Auteur/autrice : Rehve

  • Négociations de dupes ?

    Après avoir en principe arrêté d’utiliser les armes chimiques dans la répression contre ses opposants le régime syrien continue à employer avec un bel enthousiasme ses armes conventionnelles contre le magma des groupes divers et variés en lutte contre le pouvoir. Au passage lesdits groupes s’opposent également les uns aux autres les armes à la main, et il reste toujours une moitié de pays pour soutenir le clan El Assad.

    Tout ce petit monde va se parler bientôt en Suisse sous l’égide de l’ONU et d’une coalition hétéroclite de puissances aux intérêts divergents. C’est déjà mieux que de ne pas se parler, mais on n’est pas sorti de l’auberge. Pauvre Syrie !

    Espérons en tout cas que si le rejeton El Assad quitte le pouvoir, il aille s’installer à Moscou plutôt qu’à Paris où son oncle Rifaat coule des jours heureux après avoir servi le pouvoir syrien et le parti Baas à diverses fonctions régaliennes et surtout à la tête de forces soi-disant d’élite, mi loyales mi milices. Quand il a commencé à trop agacer Damas il a été conduit vers l’exil et il a choisi Paris en 1984, où en plus la République l’a décoré de la légion d’honneur, on ne sait trop pour quels services rendus ? Il semble qu’il ne passe que de temps en temps dans sa résidence de l’avenue Foch et le garçon commet de loin en loin quelques interviews chez les médias français pour expliquer comment instaurer la démocratie en Syrie… un vrai régal.

    Evitons une nouvelle pantalonnade de ce type en accueillant d’éventuels futurs exilés du pouvoir syrien.

  • Exposition Europunk à la Cité de la Musique

    Derniers jours de l’exposition Europunk à la Cité de la Musique ou le retour sur un mouvement musical et sociétal qui a fait exploser la planète rock à la fin des années 70’ ! L’exposition resitue ce mouvement dans son époque : la bande à Bader en Allemagne fédérale, l’invasion de l’Afghanistan par l’Union Soviétique, la fin des illusions soixante-huitardes, la violence économique du Thatchérisme au Royaume-Uni… Une époque de colère et de renoncement, illustrée par l’exposition des ronéos et tracts annonçant les concerts des hurluberlus punks et diffusant les journaux Bazooka, Métal Urbain… et autres feuilles de choux du milieu punky-musicos qui s’agitaient alors autour des Sex Pistols.

    Et puis bien sûr il y a la musique : la première pièce de l’exposition fait exploser le visiteur avec Anarchy in the UK joué sur grand écran par un Jonny Rotten halluciné :

    I am an anti-Christ/ I am an anarchist,/ Don’t know what I want/ But I know how to get it./ I wanna destroy the passerby/ ‘Cos I wanna be anarchy,/ No dogs body…/ Anarchy for the UK/ It’s coming sometime and maybe/ I give a wrong time stop a traffic line./ Your future dream is a hopping scheme/ Cause I wanna be anarchy,/ It’s in the city…

    Les vidéos s’enchaînent avec les Buzzcoks, Public Image, The Clash, les évolutions new-wave que furent Joy Division, Wire, Magazine, Edith Nylon, X-Ray Spex et l’inoubliable Polystirenne, etc… Un vrai bain de jouvence !

  • La gauche et l’économie

    En pleine forme notre président à la double vie (privée) : il fait un tabac à sa conférence de presse sous les ors de l’Elysée en annonçant qu’il va réduire les charges des entreprises en les exonérant des cotisations familiales. Nouveauté : cette mesure serait financée non pas par un transfert sur le contribuable mais par une baisse des dépenses publiques. On se souvient en effet que le crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (Cice) annoncé en 2012, en gros une baisse des impôts des entreprises, doit être financé par le consommateur via un relèvement de la TVA intervenu depuis le 1er janvier de cette année. C’est un mode de financement similaire à celui de la TVA dite « anti-délocalisation » dans sa version sarkoziste et que la majorité précédente n’avait pas eu le temps de mettre en œuvre.

    En l’espèce, la politique familiale devrait désormais peser sur le contribuable à qui l’on demandera moins dans d’autres domaines. Le choix des lignes budgétaires sur lesquelles il va falloir rogner sérieusement risque d’être sportif et annonce des sommets de démagogie et de mauvaise foi, à moins que, pour la première fois depuis 1945 une sorte d’union nationale se fasse, au moins sur ce sujet ? Ce serait juste : le choix des domaines où il faudra réduire le train de vie de la République, ce dont tous les citoyens souffriront d’une façon ou d’une autre, mériterait un accord d’une grande majorité du peuple et de ses représentants.

  • Vie publique – Vie privée

    Incroyable : notre bon président Hollande que la France entière accuse depuis 18 mois d’être mou et indécis aurait une liaison avec une starlette ! Des photos de la presse pipole le montrent sortant en scooter de chez sa maîtresse. Du coup sa maîtresse officielle fait un malaise vagal et se retrouve en repos à l’hôpital. Un vaudeville inattendu qui fait la une des journaux français et occidentaux…

    La politicaille et la presse mondaine ressortent les vieux débats sur « vie privée et vie publique pour un président de la République ». Ce qui est sûr c’est que sa double vie se fait au détriment de ladite République. Le garçon est tout de même payé par les contribuables pour veiller au feu nucléaire et à la gestion du pays 24 heures sur 24, pas pour batifoler. Pour ceux qui ont déjà vécu ce genre de situation, ils en connaissent les contraintes : il faut mentir, se cacher, bref le double-jeu occupe l’esprit et prend du temps. Cela ne rentre donc pas dans les attributs d’un président qui a autre chose à faire et doit considérer sa charge comme un sacerdoce.

  • Dieudonné remue la fange

    L’affaire Dieudonné continue à décliner ses abysses de bêtise. Le plus intriguant dans ce psychodrame c’est l’accumulation de frustration et de rejet que concentrent des personnages comme le Dieudonné, ou son ami Anelka, un footeux guadeloupéen surpayé qui a fait le signe de la quenelle à l’occasion d’un but marqué en expliquant qu’il n’était pas antisémite mais antisystème… L’un et l’autre portent la barbe façon taliban, l’un et l’autre font un doux mélange entre le colonialisme, la traite des noirs, l’islam (Anelka s’est converti à la religion musulmane), le capitalisme, la négritude et la judéité, et bien d’autres…

    Des idéologies mal comprises dans des cerveaux aux capacités limitées, dont l’imaginaire véhicule un rejet des blancs pour tout ce que leurs ancêtres ont commis contre les peuples africains, tout en ne rêvant que d’une chose c’est de singer ces blancs dans ce qu’ils ont de plus détestable. C’est un amour-haine qu’ils n’ont jamais réussi à résoudre et qui donne à son paroxysme les résultats que l’on voit : Anelka se disant « antisystème » (il faut quand même le faire pour un fouteballeur surpayé !) ou Dieudonné surfant sur la vague antisémite, qui n’est jamais très loin dans la vieille Europe, pour tenter de défendre la cause noire. C’est la grande lessive des sentiments dans le tambour de la confusion de plusieurs générations dévastées par la télé-réalité, les journaux gratuits et de port de la capuche qui, en pesant de façon continue sur le cortex, réduit sur le long terme les capacités réflexives (il est à noter que la-casquette-à-l’envers sous la capuche accentue encore la pression sur l’occiput et les troubles cognitifs). Tout s’enchevêtre dans ces esprits mal tournés ou mal formés.

    C’est un drame de l’ignorance plus que du racisme ; des comportements qui relèvent de la psychothérapie. Le problème c’est qu’il faudrait appliquer cette thérapie à tout un peuple. Les cas de Dieudonné ou Anelka sont irrécupérables et il faut les traiter en justice s’ils contreviennent à la loi, mais pour les spectateurs qui se pressent aux spectacles du premier et sans être un incorrigible humaniste, on peut penser que toujours plus d’éducation et de pédagogie doivent pouvoir améliorer la situation, mais il faut trouver le bon réglage entre reconnaissance du passé et gestion du présent, enseignement de la shoah versus la traite négrière, colonialisme en Afrique, du et au Moyen-Orient, du et en Asie. Ce n’est pas facile, et à défaut le populo est victime de tous les populismes diffusés par Dieudonné et ses clones.

  • Météo participative

    C’est quoi « la température ressentie » ? Les bulletins météo parlent maintenant de température en degrés Celsius et en degrés ressentis. Cela doit être un nouveau concept de météo participative.

  • Les « bullshit jobs »de David Graeber

    David Graeber est un économiste américain iconoclaste, plutôt du genre libertaire. Il a produit un article hilarant en 2013 « Bullshit-jobs_David-Graeber » qui narre l’émergence de ces boulots parasites qui peuplent les marchés du travail occidentaux. Sa théorie est que le progrès technique a entraîné une baisse massive des emplois productifs (l’industrie pour faire simple) et plutôt que de baisser les heures travaillées par personne, nos sociétés ont choisi de créer moult emploi qui ne serve pas à grand-chose (juristes d’entreprises, consultants en ressources humaines, en communication, relations publiques, etc. Ce sont les « Bullshit jobs », les emplois foireux, un système à la soviétique que le marché ne devrait en principe pas tolérer, à moins qu’il ne soit pas aussi parfait qu’on ne le dit.

    L’amélioration de la productivité aidant, le gâteau du travail à se partager diminue ou au mieux reste stable, mais plutôt que de donner plus de temps libre, Graeber pense que les dirigeants aux commandes du système n’aiment pas que le populo dispose de trop de temps libre et de bonheur, générateur de contestation voire de révolution. Donc on crée ces emplois improductifs et bureaucratiques, qui n’épanouissent pas les travailleurs concernés, ne créent que fort peu de richesse donc n’agrandissent pas le cake de la richesse à se partager, d’où nombre d’emplois précaires ou très peu payés.

    En fait c’est la théorie des 35 heures des socialistes français des années 90’ : on partage mieux le marché du travail en travaillant moins par personne mais en créant plus d’emplois. Evidemment, il faut aussi mieux partager le gâteau des revenus qui lui est stable… c’est sans doute là que le bas blesse. Si la taille du cake est plus ou moins constante et que le nombre de convives augmente régulièrement, même un enfant peut comprendre la situation : soit la part moyenne par mangeur diminue, soit elle augmente pour certain et d’autres n’ont rien à manger. C’est assez simple. La vraie question est de savoir si le gâteau peut continuer à grossir en Occident !

  • L’usure du pouvoir en Turquie ?

    La Turquie est prise dans une agitation politicienne marquante depuis ces dernières semaines. Gouvernée depuis dix ans par un parti religieux et dirigée par Erdogan, un moustachu énergique, elle a connu un développement économique plutôt favorable et continué, sans trop d’enthousiasme ni de certitude, ses négociations pour adhérer à l’Union européenne, entamées depuis le Traité de Rome en 1958.

    Sûr de lui Erdogan a plutôt finement mené sa barque, faisant doucement évoluer le pays vers un islam politique raisonnable, sans remettre fondamentalement la laïcité kémaliste, muselant progressivement l’armée, traitant avec l’opposition kurde, restant un membre clé de l’OTAN, et surtout donnant de la croissance économique à ses électeurs, ce qui fait passer bien des pilules et a permis les réélections successives de son parti AKP au cours de processus démocratiques.

    Depuis 2013 les choses ne sont plus si simples et le garçon dérive quelque peu vers une direction autoritaire qui déplaît à nombre de ses citoyens. On se souvient des manifestations étudiantes début 2013 réprimées sévèrement, voici maintenant qu’éclate un scandale de corruption qui touche certains de ses proches au gouvernement et le plus grosse banque publique. Tout ce petit monde aurait commercé avec l’Iran sous embargo et trafiqué avec la Perse. Erdogan éructe, accuse ses opposants, l’étranger, l’ambassadeur américain, bref, la terre entière de ses déboires. Il a été obligé de remplacer la moitié de ses ministres dont certains ont été arrêtés par une justice faisant preuve d’une indépendance plutôt inattendue… Il jure qu’il ne démissionnera pas.

    Quoi qu’il en soit, le pouvoir use et sauf quelques très rares exceptions, 10 années aux commandes pour une même personne est une durée qui entraîne forcément tentations et dérapages, isolement et ambition dévorante, révérence de l’entourage et déconnection avec les réalités. Nous en sommes là en Turquie !

    Le lascar risque sans doute de perdre quelques électeurs (les jeunes et les modernes) dans l’aventure mais devrait en garder suffisamment pour que lui et son parti soient réélus aux prochaines échéances, prolongeant encore ainsi son consulat sur le pays.

  • Commerce d’otages au Nigeria

    Un curé français retenu en otage au Nigeria, sans doute par la secte des Boko Haram, qui prône l’application de la charia dans tout le pays mais ne néglige pas de remplir ses caisses en se livrant au commerce (ou au massacre) des otages, a été libéré le 1er janvier.

    Alors que la presse l’interroge sur sa détention qui ne s’est pas trop mal passé comparée à d’autres, il explique que « ces gens n’ont de compassion pour personne, ils travaillent pour eux ». Heureusement que c’est un prêtre qui le dit, d’autant plus que le garçon a l’air d’avoir le cœur sur la main et semble épris de bonté catholique à l’égard de son prochain.

    Il est bon de dire quelques vérités sur ce sujet. Il serait également opportun que nos Etats disent la réalité en ce qui concerne le paiement des rançons car ne nous y trompons pas, il y a certainement de l’argent qui est versé à ces despérados qui n’ont de compassion pour personne ! Les dirigeants français jouent sur les mots et affirment que la France ne paye pas de rançon. Certes, l’Etat n’a sans doute pas signé un chèque prélevé sur le Trésor Public, mais les entreprises, comme Areva pour les ex-otages du Niger, voire certains Etats « amis », comme le Qatar pour les infirmières bulgares de Lybie, ou le Cameroun dans le cas de notre bon curé, ont versé de l’argent. Comment imaginer autrement que les otages fussent libérés. Si les ravisseurs n’ont pas été payés avec de l’argent ils l’ont été avec des armes ou toutes autres marchandises susceptibles de satisfaire leur rapacité.

    Pourquoi ne pas le dire que ces gens font du commerce d’humains ? Ce serait les faire apparaître tels qu’ils sont : des businessmen bien éloignés de toute considération religieuse ou morale. Qui sait, peut-être certains de leurs fans trouveraient à y redire ? La raison officielle pour justifier ce silence coupable est de ne pas favoriser ce business en affichant que la France paye pour récupérer ses otages. Restons sérieux, les gens impliqués dans ce trafic savent bien qui paye et qui ne paye pas, alors quitte à payer, faisons le savoir : combien, à qui, par quels canaux ! Soyons transparents autant que ces despérados sont manipulateurs.

  • THC et grands espaces


    THC c’est le tétrahydrocannabinol, en gros, le principe actif de la marijuana… Voilà un tagueur pour qui la vue sur les grands espaces marins de la plage de Porz-Termen ne suffit pas à faire décoller !

  • Créativité en Syrie

    C’est la nouvelle année et le régime syrien continue à réprimer ses opposants en bombardant à tout va, mais pas avec des armes chimiques. Depuis quelque temps, il semble que pour économiser ses missiles, l’armée syrienne balance des barils remplis d’explosif et de clous sur les immeubles d’Alep. Artisanal, mais redoutable !

  • TVA multiple en France

    Suite au harcèlement de différents lobbies (le secteur immobilier, celui du cinéma notamment) qui ne voulaient pas se voir augmenter leur taux de TVA, le gouvernement a finalement renoncé à diminuer le taux « réduit » de 5,5 à 5% pour financer ce resquilleurs. De ce fait nous avons donc 3 nouveaux taux de TVA depuis hier : 20%, 10% et 5,5%. Cette réforme est destinée à financer en partie le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi dont bénéficieront les entreprises. A défaut de savoir faire baisser les charges de entreprises, nous les transférons des entreprises vers les consommateurs, c’est déjà ça !

  • Du terrorisme aussi en Russie

    Volvogad a vaincu le péril nazi et inversé la cours de la deuxième guerre mondiale lorsqu’elle s’appelait Stalingrad. La voici aujourd’hui confrontée au défi du terrorisme, sans doute caucasien. Des cinglés se sont fait exploser dans la ville à des heures et lieux d’affluence. Il y a des dizaines de morts.

  • Bonne quenelle !


    Dieudonné fait le buzz de cette fin d’année : outré par ses errements antisémites, l’Etat voudrait faire interdire ses spectacles mais ce n’est pas si facile dans un pays où la liberté d’expression est protégée par la Loi. C’est un peu comme les flagrants délits des délinquants, il faut attendre qu’ils aient le pistolet sur la tempe du bijoutier pour pouvoir les arrêter, et si la police arrive trop tard, c’est tant pis pour le bijoutier.

    Pour Dieudonné il faut attendre qu’il ait formellement promis Patrick Cohen aux chambres à gaz pour pouvoir le condamner. Et comme il est plutôt malin le bougre il fait le plus souvent attention à ce qu’il dit. Parfois toutefois il dérape et il se fait condamner mais on apprend par le ministère de la justice qu’il ne paye jamais les amendes auxquelles il est condamné et a organisé son insolvabilité en mettant ses biens et revenus aux noms de sa femme et de sociétés écrans, et il demande à ses fans de lui prêter de l’argent. Là-encore dans le genre antisystème on a fait plus sincère.

    Souvenons-nous qu’Al Capone est tombé pour fraude fiscale et comme il commence à sérieusement énerver le lascar, la justice a ouvert une enquête pour organisation d’insolvabilité illégale… Grandeur et décadence de la démocratie, à suivre !

  • Bonne année

    Hollande a prononcé ses vœux au peuple français et tout le monde lui tombe dessus, il reste serein. Il annonce la réduction de dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales et là, cela va être le feuilleton de la rentrée ! Comme d’habitude tout le monde est d’accord pour réduire les dépenses mais à condition de commencer chez le voisin.

    L’UMP lors de son séminaire de décembre dernier devant les caméras et les micros a annoncé :

    Revenir à un taux de dépenses publiques de 50% du PIB en 5 ans
    (Rappel : France : 56,4% en 2012 / Moyenne Eurozone : 49,8% / Allemagne : 45,1%).
    •Soit 130 milliards d’euros d’économies (50% pour l’Etat, 50% pour la sécurité sociale et les collectivités locales)
    •Baisser de 65 milliards les impôts
    •Affecter 65 milliards au remboursement de la dette

    Mazette, 130 milliards cela fait des sous et il va falloir maintenant trouver des idées pour aller les réaliser ces économies. Gageons que l’UMP et les journalistes économiques mondains déborderont de ces bonnes idées qu’ils n’ont pas eu le temps de présenter dans leur document de décembre, hélas.

    C’est un grand principe de la politique française : quand on est dans l’opposition, on annonce des économies et quand on est au pouvoir, on dépense. Simplement l’exercice a ses limites que nous avons atteintes, et il va falloir s’y mettre sérieusement. Hollande peut rester dans l’Histoire s’il parvient à inverser la courbe du déficit public.

    En tout cas, régalons-nous à l’avance des débats qui auront lieu sur le sujet et permettront de distinguer les véritables hommes d’Etat des branquignoles.

  • Spiegelman Art, ‘Maus’.

    Sortie : 1991, Chez : Flammarion. Spiegelman est un dessinateur de BD, fils d’un couple de juifs polonais survivants d’Auschwitz. Après le suicide de sa mère en 1968, cherchant à exorciser le passé, il fait parler son père et raconte le parcours de ses parents dans une bande dessinée émouvante où les juifs sont des souris et les nazis sont des chats. Des premières mesures anti-juives dans la Pologne des années 30 jusqu’à l’arrivée aux Etats-Unis, on passe par les camps de prisonniers des militaires polonais défaits, à la séparation familiale, la débrouille dans Auschwitz et Birkenau, la libération des camps, le fils qui ne reviendra pas, les retrouvailles avec sa femme en Pologne en 1945. Et la vie d’après aux Etats-Unis avec tout ce passif… qui nécessitera bien des thérapies.
    Tout est dit et croqué avec émotion, l’horreur n’est pas moins tragique en BD, l’Histoire est connue, hélas. Le fils rend un hommage touchant à sa famille décimée, au passé si pesant.

  • Quenelle et frustration

    Dieudonné fait la une de Charlie-Hebdo, il le mérite. La quenelle est désormais le signe de ralliement de ses potes après que leur héros ait asséné à plusieurs reprises vouloir « glisser [s]a petite quenelle dans le fond du fion du sionisme. » Passons…

    Ce qui est plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est la haine que développent ces personnages à l’encontre de l’humanité qui les entoure, ou du système comme s’est justifié Anelka, en expliquant que sa « quenelle » n’était pas antisémite mais antisystème. Dans le genre en rébellion contre le système on a vu engagement idéologique plus intense qu’un joueur de fouteballe surpayé. On ne sait d’ailleurs pas trop ce que veut dire être antisystème dans la tête d’un artiste de la quenelle. Renonce-t-il à la démocratie, au capitalisme, à la culture ? Lutte-t-il contre l’Etat, le populo, l’élite ? Pour quel projet, quel changement ? Quelle difficulté a-t-il à exprimer ses idées, ses propositions via les moyens mis à sa disposition par la société ? On ne perçoit pas bien où est son problème…

    Ces deux garçons sont nés en France et ont été élevés dans les écoles de la République. Ils ont plutôt pas mal réussi, socialement parlant tout du moins. Certes, ils ont probablement dû affronter quelques frustrations du fait de leurs origines dans leurs jeunesse, avec sans doute des manifestations de racisme à leur encontre, mais cela suffit-il à expliquer de tels comportements ? L’ascenseur social a fonctionné pour eux alors pourquoi tant de ressentiments contre la société ? Cela semble relever de la thérapie.

    Un autre fouteballeur surpayé, Lilian Thuram, à la retraite, a su sublimer sa révolte avec un peu plus de classe et d’efficacité en créant une Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme, étant membre du Haut Conseil à l’intégration, écrivant des bouquins sur ses héros noirs : Mes étoiles noires. Bref, le garçon utilise le système pour pousser ses convictions. Il met aussi probablement à contribution ses neurones…

  • 90% d’emplois en France

    L’INSEE publie les statistiques montrant la rigidité des salaires en France qui continuent à augmenter, en moyenne, même quand le pays est en stagnation. Evidemment cela vaut pour ceux qui ont des salaires mais on pourrait imaginer qu’avec 10 à 12% de chômage dans le pays une pression à la baisse s’exerce sur les salaires. Ce n’est pas globalement le cas, la moyenne des salaires progresse plus vite que l’inflation pour les 88 à 90% de la population active qui a un emploi.

  • Le conseil constitutionnel balise

    Rigolo : le conseil constitutionnel rejette un certain nombre d’articles de la loi de finances pour 2014 dont… le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour cause d’inclusion dans le calcul du plafond des revenus latents de contrats d’assurance vie. Rappelons que le concept de bouclier fiscal a été introduit par de gouvernement socialiste de Rocard en 1988.
    Aujourd’hui le conseil constitutionnel écrit :

    …Considérant, par suite, qu’en prévoyant, à l’article 13, d’intégrer dans les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune et des impôts sur le revenu certains revenus des bons ou contrats de capitalisation et des placements de même nature, notamment des contrats d’assurance-vie, alors que ces sommes ne correspondent pas à des bénéfices ou revenus que le contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de la même année, le législateur a méconnu l’autorité qui s’attache, en vertu de l’article 62 de la Constitution, à la décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ; qu’il suit de là que l’article 13 doit être déclaré contraire à la Constitution…
    Décision n° 2013-685 DC du 29 décembre 2013

    C’est un peu technique mais ce qu’il faut en retenir est qu’un gouvernement socialiste voulant plafonner l’ISF (c’est-à-dire rétablir le bouclier fiscal amélioré par le gouvernement Fillon en 2007, puis défait par le gouvernement Fillon en 2012), introduit dans la loi de finances le concept de plafonnement de l’ISF que le conseil constitutionnel (plutôt de droite bien qu’en principe « au-dessus des partis ») annule. On retient que l’agitation fiscale idéologique permanente qui amène notre parlement à changer tous les deux ans ces dispositifs concernant les plus fortunés est inopportune, la stabilité en la matière devrait être le premier objectif à atteindre.

    Les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite se rendent compte que s’ils appliquent la fiscalité de droit commun aux plus riches, les prélèvements qui seront opérés sur ces quelques milliers de contribuables risquent d’être qualifiés de « confiscatoires » et de ce fait déclarés inconstitutionnels. Alors ils usent tous de la même recette : on affiche une fiscalité rassurante pour Mme. Michu et derrière on introduit un dispositif qui atténue l’addition pour les plus fortunés, bouclier, plafonnement, ou autre. Il serait plus lisible de mettre en place une fiscalité standard ne nécessitant pas de régime d’exception et de l’expliquer calmement aux électeurs. En attendant le plafonnement de l’ISF pour le budget 2014 est retoqué et il va falloir bricoler quelque chose dans l’urgence pour que cet ISF ne soit pas jugé confiscatoire.

    Intéressant également le conseil constitutionnel a de nouveau censuré l’exonération de droits de mutation accordés depuis des siècles aux transactions immobilières réalisées en Corse :

    L’article 12, introduit par amendement parlementaire, prolongeait et accroissait le caractère dérogatoire du dispositif d’exonération partielle de l’assiette des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) de la part immobilière des successions comportant des biens et droits immobiliers situés en Corse. Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition analogue dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 relative à la loi de finances pour 2013. L’article 12 méconnaissait l’égalité devant la loi et devant les charges publiques.

    Ce qui est intéressant c’est de voir la permanence avec laquelle le parlement essaye de refourguer chaque année un dispositif inconstitutionnel accordant des avantages fiscaux à certains départements au détriment d’autres. Cela en dit long sur la capacité de nuisance de la Corse sur le reste de la République, et la crainte que cette ile provoque sur l’Etat.

  • Courbes et contortions de l’économie française

    C’est la fin de l’année et les chaines de télévision d’information en continu nous servent les incontournables replay qui leur permettent de meubler leur manque d’analyse et d’inspiration. Evidemment les engagements du président Hollande d’inverser la courbe du chômage sont repassées jusqu’à la nausée et chacun de lui tomber dessus : la droite, la gauche, les syndicats, le patronat, la presse et ma concierge mettent en valeur le fait que cet engagement n’a pas été formellement respecté et ont l’air de s’en réjouir.

    Il faut dire que le gouvernement s’emmêle dans des contorsions sémantiques pour expliquer que la courbe n’est pas vraiment inversée mais qu’on est en voie de le faire. Pas bien sûr que ces explications oiseuses portent auprès des électeurs. En tout cas les journaux satiriques adorent.

    Un certain nombre d’économistes admettent, parfois du bout des lèvres, que la situation est un peu meilleure en décembre qu’en janvier et que les accords conclus entre les partenaires sociaux (crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises, formation professionnelle, flexi-sécurité) pourraient avoir des effets positifs sur l’économie à terme, mais la presse préfère attiser la beaufitude de Mme. Michu en lui demandant si elle est pour ou contre la hausse des impôts…

    La presse pourrait aussi bien se pencher sur l’opportunité de renoncer à la niche fiscale dont bénéficient encore les journalistes, ou les subventions que les contribuables versent chaque année pour soutenir les journaux… pour montrer le cap à suivre pour la réduction de la dépense publique qu’ils appellent de leurs vœux avec une touchante unanimité sur les plateaux télévisés.