Auteur/autrice : Rehve

  • L’actualité des banques

    Goldman-Sachs_SucksLes trois plus hauts dirigeants de BNP-Paribas font l’objet d’une enquête préliminaire pour soupçons de délits d’initiés : ils auraient vendu de gros paquets de leurs actions dans la banque, pour plusieurs millions d’euros, alors qu’ils étaient en négociation avec les autorités américaines sur le montant de l’amende à payer par BNP-Paribas qui avait violé l’embargo américain contre Cuba, le Soudan et l’Iran, détenant ainsi des informations privilégiées sur le fait que le cours de l’action BNP allait bientôt chuter. Cela n’a pas l’air très très brillant.

  • Bryan Ferry – 2014/11/21 – Paris Palais des Sports

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    Ahhhhhhhhhhhhhhhhh ! Bryan Ferry ce soir au Palais des Sports : comment tant d’élégance, de fidélité et de tact dans un monde où tout n’est que chaos et vulgarité ? Son dernier disque Avonmore est un joyau où se croisent ses amis musiciens au hasard des morceaux : Johnny Marr (The Smiths), Niles Rodgers (Chic, à la guitare rythmique si caractéristique), Marcus Miller (bassiste jazzy hors catégorie), Mark Knopfler (Dire Straits), son fils Tara à la batterie, l’ineffable Fonzi Thornton aux chœurs et d’autres encore. La couverture est composée d’une photo noir et blanc de l’artiste lorsqu’il devait avoir dans les 20 ans. Il en a aujourd’hui presque 70 et ce retour sur sa jeunesse donne lieu une œuvre mélancolique, à l’écriture et la composition brillantes, chantée avec une voix brumeuse et éthérée que l’on avait entraperçue sur As time goes by, superbe disque de reprises des classiques de jazz qui ont bercé sa formation musicale.

    Il entre sur scène, aminci, vêtu d’un impeccable smoking dont la veste noire est imprimée de motifs floraux-cachemire, d’un raffinement tellement… Bryan Ferry. Le groupe est étagé sur la scène avec le clavier, une dynamique batteuse et une sax/clavier en hauteur ; deux choristes, deux guitaristes et un bassiste plus bas. La mixité est toujours assurée sur les shows de Ferry.

    Le concert démarre sur Re-make/Re-model qui nous ramène aux années Roxy Music, celles qui après tout ont forgé notre artiste… et notre jeunesse. La set list est parfaite, mélangeant les époques, nos souvenirs et l’actualité brillante d’Avonmore qui sera introduite lors du cinquième morceau avec Driving Me Wild à la rythmique obsédante. Evidemment la légendaire guitare rythmique de Niles Rodgers présente sur le disque n’est pas tout à fait égalée sur scène mais les duettistes guitaristes tiennent leur rôle mieux que bien, celui sur le devant, vêtu punky tout en noir de pieds en cap, couvre-chef compris, se fend même de quelques solos bien appuyés.

    Sur l’instrumental Tara, Bryan sort en coulisses pour revêtir un costume velours bleu-gris sur chemise foncée et le voilà reparti sur ce chef d’œuvre très peu joué sur scène que représente Take A Chance With Me : Heaven knows, I believe/ Won’t you take a chance with me/ Sometimes I get so blue/ People say I’m just a fool/ All the world, even you/ Should learn to love the way I do// I was blind, can’t you see/ Through the long lonely night/ Heaven knows, I believe/ You can take a chance with me…

    Seul au piano Ferry chante une bouleversante version de More than This laissant s’exprimer cette voix qui se bonifie avec le temps et semble de plus en plus irréelle, comme désincarnée, mais tellement humaine et si bien contrôlée. Il atteint un stade que l’on pense ultime de perfection, fruit de ces quatre décennies de carrière et de représentations sur toutes les scènes du monde. Cette évolution vers une musique et un chant plus intériorisés est sans doute aussi celle d’un parcours personnel qui le mène à l’orée de ses 70 ans, une période de la vie où l’on se consacre à l’essentiel plutôt qu’aux fanfreluches du glam-rock dont Roxy Music et Ferry furent les hérauts en leur temps.

    Passent ensuite l’excitant Loop de Li puis Avalon, Casanova… Bryan Ferry laisse le devant de la scène tour à tour à chacun de ses musiciens, la saxophoniste plutôt menue que l’on connaît depuis plusieurs tournées (habillée généralement soit un minishort soit en combinaison ultra-moulante, option 2 pour ce soir) souffle dans ses instruments à vent comme si elle avait un coffre de cantatrice fait le spectacle plus souvent qu’à son tour ; incorrigible Bryan…

    Ferry marque le rythme de son habituel frappement du poing droit dans sa paume gauche, il salue son public à la fin des morceaux en une révérence démarrée avec un grand moulinet de bras. Et il termine son concert d’exception une écharpe bleue enroulée autour du coup pour siffloter le si célèbre final de Jealous Guy qu’il a chanté les yeux fermés et clôt cette prestation de rêve avec un rappel unique : Virginia Plan.

    Au-delà de cette gestuelle maintenant classique il semble mettre une distance grandissante avec son public dans sa façon d’être et les thèmes nostalgiques de ses chansons : I’m a soldier of fortune/ An ambassador of pain/ I had the world on a string/ Then I threw it all away… Il s’élève dans les sphères hors de portée de sa musique et de ses pensées. Ne serait-ce le bonheur du concerts on ressent presque de la tristesse à vivre cet éloignement.

    Bryan Ferry nous a rejoué ce soir le catalogue de 40 ans de musique et de bonheur, un catalogue qui est aussi celui de notre vie qui passe.

    Setlist : Re-Make/Re-Model (Roxy Music song)/ Kiss and Tell/ Slave to Love/ Ladytron (Roxy Music song)/ If There Is Something (Roxy Music song)/ Driving Me Wild/ Stronger Through the Years (Roxy Music song)/ Loop de Li/ Reason or Rhyme/ Tara (Roxy Music song)/ Take a Chance with Me (Roxy Music song)/ Don’t Think Twice, It’s All Right (Bob Dylan cover)/ More Than This (Roxy Music song)/ Avalon (Roxy Music song)/ Casanova (Roxy Music song)/ Love Is the Drug (Roxy Music song)/ Let’s Stick Together (Wilbert Harrison cover)/ Jealous Guy (John Lennon cover)/ Virginia Plain (Roxy Music song)

    Warm up : Juliette Armanet

  • Le fouteballe et le marché

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    Des dirigeants de clubs de fouteballe, ex et actuels, sont placés en garde à vue pour des histoires de transferts de joueurs qui impliqueraient le grand-banditisme corso-marseillais. Il s’agit de ventes de joueurs d’un club à l’autre via des contrats atteignant parfois plusieurs dizaines de millions d’euros et faisant intervenir des intermédiaires douteux et sans doute peu utiles.

    Bien sûr, la démesure de ce marché aux bestiaux attisent les envies, attirent les véreux et fait disjoncter les neurones des gens les plus équilibrés. A partir du moment où la valeur d’un bien, humain ou pas, dépasse l’entendement et n’a plus de rapport avec la réalité et le simple bon sens, c’est le début des dérives de tous ordres. Que ce soient la folie spéculative des marchés financiers ou l’attribution de valeur démesurée à des pousseurs de baballes décérébrés, le cataclysme est au bout de la route : les crises financières mondiales régulières, les fraudes massives existant dans ces sports où le fric a pris le pas sur l‘intelligence.

    N’en déplaise à Guillaume Roquette (patron du FigMag), le marché n’est pas toujours un bon juge de paix, il est parfois nécessaire de l’encadrer par de la réglementation, sauf à accepter d’être régulièrement confrontés à ces faillites morales et financières. La fraude mafieuse mise à jour en ce moment dans le fouteballe ne fait que confirmer ce fait.

  • Religion : la victoire des extrémistes

    Encore des égorgements d’otages par des fanatique religieux au Moyen-Orient, encore des images de terreur diffusées par l’Orient vers l’Occident sous couvert de mission divine, mais cette fois-ci les égorgeurs passent à visage découvert sur YouTube et on y identifie des citoyens français, en l’occurrence un gamin normand, et bien normand, qui découpe en deux, au couteau, un otage syrien !

    Les religieux qui cherchent à prendre le pouvoir en Iraq et en Syrie, voire ailleurs, n’ont pas encore gagné militairement mais ils ont sans doute emporté une victoire sur les âmes des mécréants occidentaux qu’ils veulent abattre. Ils ont réussi à convaincre des citoyens, français et britanniques notamment, d’abandonner le confort de leur vie occidentale pour venir combattre pour Dieu en égorgeant ses soi-disant ennemis. Une telle conversion est juste incompréhensible pour les gens normalement constitués. Elle est le fait de la religion qui seule peut défaire à ce point la raison.

    La justice internationale va se saisir de ces crimes et poursuivre les coupables qui clament ne rêver que du martyr, ce qui rend un peu limitée l’effet de la menace de sanctions humaines. Ben Laden disait : « nous aimons la mort comme vous aimez la vie ! » Le combat contre ces religieux avec des moyens démocratiques va être compliqué.

  • « On va dire » : stop aux tics verbaux compulsifs

    L’envahissement du tic verbal compulsif consistant à commencer toutes ses phrases par « on va dire… » atteint des proportions alarmantes, non seulement les plateaux télévisés, les interviews de fouteballeurs, mais aussi les élus, Mme. Michu chez le boucher, etc. etc. Une population de 65 millions de français atteinte par le syndrome de la répétition d’une mode verbale sans queue ni tête.

    Il faut stopper la viralité de ce trouble compulsif et arrêter de le répéter comme un réflexe ! En lutte contre le « on va dire… ».

  • Les candidats et l’homosexualité

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    Rigolo : Sarkozy se prend les pieds dans le tapis devant un parterre de militants UMP contre le mariage homosexuel ; il explique successivement qu’il faudra réécrire de fond en comble la loi légalisant cette union, puis qu’il faudra abroger le texte actuel, puis qu’il faudra prévoir un mariage hétérosexuel et un mariage homosexuel en parallèle, le tout dans un brouhaha de fête foraine. On ne sait pas bien ce que pense ni ne veux le candidat, sans doute pas grand-chose sinon être élu, et pour ce faire il faut bien donner des gages à ceux qui envisagent de voter pour vous.

    Cela ne ressemble même plus à un débat de Café du Commerce mais à un dialogue d’ivrognes en fin de beuverie. Quelle défaite de l’intelligence !

  • Llyod Cole – 2014/11/15 – Paris Gaîté Lyrique

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    Lloyd Cole nous fait l’amitié de venir chanter ce soir à la Gaîté Lyrique comme il en a pris l’habitude tous les deux ou trois ans. Il débarque seul avec ses deux guitares et un cahier de partitions posé sur un chevalet qu’il consulte fort peu d’ailleurs.

    Cheveux gris, il porte beau ses 55 printemps, habillé avec négligence, rasé d’il y a quelques jours, il est notre troubadour de passage, notre charmeur britannique qui ne se lasse pas de nous ravir avec sa voix de velours sur ses compositions délicates.

    Après ses années électriques avec The Commotions dans les 80’, le garçon continue d’assurer une production musicale régulière, un peu folkeuse, un peu électrique, c’est selon. Ses tournées sont fidèles, acoustiques et le plus souvent solitaires. Mais en 2010 il jouait avec son small ensemble de deux guitaristes acoustiques nous délivrant tous à trois un sommet de poésie. Il était à La Maroquinerie l’an passé pour nous présenter Standards, un retour vers le rock, alors cette année il nous rend juste une visite de courtoisie pour entretenir le souvenir de sa musique douce et sa voix mélancolique.

    Plein d’humour britannique il fait un peu dans l’autodérision entre ses chansons, taquine un excité de l’aïe-phone qui le filme en contrechamp du pied de la scène et en le menaçant de ses foudres s’il publie son double-menton sur YouTube.

    Mais surtout il chante ses compositions en s’accompagnant de sa guitare dont il joue avec dextérité. Il fait infuser tant de romantisme et de souvenirs dans l’âme des quinquas qui se pressent à chacune de ses venues à Paris. Il nous sert bien entendu quelques classiques réinterprétés solo, ce soir nous aurons les larmes aux yeux sur Jennifer : Jennifer we can’t go wrong let’s do it right now/  Maybe you were a little hasty/ But they say love is blind/ Now her name on you/ Jennifer in blue/ Jeeeenifer in blue…

    Il a accompagné le parcours des post punks qui ont maintenant, avec lui, l’âge de raison. Il écrit cette musique charmante, la joue, aligne les tournées, maintient un site web intéressant (https://www.lloydcole.com) sur lequel il blogue régulièrement, explique ses projets, développe ses archives, bref, du rocker au crooner il reste un musicien dédié corps et âme à son art, pour notre plus grand bonheur.

    Lloyd en 2015

    Lloyd and The Commotions en 1987

  • Les candidats et l’homosexualité

    Cela devient maintenant un passage obligé et tout candidat à quelque poste publique que ce soit en France doivent se justifier de leurs positions sur le mariage homosexuel devant les associations diverses et variées pro et anti. C’est un peu pathétique et cette après-midi les trois prétendants à la présidence de l’UMP sont passés à la question devant des abolitionnistes UMP de la loi ayant instauré le mariage homosexuel. En début de semaine, Alain Juppé, candidat à la présidence de la République, avait pris position dans les Inrockuptibles pour l’adoption par les couples homosexuels.

    Il serait utile que tous ces beaux esprits passent également du temps à réfléchir sur comment sortir la République de l’ornière financière dans laquelle 40 années de gabegie et d’incompétence l’ont plongée. C’est un problème qui concerne la majorité des citoyens, il devrait donc être prioritaire sur le traitement des sujets mineurs.

    Il est par contre intéressant de voir l’habilité des pro et des anti mariage homosexuel à faire mettre en haut de l’affiche politique des sujets concernant une minorité !

  • Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Nabilla ou l’effondrement intellectuel d’une population

    Nabilla, bombasse à gros seins, ex-vedette de télé-réalité, est mise en examen et emprisonnée, soupçonnée d’avoir poignardé son compagnon qui est blessé. Ce fait divers remet en haut de l’affiche ce personnage tellement symbolique de l’effondrement intellectuel de la société d’aujourd’hui.

    La miss est devenue célèbre dans une émission dite de télé-réalité où en fait de réalité des chaînes de télévision avides laissent s’affronter la bêtise humaine devant des spectateurs hélas captivés. Elle utilisa ensuite cette célébrité pour lancer une marque de lingerie féminine où s’afficher sur des calendriers pour camionneurs et dans la presse de caniveau pour salon de coiffure.

    Nabilla c’est le fruit d’une société abrutie depuis plusieurs générations par les matchs de fouteballe et les journaux télévisés de TF1, une société où l’on préfère Zemmour à Zola, où quand on demande à un gamin à quoi sert la Marseillaise il répond : « c’est utile pour être fouteballeur », où un ministre confond Voltaire avec Zadig et Voltaire, où la maîtresse d’un président de la République à peine virée de la chambre conjugale publie un livre vengeur, etc…

    Une société où les messages tweets en 140 signes ont pris le pas sur la pensée ne peut guère espérer ériger de grands intellectuels comme modèles pour ses enfants. Nabilla est une pauvre gamine à qui la gloire éphémère dans la presse pipole est montée dans une tête un peu vide et qui s’est transformée en criminelle. C’est regrettable, surtout pour son compagnon poignardé, c’est affligeant pour l’évolution du genre humain.

    Nabilla relève de la psychiatrie, elle sera soignée d’une façon ou d’une autre. Le relèvement de notre civilisation risque d’être plus long et difficile.

  • Les forbans délateurs

    L’un des grands questionnements qui anime la bulle parisiano-médiatique de salon est de savoir si la guerre des boutons entre Fillion-costume-étriqué et Jouyet-le-délateur-de-l’Elysée relève ou pas de l’affaire d’Etat. Voilà une vraie interrogation ! Et d’abord qu’est-ce qu’une affaire d’Etat versus une affaire qui n’est pas d’Etat ?

    C’est la même différence qui existe dans le protocole diplomatique entre une visite d’Etat et une simple visite de président. Dans la visite d’Etat la puissance recevant déplie le tapis rouge et épais jusqu’à la passerelle de l’avion de l’invité et la fanfare claque l’hymne national lorsque le noble hôte met le pied sur le sol de France. A table le soir le visiteur « d’Etat » est reçu avec l’argenterie de luxe : 4 verres cristal, 4 fourchettes et 3 couteaux. Le modèle pas d’Etat est plus modeste, pas de tapis à l’aéroport ni de revue militaire, dîner avec moins de couverts bien que sous les ors de la République.

    Dans l’affaire qui nous occupe il semble qu’il s’agisse d’une super affaire d’Etat. Quelle que soit, la vraie vérité est une des deux hypothèses :

    • Soit, Fillon, ancien premier ministre (de droite), demande à la présidence de la République (de gauche) d’intervenir dans un processus judiciaire pour casser les reins d’un de ses concurrents lui-même ancien président de la République (de droite),
    • Soit, si cette première hypothèse n’est pas la bonne, le secrétaire général de la présidence de la République monte une histoire abracadabrantesque et la diffuse dans la presse pour nuire à l’opposition.

    Dans un cas comme dans l’autre la perversion de ces gens dépasse l’entendement !

    A ce jour on ne sait toujours pas qui des deux a réglé l’addition chez Le Doyen, car ces gens-là font le mal, certes, mais au moins le pratiquent-ils dans un restaurant de luxe.

  • Les forbans incompétents

    Il est temps que l’année se termine car notre petit monde politico-franchouillard vole d’exploit en exploit et il faudrait qu’il prenne quelques vacances afin de s’éloigner des plateaux télévisés sur lesquels il semble prendre un si malin plaisir à commettre bévue sur bévue.

    La dernière : Le Monde publie un article dans lequel est narré que le secrétaire général de la présidence de la République, un certain Jouyet, ancien ministre de droite, a raconté (enregistrement faisant foi) que Fillon-costume-étriqué aurait déjeuné avec lui (chez Le Doyen quand même, il n’est pas précisé qui a réglé la facture : l’Elysée ou l’UMP, à moins que l’un d’eux n’ait payé personnellement ?)  pour demander que l’Elysée accélère les procédures judiciaires en cours contre Sarko-l’agité afin de l’empêcher de revenir dans la course à la présidence de la République.

    Les deux protagonistes démentent dans un premier temps, puis Jouyet déclare que ce déjeuner a bien eu lieu et qu’ils ont parlé des affaires judiciaires de l’UMP sans plus de précisions, Fillon s’étrangle de fureur, explose dans son costume étriqué, attaque en justice les journalistes du Monde, menace de poursuivre Jouyet, son ancien ministre des affaires européennes, pour calomnie et affirme que jamais, au grand jamais, il n’aurait cherché à nuire à Sarko-le-petit-bonhomme. Et tout le monde rigole…

    On ne saura jamais ce qui a été dit ou pas car ce sera parole contre parole mais ce que l’on sait c’est que ces deux sont capables du pire, et même pire !

    Ce qu’on peut retenir de cette querelle de cour d’école :

    • Deux hauts dirigeants prennent sur leur temps d’aller faire papote chez Le Doyen tels M. et Mme. Michu au Café du Commerce. N’ont-ils rien de d’autre à faire ?
    • Le secrétaire général de la présidence de la République prend sur son temps de recevoir deux journalistes pour leur raconter son déjeuner de concierges chez Le Doyen.
    • Ces dirigeants de rencontre ne font pas le boulot pour lequel ils sont payés. S’ils travaillaient dans ce secteur privé et libéral qu’ils portent aux nues, cela fait longtemps qu’ils auraient été licenciés pour incompétence.
  • Les épiciers discount du libéralisme

    La presse mondaine semble découvrir que le Luxembourg est un Etat qui attire les entreprises en leur proposant des statuts fiscaux plus avantageux que ceux existant dans leurs pays d’origine. C’est ce qu’on appelle la concurrence fiscale : on met en place des niches pour attirer le capital en quête d’économie d’impôts. Il est généralement plus facile de baisser les coûts fiscaux que les coûts industriels, il suffit d’aller s’installer au Luxembourg, ou en Suisse, au Lichtenstein, ou dans l’un des multiples paradis fiscaux existant en Europe voire plus loin.

    Les multinationales vont faire des économies fiscales dans les paradis du même nom comme Mme. Michu va au magasin de hard-discount du coin de la rue.

    Les Etats européens n’ont jamais voulu communautariser leurs politiques fiscales pour garder la haute main sur cette matière éminemment stratégique puisque c’est elle qui remplit le tiroir-caisse. Il en résulte qu’ils se font une sévère concurrence pour attirer le chaland, c’est légal et la conséquence normale et prévisible du libéralisme cher au FigMag. Le Luxembourg fait plutôt bien les choses en ce domaine, mieux que les autres en tout cas, et depuis des décennies, ce n’était pas un secret lorsque le patron luxembourgeois de la Commission européenne a été désigné, lui qui a été premier ministre du Luxembourg pendant de très nombreuses années. N’ayons pas l’air de le découvrir aujourd’hui !

    Malgré tout, et n’en déplaise à Guillaume Roquette (patron du FigMag), un certain nombre de réactions publiques sont actuellement en cours pour rendre un peu plus décente l’optimisation fiscale des grandes entreprises libérales. Même les Etats-Unis d’Amérique s’émeuvent de voir des groupes déplacer leurs sièges sociaux vers des paradis fiscaux aussi vite qu’Obama change ses costumes, par ailleurs très élégants. Les Etats-Unis ont réussi à forcer la Suisse leur communiquer les noms des citoyens américains détenant des comptes dans leurs banques afin de vérifier si ceux-ci sont correctement déclarés. Ils sont en train de prendre des lois du même ordre pour empêcher leurs entreprises de s’exiler au détriment des recettes fiscales nationales. Ne doutons pas qu’ils exercent en parallèle les pressions politiques nécessaires sur les Etats d’accueil afin de limiter leur hard-discount d’épiciers.

    Les plus libéraux peuvent parfois tourner leur veste et abdiquer de leurs certitudes lorsqu’ils sont touchés au porte-monnaie !

     

  • Déficit de récit et escroquerie intellectuelle

    Le président de la République passe à la télévision, TF1 en l’occurrence, où il rencontre des vrais gens c’est-à-dire quatre français choisis par la chaîne commerciale qui racontent leurs malheurs en direct à un président contrit. Ca fait populo et participatif à souhait, bref, inutile et racoleur, bien dans l’air du temps. On se demande ce que fait un président dans une telle enceinte !

    A l’issue de cette émission les journalistes glosent sur ce président qui n’a pas su combler son déficit de récit. Oui, vous avez bien lu : déficit de récit. C’est le nouveau concept vide développé par des armées de communicants nuisibles, les mêmes qui ont su persuader François Hollande d’aller perdre son temps sur le plateau de télévision ce jeudi soir au lieu de bosser pour la France. Le déficit de récit donc, on ne sait pas trop ce que cela veut dire, on comprend vaguement qu’il s’agit pour un individu de raconter des bobars aux populos, mais on en est pas bien sûr. En tout cas, cela fait un déficit de plus à gérer pour ce malheureux Hollande sur qui tous les journalistes mondains tombent à bras raccourcis suite à sa prestation télévisée de ce soir.

  • Les bétonneurs réunionnais réclament des subventions

    Le coté racoleur de notre société d’aujourd’hui s’illustre désormais très régulièrement par des adresses au président de la République, au gouvernement ou à certains de ses membres, par des corporations qui publient de pleines pages dans la presse pour expliquer à Mme. Michu combien lesdites corporations sont malheureuses et maltraitées. Nous avons eu ces dernières semaines les notaires, les avocats et quelques autres, nous avons aujourd’hui les bétonneurs de l’Ile de la Réunion qui réclament des mesures de défiscalisation additionnelles pour l’immobilier dans leur département d’outre-mer (DOM).

    La défiscalisation, rappelons-le, consiste à faire financer par les contribuables n’en bénéficiant pas, la baisse des impôts de ceux qui en bénéficient. En gros, on crée une niche fiscale pour favoriser l’investissement dans tel ou tel secteur ou région. En ne payant pas (ou moins) d’impôt sur son investissement l’investisseur en améliore la rentabilité et sera en principe plus incité à investir dans ce secteur ou cette région. Le problème est bien entendu que comme toute mesure de faveur elle crée des jalousies et provoque des perversions sous formes d’investissements purement fiscaux ou non productifs, voire même de malversations. Et les niches fiscales dans les DOM-TOM ont un long passif à cet égard.

    La conséquence de ces niches est une baisse immédiate certaine des recettes de la République en échange d’une potentielle augmentation plus tard. Dans certains cas cela est efficace, dans d’autres, pas. Dans tous les cas il faut financer la baisse immédiate des recettes et l’on compte sur le reste des contribuables pour ce faire, entreprises et ménages.

    Il est toujours croquignolet de voir le secteur économique privé réclamer des hausses de subventions publiques en leur faveur par l’Etat, hausses qu’ils devront financer d’une façon ou d’une autre avec les ménages. C’est une bonne illustration de la schizophrénie française qui consiste à déconnecter les recettes et les dépenses publiques et à croire que l’on peut à la fois réclamer des hausses de dépenses et des baisses de recettes, ou vice-versa !

    Heureusement ces encarts commerciaux sont qualifiés de « Publicité » par les journaux sérieux afin que Mme. Michu, s’il lui prenait la fantaisie de les lire, comprenne qu’il s’agit d’une demande corporatiste et non d’une investigation journalistique. Accessoirement ces publicités font vivre la presse, c’est sans doute là leur principale fonction sociale.

  • L’actualité des (petites) banques

    Le fonds d’investissement LSK (Leyne Strauss-Kahn Partners), à peine fondé par notre inénarrable DSK et l’un de ses potes, dont il avait pris la présidence pour lui faire bénéficier de « sa vision globale et son expertise unique » et développer une banque d’affaires, consistant, en gros, à faire fructifier les sous des membres de son carnet d’adresses, le fonds LSK donc, est en faillite et le pote fondateur s’est suicidé ! Triste début.

    DSK qui par ailleurs fait également bénéficier les gouvernements de Serbie et du Soudan Sud, entre autres, de « sa vision globale et son expertise unique », a vraiment la poisse. Il devrait monter un bureau d’expert-comptables en province ce serait un business plus durable et reposant, plutôt que de passer sa vie dans des avions et des salons diplomatico-mondains à délivrer du conseil dont on imagine bien ce qu’en font les récipiendaires, surtout ceux de Juba…

    A quoi peut donc bien servir un conseil de DSK (sans doute fortement rémunéré) à un gouvernement étranger ?

  • Metronomy – 2014/11/01 – Paris le Palais des Sports

    Les Metronomy sont au Palais des Sports ce soir avec leur pop tressautante et entêtante. Un groupe de quatre britanniques mené par Joseph Mount, multi-instrumentaliste, chanteur et auteur-compositeur, avec Anna Prior batterie et chant, Oscar Cash multi-instrumentiste et Olugbenga Adelekan, bassiste et animateur scénique ! Pour la tournée ils sont renforcés par un cinquième compère.

    La scène est léchée et proprette sur fond de nuages roses, on dirait une pièce montée pour un mariage. Les musiciens sont tous habillés à l’identique : costume crème sur chemise foncée. Olugbbenga, portrait craché de Patrice Lumumba, fait le spectacle. Joseph avec sa guitare accrochée très haut pose sa voix nasillarde sur ses musiques, Anna placée en hauteur et au milieu de la scène fait les chœurs derrière ses fûts et les deux autres assurent derrière claviers, guitares et micros.

    La musique, souvent instrumentale, coule comme un torrent au milieu des rochers, agrémentée de petites ritournelles de clavier qui lancent les morceaux en nous ramenant aux années 80’. Le groupe est agile et malin, l’ambiance est dansante et détendue, quelques chansons nostalgiques calment une assistance un peu midinette. Boules à facettes et guirlandes clignotantes ajoutent la touche kitsch de circonstance.

    Metronomy, un groupe sympa et formaté poppy-FM qui nous fait passer une soirée gentillette, pourquoi bouder son plaisir ?

    Setlist : 1. Holiday/ 2. Radio Ladio/ 3. Love Letters/ 4. Everything Goes My Way/ 5. The Look/ 6. I’m Aquarius/ 7. Reservoir/ 8. She Wants/ 9. Side 2/ 10. Corinne/ 11. The Upsetter/ 12. Heartbreaker/ 13. Boy Racers/ 14. Month of Sundays/ 15. The Bay/

    Encore : 16. Love Underlined/ 17. You Could Easily Have Me

  • Irresponsabilité budgétaire française

    Des bretons en colère, patrons et employés, dégradent les biens publics pour se révolter contre l’écotaxe devant entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Leur argumentation n’a que peu d’importance, leur violence a fait peur au gouvernement qui suspend cet impôt sine die.

    Cela devient une habitude, nombre de nouveaux impôts à peine annoncés, voire votés, sont remballés par le gouvernement à la suite de manifestations ou d’états d’âme de contribuables, de corporations diverses et de lobbies variées. Ces politiques de stop and go sont nuisibles et inopportunes. Il conviendrait de responsabiliser les citoyens et leurs responsables avec une règle d’or qui oblige les dirigeants politiques quand ils annulent un impôt déjà voté à annoncer le mode de compensation retenu : soit par quel impôt il sera remplacé, soit par quelle annulation de dépense il sera compensé.

    C’est ainsi qu’il faudrait dire : « la suspension de l’écotaxe en Bretagne sera compensée par le rétablissement des droits de succession en Corse » ou alors : « la baisse de la TVA sur les billets d’entrée au cinéma et au musée sera compensée par une augmentation de la TVA sur le vin et la bière » ou encore : « le renoncement à la nouvelle fiscalité sur les produits d’épargne sera compensée par la fermeture de x tribunaux d’instance » etc.

    Comme à la maison en fait, une dépense supplémentaire ou une recette en moins doivent être financés. Quand on achète le dernier aïe-phone il faut renoncer à quelques fringues ou à sa nouvelle paire de Ray-Ban pour l’été. Il en va ainsi de la logique budgétaire.