Catégorie : Tics verbaux

  • L’appauvrissement de la langue parlée sur les plateaux télévisés

    L’appauvrissement de la langue parlée sur les plateaux télévisés

    Ça y est, le « on va dire » passe en deuxième place des tics verbaux compulsifs derrière le « effectivement » sur les plateaux télévisés et même dans les dîners en ville. L’adverbe effectivement ponctue désormais les phrases de présentateurs et animateurs de télévision tous les cinq à six mots. Ce tic est apparu récemment depuis une ou deux années, assez brutalement, sans qu’on ne sache vraiment ce qui a déclenché cette dérive langagière désormais bien établie dans la bouche de tout le monde. Elle a même infusé dans la société où les citoyens se laissent souvent contaminer, effectivement !

    Ce grand remplacement linguistique ne semble pas inquiéter grand monde. Peu nombreux sont ceux qui le remarque. Ainsi va l’appauvrissement continue de la langue française accentué par l’inculture du monde de la presse « populaire » dans un environnement où elle a de moins en moins de lecteurs et où l’influenceuse à forte poitrine Nabilla déclare dix millions de suiveurs sur son compte Instagram et le fouteballeur M’Bapé, 129 millions. Vertigineux !

    Pas sûr qu’il ne soit facile d’inverser rapidement ce mouvement délétère.

  • Sémantique guerrière, toujours

    Sémantique guerrière, toujours

    On ne dit plus une guerre « préventive » mais on parle maintenant de guerre « préemptive ». Là on touche vraiment à la querelle de mots pour noyer le gogo.

    Dans les deux cas il s’agit de lancer une guerre pour éviter un évènement qui ne s’est pas encore produit et dont on veut justement éviter qu’il ne se produise. Le « préemptif » concerne surtout le champ juridique ou fiscal. Lors d’une transaction immobilière par exemple l’Etat peut « préempter » le bien vendu et se substituer à l’acheteur dans certaines conditions.

    Lorsqu’il s’agit de guerre, la logique suivie est d’attaquer le premier pour éviter d’être attaqué soi-même. D’après les « spécialistes » de plateaux télévisés il semble que si l’attaque redoutée est vraiment imminente et documentée le droit international serait plus conciliant avec l’attaque « préemptive » que la guerre « préventive » qui est, elle, se réfèrerait à une menace plus générale et moins précise.

    Dans tous les cas on se fait plaisir en jouant sur les mots dans les enceintes médiatiques. Dans les deux cas on lance une guerre le premier, on plonge dans l’incertitude et advienne que pourra ! Les exemples récents de guerres « préventives » ou « préemptives » menées par l’Occident n’ont pas été couronnées de succès et l’après-guerre a réservé de très mauvaises surprises.

  • Sémantique guerrière

    Sémantique guerrière

    On ne dit plus « mener une attaque militaire contre un pays tiers en violation du droit international » mais on assène « mener une guerre existentielle ». C’est grosso-modo le même concept mais la deuxième formulation est moins culpabilisante pour l’attaquant.

  • Etc. etc.

    Etc. etc.

    Un nouveau tic verbal compulsif (TVC) envahit les plateaux télévisés et les dîners en ville. La locution « Et cetera », généralement doublée ou triplée en « Et cetera, Et cetera, Et cetera » à la fin de nombreuses phrases. Là encore le TVC vient combler une faiblesse de vocabulaire du locuteur ou un manque de temps pour exprimer la complétude de sa pensée. Alors il ajoute un « Et cetera, Et cetera » et passe à l’idée suivante. Cela devient très compulsif !

  • Les tics verbaux compulsifs en forte croissance

    Les tics verbaux compulsifs en forte croissance

    Sur les plateaux télévisés et dans les dîners en ville le « on va dire » continue à tenir la corde des tics verbaux compulsifs (TVC) les plus usités. Mais récemment le « effectivement » remonte dans le classement et s’insère tous les trois mots dans le langage commun. Il n’est pas encore au niveau du « voilà » mais il s’en rapproche. La compétition promet d’être rude entre ces deux adverbes qui jouent un rôle identique de comblement de la pauvreté sémantique des piliers de plateaux médiatiques.

  • Les ‘Ricains

    Les ‘Ricains

    On ne dit plus « les Etats-Unis ont élu un président ruffian-marchand de bétail » mais « le président américain est un être transactionnel ».

  • Le wokisme jusqu’au Congo

    Le wokisme jusqu’au Congo

    On ne dit plus une soldatesque congolaise dépenaillée « a violé des femmes » dans sa déroute à l’Est du Congo mais on dit comme un porte-parole des affaires humanitaires de l’ONU cité par le journal Le Monde du 28/01/2025 que cette soldatesque est soupçonnée de « violences fondées sur le genre ».

  • L’abrutissement des masses

    L’abrutissement des masses

    On ne dit plus « influenceuses à forte poitrine et à neurones déliquescents » mais on dit désormais « créatrices de contenus ».

    C’est ainsi que le monde de Nabilla et de ses confrères est requalifié, sans doute pour cacher la bêtise abyssale dans laquelle ils entraînent le pays. Nabilla compte aujourd’hui 9,4 millions de « followers » sur son compte Instagram soit 14% de la population française, et elle n’est qu’un exemple parmi tant d’autres mais un cas tellement représentatif de l’abrutissement considérable des masses auquel participent ces « créateurs ». Le plus inquiétant est la progression de leur audience.

    Lire aussi : Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Le cas de Nabilla est consternant par le nombre de ses suiveurs moins par son « contenu ». Elle se contente de faire des promotions commerciales de vernis à ongles et de parfum. Plus inquiétant, désormais tout le monde peut « influencer » sur ces réseaux dits « sociaux », divulguer des idéologies diverses, de Rima Hassan aux suprémacistes de tous bords, en passant par les terroristes religieux ou un président de la République française qui répond à des influenceurs sur TikTok. Et ces idéologues aux petits pieds sont quasiment certains de rencontrer un public.

    Aujourd’hui, plus grand monde ne lit la presse composée par des journalistes professionnels et les jeunes générations « s’informent » majoritairement via le monde de Nabilla. C’est une défaite de l’esprit mais ce sont ces générations qui vont désormais gouverner le monde. Peut-être vont-elles se satisfaire de ces nouveaux canaux et laisser décliner l’intelligence ? Ce sera leur choix et nous en supportons déjà collectivement les conséquences.

    Voir aussi : Un président qui boxe dans le vide

  • Des mots qui changent pour une même réalité

    Des mots qui changent pour une même réalité

    On ne dit plus « la victoire du RN » mais « la dynamique du RN » !

  • Triste situation

    Triste situation

    On ne dit plus « un handicapé » mais « une personne en situation de handicap ».

  • Guerre des mots

    Guerre des mots

    On ne dit plus « guerre d’usure » mais « guerre d’attrition ». En gros c’est la même chose, il s’agit de casser la g… à l’adversaire en lui résistant sur le long terme. Et c’est bien plus chic de parler « d’attrition » !

  • Ruralité bla-bla-bla…

    Ruralité bla-bla-bla…

    On ne dit plus « paysannerie » ou la « campagne », mais on emploie le terme « ruralité ». C’est mieux, plus moderne, plus « inclusif » et englobant, moins dénoté « plouc de campagne ». Le dictionnaire de l’académie française en donne la définition suivante :

    Didact. Caractère de ce qui est rural, de ce qui se rapporte à la campagne, par opposition à Urbanité, ou de ce qui se rapporte au monde agricole. La ruralité d’une région.

    https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9R3224

    quand la paysannerie est défini dans le même dictionnaire comme :

    L’ensemble des paysans d’une région, d’un pays ; le groupe social constitué par les paysans. (En termes économiques ou politiques, on dit plutôt Paysannat.) La paysannerie française sous l’Ancien Régime était composée de manouvriers ou journaliers, de métayers et de laboureurs. Petite, moyenne paysannerie. Une histoire de la paysannerie.

    https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P1105

    Paysannerie ça fait « ancien régime », il faut donc changer de mot !

  • Bonjour les gogos

    Bonjour les gogos

    On ne dit plus « influenceuse » mais « créatrice de contenu » !

    Sur le fond rien n’a changé, on parle toujours de nunuches à gros seins assurant la promotion de marques de vernis à ongles histoire de vendre à des gogos des produits dont ils n’ont pas besoin.

    Lire aussi : Booba Robin de Bois

  • Résilience, quand tu nous tiens

    Résilience, quand tu nous tiens

    Aujourd’hui, si u ne dis pas le mot « résilience » dans une phrase, un discours ou un programme, tu as raté ta vie. Le dictionnaire en ligne Larousse définit le mot ainsi :

    Résilience – nom féminin – (anglais resilience, rebondissement)

    1. Caractéristique mécanique définissant la résistance aux chocs d’un matériau. (La résilience des métaux, qui varie avec la température, est déterminée en provoquant la rupture par choc d’une éprouvette normalisée.)

    Psychologie
    2. Aptitude d’un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques.

    Écologie
    3. Capacité d’un écosystème, d’un biotope ou d’un groupe d’individus (population, espèce) à se rétablir après une perturbation extérieure (incendie, tempête, défrichement, etc.).

    Informatique
    4. Capacité d’un système à continuer à fonctionner, même en cas de panne.

    En gros, être résilient c’est être capable de faire face à l’adversité, de continuer à vivre même en cas de pépin. Comme c’est un mot qui ne fait pas encore vraiment partie du langage commun, cela en jette de l’employer à tour de bras, tout spécialement dans les discours politiques, cela impressionne le populo !

    En 2021 a été lancé le Plan national de relance et de résilience (PNRR) par le ministère des finances et qui présente les investissements pour lesquels la France sollicite un financement européen à hauteur d’environ 40 milliards d’euros afin de renforcer l’efficacité des investissements et le potentiel de croissance de l’économie française. On voit bien la logique de relance : on dépense de l’argent aujourd’hui en espérant que cela rapportera demain, mais on comprend difficilement où est la résilience ?

    La même année a été promulgué la Loi climat et résilience afin d’accélérer « la transition de notre modèle de développement vers une société neutre en carbone, plus résiliente, plus juste et plus solidaire. Elle a l’ambition d’entraîner et d’accompagner tous les acteurs dans cette indispensable mutation. »

    Il existe même un Haut comité français pour la résilience nationale (HCFRN) qui est « une association loi 1901 qualifiée d’intérêt général. Par ses activités d’événementiel, de veille, d’analyse et de labellisation, l’association aide ses membres à améliorer leurs dispositifs de sécurité-sûreté, afin d’être plus résilients face aux risques et aux menaces majeurs. »

    Et il doit y en avoir bien d’autres…

  • On ne dit plus…

    On ne dit plus…

    On ne dit plus « carte de stationnement pour handicapé » mais « carte mobilité inclusion ».

  • Le langage change, les faits stagnent

    Le langage change, les faits stagnent

    On ne dit plus « le tiers-monde » depuis longtemps. L’expression avait d’abord été remplacée par « les pays les moins avancées » puis, parce que celle-ci était toujours vécue comme dévalorisante, par « les pays en développement ». Tout ceci n’existe plus aujourd’hui où l’on parle désormais de « Sud global ». La notion recouvre à peu près la même chose, c’est-à-dire les pays qui affichent un faible Produit Intérieur Brut (PIB)/habitant, en y ajoutant une vague notion d’anti-occidentalisme que partageraient ces pays.

  • Tic verbal compulsif

    On ne dit plus : « le gouvernement accepte de dépenser plus d’argent public pour contenir la colère du peuple » mais :

    Le gouvernement procède à un bougé.

    Le dictionnaire Larousse en ligne donne la définition suivante du « bougé » :

    Mouvement de l’appareil de prise de vue au moment du déclenchement, qui produit une image plus ou moins floue.

    On dirait que l’emploi de ce terme « bougé » en politique vient d’être inventé par l’actuelle majorité au pouvoir. On se demande à quoi cela sert ? Le dictionnaire de la langue française n’est-il pas suffisamment riche pour éviter d’avoir à détourner le sens des mots ?

  • Mobilité, blablabla…

    On ne parle plus de « question migratoire entre la France et l’Algérie » mais de « mobilité et circulation » (président Macron, discours à Alger les 25/08/2022).

  • Comment attraper le gogo

    Comment attraper le gogo

    On ne dit plus « économies d’énergie » mais « sobriété énergétique ».

    Maintenant que la Russie a repris son rôle favori de perturbateur de l’Occident tout en continuant à fournir l’Europe de l’Ouest en gaz et pétrole, les dirigeants des pays acheteurs rivalisent d’expressions tempérées pour ne pas affoler le gogo. Le consommateur-électeur occidental est particulièrement chatouilleux sur le sujet de son confort et il s’agit surtout de ne pas le brusquer. On utilise donc les termes appropriés pour cacher la vérité à Mme. Michu : l’énergie fossile va disparaître un jour et, plus on se rapprochera de l’échéance plus cette énergie sera rare et donc chère.

    Poussés par la rareté et le conflit russo-ukrainien les produits pétroliers connaissent déjà une hausse sensible de leurs cours dont se réjouissent les pays producteurs, la Russie la première. Pour le moment on transfère sur le contribuable le coût que le consommateur ne veut (ou ne peut) pas payer atténuant ainsi l’impact de l’effet prix sur la réduction de la consommation des produits pétroliers amenés à se raréfier.

    L’Etat est soumis à des « injonctions contradictoires » : réduire la consommation des produits pétroliers pour des raisons écologiques et de rareté de la ressource d’une part, ne pas trop mécontenter ses électeurs possesseurs de véhicules thermiques ou de chaudières à fuel ou à gaz. Pour le moment, il a arbitré en faveur du deuxième facteur de l’équation et remplacé le terme « économie » par celui de « sobriété », plus neutre et moins effrayant.

  • Résilience et poches profondes

    On ne dit plus un « plan de paiement par les contribuables des charges des entreprises » mais on dit un « plan de résilience » !