Bernard Tapie, affairiste bling-bling ayant récuré toutes les écuelles de la République, de la politique aux tribunaux de commerce, tour à tour entre deux faillites, ministre de gauche, porte-drapeau centriste et soutien de Sarkozy, multiple repris de justice et toujours mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « détournement de fonds publics » dans une sombre affaire d’arbitrage privé où l’impétrant reçu, notamment, plusieurs dizaines de millions pour « préjudice moral » [SIC], Bernard Tapie donc se remet en chasse de l’argent du contribuable français en réclamant 1 milliard d’euros à l’Etat plus les intérêts courus depuis 20 ans pour une sombre affaire d’escroquerie et de crédits impayés.
La spécificité de ces affaires judiciaires à répétition est qu’elles se rapportent en majorité à un litige privé des affaires de Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais, une ancienne banque publique mal gérée que le contribuable français a dû sauver de la faillite en prenant à sa charge la masse des crédits douteux que son management avait bien imprudemment octroyés, notamment aux affaires Tapie. C’est donc le contribuable qui rembourse à la place des débiteurs douteux de l’ancien Crédit Lyonnais. Et c’est donc contre l’Etat et ses contribuables que Tapie s’attaque pour régler son litige.
Comme souvent en France, les affairistes vantent les mérites de l’économie libérale et de la concurrence, mais chaque fois qu’ils affrontent une difficulté ils se tournent vers les contribuables pour plein de bonnes raisons. En principe le Crédit Lyonnais aurait dû être liquidé purement et simplement à l’époque, comme le fut Lehman Brothers en 2008. Le litige Tapie (et l’ensemble des créances impayées) se serait ainsi éteint de lui-même. Ce ne fut pas le cas et le risque a été transféré sur les contribuables qui se retrouvent donc 25 ans plus tard avec l’aigrefin Tapie lui réclamant en justice 1 milliard d’euros.
C’est l’illustration, onéreuse, des contradictions françaises : copinages politique-monde des affaires, déresponsabilisation de bon nombre de dirigeants d’entreprises et appel aux contribuables en bout de course pour suppléer les incompétences, voire les escroqueries, ce tout petit monde.

Les dirigeants français ont annoncés récemment la candidature de Paris à des jeux olympiques futurs dont l’addition sera au (très) bas mot d’une dizaine de milliards d’euros. Le moment venu des élus de rencontre voteront ces dépenses sans sourciller de la même façon qu’ils ont engagé la France dans les dépenses de l’organisation en 2016 d’un championnat d’Europe de fouteballe. On parle même d’une exposition universelle à financer dans l’hexagone on ne sait pas bien ni où ni quand.
La France a des points communs avec la Grèce : sa gestion budgétaire déplorable depuis des décennies, sa dette en croissance quasiment incontrôlable pour financer des déficits abyssaux, ses citoyens râleurs et rebelles à toute réforme, ses dirigeants hâbleurs et se faisant élire sur des promesses électorales irréalistes, etc.
Le gouvernement grec marxiste allié avec un parti de droite minoritaire dure et souverainiste a demandé par référendum à ses citoyens de se prononcer pour ou contre le plan d’aide européen et sa conditionnalité. La réponse est non à 61% et quelques. Il n’a pas été dit aux électeurs ce qui se passerait après car personne ne le sait vraiment. En gros on a demandé aux citoyens : « voulez-vous continuer à vous serrer la ceinture ». Ils ont répondu non.



Nicolas Sarkozy s’exprime dans Le Monde :
Un sondage publié dans Libération et chroniqué par toute la presse montre que 37% des français pensent que DSK serait un bon candidat pour la gauche en 2017, seul Manuel Valls le surpasse avec 47%. Chez les sympathisants socialistes ils sont 45% à la penser mais DSK arrive toutefois en quatrième position des candidats préférés.