Catégorie : Notes de lecture

  • Sebold Alice, ‘La Nostalgie de l’Ange’.

    Sortie : , Chez : . Elle est morte à 14 ans, assasinée, et elle observe depuis le paradis le cheminement des siens à travers la douleur et l’absence. C’est triste et doux, comme la vie qui recommence après la souffrance.

  • Eno Brian, ‘Une année aux appendices gonflés’.

    Sortie : , Chez : .

    Le journal de l’année 1995, rédigé par l’un des concepteurs de la scène musicale moderne. Eno nous fait partager au jour le jour la vie d’un producteur (Bowie, U2,…) engagé dans la réflexion sur l’art, la culture (« tout ce que nous ne sommes pas obligés de faire ») et la musique au dessus de tout. On y partage également son engagement humanitaire en faveur de l’ex-Yougoslavie, en plein déchirement à l’époque.

  • Vanilla Cherry, ‘Les Papiers de Ziggy Stardust’.

    Sortie : , Chez : . Chroniques imaginaires de Ziggy Stardust, écrites par une théatreuse warholienne qui servait de communicatrice en chef de Bowie au cours des années Ziggy. Superficiel et sans grand intérêt.

  • Harrison Jim, ‘En Marge’.

    Sortie : 2022, Chez : Christian Bourgois Editeur

    Harrison revient sur le parcours qui l’a fait un des écrivains importants du XX° siècle. Bien sûr il y est question de la nature sauvage du Michigan nord, de chasse, de pêche, de bouffe et, toujours, d’écriture et de poésie qui sont la trame du livre et de la vie de son auteur. Un destin pensé pour et orienté vers la création littéraire, qui a produit parmi les œuvres majeures de la littérature américaine. De l’université à Hollywood, du Nebraska à la Bourgogne, Harrison absorbe tout ce qui passe à sa portée et le restitue dans l’écriture. Il pêche son matériau dans les eaux profondes de l’humanité et ce qu’il ferre n’est pas toujours réjouissant mais c’est ce qui a forgé Dalva et Sur La Route Du Retour alors on en redemande.

    Je suis de nature un semi-reclus, un mélancolique bénin à la recherche d’un équilibre précaire entre des extrêmes effrayants, bien décidé à ne pas me faire remarquer, mais tout aussi désireux de ne pas garder un profil bas.

    Dans son style foisonnant et riche mais sans fioritures, Harrison cite Steinbeck, Rimbaud, Rilke (« Qu’est-ce que le destin, sinon la densité de l’enfance ? ») et moulte autres écrivains peu connus du lecteur français. Il jongle avec les mots et les idées, ose des rapprochements acrobatiques entre situations et pensées, souvent drôles, jamais cyniques.

    Malheureusement, les diverses variantes de l’apitoiement sur soi sont les émotions les plus dangereuses que nous puissions connaître.

    Malgré quelques dérives alimentaires à Hollywood cet homme n’est que littérature et maîtrise des mots. Déjà une légende !

  • Etxebarria Lucia, ‘Amour, Prozac et autres curiosités’.

    Sortie : , Chez : . Biographe de Courntey Love, Etxebarria nous raconte la vie déjantée de trois sœurs madrilènes, l’une accrochée à Joy Division et à l’ecstasy, la deuxième au Prozac et la troisième à sa carrière. C’est une chronique désopilante et troublante des malheurs ordinaires de nos vies sans relief. On y trouve tous les ingrédients du désastre : le sexe lâche, la drogue illusoire, le père disparu, la mère envahissante, le travail sans création ; bref, la vie sans passion dans un quotidien sans enjeu.

  • Beigbeder Frédéric, ‘Windows on the World’.

    Sortie : , Chez : . Les dernières minutes de visiteurs du dernier étage du World Trade Center entre le crash des jets et l’effondrement des tours. Beigbeder, incorrigible, en profite largement pour parler de lui et de ses angoisses « existentielles » d’ancien pubeur cocaïné. Malgré ces dérapages égocentriques, c’est enlevé dans le tragique, percutant dans le style, déprimant dans la narration de cet événement fondateur de la décadence de notre Monde.

  • Rouaud Jean, ‘Les Champs d’Honneur’.

    Sortie : , Chez : . Un livre étonnant sur la mort des proches de l’auteur qui publie un premier roman d’une grande maturité. La Mémoire est investie dans ses moindres détails par un narrateur à la précision balzacienne. On y retrouve les habitudes de famille, les petites querelles et les grandes valeurs, les paysages trempés de la Loire inférieure et les tranchées tragiques de la Grande guerre. Au gré de ces brumes et de ces souffrances, on plonge au coeur de l’enchevêtrement des personnalités qui font notre Société. Ceux qui restent poursuivent l’Histoire !

  • Rocard Francis, ‘Planète Rouge, Mars : mythes et exploration’.

    Sortie : , Chez : . Francis Rocard, fils de… et ancien pote du Lycée Montaigne, ci-devant astrophysicien médiatique, m’a dédicacé son livre sur Mars. Un peu compliqué à suivre entre les ellipses orbitales, les glaces carboniques ou le spectromètre de l’hématique, mais suffisamment romantique pour laisser la place aux rêves face à ces espaces aussi sidéraux que sidérants, et reposer la question lancée par David Bowie dans les 70s : Life On Mars?

  • Derrida / Roudinesco , ‘De quoi demain… Dialogues’.

    Sortie : , Chez : . Élévation fascinante dans le monde de la pensée de ces deux grands esprits. L’un est le philosophe de la « déconstruction », l’autre est historienne. Ensemble ils « déconstruisent » les idées et passent notre monde à la moulinette de l’analyse philosophique, historique et psychanalytique. Ils montent à l’assaut des principes et idées reçues sur des sujets aussi divers que la peine de mort, la famille, les violences contre les animaux, les héritages politiques et la révolution, ou l’antisémitisme. Derrida, juif né à Alger, évoque ses origines avec discrétion au hasard des pages. Les références littéraires et philosophiques sont nombreuses et rendent l’ensemble pas forcément évident à suivre pour les néophytes qui sentent tout de même passer le souffle de l’Esprit sur ces débats.

  • Sagan Françoise, ‘Bonjour Tristesse’.

    Sortie : , Chez : . Le roman qui a lancé Françoise Sagan en 1954. On y parle d’été dans le sud, de mer chaude, de cigales chantant dans les pins, d’insouciance, de plaisir et de la jeunesse « dont c’est le privilège de penser peu au futur ». La Sagan fera flores sur la base de ce roman tout fou qui fondera un élan d’affirmation du féminisme, léger mais volontaire. Cette aventure est aussi celle d’une époque de joie et d’optimisme pour une intelligentsia qui croyait encore que tout était possible. Depuis, Sagan a fini sa vie dans un manoir normand, ruinée, impliquée dans des affaires de drogue et de corruption politique. Du soleil éclatant de Saint-Tropez aux bruines tristounettes de Honfleur, tout un symbole !

  • SOLLERS Philippe, ‘Passion Fixe’.

    Sortie : 2000, Chez : Gallimard. 

    Dora (Mar ?), avocate vagabonde, Clara (Schumann ?), pianiste virtuose, François, révolutionnaire itinérant, inspire le narrateur, écrivain (manqué ?) qui nous emmènent dans une pérégrination haletante à travers la planète, à travers l’art et l’Histoire.

    De digressions en références, Sollers saute d’un continent à une théorie, de Bach au Tao pour nous servir un roman aussi vif que son auteur qui se joue des idées et se régale des délices de la pensée. C’est léger, ça palpite et ça concentre la vie sur la création et les créateurs, tout ce qu’on aime pour donner un sens à nos existences.

  • PILLE Lolita, ‘Hell’.

    Sortie : 2002, Chez : Grasset.

    L’histoire déjantée d’une gamine parisienne des beaux quartiers qui se noie dans la coke, les sorties au Queen, l’inactivité et les voitures de luxe. Tranche de vie (sans doute) réaliste de la décadence de notre occident opulent. Ça se termine comme cela devait se terminer. Premier roman écrit à 17 ans d’une jeune femme qui connaît ce milieu, qui écrit avec cynisme et désabusement sur les folies d’une caste privilégiée et probablement peu nombreuse, même à Neuilly. A suivre.

  • Harrison Jim, ‘De Marquette à Veracruz’.

    Sortie : , Chez : . Un nouveau Harrison de la même veine que toute son œuvre : puissance et souffle au service du retour aux racines et d’une évocation des grands espaces de la Péninsule Nord dans la région des grands lacs américains. Comme toujours, les racines sont celles d’une famille torturée et violente, d’un père prédateur qui, bien qu’absent, obsède chaque instant de la vie d’un fils à la recherche de rédemption familiale en revenant sur les lieux et les personnes liés aux méfaits du père. Harrison court après les mots avec un style cru et haletant pour décrire les fuites de son héros dont les valeurs refuges le ramènent toujours sur les rives sauvages du Michigan au bord desquelles il tente de transcender toutes les lâchetés qui peuplent nos vies.

  • Maier Corinne, ‘Bonjour Paresse, De l’art et de la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise’.

    Sortie : , Chez : . Une analyse désopilante de la vie en entreprise avec quelques analyses remarquables de clairvoyance : Le mariage du crétinisme et de l’hypocrisie est fructueux, cela donne la pratique du management moderne… ou encore …culture d’entreprise est donc un oxymore, une formule de style qui consiste à associer deux mots qui n’ont rien à faire ensemble…elle n’est en fait rien d’autre que la cristallisation de la bêtise d’un groupe à un moment donné… elle se traduit alors par une débauche de séminaires creux, de tee-shirts immettables, de pin’s (oui, cela existe encore), de slogans soit-disant mobilisateurs.

  • Nothomb Amélie, ‘Métaphysique des tubes’.

    Sortie : , Chez : . Les pérégrinations d’une enfant belge entre 0 et 3 ans dans le Japon où est installé sa famille. Le regard ahuri de celle qui allait devenir un écrivain original assis sur le fonds de commerce du traumatisme de son expérience japonaise. Léger, rigolo et pas indispensable !

  • BOURAOUI Nina, ‘La Voyeuse Interdite’.

    Sortie : , Chez : . Un livre violent et amère sur la condition d’une jeune fille à Alger. Élevée dans la « tradition », elle n’y développe que haine et bile contre sa famille, son environnement, sa vie et elle-même. Elle rêve de dissolution et de mort. Premier succès littéraire de Nina Bouraoui, l’auteur y construit son style qui deviendra encore plus dépouillé et percutant par la suite, mais on y voit déjà poindre la finesse à faire partager au lecteur émotion et douleur. L’expression du talent d’écrivain !

  • Harrison Jim, ‘Lointains & Ghâzals’.

    Sortie : , Chez : . Pensées débridées d’un homme du Middle West sous forme de poésies persanes. On y trouve de tout dont : « Belles femmes (ou filles) enchantées. Acceptez-vous de prendre / place à mes cotés, ou tenez-vous à bousiiler votre vie allleurs ? » ou « Je voulais tire quelques mots du silence avant de dormir, mais aucun / ne correspondait à mes souhaits. Tant de silence et tant de mots. », et bien d’autres.

  • Mailer Norman, ‘Morceaux de Bravoure’.

    Sortie : , Chez : . Recueil de textes « journalistiques » et interviews de ce grand écrivain américain qui nous fait entrer dans ses pensées complexes sur l’art, la politique, le processus créatif, l’écriture et, bien sûr, l’Amérique. Une vision intellectuelle passionnante de notre XXe siècle !

  • Léger Jack-Alain, ‘A contre Coran’.

    Sortie : , Chez : . Violent pamphlet contre la pernicieuse invasion de l’islamisme dans la pensée française ; l’obsession du « politiquement correct » empêche de rappeler quelqes évidentes vérités. Léger ne se gêne pas pour le faire, dans le style excessif qui sied au genre qu’il a choisi.

  • BOURAOUI Nina, ‘Garçon Manqué’.

    Sortie : , Chez : . C’est une histoire de déchirement, celle d’une jeune fille quittant Alger pour « devenir française ». Une histoire de mer et de soleil, de silence et de solitude, d’amour et de violence. Il y a beaucoup de sensibilité sous la plume de Yasmina-Nina à évoquer par courtes phrases le séisme d’une enfance dévastée entre France et Algérie, tellement de justesse pour nous faire sentir les inoubliables odeurs du jasmin et des glycines des rues d’Alger, pour nous faire comprendre les jeux et les ombres de ce pays d’hommes.