Auteur/autrice : Rehve

  • MODIANO Patrick, ‘Dora Bruder’.

    Sortie : 1997, Chez : Gallimard.

    Modiano part à la recherche du souvenir de Dora Bruder, une jeune fille française et juive, durant la deuxième guerre mondiale. Il ne connaît que son nom et son adresse dans un hôtel du XVIIIème, un quartier où lui-même a passé sa jeunesse deux décennies plus tard. Lentement il remonte le fil de son histoire tragiquement terminée à Auswitch, comme tant d’autres.

    De son école (catholique) à la fugue du domicile familial, de ses parents émigrés aux rapports de police, il va récolter les informations administratives concernant Dora et cette famille Bruder décimée. Il invente les morceaux qui manquent et en profite pour pérégriner dans ce Paris si familier en imaginant ce qu’il était quand Dora le parcourait.

    30 ans après son premier roman, Patrick Modiano continue à nous charmer de son style nostalgique sur l’absence et l’époque révolue du Paris de l’occupation allemande. Dans Dora Bruder se percutent avec élégance ses propres souvenirs de jeunesse, la vie trouble de son père, juif et trafiquant, durant la guerre, le tiraillement entre les origines juives de l’auteur et son éducation catholique, et le sinistre destin de la famille Bruder.

  • Laurent Wauquiez toujours dans la nuance

    La proposition de Wauquiez le cornecul, secrétaire général de Les Républicains, pour lutter contre le terrorisme religieux :

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    En gros il propose de rouvrir des stades pour y enfermer « les ennemis de la République ». La dernière fois qu’un tel procédé a été mis en œuvre en France ce fut en 1942 et cela laissa quelques mauvais souvenirs. Une telle proposition émise par ce grand cornichon de Wauquiez, qui est quand même député-maire de la République et agrégé d’Histoire, pose le problème des limites de l’action d’une démocratie face à des acteurs utilisant contre elle des armes non démocratiques. C’est un vrai dilemme auquel les pays occidentaux sont aujourd’hui confrontés.

    L’instauration de l’état d’urgence en France depuis les attaques terroristes religieuses du 13 novembre à Paris, qui ont fait 130 morts et des dizaines de blessés, a permis le lancement de milliers de perquisition extra-judiciaires. L’adoption de la loi « Police  et sécurité : renseignement » en juillet 2015 permet désormais le recours à des écoutes et captations de données informatiques, ainsi que la surveillance plus poussée des apprentis terroristes, y compris ceux déjà emprisonnés. Personne de vraiment sérieux ne conteste ces mesures dans le cadre des attaques terroristes en France et dans le reste du monde, mais les extrémistes religieux qui les mènent doivent se réjouir de ces coups de canif que s’infligent elles-mêmes les démocraties. Ils appliquent en effet le tristement célèbre principe des révolutionnaires maoïstes : « action, répression, révolution ». On provoque des actions terroristes qui vont déclencher une réaction répressive des Etats attaqués, réaction qui va pousser les peuples à lancer la révolution libératrice… Dans le cas d’espèce, la phase révolution est plutôt remplacée par l’espérance de l’apocalypse biblique.

    Personne de sérieux ne s’oppose… disions-nous ! Pas tout-à-fait quand même puisque quelques députés ont voté contre la loi sur le renseignement lors du scrutin public du 5 mai du texte en première lecture. On note dans les votants contre quelques têtes connues comme Aurélie Filipetti (parmi les 10 votes négatifs du PS), Patrick Balkany, Bernard Debré, Patrick Devedjian, Claude Goasgen, Henri Guaino, Pierre Lellouche, Franck Riester, Thierry Solère (parmi les 35 votes contre de LR) ainsi que 11 écologistes sur un groupe de 18.

    Si M. Wauquiez veut rouvrir les stades eh bien plutôt que d’envoyer des tweets programmatiques de 140 signes à Mme. Michu il va falloir qu’il convainc au moins la moitié de ses 576 collègues députés de voter une loi en ce sens, ou alors qu’il fasse un coup d’Etat et se transforme en dictateur pour passer au-dessus des lois. Tout est possible, par contre la seule chose qui est certaine c’est que les tweets de Laurent Wauquiez ne servent pas à grand-chose.

  • Warhol Unlimited

    Andy_Warhol_shadows_2Exposition Warhol au Musée d’art moderne de Paris : les sérigraphies des boîtes de soupe, les séries de peintures de Jacky Kennedy, les autoportraits, les « screen tests », les « flowers », les 102 tableaux de « Shadows » (rarement exposés tous ensemble), les portrait Maos, le papier peint Vaches et bien sûr les pérégrinations du Velvet Underground dans le cadre des spectacles « The exploding plastic inevitable ». Une exposition très complète pour rappeler la moderne originalité de cet artiste inclassable, ironique et influent.

    Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien derrière. [ Andy Warhol – The East Village Other – 01/11/1966]

  • Etonnant !

    Le ministère français de la défense a communiqué le 17/11/2015 à 8h05 :

    Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2015 à 1h30 (heure française), l’armée française a de nouveau mené un raid contre Daech – à Raqqah en Syrie. La force Chammal a détruit deux sites opérationnels de combattants terroristes.

    Le raid était constitué de dix avions. Les équipages ont décollé à partir des bases situées en Jordanie et dans le Golfe arabo-persique (GAP) pour se rejoindre au-dessus de la Syrie. Réalisé en coordination avec la coalition, le raid aérien composé de six Mirage 2000 et quatre Rafale a frappé simultanément un centre de commandement qui abrite l’un des quartiers généraux de Daech, et un centre d’entraînement. Au total 16 bombes ont été délivrées…

    16 bombes lâchées par 10 avions sur deux sites opérationnels… on s’étonne qu’il reste encore des sites opérationnels du groupe Etat islamique après plus d’un an et demi de bombardements syriens, occidentaux et maintenant russes sur cette malheureuse Syrie ! De quoi s’agit-il exactement ? Deux tentes de bédouins dans le désert ? Des bâtiments en dur ? Qu’est-ce que bombardent les avions de la coalition depuis 18 mois sinon les centres opérationnels ? Tout ceci reste est un peu mystérieux pour les citoyens que nous sommes.

  • A qui la faute ?

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    Les responsables des attentats religieux de Paris vendredi dernier sont d’abord ceux qui ont appuyé sur la gâchette et tué 129 personnes (à ce stade). Ils sont présumés coupables d’assassinats. La justice des hommes ne pourrait pas en décider autrement s’ils avaient à y rendre des comptes, ce qui ne sera pas le cas puisqu’ils se sont soit suicidés à l’issue de leurs forfaits ou soit ont été tués lors de l’assaut des forces de polices.

    Comme c’était à craindre la majorité des assaillants semblent citoyens français et portent des noms à consonance arabe. Il n’en faut pas plus pour qu’une frange de la population désigne « les étrangers » et les français « issus de l’immigration » comme responsables et de généralement ajouter un couplet sur « la gauche laxiste ». Réflexe naturel d’une population généralement senior qui ne reconnait plus sa France des villages de l’après-guerre et qui considère que si l’on stoppait l’immigration, plus exactement s’il n’y avait eu d’immigration, il n’y aurait pas de terrorisme religieux et la France somnolerait tranquillement à l’ombre de ses clochers.

    Sans remonter aux origines de la colonisation, cette génération oublie généralement que c’est elle, et la précédente, qui a enrôlé les « tirailleurs sénégalais » dans les armées alliées au cours des deux dernières guerres mondiales puis a ouvert les portes de la France à l’immigration pour trouver des ouvriers pour travailler dans les usines françaises, que c’est elle qui a décolonisé, parfois violemment comme en Algérie, laissant des traces indélébiles entre nos populations. Les générations suivantes ont « mondialisé », c’est-à-dire facilité la circulation des marchandises, des capitaux et… des hommes, elles ont même créé Ryan Air pour voyager en avion moins cher qu’en train et Twitter pour diffuser en temps réel des slogans à quatre sous.

    Cette interpénétration internationale a permis un développement sans précédent, du commerce et des idées, ainsi qu’un enrichissement général de la planète. Mais évidemment les dommages collatéraux de cette mondialisation sont devenus… globaux : la destruction des ressources naturelles, le crime organisé, les mafias, les idéologies, les trafics sont passés eux aussi de l’espace national à l’environnement planétaire

    Le terrorisme islamique actuel utilise au mieux ces outils et surfe sur la mondialisation pour divulguer son idéologie mortifère. Alors on peut regretter les frontières, le « chacun chez soi », l’immigration, l’émigration, cette mondialisation est probablement irréversible et il faudra bien résoudre les problèmes actuels de terrorisme dans ce cadre.

    Le terrorisme religieux c’est plus un drame de la bêtise humaine plus qu’un problème de civilisation. Alors à côté des bombardements improbables de fous de Dieu dans leurs déserts il faut aussi tout faire pour tenter de faire tendre nos enfants vers toujours plus d’intelligence. Voilà la vrai antidote à l’obscurantisme, elle prendra des générations avant d’agir.

  • Nouveau nihilisme

    Le terrorisme religieux de nos temps met les Etats, démocratiques ou pas, à rude épreuve. Les acteurs du terrorisme moyen-oriental ou européen des années 70-80’ (brigades rouges, Fatah, OLP et autres bandes à Baader) laissaient place à la négociation. Ils détournaient un avion, enlevaient une personnalité, prenaient des otages pour forcer les Etats à les écouter poser leurs revendications politiques. Evidemment ils tuaient parfois mais pas en masse comme c’est le cas désormais. Quand il faisait parler les armes c’était pour appuyer leurs demandes et non pour plaire à Dieu. Et puis ils avaient la volonté de survivre et négociaient aussi un sauf-conduit pour eux-mêmes.

    Notons au passage que nombre de ces terroristes ont alors trouvé refuge en… Syrie, accueillis par le régime Assad alors dirigé par le père de l’actuel président. Le vénézuélien Carlos a coulé des jours paisibles à Damas avec sa compagne allemande Magdalena Kopp proche de la mouvance Baader-Meinhof et leur fille, plusieurs années durant à la fin de la décennie 80’. Bien d’autres terroristes moyen-orientaux se sont également installés en Syrie à cette période. Et lorsque Damas a voulu essayer de réintégrer le concert des nations, grosso-modo à la suite de l’invasion du Koweit par l’Irak en 1990, elle a expulsé tout ce beau monde vers des pays avoisinants moins en vue. Alors quand la Syrie d’aujourd’hui dirigée par son fiston explique comme elle l’a fait aujourd’hui que la France a favorisé le développement du terrorisme et récolte les fruits de ses dérives, cela prêterait à sourire si ce n’étaient les conditions dramatiques du moment.

    Les terroristes religieux aujourd’hui veulent tuer méthodiquement puis mourir. Ils n’ont pas peur, ils recherchent la fin qui les rapprochera de leur Dieu. Le communiqué du groupe Etat Islamique revendiquant les attaques d’hier relate celle de la salle de concert du Bataclan avec la mort des « croisés … idolâtres dans une fête de perversité » au cœur de Paris « capitale des abominations et de la perversion, qui porte la croix en Europe… ». Ces attaques sont présentées dans ce même communiqué, ponctué de référence à Allah et ses sourates, comme une réponse à l’engagement militaire français en Irak et en Syrie.

    Les terroristes des années70’ avaient lu Marx et Mao, ceux d’aujourd’hui s’inspirent du coran.

    La révolte des citoyens contre ce terrorisme islamique ne changera pas grand-chose à la détermination fanatique et terrifiante de ses acteurs. Leur plus grande « réussite », si l’on ose dire, réside dans le fait qu’ils ont réussi à insuffler leur idéologie mortifère à des gamins français, et pas uniquement ceux issus de banlieues défavorisées. Même dans l’hypothèse où le groupe Etat Islamique serait éliminé il faudra sans doute au moins une génération avant que ces gamins français embrigadés puissent revenir à de meilleurs sentiments. Et encore n’a-t-on pour le moment pas beaucoup d’idées sur comment arriver à neutraliser l’extrémisme religieux !

     « Vers l’Orient compliqué je m’envole avec des idées simples » disait MonGénéral lors de la deuxième guerre mondiale quand il allait visiter les pays sous mandats français et britannique. Idées simples ou compliquées, l’Occident a failli dans son implication dans la question du proche et du moyen orient : guerre, accords de paix, coopération, rapprochement, éloignement, immigration, fermeture des frontières, coups bas ou interventions en pleine lumière, presque tout a été essayé depuis 70 ans et rien n’a réussi à extirper la violence endémique de cette région qui maintenant se répand en Occident. Tout n’est que guerre et décombres dans ce proche et Moyen-Orient « compliqué ».

    En fait la seule stratégie qui n’ait jamais été vraiment essayée est le retrait pur et simple des pays occidentaux de cette région : les laisser se débrouiller et cesser d’intervenir à tout bout de champ avec des buts occidentaux et des objectifs démocratiques. Décision pas facile à prendre quand on connaît les liens entre Israël et les Etats-Unis, entre les pays producteurs de pétrole et leurs pays clients, entre les multiples communautés du proche et du Moyen-Orient installées en Europe depuis des générations, quand on entend les chrétiens d’Orient appeler au secours ceux d’Occident, etc.

    Stratégie jamais finalement adoptée, qu’il est sans doute trop tard pour décider, mais qui ne devrait pas empêcher de remettre sur la table l’actuelle politique occidentale en Orient compte tenu de son efficacité plutôt limitée au regard des critères occidentaux et des intérêts nationaux.

  • Terrorisme religieux à Paris

    Paris encore attaqué hier soir par des terroristes religieux, a priori islamistes : 8 lieux différents dont une salle de concert, des mitraillettes et des ceintures d’explosifs qui ont permis aux attaquants de se faire exploser après avoir rafalé des passants, plus de 120 morts, des dizaines de blessés graves. Le groupe Etat islamiste qui répand déjà sa terreur en Irak, en Syrie et ailleurs, a revendiqué ces actions. L’état d’urgence est déclaré et les frontières françaises fermées.

    Une nouvelle fois on reste sans voix devant l’impuissance de nos vieilles démocraties face  de tels phénomènes de violence. Ils parlent à Dieu quand l’occident échange avec Descartes, pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions. Leur puissance de nuisance provoque plus d’effets que nos armes sophistiquées, leur foi nihiliste leur apporte plus de certitudes que nos raisonnements démocratiques. La bonne réaction n’est pas facile à définir.

  • ALEXIEVITCH Svetlana, ‘La Fin de l’homme rouge’.

    Sortie : 2013, Chez : Actes Sud.

    Prix Nobel de littérature 2015 Svetlana Alexievitch écoute et raconte la vie de l’Homme sovieticus durant la période trouble du passage du communisme au capitalisme. La Fin de l’homme rouge est le récit captivant de la vie de citoyens nés en URSS et vivant en Russie.

    On y croise les vieux dont certains ont connu le goulag et Staline et sont déboussolés dans cet nouveau pays aux mœurs si libérales. Ils regrettent souvent leur Union soviétique d’avant même s’ils ont eu à en souffrir dans leur chair. Ils pensent avec nostalgie à l’enthousiasme naïf des foules pour la construction d’un monde nouveau, pour le patriotisme inculqué dans les mentalités jusqu’aux sacrifices démesurés de la seconde guerre mondiale, ils rêvent à ce « grand pays », cet « empire » qu’était l’URSS. Le plus souvent ils ont pardonné à Staline et au « système », surtout quand ils constatent le pillage généralisé et la perte de tout sens moral auquel a donné lieu la libéralisation de l’économie.

    On y découvre les jeunes nés avec Gorbatchev mais indécis devant l’anarchie capitaliste sauvage qui a saisi la Russie et la perte de grandeur et de valeurs de leur pays.

    On y vit « l’âme russe » toujours tiraillée entre drames et souffrance, larmes et violence. On a le cœur parfois serré devant les témoignages de guerre, de camps, vécus avec tant d’abnégation par des citoyens désabusés. On a l’âme parfois emportée par le romantisme de ce peuple qui a guidé de si nombreuses actions d’éclat.

    Le sentiment unanimement partagé de tous ces témoignages est celui d’un Empire inspiré par Lénine et Pouchkine, qui s’est brûlé les ailes en essayant d’approcher ses utopies pour devenir un pays où l’argent, le bling-bling et l’inculture ont pris le dessus. Chacun espère secrètement un changement et replonge dans ses rêves de « socialisme à visage humain », du moujik au fonctionnaire. Seul le pillard de la nomenklatura, généralement ancien responsable du parti, se satisfait de la situation actuelle, hautement instable.

    Svetlana Alexievitch transcrit ces discussions avec poésie et sensibilité. On imagine qu’elle le fait également de façon objective. C’est une plongée au cœur d’une population qui a toujours été mis au banc d’essai des idéologies les plus violentes, du totalitarisme soviétique au capitalisme débridé. Un grand peuple pour un destin incertain !

  • Nouveau psychodrame fiscal

    Le gouvernement issu de la majorité précédente luttait déjà pour réduire les déficits des finances publiques et, entre deux augmentations des dépenses, érodait quelques-unes des multiples niches fiscales dont bénéficient contribuables. L’une d’elle consistait à faire bénéficier pour leur vie durant les « parents isolés » c’est-à-dire les pères ou mères ayant élevé un ou des enfants seuls. Le bénéfice à vie de cet avantage fiscal a été discuté au-delà de la période d’éducation des enfants et le parlement dans sa grande clairvoyance a jugé utile de fermer cette niche en 2010 avec effet progressif afin d’en lisser les effets sur les revenus nets.

    L’impact plein de cette mesure porte sur 2015 et aboutit à faire payer plus d’impôt aux parents isolés. L’une des conséquences est que du coup leur revenu fiscal de référence augmente et cela déclenche également la fermeture de l’accès à d’autres niches fiscales comme des exonérations de taxes d’habitation. Les corporations concernées se sont plaintes par la voix de leurs élus et de nouvelles mesures conservatoires sont prévues pour annuler les effets de ces fermetures de niches.

    C’est un vrai problème français : ni les citoyens ni les élus n’ont compris que « baisser les dépenses » revient à dépenser moins ou que « réduire les niches fiscales » aboutit à augmenter les impôts de ceux qui en bénéficiaient. Ces évidences méritent d’être mieux expliquées car il ne va pas être facile de réduire les déficits des finances publiques si les citoyens ne comprennent pas de quoi il s’agit. Evidemment les élus n’ont pas vraiment envie de dire que les avantages donnés aux uns sont donc payés par autres. Augmenter les dépenses ou baisser les impôts a le même effet sur l’équilibre des finances publiques, de même que réduire les dépenses ou accroître les impôts. Donner des avantages aux uns c’est faire payer les autres. C’est le b.a.-ba de la comptabilité publique qui devrait figurer en préambule de tout programme politique et constituer la moitié des explications données par les élus à leurs électeurs.

  • Brest – Novembre 2015

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    Brest – Novembre 2015

  • Musée de la Marine de Brest

    Brest_201511_Le-Chateau (15)Le musée situé dans le « Château » au-dessus des ports et de l’arsenal de la vielle abrité également la préfecture maritime de l’Atlantique. Il raconte l’histoire de la ville depuis les romains et la relation de la France avec la construction maritime et les océans. C’est intéressant et bien présenté. On y passe une demi-journée sans voir le temps passer. Aux pieds du fort retentissent les mugissements des remorqueurs et les grincements des ponts-levants.

  • Exposition Pierre Peron à Brest

    Pierre_PeronPierre Peron est un artiste brestois qui fut peintre titulaire de de Marine puis conservateur du Musée de la Marine. Outres la peinture il fut également affichiste, ses œuvres sont exposées au musée des beaux-arts de Brest. A une époque où la publicité était autorisée pour l’alcool et le tabac, Peron a donné dans ces secteurs. Ce petit musée brestois rend hommage à ce travail plaisant, naïf et coloré.

  • Garbage – 2015/11/07 – Paris le Zénith

    Garbage – 2015/11/07 – Paris le Zénith

    Garbage est revenu sur scène et dans les bacs en 2012 avec Not Your Kind of People et a priori ils ont aimé puisque les revoici avec le 20 years Queer Celebration tour histoire de fêter en musique la sortie de leur premier album et le début de ce groupe flamboyant de rock alternatif, plutôt rock qu’alternatif d’ailleurs.

    Réunion improbable d’une chanteuse écossaise (Shirley Manson) et de quatre soudards américains musiciens-producteurs (dont le batteur Butch Vig qui a produit Nevermind de Nirvana), le groupe s’est monté un peu par hasard et n’était pas vraiment destiné à durer au-delà de quelques séances d’enregistrement à Madison dans le Wisconsin, mais le succès est venu et après quatre disques sortis entre 1995 et 2005 ils sont revenus en 2012 après une longue pause.

    Le show démarre avec une vidéo de la famille Garbage au cours de ces 20 années passées, puis le premier morceau joué derrière un voile translucide où s’agite notre petite bande en ombres chinoises avant le plat de résistance et la reprise de l’album Garbage. Shirley est toute de rose vêtue et bas-résille noirs. Rose comme la couleur des plumes d’autruche qui ornent la couverture de l’album, et de ses cheveux ce soir. Un boa en plumes roses dégouline du pied de micro… comme il y a vingt ans !

    Les recettes sont les mêmes : un mur de sons de guitares traitées à l’électronique sur lequel se pose la voix forte et belliqueuse de Shirley appuyée par le beat mécanique de la batterie. La puissance américaine teintée de subtilité britannique, le résultat est toujours redoutable et le show passe sans que l’on ne s’en aperçoive.

    Les musiciens sont un peu moins démonstratifs, Shirley est un peu plus bavarde et souriante, peut-être pour se reposer des kilomètres qu’elle parcourt toujours sur scène derrière son micro. Sur My Lovers’s Box elle s’empare d’une guitare rose dont elle joue en chantant, sur la pointe de pieds, tendue vers le public, et sur Stupid Girl elle sautille comme au bon vieux temps : Stupid girl/ Can’t believe you fake it/ Stupid girl/ Stupid girl/ All you had you wasred it…

    Un peu moins d’urgence et de déchaînement chez les Garbage mais toujours de l’énergie à revendre : une puissance sophistiquée, un son soigné, des mélodies plus que bien ficelées, la fidélité contre vents et marées de ce club des cinq toujours soudé et la personnalité hors du commun de Shirley (et ses cheveux rose fluo) qui tient le devant de la scène avec autorité devant ses boys, il n’en faut pas plus pour réjouir un public aux anges !

    Setlist

    Alien Sex Fiend (20 Years Queer video intro)/ Subhuman/ Supervixen/ Queer/ Girl Don’t Come/ As Heaven Is Wide/ The Butterfly Collector (The Jam cover)/ Not My Idea/ Trip My Wire/ Milk/ Fix Me Now/ My Lover’s Box/ Sleep/ A Stroke of Luck/ #1 Crush/ Stupid Girl/ Dog New/ Only Happy When It Rains/ Vow/

    Encore : Kick My Ass (Vic Chesnutt cover)/ Driving Lesson/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Push It

    Warm-up : Dutch Uncles

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  • Sud-Soudan : l’actualité percute le cinéma

    Nous-venons-en-amis A peine quelques jours après la sortie sur les écrans du documentaire We come as friends l’actualité rattrape le cinéma en faisant le bilan catastrophique de quatre premières années d’existence de l’Etat du Sud-Soudan en pleine guerre civile. Un quart de la population de 11 millions d’habitants déplacé, une espérance de vie qui ne dépasse pas 55 ans, le taux d’alphabétisation le plus bas de la planète, au moins 50 000 personnes tuées dans la guerre civile, des milliers d’enfants soldats enrôlés dans les milices, sous-alimentation chronique, journalistes assassinés, économie pétrolière à l’arrêt, etc. le tout malgré la présence d’une forte présence de l’ONU avec entre autre 12 000 casques bleus et des dizaines d’organisations non gouvernementales.

    « L’indépendance n’a pas été un décollage, mais un crash » résume le dirigeant d’un organisme œuvrant pour la réussite d’un plan de paix.

  • Fouteballe : on touche le fond

    CH_20140625_BenzemaDeux ahuris cramponnés et quelques comparses sont impliqués dans une sombre affaire de sextape : l’un faisant chanter l’autre au sujet d’une vidéo relatant ses exploits sexuels avec sa femme. Le second ayant porté plainte, le premier se retrouve mis en examen. Ces deux zigotos poussant la balle dans la même équipe de France, cela promet une franche solidarité pour les compétitions à venir.

    Ces sportifs surpayés à coups de millions d’euros par an ne semblent avoir rien de mieux à faire que ces chantages à la petite semaine dignes de cours de récréation. Passe encore qu’ils enregistrent leurs ébats sexuels sur leurs téléphones portables mais ne pourrait-on pas simplement les exclure de l’équipe de France (financée par les contribuables français) lorsqu’ils sont compromis à de tels niveaux d’imbécilité et de sous-développement moral ?

  • La France ne s’en remet pas

    Rugby_2015

    Les brutes avinées qui poussent leur ballon ovale vers l’arrière pour marquer des essais vers l’avant en défendant les couleurs de l’équipe de France ont perdu leur quart de final du championnat du monde le mois dernier face une autre horde de brutes totales venues de Nouvelle Zélande. On le sait et l’hexagone ne s’en est pas remis. Depuis le pays est sous psychothérapie collective avec déclarations de ministres, d’anciens joueurs, de cadors de fédération, de journalistes gouailleurs à l’accent du sud-ouest et de Mme. Michu au café du commerce.

    En fait si l’on sait compter, perdre en quart de finale cela veut dire que l’on est entre la cinquième et la huitième place du monde ? C’est déjà pas mal et peut-être pas la peine d’en faire autant. Si l’on était 5ème du monde en croissance économique on ne se plaindrait pas tant que ça !

    Alors haut les cœurs, savoir que nos brutes avinées avec si peu de neurones indemnes après tant de chocs peuvent faire 5ème du monde en poussant des ballons vers l’arrière nous laisse espérer que tous les beaux esprits qui sortent de nos grandes écoles vont bien arriver à faire passer notre beau pays dans le classement du PIB par habitant de 20ème à 15ème par exemple. Ne perdons pas espoir !

  • L’incompétence des sondeurs

    La Turquie dirigée par un parti islamiste conservateur AKP depuis une dizaine d’années vient de redonner la majorité absolue à ce parti représenté au sommet de la République par son président. Après avoir été plus de dix années premier ministre il a été élu président de la République en 2014, poste plus honorifique que vraiment exécutif, et cherche donc à faire transférer légalement les pouvoirs du premier ministre vers le président histoire de continuer à diriger et préserver ainsi son standing.

    L’élection législative remportée le week-end dernier devrait lui faciliter la tâche et lui permettre de garder le pouvoir encore une dizaine d’années. Cela sera peut-être assez pour éteindre l’incendie rallumé en 2015 de la guerre civile avec les kurdes. Ce serait tout de même mieux qu’il marque l’Histoire pour avoir résolu ce conflit plutôt que pour s’être accroché au pouvoir de façon relativement indécente.

    Elément très rassurant dans cette élection récente : les sondeurs sont aussi incompétents en Turquie qu’en Europe, ils avaient tous annoncé que le parti islamiste conservateur AKP ne récupèrerait pas la majorité… Il y a un fort gisement d’amélioration des performances des sondeurs des trois côtés de la Méditerranée.

  • Guaino le (très) colérique

    CH_20130501_GuainoHenri Guaino devient de plus en plus colérique et inconstant. Il pique des crises sur les plateaux télévisés qu’il quitte en direct, il invective avec fébrilité la justice aux micros des journalistes et de l’assemblée nationale, etc. Il devrait se surveiller car il est guetté par la crise d’apoplexie. Accessoirement il a déjà été condamné en appel par cette justice qu’il honnit tant, pour outrage à magistrat.

    Et voilà qu’il remet le couvert le 28 octobre à l’assemblée nationale en éructant contre les juges. Sur les images de télévision on le voit ne maîtrisant plus les tremblements agitant ses mains, il a fallu couper son micro pour laisser le gouvernement lui répondre :

    « Dans la magistrature comme partout ailleurs il y a des gens qui honorent leur fonction, il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie, des gens auxquels l’ivresse de leur toute puissance fait perdre tout discernement ! »

    Si la justice mécontente les députés il leur suffit d’en changer le fonctionnement. Ils ont le pouvoir de le faire en votant à la majorité. Plutôt que de s’invectiver devant les caméras et ressasser leurs vieilles badernes sur la justice dépendante ou indépendante, laxiste ou pas, qu’ils se mettent au travail sur un sujet où il y a évidemment des améliorations à mettre en œuvre. Par contre il n’est pas facile d’identifier au recrutement les magistrats pervers, psychopathes ou simplement laxistes et de gauche. Même la Loi aura du mal à les empêcher d’accéder à la magistrature s’ils en ont les compétences, il faut simplement s’assurer qu’il existe suffisamment de garde-fous pour empêcher leurs tendances révolutionnaires ou conservatrices de s’exprimer trop librement. Messieurs les députés, c’est votre boulot !

    En attendant Guaino a été condamné à une amende 2000,00 EUR par la cour d’appel et il ne s’est pas encore pourvu en cassation. A ce jour il doit 2 000,00 EUR aux contribuables français.

  • L’âge de la retraite repoussé en douceur

    Des syndicats patronaux et ouvriers se sont réunis au sujet du financement des années à venir pour les caisses de retraire complémentaires et sont convenus de repousser à 63 ans l’âge minimum à laquelle un salarié cotisant pourra faire valoir ses droits à une retraite pleine via un système de bonus-malus. C’est malin car l’âge minimum légal reste à 62 ans comme en a décidé la dernière réforme de 2010, mais probablement la majorité des personnes atteignant les 62 attendront en fait 63 pour partir afin de bénéficier de leurs retraites pleines, principale et complémentaires, ce qui évitera au parlement d’avoir à légiférer sur une réforme forcément impopulaire.

    Evidemment tous les syndicats n’ont pas approuvé la réforme mais trois d’entre eux ont signé aux côtés du syndicat patronal et cela suffit pour valider l’accord. Il s’agit de la CFDT, la CFTC et la CGE-PME. Cela montre qu’il ne faut pas « désespérer de Billancourt » et qu’entre gens intelligents et de bonne compagnie on peut arriver à réformer la France sans guillotiner les rois ! C’est une bonne nouvelle.

  • Un accord international pour contrer l’optimisation fiscale

    On a peu parlé du sujet en France mais il a son importance : 62 pays ont signé un accord pour lutter contre l’optimisation fiscale agressive baptisé BEPS (Base erosion and profit shifting). Il s’agit en gros de forcer les firmes multinationales à payer leurs impôts dans les pays où elles réalisent leurs activités. Cet accord a été approuvé par les ministres des finances du G20 en réunion à Lima le 09/20/2015 et doit être validé par les chefs d’Etats et de gouvernements de ce même G20 en novembre.

    C’est une première et un début de commencement d’une stratégie internationale pour tenter de limiter l’exubérante créativité des fiscalistes d’entreprise pour faire payer les impôts de leurs employeurs dans les pays les plus compétitifs dans ce domaine. La route sera longue et complexe avant de revenir à des pratiques plus décentes mais ce qui est intéressant dans cette affaire est la prise de conscience par des Etats, y compris les plus riches et les plus libéraux de la planète (Etats-Unis, Japon, Allemagne,…), que le ver est dans le fruit et qu’à force de surexploiter toutes les avantages du dumping fiscal international des entreprises globalisées en arrivent à assécher la base fiscale de leurs Etats d’origine dans des proportions jamais vues.

    « Les pratiques d’érosion de la base d’imposition et de transfert de bénéfices privent nos pays des ressources nécessaires pour relancer la croissance, surmonter les effets de la crise économique mondiale et offrir à tous de meilleures opportunités », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría. « Le G20 a reconnu que les stratégies de BEPS sapent la confiance des citoyens dans l’équité des systèmes fiscaux internationaux. C’est pourquoi l’OCDE a été invitée à préparer le plus important remaniement des règles fiscales internationales depuis près d’un siècle. L’enjeu consiste désormais à mettre en place les mesures prévues, afin de mettre en échec les dispositifs de planification fiscale qui utilisent des pratiques de BEPS et de créer un meilleur environnement pour les entreprises comme pour les citoyens », a ajouté M. Gurría.

    Les pratiques de BEPS induisent un manque à gagner pour les recettes publiques qui représenterait, selon des hypothèses prudentes, 100 à 240 milliards USD par an, soit entre 4 et 10 % des recettes issues de l’impôt sur les sociétés dans le monde. Ces pratiques pénalisent tout particulièrement les pays en développement, pour lesquels l’impôt sur les sociétés représente une part plus importante des recettes fiscales.