Catégorie : Tics verbaux

  • Le choc des mots !

    Avez-vous remarqué le nouveau mot à la mode chez les économistes mondains : « choc » ! Ils ne parlent plus dans leurs salons que de choc de compétitivité, choc fiscal, choc budgétaire, etc.

  • Quelle énergie !

    L’agité du bocal qui nous préside confirme qu’il est candidat pour de nouveau s’agiter durant 5 ans à la présidence de la République. Il rentre dans l’arène avec un sourire carnassier et un plaisir non dissimulé.

    Les journalistes adorent ça et rivalisent d’analyses pour ne rien dire. Au milieu des tics verbaux habituels : la séquence, le clivage, la cristallisation, le marqueur ; on entend un tic de première catégorie avec un sondeur qui parle « du candidat dans sa verticalité » (c’est vrai qu’on avait déjà eu « la latéralisation politique ») ! C’est un nouveau concept que nous n’avions encore jamais approché. Tout ceci fleure bien la masturbation intellectuelle, la ventilation de gogos, le je-m’écoute-parler-parce-que-c’est-trop-bon, l’autosatisfaction mondaine, l’autoallumage du microcosme parisien-rive-gauche, bref, un immense vertige nous saisit devant ce grand vide.

    Le candidat dans sa verticalité réaffirme son engagement de parler au peuple, il a son compte Facebook avec 500 000 amis, son compte Twitter avec 77 000 suiveurs, un site internet tout à sa gloire et il va faire des référendums pour contourner les parlementaires qui s’opposent et les syndicats qui sabotent.

    Cela étant dit, quel énergie ce bonhomme !

  • Le terme approprié pour des comportements nauséabonds

    Libération narre qu’un député britannique a été filmé début décembre dans un restaurant où s’était déroulée une soirée nazie. L’AFP a visionné le film et découvert parmi les convives un député britannique assis à coté d’un homme habillé en uniforme nazi. Une photo montre le nazi d’opérette faire le salut hitlérien devant l’entrée du restaurant, avec un brassard sur lequel figure une croix gammée.

    M. Burley, le député, vient de faire part sur son compte twitter « de son profond regret de ce qui s’était passé » et a reconnu que le « comportement de ses invités était clairement inapproprié », ont relayé les médias britanniques.

    Avez-vous remarqué comme le mot « inapproprié » est devenu le terme politiquement correct pour qualifier les comportements scandaleux des puissants. La célèbre fellation de Clinton par Monica dans le bureau ovale de la Maison blanche était inappropriée ; le p’tit coup tiré vite fait par DSK avant d’aller déjeuner avec sa fille était inapproprié ; et maintenant la participation d’un député de la Couronne à des agapes nazillonnes est inappropriée. C’est le moins que l’on puisse dire. Il y d’autre adjectif du dictionnaire français qui semblerait beaucoup plus appropriés comme obscène, irresponsable, répugnant, salace, maladif, à-faire-enfermer-d’urgence, à-révoquer-de-toute-fonction-publique-et-élective, bref, dire la réalité.

  • Sémantique et politique (suite)

    On passe aujourd’hui de l’acte inapproprié à l’erreur passagère de jugement dans la bouche des avocats de DSK pour qualifier le-petit-coup-tiré-vite-fait-avec-une-soubrette-avant-d’aller-déjeuner-avec-sa-fille.

  • Sémantique et politique

    Le gouvernement français se résout à annoncer un ersatz de début du commencement de plan de rigueur. D’ailleurs on ne dit pas un plan de rigueur mais un plan anti-déficit ; comme on ne dit pas un petit-coup-tiré-vite-fait-avec-une-soubrette-avant-d’aller-déjeuner-avec-sa-fille mais une erreur passagère de jugement.

    C’est aussitôt le bal des pleureuses et le défilé des faux-jetons qui se lamentent sur l’augmentation des taxes sur les boissons sucrées qui va pénaliser les populations défavorisées. L’industrie des boissons gazeuses est sur les dents.

  • Baroin le baby Chirac

    Il est gentil le petit Baroin, propret et jeunot, mais déjà délivrant une langue de bois en chêne massif. Les marchés d’actions dévissent, les taux d’intérêt des prêts aux pays Clubmed augmentent, alors très doctement il leur parle de la zone euro avec des mots savants et vides de sens qui impressionnent Madame Michu : gouvernance, souplesse, respectabilité, durabilité, soutenabilité, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

    Eh bien figurez-vous que Messieurs les marchés semblent avoir des doutes et ne pas croire aux engagements de Baby-Baroin ! Incroyable, insoutenable. Nous allons même vous faire une confidence, il semble que ramener le déficit de la République à 3% en 2013 soit un vœu pieux qui relève de l’escroquerie intellectuelle.

    Avez-vous remarqué ce nouveau terme de soutenabilité tout juste sorti du vocabulaire mondain de l’establishment européen pour qualifier le nouveau plan de soutien financier à la Grèce ? Il succède au désormais célèbre événement de crédit qui veut dire faillite en français populo. Avec Baby-Baroin c’est le nouveau concept de la pipeautabilité qui fait une apparition en fanfare.

  • L’évolution du TOC

    Avez-vous noté de nouveau tic verbal qui envahit les écrans et les conversations ? Après le « On va dire… », on a maintenant le « Allez ! [silence] On va dire… »  qui se diffuse tel un virus informatique.

  • Un peuple de bavards

    Avez-vous remarqué le nouveau tic verbal qui envahit les conversations avec ce « on va dire… » ? Il succède au « je vais te dire… » des années 80 et au « tu vois c’que j’veux dire… » des années 90.

    Un peuple guidé depuis tant de temps par les déclinaisons du verbe dire est un peuple de bavards, pour le moins.

  • Réinvention du langage politique

    La nouvelle expression à la mode est « de l’intime », employé désormais à toutes les sauces par la presse et la politicaillerie pour qualifier les questions personnelles. C’est drôle ces modes linguistiques qui vont et viennent et se diffusent comme une traînée de poudre. On a vu ainsi arriver « pouvoir d’achat » depuis deux ou trois ans, qui a remplacé « salaire », ce qui est d’ailleurs un terme plus juste mais tout de même différent, les salaires c’est l’affaire des patrons, le pouvoir d’achat c’est aussi l’affaire des impôts, des loyers et de plein d’autres éléments gravitant autour des salaires.

    Il y avait aussi « université d’été de l’UMP » remplacé désormais par « campus d’été de l’UMP », là, en revanche, il s’agit exactement de la même chose : rappeler aux électeurs encore embrumés par leurs congés de quel bois se chauffe la droite française !

  • Tic verbal politique

    Le nouveau mot à la mode du monde interlope de la presse et de la politicaille : « amplifier ». On ne parle plus de gagner le second tour mais d’amplifier les résultats du premier. Comme l’adjectif improbable qui a fait florès sur les ondes il y a quelques années, désormais on amplifie la politique. Cela tombe bien elle a justement besoin de prendre un peu d’ampleur. Et comme les journalistes et les élus jouent dans la même cour, ils se copient un peu les uns les autres, et tout le monde amplifie gaiement.