Nadine Morano, pom-pom girl de la sarkozie, prix Nobel du Tweet politique le plus stupide, récompensée pour l’ensemble de son œuvre (https://twitter.com/nadine__morano), la Morano donc, exprime sa déception de ne pas avoir nommée à un poste de responsabilité dans la nouvelle équipe de l’UMP menée désormais par Sarkozy, le héros de Nadine.
Selon Le Figaro, elle aurait refusé un poste de secrétaire national à l’apprentissage et à la formation professionnelle au sein de l’UMP alors qu’elle visait la vice-présidence du mouvement. Elle se répand depuis dans la presse pour expliquer que Sarkozy fait une erreur en ne s’entourant pas de ses plus proches et en voulant au contraire ouvrir le jeu dans son parti désigné faux-facturier de l’année.
Fidèle parmi les fidèles, elle fait sans doute plus de mal que de bien compte tenu de ses capacités limitées. Il est des amis proches dont il faut se méfier tant leurs actions peuvent être irréfléchies et néfastes. La Morano est de cette trempe. La simple lecture de ses tweets permet de se rendre compte de l’étendue du désastre. Sarkozy a dû en convenir et s’est résolu à renoncer à récompenser cet aficionado. C’est sûrement douloureux pour lui mais la République lui en sera reconnaissante. On frémit quand on se souvient que Nadine fut ministre. On se rassure à l’idée qu’elle ne sera pas en tête de liste pour le redevenir si la droite revient au pouvoir.
Une réaction de plus en plus entendue dans les dîners en ville et au Café du commerce : les taux d’intérêt de la dette publique française sont si bas qu’il ne faut pas se priver de s’endetter. Dans ces conditions ces citoyens à courte vue se demandent si la dette publique est un véritable problème et s’il est vraiment nécessaire de réduire les déficits de la République. Ce type de raisonnement est largement soutenu par les Mélanchon, Montebourg et autres ayatollahs de la dépense.
Il est certes agréable de s’entendre dire que l’on peut continuer à dépenser sans limite, mais il est étonnant que ce discours reniant les basiques de l’économie rencontre un tel écho auprès de citoyens qui appliquent ces mêmes basiques à la gestion de leur budget personnel.
La note de la dette française a été de nouveau dégradée aujourd’hui par l’agence de notation Fitch. Elle l’avait déjà été par d’autres agences ces derniers mois, sans effet significatif sur les taux d’intérêt. On ne sait si ce nouveau bonnet d’âne entraînera une augmentation des taux, mais de toute façon, il va bien arriver un jour où les prêteurs exigeront plus de rémunération de leurs prêts à la France. Ce semble être, hélas, le seul moyen pour que la République comprenne son surendettement est un poids pour l’avenir et non une gloire.
On ne redira jamais assez combien fut inopportune la réforme constitutionnelle ramenant la durée du mandat présidentiel français de 7 à 5 ans ! Alors disons-le une nouvelle fois : cette décision a été un désastre dont les effets délétères se feront sentir encore longtemps.
Le changement a été initié par Giscard dit d’Estaing, ex-président n’ayant pas su prendre sa retraite et continuant à papillonner dans les milieux politiques tout en écrivant des romans érotiques de gare. Il fallait, semble-t-il, s’aligner sur les pays voisins : du suivisme plutôt de la nécessité. L’idée a été reprise par Chirac alors président sans idée, qualifié de roi-fainéant par son successeur, et ni une ni deux, empaquetée pour être vendue à un Congrès de circonstance. Il s’agissait de ventiler plutôt que de gouverner, et le tout est passé comme une lettre à la boîte.
Depuis la France est en campagne électorale permanente, d’autant plus que les partis politiques en mal de gouvernance, organisent eux-mêmes des élections primaires aux élections présidentielles plus deux ans avant l’échéance.
La presse adore, provoque des débats vides de sens, attise les querelles de personnes, les égos gonflent tels des poitrails de dindons faisant la cour à des dindes,… et la France renonce à ses réformes.
La corporation protégée des notaires continue à inonder la presse de placards publicitaires pour justifier leur revendication de ne pas toucher à leur profession. Il convient de la pas avoir de réponse a priori sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec les professions protégées : notaires, pharmaciens ou autres. Par contre expliquer par presse interposée qu’il faut surtout ne rien changer n’est pas un comportement positif ni opérationnel. Cela ne fait qu’attiser les discussions de Café du commerce de Mme. Michu.
Des gens intelligents et bien éduqués (comme les notaires) doivent pouvoir se réunir autour d’une table avec les représentant de l’Etat et des consommateurs pour voir s’il y besoin, ou pas, de faire évoluer le statut d’une profession. C’est ce qu’on appelle un comportement démocratique. Mais c’est surtout une méthode efficace.
L’économie libérale chère à Guillaume Roquette sera sans doute pour le démantèlement des protections dont bénéficient ces professions. Il faut surtout ne pas avoir de position idéologique sur le sujet mais juste l’espérance que les responsables en charge de ces dossiers mesurent le pour, le contre, ainsi que les coûts pour le contribuable, et ensuite décident. C’est ce qu’on appelle un comportement responsable. Nous faisons ça en entreprise tous les matins en arrivant au bureau… Ce n’est pas si compliqué.
Hélas, c’est rarement la méthode employée dans notre République par ses citoyens !
Angus & Julia Stone : une vague de douceur et de romantisme nous a emportés ce soir au Casino de Paris ! La fratrie australienne accompagnée d’une bande de musiciens chevelus et barbus, moitié cow-boys, moitié hippies nous vient des mers du Sud et fleure bon la maison bleue sur la colline de San Francisco dans les années 60’, mais ne boudons pas notre plaisir.
Angus et Julia sont chacun chanteur-guitariste-auteur-compositeur, ont mené des carrières solo avant de se retrouver depuis trois albums. L’avant-dernier Down The Way est illustré de photos de famille sépia au hasard des paysages démesurés de leur pays-continent, le dernier disque montre nos deux musiciens assis au coucher du soleil face aux lumières floues d’une ville sans fin. Le ton est donné et l’atmosphère de leur musique est résumée par ces images.
Angus & Julia Stone, un duo de chanteurs folks, émouvants et complices, qui se passent le relais du chant et des guitares mais qui ne sont jamais aussi magnifiques que lorsqu’ils chantent ensemble, elle avec voix polissonne aux intonations parfois un peu nasillardes, lui dans les graves avec une articulation des mots à peine prononcée, une voix fatiguée, comme revenue de tout. Elle est élégante et joue (bien) de la guitare et de la trompette avec ongles vernis et talons hauts, il est débraillé avec un look de bucheron, cachant ses cheveux filasse sous un bonnet de laine.
Le fond de scène est transformé en ciel intergalactique bleu sombre sur lequel brillent des étoiles. Les lumières sont tamisées, le groupe se complait dans une obscurité rassurante qui laisse flotter leur musique douce dans l’atmosphère. Tout n’est que grâce et délicatesse pour cette soirée musicale qui coule sur les spectateurs comme la mélodie du bonheur.
Après l’intro dynamique de Heartbreak le groupe alterne entre électricité et acoustique, elle ou lui, elle et lui. Parfois elle danse, solitaire, en ombres et lumières derrière les amplis, toute à sa musique dans ses propres nuages. Le groupe de chevelus chapeautés qui les entoure fait plus que bien son travail en accompagnant discrètement et efficacement nos deux héros. Ils jouent leur répertoire, sans surprise ni aspérité, mais en déployant cette douceur qui est leur marque de fabrique et donne envie de profiter des petits choses qui enluminent la vie de tous les jours. Il y a de l’ampleur dans cette musique qui ne néglige pas quelques envolées rythmiques et électriques avant de revenir sur le ton plus raffiné de la ballade. Un concert des Stone c’est un feu de bois un soir d’été au cœur du bush avec ses amis, rien de spécial, juste un peu de poésie qui passe.
Angus & Julia Stone (2014)
Sur le rappel Santa Monica Dream, que Julia joue et chante sur le devant de la scène, une histoire triste d’amour et de rupture, elle pleure en terminant cette complainte : I’m somewhere, you’re somewhere/ I’m nowhere, you’re nowhere/ I’m somewhere, you’re somewhere/ I could go there but I don’t…/ Goodby to my Santa Monica dream/ Fifteen kids in the backyard drinking wine/ You tell me stories of the sea/ And the ones you left behind…
Julia en Angus s’étreignent longuement avant de quitter les Casino sur la pointe des pieds et de laisser l’assistance toute à son émotion et son ravissement. C’était juste un peu de grâce dans un monde sauvage.
Setlist : A Heartbreak/ Main Street/ For You/ Crash & Burn/ Private Lawns/ Big Jet Plane/ You’re the One That I Want (John Travolta & Olivia Newton-John cover)/ Draw Your Swords/ The Wedding Song/ Yellow Brick Road/ Heart Beats Slow/ Encore : And the Boys/ Santa Monica Dream
Ca y est, la Société nationale maritime Corse Méditerranée (SNCM) a déposé son bilan. Après avoir frôlé nombre de fois la faillite et avoir à chaque fois été sauvée par le contribuable national, la société et ses dirigeants jettent l’éponge et ils n’ont guère de solution alternative car il n’y a plus de sous dans la caisse. Le contribuable, ni les clients, ni les banques, ni les actionnaires privés ne veulent remettre de l’argent dans le trou financier sans fond de la gestion de cette compagnie proprement ingérable ! Le service de transport maritime entre la Corse et le continent est pour le moment assuré par d’autres compagnies et l’ile devrait pouvoir se passer de la SNCM qui renaîtra bien sous une forme ou une autre, mais cette fois-ci sans participation publique.
Au-delà du sort malheureux de cette compagnie et de ses salariés, cette navrante situation illustre l’incompatibilité entre des copinages politiques et syndicaux avec le management serein d’une société dans l’économie libérale. Circonstance aggravante, le contexte corse rend les choses encore plus inextricables et désespérantes. Le comportement de personnels et de syndicats qui se croient tout permis, y compris l’enlèvement de navires, pour faire valoir leurs revendications politiques, parfois indépendantistes, a rendu toute solution classique strictement impossible à mettre en œuvre. La société coule et le contribuable est fatigué, mais on peut toujours aller et venir en Corse, c’est l’essentiel.
Gageons que l’exemple de la Nouvelle-Calédonie qui s’achemine vers une indépendance sereine donnera de bonnes idées à la Corse qui pourra ainsi gérer comme elle l’entend ses compagnies de transport.
Le rapprochement politique et financier du Front National français (FN) avec la Russie est un renversement politique étonnant. C’est l’alliance de la carpe et du lapin avec un objectif commun, mettre le boxon dans la démocratie française et se démarquer des Etats-Unis d’Amérique.
Du temps de la guerre froide on se souvient de la haine féroce qui animait le Front et ses ancêtres à l’encontre de l’Union soviétique et du communisme en général. On voit aujourd’hui une banque russe financer le parti d’extrême droite français, on entend Marine Le Pen chanter les mérites de l’Europe jusqu’à l’Oural et non plus « de Bruxelles à Washington », on constate le déplacement de personnages haut-placés dans la hiérarchie russe au congrès du FN, etc.
Ce qui réunit sans doute ces lascars, au-delà de leur volonté de nuire à l’Occident, c’est un nationalisme exacerbé et une paranoïa commune qui tend à rendre responsable de leurs malheurs tout ce qui vient de l’extérieur. Une espèce de renouvellement du pacte Molotov-Ribbentrop, une nouvelle version de la realpolitik qui veut que la fin justifie les moyens.
Le nouveau président de l’UMP met en place son organisation et distribue les chapeaux à plumes aux copains et aux coquins. Sauf quelques exceptions, la plupart de ses rivaux vont à la soupe sans trop d’états d’âme. Nathalie Kosciusco-Morizet (NKM) sera vice-présidente en « gardant sa liberté de paroles [SIC] », Wauquiez-Brutus sera secrétaire général, Galouzeau de Villepin a déjà donné son accord pour collaborer. Bref, tous les ennemis de Sarkozy marquent leur allégeance au petit chef et se retrouvent autour de la même mangeoire, sans doute aiguisant déjà leurs couteaux à l’idée du festin qui se prépare lorsque le pouvoir socialiste sera tombé.
Seul Raffarin, ex-centriste, a indiqué qu’il soutiendrait Juppé aux primaires de la droite pour les présidentielles. Au moins qui a un peu de suite dans les idées, ou peut-être plus simplement le goût de la vengeance. Il aurait moyennement apprécié de ne pas être élu à la présidence du Sénat contre un autre concurrent de droite, alors il n’est pas exclu qu’il soutienne Juppé par mesure de représailles contre Sarkozy qui ne l’a pas peut-être pas fait soutenir avec la dernière énergie.
Tous ces politicards vont et viennent au hasard des alliances, des défaites et des élections. Les idées n’ont plus grande importance. Wauquiez-Brutus critiquait le bilan de Sarkozy et le voici maintenant dirigeants de l’UMP sous la férule de celui dont il remettait l’action en cause. Galouzeau de Villepin, n’en parlons même pas ! Tout le monde se souvient de ses sorties grandiloquentes au palais de Justice de Paris expliquant qu’il était ici « par la volonté d’un homme, Nicolas Sarkozy », et le voici maintenant réembarqué avec celui qui avait promis de « le pendre à un croc de boucher ». NKM qui fumait des clopes avec les clodos en montrant son image détendue et ouverte lors de la campagne des municipales à Paris se retrouve maintenant dans l’équipe Sarkozy.
On pourrait craindre pour elle qu’elle ne soit tondue à la libération si Juppé est élu, mais ces gens rebondissent, se tiennent les uns les autres, se fâchent et se retrouvent au hasard de leurs intérêts. Ainsi va le monde de la politique française du XXIème siècle. Sans doute ni mieux ni plus mal que dans d’autres démocraties, mais avec moins de résultats pour le moment.
A peine élu chef de l’UMP, Sarkozy rembourse au parti les 360 000 EUR d’amende à laquelle il avait été soumis pour dépassement de ses comptes de la campagne des élections présidentielles en 2012. A l’époque le dépassement identifié était que quelques centaines de milliers d’euros… on a appris depuis qu’un système de fausses factures avaient fait monter le dépassement à 18 ou 20 millions d’euros. Ce n’est plus tout à fait la même échelle. Une enquête judiciaire est en cours contre le parti faussaire.
Sarkozy avait été condamné à titre personnel mais il avait fait payer l’amende par le parti. Lorsque l’affaire a été dévoilée elle a entraîné un peu d’émotions. Le voilà donc qui a remboursé, a priori sur sa cassette personnelle, l’amende à laquelle il avait été condamné. C’est bien. Il eut été encore mieux qu’il règle directement sa condamnation plutôt que d’attendre d’être pris la main dans le sac.
Jean-Claude Junker, élu récemment président de la commission européenne après avoir été premier ministre du Luxembourg, premier paradis fiscal européen et dans le Top 10 mondial, explique comment le Luxembourg, membre de l’Union européenne a diversifié son économie en détournant depuis des années la base fiscale de ses voisins sur une échelle considérable. A la question :
« Agiriez-vous de même si vous aviez la possibilité de revenir en arrière »
il répond :
« Oui, j’aurais fait la même chose, il fallait diversifier notre économie, nous n’avions pas d’autre choix. Mais j’aurais examiné avec plus d’attention ces « tax rulings », j’aurais changé la loi pour que le ministre des finances puisse en être informé. Ce que la loi luxembourgeoise ne permet pas. »
On ne peut pas dire que le garçon éprouve trop de remords pour avoir mené l’une des plus efficaces opérations de détournement de fonds légales de l’histoire du capitalisme. Le Luxembourg est à l’origine d’une partie des déficits des finances publiques des autres pays qui cohabitent avec lui dans l’Union européenne. Inertie et marchandage sont les deux mamelles du fonctionnement de cette Union qui n’a pas su mettre fin à cette situation d’autant plus ubuesque qu’elle concerne un pays lilliputien qui a su utiliser toutes les ficelles de la bureaucratie pour empêcher que les pays victimes ne mettent fin à cette gigantesque escroquerie d’Etat. Et pour aller au bout de l’absurde, Junker a même réussi à se faire élire président de la Commission européenne, c’est un comble.
Sarkozy s’est fait élire chefaillon de l’UMP, parti conservateur à la dérive, submergé par les fausses factures et les querelles d’hommes. Rendons-lui grâce de son inépuisable énergie pour avoir mené ce nouveau combat électoral, épuisant et décérébrant. Il a fait campagne chez les militants de toute la France, acquis à sa cause et à son absence de programme.
Il va devoir maintenant éliminer politiquement ses concurrents à l’élection présidentielle pour être sûr de vaincre en 2017. Il va devoir remettre ce parti en ordre de marche après qu’il fut consciencieusement saboté par un gang de forbans qui l’ont mis à sac, à feu et à sang. Il lui faudra encore se battre, faire des meetings dans des coins de province, serrer des paluches sur des marchés, faire le beau sur des plateaux télévision, essayer de paraître intelligent en expliquant un programme encore à bâtir à des électeurs concentrés sur leurs soucis quotidiens et bien éloignés des questions d’intérêt général. Il lui faudra supporter la cohorte des quémandeurs, Wauquiez-Brutus, Coppé-l’affairiste et tous les traîtres annoncés qui n’auront qu’une idée en tête : tuer symboliquement le calife et prendre sa place.
Et il voudra mener une nouvelle campagne présidentielle avec son cortège de bassesses, de débats usants faits d’agressivité, de mauvaise foi et d’absence de pensée. Il va devoir tourner sa veste au fur et à mesure des meetings afin de racoler de l’électeur dans tous les caniveaux de la République. Il lui faudra aussi se colleter une presse de bas étage toujours à la recherche des petits détails pour éviter de devoir travailler sur les sujets de fonds, etc. etc.
Quelle vertigineuse ambition pour mettre la main sur un pouvoir suprême seul susceptible a priori de calmer l’égo surdimensionné du loustic.
Sortie : 1976, Chez : 10/18. La suite des aventures de la joyeuse bande de chasseurs de phoques de l’est du Groenland connus dans « La vierge froide et autres racontars ». Toujours de l’humour, de l’eau de vie et des grands froids chez ces hommes endurcis par la banquise et la solitude, loin de tout mais pas de l’humanité.
Sortie : 1974, Chez : 10/18. Le récit déjanté de la vie au Groenland. La nuit d’hiver est très longue sous ces latitudes où les seules activités sont la chasse et la beuverie. Mais parfois débarquent pour une années quelques individus souvent marqués du sceau de l’originalité, voire de la folie, qui viennent mêler leur solitude à ces petites communautés d’hommes des grands froids. Riel, écrivain danois connaisseur de ces contrées arctiques, s’en est inspiré pour écrire une succession de petites nouvelles pleines d’humour qui nous disent quelque chose de la vie rude de ces hommes.
The Specials… le retour au Bataclan ! On se souvient de ces groupes en noir-et-blanc qui ont animé la scène ska des années 80’, mouvement musical importé de la Jamaïque et assaisonné à la sauce londonienne : UB40, Madness, The Selecter et les bien nés The Specials. Du reggae blanchi au harnais de la créativité musicale de cette fin de XXème siècle : punk, new wave, zouk, reggae, cold wave, etc. Bob Marley est leur héros commun sur fond de contestation de la ségrégation raciale qui fait encore des ravages des deux côtés de l’Atlantique. Leur engagement politique et leur goût de la fringue feront le reste et leur succès.
Le premier disque des Specials est produit par Elvis Costello ce qui est plutôt un bon départ ! Il est illustré de ces damiers noirs et blancs qui seront l’image de ce groupe jouant sur sa mixité musicale et ethnique. Deux-trois autres albums suivront, plusieurs séparations et reformations, pour aboutir à cette nouvelle tournée qui passe par Paris.
Cuivres joyeux, cordes féminines, guitares tressautantes, chœurs entraînants, percussions dynamiques, costards bien mis, look impeccable, les Specials allument le Bataclan et font le show ce soir. Terry Hall le chanteur blanc et Lynval Golding l’irremplaçable guitariste-rythmique et chanteur se passent le devant de la scène pour animer un spectacle de haute qualité et de grande nostalgie. 30 ans plus tard c’est un vrai bain de jouvence ! L’énergie du ska transporte une assistance habillée en noir-et-blanc de circonstance, transpirant sur les rythmes de cette musique post-punk animée d’un incommensurable enthousiasme. Une génération de quinqua (bien passée) se retourne sur son passé militant abandonné en cours de route. Heureusement il reste le bonheur de cette musique engagée mais joyeuse.
Set-list : Ghost Town/ Friday Night, Saturday Morning/ Do Nothing/ International Jet Set/ Stereotype/ Man at C&A/ Rat Race/ Hey Little Rich Girl/ Blank Expression/ It’s Up to You/ Why?/ Doesn’t Make It Alright/ Nite Klub/ (Dawning of a) New Era/ Do the Dog (Rufus Thomas cover)/ Gangsters/ Monkey Man (Toots & The Maytals cover)/ Concrete Jungle/ A Message to You, Rudy (Dandy Livingstone cover)/ Little Bitch/ Too Much Too Young
Encore : Guns of Navarone (The Skatalites cover)/ Enjoy Yourself (It’s Later Than You Think) (Tommy Dorsey & His Orchestra cover)/ You’re Wondering Now (The Skatalites cover)
Le monde de la culture est déjà à feu et à sang pour la nouvelle salle philharmonique de musique classique construite à la Porte de Pantin sur financement du contribuable, et pas même encore inaugurée.
L’Etat qui en est propriétaire de même que la salle Pleyel veut administrer cette nouvelle offre culturelle en concentrant la musique classique sur ce nouveau site et en réservant la salle Pleyel à d’autres genres musicaux. Et déjà le monde de la culture et Mme. Michu pétitionnent et contestent en chœur cette nouvelle organisation qui n’a pas encore vu le jour. Un adjoint à la culture de la mairie de Paris 17ème lance une pétition sur un site spécialisé en coups de gueule franchouillards :
À l’attention : de la Ministre de la Culture et de la Communication et du Directeur Général de la Cité de la Musique
Madame la Ministre, Monsieur le Directeur,
La Salle Pleyel fermera temporairement fin 2014 et son exploitation sera concédée à un prestataire dont le cahier des charges sera exclusivement centré sur les spectacles de musique (rock, pop, chanson…) et de divertissement.
Nous nous opposons à cette fin programmée de la musique classique à la Salle Pleyel, lieu mythique chargé d’histoire.
L’argument invoqué par les responsables de la Philarmonie [avec une belle fôte d’orthographe, NDLR], d’une éventuelle concurrence entre les deux salles, ne nous paraît pas suffisant pour décider arbitrairement d’une réduction drastique de la présence de la musique classique symphonique dans le centre de Paris.
De même que Bastille n’a jamais vidé Garnier, une complémentarité peut certainement être trouvée entre la Philarmonie et Pleyel, permettant à cette dernière de conserver tout ou partie de sa vocation classique.
Nous faisons donc appel à votre pragmatisme pour que le bon sens l’emporte et permette à la Salle Pleyel de continuer à accueillir des concerts de musique classique.
Les musiciens se sont plaints des années durant de l’absence de salle de musique classique digne de ce nom à Paris. Leurs vœux ont été exaucés aux frais du contribuable puisque bien entendu le secteur privé n’a pas semblé intéressé par un tel investissement. La salle existe désormais et doit être inaugurée dans les prochaines semaines. Croyez-vous que lesdits musiciens se réjouissent, remercient le contribuable de ses efforts et l’Etat d’avoir mené à bien ce chantier ? Que nenni, les quémandeurs sont déjà à leurs pétitions…
En l’occurrence l’Etat se propose d’administrer l’offre musicale parisienne plutôt que de laisser jouer la libre concurrence. Pourquoi pas en attendant de consolider la demande ? Une autre solution est effectivement de laisser agir les forces du marché (chères à Guillaume Roquette du FigMag) pour désigner le vainqueur et pleurer sur la défaite du vaincu. La logique libérale voudrait alors que l’on laisse fermer la salle qui ne drainerait pas assez de spectateurs. Dans une telle hypothèse on peut compter sur une nouvelle pétition des quémandeurs pour exiger que le contribuable paye les déficits de la salle moribonde plutôt que de la laisser mourir.
Nous sommes en France et nous connaissons cette tendance tenace à consacrer son énergie à la contestation de tout et son contraire plutôt qu’à avancer, mais celle-ci est parfois un peu déconcertante et peu productive. Laissons démarrer les choses doucement, les gestionnaires de cette offre culturelle nouvelle s’adapteront aux réalités de ce marché aux contours encore incertains au fur et à mesure de leur apparition. Et qui sait il y aura peut-être assez de spectateurs et de fonds publics pour faire vivre ces deux salles en plus de l’auditorium de Radio-France, du théâtre des Champs-Elysées, les salles Gaveau, du Chatelet et des deux opéras de la capitale.
Citoyens ! Réjouissons-nous ! Merci aux contribuables d’avoir financé cette belle salle et d’être déjà engagés à en payer une partie du fonctionnement pour les années à venir. Merci aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage d’avoir mené ce chantier. Merci aux artistes qui s’y produiront et aux spectateurs qui s’y rendront. Sourions, laissons-nous aller, cette nouvelle salle ce n’est que du plaisir et enfin une bonne nouvelle. Les pisse-froid ne nous feront pas perdre notre bel enthousiasme, les râleurs ne gagneront pas face aux gens heureux, Guillaume Roquette du FigMag n’appliquera pas ses théories libérales à l’exception culturelle française !
Accessoirement, l’exposition David Bowie is… y est programmée à partir du 3 mars.
On devrait s’intéresser d’un peu plus près à la situation actuelle du Japon. Depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement conservateur en 2012, le premier ministre Shinzo Abe met en œuvre les fameux abenomics qui consistent en gros à relancer la dépense publique et la création monétaire. Pour légèrement caricaturer cette politique, on pourrait la comparer à celle appliquée en France en 1981 après l’arrivée au pouvoir d’une majorité socialiste.
A ce jour, les résultats économiques attendus de cette politique de relance ne sont pas là dans un Japon encore rongé par la catastrophe de Fukushima dont les conséquences écologiques et économiques sont encore loin d’avoir été complètement évaluées. L’économie est en quasi récession, la dette publique explose à 230% du PIB, les impôts augmentent, le reprise économique n’est pas au rendez-vous, etc.
Il faut sans doute laisser encore un peu de temps à l’expérience abenomics mais par quel bout que l’on prenne l’économie, lorsque l’on a trop dépensé par rapport à ses revenus, vient le moment où il faut réduire ses dépenses et sa dette, ce qui se traduit inévitablement par une baisse temporaire (espère-t-on) du niveau de vie médian. Vivre au-dessus de ses moyens est, par construction, une situation qui ne peut pas durer éternellement.
Ce bon François 1er déboule en aube au parlement européen et fait la morale à des députés qui en sont ravis et louent les qualités du grand homme. Bien sûr François 1er parle de Dieu et du Ciel, mais aussi de la terre où les hommes perdent le sens du bien général, il pleure sur la solidarité, l’individualisme qui ronge la société, etc.
C’est doux à entendre, sympathique à partager, personne ne peut fondamentalement s’opposer à un tel discours. Il faut dire ces paroles et mais il est peu probable que la solidarité revienne sur Terre sans l’aide de l’action publique. Les députés européens doivent le savoir eux qui votent la Loi. Alors ils se donnent bonne conscience en applaudissant un homme de principe, un peu comme ils vont à confesse pour se remettre à pécher… La Morano a évidemment facebooké sur le sujet avec son style inimitable fait de vide et de clinquant :
Ce qui ne manque pas de sel c’est que les plus libéraux, en faveur d’un individualisme forcené et contre toute intervention de l’Etat, sont parfois ceux qui s’affichent les plus croyants (Tea Party aux Etats-Unis ou Guillaume Roquette du FigMag en France).
La France officialise le fait qu’elle ne livrera pas un bateau de guerre construit pour, et vendu à la Russie, compte tenu de l’ingérence de Moscou dans la guerre civile ukrainienne. Si ce contrat est définitivement rompu ce sera un coût supplémentaire pour les contribuables français après le refinancement de la faillite financière de l’Ukraine qui ne fait que commencer.
Il eut été plus avisé de ne pas vendre d’armes à de faux-amis comme la Russie, qui furent de vrais ennemis 60 années durant. En fait, les vrais amis sont en nombre très limité, l’Europe de l’ouest, les Etats-Unis, l’Australie… et encore considère-t-on l’Allemagne et le Japon comme des pays plus ou moins neutres ou pacifistes de par leurs constitutions. Mais la France vend des armes aux pays du Golfe persique, en Afrique, aux pays de l’Est, une bonne partie n’est d’ailleurs jamais payée par les clients mais financée par les contribuables, et les vrais amis achètent leurs armes aux Etats-Unis.
La survie de l’industrie française de l’armement nécessite sans doute ces compromissions, espérons que ces armes françaises ne se retournent pas un jour contre nous !
La Morano en tout cas, avec la subtilité qu’on lui connaît, sa grand capacité d’analyse politique et sa vision des relations internationales a voté pour la Russie :
Une bande de militaires dépenaillés a pris le pouvoir au Burkina Faso après que le peuple ait obtenu la démission et l’exil du précédent président Blaise Compaoré, militaire habillé en costumes bien coupés, au pouvoir depuis 27 ans après avoir lui-même mené un coup d’Etat sanglant contre son prédécesseur Thomas Sankara. Ils étaient tous deux parachutistes d’opérette et on dit que Blaise a participé à l’assassinat de Thomas.
Cette fois-ci le bon peuple est descendu dans la rue après que Blaise ait voulu modifier la constitution locale afin de pouvoir rester au pouvoir indéfiniment. Incorrigible Blaise Compaoré ! Cette fois-ci fut celle de trop et le garçon est maintenant exilé en Côte d’Ivoire loin du pouvoir burkinabé sur lequel il a brûlé ses ailes de parachutiste qui n’a d’ailleurs pas dû faire beaucoup de sauts. Comme toujours, hélas, la Françafrique est encore impliquée dans cette affaire locale et ce sont des militaires français qui ont extirpé Compaoré à la vindicte populaire.
Bien sûr-bien sûr, les dépenaillés ont promis de rendre le pouvoir aux civils ! Ne serait-ce l’assassinat du président précédent qui lui a permis de prendre le pouvoir suprême et d’y rester 27 ans, Blaise n’avait pas trop mal mené sa barque, ni celle de son pays, durant ces années. Il a trahi Sankara, un peu œuvré aux guerres civiles de la région, copiné avec Kadhafi, mangé dans la soupe de la Françafrique, mais gardé son pays à peu près en paix sur la voie d’un développement économique plus ou moins dans la bonne moyenne régionale.
Mais Compaoré a été atteint du syndrome viral qui attaque trop souvent les détenteurs du pouvoir politique ou économique, celui qui les fait se croire irremplaçables. Ce virus atteint plus durement le pouvoir économique dans nos démocraties occidentales, et plus vicieusement le pouvoir politique dans le reste du monde. Dans un cas comme dans l’autre, il n’y a pas d’antidote. Ainsi va la perversité de l’âme humaine.
Rigolo : Sarkozy en campagne pour la présidence de la République en passant par une étape de d’élection à la présidence de l’UMP tient un meeting à Bordeaux où il invite Juppé, maire de cette ville, et lui aussi candidat à la présidence de la République. Les militants venus soutenir Sarkozy sifflent bruyamment leur opposition audit Juppé lorsque celui-ci évoque son projet d’alliance de l’UMP avec le centre.
La presse se gausse de l’incident car Sarkozy alors assis dans un fauteuil n’a rien fait pour calmer ce mouvement d’humeur. L’attaqué réagit avec philosophie sur son blog :
Les campagnes électorales finissent toujours dans l’effervescence et l’énervement. On l’a vu samedi après-midi à Bordeaux. Il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. Pour ma part, j’ai vu pire. Restons sereins.
tout en redemandant des éclaircissements sur le ligne politique que suivra le futur nouveau président de l’UMP !
Il en ressort que les militants qui assistent à ce genre de meetings sont des gens qui… militent, plutôt mal élevés et moutonniers, mais engagés pour une politique à laquelle ils croient. Il en faut pour faire vivre la démocratie. Alors un petit bonhomme de la droite dure a fait chahuter un vieux bonhomme de la droite molle, par des supporters qui n’aiment pas ce dernier. C’est un peu la même chose quand l’Olympique de Marseille rentre sur le Parc des Princes face au Paris Saint-Germain…
Pour ceux qui en doutaient, il se confirme que ces deux produits politiques n’ont pas la même cible commerciale, et d’ailleurs pas la même politique. Le plus roublard devrait l’emporter en 2017.