Étiquette : Migration

  • L’UMP est vraiment impayable !

    UMP-logoVraiment impayable : le chef des Jeunes Populaires, le machin réunissant les jeunes de ce parti, est un citoyen camerounais en situation irréguliére. Et le plus désopilant c’est qu’il appartient au courant dit de la Droite Forte, animé par les deux têtes-à-claques de plateaux-télévisés Guillaume Pelletier et Geoffroy Didier. Rappelons au passage que ce dernier bénéficiait d’un salaire de 8 500 EUR mensuels (bruts) versé par une UMP en faillite dans la même série que Rachida Dati qui émargeait avec des notes de téléphone 10 000 EUR par an.

    L’UMP qui n’économise pas ses envolées lyriques contre l’immigration se retrouve à employer un sans-papier comme une vulgaire entreprise de travaux publics. Cela n’a guère d’importance et n’est pas très grave, mais la simple représentation de Laurent Brutus-Wauquiez découvrant qu’il emploie un sans-papier nous fait nous rouler par terre d’hilarité, et par les temps qui courent il ne faut pas s’en priver.

    Non au laxisme de l’UMP en faveur des régularisations massives d’immigrés en situation illégale 🙂 !

  • L’immigration en Suisse

    La Suisse vote pour une limitation l’immigration de masse. Aussitôt la droite forte, le front national et autres tenants de la théorie du complot européen contre les nations applaudissent et veulent s’en inspirer pour le programme de leur retour au pouvoir.

    La question qui a été posée en Suisse a été un peu biaisée et brutale, du style « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse » ? En fait pour être honnête il aurait fallu demander « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse et, pour la partie européenne de cette immigration, êtes-vous prêts à renégocier les traités d’adhésion à l’union douanière avec l’Union européenne ». La Confédération helvétique ne fait pas partie de l’Union européenne mais a accès au grand marché, c’est-à-dire qu’elle en a tous les avantages commerciaux sans en affronter les difficultés politiques. Ces avantages commerciaux ont été donnés à la Suisse en échange notamment de son acceptation des libertés de circulation et d’établissement des capitaux et des citoyens. Si la Suisse instaure des lois renonçant à ou limitant la liberté de circulation des citoyens européens, il suffira de changer les traités d’Union douanière. C’est techniquement possible.

    Le coté rigolo de l’affaire c’est que comparé à la France, les flux migratoires suisses sont très différents puisque majoritairement européens. Les Suisses ont donc dit aux européens : « restez chez-vous ». Cela vise entre autre une population de frontaliers, français par exemple, qui habitent à Evian et travaillent à Lausanne. Ce dont ne veulent plus les français c’est de l’immigration africaine, ils sont sans doute plus tolérants avec l’immigration purement européenne même s’ils ont quelques prévenances à l’encontre des Roumains, des Bulgares et demain, des Croates, Serbes et tutti quanti. Il sera sans doute délicat dans un référendum de demander à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’immigration (i) non européenne, (ii) des européens à l’ouest de la ligne Oder-Neisse et (iii) des européens à l’est de la ligne Oder-Neisse ? »

    L’immigration non-européenne relève de la souveraineté nationale, à quelques réserves près. Si la France veut arrêter de distribuer la nationalité française ou des permis de travail à des populations non européennes type Rama Yade, Fleur Pellerin ou les arrivants au titre du regroupement familial, il suffit de le décider. C’est au programme de la « Droite forte », clan droitier de l’UMP, et de l’extrême droite. Les gouvernements plus modérés s’y sont cassé les dents depuis des décennies. C’est un peu comme les 35 heures, difficiles à démanteler car elles ont obligé les entreprises à procéder à des changements d’organisation si majeurs qu’ils sont quasiment impossibles à défaire ! Depuis l’immigration durant la IIème guerre mondiale pour débarquer en Provence, celle post 1945 pour travailler dans les usines de la France dévastée, le regroupement familial décidé par Giscard dit d’Estaing pour des raisons morales dans les années 70 et enfin, la mondialisation sans doute irréversible, il est difficile d’inverser le mouvement de l’immigration. Même Sarkozy y a échoué.

    Dans la vraie vie il faut sans doute réguler l’immigration sans trop le crier sur les toits. C’est d’ailleurs ce qui est fait en France depuis des années avec plus ou moins de flexibilité selon les majorités. Le reste ne représente plus un problème majeur, y compris les 10 000 ou 20 000 roms qui perturbent la population. C’est un problème mineur par rapport à la question des finances publiques ou des lobbies économiques qui bloquent toute réforme de la société française. Il serait préférable que nos politiques passent plus de temps à faire de la pédagogie pour expliquer pourquoi on ne peut plus endetter les générations futures pour financer notre niveau de vie actuel, plutôt que pour désigner à la vindicte populaire le voleur de poules comme responsable de la crise économique.

    Sujet connexe tout aussi rigolo, la mauvaise volonté du pouvoir français à mettre en œuvre ce fameux referendum d’initiative populaire, outil qui permettrait éventuellement un jour à un parti populiste de provoquer une consultation référendaire sur le modèle de celle intervenu en Suisse.

    La France a modifié sa constitution en 2008 (sous l’inspiration de Sarkozy), article 11, qui instaure le référendum d’initiative populaire :

    « Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa [tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité] peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. »

    Le monde politique n’a jamais voté les textes d’application, ce qui fait que cette modification constitutionnelle est restée lettre morte depuis ce temps, et constitue l’une des nombreuses escroqueries intellectuelles imposées au peuple français. Donc un référendum d’initiative populaire en France sur l’immigration n’est pas pour demain. Par contre si en 2017 émergeait un pouvoir de droite avec le clan UMP de la « Droite forte » en haut de l’affiche, voire quelques maires et députés d’extrême droite bien installés, le gouvernement d’alors pourra proposer un tel référendum.

  • Mais que fait l’Europe !

    Devant la multiplication des naufrages de bateaux de réfugiés en Méditerranée et leurs cortèges de morts, les Etats membres de l’Union européenne crient avec une touchante unanimité : « Mais que fait l’Europe ! »

    Faux-jetonnerie diplomatique de premier ordre, la seule question qui vaille est de savoir quel pourcentage de ces flux d’immigrants chaque Etat est prêt à accueillir sur son sol national ? La réponse est proche de zéro alors chacun regarde ailleurs en se pinçant le nez, et comme cela ne fait pas de mal, les politiques des différents pays tapent sur l’Europe en laissant les Etats méditerranéens se dépatouiller comme ils le peuvent avec ce problème. Comment aller expliquer à Mme. Michu que l’on va installer un camp de réfugiés dans son champs et espérer ses suffrages pour les élections municipales ? Il est vrai que nos élus, même les moins cyniques et les plus humanistes, sont soumis à ce dilemme kafkaïen.

    Et pendant ce temps une gamine kosovare, expulsée de France avec sa famille en situation illégale, déclenche une tempête politique en faisant la nique à la République face à une horde de journalistes français tellement friands de ce genre d’anecdotes. Nos politicards du coup s’en donnent à cœur joie sur les plateaux télévisés, dans un déferlement d’invectives et de propositions aussi démagogiques qu’inapplicables, la presse adore et Mme. Michu en redemande.

    En matière d’immigration, le mieux serait d’appliquer la loi sans en faire de publicité, mais c’est sans doute trop demander à nos responsables en ces temps de démocratie participative.

  • La comédie humaine…

    L’immigration en France des populations Rom (nomades) de Bulgarie et de Roumanie dans le cadre de la liberté de circulation qui a été donnée aux citoyens de ces pays suite à leur adhésion à l’Union européenne, déclenche force commentaires et conflits politiques franchouillards devant le spectacle pathétique de ces crève-la-faim recréant des bidonvilles au hasard de leurs pérégrinations et déployant la mendicité de gamins crasseux sur les trottoirs.

    La libre circulation des personnes (comme des capitaux) est un des éléments faisant partie des traités constitutifs de l’Europe, et encore est-elle limitée pour les pays non-Schengen (visa tourisme 3 mois). Si l’on veut restreindre cette liberté il faut renégocier les traités. Si l’on veut ne pas supporter les effets pervers de cette liberté, il faut sortir de l’Europe et donc aussi renoncer à ses effets bénéfiques.

    Au-delà des réactions épidermiques des uns et des autres sur ce sujet, le problème de fond est d’avoir fait adhérer la Roumanie et la Bulgarie à l’Union européenne en 2005 après 10 ou 15 ans de négociations. Il était sans doute difficile d’y échapper après la dé-soviétisation de ces pays en 1989. Ces négociations sont, comme toujours, un doux mélange de vision politique (faire revenir ces pays à l’Europe occidentale qu’ils n’auraient jamais dû quitter après 1945) et de sordides intérêts commerciaux : j’accepte l’adhésion des pays de l’Est [question vitale à l’époque pour l’Allemagne] mais toi tu renonces à la puissance du Deutsche Mark pour lancer l’euro, ou tu acceptes que l’Union européenne finance et aide l’Afrique [question toujours vitale pour la France de tous temps], etc. etc. C’est la comédie humaine, comme toujours faite de nobles objectifs, de conséquences désastreuses, mais aussi sans doute d’effets bénéfiques. Nous avons fourgué des Airbus aux compagnies aériennes de ces pays, Renault a acheté Dacia, etc. Dans ce genre de construction multilatérale, les Etats ne savent plus dire non, soumis à une multitude d’intérêts contradictoires. Même l’Allemagne a finalement dû se résoudre à participer au sauvetage de la Grèce, c’est dire ! L’Histoire dira si la balance de tout ceci aura été positive pour l’ensemble de l’Union européenne comme on peut le penser.

    Tant que la France est membre de l’Union européenne, la gestion des dommages collatéraux comme la question Rom doit être négociée patiemment dans les instances européennes sur une base multilatérale avec les pays d’origine. En attendant de trouver une solution un peu plus durable, la France (de droite comme de gauche) applique sa Loi et les textes européens : destruction des bidonvilles insalubres et renvoi dans leurs pays des voyageurs en situation irrégulière. Il serait plus élégant et responsable de la part de la classe politique de le faire sans trop de tambours ni trompettes, mais c’est sans doute trop en demander à des responsables accrochés à leurs comptes Twitter. Le reste n’est que caquetages de coqs sur leurs tas de fumier, à la recherche des votes de Mme. Michu, comme un troupeau de Zébus en quête de points d’eau après la migration.

    Et il faudra bien trouver une solution acceptable pour tous puisqu’après la Croatie qui vient d’adhérer au 01/07/2014, d’autres pays sont sur la liste d’attente : la Serbie qui a livré ses criminels de guerre (et engagé DSK comme conseiller économique), le Kosovo sans doute un jour, la Turquie sans doute jamais, l’Albanie pour beaucoup plus tard… Mais l’Europe n’a pas encore atteint sa taille finale.

  • Hachimi Alaoui Myriam, ‘Les Chemins de l’Exil – Les Algériens exilés en France et au Canada depuis les années 1990’.

    Sortie : 2007, Chez : L’Harmattan.

    Les parcours différenciés de citoyens algériens qui ont fuit la violence de leur pays. Souvent des intellectuels, menacés mais aussi plus aptes à se « recaser » à l’étranger. La langue française les conduit de préférence dans l’un de ces deux pays. Expériences croisées dans l’ancienne puissance coloniale et son cortège de remugles d’un passé agité, ou découverte d’un pays fondé sur l’immigration. Construit autour d’interviews d’un groupe d’exilés, ce livre universitaire raconte ces vies exilées et les sentiments partagés de ceux qui les vivent.

  • Morrissey se lâche au NME

    Interview de Morrissey au New Musical Express qui provoque l’émoi au Royaume-Uni :

    « Les frontières de l’Angleterre ont été submergées (…) On a soldé l’Angleterre (…) Si vous vous promenez dans le quartier de Knightsbridge, vous n’entendrez plus un seul accent anglais. Vous entendrez des accents de la planète entière, mais aucun accent d’ici (…) Vous ne pouvez pas dire : “Allez, tout le monde peut venir habiter chez moi, installez-vous sur mon lit, prenez ce que vous voulez, faites ce que vous voulez”. Ça ne marcherait pas (…) Ce que l’Angleterre est devenue n’a rien à voir avec ce qu’elle était. C’est déplorable, nous avons tant perdu au change… ».

    Pour sûr ce n’est pas très politiquement correct et le Moz est coutumier du fait. Cela ne nous empêchera pas d’aller assister à son concert de février prochain, c’est un musicien flamboyant.

  • La morale de Charles Pasqua

    Entre deux auditions chez le juge pour trafic d’armes et d’influence, Pasqua père énonce quelques bons principes. Face à l’option des tests ADN pour autoriser le regroupement familial des immigrés, il a affirmé que « pour des personnes de sa génération [qui ont connu la dernière guerre mondiale] », toute idée d’utilisation de la génétique à des fins de sélection exhale des relents nauséabonds. Même pour les générations qui ont suivi et qui connaissent un peu l’Histoire de la barbarie en Europe, ces tests ADN sont déplaisants. C’est un peu comme les rafles de gamins sans papier dans les écoles. Il vaut mieux pour le moment accueillir, même un peu contraint et forcé, quelques immigrés fraudeurs de plus plutôt que de faire un tri avec ces méthodes tellement évocatrices et lourdes de sens.

  • L’immigration et les DOM

    Inattendu ! La Guadeloupe acclame Sarkozy qui annonce à Pointe-à-Pitre son projet de ministère de l’immigration et de l’identité nationale ; au même moment Bayrou se fait applaudir à la Réunion quand il annonce vouloir remettre en cause le droit du sol pour empêcher les Comoriennes de venir accoucher à Mayotte !