Auteur/autrice : Rehve

  • D’où a bien pu naître la femme ?

    Un débat théologique de fond est engagé pour savoir si la femme est née « de la côte d’Adam » ou « à côté d’Adam ». Certains spécialistes remettent en question la traduction de la bible qui est bien évidemment sujette à de sérieux doutes quand on sait que l’original a été écrit sur des supports qui n’ont pas survécu au temps. Le texte a donc été recopié à de multiples reprises au cours des siècles et traduit successivement en plusieurs langues. On imagine aisément combien il a été altéré au cours de ces différentes étapes.

    L’exemplaire en notre possession édité en 1949 par La Maison de la Bible sise à Genève stipule dans la Genèse :

    « Alors l’Eternel fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. »

    Les féministes affirment que cette rédaction a marqué le statut de la femme depuis 2 000 ans et explique sa domination par l’homme. Evidemment, si on croit que de pareilles sornettes aient pu influer le caractère humain, le fait que la femme serait née « à côté » d’Adam aurait pu changer la face du monde.

    En vérité, il est maintenant assez probable que l’homme et la femme soient nés de l’évolution d’une microscopique bactérie ayant traversé l’univers il y a des millions d’années, soit bien avant l’écriture de la bible. C’est ainsi ! Et quoi qu’il en soit, l’homme aurait dominé la femme car c’est ainsi que cela se passe dans la plupart des races animales. La grandeur de la race humaine est de se rendre compte de l’imperfection d’une telle domination et d’y mettre fin (très) progressivement.

    Laissons la bible à ses illusions et travaillons le sujet des inégalités sur la planète entre les humains, Dieu ne sera pas contre.

  • BOURAOUI Nina, ‘Poing mort’.

    Sortie : 1992, Chez : Folio 2622.

    L’histoire courte et morbide d’une vieille gardienne de cimetière dont Nina Bouraoui retrace l’enfance étrange, pleine de monstres et de terreur. Il ne s’agit que de douleur, d’arrachement, de solitude mêlées entre présent et passé, bref, de cendres remuées au gré de la violence de la vie.

  • Les privilèges

    PDG_20150804C’est l’anniversaire de la nuit du 4 août 1789 au cours de laquelle les révolutionnaires français et leur assemblée constituante ont aboli les droits et privilèges féodaux. La Butte-aux-Cailles fête l’évènement avec le parti de gauche et des « chansons révolutionnaires en yiddish », un hommage à Serge Torrano, cheminot militant communiste-libertaire décédé en début de cette année, etc. Le tout sur la place de la commune, beau programme ! Il reste encore des militants dans ce pays.

  • The Rose

    The-Rose_bThe Rose, film de 1979 ressort cette semaine ou l’histoire tragique à peine romancée de Janis Joplin jouée par Bette Midler. Un film émouvant sur une star du blues happée par la célébrité, un environnement affairiste, la drogue ; mais habitée par la musique qui malheureusement ne la sauvera pas.

    Et lorsqu’on reste pour le générique de fin l’on découvre que le guitariste blond-baba-moustachu du groupe était Steve Hunter, légendaire guitariste, par la suite, d’Alice Cooper et de Lou Reed. Eh oui, le guitare-héros hardeu des années 80-90’ est passé lui aussi par sa période flower power.

  • Les avis de Mme. Michu sur la fraude à Pôle Emploi

    Conversation de machine à café au bureau :

    – Ce ministre de l’emploi ne vaut rien, il n’est pas même capable de lutter contre la fraude des faux chômeurs.

    – Ah, tu as des informations particulières sur le sujet, les chiffres montrent une aggravation de la situation s’aggrave ?

    – Pas besoin de chiffres, c’est évident, tout le monde sait que ce ministre ne fait rien contre les fraudeurs à Pôle Emploi !

    En fait, les personnes voulant aller plus loin sur ce sujet et se faire une idée documentée de l’action de leur ministère du travail peuvent cliquer sur le site de Pôle-Emploi et trouver assez rapidement le document disponible ici. S’ils veulent aller encore un peu plus avant, un deuxième click les mènera sur un rapport de la cour des comptes référencé dans le premier document et disponible là.

    Qu’apprend-t-on dans ces documents, rien de bien révolutionnaire sinon que Pôle-Emploi dispose d’une équipe de 150 auditeurs qui font leur possible pour détecter et analyser les processus de fraude. La cour des comptes explique que 32 milliards d’euros d’allocations d’assurance et de solidarité chômage ont été versés en 2012 et qu’un total de 76 millions d’euros de préjudices ont été détectés ou évités cette même année. Est-ce assez ? Certainement pas. Est-ce insignifiant ? Non plus. Faut-il faire encore plus et mieux ? Bien sûr. Les auditeurs de Pôle-Emploi sont-ils efficaces ? On ne le sait pas bien mais on peut imaginer qu’ils le sont au moins autant que les auditeurs de la Société Générale qui ont laissé un de leurs traders-fraudeurs engager cette banque à hauteur de 50 milliards d’euros sans que personne ne s’en rende compte !

    On peut bien sûr penser ce que l’on veut de ces analyses et il doit en exister bien d’autres, à charge et à décharge, mais à tout le moins existent elles et méritent d’être prises en compte pour fonder un jugement. Ce qui est clair c’est que les machines à café et les bistrots sont des endroits peu propices à la réflexion. On y entend des cadres supérieurs, diplômés des meilleures écoles de la République, y assener des slogans partisans qui relèvent plus de la propagande que de l’information. Il ne faut pas abandonner l’espoir de l’intelligence pour autant et un petit coup d’œil sur ces deux documents nous rendra plus avisés.

  • La Butte-aux-Cailles

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    La Butte aux Cailles

     

  • HUGONNIER Hugues, ‘Changer de modèle économique’.

    Sortie : 2011, Chez : Economica. Court opuscule destiné à remonter le moral des français sur le thème « notre pays a des atouts si nous voulons bien le réformer ». Un peu catalogue de mesures bateau, un peu liste d’illusions, ce livre professoral assène quelques vérités et des pistes d’idées, comme celle de contenir à 3% non pas simplement le pourcentage de déficit budgétaire par rapport au PIB mais plutôt le cumul du pourcentage de déficit et du pourcentage de croissance par rapport au PIB, de façon à pousser les Etats à redresser leurs finances publiques en période de croissance et à autoriser le déficit budgétaire en cas de décroissance.

  • Religion en Israël

    Des extrémistes religieux, colons israéliens, mettent le feu à une maison palestinienne : un nourrisson de 18 mois meurt brûlé vif, ses deux parents sont gravement blessés. Les colons agissent au nom de Dieu et de la recomposition du Grand Israël tel que prévu dans la bible. Comme souvent lorsque la religion prend le pas sur la raison, il ne reste qu’un océan de ruines. Il n’y a guère moyen de parler avec ces religieux qui sont inspirés par Dieu et imperméables au discours des Hommes. Quand on leur avance le droit et l’humanité ils répondent avec la bible et le message du tout-puissant…

  • Boston gère l’argent de ses contribuables

    La ville de Boston était candidate annoncée mais non encore confirmée à l’organisation des jeux olympiques d’été de 2024 comme Paris. Toutefois le maire de Boston vient de refuser « d’engager la responsabilité de Boston pour des dépassements » et « de signer une garantie qui utilise l’argent des contribuables pour payer les Jeux olympiques » énonçant que « si s’engager à signer une garantie aujourd’hui est nécessaire pour avancer, alors Boston ne convoite plus les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques de 2024. »

    On ne peut que saluer cette décision de bonne gestion qui hélas ne semble pas déteindre sur Paris qui s’apprête à dépenser des milliards d’euros soustrait au pouvoir d’achat des contribuables parisiens et nationaux pour organiser des compétitions de sport alors que les finances publiques clairement ne l’autorisent pas.

    Lorsqu’il s’agit de dépenser l’argent publique la France est toujours au premier rang des (très) mauvais élèves. Cette candidature parisienne aux jeux olympiques de 2024 va générer des dépenses de confort qui ne sont pas indispensables. La France n’était pas non plus formellement engagée alors il suffisait d’expliquer à Mme. Michu que compte tenu des circonstances budgétaires il était plus raisonnable d’allouer nos ressources sur des emplois plus productifs pour la République. Las, la France court vers cette nouvelle dépense déraisonnable étendard au vent.

  • Tournée générale au Café du commerce

    Mme. Michu est inénarrable et la rubrique Café du commerce reste inépuisable. Alors que sortent les chiffres mensuels du chômage tout ce que la République compte de commentateurs à courte vue, de politicards malveillants, de journalistes incompétents et de citoyens bougons, bref toute une population abrutie par les journaux télévisés de TF1 et les matchs de fouteballe crie haro sur le baudet socialiste accusé de tous les maux dont souffre la France.

    En fait il suffit à n’importe quel citoyen de cliquer sur le site de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) pour confirmer que le chômage en France est un mal profond dont notre pays souffre depuis des décennies. Hélas, les courbes du chômage sont assez indépendantes de la couleur politique de la majorité en place mais répondent plutôt à des cycles économiques, à l’inertie et la rigidité de notre société engourdie par son cholestérol.

    INSEE_Chomage

    On voit que la hausse récente du taux de chômage date de début 2008 et n’a quasiment pas cessé depuis, que ce soit avant ou après le changement de majorité en 2012. De la même façon il a baissé sur la durée entre 1999 et 2001, gouvernement socialiste Jospin sous la présidence conservatrice de Chirac, puis entre 2006 et 2008, gouvernement conservateur de Villepin puis Fillon, sous présidences du même bord, Chirac puis Sarkozy.

    On souhaiterait que nos dirigeants passent un peu plus de temps à travailler sur ces sujets de long terme plutôt que de chercher sur quelle tête faire porter la responsabilité de cette situation qui de toute évidence est collective plus que partisane. Ensuite, que Mme. Michu surfe sur les sites web de recettes de cuisine que sur celui de l’Insee on peut le comprendre, par contre on pourrait s’attendre à ce que Guillaume Roquette (patron du FigMag) fasse preuve d’un peu d’analyse, bref, qu’il fasse le boulot pour lequel il est payé (et son journal subventionné par les contribuables) et consulte, lui, les statistiques économiques pour en édifier ses lecteurs qui, à défaut, répètent en les ânonnant les slogans dont il ponctue ses éditoriaux, notamment celui voulant que le chômage serait arrivé en France avec le gouvernement socialiste en 2012.

    La même désinformation est de rigueur avec le déficit des finances de la République et sa dette conséquente : l’un et donc l’autre sont en accroissement constant depuis des décennies quelle que soit la majorité politique.

     

    INSEE_Deficit_EURINSEE_Deficit_PIB

    Le dernier exercice budgétaire équilibré date de 1974… une époque où Sarkozy avait 20 ans.

    INSEE_Dette

    La courbe de la dette montre évidemment une hausse constante puisqu’il a fallu financer des déficits tout aussi constants. La série actuelle commence en 1995 mais la précédente a la même allure.

    La vérité c’est que personne n’a encore réussi à inverser les tendances perverses de notre économie depuis les années 70 car nous, les citoyens, sommes résistants au changement en attendant désespérément un leader éclairé qui sera capable de diminuer les déficits de la République tout en continuant à augmenter les dépenses publiques. La venue d’un tel magicien étant improbable à court terme il convient d’investir sur l’intelligence et le bon sens.

    Voyez-vous souvent les trois courbes ci-dessus dans les journées télévisés ou les chroniques de Guillaume Roquette ? Non, évidemment, elles sont pourtant emblématiques des défaillances de notre économie. Elles sont pourtant simples et parlantes, il faudrait les montrer et de les commenter aux citoyens avec un peu de pédagogie et ce serait la première étape vers une prise de conscience salvatrice propice à un nouveau départ. Les gens intelligents devraient se faire un devoir de mettre leurs neurones au service de la pédagogie plutôt qu’à les perdre dans la divulgation d’argumentaires de bas étage bons à semer le désordre dans le bon sens populaire. Guillaume Roquette a choisi le parti des bonimenteurs, ne le suivons pas sur cette pente glissante, faisons preuve de sens de l’intérêt général : censurons la désinformation et diffusons la connaissance.

     

  • Il faut payer

    Nouvelle montée de tension socio-économique en France : cette fois-ci avec les agriculteurs qui se plaignent des prix trop faibles auxquels ils vendent leurs productions de lait et de viande de porc. Il semble que les lois du marché si chères à Guillaume Rocquette (le patron du FigMag) soient insuffisantes pour assurer des revenus minimaux à des agriculteurs français qui ont perdu de leur compétitivité face à la concurrence. Alors on fait appel aux contribuables pour aider l’agriculture comme on fait appel à eux chaque année pour subventionner la presse française, dont le groupe de presse de Guillaume Roquette qui a perçu 16 266 723,00 EUR en 2014.

    Il n’est pas forcément inopportun que le contribuable aide certains secteurs économiques lorsque ceux-ci ont un rôle social que l’on estime nécessaire. C’est le cas de la presse et de l’agriculture. Ce qui est insupportable c’est de lire et d’entendre vanter à longueur d’éditoriaux du FigMag, de Valeurs Actuelles et de bien d’autres les mérites de l’ultralibéralisme lorsque ces mêmes parangons de la concurrence à tout va ne survivent que grâce aux subventions des contribuables et aux financements de l’industrie. C’est ainsi, il ne faut pas s’en énerver !

    Dans le cas de l’agriculture le mieux serait sans doute que les consommateurs acceptent de payer un peu plus cher leur alimentation pour peu qu’elle soit Made in France tout en poussant cette agriculture à se réformer. Un cercle vertueux bien difficile à initier… Si Monsieur le marché ne suffit à nourrir les agriculteurs, il faut bien que quelqu’un fasse l’appoint, consommateur ou contribuable.

    Est-ce que Monsieur Guillaume Roquette le dimanche midi après la messe en famille mange du gigot du Limousin ou de Nouvelle-Zélande ?

  • Madame Michu veut moins d’impôt et plus de prestations

    Madame Michu s’émeut devant son blanc-sec au Café du commerce : « Ya trop de charges sociales qui pèsent sur les entreprises ! Yfo changer ça ! » dit-elle en allant percevoir ses allocations familiales et ses aides au logement.

    C’est une vieille histoire ressortie en boucle depuis des années par les uns et les autres, simplifiée à l’extrêmme par les Guillaume Roquette (patron du FigMag) et autres Eric Zemmour. Les charges sociales payées par les entreprises et leurs employés servent à financer des prestations encaissées par les citoyens (allocations familiales, assurance maladie, assurance vieillesse etc.) Les charges sociales sont lourdes en France car les prestations sont importantes (voire luxueuses si on les compare à d’autres pays). Pour baisser les uns il faut diminuer les autres. Les français (élus et citoyens) ne sont jamais à cours d’idée pour ce qui est de baisser les charges, ou de les refourguer chez le voisin, ils manquent par contre sérieusement d’inspiration lorsqu’il s’agit de serrer les dépenses. Pour le moment les paiements des prestations sont supérieurs aux recettes encaissées d’où l’augmentation des dettes pour financer la différence ce qui laisse peser sur nos enfants une partie des coûts de notre mode de vie d’aujourd’hui…

    L’argent prélevé via les charges sociales n’est pas thésaurisé sur un compte bancaire, non, il est reversé à des bénéficiaires. C’est ce qu’on appelle des transferts sociaux, une notion un peu complexe pour Guillaume Roquette et sa clique mais qui pose la difficulté que si vous coupez à un bout, vous baisser le débit de l’autre bout. Rien ne se perd, rien ne se crée, on vous le disait.

    L’émotion populaire face à cette situation est légitime, l’honneur des politiques (et d’un Guillaume Roquette s’il en avait la capacité) serait maintenant d’expliquer froidement et avec pédagogie quelles lignes de dépenses sociales il va falloir baisser, et là c’est plus complexe car certains bénéficiaires verront baisser voir disparaître les prestations dont ils bénéficient… Depuis 40 ans les gouvernements et parlements français que nous avons élus ont opté pour faire un peu de tout : un peu de hausse des cotisations, un peu de baisse des prestations et un peu de dette pour compenser la différence. Un peu de tout ça mais année après année et sur 4 décennies cela fait à la fin beaucoup de déficit.

    Une autre solution serait le grand soir budgétaire avec des baisses des retraites comme en Grèce où elles ont été réduites de 30% sur une ou deux années, du débauchage massif de fonctionnaires comme ce fut fait au Royaume-Uni ces dernières années, la privatisation générale des biens de la République pour la désendetter, etc. Jusqu’ici aucun gouvernement/parlement de droite comme de gauche n’a osé, et les citoyens n’ont jamais voté pour. On a toujours opté pour les petits pas plutôt que les coupes drastiques. L’autorité et le courage n’ont pas vraiment été les qualités décisives de nos dirigeants depuis Mon-Général…

    Le dernier programme politique connu de l’actuelle opposition est celui de l’UMP fin 2013 qui prévoit page 15 d’économiser 130 milliards d’euros sur le quinquennat. NKM a annoncé 150 milliards il y a deux mois. Cela manque un peu de détails pour connaître où s’appliqueront exactement ces baisses drastiques de dépenses, mais si l’on estime que c’est la bonne méthode il suffit de voter pour eux et d’espérer que le programme sera appliqué.

  • Des journalistes de rencontre

    Vendredi dernier le chroniqueur a été retenu 4 heures dans un wagon de la SNCF à Bordeaux suite à un accident ayant endommagé la voie vers Angoulême. A son retour à Paris il entendit les chaînes d’information en continue délayer en long et en large cet incident de transport tout en précisant que les voyageurs seraient remboursés à 100% du prix de leur billet. Rassuré le chroniqueur s’est couché serein pour une bonne nuit de réparation de ses émotions.

    Quelques jours plus tard quelle ne fut pas sa surprise de recevoir un courrier de la SNCF lui adressant des bons de voyage correspondant à 75% du prix de son voyage initial, valables un an. Le remboursement n’est donc pas de 100%, pas en cash, pas illimité, contrairement à ce que des journalistes de rencontre ont affirmé des heures durant le soir et le week-end suivant l’accident.

    Les conditions de remboursement sont contractualisées dans la « garantie voyage » issue par le transporteur et elles prévoient effectivement un plafond de 75% du prix du billet en cas de retard supérieur à trois heures. Il aurait sans doute été trop demandé à ces journalistes de faire le métier pour lequel ils sont payés et de lire les termes de cette garantie avant de diffuser en boucle de fausses informations. Une bonne partie de la presse française pourtant subventionnée par les contribuables fait mal son travail. Ce n’est pas bien.

  • Beauté Congo

    Beaute-Congo

    Beauté-Congo à la Fondation Cartier toujours à l’affut de l’art contemporain : des peintures colorées aux aspects lyriques et naïfs, narrant avec gaité l’histoire tragique de ce pays, l’ex-Zaïre à qui l’on peut reconnaître au moins une indestructible qualité de dynamisme et d’énergie. Malgré une appropriation personnelle par le roi des Belges durant la période coloniale, bien qu’ayant été devenu un enjeu important dans Afrique de la guerre froide, été gouverné des décennies par un dictateur forban (Mobutu) qui a assis son pouvoir sur l’assassinat du leader indépendantiste marxiste Patrice Lumumba, connu des guerres parmi les plus sinistres du continent, été ravagé par le Sida, la corruption, le pillage généralisé de ses richesses minières…, malgré tout ceci et bien d’autres dévastations, ce pays n’a pas cessé de produire de la musique et de l’art joyeux. Cette exposition en apporte la preuve avec son explosion en peinture de couleurs et de personnages délurés. Ce sont des tableaux sur la vie quotidienne, la politique, les femmes, la musique, teintés d’ironie et d’autodérision, parfois aussi de rêve. On y voit les héros populaires : Mandela, Obama, Mohammed Ali aussi et on se souvient du légendaire combat de boxe organisé en 1974 à Kinshasa entre Ali et Foreman fascinant la planète et sur lequel le grand Norman Mailer a écrit Le combat du siècle.

    Au sous-sol sont exposées des photos des ambiances urbaines locales avec « sapeurs » (les rois de la fringue bling-bling), musiciens, vendeurs de rue et prostituées. A voir également des villes futuristes en carton-pâte imaginées par des artistes délirants.

    Bref, la République démocratique du Congo (nouveau nom du Zaïre) continue d’inspirer ses artistes et c’est aussi bien ainsi car le présent de cet immense pays n’est pas rose et son futur est pour le moins incertain. L’art naïf, hélas, ne fait pas augmenter le PIB.

     

  • Grèce : le désenchantement

    CH_20150715_GreceAprès les premiers mois de rêves révolutionnaires, le gouvernement d’extrême gauche grec en revient aux réalités : il n’y a plus de sous dans la caisse et ceux qui acceptent encore d’en prêter pour financer les fins de mois, c’est-à-dire les contribuables européens, imposent leurs conditions à savoir réformer le pays et y créer un Etat moderne. L’affaire est complexe. La redescente sur terre plutôt brutale.

    Dans un réflexe un peu désespéré le gouvernement grec a soumis la conditionnalité européenne à un référendum populaire. La réponse fut « Non » bien entendu mais plutôt que d’en tirer les conséquences et de négocier un programme de redressement avec un retour ordonné à une monnaie nationale qui pourrait donc être dévaluée pour pouvoir restructurer l’économie, le même gouvernement est revenu vers les prêteurs de la zone euro en imaginant que le résultat du référendum les ferait plier. Ce ne fut pas le cas et un nouveau prêt des 85 milliards d’euros va être négocié en échange d’un programme de réformes économiques imposé au forceps.

    Ce programme a été approuvé par le parlement grec après que le premier ministre ait expliqué à la télévision qu’il avait signé cet accord pour éviter un désastre mais qu’il n’y croyait pas, ce qui augure plutôt mal de son avenir. Une partie de son gouvernement a voté contre.

    En France le texte de l’accord a été passé au vote de l’assemblée nationale qui l’a approuvé plutôt massivement à 412 pour, 69 contre et 49 abstentions. Le groupe Les Républicains de 198 membres a voté pour à 93 voix, 41 contre et 35 abstention. Notons dans les contres Les Républicains : Eric Ciotti, Christian Estrosi, Henri Guaino, Thierry Mariani, Hervé Mariton. Ce programme économique conviendrait parfaitement à la France et à nombre des pays en dérive budgétaire alors on voit mal comment l’ex-UMP aurait pu s’y opposer frontalement elle qui veut faire baisser les dépenses publiques françaises de 150 milliards au cours du prochain quinquennat ! La majorité de Les Républicains a au moins eu la décence de l’approuver mis à part quelques porte-flingues du courant de la Droite forte. C’est bien ainsi.

    En fait les opposants à cet accord sur un préprogramme ne proposaient pas vraiment d’alternative sinon… de reprendre la dépense publique. Mais pour dépenser il faut être financé et on en revient à la case départ. Ils voulaient également faire entériner l’annulation de tout ou partie des créances des contribuables européens sur l’Etat grec ce qui n’a été formellement obtenu, l’accord en mentionnant seulement l’éventualité. En fait chacun a fait de cette question un point de blocage mais il suffit de laisser faire et la restructuration de la dette viendra d’elle-même, par annulation partielle ou sous forme d’allongement des échéances accompagnée de baisse des taux d’intérêt, ce qui revient au même en termes financiers. Chacun a ses contraintes et les gouvernements prêteurs doivent également faire avaler la pilule à leurs propres électeurs ce qui demande un peu de temps et de doigté.

    Le texte de l’accord en cliquant ici.

    Le vote de l’assemblée nationale française en cliquant là.

  • Vive la République

    Le problème avec le défilé militaire du 14 juillet retransmis sur France 2 ce sont Marie et Michel Drucker. Une année l’une est casée dans un hélicoptère, la suivante l’autre est embarqué dans un avion, mais chaque année la platitude de leurs commentaires servis avec leur air béat est consternante. Et pour parachever la nunucherie ambiante on nous a sorti cette année le Stéphane Bern avec ses cheveux bouclés et dont on a déjà oublié les mots de ravi.

    Après les VAB (véhicules de l’avant blindé) il va falloir réformer les Drucker pour mettre en place du matériel neuf et plus performant. L’Armée française est confrontée à des enjeux majeurs sur la planète, elle mérite mieux que la famille Drucker, épargnons-lui une telle avanie pour l’an prochain !

  • Les mains sales

    Avez-vous remarqué à la cantine de votre bureau ou la sandwicherie du coin de la rue le regard haineux du consommateur reprochant à la serveuse de ne pas porter de gants en latex alors qu’elle touche les aliments qu’elle lui délivre ?

    Les normes d’hygiène se sont renforcées au cours des années : lorsque votre chroniqueur était jeune le latex était réservé à des usages plus récréatifs que le service des croissants en boulangerie. Le barman du bistrot nous composait un « sec-beurre ballon-de-rouge » à la mimine et si des épidémies avaient ravagé la population des piliers de bar cela ce serait su.

    Autre temps, autre époque, on a aujourd’hui peur de son ombre, le principe de précaution est désormais introduit dans la Loi de la République et la France est congestionnée dans son immobilisme avec des jambon-beurre servis en latex pour préserver la flore intestinale de Mme. Michu devenue bien fragile avec le temps !

  • Grèce : et une dernière tournée pour la route

    Allez hop ! 85 milliards d’euros de prêt en plus pour un nouveau programme d’aide des contribuables européens pour la Grèce plus la mobilisation de 35 milliards dans le cadre des différents programmes de l’Union européenne pour de l’investissement. C’est le besoin de financement estimé par le sommet de la zone euro dans un document de sept pages qui comporte par ailleurs un catalogue général de mesures de réformes économiques dont la France ferait d’ailleurs bien de s’inspire pour ses propres finances publiques. La durée de ce programme n’est pas précisée, en fait personne ne sait bien quand ces financements seront épuisés, peut-être deux ou trois ans et quand il faudra les renouveler d’une façon ou d’une autre ?

    Le texte de l’accord en cliquant ici.

    On a ainsi paré au plus pressé en renonçant, pour le moment, à l’aventure qu’aurait été une sortie d’un pays de la zone euro. Là encore personne ne sait si les conséquences en auraient été positives ou pas. Ce que tout le monde sait en revanche c’est que dans l’euro ou en dehors, la Grèce aura encore besoin longtemps de programmes d’aide des contribuables européens avant de pouvoir accéder de nouveau aux marchés financiers.

  • Amy

    Amy

    Amy, le film documentaire d’Asif Kapadia sur le destin foudroyé de la chanteuse-compositrice soul Amy Winehouse décédée en 2011 à 27 ans. Composé de vidéos familiales de son enfance, d’extraits filmés privés et publics d’une star qui a vécu la moitié de sa vie sous les sunlights, le documentaire retrace l’extraordinaire ascension de cette artiste à la voix exceptionnelle. Petit oiseau tombé du nid, folle amoureuse d’un mari-démon, dépassée par une gloire insupportable, elle s’est perdue dans l’alcool et les drogues.

    Au-delà de ces excès il reste une artiste à la sensibilité remarquable qui a développé un chant unique digne des plus grandes. On pense bien sûr à Billie Holiday et l’on découvre qu’Amy était une vraie chanteuse de jazz ce que son disque le plus connu (le second et dernier de sa carrière) Back to Black n’indique pas forcément. Pour ceux qui en douterait il suffit d’écouter la version live de Love is a losing game dans le film pour s’en persuader. Amy fut aussi une auteure percutante, ses propres tourments l’ont fortement inspirée et elle a délivré des textes forts et émouvants. Les festivaliers de Rock-en-Seine n’ont pu s’en rendre compte puisque deux années de suite la diva annoncée à Paris a fait défaut au dernier moment. Mais tout est pardonné !

    Amy est morte à un âge où en principe tout est encore permis. C’est un film triste sur une femme qui s’est consumée en quelques années et a privé le monde de l’art d’un talent comme on en voit peu.

  • Grèce : la synthèse de Charlie

    CH_20150708_Grece

    La (bonne) synthèse de Charlie Hebdo sur la situation grecque –> CH_20150708_Grece