garde à vue à Paris.

    Depuis les attaques contre Charlie-Hebdo et l’Hypercasher en janvier dernier, la France a été soumise à un attentat (ou une tentative de) religieux à peu près tous les mois, commis par des citoyens français pour la majorité. Il faut désormais vivre avec cette menace dont la résolution va prendre des décennies, si on y arrive. La lutte de la raison contre la religion, dont l’issue n’est plus si sûre !

  • La faiblesse des démocraties

    Entendu un peu partout :

    « Mais comment les armées occidentales n’arrivent-elles pas à réduire les combattants du groupe Etat Islamique ? »

    Les peuples ont la mémoire courte… Ils ont oublié comment Ho-Chi-Min et ses Viêt-Cong va-nu-pieds ont poussé la France hors d’Indochine en portant les canons de Diem-Bien-Phu en pièces détachées sur des vélos et sur des centaines de kilomètres, comment le FLN a fait de même en Algérie, comment le Vietminh a chassé piteusement la grande Amérique du Vietnam, comment les Talibans ont vaincu l’Armée rouge en Afghanistan, comment Al-Qaida a pu balancer des avions contre des tours de New-York, comment des mouvements islamiques ont transformé en cauchemars les interventions occidentales en Irak ou en Afghanistan, etc. etc.

    Les scénarios ont chaque fois été relativement similaires : une armée en campagne envoyée par des démocraties occidentales sur un terrain de bataille lointain se frotte à des mouvements locaux de « libération nationale ». Des soldats des pays développés, biberonnés depuis des générations à la démocratie de Tocqueville, se retrouvent embarqués à des milliers de kilomètres de chez eux pour lutter pour une cause à laquelle ils ne croient pas vraiment et la comprennent encore moins : maintien d’une présence coloniale, lutte contre le communisme, combat d’une insurrection religieuse, etc. Ces soldats dépaysés se retrouvent à chaque fois face à des mouvements nationalistes sûrs de leur droit, dirigés d’une main de fer et ne se sentant pas bêtement limités par des conventions de Genève ou autres billevesées constitutionnelles ou légales. Dans tous les cas l’armement moderne occidental n’a pas suppléé des buts de guerre incertains ni un manque de foi des combattants servant cet armement ! Qu’on le veuille ou non, un soldat français, quelle que soit sa loyauté, mettra plus de cœur à l’ouvrage pour récupérer l’Alsace et la Lorraine que pour maintenir ou rétablir au pouvoir des dirigeants douteux en Afghanistan ou en Irak.

    En 2014, le groupe Etat islamique déclenche des attentats terroristes dans Mossoul, deuxième ville irakienne. Des kamikazes se faufilent pour se faire exploser à des endroits stratégiques, puis, après quelques jours d’accrochages, des massacres ciblés et un peu de guerre psychologique, l’armée officielle irakienne fuit la ville sans vraiment avoir combattu, abandonnant au passage un important matériel militaire financé à grands frais par les contribuables occidentaux. Il y a 40 ans en 1975 Saigon tombait comme un fruit mûr dans l’escarcelle du Nord communiste : face à une armée Nord-Vietnamienne motivée, l’armée du Sud-Vietnam ne combat quasiment pas malgré ses instructeurs américains, malgré un matériel moderne laissé sur place par les Etats-Unis… il leur manquait simplement la motivation et l’envie de se battre. Cherchez l’erreur !

    Dans le cas du groupe Etat Islamique les bombardements aériens d’une coalition improbable menée par les Etats-Unis ne suffisent pas à réduire la rébellion. On imagine l’efficacité des réunions d’état-major où se retrouvent des représentants américains, européens, saoudiens, qataris, jordaniens, bahreïnis, émiratis, canadiens et australiens… La moindre décision doit prendre une semaine ! Avant que le bombardement d’une cible ne soit autorisé, celle-ci doit avoir été reconnue et filmée par des drones pour s’assurer que les risques de dommages collatéraux sont faibles, une fois sur la ciblé identifiée l’avion bombardier doit communiquer avec son commandement pour obtenir le permis de tirer et une fois détruite il faut de nouveau drones et films pour pouvoir se justifier le cas échéant.

    On peut imaginer que si de telles règles d’engagement avaient existé en 1945 à Dresde ou Tokyo la guerre contre les forces de l’Axe aurait duré un peu plus longtemps… La terreur générée par l’explosion de la bombe d’Hiroshima a probablement précipité la capitulation de l’empereur du Japon. Aujourd’hui les démocraties occidentales hésitent à déclencher la terreur, c’est tout à leur honneur. Restons toutefois optimistes et pensons à ce que serait la situation du Moyen-Orient si cette coalition ne combattait pas depuis un an ; le groupe Etat islamique serait sans doute déjà douillettement installé à Damas et à Bagdad.

    Personne n’a envie d’engager une guerre totale contre cette rébellion guidée par des motifs religieux. Qui plus est, les interventions étrangères récentes en Irak, en Afghanistan, en Libye se sont toutes terminées par un tel chaos que l’on peut raisonnablement se demander s’il a été opportun de les mener. Autant ne pas recommencer.

    Les problèmes locaux se régleront localement par des pouvoirs locaux qui devront négocier ou faire la guerre. C’est seulement quand une majorité des populations actuellement sous le joug de ces organisations religieuses se rebellera qu’il y aura une chance de les voir vaincues, avec éventuellement un coup de main occidental de temps à autres. Les interventions étrangères lourdes des uns chez les autres ne fonctionnent pas.

    En attendant, les puissances occidentales doivent maintenant gérer le terrorisme religieux sur leurs propres territoires, pratiqué dans bien des cas par leurs propres citoyens et assumer par ailleurs un afflux massif de réfugiés provoqué notamment par ces conflits. L’agenda est assez chargé pour le moment…

    Il faut se rendre à l’évidence, le groupe Etat islamique, après Al-Qaida, a élevé son organisation au niveau de force combattante redoutable, usant de toutes les ficelles de la guerre moderne et suppléant largement un manque d’armes lourdes par des actions de terreur maniées avec sans doute plus de résultats qu’un porte-avions dans le Golfe persique. Il faut s’y résoudre, la mondialisation qui a fait émerger de nouvelles puissances économiques fait aussi émerger de nouvelles forces militaires. L’Occident tout puissant qui régentait la planète sur les marchés financiers comme sur les terrains militaires relève d’une époque révolue. N’en déplaise à Mme. Michu il faut affronter cette nouvelle situation et compromettre en attendant, peut-être de rétablir la puissance perdue, qui sait ?

  • Religion en Israël

    Des extrémistes religieux, colons israéliens, mettent le feu à une maison palestinienne : un nourrisson de 18 mois meurt brûlé vif, ses deux parents sont gravement blessés. Les colons agissent au nom de Dieu et de la recomposition du Grand Israël tel que prévu dans la bible. Comme souvent lorsque la religion prend le pas sur la raison, il ne reste qu’un océan de ruines. Il n’y a guère moyen de parler avec ces religieux qui sont inspirés par Dieu et imperméables au discours des Hommes. Quand on leur avance le droit et l’humanité ils répondent avec la bible et le message du tout-puissant…

  • Religion dans l’Isère et ailleurs

    Le citoyen français islamiste radical soupçonné du meurtre et de la décapitation de son patron dans l’Isère qui envoie des selfies de sa bobine avec la tête de sa victime aurait avoué sa culpabilité. Il chercherait à se faire passer pour un criminel plutôt qu’un djihadiste. Même si la différence est assez ténue, ses actes semblent démentir cette tactique : envoi de photos morbides en Syrie, mise en scène macabre de son crime, radicalisation dans des mosquées, tentative d’attentat suicide raté ; on semble tout de même assez éloigné du crime passionnel mais la justice se prononcer puisque l’assassin présumé passera devant les tribunaux.

    Sans remonter au-delà du XXème siècle le décompte macabre des crimes dus à la folie des hommes est particulièrement effrayant : l’idéologie raciale a fait 60 millions de morts durant la deuxième guerre mondiale, le stalinisme à peu près autant, on ignore exactement le nombre de morts sous la dictature maoïste mais l’unité de compte est la dizaine de millions de morts et elle bat sans doute le record toutes catégories des morts dans un pays en temps de paix.

    L’idéologie islamique est encore loin de ces chiffres gigantesques, on a statistiquement un risque infinitésimal de mourir en occident d’un attentat terroriste, beaucoup moins que d’un accident de voiture ou d’un excès de cholestérol. Mais cette idéologie a un effet pernicieux en venant terroriser l’Occident repu avec des méthodes d’assassinat moyenâgeuses qu’il croyait révolues pour toujours depuis l’apparition des armes modernes. Elle réussit aussi la performance de provoquer la trahison de citoyens nationaux privilégiant leur religion au détriment de leur patrie ou de leurs familles. Bien sûr il eut aussi des collaborateurs français avec l’occupant allemand durant la dernière guerre choisissant leurs intérêts personnels plutôt que ceux de la République, voire même endossant l’idéologie nazie. Mais dans la situation qui nous occupe on fait face à la déraison de la religion, encore plus effrayante car reposant sur des croyances en un pouvoir divinatoire et incompréhensible.

  • Religion dans l’Isère

    Suite à l’assassinat et la décapitation d’un homme dans l’Isère par un extrémiste religieux islamiste, les associations diverses craignent que cette action, a priori terroriste, menée par un citoyen national sur le sol français, après bien d’autres depuis 1995, entraîne des amalgames antimusulmans… Elles n’ont pas tort. Et c’est d’ailleurs sans doute l’un des buts des stratèges islamistes qui inspirent ces actes. Ils appliquent simplement l’une des tactiques maoïstes : action (une minorité agissante mène une attaque ciblée), réaction (le pouvoir renforce la répression pour lutter contre cette minorité et du coup monte la population contre le régime), révolution (le peuple se révolte contre trop de répression et la minorité devient majorité) et généralement la dictature arrive.

    Les premiers éléments de l’enquête française montre que l’extrémiste religieux soupçonné de la décapitation a pris un selfie avec la tête de sa victime et l’a envoyé à un correspondant en Syrie. Tout un programme…

    La religion prend le pas sur la raison, comme souvent. Cela relève sans doute aussi de la psychiatrie.

  • Attaques religieuses multiples

    Dans l’Isère un citoyen français, a priori islamique radical, décapite son patron, expose sa tête à l’extérieur d’une entreprise entourée de drapeaux religieux avec l’inscription en arabe « Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son prophète », avant de tenter de faire exploser les bouteilles de gaz se trouvant sur les lieux. Il a été arrêté.

    En Tunisie, un islamiste mitraille des touristes sur une plage de Sousse : 37 morts et autant de blessés. Au Koweït un terroriste islamique pose une bombe dans une mosquée chiite au moment de la prière : des dizaines de morts. Pendant ce temps, en Somalie, en Syrie, en Irak et ailleurs, on continue de massacrer au nom de Dieu.

  • Emmanuel Todd secoue le cocotier

    Un grand débat sociétal est posé par la sortie ces jours-ci du récent livre « Qui est Charlie ? : Sociologie d’une crise religieuse » d’Emmanuel Todd, historien-anthropologue-sociologue, en général plutôt polémique. Le garçon hante depuis les plateaux télévisés où il explique sa théorie. Sans avoir lu son brûlot, on comprend de ses interventions dans les médias qu’il se penche sur les manifestations du 11 janvier 2015 suite aux meurtres des journalistes de Charlie-Hebdo et de clients d’un Hyper Cascher par des extrémistes religieux français. Au même moment des manifestations similaires étaient organisées dans d’autres capitales occidentales.
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    Dans ses prestations médiatiques Todd développe l’idée que ces manifestations de plusieurs millions de français à travers l’hexagone n’étaient pas tant un soutien aux victimes du terrorisme religieux qu’un cri du cœur nostalgique de la classe moyenne, généralement plutôt chrétienne, voyant disparaître progressivement ses avantages et son mode de vie… Et comme il est obsessionnellement anti-euro, Todd rend aussi responsable la monnaie unique des dérives religieuses de notre société.

    Passés les flonflons de la fête il est devenu assez évident que ces manifestations furent loin de l’unanimisme fantasmé par le monde politico-médiatique d’une France unie debout contre la barbarie. Les citoyens ont découvert, effarés, qu’une partie des leurs ne manifestait pas. Ces derniers marquaient ainsi non pas tant leur soutien aux meurtres religieux mais leur rejet de cette France conservatrice qui ne voit pas son environnement changer, et surtout qui refuse ce changement.

    Todd dit cette situation qui va un peu à l’encontre du roman politique raconté depuis sur l’esprit du 11 janvier. Son extension à l’effet euro guidant le bras armé des criminels relève sans doute plus du côté provocateur de l’essayiste que de l’analyse sociologique.

    Ce que vit Mme. Michu maltraitée par Todd c’est le syndrome du « on n’est plus chez nous », ressentit avec plus ou moins d’appréhension et de transparence par nombre de citoyens français. La mondialisation est passée par là, les frontières se sont ouvertes sous la pression des commerçants et grâce à l’approbation de parlements démocratiquement élus qui n’y ont pas compris grand-chose et en tout cas n’ont rien anticipé. Le monde s’est enrichi, beaucoup. La puissance s’est déplacée et partagée plus équitablement. Les populations se sont entremêlées, les grandes guerres mondiales ne se sont plus renouvelées. Mais malgré la science et l’augmentation du produit intérieur brut mondial, la religion que l’on croyait balayée par le pouvoir d’achat, est redevenue le recours du paumé, ramenant son cortège d’obscurantisme, de déraison et de sang. Et des gamins nés en France, éduqués par l’école de Jules Ferry, débordés par tout un galimatias idéologico-religieux mêlant l’esclavage, la colonisation, Israël, la lutte des classes, le paradis et le deal de shit, ont pris les armes contre leurs compatriotes pour régler dans la poudre ce qu’il n’arrivaient pas à résoudre avec leurs neurones.

    Mme. Michu désespérée crie à l’invasion et vote pour l’extrême droite avec Eric Zemmour qui pleure sur « le grand remplacement ». Emmanuel Todd amène sa part à l’édifice et en rajoute dans la provocation, malgré le brio dont il est capable.

    Tout ceci est inutile alors que la République a besoin d’intelligence et de sérénité pour affronter la déraison qui s’empare de certains des siens. Il va falloir s’y faire, la France a décolonisé puis mondialisé, elle est donc mélangée, y compris religieusement. Cela ne va pas sans heurt mais il n’y a pas de retour en arrière possible. Les intellectuels feraient mieux d’apporter un peu d’apaisement au débat et de laisser les invectives et les clichés à Laurent Wauquiez et les siens.

    Malgré tout, et alors que l’on fête le 70ème anniversaire de la reddition nazie de 1945 avec ses 40 millions de morts (60 millions si on ajoute ceux de la guerre avec le Japon), et sans même parler des morts des décolonisations, des systèmes totalitaires communistes et autres, on peut penser que les guerres de religion en cours sont statistiquement bien moins mortifères que les grands séismes du 20ème siècle. Il faut quand même les traiter et trouver les bonnes idées pour ce faire. On ne peut pas dire que Zemmour ou Todd y aident beaucoup.

  • Religion à Rome

    La France s’est mis en tête de nommer un ambassadeur au Vatican qui revendique son homosexualité. La curie manifeste sa mauvaise humeur devant cette marque de mauvais goût en ne bougeant pas. Depuis plusieurs semaines le garçon n’a pas été accrédité…

    • Effet sur la croissance économique : nul
    • Effet sur le bonheur populaire : nul
    • Effet sur les prochaines élections françaises : nul
    • Effet de cet imbroglio diplomatico-mondain sur la marche du Monde : nul
    • Effet de l’absence d’un ambassadeur de France au Vatican : nul

    La vraie question à se poser au-delà de la sexualité du candidat est : à quoi peut donc bien servir un ambassadeur de France auprès du Vatican ? La réponse à cette interrogation étant assez claire, il serait opportun d’envisager la suppression de cette ambassade ou, a minima, de sa rétrogradation au rang de simple bureau chargé d’expédier les affaires courantes.

  • Religion à Jérusalem

    Les jours de Shabbat, c’est-à-dire le samedi, il n’y a pas de transport en commun en Israël. C’est le fruit d’un vieil accord politique passé du temps de Ben Gourion avec les intégristes religieux locaux. C’est ainsi et il n’y a pas matière à en discuter. C’est ce que la gouvernement répond aux jeunes gauchistes laïcards qui veulent se déplacer en bus le samedi ! Par contre ils ont le droit d’utiliser leur voiture lorsqu’ils en ont une.

    En réaction, les contestataires ont lancé une pétition pour interdire aux membres dudit gouvernement de se déplacer pendant le Shabbat avec leurs voitures de fonction financées par les contribuables.

  • Religion à Villejuif

    Un apprenti terroriste est arrêté dans une cité universitaire avec une balle dans la jambe et une cargaison d’armes dans sa voiture et sa chambre. Le garçon est soupçonné d’avoir tué une jeune femme pour lui voler sa voiture en vue de préparer des attentats dans des églises parisiennes. Cette fois-ci il n’est pas français mais algérien. L’enquête démarre après une arrestation plutôt due au hasard semble-t-il.

  • Religion à Rome

    Le pape François 1er remonté contre la guerre et les massacres d’innocents en appelle à Dieu…

    « A Jésus victorieux, demandons d’alléger les souffrances de tant de nos frères persécutés à cause de son nom, comme aussi de tous ceux qui pâtissent injustement des conséquences des conflits et des violences actuels. Il y en a tant ! »

    Et à ses créatures qui composent la communauté internationale à :

    « ne pas rester inerte face à l’immense tragédie humanitaire en Syrie et en Irak », et ses « nombreux réfugiés »

    Pas sûr que l’un ni les autres ne soient très efficaces à court terme. La communauté internationale, au moins occidentale, bombarde déjà à qui mieux-mieux les extrémistes musulmans-sunnites qui pillent et égorgent non seulement des chrétiens, mais en gros tout humain qui n’est pas sunnite.

    François 1er fait le jésuite qu’il est d’ailleurs. Il n’ose pas appeler l’occident chrétien à faire la guerre pour tenter de sauver les chrétiens orientaux alors il demande de « …ne pas rester inerte », comprenne qui pourra ce message divin !

  • Religion au Kenya

    Des extrémistes religieux musulmans somaliens entrent dans une université et tuent 150 étudiants, majoritairement chrétiens, au nom de Dieu.