Étiquette : La Gauche

  • Le retour des taxeurs compulsifs

    Le retour des taxeurs compulsifs

    Avec la crise énergétique en cours, la pénurie de produits pétroliers fait augmenter les prix de ceux-ci sur les marchés mondiaux, et donc à la pompe où M. et Mme. Michu font le plein de leur automobile. Bien entendu, les compagnies pétrolières voient leurs profits augmenter en conséquence, leurs coûts de production étant plus ou moins stables et leurs prix de vente se trouvant à la hausse, au moins provisoirement.

    En France il existe une compagnie pétrolière quasiment unique, TotalEnergies qui a progressivement racheté tous ses concurrents nationaux et s’est constituée désormais en compagnie globale investie dans tous les domaines du pétrole : exploration, extraction, raffinage et distribution à travers le monde, et a même investi dans les énergies renouvelables et le gaz. C’est une multinationale assez classique qui semble plutôt bien gérée. En 2025 ses comptes consolidées affichent un chiffre d’affaires de 201 milliards d’USD (contre 237 en 2023) et un profit de 13 milliards, ce qui donne donc une marge nette sur les ventes de 6,5%.

    Voir > https://totalenergies.com/system/files/documents/totalenergies_universal-registration-document-2025_2026_en.pdf

    Evidemment les comptes 2025 ont été clôturés avant les effets favorables de la crise pétrolière déclenchée en février 2026 (guerre menée par la coalition américano-israélienne contre l’Iran). Les comptes 2026 seront probablement meilleurs, à moins d’une catastrophe d’ici la fin de l’année.

    Marx et Engels à Berlin (ex-zone Est)

    Pour une partie de la classe politique et des citoyens français, une compagnie pétrolière, qui plus est multinationale, même si le siège de sa holding est enregistré en France (à Paris-La Défense), affichant plus de 200 milliards de ventes et un profit qui se compte en dizaines de milliards est rapidement classée dans la catégorie honnie des exploiteurs du peuple qu’il convient de taxer largement pour redistribuer l’argent qu’elle a « volé » et qui revient au peuple. C’est près de deux siècles de philosophie marxiste qui a lentement infusé l’imaginaire français depuis que Karl Marx s’est installé à Paris où commence sa longue amitié avec Friedrich Engels qui produira une œuvre philosophico-économique qui marque encore certains pays, dont la France.

    En matière de fiscalité la compétence est nationale, l’imposition concerne les entités légales enregistrées sur le territoire de l’Etat qui impose. Les groupes ne sont pas une unité fiscale reconnue. L’impôt affiché dans les comptes consolidés du groupe n’est que l’agrégation des impôts payés dans les différents pays où le groupe exerce une activité. Pour TotalEnergies cette agrégation donne 9 milliards d’impôts en 2025 soit un taux de 40% de son profit brut. Mais cet impôt a surtout été réglé aux Etats où le groupe produit du pétrole (Gabon, Nigeria, Emirats Arabes Unis, etc.), très peu en France où les activités de raffinage sont déficitaires. Hélas on ne produit plus de pétrole en France. Pour mémoire le taux d’impôt sur les sociétés en France est de 25% au taux normal, 15% au taux réduit, contre 40% payé mondialement par TotalEnergies.

    Ainsi, le parlement français a instauré en 1992 une C3S (contribution sociale de solidarité), qui impose les entreprises réalisant plus de 19 millions d’EUR de ventes hors taxes à un taux de 0,16% sur le chiffre d’affaires (et non sur le bénéfice donc même une entreprise déficitaire paye cette contibution) afin de participer au « financement de l’assurance vieillesse ». Cette taxe sur la production est toujours en vigueur aujourd’hui.

    En 2025 la loi de Finance a créé une « Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises » réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros. Cet impôt « exceptionnel » a été reconduit pour 2026 mais appliqué à partir d’un seuil élevé à 1,5 milliard de ventes. Les taux sont significatifs :

    • Taux de 20,60 % de la moyenne de l’impôt sur les sociétés des deux derniers exercices pour les chiffres d’affaires compris entre 1,5 milliard d’euros et 3 milliards d’euros,
    • Taux de 41,20 % de la moyenne de l’impôt sur les sociétés des deux derniers exercices pour les chiffres d’affaires supérieurs à 3 milliards d’euros.

    Au niveau des particuliers on ne cite plus la légendaire CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) créée « provisoirement » par le gouvernement Juppé en 1996 pour financer la dette de sécurité sociale transférée à une CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale) crée elle aussi pour l’occasion. Cette CRDS a été reconduite depuis à chaque échéance périodique depuis 30 ans. Comme le déficit de la sécurité sociale est devenu récurrent, la CADES est régulièrement dotée avec la dette sociale qui y est transférée car les cotisations sociales seules ne permettent plus de l’apurer et qu’il faut bien rembourser, d’où la CRDS « provisoire ».

    Et ce ne sont que quelques exemples parmi bien d’autres du système fiscal d’un Etat qui a perdu le contrôle de ses dépenses publiques depuis deux ou trois décennies. Comme il faut bien financer celles-ci il faut lever l’impôt à hauteur des dépenses.

    Lire aussi

    Si l’on osait résumer la philosophie marxiste en une phrase on pourrait dire que pour Marx, si une entreprise capitaliste fait un profit c’est qu’elle « vole » le travailleur (en le rémunérant insuffisamment) ou le client (en lui vendant trop cher), voire les deux. Les capitalistes s’approprieraient une part indue de la valeur ajoutée. Au XXIe siècle quelques intellectuels et économistes diffusent encore cette théorie qui est bien reçue en France. L’arme absolue fut un temps de nationaliser ces entreprises pour les « rendre au Peuple ». C’est ce qui a été pratiqué en 1981 après l’élection d’un pouvoir de gauche à Paris. Puis, devant les résultats peu probants de cette tactique, on a dénationalisé. Au XXIe siècle il n’y a plus grand monde pour prôner la nationalisation en revanche, la nouvelle arme fourbie par les « progressistes » est la taxe sur les « surprofits ».

    Le refrain sur la « taxe des surprofits » est de nouveau entonné ces dernières semaines. Pourquoi pas si une loi de finances intègre une telle taxe. La difficulté technique sera de définir ce qu’est un surprofit ? Faut-il définir le seuil à partir duquel un profit devient « surprofit » en volume (EUR) ou en pourcentage du chiffre d’affaires ? Définira-t-on alors un « sous-profit », seuil en deçà duquel l’impôt serait inférieur au taux « normal » ? Ce qu’envisagent les taxeurs compulsifs serait un impôt sur les sociétés « progressif » comme cela existe déjà pour les particuliers. C’est complexe à faire fonctionner. Dans le cas de TotalEnergies, est-ce la France envisagerait de taxer aussi les profits réalisés au Qatar, par exemple, en plus des impôts déjà payés à Doha par les filiales de TotalEnergies dans ce pays ?

    Les entrepreneurs, gros, moyens et petits, estiment qu’une telle proposition aurait des effets néfastes sur l’économie nationale. Les marxistes estiment que ce serait un impôt « de justice ». C’est un dialogue de sourds qu’il ne sert pas à grand-chose de mener tant le sujet est complexe et pollué par l’idéologie. Si les citoyens veulent diriger le pays vers un tel système il existe une offre politique en ce sens. Il suffit de la porter au pouvoir démocratiquement et les Français verront alors les conséquences de leurs votes. Il semble toutefois qu’il n’existe pas vraiment de majorité politique en ce sens pour le moment.

    Et si demain l’Etat français veut créer une compagnie pétrolière nationale qui ne ferait pas de profit pour avantager les consommateurs nationaux et les travailleurs, il suffit de le décider et de la financer dans le budget de la République, puis de la gérer pour atteindre ses objectifs fixés par l’Etat. Cela a été fait dans les années 1950/1960 avec la création de l’ERAP (Entreprise de recherches et d’activités pétrolières), compagnie d’Etat, qui explorait et exploitait le pétrole alors disponible en Aquitaine. Cette société est devenue ELF dans les années 1970 avant d’être rachetée en 2000 par… Total, devenu TotalEnergies dans la foulée et qui réaliserait aujourd’hui des « surprofits » à taxer !

  • Des députés sous pseudonymes

    Des députés sous pseudonymes

    A l’occasion d’affrontements violents ayant abouti au meurtre à Lyon en février dernier d’un militant d’extrême droite par des membres supposés de la Jeune Garde, organisation « antifa » en voie de dissolution, on apprend qu’un député de la République peut légalement être enregistré sous un pseudonyme. C’est le cas de Raphaël Arnault qui a fait les grands titres de la presse ces dernières semaines car il fut l’un des co-fondateurs de la Jeune Garde en 2018. Selon sa fiche Wikipédia il semble qu’à l’état civil il s’appelle Raphaël Archenault, ce qu’il n’a jamais démenti. Le député fat partie du groupe de gauche propalestinienne La France insoumise (LFI).

    Sa page sur le site de l’assemblée nationale nous apprend qu’il était, avant son élection, « Employé civil et agent de service de la fonction publique ». Sa déclaration (obligatoire) « Intérêts et Activités » précise qu’il était « assistant d’éducation » de 2020 jusqu’à son élection en 2024 et porte-parole de la Jeune Garde jusqu’à sa dissolution le 12/06/2025, le mouvementy est qualifié de « Jeune garde antifaciste ». Il est également précisé que le contrat de son collaborateur parlementaire, Jacques-Elie Favrot, mis en examen dans le meurtre de Lyon, a été résilié en février 2026.

    On se demanda ce qui peut pousser un député à se faire élire sous pseudonyme ? Du fait de son aspect public, cette fonction élective devrait par nature être transparente. M. Arnault a à son passif une condamnation définitive à de la prison avec sursis pour « violences volontaires en réunion », peut-être voulait-il masquer son lien avec cet épisode ? Si tel est le cas il a juste sous-estimé le fait qu’aujourd’hui bien peu d’évènements peuvent rester cachés, surtout s’agissant d’un homme politique. Peut-être plus simplement est-ce une référence au bon vieux temps de la semi-clandestinité dans laquelle la génération précédente d’extrême gauche s’est cachée avec des « blazes » lorsqu’elle adhérait à la Gauche prolétarienne ou autres mouvements trotskystes assimilés dans les années 1960-1970. Cambadélis se faisait alors appeler « Kostas », Jospin avait choisi « Michel », etc. Les « gauchistes » d’aujourd’hui qui semblent plus préoccupés par la bagarre que par l’idéologie et manient mieux la batte de base-ball que la dialectique, se donnent ainsi sans doute un air de vrai révolutionnaire à peu de frais.

    Il n’en reste pas moins que l’on peut s’interroger sur l’opportunité de laisser la latitude aux députés de s’enregistrer sous un faux nom à l’assemblée nationale lorsqu’ils y sont élus. A moins que des motifs sérieux à cette liberté nous échappent, sa suppression serait opportune.

    Lire aussi

    Peur sur la ville

  • Peur sur la ville

    Peur sur la ville

    Dans les dîners en ville des citoyens s’inquiètent parfois de la possibilité de voir la gauche propalestinienne arriver à l’Elysée lors des élections présidentielles de 2027. C’est une hypothèse mathématiquement possible, son principal représentant, Jean-Luc Mélanchon, ayant déjà obtenu près de 22% des suffrages au premier tour des élections présidentielles de 2022 (contre 20% aux élections de 2017) et a failli être qualifié pour le second tour. Il lui a manqué 1,2% par rapport à Marine Le Pen qui, elle, fut présente au tour final contre M. Macron, finalement élu.

    Malgré ses dérives verbales et ses colères médiatiques, le trublion trotskyste, formé à l’école de l’Organisation communiste révolutionnaire (OCI), tendance « lambertiste », dans les années 1970, où il croisa nombre de ceux qui sont devenus ensuite les caciques du Parti socialiste (PS) comme MM. Jospin ou Cambadélis, Jean-Luc Mélanchon arrive encore à fédérer le combat contre l’extrême droite incarnée par le Rassemblement national (RN).

    Alors, dans ces mêmes dîners en ville, les bourgeois, bohème ou pas, les progressistes bon teint de la gauche pas forcément propalestinienne, affichent vouloir « voter Mélanchon » si le deuxième tour des présidentielles de 2027 l’opposait au Rassemblement national (RN). Même en se bouchant le nez, ils préfèrent un président trotskyste au saut dans l’inconnu d’un représentant d’un parti construit sur les bases de l’ex-Front National élu président de la République.

    Malgré ses efforts constants pour se mettre toute une partie de la population française à dos à force d’injures et d’agressivité, sans parler d’un programme pour le moins collectiviste, M. Mélanchon garde ses chances de rejoindre l’Elysée en 2027 face à la terreur engendrée par son éventuel adversaire de second tour, le RN. Pour le moment les dîners en ville continuent de bruisser d’inquiétude et de déni « non, ce n’est pas possible, on ne peut pas avoir Mélanchon et le RN au second tour ! » Eh bien si, c’est politiquement envisageable mais si l’on veut éviter un tel dilemme, le mieux serait de ne pas voter pour lui au premier tour afin de lui barrer la route du second ! Il y aurait ainsi au moins une alternative républicaine face au candidat RN dont les sondages semblent prédire la qualification au second tour dans tous les cas de figure.

    Quoi qu’il en advienne, la France aura le président pour lequel ses citoyens auront voté. C’est leur responsabilité.

  • La famille Lang emberlificotée dans l’affaire Epstein

    La famille Lang emberlificotée dans l’affaire Epstein

    Des millions de documents liés à l’affaire « Epstein », du nom de ce financier américain impliqué dans de multiples affaires de pédo-criminalité à travers le monde, mais qui s’est suicidé en prison à New-York en 2019, ont été publiés sur le site web du ministère américain de la justice en application d’une loi votée par le parlement pour forcer le gouvernement américain à la transparence. Ces dossiers citent des milliers de personnes à travers le monde, célèbres ou pas., riches ou moins, qui se sont laissés prendre dans les rets de Jeffrey Epstein qui devait disposer d’un entregent remarquable pour s’être constitué un tel réseau relationnel. Un petit tour sur ce site public américain permet déjà de s’assurer que notre nom n’y figure pas… Après avoir certifié : (i) ne pas être un robot puis (ii) avoir 18 ans minimum on accède très facilement à un moteur de recherche plutôt facile d’utilisation.

    Quand on tape, par exemple, « Jack Lang », on aboutit à 676 liens aboutissant à 676 documents dans lesquels apparaît « Jack Lang » (86 ans), avec un petit résumé pour chacun. Tous les fichiers sont sous format PDF contenant beaucoup de copies de courriels échangés avec M. Epstein, mais aussi des photos. Il n’y a pas de commentaires et certains passages de messages ou parties de clichés sont recouverts de noir, officiellement pour protéger les victimes. En cliquant sur quelques photos on tombe sur beaucoup de portraits d’Epstein et de sa compagne (franco-britannique), Ghislaine Maxwell purgeant actuellement une peine de 20 ans de prison aux Etats-Unis pour pédo-criminalité et complicité de trafic sexuel, et qui a promis qu’elle révèlerait ce qu’elle sait si elle était graciée ; mais aussi des naïades dans des piscines bleues, des femmes à moitié nues (mais partiellement caviardées pour ne pas choquer les âmes sensibles), des fêtes réunissant célébrités et anonymes, un concert des Rolling Stones, des villas, des œuvres d’art, des pièces d’habitation, etc.

    Il y a 3 millions de ces documents, en faire la synthèse demande donc de gros moyens… que possèdent nombre de journaux qui en distillent les morceaux choisis depuis quelques semaines avec délectation tant les personnalités impliquées, ou juste citées dans les documents, sont nombreuses et diverses.

    Si on se promène un peu au hasard des 676 liens où sont cités Jack Lang on tombe avec gourmandise sur un courriel du 14/09/2018 adressé par Jack Lanf à son « Dear Jeffrey [Epstein] » pour lui demander 150 000 euros afin de financer un film documentaire préparé par Serge Moati sur l’œuvre de… Lang Jack (« Serge Moati, a very great French filmmaker, wants to make a film about my work that will be broadcast in the cinema »). On savait ce vieux « Djack » doté d’un culot d’enfer et d’une haute idée de lui-même mais on voit qu’on l’avait sans doute sous-estimé. Epstein répond le même jour « im contributing… ». On ne sait pas si le financement demandé a été octroyé ni même si le film a été réalisé.

    Cette aventure, pour le moment juste rocambolesque, vient de valoir à cet homme âgé son poste de chef de l’Institut du monde arabe (IMA). Sa fille Caroline, également citée dans de nombreux autres courriels, semblait entretenir des relations d’affaires et amicales avec l’Américain. Elle a également de démissionné de différents mandats qui lui avaient été confiés dans le secteur du cinéma où elle travaille.

    La masse de ces documents et la quantité de relations qu’entretenait M. Epstein sont impressionnantes. On ignore comment les 3 millions de fichiers ont été rassemblés par la justice américaine. Ont-ils été saisis sur les ordinateurs du pédo-criminel, qui semblait conserver beaucoup de matériels, ou ont-ils été piratés par des grandes oreilles de différents services ou fournisseurs d’Internet, ces derniers ayant pu intercepter ces documents qui ont forcément transité par leurs réseaux à un moment ou un autre ? On ne sait pas bien par quels canaux ils se sont retrouvés dans les mains de la justice mais maintenant qu’ils y sont leur publication fait des ravages à travers les puissants du monde occidental qui ont été en rapport avec Epstein, même sans avoir forcément participé de près ni de loin à ses activités criminelles.

    L’affaire semble loin d’être terminée et pourrait connaître une nouvelle étape si Mme. Maxwell révélait ce qu’elle sait ou si l’administration continuait ses publications.

    Courriel Jack Lang/Jeffrey Epstein

    Lire aussi

  • Lénine à Paris

    Lénine à Paris

    Apposée sur un modeste immeuble du XIVe arrondissement, en pierre meulière et briques rouges, une plaque rappelle que Lénine (1870-1924), promoteur de la philosophie marxiste en Russie, idéologue de la révolution bolchevique de 1917, initiateur de l’internationale communiste, a séjourné quelques mois au 26 rue Beaunier entre décembre 1908 et juillet 1909. Condamné à la déportation en Sibérie en 1895, les autorités tsaristes l’autorisent ensuite à partir en exil à l’étranger en 1900 où il va poursuivre son travail idéologique avant de revenir à Moscou, expédié par les Allemands dans son fameux wagon soi-disant plombé pour mettre en œuvre son programme théorique élaboré en exil, notamment rue Beaunier, avec les résultats que l’on sait.

    Il n’est pas le seul théoricien du communisme à avoir séjourné à Paris. Marx et Engels l’ont précédé. Plus tard la France coloniale, bonne mère, a formé et accueilli nombre des futurs dirigeants marxistes ou maoïstes des nations décolonisées : Ho Chi Minh (Viêt Nam), Khieu Samphan (Cambodge), et bien d’autres. Ils ont laissé des traces, et pas que sur les plaques commémoratives accrochées sur les immeubles dans lesquels ils ont résidé !

  • La réforme de des retraites de 2023 suspendue par l’assemblée nationale sur proposition du gouvernement

    La réforme de des retraites de 2023 suspendue par l’assemblée nationale sur proposition du gouvernement

    Alors que les discussions parlementaires se poursuivent à l’assemblée nationale sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 l’article 45 bis proposé par le gouvernement a été soumis au vote. Il s’agit d’entériner la suspension de la réforme des retraites 2023, augmentant progressivement l’âge légal de départ en retraite et la durée de cotisation nécessaire. Ce vote est symbolique car il n’entrera en vigueur que si l’ensemble du PLFSS est adopté dans son ensemble d’ici le 31/12/2025. Si ce n’était pas le cas, la suspension de la réforme des retraites ne serait pas effective.

    La suspension de cette réforme, même si elle n’était qu’éphémère, a une signification politique importante. C’est un retour en arrière inédit dans l’histoire contemporaine de la République et c’est un échec personnel pour le président de la République qui avait fait de cette réforme l’alpha et l’oméga de son deuxième mandat, après avoir échoué à la mener au cours du premier, pour causse de cris sanitaire de la Covid.

    Cette suspension aurait été négociée avec le parti socialiste (PS) pour obtenir son engagement de ne pas censurer le gouvernement. Socialistes et partis du centre étaient donc censés faire adopter cette suspension, qui l’a finalement été avec :

    • Les voix du Rassemblement national
    • Les abstentions de la grande majorité du partie présidentiel (exceptés trois anciens ministres, MM. Woerth et Ferraci, ainsi que Mme. Panosyan-Bouvet qui ont voté contre).
    • Les voix du Parti socialiste
    • Quelques abstentions de Les Républicains mais une majorité de votes contre, dont tout l’état-major
    • Les votes « pour » des écologistes et des démocrates
    • Le vote « contre » du parti Horizons de l’ancien premier ministre Edouard Philippe
    • Les voix « contre » de la gauche propalestinienne de La France Insoumise (LFI)

    A l’issue de tout ce méli-mélo de suffrages en sens contraire et d’abstentions la suspension de la réforme des retraites a été adoptée. Elle ne fait qu’annoncer une prochaine réforme qui sera rapidement nécessaire tant les contraintes démographiques, et donc financières, la rendent incontournable.

    La nation décidera alors si elle veut faire financer ses retraites par l’impôt ou par le travail ou par l’ajustement du niveau de tout ou partie des pensions, ce qui pourrait être rendu nécessaire en cas de crise grave sur les finances publiques françaises. Le mistigri est ainsi refilé aux candidats à l’élection présidentielle de 2027 qui devront s’en dépatouiller. Une telle élection n’est généralement pas très propice aux débats de fond tant la démagogie à courte vue prend généralement le pas sur la réflexion. Mais les électeurs français l’ont voulu ainsi en élisant une chambre tripartite.

    Voir les votes en détail

     https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/3684

    Lire aussi

    L’âge de la retraite et la durée de cotisation en jeu – Total Blam-Blam

  • Mathilde Panot poète

    Mathilde Panot poète

    A l’occasion de sa réponse au discours de politique générale du premier ministre, la présidente du groupe parlementaire de La France Insoumise (LFI), Mathilde Panot, entre deux tirades propalestiniennes dans lesquelles elle accuse M. Lecornu de complicité avec un génocide, a révélé sa culture. Elle a cité Leonard Cohen :

    There is a crack, a crack, in everything
    That’s how the light gets in

    Anthem – Leonard Cohen

    Après avoir traduit le poème en français elle informe son interlocuteur que LFI va agrandir la brèche (the crack) « jusqu’à ce que s’écroule le vieux monde que vous incarnez… car dans chaque brèche il y a la promesse d’un matin. »

    Leonard doit se retourner dans sa tombe devant une telle utilisation de sa poésie. Pardonne-lui Leonard, elle ne sait pas ce qu’elle dit !

  • Anarchie à Rennes

    Anarchie à Rennes

    En passant par les toilettes des « Ateliers du Vent ».

  • Misérabilisme étudiant

    Misérabilisme étudiant

    L’assemblé nationale a voté une proposition de loi généralisant le repas à 1 EUR pour tous les étudiants, contre l’avis du gouvernement. Jusqu’ici seuls les étudiants bénéficiant d’une bourse ou étant en « situation précaire » étaient éligibles à ce tarif réduit. Les repas universitaires sont préparés et servis par les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) qui eux-mêmes sont subventionnés avec de l’argent public, subventions qu’il va donc falloir augmenter pour compenser la perte de recettes décidée par le parlement.

    Cette mesure « progressiste » part du principe que tous les étudiants sont en « situation précaire » et méritent donc d’être subventionnés par les contribuables. Ce n’est heureusement pas le cas mais néanmoins tous pourront bénéficier de cette mesure. C’est le défaut de la vision misérabiliste d’une partie des élus (souvent partagée dans les dîners en ville et sur les plateaux télévisés) qui consiste à élaborer les politiques sur la situation « des plus défavorisés » ce qui revient à en faire profiter aussi « les plus favorisés ».

    La logique voudrait que les politiques budgétaires soient conçues en fonction de la situation moyenne des citoyens et des entreprises et que des mesures spécifiques soient mises en œuvre pour favoriser ceux qui sont en ont réellement besoin. La généralisation du repas à 1 EUR, à perte pour les Crous, pour tous les étudiants illustre ce travers français de l’addiction à la dépense publique. Le nombre de repas servis à 1 EUR va certainement augmenter de même que le déficit des Crous et donc leur besoin de subvention qui en sera la conséquence. Sans doute une telle mesure apportera quelques suffrages aux partis qui l’ont soutenue, elle ne changera probablement pas grand-chose au sort « des plus favorisés » qui d’ores et déjà ne prennent pas leurs repas dans les restaurants du Crous.

  • La gauche qui vote à droite

    La gauche qui vote à droite

    Dans un dîner en ville on débat du nouveau fractionnement de l’assemblée en trois tiers : un pour la gauche propalestinienne, un de centre droit et un de droite dure, ce qui fait, si l’on sait compter, deux tiers de droite et un tiers de gauche. Les convives progressistes ont une autre interprétation de cette réalité chiffrée : « les électeurs de la droite dure sont en fait des électeurs de gauche déçus par la gauche », d’où leur vote pour la droite de la droite. Contrairement aux apparences il y aurait en fait deux tiers de gauche et un tiers de droite.

    C’est une interprétation comme une autre, qui montre si besoin en était que la droite dure provoque toujours la même aversion de la population « de gauche » au point que celle-ci dénie même la réalité du vote des électeurs qui sont passés de la gauche à la droite. C’est en gros : « pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Alors on peut les compter comme électeurs de gauche, ils ont quand même voté à droite et il faudra bien qu’ils en assument la responsabilité même si l’époque tend de plus en plus à la déresponsabilisation générale.

  • L’obsession de l’âge légal de la retraite

    L’obsession de l’âge légal de la retraite

    Avec une permanence qui force l’admiration la gauche propalestinienne continue à exiger l’abrogation de la réforme des retraites. A tout le moins, certains de ses membres pourraient sans doute se satisfaire de maintenir l’âge légal à 62 ans au lieu de la montée vers les 64 qui a été adoptée par le parlement en 2023 et qui a commencé à être mise en œuvre. Depuis son adoption, la situation financière du système des retraites s’est dégradée par rapport aux hypothèses qui avaient fondé cette réforme. Le retour du déficit (c’est-à-dire qu’il a plus de pensions versées que de cotisations encaissées) apparaît dès 2024 et ne cesse ensuite de se creuser selon le scénario de base retenu par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) et ce, en prenant en compte l’application intégrale de la récente réforme.

    https://www.cor-retraites.fr/sites/default/files/2024-07/RA_2024_finale_Synth%C3%A8se_publication.pdf

    Les opposants compulsifs à l’augmentation de la durée du travail ne raisonnent pas en termes de déficit ou de financement puisque pour eux il suffit « de taxer Bernard Arnault » pour combler les déficits. Il est donc peu opérationnel ni utile de discuter de ce sujet avec eux.

    En revanche, la situation financière du système des retraites se dégradant dès 2024, même avec la réforme de 2023 qui risque fortement d’être « adoucie » compte tenu du contexte politique, fait que de toutes façons une nouvelle réforme sera nécessaire dans 3 ou 4 ans. En attendant, le contrefeu du nombre minimum de trimestres d’assurance exigé (172, soit 43 années) permet de limiter les dérives même en cas de baisse de l’âge légal de départ.

    Comme il faut bien se sortir des blocages actuels et prendre en compte tenu l’obsession des partis d’opposition contre l’augmentation de l’âge de départ à la retraite peut-être faut-il envisager de compromettre temporairement avec ceux-ci, à 63 ans au lieu de 64, et de reporter son augmentation à l’incontournable nouvelle réforme sur le financement qui adviendra d’ici deux ou trois ans lorsque les tensions financières du système se seront encore accrues ? D’ici là, la « taxation de Bernard Arnault » aura peut-être arrangé les choses ? Plus probablement, hélas, le déficit du système se sera accru et peut-être la réalité des chiffres rendra les élus et leurs électeurs plus pragmatiques.

  • Wi-Fi « républicain »

    Wi-Fi « républicain »

    Installé dans son TGV Inouï, le voyageur recherche tranquillement le Wi-Fi de la SNCF pour y connecter son téléphone mobile. Du coup les identifiants de téléphones des passagers dont le Wi-Fi est activé apparaissent sur son écran. Le plus souvent anonymes, l’un d’eux est personnalisé de façon un peu voyante : « Si tu votes RN t’es un GROS NAZE » affiche cet identifiant. Le voyageur cherche des yeux si les députés Sébastien Delogu ou Thomas Portes seraient dans le wagon. Mais non, il doit s’agir seulement de l’un de leurs admirateurs.

  • Appel de la gauche à manifester pour ce samedi

    Appel de la gauche à manifester pour ce samedi

    La branche propalestinienne et majoritaire au sein de l’alliance électorale Nouveau front populaire (NFP), La France insoumise (LFI), a publié sur son site web les mots d’ordre retenus pour la manifestation organisée dans différentes villes de France pour contester « le coup de force de Macron ». En effet, le président de la République n’a pas retenu la femme haut-fonctionnaire proposée par le NFP pour occuper le poste de premier ministre. Les arguments des uns et des autres sont bien connus et restent irréconciliables, ce ne n’est pas utile d’y revenir.

    Maintenant que le NFP est sûr de ne pas prendre la responsabilité du pouvoir, au moins à court terme, sa composante principale peut sans risque rappeler les éléments clé de son programme, d’où ces six mots d’ordre vigoureux dont quatre concernent l’augmentation des dépenses et deux sont plus sociétaux, dont la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

    Rien de bien nouveau si l’on se réfère au « contrat de législature » déjà publié par le NFP mais on note qu’il n’y a aucun mot d’ordre concernant les recettes à mettre en œuvre pour financer les dépenses mise en avant pour la manifestation.

    Lire aussi : Le programme du « Nouveau Front Populaire »

    Un simple retour au programme permet de compléter cette liste :

    Adopter un projet de loi de finances rectificative le 4 août, pour se doter d’une politique fiscale juste avec notamment les mesures suivantes :
    • Accroître la progressivité de l’impôt sur le revenu à 14 tranches
    • Rendre la CSG progressive
    • Rétablir un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) renforcé avec un volet climatique
    • Supprimer la flat tax et rétablir l’exit tax
    • Supprimer les niches fiscales inefficaces, injustes et polluantes
    • Réformer l’impôt sur l’héritage pour le rendre plus progressif en ciblant les plus hauts patrimoines et instaurer un héritage maximum
    • Instaurer une taxe kilométrique sur les produits importés

    Bien sûr l’appel à abolir les privilèges des « milliardaires » souligné en rouge satisfait presque tout le monde d’autant plus qu’il n’est pas précisé à partir de quel revenu joueront les nouvelles tranches d’imposition ni la progressivité de la CSG. On peut raisonnablement penser que ce ne sera pas que pour les « milliardaires ». Rester dans le flou permet de ne pas trop effrayer ceux qui devront immanquablement payer pour le programme de dépenses et qui sont probablement aussi les participants potentiels aux manifestations d’aujourd’hui.

  • Le Rassemblement National (RN) effraie toujours autant

    Le Rassemblement National (RN) effraie toujours autant

    A l’issue des élections européennes du mois de juin aussitôt suivies d’une dissolution de l’assemblée nationale qui a divisé la nouvelle assemblée en trois blocs d’importance électorale à peu près équivalente, le RN, successeur du Front National (FN) s’est retrouvé aux portes du pouvoir en France avec environ 30% des votes exprimés. C’est le meilleur score jamais réussi par ce parti depuis que Jean-Marie Le Pen, le fondateur du FN dont la fille Marine préside le RN, s’était qualifié pour le second tour des élections présidentielles de 2002, reléguant le candidat socialiste (ancien trotskiste tendance lambertiste) à la troisième place. Opposé à Jacques Chirac le père Le Pen avait été balayé par le « Front républicain » qui s’était mis en place et n’avait rassemblé que 18% des suffrages au deuxième tour. C’était il y a vingt-deux ans.

    Ce 30 juin dernier, le RN et ses associés arrivaient en tête du premier tour des élections législatives avec 33% des suffrages. Aussitôt un nouveau « barrage républicain » est construit afin de limiter le nombre de députés RN à l’issue du deuxième tour et, effectivement, à force d’alliances improbables et de désistements opportunistes, au soir du 7 juillet, le RN et associés n’obtiennent « que » 143 députés alors que certains sondagiers leur prévoyaient au moins la majorité absolue (289 députés) et que le président du parti, bien rasé derrière les oreilles, se voyait déjà nommé premier ministre. Dans les dîners en villes c’est le soulagement : « les fascistes ne sont pas passés ! » Dans le reste du pays c’est la déception : « les bobos urbains nous volent notre victoire ! »

    Lire aussi : La France face à l’aventure

    Le Nouveau front populaire (NFP), association électorale hétéroclite dominée par la gauche propalestienne et son leader Jean-Luc Mélanchon (lui aussi d’origine trotskyste tendance lambertiste), se réjouit de l’efficacité du « barrage contre le fascisme » et aspire au pouvoir sur la base d’un programme électoral radical.

    Dans ces dîners en ville au cœur des quartiers gentrifiés, on se veut se rassurer en se disant que jamais un tel programme ne pourra être mis en œuvre en France, qu’il ne s’agit que de promesses électorales sans conséquences et les convives, qui, le plus souvent, ne l’ont pas lu, se tranquillisent en se disant que leurs impôts n’augmenteront pas et que leur patrimoine sera préservé.

    Lire aussi : Le programme du Nouveau Front Populaire

    La France forte de son histoire révolutionnaire, reste irriguée par une pensée marxiste plus ou moins diffuse mais toujours prégnante dans l’imaginaire collectif poussant ainsi une bourgeoisie aisée à préférer voter pour l’extrême gauche plutôt que l’extrême droite, réduisant ainsi à portion congrue le bloc « central » qui est pourtant à l’origine de leur réussite. Le résultat est aujourd’hui un pays avec à sa tête un gouvernement démissionnaire, un président de la République qui passe son temps à congratuler les athlètes français médaillés aux jeux olympiques PARIS 2024 et une assemblée nationale en vacances, sans majorité réelle où, pour le moment, droite et gauche affirment leur volonté de ne pas collaborer avec le centre, ou alors sur la base de leur programme et uniquement celui-ci. Les choses risquent d’évoluer à la rentrée car il faudra bien gouverner le pays. Si personne ne veut faire de concession Paris pourrait rester avec son gouvernement démissionnaire et le parlement ne plus voter de réforme mais expédier lui aussi les affaires courantes. Et si la loi de Finances 2025 ne peut pas être votée faute de majorité il faudra bien qu’un texte de compromis pour faire fonctionner l’Etat à partir du 01/01/2025, ne serait-ce que pour lever l’impôt et, notamment, payer les salaires et les frais des députés… Sans doute feront-ils preuve d’un minimum de réalisme le moment venu quitte à s’accorder sur un budget irréaliste. Les électeurs en jugeront et, s’ils sont mécontents, il leur restera l’opportunité de voter différemment aux prochaines élections législatives car malgré les craintes de beaucoup, la démocratie n’est pas encore en risque dans le pays.

  • Fraude et mauvaise éducation à l’assemblé nationale

    Fraude et mauvaise éducation à l’assemblé nationale

    L’assemblée nationale a été renouvelée le 7 juillet dernier suite à la décision présidentielle de sa dissolution. Elle est devenue ce que les électeurs français en ont décidé : trois blocs opposés, un de droite radicale, un de gauche propalestinienne et un du centre, aucun n’emportant une majorité absolue et chacun contrôlant les deux autres. Dans un pays normalement géré une telle configuration pousse à la nécessité de s’entendre sur un programme de gouvernement a minima. En France où l’hystérie et la démagogie sont érigées en mode de fonctionnement, cette nouvelle assemblée est annonciatrice de blocages et d’invectives.

    Lire aussi : Les électeurs français ont voté

    Les choses ont d’ailleurs commencé à l’occasion de l’élection du bureau de l’assemblée. Si la présidente sortante, issue de la majorité présidentielle a été renouvelée, la désignation des autres membres de cet organisme a donné lieu à un spectacle peu ragoutant. Traditionnellement, dans l’attente de la composition du nouveau bureau, ce sont les plus jeunes députés élus qui tiennent lieu de membres par interim du bureau. Le plus jeune étant un député du Rassemblement National (RN, droite radicale), c’est lui qui se tenait devant l’urne où les députés déposaient leur vote « à bulletin secret » pour s’assurer de la régularité du scrutin. A 576 reprises (il y a 577 députés) il a tendu la main au votant qui venait de déposer son bulletin dans l’urne et les élus du parti La France Insoumise (LFI, gauche propalestinienne) ont refusé de la serrer du fait de son appartenance politique, sauf quelques rares exceptions comme Clémentine Autain.

    Plus inquiétant, une possible fraude a eu lieu pour l’élection des vice-présidents et dix bulletins en trop ont été trouvés dans l’urne. Il semble qu’une ou deux enveloppes en trop pourraient s’expliquer par un mauvais hasard, mais dix d’un coup cela ressemble à s’y méprendre à un acte malveillant. Une enquête est en cours et on ignore pour le moment qui a pu se rendre coupable de ce délit qui ramène l’assemblée nationale à un vulgaire bureau de vote corse où l’on fait voter les morts. C’est a priori une première historique au parlement.

    Il n’y a pas forcément de lien entre les députés mal élevés et les députés délinquants mais l’assemblée nationale française est en train de s’abaisser au niveau d’une cour de maternelle. Peut-être arrivera-t-on à identifier un jour les députés délinquants. Il serait bon que leurs noms soient rendus publics pour l’édification des électeurs.

    Les présidents des groupes parlementaires ne s’étant pas entendus sur la composition du bureau, celle-ci a été mise au vote. Les partis se sont alors mis d’accord en coulisse pour se soutenir, ou pas, portant parfois leur choix sur des candidats improbables. Le résultat est un bureau majoritairement tenu par la gauche radicale d’où le RN, premier parti issue de l’élection du 7 juillet, est absent.

    Toute cette agitation n’est finalement que de peu d’importance car ce n’est pas le bureau de l’assemblée nationale qui vote les lois, il se contente d’organiser les travaux. Il a une capacité de nuisance mais pas de pouvoir législatif.

  • Les électeurs français ont voté

    Les électeurs français ont voté

    Les Français ont voté et le résultat de leurs suffrages est une assemblée nationale divisée en trois tiers plus ou moins d’égale puissance en nombre de députés : la droite radicale composée majoritairement du Rassemblement National (RN), la gauche radicale, quatre ou cinq partis réunis dans l’alliance électorale Nouveau front populaire (NFP) dominée par sa composante propalestinienne et le centre droit. Aucune de ces trois tendances ne peut à elle-seule emporter la majorité absolue et donc faire appliquer son programme. L’assemblée est donc condamnée soit à l’immobilisme, soit à des alliances. Les partis ont déjà affiché leur défiance les uns envers les autres et expliquent qu’ils sont d’accord pour une alliance à condition que ce soit sur leur programme. Autant dire que la négociation s’annonce mal. Comme souvent, des dirigeants de rencontre élus par les Français privilégient leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt du pays.

    La solution de l’immobilisme ne serait finalement peut-être pas la pire des solutions. Elle entraînerait de fait une stabilité législative par l’impossibilité de faire voter de nouvelles réformes. Est-ce vraiment un problème ? Sans doute pas, préoccupons-nous déjà de faire appliquer les lois existantes. Le corpus législatif préexistant déjà très fourni suffit à occuper l’administration d’autant plus qu’un certain nombre de décisions ne relèvent pas d’un vote au parlement mais plus simplement de circulaires ou décrets qui pourront être pris par un gouvernement à mettre en place, quelle que soit sa couleur politique. On pourra attendre quelques temps pour envisager de nouvelles réformes législatives. En attendant, respirons un peu. Même la Loi de finances annuelle qui est le texte majeur de toute législature qui doit en principe être voté avant le 31 décembre de l’année précédente, s’il ne peut pas être voté du fait de l’irresponsabilité de partis incapables de s’entendre sur un texte commun, peut être mis en vigueur sans vote par renouvellement par douzièmes mensuels du budget précédent. La constitution de la Ve République a tout prévu.

    Et si les électeurs sont insatisfaits de devoir renoncer, au moins provisoirement, aux réformes tonitruantes annoncées par les partis sur lesquels ils ont porté leurs suffrages, il leur suffira la prochaine fois de voter autrement. C’est ce qu’on appelle la responsabilité des citoyens.

  • Panique dans les partis politiques non-RN

    Panique dans les partis politiques non-RN

    Les résultats du premier tour des élections législatives tenues dimanche dernier sont en train de déclencher une fébrilité inédite en France. Le Rassemblement National (RN) emporte 33% des suffrages exprimés y compris ceux en faveur de la partie de Les Républicains (LR) qui a migré vers le RN. Le vote pour ce parti est bien réparti sur tout le territoire, dont les départements d’outre-mer, sauf quelques grandes villes qui restent inspirées par les idées progressistes. Les jeunes, les cadres, même les retraités, toutes les catégories socio-professionnelles se dirigent petit à petit vers le RN et le vote pour ce parti est maintenant décomplexé.

    Le Nouveau Front Populaire (NFP), qui est le pendant du FN à gauche, est crédité de 28% des votes. La majorité présidentielle est en troisième position avec 20%.

    Dès que ces résultats ont été avérés, l’ensemble des partis politiques non-RN s’est mis à tenter de reconstruire le fameux « front républicain » pour « faire barrage à l’extrême droite » ce qui consiste à monter des accords en catastrophe entre les deux tours pour faire capoter la candidature FN, même lorsque celle-ci est arrivée en tête du premier tour. Pour ce faire ces partis anti-RN fusionnent leurs candidatures pour n’en présenter qu’une seule face à celle du RN et ainsi limiter l’éparpillement des voix. Cela revient aussi à forcer la main de l’électeur qui, s’il ne vote pas RN devra apporter sa voix au candidat unique anti-RN. Celui-ci peut toujours voter « blanc » ou aller à la pêche le jour du vote si le cœur lui en dit.

    Le Rassemblement National continue à effrayer le microcosme malgré ses efforts de « normalisation » lancés depuis plus de dix ans mais il n’effraie plus un électeur sur trois qui a mis très sereinement un bulletin dans l’urne en sa faveur dimanche dernier. C’est le dilemme auquel est confronté le microcosme : doit-il continuer à contester ce vote en menant des alliances improbables avec pour seul objectif « tout sauf le RN », au risque de braquer encore plus les électeurs concernés, ou peut-il considérer que le RN est devenu un parti fréquentable, comme les autres, et envisager qu’il puisse gouverner comme c’est d’ailleurs le cas dans des conditions assez similaires dans d’autres pays européens, ou même aux Etats-Unis sous l’ère Trump, passée ou à venir.

    C’est clairement la première option qui est à l’œuvre aujourd’hui où l’on voit des caciques de la droite et du centre appeler à voter dimanche prochain pour des candidats de La France Insoumise (LFI, extrême gauche propalestinienne) dans des circonscriptions où le RN est arrivé en ballotage favorable au premier tour. Choisir la seconde option, celle de la normalisation du RN, présente un risque que le microcosme ne veut pas prendre : celui de la résurgence des tendances d’extrême droite du RN une fois qu’il serait arrivé au pouvoir. Au-delà de cette agitation d’appareils, l’électeur choisira en fonction de ses convictions qui risquent de n’être pas forcément en accord avec celles du microcosme.

    Dans tous les cas, une France gouvernée par des extrêmes d’un bord ou de l’autre risque de se rabougrir un peu plus. C’est le principal échec du pouvoir actuel : n’avoir pas su convaincre le pays de rester dans la raison sous une gouvernance apaisée.

  • Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    Des obsessions politiques qui polluent la campagne électorale

    La campagne électorale pour les élections européennes du 9 juin dernier avait été centrée sur la guerre à Gaza, largement attisée par le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI). Cela n’a pas empêché le Rassemblement national d’arriver en tête avec 31,4% des suffrages exprimés. La campagne en cours pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet, provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale le 9 juin au soir, est centrée sur l’antisémitisme. Ces deux sujets sont certes importants pour la bonne marche du monde mais devraient l’être un peu moins dans le cadre de campagnes électorales françaises.

    Qu’importe, les partis qui font la course en tête, le Nouveau Front populaire (NFP dont LFI est le principal membre) et le Rassemblement National (RN, droite radicale) ont trouvé là des os à ronger et des motifs d’attaquer l’adversaire. Et ils s’en donnent à cœur joie, ressassant les mêmes slogans rageurs qui, sans doute, n’intéressent pas considérablement leurs électeurs et, surtout, n’orienteront probablement pas le vote des indécis, s’il en reste encore à ce jour.

    La droite, et ceux qui s’en réclament sur les plateaux télévisés, cherche par tous les moyens à faire dire à LFI que le Hamas (mouvement qui gouverne la bande Gaza et dont la branche armée a lancé et exécuté les massacres du 07/10/2023 en Israël) est un mouvement terroriste. Les membres de LFI s’y refusent car ils considèrent que ce mouvement s’est défendu le 7 octobre et ne peut pas être considéré comme terroriste. Ils le croient sans doute très sincèrement et restent sur cette position en refusant de prononcer ce qualificatif de « terroriste ». Ils ont le droit de prendre cette position et de l’afficher, accessoirement ce sentiment doit être partagé par une partie de leur électorat. Il est improductif de perdre du temps à essayer de les faire changer d’avis, d’autant plus que c’est une position historique de l’extrême gauche française qui n’est pas nouvelle. Le parti LFI est transparent sur ce point et leurs électeurs se positionnent en conséquence.

    Lire aussi : L’extrême gauche française est extrême

    La droite radicale du RN saisit cette occasion pour se refaire une virginité et passer sous le tapis son histoire antisémite. On se souvient des sorties tonitruantes et des plaisanteries nauséabondes de Jean-Marie Le Pen le fondateur du Front National qui s’est transformé en Rassemblement National après un coup de balai donné pour rompre les liens avec les membres du parti les plus voyants dans leur antisémitisme, y compris le patriarche. Les plus anciens qui ont fréquenté les universités françaises dans les années 1970 se souviennent des combats extrêmement violents menés entre les milices du GUD (Groupement Union Défense d’extrême droite) et celle du BETAR (mouvement de jeunesse juif sioniste radical, que l’on peut aussi qualifier d’extrême droite) qui en ont laissé plus d’un sur le carreau. L’antisémitisme est une vieille histoire en France, comme d’ailleurs dans une partie de l’Europe. C’est surtout un drame de la bêtise rendu encore plus aigüe par les nouvelles religiosités qui s’emparent des masses. L’exploit est qu’aujourd’hui le RN arrive à se présenter comme le défenseur des Français de confession juive. Quel retournement ! C’est, au moins, une réussite marketing.

    Ce débat qui pollue le processus électoral en cours est vain. Bien entendu il doit rester quelques nazillons au RN et quelques staliniens au NFP, comme dans le reste de la société française d’ailleurs. On n’arrivera jamais à éliminer complètement ces idéologies mortifères. L’essentiel est de s’assurer que les institutions de notre vieille République restent suffisamment solides pour maintenir les digues empêchant leur généralisation, c’est ce qu’on appelle l’Etat de droit, notion tellement contestée par les extrêmes du moment qui privilégient le populisme. Cela reste le cas pour le moment. Mais les barrières contre l’abrutissement des masses restent fragiles et doivent être constamment consolidées.

    Et, pour revenir au sujet des élections législatives françaises, le mieux est de laisser les électeurs se prononcer en leurs âmes et consciences et ils auront ce pour quoi ils voteront, les extrêmes, le centre ou la chienlit.

  • Le programme du « Nouveau Front Populaire »

    Le programme du « Nouveau Front Populaire »

    Alors que le « Nouveau Front Populaire » (NFP), alliance multipolaire réunissant la gauche radicale propalestinienne (LFI), le parti socialiste (PS) ou le nouveau parti anticapitaliste (NPA), le ministre des finances Bruno Le Maire s’égosille dans les médias sur le caractère « marxiste » de ce programme. A première lecture il est vrai qu’il ne semble pas vraiment inspiré par les Chicago boys ou autres penseurs du libéralisme. Mais comment s’en étonner quand on connaît les idées de ses rédacteurs, des concepts qui sont d’ailleurs parfaitement publics et affichés depuis des années par les partis membres de cette coalition.

    Oui ce programme est marxiste et n’est pas sans rappeler celui mis en place en 1981 sous l’égide du président socialiste Mitterrand. Rappelons simplement au plus jeunes que le programme de 1981 a tourné court au bout de deux ans quand il n’y eut plus de sous dans la caisse. Le PS de l’époque s’est ensuite converti aux vertus du libéralisme mais il lui a fallu d’abord passer par le test en grandeur réelle de l’économie « marxiste ». Son successeur, le PS d’aujourd’hui se souvient sans doute de la leçon mais il lutte pour sa survie après le score de sa candidate aux dernières élections présidentielles, Anne Hidalgo, qui a rassemblé seulement 1,7% des suffrages… Pour conserver un nombre minimum de députés élus, le PS est obligé de s’allier avec le loup qui pourrait le dévorer.

    En attendant ce programme sera appliqué si une majorité est donnée par les électeurs au NFP.

  • Querelle de mots dans un monde idéologique

    Querelle de mots dans un monde idéologique

    Le milieu politico-médiatique français se complaît dans une guérilla sémantique alors que la guerre fait rage au Proche-Orient. Le sujet du débat est de savoir comment qualifier les actions du mouvement palestinien Hamas et la campagne militaire en réaction d’Israël. Les propalestiniens parlent « d’acte de résistance » du Hamas et de « génocide » d’Israël. Les pro-Israël qualifient de « terrorisme » l’action du premier et de « droit de se défendre » pour le second. Et cela fait 70 ans que ça dure…

    Cette appréciation différenciée se constate en France entre l’extrême gauche et les partis de gouvernement, mais aussi à l’étranger. Aux Etats-Unis notamment, des intellectuels comme Judith Butler réassaisonne à la sauce « woke » ce conflit qui dure depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948.Les plateaux télévisés franchouillards adorent ce type de querelles de mots qui évitent de devoir réfléchir sur le fond.

    Vouloir convaincre un propalestinien que le Hamas est un groupe terroriste ou un pro-israélien que Tsahal commet des crimes de guerre, c’est comme de vouloir convaincre un trotskiste que Staline était un travailleur humanitaire. C’est inutile et, surtout, c’est peine perdue. Alors à quoi sert de vouloir forcer son adversaire politique à prononcer des qualificatifs qu’il réprouve ? A rien, sinon à animer des polémiques de plateaux télévisés. Il s’agit d’idéologies, les critères d’appréciation des uns sont différents de ceux des autres et les idéologues n’en changent pas. Les citoyens sont assez grands pour se faire leur opinion sans avoir besoin de guides spirituels. Les positions sont sur la table de façon assez claire, les électeurs en jugeront au moment de mettre un bulletin dans l’urne.

    Lire aussi : L’extrême gauche française est extrême