Étiquette : La Gauche

  • Le retour des chevelus

    Le journal télévisé de France 2 ne parle pas du décès de Norman Mailer. Par contre il nous montre un chevelu binoclard de l’université de Rennes d’un modèle que l’on croyait complètement périmé. Même à Woodstock il aurait fait tache ! Il édifie le journaliste qui l’interroge, sur la légitimité des assemblées générales d’étudiants qui votent le blocage des universités et l’aspect non démocratique des votes à bulletins secrets sur les campus. Il ferait passer Trotski pour un réformateur et Bernard Thibaut pour un dangereux social-traitre. Dans la bouche d’un gamin de 18 ou 20 ans, c’est assez étonnant à entendre.

  • Grèves

    Le mois de novembre sera chaud avec des grèves à tous les étages : pêcheurs, cheminots, fonctionnaires, étudiants, etc. Cela permet l’apparition d’un nouveau concept, celui de la grève illimitée reconductible ! Il y a quelque chose qui doit nous échapper, mais voici le plus bel oxymore que l’on puisse imaginer. On en saura plus à la fin du mois sur la capacité de notre président agité à résister à la rue.

  • Terrorisme d’extrême gauche en Amérique du Sud

    Un ramassis de crétins archéo-mao continue à détenir depuis des années leurs otages dans la jungle colombienne. On y trouve des politiques locaux, Ingrid Betancourt, des citoyens américains, tout un petit monde qui fermente dans la forêt en attendant d’hypothétiques négociations pour un échange d’otages. Des milliers de morts au Bangladesh après un cyclone dévastateur. Il y a vraiment des pays où il ne fait pas bon vivre devrions nous nous répéter tous les matins dans notre hexagone en nous rasant…

  • Un Lionnel Jospin frustré attaque Ségolène Royal

    Jospin, qui s’est fait sortir au premier tour des élections présidentielles en 2002 avec 16,2% des votes, se fait plaisir en traînant dans la boue Ségolène qui avec 25,9% au premier tour a pu défendre ses chances au second d’où elle est ressortie battue avec 46,9%. Il est sympathique ce garçon mais après s’être retiré de la vie politique il y a cinq ans, avoir envisagé d’y revenir si le pays l’appelait (ce qui n’a pas été le cas) pour les présidentielles 2007, il pense maintenant à reprendre le PS si bien sûr le parti l’appelle…

    Afin de préparer sa campagne, dans un livre à paraître, il qualifie Ségolène de « candidate qui était la moins capable de gagner », puis d’être « une illusion », « une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques » pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle ». Selon lui, elle est « une figure seconde de la vie publique » qui n’est « pas taillée pour le rôle » de premier secrétaire du PS. « Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère » affirme-t-il.

    Il a sans doute raison, mais qui est-il ce zozo là pour agresser pareillement sa petite camarade de parti ? Même les OPA les plus sauvages du grand capitalisme international ne donnent pas lieu à un tel déchaînement de haine. Généralement dans le business, une fois la défaite consommée, chacun passe à autre chose. Mais le Jojo qui s’est retiré de la vie politique en 2002 n’arrive pas à s’y faire. C’est un peu pathétique !

  • Des dirigeants socialistes désertent leur « université d’été »

    Les dirigeants socialistes n’ont pas le temps de se rendre à l’Université d’été du PS à La Rochelle en revanche ils ont tout loisir d’écrire des bouquins contre Ségolène, Hollande et consorts. On en annonce une petite dizaine avec des titres aussi fraternels que L’Impasse, Désert d’Avenir, La Défaite en chantant, etc. C’est vraiment Règlements de comptes à OK Corail. Avec tous les communicants qui engraissent autour de la politique, il n’y en a pas un qui pourrait leur dire que cette rentrée littéraire n’est pas du meilleur effet, en termes électoraux tout du moins car je ne doute pas que le style, la sémantique, la réflexion contenus dans ces nombreux ouvrages vont faire fureur, voire même éclipser le prochain Prix Goncourt !

    Pendant ce temps, entre la création de missions, de commissions, de comités divers et politiquement ouverts, Sarkozy trouve le temps d’aller à l’Université d’été du patronat ; les syndicats et la gauche s’étranglent de fureur devant ce crime de lèse-majesté : le président parle aux entrepreneurs. Mon Dieu, quelle horreur !

  • Démagogie de la baballe

    La pensée du jour revient incontestablement au député socialiste Philippe Martin qui termine sa chronique dans Libération par cette inoubliable référence à l’ovalie comme modèle de réconciliation pour le PS :

    « A la veille de l’ouverture de la coupe du monde de rugby, ajoutons-y l’utilité pour les socialistes de s’inspirer des valeurs de ce jeu où le « vivre ensemble » est la clef du succès et où l’on gagne, même lorsque l’adversaire est redoutable, en faisant preuve d’humilité et de respect, d’amitié et de sens du sacrifice, bref de fraternité. ».

    Heu… il n’a jamais vu la tête des joueurs de rugby après un match le Martin ! Il sort d’où celui-là ? Tu parles d’une fraternité le rugby ! Une bande de musculeux anabolisés qui se massacrent à coups de crampons pendant 90 mn sur une pelouse face à un troupeau de gnous hurleurs et imbibés, puis se murgent à la bibine pendant la troisième mi-temps quand ils ne posent pas à moitié nus pour des calendriers douteux. « Mondial de rugby, Mondial des abrutis » titrait Charlie-Hebdo la semaine dernière, la référence me paraît plus appropriée.

  • Retour sur le pouvoir maoïste au Cambodge

    Une série de passionnantes émissions sur France Culture accompagne le café du matin depuis plusieurs jours : l’Histoire des quatre années Khmères rouges au Cambodge entre 1975 et 1979, ou comment ce régime est arrivé au pouvoir, l’a exercé, l’a plus ou moins quitté et n’a toujours pas rendu compte du massacre d’un tiers de sa population en relativement peu de temps. Il s’est agi de la mise en œuvre de la Vraie Révolution, telle que même Mao l’a rêvée sans arriver à l’appliquer en Chine. La Révolution pure !

    Ces quatre années dépassent l’entendement : la ville de Phnom Penh vidée de ses deux millions d’habitants le jour de sa libération par les Khmers rouges (2 millions d’habitants expulsés en une journée !!!), le peuple ancien composé des bons paysans et le peuple nouveau des mauvais citadins pollués par l’Occident. Tout ce petit monde envoyé dans les rizières, l’esclavage, la famine, les camps de rééducation, les millions de morts, l’Organisation Angkar, anonyme et toute puissante (pendant les deux premières années le nom des dirigeants du pays restera inconnu, une première dans la diplomatie internationale !) décide de tout. La fermeture totale du Royaume à toute influence externe en dehors de la Chine qui ne ménage pas son soutien à cette expérience révolutionnaire et qui accueille d’ailleurs le prince Sihanouk quelque peu dépassé par les évènements.

    L’aveuglement du reste du monde, médias comme politiques, personne n’a cru à ce qui se passait : le massacre idéologisé et industrialisé des cambodgiens par d’autres cambodgiens, fomenté par une clique maoïste, en partie formée par l’Université française (Khieu Samphan a soutenu sa thèse à la Sorbonne dans les années 50, détaillant grosso modo le programme polico-économique qu’il mettra en œuvre avec L’Angkar) germé sur le fumier de la guerre civile et des guerres sud-asiatiques attisées par l’Occident en lutte contre le communisme.

    C’est le Vietnam, ennemi historique du Cambodge, qui mettra fin à l’expérience sanglante. Du coup, la Chine et les Etats-Unis, ennemis historiques du Vietnam soutiendront longtemps la représentation Khmer rouge à l’ONU pour éviter d’y accueillir un représentant cambodgien provietnamien ! Grandeur et décadence de la politique internationale.

    Le plus incroyable est que le pouvoir actuel provietnamien reste plus ou moins issu du régime Khmer rouge et que cela ne dérange personne. Ieng Sary et Khieu Samphan, Frères n° « 3, 4 ou 5 » de l’Angkar coulent des jours paisibles à Phnom Penh en assistant goguenards à la constitution d’un Tribunal international pour juger les crimes contre l’Humanité Khmers rouges, jugement dont personne ne veut, ce qui laisse douter de la tenue d’un procès avant la disparition des derniers protagonistes vivants. Jacques Vergès est bien entendu déjà sur les rangs pour défendre Khieu Samphan… En attendant, le peuple Khmer vaque à ses occupations et gère ses traumatismes. Dans les campagnes, comme au Rwanda, les anciens tortionnaires cohabitent avec les survivants, sans trop de problèmes semble-t-il.

    Cette Histoire est proprement incroyable, et tout se passait dans les années 70, si près. La seule leçon à en tirer : livré à lui-même, laissé à la merci de l’idéologie et sans contrôle démocratique, l’Homme laisse libre cours à sa noirceur et n’est pas capable de réfréner ses ambitions de domination et ses instincts sanguinaires. C’est malheureusement un axiome confirmé quel que soit le continent.

    Depuis le régime cryptocommuniste au pouvoir a rétabli une république populaire moitié mafieuse, moitié capitaliste qui n’a pas vraiment sorti le pays de ses démons passés. Le peuple bouddhiste continue à méditer dans ses rizières sur l’une de ses rengaines favorites :

    Quand tu entres dans la rivière, le crocodile t’attend ; quand tu montes sur la berge c’est le tigre qui t’attend !

  • Ségolène Royal en crise

    Ségolène fait la politique de la chaise vide au comité directeur du PS après avoir affirmé que le SMIC à 1 500 EUR et la généralisation des 35 heures défendus dans son programme présidentiel étaient des imbécilités. Toute vérité n’est pas bonne à dire et les éléphants du parti s’étranglent de colère. Tout ceci est plutôt comique, on ne sait pas qui va l’emporter de la Jeanne d’Arc socialiste contre les archéos, mais voir Mélenchon avaler sa cravate de fureur est un petit plaisir dont il ne faut pas se priver en ces temps difficiles.

  • Fabius interruptus

    Le « Zapping » de Canal+ repasse Fabius lors de la soirée électorale de dimanche soir, interrompu par Pujadas qui préfère donner la parole à Johnny en direct à la sortie de Fouquet’s plutôt que de poursuivre avec le discours rabâché de notre socialiste mondain !

    La tête de ce pauvre Fafa valait le déplacement. Il a juste eu le temps d’ajouter « Ah ! Il est revenu de Suisse ? ». Dieu merci le téléspectateur en a eu pour son argent et a pu goûter toute la subtilité de l’analyse politique du rocker, toujours plus intéressante que celle de Pujadas malgré tout.

  • Le journal Le Monde se prononce

    Après avoir appelé à un deuxième tour Ségo/Sarko, donc sans Bayrou, Colombani dans Le Monde appelle à voter Ségolène :

    Sa victoire lui donnerait l’autorité pout engager ce travail de réinvention indispensable. C’est un pari. Pour le pays, il mérite d’être tenté.

  • Les grandes lignes du programme Schivardi

    Il est incroyable Gérard Schivardi. Avec l’appui du Parti des travailleurs son programme est tout simplement brillant : il se retire de l’Union européenne pour bâtir une Europe des nations fédérées ; élu président de la République, il ne fera qu’un intérim avant de laisser tous ses pouvoirs au président d’une assemblée constituante ; il nationalise toutes les industries et n’indemnise que les petits actionnaires « les fonds de pension ont assez bouffé », etc., etc. Trotski doit s’en tenir les cotes dans sa tombe, il n’avait jamais vu plus fidèle zélateur !

  • Terrorisme en Europe

    Une terroriste du groupe allemand RFA (Fraction Armée Rouge), Brigitte Mohnhaupt, est relâchée après plus de vingt années d’emprisonnement. Elle ne regrette rien. Batisti bientôt réemprisonné en Italie, la vieille Europe a du mal à se sortie de son passé terroriste.

  • En campagne

    Fabius et Jospin rejoignent l’équipe de campagne de Ségolène. Bon, mais ça fait quoi exactement une équipe de campagne ? Ça réserve les salles pour les meetings, ça récupère les 500 signatures préalables à la validation de la candidature, ça colle des affiches, ça trouve des réponses participatives aux questions idiotes des journalistes ? Jon veut bien, mais alors Fabius et Jospin qui ne sont pas particulièrement compétents dans ces domaines, que vont-ils dans cette galère ?

    Au moins avec ce ralliement à la bonne soupe socialiste, le PS offre une image un peu plus unie que l’UMP où Chirac et Galouzeau n’arrivent toujours pas à s’engager pour Sarkozy, sans parler su fait que ce grand dadais de Chirac n’a toujours pas annoncé qu’il renonçait à se représenter à l’élection !

  • Ségolène Royal sous les feux de la rampe

    Après sa sortie sur la souveraineté du Québec Ségolène se fait piéger par l’imitateur Gérald Dahan qui arrive à lui parler au téléphone en se faisant passer pour le premier ministre canadien qui lui demande « Que penseriez-vous si je prônais l’indépendance de la Corse ? » et Ségo de répondre en plaisantant « bien des français seraient d’accord ! ». Là encore toute vérité n’est pas bonne à dire si l’on veut rester politiquement correct. Comme pour celle de l’Algérie en son temps, l’indépendance de la Corse et des DOM-TOM doit être un objectif prioritaire de la République mais il faut savoir traiter le sujet avec subtilité et un sens aigu de la manipulation pour arriver au résultat recherché.

    Bien entendu les flingueurs de la droite ont tiré à boulets rouges sur cette sortie. Normal, ils sont dans leur rôle de vendeurs de soupe, surtout ne pas aborder le sujet sur le fond mais communiquer sur la forme. Le plus drôle dans l’histoire est que Dahan ait pu parler à Ségolène ! Il avait déjà parlé un jour à Chichi en se faisant passer pour le même ministre canadien et lui avait proposé de nommer Céline Dion comme ambassadeur à Paris. On se demande ce que font leurs cabinets et comment ils peuvent ne pas vérifier la provenance de tels appels téléphoniques ? Sans doute leurs tâches de marketing les détournent-elles trop de leur vrai job…

  • Du rififi dans l’église polonaise

    Le curé en chef de Varsovie est forcé à démissionner le jour de son intronisation pour cause de collaboration avec la police politique de feu le régime communiste polonais. Dieu est généreux et pardonne à ses brebis égarées, mais les électeurs un peu moins.