Catégorie : Notes de lecture

  • BOURAOUI Nina, ‘La Vie Heureuse’.

    Sortie : , Chez : . Écrivain de père algérien et de mère française Nina nous raconte ses souvenirs de vacances d’adolescence à Saint-Malo dans cette Vie Heureuse. On y croise la mort d’une tante, la musique de Klaus Nomi, les boîtes de nuit, les vagues bretonne. On y découvre l’émoi de la découverte des amours au féminin. Nina écrit comme on parle, par courtes phrases, cassantes, pressées, répétitives. Elle courre sans reprendre haleine tout au long de 123 courts chapitres à la sensibilité masquée.

  • Garcin Jérôme, ‘Théâtre Intime’.

    Sortie : , Chez : . Comme nous tous l’auteur a lu Le Temps d’un Soupir de la femme de Gérad Philippe, Anne, et comme nous tous il est tombé immédiatement follement amoureux de son auteur qui a commis l’une des plus boulversante déclaration d’amour de la littérature française. Il a rencontré Anne et a épousé sa (leur) fille dix ans plus tard. Elle fait perdurer la tradition familiale du théâtre, Garcin délaye ses souffrances et éblouissements devant le statut d’actrice de sa femme. Qui aime-t-il le plus passionément d’Anne ou Anne-Marie ? On ne le sait plus. Elle sont l’une et l’autre l’émanation d’une légende qui s’estompe de la mémoire collective, et c’est le Cid qui fonde cette confession intime.

  • Harrison Jim, ‘Aventures d’un gourmand vagabond’.

    Sortie : , Chez : . Les aventures culinaires burlesques de l’inénarrable auteur américain de La Route du Retour et de Dalva. Des envolées lyriques et gargantuesques sur les vraies saucisses de cochon ou la bécasse sauvage traversant le ciel du middle-west, sur l’homme politique et sa relation à la bonne chère, des correspondances épicées avec des compères français de boustifaille. Et toujours le style impérieux de cet amoureux lucide de la vie qui a commis parmi les plus belles oeuvres de ma bibliothèque.

  • AUSTER Paul, ‘Tombouctou’.

    Les déambulations désespérées du chien Mr Bones qui, comme son maître Willy, désertera le monde ingrat des humains pour retrouver Tombouctou, l’au-delà des bienheureux. Une fable tristement réaliste.

  • Don Delillo , ‘Outremonde’.

    Sortie : , Chez : . 890 pages (un peu longues…) sur les pérégrinations d’une balle de base-ball issue d’un célèbre match à New York en 1951 qui parcourera ensuite toute l’Amérique de la guerre froide. Edgard Hoover y croise les personnages les plus divers, les aventures s’entremêlent et les destins de croisent, le tout donne le « le miracle américain » avec ses saints et ses déchets.

  • LEVI Primo, ‘Si c’est un homme’.

    Sortie : 1947, Chez : Editions Julliard.

    Une plongée désespérée au cœur du processus concentrationnaire de la barbarie nazie : Une plongée désespérée au cœur du processus concentrationnaire de la barbarie nazie : l’auteur n’en sortira pas indemne et mettra fin à ses jours 40 ans plus tard (bien que la thèse du suicide [il a chuté dans un escalier] soit discutée). Et tout ceci s’est passé dans notre vieille Europe donneuse de leçons, à la génération de nos grands-parents !

  • Irving John, ‘La quatrième main’.

    Sortie : , Chez : . L’histoire désopilante d’un journaliste qui s’est fait avaler la main par un lion au cours d’un reportage, continue à accumuler les conquêtes féminines, fait la moue devant la vie pour finalement ouvrir son cœur à la veuve de celui qui lui légua sa main pour un tentative (sans succès) de greffe. Irving continue à porter un regard finalement optimiste sur le monde à travers ces histoires de « loosers » qui toujours courent après (et souvent trouvent) l’Amour.

  • Revel Jean-François, ‘L’obsession anti-américaine’.

    Sortie : , Chez : . Analyse au vitriol, à la Revel, des incohérences de la critique anti-américaine systématique (généralement européenne), où l’envie se dispute au mépris, où la contradiction est érigée en mode de pensée. L’Amérique est accusée de tout et son contraire, d’être hyper-puissante ou isolationiste, d’être inculte et coupable d’impérialisme culturel, d’être protectioniste et de promouvoir la globalisation de l’économie, etc. On y trouve aussi d’intéressantes analyses comparatives franco-américaines sur les systèmes éducatifs, l’intégration des immigrés, la capacité de réaction politique, voire militaire, aux agressions internes comme externes.

  • Pearl Mariane, ‘Un cœur invaincu’.

    Sortie : , Chez : . Bouleversant récit de la femme d’un journaliste américain enlevé et décapité par le terrosrisme islamique dans un faubourg glauque de Karachi. Elle est enceinte de lui et va vivre dix jours d’horreur avant d’apprendre la fin. Elle décortique la montée de la douleur qui se substitue à l’espoir. Boudhiste, elle survit à la folie, abandonne la haine et remonte le flot de l’horreur pour donner naissance à leur fils déjà orphelin de son père.

  • KENNEDY Douglas, ‘L’homme qui voulait vivre sa vie’.

    Sortie : , Chez : . Il tue l’amant de sa femme et se réincarne sous l’identité de celui-ci pour fuir les poursuites et sa vie morose d’avocat à Wall Street.

  • Littell Robert, ‘La Compagnie – Le grand roman de la CIA’.

    Sortie : , Chez : . Tous les coups tordus des occidentaux contre le communisme, l’islamisme et la révolution contre l’ordre capitaliste en général. On y traverse la guerre froide, de Berlin à Langley en passant par Cuba. On entre dans le nouveau désordre international de Peshawar à Moscou. Un monde de l’ombre où la fin dicte les moyens et où les scrupules ne sont pas légion. L’Occident a gagné la première bataille, la deuxième est en cours.

  • Payne David, ‘Confession d’un Taoïste à Wall-Street’.

    Sortie : , Chez : . Eddy Love, pilote dans les Tigres Volants en Corée se distingue au sol et dans les cieux. Il laisse en Asie un enfant et le souvenir d’un flambeur. 20 ans plus tard, le fils devenu moine taoïste partira à la recherche du père sur les voies du Dow Jones à Wall-Street. De l’oracle taoïste à la théorie économique, il retrouvera l’image d’un père glorieux.

  • Rushdie Salman, ‘Furie’.

    Sortie : , Chez : . A mi-chemin entre fiction et délire, les pérégrinations d’un indien dans les violences de New York ; le professeur SOLANKA fuit les dérapages de l’amour, de l’argent, du temps qui passe, en se réfugiant dans la création d’un monde de poupées singeant la fureur de l’humanité décadente. On a parfois un peu de mal à suivre le foisonnement d’une imagination féroce qui tend au style de GARCIA-MARQUES sans toutefois atteindre l’accomplissement de ce dernier.

  • Udal Brady, ‘Le destin miraculeux d’Edgar Mint’.

    Sortie : , Chez : . Une sorte de Monde selon Garp en plus « trash », ou les pérégrinations d’un jeune métis indien à travers l’Amérique sombre des maisons de correction du Middle West, des réserves indiennes noyées sous l’alcool, des hôpitaux crasseux ; l’Amérique des camés au grand coeur, des mormons délirants, etc. Notre indien, orphelin de tout, déambule avec une vieille machine à écrire avec laquelle il noircit des pages de millions de mots au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans l’abyme gluant de sa découverte de la vie. De crimes en suicides, de fuites en résurrections, de confusions en abandons, le « happy end » est la page 544 de ce roman haletant. Nous sommes en Amérique !

  • KENNEDY Douglas, ‘La poursuite du bonheur’.

    Sortie : , Chez : . Saga dans New York des années 50, amour et « black lists », rêve américain et dérapages conservateurs, grandeur et décadence de l’Amérique libératrice post deuxième guerre mondiale. Moins de souffle que les grands écrivains américains à la Harrison, mais un bon roman de vacances.

  • Sidhwa Bapsi, ‘La fiancée pakistanaise’.

    Sortie : , Chez : . Histoires de massacres hindo musulmans, de guerres entre hommes des montagnes et des plaines, de femmes vendues ou lapidées, de traditions tellement pesantes, voire sanguinaires, qu’elles bloquent tout développement de l’Homme et des systèmes, bref, soyons heureux d’être nés dans notre bonne vieille France…

  • Salter James, ‘Une vie à brûler’.

    Sortie : , Chez : . Le parcours d’un pilote de l’US Air Force en Corée, devenu romancier et scénariste, amoureux inconditionnel de la France. Il se souvient du jour de son premier lâcher en avion : « … j’avance la manette des gaz. Je ressens en cet instant -je m’en souviendrai toujours- le frisson de l’irréalisable. Récitant pour moi seul, exubérant, immortel, je sens l’appareil quitter le sol, par dessus les fermes et les champs de foin, faisant le bruit d’une énorme mouche bourdonnante. Je suis hors de portée, au-delà de la barre, nerveux mais sans effroi, ne sachant rien, certain de tout…, je tends un bras extatique dehors, l’exaltation, la divinité, enfin ! ». Il y a de belles et justes descriptions du sentiment de voler, ces retours au « port » au crépuscule quand tout est calme et que les premières lumières commencent à clignoter au sol, une profonde plénitude et l’impression fragile de dominer le monde.

  • Brahic / Tapponier / Brown / Girardon , ‘La plus belle Histoire de la Terre’.

    Sortie : , Chez : . Eruption, magma, collisions tectoniques, dérive des continents, explosion des météorites, extinction de races… ou l’histoire violente de notre planète qui sait parfois engendrer la douceur. On y apprend qu’Alger se rapproche de Marseille à raison de 6 mm par an. Cette attraction semble provoquer une certaine répulsion si j’en juge par les récentes secousses telluriques en Algérie…

  • de Gaulle Charles, ‘Traits d’esprit’.

    Sortie : , Chez : . Les perles du Général classées par thème, et il n’en était pas avare. A Frey qui vient de faire arrêter Jouhaud après le putsch d’Alger : « Alors Frey, il vous a fallu un an pour arrêter un chef de l’OAS ! Et pour comble, vous m’arrêtez le plus bête et le plus difficile à fusiller ! »

  • de Ceccatty René, ‘L’éloignement’.

    Sortie : , Chez : . Déambulations d’un écrivain homosexuel sur les chemins tortueux et solitaire de l’amour déçu. Obsession et souffrance devant l’être aimé qui vous échappe. On peut se passer de lire ce court récit, sans doute largement autobiographique.