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  • La ministre des affaires étrangères et ses amis tunisiens

    Le Nouvel Observateur explique que la MAM (Michèle Alliot-Marie) a utilisé une deuxième fois l’avion de son ami affairiste tunisien lors de son séjour de Noël. Elle s’enferre depuis dans un pathétique embrouillamini d’explications et de démentis. A l’avenir : pourquoi ne pas passer ses vacances à Saint-Jean-de-Luz, village basque côtier dont elle fut maire des années durant ?

    Lire aussi : Les vacances de la ministre

  • La fin des White Stripes

    Les White Stripes disparaissent. Ils ont publié le faire-part sur leur site hier. De Profundis pour un groupe majeur !

    The White Stripes would like to announce that today, February 2nd, 2011, their band has officially ended and will make no further new recordings or perform live.

    The reason is not due to artistic differences or lack of wanting to continue, nor any health issues as both Meg and Jack are feeling fine and in good health.

    It is for a myriad of reasons, but mostly to preserve What is beautiful and special about the band and have it stay that way.

    Meg and Jack want to thank every one of their fans and admirers for the incredible support they have given throughout the 13 plus years of the White Stripes’ intense and incredible career.

    Third Man Records will continue to put out unreleased live and studio recordings from The White Stripes in their Vault Subscription record club, as well as through regular channels.

    Both Meg and Jack hope this decision isn’t met with sorrow by their fans but that it is seen as a positive move done out of respect for the art and music that the band has created. It is also done with the utmost respect to those fans who’ve shared in those creations, with their feelings considered greatly.

    With that in mind the band have this to say: “The White Stripes do not belong to Meg and Jack anymore. The White Stripes belong to you now and you can do with it whatever you want. The beauty of art and music is that it can last forever if people want it to. Thank you for sharing this experience. Your involvement will never be lost on us and we are truly grateful.”

    Sincerely,

    Meg and Jack White

    The White Stripes

    OK, Meg & Jack, The White Stripes sont à nous pour toujours !

  • Les vacances de la ministre

    Ils sont trop forts au Canard Enchaîné : la semaine dernière on nous expliquait comment la MAM (Michèle Alliot-Marie, qui n’a toujours pas dégorgé le parapluie qu’elle a avalé il y a plusieurs décennies) avait passé ses vacances en Tunisie pendant la « révolution ». Le palmipède nous apprend aujourd’hui que MAM et sa petite famille ont emprunté sur place l’avion privé d’un homme d’affaires tunisien, soi-disant proche de Ben Ali, pour se rendre à son hôtel. Tout ceci n’est pas bien grave, simplement particulièrement maladroit. Il serait tout de même plus sain que les ministres de la République, comme son président d’ailleurs, passent leurs vacances tranquillement dans leurs maisons de campagne, ou dans les palais nationaux mis à disposition de certains d’entre, eux plutôt que mêlés à des intérêts privés. Ce serait leur honneur et accessoirement leur tranquillité car ils auraient moins de comptes à rendre à une presse déchaînée et avide. C’est simple, il suffit juste de rester dans l’hexagone, c’est moins loin, moins cher, plus tranquille. MAM si je ne m’abuse est conseiller municipal de Saint-Jean-de-Luz, elle doit avoir une jolie villa sur la côte basque et/ou dans les Pyrénées alors pourquoi n’y reste-telle pas pour ces congés ? Elle reprendra l’avion pour la Tunisie ou ailleurs, quand elle n’aura plus de fonctions officielles. Et d’ailleurs, née en 1946, elle a 65 ans et il va bientôt falloir penser à passer la main.

  • La difficile succession de dictateurs

    Les partisans de Moubarak sont de sortie en Egypte et se heurtent aux anti-Moubarak. Ils abominent l’Occident et ses représentants qui laissent tomber leur président, tabassent au passage quelques journalistes et citoyens étrangers. C’est sans doute inévitable, mais tout à une fin, même les régimes autoritaires.

    Comme nous le disions précédemment, le problème avec ces autocrates ce n’est pas tellement l’autocratie mais leur incapacité à se renouveler. Ben Ali : 23 ans à manger dans la même soupe, Moubarak : depuis 30 ans dans le même fauteuil et ne sont pas comptées ici ses années de vice-présidence de Sadate. Le coup d’Etat ou la révolution ne sont finalement que le moyen de changer de président s’il ne se décide pas à mourir. Ben Ali a déposé un Bourguiba en proie aux affres de l’âge, Sadate a remplacé Nasser mort d’une crise cardiaque, Moubarak a succédé à Sadate assassiné, alors 30 ans plus tard, ne voyant pas mourir Moubarak, son peuple veut juste le remplacer.

    Si les présidents tunisien et égyptien avaient été un tout petit plus conscients de l’intérêt de leurs pays, ils auraient passé la main au bout d’une quinzaine d’années (l’équivalent de 3 quinquennats tout de même !) à un successeur (un vrai successeur, pas leur fiston), les choses auraient changé progressivement, le peuple aurait repris espoir, un petit parfum de nouveauté aurait changé les idées des gens et la transition vers plus de modernité et de démocratie se serait poursuivi tranquillement. Au lieu de cela ils se sont désespérément accrochés à leurs maroquins alors maintenant qu’ils en partent, plus ou moins forcés, le changement risque d’être un peu plus brutal.

    Il faut espérer que l’Egypte millénaire s’en sorte sans trop de violence et que chaque partie y mette du sien. Une transition bien négociée devrait permettre de sauver la mise d’un pays qui a eu le courage de pactiser avec Israël.

    Les nostalgiques de l’ancien temps ont perdu d’avance. Les réussites économiques, militaires ou culturelles du Shah d’Iran, de Pétain ou de Ben Ali ne pèsent rien au regard de la tyrannie ou des compromissions qu’ils ont exercées. Au fur et à mesure du développement économique des pays, d’autres autocrates tomberont sous les assauts de leurs peuples. Et ces dernières années, finalement, il eut plus d’avancée vers la démocratie que de régression vers la dictature. C’est une bonne nouvelle !

  • Mondialisation et prix de vente

    Après 18 ans de bons et loyaux services le chroniqueur remplace mon téléviseur Sony qui fonctionne encore par un téléviseur Sony à écran plat. Il m’avait coûté l’équivalent de 715 EUR en 1993 et était fabriqué au Royaume-Uni. Le nouveau présente une taille d’écran comparable, est fabriqué en Turquie et m’a couté 260 EUR. La mondialisation est passée par là depuis. Reste à voir si la durée de vie du nouvel appareil suivra la même tendance que son prix ? Ce n’est pas impossible ; autre époque !

  • Saint à tout prix

    La nouvelle de ce début d’année : Jean-Paul II sera béatifié en mai 2011. Un décret officiel du Vatican a validé un miracle attribué à Jean-Paulo. Il aurait miraculeusement guéri sœur Marie-Simon-Pierre de sa maladie de parkinson, et, miracle des miracles, la guérison aurait eu lieu après la mort de Jean-Paulo.

    Être béatifié ne signifie pas devenir saint. Pour ce faire il faudra trouver un second miracle à attribuer à l’impétrant. Vu les critères retenus cela ne devrait pas être trop difficile !

    Sans faire le républicain laïque anticlérical de circonstance, on peut penser que l’Eglise catholique s’honorerait à laisser tomber la pratique de la béatification ; consternant enfantillage qui est au mieux risible, au pire ridicule.

  • Divagations fouteballistiques

    Sur le site de la Fédération Française de Fouteballe on lit une déclaration éplorée de laquelle il ressort que :

    Tout en tournant « le dos au passé », Fernand Duchaussoy n’a pas éludé les « nuages » présents dans le ciel fédéral. Et d’évoquer « l’affaire Domenech », le contentieux avec la société Sportfive ou encore l’arbitrage. Mais aussi et surtout la baisse constatée du nombre de licenciés, chiffrée à – 8 % depuis le 30 juin dernier (soit environ 1,9 millions de licenciés), particulièrement remarquée chez les seniors et les dirigeants bénévoles, alors que les plus jeunes sont épargnés.

    « Les événements d’Afrique du Sud et la crise économique expliquent certainement ce repli, selon le président de la FFF. La LFA a mis en place une commission de réflexion dédiée à ce sujet. Le football doit se remettre en cause, être moins compliqué dans son organisation et plus attractif, à travers des pratiques telles que le Futsal et le Football Féminin ». Et de répéter son credo : « Jouer tout le temps et par tous les temps ».

    Bon, 8% de licenciés en moins cela fait 1,9 million de français un peu moins abrutis par cette activité débilitante. On peut conjecturer qu’une partie au moins de ce 1,9 million ne va pas consacrer son temps libre nouvellement acquis à regarder TF1 ou boire des bières au bistrot, mais au contraire à faire dans la convivialité, voire la culture. Nous tenons donc une bonne nouvelle !

    Intéressant également à picorer sur ce site, le prix des maillots de l’équipe de France vendus aux gogos : entre 80 et 110 EUR. Pour les moins fortunés il reste le T-shirt ou la casquette à 15 EUR.

  • L’autocrate autoreproductible

    L’Egypte s’agite et après la fuite de l’autocrate tunisien en Arabie Saoudite, les jeunes pharaons ne voient pas pourquoi le vieux Moubarak ne suivrait pas la même voie ! En place depuis 30 ans, en train d’essayer de caser son fiston pour la succession, il est effectivement envisageable qu’il passe la main via des élections et non pas un conseil de famille.

    Le problème avec ces autocrates du monde en développement n’est pas tellement leur autocratie mais leur incapacité à céder le pouvoir. Ben Ali : 23 ans avant de recevoir un coup de pied dans le derrière, Moubarak 30 ans à la même place… L’alternance est impossible avec ces dirigeants qui s’accrochent à leur fauteuil comme un moule à son rocher dans la Baie de Saint-Brieuc.

    Après avoir déboulonné le roi Farouk, les militaires égyptiens (Nasser est lieutenant-colonel, Sadate est officier, Moubarak est général) ont installé au Caire des monarques civils que seul leur mort permet de remplacer…

  • Un ancien fonctionnaire condamné en justice

    Jean-Marie Messier, ancien fonctionnaire recyclé dans l’entreprise privée, aussi bonimenteur qu’incompétent, rapace et avide, plus flambeur que flamboyant, ayant grugé des gogos petits actionnaires comme des mastodontes de Wall Street, vient d’être condamné à trois ans de prison avec sursis et 150 000 EUR d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour diffusion d’informations trompeuses et d’abus de bien social. La sentence est passible d’appel. Comme il se doit la justice a été rendue au nom du Peuple français, eh bien probablement le Peuple français est heureux de cette décision et espère que la cour d’appel ne la démentira pas.

  • La Tunisie dans le chaos

    Joyeux boxon en Tunisie, mais comment pourrait-il en être autrement ? Pour le moment on évite de comité de salut public, mais on pille les biens de la famille et belle famille Ben Ali, on manifeste à tout va, on démissionne du gouvernement, on pactise avec l’armée, on crie gloire au Peuple, on hue les milices à la solde du dictateur déchu. Bientôt la fête va se terminer et il va falloir se remettre au boulot et se colleter aux dures réalités. Courage !

  • Patti sold-out

    L’espoir rivé au cœur le chroniqueur se rend à la Salle Pleyel pour essayer de trouver une place pour le concert Horses de Patti Smith ce soir. Les poches bourrées d’argent liquide, tel Éric Woerth sortant de chez Mamy Betancourt un soir de ravitaillement des caisses de l’UMP, son espoir s’effondre rapidement : le marché noir est complètement atone, il n’y a que des acheteurs et aucune marchandise. La cote est inexistante faute de combattants ! Un spéculateur, jeune beur à capuche, essaye de placer une place qu’il n’a pas encore, tel un trader de chez Goldman Sachs fourguant des cargaisons de blé à des pays affamé, mais au bout d’un quart d’heure il faut rendre les armes devant la triste réalité du marché, encore une fois…

    Patti va entamer Gloria dans quelques minutes et l’on rentre tristement sous la pluie écouter Horses sur sa platine.

  • De l’intelligence en Tunisie

    Un texte sympathique du 16/01/2011 du professeur Haddad sur la révolutiontunisienne :

    La liberté a un prix, nous sommes disposés à le payer.

    Cher(s) amie(s)  

    Bonjour 

    Je remercie ceux d’entre vous qui m’ont envoyé des messages et qui s’inquiétaient pour moi. Je vais bien, ainsi que toute ma famille. L’important est de voir comment va la Tunisie. Je vous expose la situation et je demanderai de nous aider sur un problème crucial.

    La Révolution des jasmins est une révolution qui a été initiée et conduite par les jeunes. Les forces politiques essayent de suivre ; les intellectuels, moi compris, sont abasourdis par un événement qui nous ne pouvions imaginer dans les plus beaux de nos rêves. Dans la journée, les jeunes investissent pacifiquement les faubourgs des villes et brandissent clairement et courageusement leur revendication : un changement réel et pas seulement un changement de façade. La nuit, ce sont les milices qui, profitant de couvre-feu et de la complicité des forces de l’ordre, investissent les quartiers résidentiels, terrorisent les gens, se livrent au pillage, empêchent les citoyens de dormir pour les conduire à la dépression nerveuse. Ils veulent par ce billais pousser la population à accepter les compromis douteux.

    Des comités de quartiers se sont constitués partout et les citoyens assurent eux-mêmes leur sécurité. Partout, la population est à bout des nerfs, mais tout le monde est décidé à ne pas céder à ce chantage odieux. Ils nous empêchent de dormir, faisant exprès d’intervenir sporadiquement à des moments séparés de la nuit en provoquant beaucoup de tapage et en lançant les menaces : « vous avez lâché votre bon président, vous aurez affaire à nous maintenant », a martelé l’un d’eux sous ma fenêtre.

    Si la journée du 14 janvier sera marquée dans les annales de la Tunisie comme étant l’une des plus belles pages de son histoire, la nuit entre le 14 et le 15 janvier a été certainement la nuit la plus cauchemardesque que les Tunisiens ont eu à vivre depuis 50 ans. Ce qui s’est passé est horrible. Les miliciens ne se sont plus contentés de brandir des menaces et de piller de l’extérieur, ils ont forcé les portes des maisons, se livrant aux pires atrocités contre de paisibles citoyens sans défense. En effet, avant de fuir lâchement le pays, Ben Ali et ses beaux-parents les Trabelsi ont légué leurs armes et leurs voitures aux plus fidèles de leurs miliciens. Les comités de quartiers se sont retrouvés soudain face à des criminels armés. Partout, on implorait l’intervention de l’armée pour mettre un terme à un pillage systématique du pays. Il faut rendre hommage à l’armée qui, vers 2 h. du matin, est parvenue plus ou moins, très lentement et avec beaucoup de difficulté, à sécuriser tant soit peu plusieurs quartiers.

    Autre chose qui a attiré mon intention : ces milices se sont systématiquement attaquées aux boulangeries, aux pharmacies, aux grandes surfaces et aux petites épiceries, les pillant ou brulant. La situation était déjà difficile, puisqu’il y avait une pénurie de matière de base, il était difficile de trouver du pain, du lait ou des médicaments. Elle risque de s’aggraver après les événements d’hier. A mon avis, ils veulent brandir la menace d’une famine et embraser les quartiers populaires notamment. Car si certains citoyens avaient fait des provisions suffisantes, les gens modestes n’avaient pas les moyens de se payer de grandes courses ; il y a aussi ceux qui ne s’attendaient pas à ce que les événements prennent une telle ampleur. Des témoignages m’arrivent signalant que dans certains quartiers populaires les habitants eux-mêmes ont commencé à se livrer au vol et au pillage par nécessité. Un autre témoignage me signale que les milices ont bloqué depuis des jours le marché de gros, empêchant les commerçants de s’y approvisionner. La situation sécuritaire dissuade les camionneurs de livrer les marchandises entre les villes. Peut-être que tout cela sera résolu dans quelques heures, avec l’annonce prévue du gouvernement d’union nationale. Mais il est possible aussi que cet état dure plus longtemps ; dans ce cas, il y a une menace sérieuse sur les quartiers populaires. Je propose la solution suivante : nous devons réfléchir dès à présent à une possibilité de faire appel à des associations spécialisées dans la gestion de ce genre de crise et recevoir des aides de l’étranger, comme cela se passe lors des catastrophes naturelles. Ainsi, je demande à nos amis hors de la Tunisie de réfléchir avec nous sur d’éventuelles associations que nous pourrions contacter en cas de besoin et nous les remercions d’avance pour toute aide et suggestion sur ce thème.

    Maintenant, revenons à l’aspect « politique » de la situation. La plupart des leaders de l’opposition avaient accepté la proposition de Ben Ali de rester au pouvoir jusqu’en 2014, en échange d’une promesse ferme de ne pas se représenter de nouveau à la candidature suprême et de former un gouvernement d’union nationale. La France a donné son soutien à ce scénario. C’était sans compter avec la détermination des jeunes qui se sont mobilisés toute la journée du vendredi pour revendiquer le départ de Ben Ali et le jugement de sa famille. Excédé par la situation, Ben Ali a décidé de s’enfuir, non sans avoir donné l’ordre de massacrer les jeunes qui manifestaient pacifiquement devant le ministère de l’intérieur. La suite, vous l’avez tous suivi sur toutes les chaines de télévisions du monde.

    Après cet événement, il a été déclaré la vacance du pouvoir en vertu de l’article 56 de la Constitution tunisienne. Ce que nous voulons maintenant, c’est de passer à l’article 57. Ce n’est pas une question formelle, c’est tout l’enjeu du moment : L’article 56 est consacré aux cas de vacance temporaire du pouvoir. Il permet donc, du moins en théorie, le retour de Ben Ali ; il lui préserve surtout son immunité de Président de la République pour quelque temps, lui permettant ainsi de bénéficier d’un répit pour négocier un départ paisible dans ses propriétés en Argentine. En vertu de l’article 56, le Premier ministre devient Président par intérim ; or les Tunisiens craignent de tomber dans un « 7 novembre bis », c’est-à-dire de refaire ce que Ben Ali lui-même avait fait le 7 novembre 1987 : d’un intérim, il est passé à un gouvernement qui a duré 23 ans.

    En revanche, l’article 57 prévoit une vacation de pouvoir définitive, le premier ministre sortant sera chargé simplement de gérer les affaires courantes en attendant la tenue des élections. La présidence par intérim sera assurée dans ce cas par le Président de l’Assemblée nationale (qui, par ailleurs, est très vieux et ne pourra pas de toute façon rester longtemps au pouvoir).

    Il ne serait pas exclu que le traumatisme que les milices ont fait subir au peuple dans la nuit d’hier avait pour objectif de les dissuader de cette revendication. En tout cas, j’ai remarqué que dans les médias benalistes, les journalistes miliciens qui se sont convertis subitement en maitre de pensée révolutionnaire, ne cessaient de marteler qu’il ne s’agit là que d’un problème formel et que le plus important était de rétablir l’ordre public. Mais non, c’est très important. A la fin du règne de Bourguiba, j’ai vécu le traumatisme d’une transition agitée du pouvoir qui avait duré plusieurs années. Aujourd’hui, je vis le même cauchemar une deuxième fois. Je ne voudrais pas le revivre encore, ni le faire subir à ma fille. Il faut absolument régler les problèmes dès le départ sur des bases juridiques clairs, indépendamment des bonnes intentions que l’on pourrait prêter aux uns et autres. Ma petite fille a pleuré le premier jour au vacarme intimidant qu’elle entendait sous notre fenêtre. Par la suite, elle élevait la voix et prenait le ton d’une maîtresse d’école menaçant les miliciens de les punir ! Elle a appris rapidement à ne plus avoir peur ! C’était la première manifestation de conscience politique chez une gamine de cinq ans !

    Une nouvelle génération est née en Tunisie ; elle se sent libre et audacieuse. Je salue la mémoire de tous les jeunes qui ont conduit la Révolution des jasmins. Je m’incline à la mémoire des héros qui se sont sacrifiés pour faire triompher la cause de la liberté et de la dignité, à commencer par le regretté Mohamed Bouazizi qui, sentant l’injustice atteindre le seuil de l’insupportable, s’est immolé par le feu plutôt que de faire violence à autrui. Le jeune et pauvre marchand ambulant a abattu le puissant et milliardaire dictateur. Je suis persuadé que la nouvelle génération fera mieux que nous en matière de liberté. Il faut l’écouter et être à la hauteur de ses sacrifices. L’enjeu n’est pas de se débarrasser d’un homme mais d’un système. La liberté a un prix, nous sommes disposés à le payer. Nous comptons sur l’appui de nos amis.

    Professeur Mohamed Haddad

    PS. Texte à diffuser à volonté.  

  • Eric Woerth à la peine

    Pauvre Eric Woerth qui semble découvrir le monde cruel de la politique. Viré du gouvernement pour compromission dans l’affaire Betancourt, le voici maintenant dans le collimateur de la cour de justice de la République qui pourrait le juger pour prise illégale d’intérêt pour une sombre affaire de vente de terrain, propriété de l’Etat, dans sa bonne commune de Chantilly. Une interview de lui paraît dans Le Point où il se plaint de n’être point soutenu par le gouvernement actuel dans ses ennuis judiciaires.

    Il est un peu ingénu le garçon de s’émouvoir qu’on lui plante des couteaux dans le dos, ce n’est tout de même pas d’aujourd’hui qu’il découvre ce monde de requins sans foi ni loi ? Le soutien qu’il pourrait recevoir dépend évidemment de sa capacité de nuisance qui semble être plutôt émoussée ces derniers temps. Alors il serait en train d’écrire un livre. Bon, cela lui fera du bien.

    En fait il y en a un auquel il faut tout de même rendre hommage pour son abnégation c’est Juppé-le-raide-(comme un passe-lacet)-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-depuis-2006-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville, lui il a été condamné à de la prison avec sursis plus une peine d’inéligibilité mais il n’a jamais bavé et a fait preuve d’une certaine noblesse pour couvrir ce grand benêt de Chirac. Et puis il est revenu en politique après s’être fait réélire triomphalement car en France les repris de justice de la politique sont réélus triomphalement. Worth ne semble pas être de cette trempe !

  • La France ferait mieux de se taire

    La presse des cancans s’émeut que la France ne prenne pas fermement position en faveur de la démocratie en Tunisie. Les mêmes critiquaient il y a 8 jours les prises de position de la même France en faveur d’Alassane et de la démocratie en Côte d’Ivoire.

    Dans un cas comme dans l’autre l’ancienne puissance coloniale devrait s’imposer un devoir de réserve car de toute façon ce qu’un ministre parisien peut dire n’a absolument aucune influence politique sur les évènements locaux. Au pire cela peut déclencher des réactions populaires négatives (là-bas comme à Paris où habite une forte communauté tunisienne ou franco-tunisienne), au mieux cela n’a pas d’effet. Donc réserve et discrétion doivent être les deux mamelles guidant les déclarations françaises. Dans quelques mois le contribuable français annulera de la dette tunisienne, ce sera notre participation à l’évolution démocratique tunisienne.

  • Le dictateur se réfugie dans une dictature

    Après un mois d’agitation populaire, quelques morts sous les balles des sicaires tunisiens, le président Ben Ali saute dans un avion et part se réfugier en Arabie Saoudite après 23 ans de pouvoir absolu à Tunis.

    Ce départ est une bonne chose pour la Tunisie. Il est pathétique qu’au XXIème siècle un changement de gouvernant dans ce pays ne puisse passer que par une révolution, c’est une lâcheté de la part de Ben Ali et sa diabolique famille de fuir ainsi leurs responsabilités, c’est une grande incertitude pour l’avenir de ce pays et de ses voisins.

    Comme il se doit en de pareilles circonstances les pilleurs ont envahi les rues. Petits dommages collatéraux et malheureusement inévitables. Le clan Ben Ali qui a mangé dans la bonne soupe tunisienne 23 années durant va sans doute s’accrocher encore un peu à ses prébendes par crainte des règlements de comptes. Espérons que la maturité et l’âme du peuple tunisien prendront le dessus pour gérer ce pays qui mérite sérénité et stabilité.

  • Les économistes atterrés

    Une très réjouissante lecture : Manifeste d’économistes atterrés rédigé en 60 pages par un collectif d’économistes qui démontent 10 idées préconçues post-crise financière de 2008, la première étant que le Marché est parfait et se trouve le meilleur outil pour affecter les capitaux aux secteurs les plus productifs, ainsi que 9 autres billevesées diffusées en boucle par le monde néolibéral contre les évidences amenées par l’explosion de la planète financière en 2008/2009.

    Après chaque idée sont proposées des pistes de réflexion qui malheureusement ne seraient efficaces que si et seulement si tous les pays de la planète les appliquaient en même temps et de la même façon. Tout ceci est un peu naïf, purement intellectuel, mais au moins ces idées sont exprimées et les gouvernants ne pourront pas faire semblant de les découvrir lors de la prochaine crise financière dont la survenance est déjà inscrite dans l’Histoire, reste juste à en découvrir la date.

    Les atterrés ont créés leur site web sur http://atterres.org/ dont la lecture est très vivement recommandée ici.

  • Juppé globe-trotter

    Juppé-le-raide-(comme un passe-lacet)-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-depuis-2006-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville doit maintenant se rendre au Niger pour y récupérer les corps de deux français tués par des terroristes. Après son réveillon de Noël à Kaboul pour essayer de rassurer les soldats français, celui du nouvel-an au Brésil pour fourguer nos Rafale, c’est maintenant Niamey pour y constater notre impuissance face à une bande de va-nu-pieds terroristes de circonstance. Comme il doit regretter sa mairie de Bordeaux où il menait une vie paisible et fidèle à ses engagements !

  • La publicité intrusive

    Que font des publicités LCL (Le Crédit Lyonnais) sur France Inter, radio de service public, en principe censée n’accueillir que de la réclame institutionnelle ? Pour autant que l’on sache LCL est une entreprise purement commerciale même si le contribuable continue à payer pour la faillite du Crédit Lyonnais au début des années 90, avec un petit bonus de 400 millions d’EUR versés à Bernard Tapie en 2010.

    Peut-être est-ce pour faciliter le redémarrage de cette banque dans de meilleures conditions ? Déjà bien avant la crise financière de 2008, la France avait montré l’exemple en mettant une de ses banques en faillite pour mauvaise gestion (en partie étatique) et, pour la sauver, en cantonnant dans une structure spécifique (le CDR – consortium de réalisation) les créances douteuses pour les réaliser, laissant les moins-values à la charge du contribuable français, y compris cette dernière resucée pour notre Tapie national. Le consortium a été fermé en 2007, on a estimé le coût pour les contribuables à environ 15 milliards d’euros, mais la banque a été sauvée.

  • « Easy Rider » de Dennis Hopper

    Et l’on revisionne Easy Rider offert par le père-Noël cette année. Quel film formidable sur une époque, une atmosphère, un pays. Easy Rider est au cinéma américain (et mondial) ce que le Velvet Underground est à la musique américaine (et mondiale) : un pur joyau !

  • Il ne sait pas ce qu’il dit

    Juppé-le-raide-(comme un passe-lacet)-l’homme-qui-a-menti-aux-bordelais-depuis-2006-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville affirme maintenant que l’armée française n’a aucune intention d’intervenir en Côte d’Ivoire. Est-il en train de mentir aux français comme il a menti- aux-bordelais-depuis-2006-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville ? L’avenir le dira mais on peut craindre le pire de la part d’un responsable qui n’a pas hésité à mentir-aux-bordelais-depuis-2006-en-leur-faisant-croire-pour-être-élu-qu’il-se-consacrerait-à-100%-à-leur-ville.