Auteur/autrice : Rehve

  • Tapie à l’assaut des contribuables français

    CH_20130717_TapieBernard Tapie, affairiste bling-bling ayant récuré toutes les écuelles de la République, de la politique aux tribunaux de commerce, tour à tour entre deux faillites, ministre de gauche, porte-drapeau centriste et soutien de Sarkozy, multiple repris de justice et toujours mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « détournement de fonds publics » dans une sombre affaire d’arbitrage privé où l’impétrant reçu, notamment, plusieurs dizaines de millions pour « préjudice moral » [SIC], Bernard Tapie donc se remet en chasse de l’argent du contribuable français en réclamant 1 milliard d’euros à l’Etat plus les intérêts courus depuis 20 ans pour une sombre affaire d’escroquerie et de crédits impayés.

    La spécificité de ces affaires judiciaires à répétition est qu’elles se rapportent en majorité à un litige privé des affaires de Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais, une ancienne banque publique mal gérée que le contribuable français a dû sauver de la faillite en prenant à sa charge la masse des crédits douteux que son management avait bien imprudemment octroyés, notamment aux affaires Tapie. C’est donc le contribuable qui rembourse à la place des débiteurs douteux de l’ancien Crédit Lyonnais. Et c’est donc contre l’Etat et ses contribuables que Tapie s’attaque pour régler son litige.

    Comme souvent en France, les affairistes vantent les mérites de l’économie libérale et de la concurrence, mais chaque fois qu’ils affrontent une difficulté ils se tournent vers les contribuables pour plein de bonnes raisons. En principe le Crédit Lyonnais aurait dû être liquidé purement et simplement à l’époque, comme le fut Lehman Brothers en 2008. Le litige Tapie (et l’ensemble des créances impayées) se serait ainsi éteint de lui-même. Ce ne fut pas le cas et le risque a été transféré sur les contribuables qui se retrouvent donc 25 ans plus tard avec l’aigrefin Tapie lui réclamant en justice 1 milliard d’euros.

    C’est l’illustration, onéreuse, des contradictions françaises : copinages politique-monde des affaires, déresponsabilisation de bon nombre de dirigeants d’entreprises et appel aux contribuables en bout de course pour suppléer les incompétences, voire les escroqueries, ce tout petit monde.

  • Les JO plutôt que la Grèce

    Drapeau_GreeceLes dirigeants français ont annoncés récemment la candidature de Paris à des jeux olympiques futurs dont l’addition sera au (très) bas mot d’une dizaine de milliards d’euros. Le moment venu des élus de rencontre voteront ces dépenses sans sourciller de la même façon qu’ils ont engagé la France dans les dépenses de l’organisation en 2016 d’un championnat d’Europe de fouteballe. On parle même d’une exposition universelle à financer dans l’hexagone on ne sait pas bien ni où ni quand.

    Entre des dépenses pour des compétions de sport ou des expositions de prestige et des prêts à un pays membre de l’Union européenne, la France choisit son camp : elle se bat sans compter pour le fouteballe ou la course à pieds !

  • La France roule pour la Grèce

    CH_20150708_GreceLa France a des points communs avec la Grèce : sa gestion budgétaire déplorable depuis des décennies, sa dette en croissance quasiment incontrôlable pour financer des déficits abyssaux, ses citoyens râleurs et rebelles à toute réforme, ses dirigeants hâbleurs et se faisant élire sur des promesses électorales irréalistes, etc.

    Deux différences néanmoins : la France n’arrive pas même à rétablir l’équilibre « primaire » de ses finances publiques avant paiement de sa dette comme la Grèce avait réussi à la faire sous son ancien gouvernement, mais pour le moment la France arrive encore à trouver des prêteurs sur les marchés financiers à des taux très compétitifs.

    Cette proximité de situation crée des liens et on apprend que des hauts-fonctionnaires français aideraient les autorités grecques à rédiger leurs contre-propositions au plan d’aide des contribuables européens. François Hollande joue un peu le facilitateur entre l’intransigeance des prêteurs du nord et le marxisme dépensier de la Grèce.

    En fait la France joue pour son camp. Une faillite de la Grèce, qu’elle reste ou non dans la zone euro ou dans l’Union européenne déclenchera sans doute une hausse des taux d’intérêt sur l’euro. La théorie libérale nous a appris que le taux d’intérêt couvre le risque pris par le prêteur, plus le risque augmente et plus le taux d’intérêt est à la hausse. Pour un pays surendetté comme la France ce serait aussi une catastrophe financière qu’il est préférable d’éviter à court terme. Sur le long terme on peut se demander si une hausse des taux de la dette française ne serait pas un moyen rédhibitoire pour ramener les dépenses publiques françaises au niveau des recettes.

    En attendant la France roule pour la Grèce et il semble que nous allons bien aboutir à un accord sur un troisième plan d’aide des contribuables européens à la Grèce. Il devrait durer deux ou trois ans ce qui repousse les prochaines discussions à l’après élections présidentielles en France. On parle d’un ordre de 50 milliards sur trois ans auxquels il faudra bien sûr ajouter le coût financier des annulation-rééchelonnement des dettes actuelles. Compte tenu des échéances dont on parle, en principe les enfants des enfants de nos enfants en parleront encore.

  • Grèce : effet collatéral du référendum

    GR_Vafourakis_201502

    Vakourakis, ministre grec des finances (ici en photo avec sa femme) s’auto-qualifiant de « marxiste libertaire » et ayant assimilé la conditionnalité des plans d’aide des contribuables de la zone euro de « terrorisme », a démissionné en ce début de semaine post-référendaire. Il semble que ce soit une sorte de gage donné par la Grèce en faillite à ses créanciers contribuables de la zone euro dont il avait le don d’agacer les représentants lors des négociations sur l’aide financière à octroyer à son pays ruiné. Il est remplacé par un marxiste orthodoxe dont on ne sait pas si sa terrasse donne sur le Parthénon ou pas comme celle de son prédécesseur.

  • Grèce : et maintenant ?

    Drapeau_GreeceAprès la victoire du non au référendum sur le plan d’aide européen, les citoyens grecs exultent avec le sentiment de fierté que la démocratie grecque a vaincu la dictature de l’euro. Mais il n’y toujours pas plus de sous dans les caisses publiques que la semaine dernière (plutôt moins d’ailleurs) et les banques sont fermées.

    En vérité les gens raisonnables savent que, dans la zone euro ou en dehors, il faudra des décennies d’aides financières et politiques pour réformer la Grèce, voire un siècle avec de la bonne volonté. Bien entendu une très grande partie des dettes dues aux contribuables européens ne sera pas remboursée et il faudra encore ajouter d’autres financements pour soutenir ce pays. Alors autant le faire en gardant Athènes dans le bateau.

    Mais évidemment ce n’est pas un message très facile à diffuser à ses électeurs prêteurs d’où les difficultés des dirigeants des autres pays pour avouer à leurs électeurs l’étendue du désastre financier. Contrairement à ce que semble penser l’extrême gauche grecque, il y a également de la démocratie dans les pays prêteurs et des citoyens qui vont bien devoir se substituer d’une façon ou d’une autre aux débiteurs défaillants. En famille comme dans l’Union européenne, dès que des histoires d’argent se mêlent aux réunions, cela dégénère rapidement.

  • Grèce : le référendum dangereux

    CH_20150624_GreceLe gouvernement grec marxiste allié avec un parti de droite minoritaire dure et souverainiste a demandé par référendum à ses citoyens de se prononcer pour ou contre le plan d’aide européen et sa conditionnalité. La réponse est non à 61% et quelques. Il n’a pas été dit aux électeurs ce qui se passerait après car personne ne le sait vraiment. En gros on a demandé aux citoyens : « voulez-vous continuer à vous serrer la ceinture ». Ils ont répondu non.

    Tous les camps font assaut de démagogie et de simplisme, en Grèce comme à l’extérieur, les pays de l’Europe s’écharpent, la France n’est pas en reste : Mélanchon éructe contre l’euro, Sarkozy argue pour préserver d’abord la zone euro avant la Grèce, les économistes de plateaux télévisés expliquent qu’aider coûtera plus cher aux contribuables français que de lâcher, d’autres disent le contraire puis changent d’avis. Les dirigeants grecs marxistes font… du marxisme. Bref, on est sous le niveau de la mer pour ce qui concerne la qualité du débat, au fond de l’abysse pour l’intelligence.

  • Religion dans l’Isère et ailleurs

    Le citoyen français islamiste radical soupçonné du meurtre et de la décapitation de son patron dans l’Isère qui envoie des selfies de sa bobine avec la tête de sa victime aurait avoué sa culpabilité. Il chercherait à se faire passer pour un criminel plutôt qu’un djihadiste. Même si la différence est assez ténue, ses actes semblent démentir cette tactique : envoi de photos morbides en Syrie, mise en scène macabre de son crime, radicalisation dans des mosquées, tentative d’attentat suicide raté ; on semble tout de même assez éloigné du crime passionnel mais la justice se prononcer puisque l’assassin présumé passera devant les tribunaux.

    Sans remonter au-delà du XXème siècle le décompte macabre des crimes dus à la folie des hommes est particulièrement effrayant : l’idéologie raciale a fait 60 millions de morts durant la deuxième guerre mondiale, le stalinisme à peu près autant, on ignore exactement le nombre de morts sous la dictature maoïste mais l’unité de compte est la dizaine de millions de morts et elle bat sans doute le record toutes catégories des morts dans un pays en temps de paix.

    L’idéologie islamique est encore loin de ces chiffres gigantesques, on a statistiquement un risque infinitésimal de mourir en occident d’un attentat terroriste, beaucoup moins que d’un accident de voiture ou d’un excès de cholestérol. Mais cette idéologie a un effet pernicieux en venant terroriser l’Occident repu avec des méthodes d’assassinat moyenâgeuses qu’il croyait révolues pour toujours depuis l’apparition des armes modernes. Elle réussit aussi la performance de provoquer la trahison de citoyens nationaux privilégiant leur religion au détriment de leur patrie ou de leurs familles. Bien sûr il eut aussi des collaborateurs français avec l’occupant allemand durant la dernière guerre choisissant leurs intérêts personnels plutôt que ceux de la République, voire même endossant l’idéologie nazie. Mais dans la situation qui nous occupe on fait face à la déraison de la religion, encore plus effrayante car reposant sur des croyances en un pouvoir divinatoire et incompréhensible.

  • Décès de Chris Squire

    Chris Squire - concert de Yes "Going for the one tour" - 1977
    Chris Squire – concert de Yes « Going for the one tour » – 1977

    Chris Squire, bassiste et cofondateur du groupe de rock progressiste Yes est décédé ce 28 juin 2015 d’une leucémie à l’âge de 67 ans. Il a cosigné nombre des compositions de ce groupe de légende, il en assurait également certains vocaux en duo avec Jon Anderson. Salut l’artiste !

  • Rachida en pleine forme pour ses vacances

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    Rachida est une ancienne ministre de la justice française. On a du mal à se l’imaginer quand on voit le niveau de ses messages ci-dessus. Une obsession de détestation contre Manuel Valls, une passion démesurée pour Nicolas Sarkozy, un cocktail amour-haine qui semble avoir dévasté totalement sa capacité de réflexion. Elle va devoir en parler à son psy.

  • Varoufakis fait dans la mesure

    GR_Vafourakis_201502Varoufakis, le ministre grec des finances qui posait en février dernier dans Paris-Match avec sa femme sur la terrasse de leur appartement aux pieds du Parthénon, évoque les pays créanciers de son pays en expliquant : « Ce qu’ils font avec la Grèce a un nom : terrorisme ». Il ne précise pas comment qualifier la gestion de l’Etat grec ces dernières années.

  • Grèce : la solution DSK

    CH_20150624_GreceDSK qui a bénéficié d’un non-lieu dans une affaire de proxénétisme aggravé s’implique maintenant dans le dossier grec. Sur son compte Twitter il propose :

    Ma proposition est que la Grèce ne reçoive plus aucun financement nouveau de la part de l’UE comme du FMI mais qu’elle bénéficie d’une très large extension de la maturité et même d’une réduction nominale massive de sa dette à l’égard des institutions publiques (Office Sector Involvement). Insister sur un ajustement budgétaire préalable dans l’environnement économique actuel est irresponsable à la fois économiquement et politiquement. Fournir plus d’aide pour seulement rembourser les créanciers publics existant est tout simplement inepte.

    Pourquoi pas mais il ne sera pas facile de stopper de nouvelles aides, même si la dette générée par les anciennes est annulée. Il faudrait savoir dire non, qualité parfaitement inexistante dans les instances diplomatico-européennes.

  • Grèce : la solution de Sarkozy

    Nicolas_SarkozyNicolas Sarkozy s’exprime dans Le Monde :

    C’est un changement de paradigme qui a conduit le gouvernement grec à suspendre de fait, de lui-même, l’appartenance de la Grèce à la zone euro. Alexis Tsipras en porte l’entière responsabilité. … Avec ce référendum, il se met d’ailleurs dans une situation impossible. Si les grecs répondent « oui » au plan proposé par l’Eurogroupe, M. Tsipras ne pourra pas rester premier ministre. Mais s’ils répondent « non » au plan, cela voudra dire qu’il reviendra avec un mandat de négociation encore plus dur. La situation sera encore plus intenable. L’Europe ne peut pas céder devant un gouvernement dans lequel figurent l’extrême gauche et l’extrême droite. …

    Une position de fier-à-bras qui ne surprend pas. Sarkozy diffuse l’idée générale qu’un vote négatif ferait sortir la Grèce de l’euro. En réalité il n’y a pas de lien direct tant que les autres pays sont prêts à payer pour maintenir ce pays à flot. Et de toute façon, même si la Grèce sortait de l’union monétaire, il conviendrait de poursuivre l’aide à cet Etat ruiné par des années de mauvaise gestion. Il n’en demeure pas moins que si la Grèce avait les moyens de dévaluer leur monnaie, cela aiderait à sortir du trou. C’est en ce sens qu’une sortie de l’euro pourrait avoir des avantages pour Athènes.

    La France connaît bien cette situation avec la zone monétaire du Franc CFA dont sont membres ses anciennes colonies. Tant que le contribuable français a eu les moyens de financer les déficits des pays concernés, la France a maintenu un cours fixe du Franc CFA vis-à-vis du Franc français malgré la dégradation des termes de l’échange due à la surévaluation de ce Franc crypto-colonial. Et puis, en 1994 lorsque Paris n’eut plus les moyens, ni vraiment la volonté, eh bien la France a cessé de soutenir artificiellement cette monnaie et l’a laissé dévaluer.

    C’est une situation assez similaire qui se déroule aujourd’hui en Europe. Il arrivera un moment où les contribuables européens se lasseront et le retour de la Grèce à une monnaie propre sera la seule solution pour gérer une dévaluation pour redresser l’économie de ce pays.

  • Quignard Pascal, ‘Les désarçonnés’.

    Sortie : 2012, Chez : Grasset. Un livre étrange , le septième tome du cycle « Le Dernier Royaume », un style complexe et contemporain, « Les désarçonnés » ne sont pas faciles à aborder… Composé d’une succession de courts chapitres centrés sur une pensée, une référence littéraire ou philosophique ou historique, une comparaison, ce livre de Quignard donne l’impression de post-it collés dans un ouvrage, il n’y a pas trop de fil conducteur, on passe d’une époque de l’Histoire à une autre, qu’importe la pensée de l’auteur se développe et s’expose aux lecteurs étonnés.
    Il n’est pas écrit sur la couverture s’il s’agit d’un roman, d’un essai, d’un récit, c’est au lecteur de se faire son idée, il s’agit d’un Quignard.

  • Leys Simon, ‘Les habits neufs du président Mao’.

    Sortie : 1971, Chez : Editions Ivrea. Simon Leys (Pierre Ryckmans de son nom légal), écrivain-essayiste-sinologue belge est l’un des premiers intellectuels à avoir dénoncé l’escroquerie sanglante que fut la révolution culturelle dans la Chine de Mao à la fin des années 60. Il explique dans cet ouvrage comment cet révolution dite « culturelle » ne fut en fait qu’une bataille d’appareil dans laquelle Mao s’est battu pour reprendre le pouvoir absolu qui était en train de lui échapper. Pour ce faire il n’a pas hésité à manipuler les masses, les lançant les unes contre autres à grands coups de slogans ineptes et pour finalement rétablir l’armée comme fer de lance de son pouvoir réinstauré.
    Il y eut des centaines de milliers de morts, des liquidations de dirigeants, des exécutions d’intellectuels, des humiliations, des délations, des déplacements massifs de populations, des combats soi-disant idéologiques, un recul économique du pays, tout ceci au profit de l’égo surdimensionné d’un seul homme dont la presse vante les apparitions dans des termes ridicules, risibles si l’on ne parlait pas de féroce dictature : « L’instant le plus heureux, que de notre vie entière nous n’oublierons jamais, est arrivé ! L’orient est rouge, le soleil paraît ! Notre grandiose maître à penser, grandiose chef, grandiose général en chef, grandiose pilote, le président Mao, le visage rose et radieux, le corps robuste s’avance d’un pas ferme et prend place sur l’estrade… »
    Simon Leys a dénoncé cette idéologie absurde et la coupable indulgence d’une partie de l’intelligentsia européenne et notamment française à l’endroit de la dictature chinoise. Il fut même interdit d’enseignement en France par les actions sous-marines de quelques sinologues français béats… avant que cette intelligentsia ne réalise la vérité quelques décennies plus tard.

  • Tillion Germaine, ‘La Traversée du Mal’.

    Sortie : 1997, Chez : Arlea. Un court livre d’entretien entre Jean Lacoutur et Germaine Tillion inspiré de l’interview de l’ethnologue sur l’émission « A voix nue » de France Culture. Elle revient sur ses premières missions dans les Aurès dans les années 30, ses expériences de la résistance en 40, de sa déportation à Ravensbrück, de son engagement contre la torture en Algérie, de ses très nombreux écrits. Bref, une femme juste qui a traversé un siècle de barbarie sans perdre sa foi sur la nécessité d’améliorer le Monde.

  • DSK sur le retour

    DSK_201502Un sondage publié dans Libération et chroniqué par toute la presse montre que 37% des français pensent que DSK serait un bon candidat pour la gauche en 2017, seul Manuel Valls le surpasse avec 47%. Chez les sympathisants socialistes ils sont 45% à la penser mais DSK arrive toutefois en quatrième position des candidats préférés.

    DSK continue à véhiculer une image de « meilleure économiste de France » et on se demande à quoi ou à qui il doit cette réputation usurpée. Et puis son coté « je me moque de tout et surtout des règles de bonne éducation » séduit certainement Mme. Michu. On a vraiment les dirigeants que l’on mérite !

  • La Grèce devant les urnes

    Drapeau_GreeceA défaut d’avoir obtenu un engagement ferme d’annulation totale ou partielle de la dette qu’elle doit aux contribuables européens, la Grèce décide d’organiser un référendum le 5 juillet pour demander à ses électeurs s’ils acceptent ou non la conditionnalité posée par les gouvernements représentant les prêteurs, c’est-à-dire nous tous. Le gouvernement grec appelle quant à lui ses citoyens à voter non… Il n’est pas encore question à ce stade d’organiser des référendums dans les pays prêteurs pour demander à leurs citoyens s’ils sont d’accord pour continuer à prêter à la Grèce.

    Le référendum est un outil délicat à utiliser pour des questions complexes. Surtout son organisation déclenche en toutes circonstances assaut de populisme et de simplification partisane. Le cas actuel de la Grèce en est oh combien l’illustration.

    Le pays est en faillite pour avoir vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens. La baisse de son niveau de vie a été lancée pour le ramener plus ou moins au niveau de ses revenus comme ce fut également le cas en Espagne, au Portugal ou en Irlande, comme ce n’est malheureusement pas assez le cas en France. Il est d’ailleurs intéressant de voir que ce sont les « petits » pays de l’Union européenne où souvent le niveau de vie est inférieur à celui de la Grèce qui s’opposent avec le plus de fermeté à continuer à financer un pays qui refuse de se réformer. Le gouvernement grec ne veut plus imposer de sacrifices à ses citoyens et va donc leur demander de se prononcer dimanche prochain pour la poursuite ou non de ce programme d’austérité.

    Que la réponse soit oui ou non, les contribuables européens vont devoir continuer à financer la Grèce et pour encore des années. Si les électeurs répondent non et marquent ainsi leur refus de la poursuite des plans d’aide européens actuels le pays devra sans doute se tourner vers les institutions multilatérales FMI et Banque Mondiale qui imposeront des conditions certainement encore plus dures et l’Europe participera à ces financements mais en deuxième ligne, sans mener les négociations. Le pays sera soumis à une disette encore plus drastique. Si le non l’emporte les effets sur le reste de l’Europe sont pour le moment inconnus et imprévisibles. Le pire est possible mais personne n’est vraiment capable de l’anticiper.

    On est face à un classique problème de dérive budgétaire et d’endettement d’un Etat mal géré et il faut bien ramener les dépenses au niveau des recettes. De multiples situations similaires ont été gérées dans le passé avec plus ou moins de succès : crise de la dette sud-américaine dans les années 70, asiatique dans les années 90, occidentale dans les années 2008/10, etc. La spécificité du cas grec est son appartenance à une Union européenne et à une zone monétaire euro qui lui a permis un accès quasiment illimité à des financements sous forme de subventions et de prêts. La faiblesse politique endémique de l’Union qui ne sait pas dire non et à personne a conduit au désastre. L’addition est présentée aujourd’hui et il faudra bien trouver quelqu’un pour la payer.

    Tout ou partie de la dette grecque sera bien évidemment annulée et prise en charge par la communauté internationale. Il faudra alors prévoir des compensations pour les pays comme le Portugal ou l’Espagne qui elles sont en train de s’acquitter de leurs dettes.

    La leçon la plus évidente à l’heure actuelle de ces évènements est l’inextricable blocage de l’Union européenne qui n’est plus vraiment en mesure de défendre les intérêts de ses citoyens. Tout le monde s’accorde à admettre que Chypre partiellement occupée par la Turquie n’aurait jamais dû intégrer l’Union tant qu’un accord politique n’avait pas été trouvé avec les turques, que la Grèce n’aurait jamais dû entrer dans  la zone euro, que la Roumanie ou la Bulgarie n’étaient pas prêtes ni économiquement ni politiquement à adhérer à l’Union, etc. etc. Mais malgré tout, les partenaires européens englués dans leurs intérêts nationaux et leurs égoïsmes populistes n’ont pas pris les décisions rigoureuses qui s’imposaient à l’époque. Et les choses ne s’arrangent pas avec les négociations d’adhésion en cours avec d’autres pays qui ne sont pas plus en état d’adhérer.

    Peut-être que le désastre financier grec, outre son coût considérable pour les contribuables européen, permettra aux dirigeants qu’ils soient un peu plus conscients de leurs responsabilités ?

  • Religion dans l’Isère

    Suite à l’assassinat et la décapitation d’un homme dans l’Isère par un extrémiste religieux islamiste, les associations diverses craignent que cette action, a priori terroriste, menée par un citoyen national sur le sol français, après bien d’autres depuis 1995, entraîne des amalgames antimusulmans… Elles n’ont pas tort. Et c’est d’ailleurs sans doute l’un des buts des stratèges islamistes qui inspirent ces actes. Ils appliquent simplement l’une des tactiques maoïstes : action (une minorité agissante mène une attaque ciblée), réaction (le pouvoir renforce la répression pour lutter contre cette minorité et du coup monte la population contre le régime), révolution (le peuple se révolte contre trop de répression et la minorité devient majorité) et généralement la dictature arrive.

    Les premiers éléments de l’enquête française montre que l’extrémiste religieux soupçonné de la décapitation a pris un selfie avec la tête de sa victime et l’a envoyé à un correspondant en Syrie. Tout un programme…

    La religion prend le pas sur la raison, comme souvent. Cela relève sans doute aussi de la psychiatrie.