Auteur/autrice : Rehve

  • Cavanna : « Jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai »

    CavanaCavana filmé par Denis Robert et sa fille dans les derniers mois de sa lutte contre la maladie de Parkinson, qu’il appelait Miss Parki, combat qu’il a chroniqué dans Charlie Hebdo jusqu’aux derniers moments en janvier 2014. Car Cavanna, fils d’émigrés italiens, est un écrivain envers et contre tout. Râleur, libertaire, déconneur, érotomane, Cavanna a écrit des livres, des articles, des chroniques, des millions de signes des années durant. Et il a beaucoup dessiné aussi.

    Bref Cavanna nous a fait marrer toute sa vie consacrée à répandre du poil à gratter dans le dos de l’intelligentsia et du microcosme politicard franchouillard. On se souvient de ses incroyables poîlades avec le Professeur Choron lorsqu’ils faisaient les zouaves sur les plateaux télé. Il était un peu le père spirituel de cette équipe de dynamiteurs de la France gaulliste bien-pensante. Les Cabu, Siné, Wolinsky ont annoncé mai 68’ en déconnant… et ils ont enfanté les Charb, Tignous, Coco dont une grande partie fut décimée par une attaque de religieux islamistes dans la rédaction de Charlie-Hebdo (le bébé de Cavanna) un matin de janvier 2015, un an à peine après le décès de François Cavanna son fondateur de référence.

    Le documentaire des Robert est tendre à l’égard du Maître qui vivait l’écriture comme une lutte. La relève va être dure à assurer.

  • DSK légalement relaxé

    DSK_201502Dominique Strauss-Kahn (DSK) comparaissait dans une affaire de proxénétisme aggravé où il a été établit qu’alors qu’il était chef du Fonds monétaire international (FMI), la prestigieuse institution multilatérale chargée de la coordination du système monétaire international, il participait à des parties fines organisées un peu partout à l’occasion de ses déplacements professionnels par une bande de potes intéressés. Pour faire simple, il se tapait des putes dans des partouzes en qualifiant cette activité de « soupape de récréation », alors qu’il était (plutôt bien) rémunéré par le contribuable international pour s’occuper non pas de lutiner des créatures mais d’assurer l’équilibre du système financier international.

    On sait que cette addiction sexuelle lui a valu de devoir démissionner du FMI avec perte et fracas. La justice française avait par ailleurs été saisie pour soupçons de proxénétisme car les objets de ces « soupapes récréatives » étaient des prostituées dûment rémunérées. Seulement DSK n’étaient pas au courant de leur « statut prostitutionnel » (SIC). Elles étaient rameutées et payées par la bande de potes de DSK qui devait croire qu’elles étaient folles de son corps.

    Bref, la loi française réprime la prostitution mais n’interdit pas à un chef du FMI de partouzer dans des hôtels en France. C’est ainsi et le garçon a donc été relaxé. Il paraît qu’il a murmuré « tout ça pour ça » à l’issue du verdict !

    Du coup DSK retrouve un peu de vigueur, si l’on ose dire, et vient refaire le zouave sur les médias, en l’occurrence Twitter.

    DSK n’est pas pénalement coupable mais il n’aura quand même pas été complètement inutile pour les citoyens français de connaître le mode de vie de celui qui aurait pu devenir leur président. Espérons qu’ils s’en souviennent si jamais l’impétrant se mettait en tête de revenir sur le devant de la scène politique.

    Tweet_DSK_20150621

  • Attaques religieuses multiples

    Dans l’Isère un citoyen français, a priori islamique radical, décapite son patron, expose sa tête à l’extérieur d’une entreprise entourée de drapeaux religieux avec l’inscription en arabe « Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son prophète », avant de tenter de faire exploser les bouteilles de gaz se trouvant sur les lieux. Il a été arrêté.

    En Tunisie, un islamiste mitraille des touristes sur une plage de Sousse : 37 morts et autant de blessés. Au Koweït un terroriste islamique pose une bombe dans une mosquée chiite au moment de la prière : des dizaines de morts. Pendant ce temps, en Somalie, en Syrie, en Irak et ailleurs, on continue de massacrer au nom de Dieu.

  • La Grèce fait la manche

    CH_20150624_GreceLa Grèce n’a plus de sous pour rembourser ses échéances. L’Union européenne (c’est-à-dire ses contribuables) est prête à débloquer de nouveaux prêts en faveur de ce pays sous réserve d’appliquer de nouvelles mesures de rigueur, en gros ramener leurs dépenses au niveau de leurs recettes sur une durée limitée. Le gouvernement grec qui a été élu sur le thème « demain on rase gratis et on fait annuler notre dette » se retrouve face à la réalité.

    Il a beau clamer (avec une partie de la gauche française) que « l’austérité » appliquée ces dernières années sous contrainte des créanciers a mené le pays au désastre et à l’explosion de sa dette, la vraie question à poser serait de savoir ce que serait devenu la Grèce sans ce programme de prêts consentis par les contribuables européens. Il est plus que probable que l’ajustement aurait été encore plus violent.

    La Grèce comme nombre de pays européens, la France y compris, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs années. L’objectif de ramener les dépenses au niveau des recettes a forcément comme conséquence de faire baisser le niveau de vie du pays et de ses citoyens pour que le pays revienne à vivre… au niveau de ses moyens. La seule alternative est de trouver de généreux contributeurs prêts à financer les déficits. C’est encore le cas de la France, de façon plutôt inattendue, c’est n’est plus la situation de la Grèce.

  • Mort de rire !

    🙂

    L’équipe de France de fouteballe se fait battre 1 à zéro par l’illustre équipe d’Albanie. 1-0, on dirait un score de l’UMP aux élections présidentielles.

    Le capitaine de cette équipe de circonstance s’exprime à la télévision, faisant amende honorable et jugeant avec à-propos que les joueurs « passent pour des abrutis. » Ce garçon devrait être récompensé pour une telle clairvoyance. Le problème est que même lorsqu’ils gagnent les fouteballeurs français passent quand même pour les crétins qu’ils sont.

    L’an prochain, oubliant ses finances publiques en faillite, dénonçant ses engagements budgétaires, renonçant à financer des dépenses productives, la France va organiser sur son territoire un championnat d’Europe de fouteballe, concours d’abrutissement, de déficit et de régression. Cela va être beaucoup moins drôle.

     

  • Thévenoud parade

    Libe_ThevenoudReconnaissez-vous cet hurluberlu en couverture de Libération du 2 juin 2015 ? Non ? Et c’est normal, c’est un député ex-socialiste qui fut sous-ministre quelques jours durant, le temps d’être démasqué comme fraudeur fiscal et débarqué du gouvernement où il avait été bien imprudemment nommé en charge du commerce extérieur et du tourisme.

    Thévenoud ne déclarait pas ses revenus, ne payait pas ses impôts ainsi que nombre de factures. En fait, il s’acquittait de ses dettes avec plusieurs années de retard et uniquement après que ses créanciers n’aient entamé des procédures judiciaires. Il déclarera qu’il est atteint d’une « phobie administrative » qui expliquerait ces comportements. Plutôt comique, le garçon a siégé dans la commission d’enquête parlementaire sur la fraude fiscale du ministre Cahuzac.

    Thévenoud est toujours député de la République, personne ne peut le forcer à démissionner. Il a par contre quitté le Parti socialiste. L’administration fiscale a porté plainte contre lui pour fraude fiscale.

    Croyez-vous que le député félon ferait preuve d’un peu de discrétion, pas de repentir, juste se mettre un peu en retrait pour quelques temps ? Que nenni il fait le zouave en première page de Libération en braillant au complot contre sa petite personne. Affligeant.

  • Le fouteballe dans son élément

    CH_20100500_FouteLe chef de la Fédération internationale de fouteballe (FIFA), un suisse de 79 ans, qui venait de se faire réélire pour un cinquième mandat, annonce sa démission. On ne sait pas bien à quoi sert la FIFA dans la vie de tous les jours mais on comprend qu’elle est chargée d’organiser la Coupe du monde de fouteballe tous les quatre ans, une espèce de jeux du cirque qui permet à la population mondiale de vivre heureux en attendant la prochaine coupe quatre ans plus tard. Il semble que ces jeux génèrent des flux d’argent, et donc de corruption, très significatifs et même indécents.

    En organisant cet évènement dans un pays ou un autre la FIFA crée des jalousies et des envies. Elle encaisse aussi des sommes considérables qui se chiffrent en milliards d’euros. Du fait de son pouvoir exorbitant elle bénéficie d’un statut de quasi-Etat, se payant même le luxe de se faire exonérer d’impôt par les pays où elle organise cette compétition-graal.

    La FIFA est un monopole qui ne respecte aucun des principes de l’économie libérale. Ou plus exactement elle en applique un seul : celui d’afficher fièrement un code d’éthique de 60 pages qui commence par cette assertion de légende :

    FIFA bears a special responsibility to safeguard the integrity and reputation of football worldwide. FIFA is constantly striving to protect the image of football, and especially that of FIFA, from jeopardy or harm as a result of illegal, immoral or unethical methods and practices.

    La FIFA impose sa puissance à des Etats plus ou moins démocratiques. Elle est dirigée par des individus moyennement intelligents, (mal) conseillés par des agences de marketing et de communication. Après avoir décidé d’organiser la Coupe 2022 en été au Qatar, il leur a fallu plusieurs années pour réaliser que l’été est une période (très) chaude dans le Golfe Persique et qu’il était plus raisonnable de déplacer cette compétition, toujours au Qatar, mais en hiver !

    Comme souvent avec les monopoles, ces organisations ne savent pas s’arrêter et poussent leur voracité jusqu’à en tomber. Dans le cas d’espèce, la justice américaine s’est saisie d’un dossier de corruption dont serait coupable le top-management de cette organisation qui a déclenché l’arrestation d’une dizaine de personnes et la démission du président, un vieillard de 79 ans. L’évènement est présenté comme un cataclysme mondial mais tous les spécialistes affirment avec un bel ensemble que tout le monde était au courant. On savait donc, mais on laissait faire, tout en prônant généralement les mérites de l’économie libérale et de la libre concurrence dont la FIFA est un contre-exemple tellement flagrant qu’il en est caricatural… La justice, américaine pour l’instant, va passer, laissons la faire.

    Comment s’en sortir ? A défaut de pouvoir supprimer le fouteballe qui est coupable d’un abrutissement des masses considérable, il faudrait créer les conditions de la saine concurrence si chère à Guillaume Roquette (le patron du FigMag). La planète capitaliste a réussi à créer des marchés de droits d’émission de carbone, ou de crédits immobiliers non remboursables (subprimes), alors faisons preuve de créativité et créons un marché des émissions de droits d’organisation de compétitions de fouteballe. Ce ne sera pas la panacée bien sûr, mais cela devrait permettre d’assainir (un peu) les écuries d’Augias que sont devenues les fédérations sportives.

    En attendant on peut lire la chronique de Charlie Hebdo sur à Sepp Blatter au Panthéon

  • Dvorak à la Philharmonie

    Philharmonie_20150606bL’orchestre de chambre de Paris dirigée par Laurence Equilbey joue le Stabat Mater de Dvorak, une musique sombre et tragique écrite par le compositeur tchèque à la fin des années 1870 après le décès rapproché de trois de ses enfants. Déjà basé sur un thème pas particulièrement gai, la souffrance de Marie au pied de la croix où son fils est crucifié, le contexte de la création de cette œuvre en accentue la beauté dramatique.

    Interprétée avec beaucoup de tendresse par des musiciens de qualité dans une Philharmonie pleine à craquer, la magie de la musique agit dans un cadre magnifique.

  • Leroy Aymeric, ‘King Crimson’.

    Sortie : 2012, Chez : Le Mot et le Reste. L’histoire d’un groupe de légende mené par l’un des guitariste compositeur les plus prolifiques et original du monde du Rock : Robert Fripp. Depuis sa première apparition en 1969 jusqu’à sa nouvelle tournée annoncée pour septembre 2015, King Crimson a connu de multiples réincarnations en réunissant d’immenses musiciens (Greg Lake, Ian McDonalds, Adrian Belew, Tony Levin, Mel Collins, Pete Singfield,…). Il a considérablement influencé le courant du rock progressif même si Fripp a toujours rejeté cette appellation pour son groupe.
    Une musique complexe et sophistiquée qui est passée en 40 ans des nappes de mellotrons aux déluges répétitifs de guitares électroniques, le groupe a constamment innové sans concession avec les modes des époques traversées. Il en reste un œuvre contemporaine de première ordre qui n’est pas forcément d’un abord très aisé.
    Fripp organise par ailleurs la documentation de cette histoire musicale sur un site (www.dgmlive.com) sur lequel sont publiés tous les matériaux disponibles du groupe : son, images, vidéos, soit gratuitement soir à des prix très abordables. On y trouve également divers blogs d’une richesse infinie, de Fripp lui-même et d’autres membres des diverses formations et projets musicaux auxquels il a participé.
    Aymeric Leroy est manifestement un fan de la première heure de King Crimson qui est de nouveau sur la route en cette année 2015, il va falloir prévoir une ré-édition augmentée !

  • Moitessier Bernard, ‘La longue route’.

    Moitessier Bernard, ‘La longue route’.

    Sortie : 1971, Chez : Arthaud.

    Bernard Moitessier, le poète de l’Océan, revient sur sa course autour du monde en 1968 sur Joshua, son voilier de 12 mètres. Loin du fracas de la modernité il passe dix mois en mer dans le cadre d’une course organisée pour quatre concurrents. A une époque où il n’y a ni radio ni GPS, il raconte cette solitude maritime alors qu’il passe les grand caps des mers du Sud. Une communion avec les éléments et son bateau dont il parle comme d’une femme.

    Et puis alors qu’il a passé le Cap Horn et est censé remonter vers le Nord et la ligne d’arrivée en vainqueur au Royaume-Uni, il décide de continuer dans le Sud et catapulte un message sur un cargo disant : « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme ». Il repasse la Cap de Bonne Espérance et termine à Tahiti, où il passera une partie de sa vie, comme tant de marins.
    C’est l’histoire d’une véritable aventure humaine où le rêve et la méditation se mêlent à l’exploit.

  • George Susan, ‘Les usurpateurs (Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir)’.

    Sortie : 2014, Chez : Seuil. Susan George, présidente d’honneur du mouvement altermondialiste « Attac-France », franco-américaine expliquent comment un pouvoir non démocratique, celui des entreprises transnationales, non élu, prend le pas sur le pouvoir élu. C’est le jeu du lobbying effréné de ces intérêts privés, c’est la prééminence de la puissance économique sur le politique, c’est une vieille histoire, hélas…
    Par des des exemples précis comme celui du traité de libre-échange en cours de négociation (plus ou moins opaque) entre l’Union européenne et les Etats-Unis où le point d’achoppement majeur réside sur le pouvoir que l’on voudrait donner au secteur économique d’attaquer les Etats devant des chambres arbitrales privées si leurs décisions nuisaient aux intérêts des entreprises.
    C’est encore le pouvoir diffus pris par le forum de Davos qui déploie son influence et ses pressions sur les pouvoir étatiques pour orienter leurs décisions.
    L’aboutissement ultime du libéralisme serait que l’Etat soit considéré comme un tiers comme un autre dans le jeu économique. Nous n’en sommes pas encore là mais la frontière peut être parfois ténue entre lobbying et intérêts malsains. La puissance économique et financière si elle était seule juge tournerait rapidement à la dictature. Les Etats (si possible démocratiques) sont en principe en place pour assurer que l’intérêt général des citoyens est placé au-dessus de tout. La tâche est rude et ils peinent de plus en plus à la réaliser.

  • Et Wauquiez continue de tweeter…

    Tweet_Wauquiez_20150530_Republicains

    Wauquiez le cornecul, accessoirement secrétaire à l’UMP, semble avoir sauvé sa tête à ce poste malgré le changement de nom du parti conservateur devenu Les Républicains. Du coup il n’en tweet que plus frénétiquement son vide d’idées. On ne sait d’ailleurs pas bien ce que lui reprochait la direction de l’UMP car le garçon semble à sa place à ce poste de propagande où il déploie toutes les qualités nécessaires ?

  • Ride – 2015/05/27 – Paris l’Olympia

    Ride_Brixton

    Le chroniqueur retrouve un vieux fan des Ride au concert revival de ce groupe dont il n’avait jamais entendu parler… Ces cavaliers du shoegaze sur le retour se produisent à l’Olympia ce soir : ils avaient disparu depuis le milieu des années 90’ après avoir animé ce mouvement particulier où à force de forcer sur les effets pour créer des murs de guitares distordues, les musiciens passent leur temps à regarder leurs pieds pour savoir sur quelle pédale d’effet appuyer…

    Cela fait longtemps qu’ils ne sortent plus de disque mais ce soir ils font salle comble pour jouer ce que les spécialistes nous explique être un patchwork de leur carrière, mêlant des mélodies poppy avec de longs instrumentaux bruitistes. Un peu nonchalants, bons instrumentistes, ils tiennent la scène. La colonie britannique de Paris, les fans de toujours et les nouveaux venus leur réservent un franc succès.

  • L’Ukraine en faillite

    Vous souvenez-vous de Mikheil Saakachvili ? Il était un citoyen géorgien, plus ou moins américanisé, ayant quitté le cabinet d’avocats dans lequel il travaillait aux Etats-Unis pour revenir dans son pays après la dissolution de l’ex-URSS. Il y occupa des postes ministériels avant d’être élu président de la République. Le nouveau président est pro-occidental et veut faire adhérer son pays à l’Union européenne et à l’Otan. Jusqu’ici rien de bien dramatique ni original.

    Les choses se corsent lorsque le garçon en 2008 se met en tête de récupérer l’Ossétie du Sud, une province caucasienne rebelle plutôt pro-Russie et en tout cas anti-Géorgie. Saakachvili envoie l’armée géorgienne tenter de réduire la rébellion largement soutenue par la Russie. Il s’en suit ce qui devait arriver et en dix jours l’armée russe réduit les forces géorgiennes puis reconnaît l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie qui de fait sont quasiment annexées par Moscou.

    L’absence totale de sens politique de Saakachvili frappe la planète entière. Il espérait peut-être que l’Otan entre en guerre contre la Russie pour défendre deux confettis caucasiens plutôt contre leur gré.

    Ça c’est la passé. Retourné aux Etats-Unis après avoir perdu l’élection présidentielle de 2013, l’Ukraine vient de lui attribuer la nationalité ukrainienne pour le nommer gouverneur d’une province de ca pays. On croit rêver devant une telle incompétence politique. Les masques tombent sur la réalité des objectifs du pouvoir actuel à Kiev. Quel besoin y-avait-il d’aller chercher un citoyen géorgien, honni de Moscou, pour l’engager à gérer une province ukrainienne ? Ce n’est sans doute pas son talent mais plutôt la volonté de titiller la Russie, érigée en mode de gouvernement.

    L’Ukraine est en faillite financière et politique depuis plusieurs années, très majoritairement à cause de l’incompétence de ses dirigeants qui ont mené ce grand pays à la ruine. Il va falloir payer l’addition qui est déjà présentée à son Peuple et qui le sera bientôt à l’Occident. On ne peut pas dire que la nomination de Saakachvili soit un signe d’amélioration…

    Que ce soit la Géorgie, l’Ukraine ou quelques autres candidats à l’adhésion à l’Union européenne, ces pays n’en n’ont pas le niveau de maturité suffisant. Il faut le leur dire clairement. Imagine-t-on ce qui se serait passé si la Géorgie avait fait partie de l’Otan en 2008, ou l’Ukraine en 2012 ? La solidarité militaire de cette alliance aurait dû en principe jouer et l’Occident partir en guerre contre Moscou pour régler des querelles internes propres à ces pays mal gouvernés…

  • La motion des frustrés de la couleur

    Au parti socialiste c’est la motion A « Le renouveau socialiste » qui emporte la majorité des suffrages des militants. Elle plutôt la plus réaliste du lot. Elle débute par une bonne langue de bois : « Etre à la hauteur de l’histoire et du présent, à l’occasion de notre Congrès de Poitiers, d’ici là et après, c’est répondre à la demande de sens et d’espérance, d’objectifs et de résultats. » et bla-bla-bla.

    La caractéristique majeure de cette motion est qu’elle est soutenue par un trio de frustrés de la couleur : Martine Aubry, François Hollande et Jean-Christophe Cambadélis se teignent les cheveux pour en masquer la blancheur. Cambadélis de plus se les couvre de gomina pour les tenir bien collés en arrière sur son crâne dégarni.

    Tout cela est ridicule. Comment faire confiance à des élus qui ne veulent pas voir en face la réalité de leur vieillissement ? Comment de tels faussaires peuvent-ils affronter la vraie vie du déficit des finances publiques ? Il n’y arrivent pas, justement. Leur motion a toutefois été adoptée.

  • La harpie de l’Elysée refait des siennes

    untitledValérie Trierweiler, ex-compagne du président de la République refait des siennes en publiant une photo privée d’un ministre couvert de cotillons. Celui-ci avait mis en doute à la radio l’expression « les sans dents » que la harpie de l’Elysée avait affirmé avoir entendu dans la bouche de président quand il parlait des citoyens défavorisés.

    Comme on imagine qu’elle détient d’autres photos du même style, le microcosme s’inquiète de voir débouler sur Facebook une sex-tape des exploits présidentiels ! Tout ceci n’est pas dramatique mais on se demande jusqu’où tombera la République et ses responsables dans l’abyme de la décadence et du nombrilisme au détriment de l’intérêt de la Nation ?

  • Jean-Paul Gaultier au Grand Palais

    Jean-Paul-Gaultier_affiche_bJean-Paul Gaultier, couturier français, expose sa joie, son œuvre, ses trouvailles, au Grand Palais. L’exposition est maligne, les mannequins-objets sont animés grâce à des petits films de visages de mannequins-humains projetés sur les visages-objet avec une surprenante précision. Le mannequin de Jean-Paul accueille d’ailleurs les visiteurs à l’entrée et leur explique ce qu’ils vont découvrir.

    Une grande salle est organisée comme un défilé et des mannequins défilent sur un tapis roulant, admirés par des rangs d’autres mannequins figurant les spectateurs mondains dans lesquels on reconnait les habitués de ces festivités parisiennes, habillés ou pas par Gaultier. Les autres salles sont plus classiques.

    Les fringues déclinent les idées-fixes du Maître : la marinière, le cuir, le corset, le soutien-gorge conique. Une atmosphère un peu « grande folle » règne sur ces créations, la période punk est rigolote tant elle est mixe des influences antagonistes. Gaultier déborde d’activité et d’idées. Il touche plus par cette créativité que par l’esthétique qui en résulte.

  • Sophie Hunger – 2015/05/19 – Paris la Cigale

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    Sophie Hunger présente son nouveau disque Supermoon ce soir à la Cigale : toujours désarmante et surprenante, et toujours autant de tendresse. Jupette et bas noirs, talons hauts, cheveux en couette, après avoir joué deux titres récents elle nous fait part dans son français hésitant de son émotion de savoir que nous ne « l’avons pas oubliée » et que nous restons curieux de la musique qui lui passe par la tête.

    Le groupe est étagé sur des estrades de différentes hauteurs entourant le piano à queue sur lequel elle joue plus souvent que par le passé : un claviériste-trompettiste, un bassiste, un batteur et un guitariste l’accompagnent, tous vêtus de noir. Un light-show dépouillé composé uniquement de faisceaux blancs, tout est concentré sur la musique et la voix de Sophie.

    Ambiance détendue et chaleureuse, les musiciens passent allègrement d’instruments aux autres, des cordes au vent, Sophie échange guitares électrique et acoustique, piano et harmonica, les morceaux s’enchaînent avec élégance, commentés de ci de là par leur auteur interprète plutôt bavarde ce soir dans son français hésitant de suisse allemande.

    Jazzy, bluesy, frenchy, la musique de Sophie Hunger a pris un peu de poigne cette année, moins tragique mais toujours tendre. Même la reprise de Noir Désir Le Vent nous portera jouée auparavant presqu’a capella avec une légère guitare acoustique est aujourd’hui électrisé.

    Sophie auteure-compositrice-chanteuse-multi-instrumentiste et chef de bande délivre une musique plus sereine mais toujours à fleur de peau. C’est un vrai plaisir de passer ces moments musicaux avec une artiste de cette trempe qui déborde d’énergie et de bonheur de jouer. Elle ne remplit pas des stades mais nous laisse entrer dans un monde tout en subtilité, humour, romantisme et tendresse : tout ce dont nous avons besoin, bien loin de la furie abrutissante d’une pensée formatée en 140 signes sur Tweeter. Sophie Hunger : une Superman Women comme elle le scande dans la chanson qui clôt le second rappel.

    Petite faute de goût, sur son dernier disque elle reprend La Chanson d’Hélène écrite par Jean-Loup Dabadie pour le film Les Choses de la Vie dans les années 70’, et elle est accompagnée par… Eric Cantonna, un fouteballeur sur le retour. Heureusement le pousseur de baballe n’était pas sur scène ce soir.

    Setlist : Supermoon/ Fathr/ Love Is Not the Answer/ Heharun/ Queen Drifter/ Shape/ Spaghetti mit Spinat/ Das Neue/ Le vent nous portera (Noir Désir cover)/ Mad Miles/ We Are the Living/ Take A Turn/ The Capitalist/

    Encore : Walzer Für Niemand/ The Age of Lavender/ Superman Woman

    Encore 2 : Craze/ 1983

    Encore 3 : Train People

  • Emmanuel Todd secoue le cocotier

    Un grand débat sociétal est posé par la sortie ces jours-ci du récent livre « Qui est Charlie ? : Sociologie d’une crise religieuse » d’Emmanuel Todd, historien-anthropologue-sociologue, en général plutôt polémique. Le garçon hante depuis les plateaux télévisés où il explique sa théorie. Sans avoir lu son brûlot, on comprend de ses interventions dans les médias qu’il se penche sur les manifestations du 11 janvier 2015 suite aux meurtres des journalistes de Charlie-Hebdo et de clients d’un Hyper Cascher par des extrémistes religieux français. Au même moment des manifestations similaires étaient organisées dans d’autres capitales occidentales.
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    Dans ses prestations médiatiques Todd développe l’idée que ces manifestations de plusieurs millions de français à travers l’hexagone n’étaient pas tant un soutien aux victimes du terrorisme religieux qu’un cri du cœur nostalgique de la classe moyenne, généralement plutôt chrétienne, voyant disparaître progressivement ses avantages et son mode de vie… Et comme il est obsessionnellement anti-euro, Todd rend aussi responsable la monnaie unique des dérives religieuses de notre société.

    Passés les flonflons de la fête il est devenu assez évident que ces manifestations furent loin de l’unanimisme fantasmé par le monde politico-médiatique d’une France unie debout contre la barbarie. Les citoyens ont découvert, effarés, qu’une partie des leurs ne manifestait pas. Ces derniers marquaient ainsi non pas tant leur soutien aux meurtres religieux mais leur rejet de cette France conservatrice qui ne voit pas son environnement changer, et surtout qui refuse ce changement.

    Todd dit cette situation qui va un peu à l’encontre du roman politique raconté depuis sur l’esprit du 11 janvier. Son extension à l’effet euro guidant le bras armé des criminels relève sans doute plus du côté provocateur de l’essayiste que de l’analyse sociologique.

    Ce que vit Mme. Michu maltraitée par Todd c’est le syndrome du « on n’est plus chez nous », ressentit avec plus ou moins d’appréhension et de transparence par nombre de citoyens français. La mondialisation est passée par là, les frontières se sont ouvertes sous la pression des commerçants et grâce à l’approbation de parlements démocratiquement élus qui n’y ont pas compris grand-chose et en tout cas n’ont rien anticipé. Le monde s’est enrichi, beaucoup. La puissance s’est déplacée et partagée plus équitablement. Les populations se sont entremêlées, les grandes guerres mondiales ne se sont plus renouvelées. Mais malgré la science et l’augmentation du produit intérieur brut mondial, la religion que l’on croyait balayée par le pouvoir d’achat, est redevenue le recours du paumé, ramenant son cortège d’obscurantisme, de déraison et de sang. Et des gamins nés en France, éduqués par l’école de Jules Ferry, débordés par tout un galimatias idéologico-religieux mêlant l’esclavage, la colonisation, Israël, la lutte des classes, le paradis et le deal de shit, ont pris les armes contre leurs compatriotes pour régler dans la poudre ce qu’il n’arrivaient pas à résoudre avec leurs neurones.

    Mme. Michu désespérée crie à l’invasion et vote pour l’extrême droite avec Eric Zemmour qui pleure sur « le grand remplacement ». Emmanuel Todd amène sa part à l’édifice et en rajoute dans la provocation, malgré le brio dont il est capable.

    Tout ceci est inutile alors que la République a besoin d’intelligence et de sérénité pour affronter la déraison qui s’empare de certains des siens. Il va falloir s’y faire, la France a décolonisé puis mondialisé, elle est donc mélangée, y compris religieusement. Cela ne va pas sans heurt mais il n’y a pas de retour en arrière possible. Les intellectuels feraient mieux d’apporter un peu d’apaisement au débat et de laisser les invectives et les clichés à Laurent Wauquiez et les siens.

    Malgré tout, et alors que l’on fête le 70ème anniversaire de la reddition nazie de 1945 avec ses 40 millions de morts (60 millions si on ajoute ceux de la guerre avec le Japon), et sans même parler des morts des décolonisations, des systèmes totalitaires communistes et autres, on peut penser que les guerres de religion en cours sont statistiquement bien moins mortifères que les grands séismes du 20ème siècle. Il faut quand même les traiter et trouver les bonnes idées pour ce faire. On ne peut pas dire que Zemmour ou Todd y aident beaucoup.