Sortie : 1998, Chez : . Le deuxième volume de la trilogie qui a commencé par la Pastorale Américaine et s’est terminée par La Tâche. Nathan Zukerman arrivé à l’âge mur passe six nuits à écouter le frère de son ami et mentor Ira Ringold revenir sur la vie de ce dernier en plein maccarthysme. Tableau redoutable d’un couple qui se déchire au cœur d’une Amérique qui s’affirme et se construit, ravages croisés de l’idéologie, industrialisation forcenée d’un pays gigantesque, des pauvres, des riches, des médias, de la violence politique, religieuse, des personnalités complexes, etc. Un style toujours époustouflant pour façonner la fiction et nous servir les histoires de notre misérable humanité dans ce creuset inépuisable que représente l’Histoire des Etats-Unis.
Catégorie : Notes de lecture
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Rouaud Jean, ‘Des Hommes Illustres’.
Sortie : 1993, Chez : . La vie ordinaire de l’après 2ème guerre mondiale dans le Bretagne profonde, en plein remembrement foncier. Le chef de famille courre la région à bord de sa 403 de voyageur-représentant de commerce et rejoint femmes et enfants le week-end. Il meurt brusquement dans les bras de sa famille. Le style extraordinairement subtil de Rouaud, ironique et tendre, rend captivante cette histoire banale qui est le tomme II d’une suite romanesque en 5 volumes.
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Chandernagor Françoise, ‘La voyageuse de nuit’.
Sortie : 2007, Chez : . Quatre sœurs se retrouvent pour accompagner leur mère jusqu’au terme de sa longue agonie. C’est l’occasion de se raconter leurs histoires, celles du passé qui s’entrecroisent avec le présent, entre Paris, Sidney et l’Ardèche. La vie d’une famille comme les autres qui voit passer le temps, raconté avec l’humour, parfois grinçant, mais toujours tendre, de l’auteur.
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Tardieu Laurence, ‘Puisque rien ne dure’.
Sortie : 2006, Chez : . 120 pages de douleur et de tristesse : un couple perd sa fille de 6 ans, disparue jamais retrouvée, se sépare quinze ans pour affronter l’absence, chacun de son coté, chacun à sa façon. Et au bout de cette séparation elle, en phase terminale d’un cancer, le rappelle pour évoquer ensemble l’enfant disparue. Elle part sur ces souvenirs et lui retrouve le courage qui lui avait fait défaut tout au long de ces quinze années pour ramener sa fille au cœur de sa vie. L’écriture de Laurence Tardieu est précise et émouvante pour décrire l’indicible.
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Arendt Hannah, ‘Eichmann à Jérusalem’.
Sortie : 1963, Chez : . Le livre écrit par Hannah Arendt sur le procès d’Adolph Eichmann jugé en Israël 15 après ses méfaits. La philosophe a assisté au premier mois du procès puis a mené un travail d’analyse de tous les documents présentés à ce procès. Elle se base sur le droit en éloignant l’émotion et la politique. Elle y raconte Eichmann comme un fonctionnaire moyen appliquant avec efficacité les directives nazis. Elle décrit la terrible banalité du mal. Elle relaie les questions longuement posées à Jérusalem sur l’absence de révolte du peuple massacré tout en expliquant que la où il eut résistance au rouleau compresseur nazi il y eut moins de barbarie (Bulgarie, pays scandinaves). Surtout, elle déclenche une immense polémique en démontant le mécanisme pervers mis en place par les nazis, et Eichmann en particulier, qui se sont appuyés sur des Comités juifs pour déporter et exterminer un peuple. La polémique est illustrée par la publication dans l’édition Quarto de Gallimard d’un foisonnante et éclairante correspondance avec Karl Jaspers et autres intellectuels, pro ou anti théorie Arendt.
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ECHENOZ Jean, ‘Je m’en vais’.
Sortie : 1999, Chez : Editions de Minuit.
Un galeriste traîne sa lassitude entre ses maîtresses, son inspectrice des impôts et ses voyages aux longs cours à la recherche de nouvelles œuvres. Il quitte tout ce qu’il approche mais ne s’en porte pas plus mal. Une écriture subtile pour narrer la vie nonchalante, apparemment sans saveur de Ferrer, mais finalement pleine de surprises. Un prix Goncourt en 1999 pour ce court roman.
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Weyergans François, ‘Trois jours chez ma mère’.
Sortie : 2005, Chez : . Un roman pêle-mêle sur les angoisses de l’écrivain en mal d’inspiration, les phantasmes sexuels du quinquagénaire face à ses cheveux blancs, les peurs du fils devant sa mère qui ne va pas être éternelle, le tout narré avec humour et légèreté. Un prix Goncourt 2005, pas exceptionnel, mais agréable.
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Mailer Norman, ‘Pourquoi sommes-nous au Vietnam ?’.
Sortie : 1967, Chez : . Le récit court et décapant d’une partie de chasse à l’ours familiale en Alaska. L’image d’une Amérique violente, rustre mais souvent victorieuse. Le Vietnam n’apparait formellement que dans la dernière phrase : « Réfléchis, Amérique à tête de cul, et médite un peu sur ton con. Peut-être comprendras-tu pourquoi nous sommes au Vietnam. » L’arrogance qui a mené au désastre vietnamien est présent dans chaque page.
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Littell Johnattan, ‘Les Bienveillantes’.
Sortie : 2007, Chez : . Un incroyable roman, prix Goncourt 2006, qui marquera la littérature de la barbarie après La Mort est mon Métier de Robert Merle et Le Choix de Sophie de William Styron. Cette fiction de Jonathan Littell narre le parcours d’un jeune nazi dans l’Europe de la deuxième guerre mondiale qui applique la solution finale tel un commercial développe son business plan. Dans les bagages de la Wehrmacht en route pour Moscou le SD « nettoie » l’arrière des lignes des juifs et des bolchéviques, en Ukraine puis dans le Caucase. Après cet objectif qu’il accomplit avec conscience et indifférence, le Dct. Aue vit les dernières jours du siège de Stalingrad où des supplétifs ukrainiens le guide au cœur de l’enfer. De retour à Berlin en 1944 il est chargé d’une mission pour redresser la productivité des camps de travail afin de faire tourner de façon plus efficace l’outil industriel d’un Reich déjà sur le déclin. Berlin 1945 c’est la fin.
Histoire dans l’histoire, celle d’une relation incestueuse avec une sœur jumelle et du rejet dévastateur d’une mère allemande finalement remariée avec un français, étapes qui ponctuent le cheminement fascinant et morbide du nazisme victorieux et décadent.
Cette fiction où le Dct. Aue croise la route de personnages réels est une somme de 1.400 pages à la documentation impressionnante sur cette époque. La fin est connue à l’avance mais les étapes qui y mènent sont décrites avec une minutie exceptionnelle. L’aspect fictionnel est largement dominé par les faits historiques. Le héros croise des personnages réels et s’immisce dans des évènements tout aussi dramatiquement vécus. Les raisonnements et justifications prêtés aux personnages sont terrifiants. C’est un roman bouleversant sur la banalité du fait génocidaire, à mettre entre toutes les mains.
Le style est aussi froid que le cœur du Dct. Aue. L’œuvre est gigantesque, surtout si l’on pense qu’il s’agit seulement du second roman de cet auteur de 40 ans, par ailleurs fils de Robert Littell, auteur de roman d’espionnage centrés sur la guerre froide. On est confondu devant la maturité du jeune Littell, devant la gravité du thème abordé et décrit avec tant de minutie. Un immense auteur est ainsi révélé.
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McCarthy Cormac, ‘La route’.
Sortie : 2006, Chez : . L’apocalypse a eu lieu il y a quelques années. La planète terre n’est que cendres, livrée à quelques survivants organisés en hordes barbares er cannibales. Un père et son fils errent dans ce chaos au cœur du néant, entourés de ruines, seulement animés de la volonté de survivre jusqu’au soir et d’atteindre le cote. McCarthy, écrivain de la noirceur humaine s’est ici dépassé, l’espoir est anéanti, l’ambiance est sinistre.
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El Adwany Alaa, ‘Chicago’.
Sortie : 2007, Chez : . Les histoires plutôt désopilantes de la communauté étudiante égyptienne à Chicago par l’auteur de L’Immeuble Yacoubian : on y trouve l’islamiste roublard, la jeune femme puérile, le contestataire convaincu, le drageur invétéré, le vieux professeur américain humaniste. Tout ce petit monde se bouscule au cœur de l’Amérique généreuse et ambiguë pour composer la trame d’histoire allègre.
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Littell Robert, ‘L’amateur’.
Sortie : 1981, Chez : . Les pérégrinations d’un bureaucrate de la CIA qui décide d’aller régler ses comptes, contre l’avis de son employeur, avec les terroristes qui ont flingué sa femme. Il réussit et tout finit bien. Le bien triomphe du mal. Pas exceptionnel.
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Conroy Franck, ‘Corps et âme’.
Sortie : 1993, Chez : . Le conte de fée d’un gamin pauvre de New-York qui se révèle un pianiste de génie après des années de travail, et qui passe du Bronx à Carnegie Hall. C’est un peu à l’eau de rose mais c’est un rêve éveillé et léger, bien documenté.
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Buckley David, ‘David Bowie – Une étrange fascination’.
Sortie : 2004, Chez : . L’histoire musicale et artistique de ce géant de notre époque : ses influences, ses inspirations, sa façon d’apréhender l’Art qui l’entoure, ses habitudes de compositeurs, ses réflexes de musicien. Un livre passionnant qui détaille le processus créatif de ce rocker hors normes.
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Coe Jonathan, ‘La Maison du sommeil’.
Sortie : 1997, Chez : . Un roman complexe où se mêlent les histoires et les époques, les charlatans de la psychiatrie et l’amour qui pousse à la folie, l’innocence et les expériences, le rêve et les réalités. C’est une histoire passionnante où l’imagination foisonnante de Coe laisse sa place à l’imagination de ses lecteurs. On peut penser que la fin est heureuse.
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Tropper Jonathan, ‘Le livre de Joe’.
Sortie : 2004, Chez : . Un roman de gare un peu sophistiqué, haletant. Un écrivain comblé revient dans sa ville natale, qu’il a tournée en dérision dans son roman à succès. Il y retrouve des fantômes, des gentils, des méchants et la femme de sa vie. Tout se termine bien.
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McCullin Don, ‘Risques et Périls’.
Sortie : 2006, Chez : . La traduction française de l’autobiographie d’un grand photographe-journaliste de l’actualité guerrière de la deuxième moitié du XXème siècle. Il a tout vu, du Biafra au Liban, du Vietnam au Salvador. Il raconte ses pérégrinations et ses sentiments face aux horreurs de la planète, avec un œil engagé. Il a consacré sa vie à filmer et commenter la face la plus sombre de notre humanité. Il faut sans doute une bonne dose de sérénité pour survivre face à un tel amoncellement de souffrance et de barbarie. Il y a de la tristesse dans les mots et les images de McCullin, mais quel parcours passionnant !
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Boyle T.C., ‘Le Cercle des Initiés’.
Sortie : 2004, Chez : . L’arrivée de la sexologie dans l’Amérique des années 40/50 racontée de façon truculente par Boyle. On suit les pas d’un professeur qui, de conférence en conférence, initie ses auditoires à cette nouvelle science. Avec ses adjoints ils mettent en fiche les pratiques sexuelles de leurs concitoyens sans oublier de s’occuper au passage de leurs propres perversions.
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Wolfe Tom, ‘Moi, Charlotte Simmons’.
Sortie : 2004, Chez : . L’arrivée dans une prestigieuse université américaine d’une brillante lycéenne d’un comté rural des Etats-Unis : elle y découvre un monde de superficialité où la « coolitude » prime sur le savoir, l’apparence sur la pensée. Elle s’y débat pour essayer de faire valoir le fond sur la forme, sans trop de succès. Comme à son habitude Wolfe décrit avec une infinie précision et beaucoup d’humour tous les travers de notre société moderne, toutes ces petites choses que l’on ressent sans savoir les décrire lorsqu’il faut déployer la dernière énergie pour paraître « beau et drôle » dans notre société du « show permanent ». Ce sont 1000 pages de cynisme, souvent hilarantes, sur la vision du monde sous l’œil acéré d’un grand écrivain de notre temps.
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Angot Christine, ‘Rendez-vous’.
Sortie : 2006, Chez : . Les confessions impudiques d’une femme amoureuse d’un homme qui ne l’est pas. Entre eux il y le livre qu’écrit Christine Angot en direct sur cette désespérance, comme une bouée lancée dans l’océan en furie de la passion à sens unique. L’écriture n’est que ce qu’elle est, pouvant déclencher l’admiration mais rien d’autre. Le style est plutôt direct, peu littéraire, mais l’excitant est de savoir écrire sur soi-même dans l’immédiateté, démonter ses névroses, transcender ses échecs amoureux. Christine y réussit plutôt de façon plaisante.
