Auteur/autrice : Rehve

  • Suzanne Vega – 2014/02/12 – Paris le Divan du Monde

    Suzanne Vega – 2014/02/12 – Paris le Divan du Monde

    Suzanne Vega au Divan du Monde : quelle douceur, quelle intelligence des mots et de la musique, quel talent ! Et cette année elle nous revient avec un nouveau disque : Tales From the Realm of the Queen of Pentacles dont un exemplaire est exposé sur le tabouret où l’artiste pose ses ustensiles musicaux.

    Formation à deux sur scène, l’inséparable Gerry Leonard officie aux guitares. Comme il se doit Suzanne démarre sur Marlene on the Wall, habillée de noir, chapeau claque et rouge à lèvres, ses yeux bleus pétillants sous sa chevelure rousse, elle nous raconte l’histoire de Marlene on the wall qui regarde ses prétendants vaincre et périr, un sourire en coin, alors que le narrateur est amoureux :

    But the only soldier now is me
    Im fighting things I cannot see
    I think its called my destiny that I am changing
    Marlene on the wall!

    Cette chanson emblématique doit dater de 1985…

    Enchaînement sur Caramel, puis l’entrée dans le nouveau disque avec Fool’s Complaint : des cartes du tarot qui s’affrontent, la Reine de Pentacles contre le Fou. La presque totalité du nouveau disque sera jouée avec parfois des moments plutôt rocks comme sur I Never Wear White et les guitares cinglantes de Gerry. Une succession de très belles chansons aux textes troublants. Ces nouvelles et belles compositions sont entrecoupées de retours sur le passé : Tom’s Dinner (avec un superbe arrangement de guitares), Solitude Standing, Gypsy… qui plongent l’assistance dans une douce mélancolie.

    Un premier rappel, émouvant hommage à Lou Reed, lui aussi new-yorkais, avec Take a Walk On the Wild Side, la légendaire rythmique de ce morceau jouée sur une guitare acoustique 12 cordes par Gerry. Et puis In Liverpool demandé à l’applaudimètre, précédé de la petite histoire que certains connaissent déjà : celle d’un amoureux de Suzanne lorsqu’à 18 ans elle faisait un séjour en Angleterre et vécut une première romance estivale qui se termina lorsque l’un retourna à Liverpool et l’autre à New-York City, la mort dans l’âme. Elle lui a écrit Gypsy et envoyé la chanson. Des années plus tard, de passage à Liverpool, elle écrira In Liverpool en souvenir de cet amour inoubliable. Cette chanson nostlagique clôt notre soirée :

    In Liverpool
    On Sunday
    No reason to even remember
    you now…

    Et Suzanne reprend sa route : passagère romantique du temps qui passe, poète élégiaque de nos innocences perdues, musicienne agile, artiste fidèle qui nous enchante depuis tant d’années de sa voix brumeuse et de ses harmonies en mode mineure, Suzanne Vega, une artiste qui tient une place à part dans nos cœurs.

    Setlist : Marlene on the Wall/ Caramel/ Fool’s Complaint/ Crack in the Wall/ Jacob and the Angel/ Small Blue Thing/ Gypsy/ The Queen and the Soldier/ Don’t Uncork What You Can’t Contain/ Song of the Stoic/ Solitude Standing/ Left of Center/ I Never Wear White/ Luka/ Tom’s Diner/ Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)/ Horizon (There Is a Road)/ In Liverpool

  • L’actualité des banques

    • François Pérol, fonctionnaire français, ex-conseiller économique de Sarkozy, parachuté en 2009 comme pédégé du groupe Banque Populaire Caisses d’Epargne, groupe au bord de la faillite suite aux errements de ses dirigeants, est mis en examen pour prise illégale d’intérêt. La loi française limite en effet les conditions dans lesquelles un fonctionnaire peut aller pantoufler dans une entreprise privée dont il a eu à traiter le dossier dans l’administration. Le Pérol tombe pile dans la cible. Que la justice passe !
    • Le patron de la banque britannique Barclays a annoncé qu’il renonçait à son bonus au titre de l’année 2013 mais par contre annonce l’augmentation des bonus versés à ses cadres et autres traders-fraudeurs de 10% pour atteindre 2,4 milliards de livres. Rappelons que Barclays a racheté en 2008 la division banque d’investissement et de courtage de Lehman Brothers, dont la faillite suite à ses exploits sur les marchés a déclenché la crise financière de 2008 ; un actif certainement de grande valeur. Barclays a par ailleurs été condamnée en 2012 à une lourde amende suite à l’implication de ses traders-fraudeurs dans le scandale de la manipulation des taux LIBOR sur le marché.
    • Le patron de la banque américaine JP Morgan Chase lui n’a pas renoncé à son bonus de 20 millions d’USD en 2014, bien au contraire, puisque celui-ci a quasiment doublé pour compenser sa baisse en 2013. Rappelons également les exploits très variés de cette banque qui a été condamnée à des amendes cumulées d’une douzaine de milliards de dollars pour son implication reconnue dans plusieurs scandales financiers.
  • Bataille de tracts pour une mairoe

    Nos boîtes aux lettres commencent à être envahies de tracts publicitaires au sujet des prochaines élections municipales, remplis des mêmes slogans tapageurs et vides de sens. Rien ne change vraiment, qu’on en juge pour ceux du XIVème arrondissement de Paris où les deux cruches Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo affichent leurs bobines à tout bout de champ :

    Nathalie Kosciusko-Morizet

    « Candidate dans le 14ème arrondissement, j’ai acquis à travers nos échanges de ces derniers mois une conviction claire : vous attendez aujourd’hui plus et mieux de votre mairie. »

    Carine Petit soutenue par Anne Hidalgo

    « Au service de Paris et du XIVème ! Depuis 2001, Paris et le XIVème ont changé : tramway, rénovation urbaine, logements, espaces verts, services publics. »

    Ian Brossat soutenu par Anne Hidalgo

    « Ensemble rendons Paris moins cher. »

    Etc. etc.

  • Serge Poliakoff – Le rêve des formes

    Exposition « Serge Poliakoff – Le rêve des formes » au musée d’art moderne de Paris, un régal de couleurs et de formes par cet artiste abstrait. Citoyen russe, arrivé en famille en France au début du XXème siècle pour fuir la révolution bolchévique, il vit de ses prestations de guitariste dans les bars russo-tsiganes qui accueillent cette population de russes « blancs », avant de se lancer dans la peinture. Il réalisera des œuvres mystérieuses et colorées qui vous plongent dans des abimes de méditation. Yves Saint-Laurent dessinera une collection de robes inspirées de Poliakoff.

  • Impôt et cotisation

    La question de la déductibilité de la Cotisation sociale généralisée (CSG) revient sur la table au parlement. En effet, cette cotisation n’est que partiellement déductible de l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire que le contribuable paye de l’impôt sur une rémunération obligatoire qu’il ne reçoit pas puisque prélevée pour cette cotisation. On aurait pu imaginer que les parlementaires s’émeuvent de cette situation et veuillent rétablir la pleine déductibilité ; que nenni, ils veulent au contraire la supprimer arguant que la moitié des ménages ne payant pas l’impôt sur le revenu sont donc défavorisé car ils ne peuvent déduire d’un impôt qu’ils ne payent pas.

    C’est un peu la quadrature du cercle car il faudrait abaisser les tranches d’imposition pour que tous les contribuables puissent bénéficier de la déduction de la CSG… ce qui risque de n’être point populaire ! Il reste soit à supprimer la déductibilité pour tout le monde, soit de l’élargir à tous en reversant son produit en cash à ceux qui ne payent pas d’impôt sur les revenus. Le débat sera intéressant.

  • Léger revidrement capitaliste

    Un certain nombre d’Etats libéraux occidentaux réfléchissent à remettre en œuvre un salaire minimum. La dérégulation des codes du travail a été mise en œuvre depuis les années 80’s « Tchatcher / Reegan ». Cette nouvelle jungle rétablie sur les marchés du travail a permis des croissances soutenues et un enrichissement des pays concernés au prix d’une précarisation de l’emploi. Les petits jobs ont permis d’enrayer le chômage au prix également d’un accroissement des inégalités dans le monde capitaliste.

    Au même moment les pays émergents devenaient les usines du monde et produisaient les produits à faible valeur ajoutée à des conditions salariales défiant toute concurrence, proche du travail gratuit. Aujourd’hui la plus grosse usine au monde est celle de la société taiwanaise Foxcon localisée en Chine qui emploie 800 000 travailleurs sur le même site pour fabriquer, entre autre, les Aïe-phones et autres bimbeloteries rivées aux doigts de la génération « Y ».

    Ce système arrive aujourd’hui à certaines limites et les pays libéraux confrontés à la crise et aux revendications de leurs électeurs commencent à rétablir des salaires minima qui permettent aux classes défavorisées de se remettre sur le marché de la consommation. L’Allemagne vient de décider ce salaire minimum, avec bien des limites, mais décidé quand même, et le président américain vient de déclarer : « Donnez une augmentation à l’Amérique ! ». Venant de leaders qui ne sont pas a priori des bolchéviques convaincus, cette amorce de mouvement de retour vers (un peu) d’économie de la demande de la part des tenants de son alter-égo de l’offre ne repose bien entendu pas sur un sentiment de générosité soudaine, mais plutôt sur la nécessité de remettre un peu de bois dans la chaudière sociale.

    Lorsque la classe des gogos juste maintenue en état de survie, sans plus être en état de consommer mais juste de contester, devient majoritaire, le pouvoir économique peut avoir intérêt à inverser le mouvement. C’est ce qui est en train de se passer.

  • Voyage au bout de l’enfer

    La République Centrafricaine poursuit sa descente vers l’enfer et l’on se demande où s’arrêtera cet effondrement. La presse internationale raconte par le menu des scènes de lynchage, diffuse jusqu’à la nausée des photos d’enfants blessés ou tués à coups de machettes… Bref, une régression humaine que la communauté internationale essaye d’enrayer, du bout des doigts.

    La France post-colonialiste a beaucoup pêché dans ce pays, maintenant une présence militaire lourde, entretenant des conseillers occultes des années durant, entre proconsuls et repris de justice, pour manipuler ce dérisoire et sanguinaire confetti de l’empire. Il n’est que de relire le Voyage au Congo de Gide, publié en 1927, pour y découvrir comment sa caravane y fut pillée à Bossangoa par la population locale mais aussi les pratiques détestables des colons français de l’époque. Plus récemment j’ai vécu deux années dans ce pays, encore et toujours en guerre civile, entre rébellions militaires et coups d’Etat, de 1996 à 1998, et je n’ai souvenir que de pillage généralisé, anarchie complète, conflits ethniques et violence fauve. A l’époque lorsqu’un voleur était attrapé par la population, et quel que soit son âge, on l’attachait à un poteau, on lui plantait un clou dans la tête qui lui transperçait le cerveau le laissant mourir à petit feu au soleil. J’ai vu un de mes collègues rafalé, c’est-à-dire se faire déchiqueter les jambes par une rafale de Kalachnikov par des coupeurs de route, des bandits de grand chemin ayant élevé le pillage au rang d’unique mode de vie, le tout dans les vapeurs d’alcool.

    Pour bien faire il faudrait mettre ce pays sous tutelle mais ce n’est plus dans l’air du temps, et, même si l’ONU en décidait ainsi, qui voudrait assurer cette tutelle de toute manière vouée à l’échec et au rejet ? Alors la communauté internationale fait ce qu’elle peut, assurant le service minimum lorsque le niveau de violence dépasse les bornes de la décence et se faisant plaisir avec de beaux discours sur la démocratie et l’organisation d’élections. Il est regrettable que la France soit en première ligne dans cette affaire car son rôle négatif d’ancienne puissance coloniale fait qu’elle est régulièrement rejetée par la population, mais après tout nous nous devons d’assurer une responsabilité collective sur le mal qui a été fait à ce pays, alors buvons le calice jusqu’à la lie et faisons attention de ne pas trop traîner dans cette Afrique centrale dont la France n’arrive pas à s’extraire depuis les indépendances dans les années 60 !

  • Terminator

    Christian Jacob, avec sa tête de maquignon mal dégrossi, chefaillon de l’UMP à l’assemblée nationale, aboyeur numéro 1 de Copé-j’en-ai-une-grosse-paire, est sur tous les coups. D’abord il grossi, il n’est pourtant pas économe de son énergie pour démolir tout ce qui bouge dans la majorité socialiste, mais manifestement il consomme plus de calories dans les palais de la République qu’il n’en brûle sur les plateaux de télévision.

    Petit point qui doit agacer et qui confirme son manque de subtilité : sur les ondes et devant les caméras il appelle Mme. Vallaud-Belkacem, Mme. Belkacem tout simplement, histoire de bien marquer les origines.

    Le garçon cogne sur tous les sujets du gouvernement avec une mauvaise foi et un simplisme assumés. Il est impressionnant d’énergie et ne lâche rien. Il a la force d’un bulldozer et les arguments de Mme. Michu. C’est un opposant classique qui martèle des messages basiques comme l’Oréal fourgue ses publicités pour shampoing antipelliculaires. C’est du carpet bombing pour reprendre une expression de marketing évoquant l’inondation d’un marché par des représentants de commerces, par référence historique aux vagues de bombardiers B52 qui écrasaient le Vietnam de bombes…

    Le Jacob est un opposant formé à l’école de la mauvaise foi parlementaire française, très réputée en la matière. Il ne fait pas avancer le débat, il n’est pas programmé pour ça, il cogne et c’est tout. Peut-être un jour ce genre de personnages seront démodés et renvoyés dans leur pénates par des électeurs lassés. Mais pour l’instant le Jacob reste la star des médias, hélas ! En 2017 si la droite revient au pouvoir, le garçon sera ministre de l’intérieur ou quelque poste comparable, non point pour sa compétence mais en remerciement de sa fidélité brute.

  • Enfer et damnation

    On apprend avec consternation que les hôtels construits à la hâte à Sotchi en Russie pour accueillir les journalistes venus couvrir les jeux olympiques ne seraient pas complètement finis. Certains reporters n’auraient pas de rideaux dans leurs chambres, ou que de l’eau colorée non potable coulerait des tuyaux ! Mon Dieu quelle horreur, vont ils survivre à un tel traitement ?

    Si tel n’était pas le cas et que ces plumitifs au cœur tendre ne résistent pas à ce dénuement, ils rentreront chez eux et la couverture de ces mondanités sportives sera moins abrutissante.

  • Altermoiement sur la famille

    Une nouvelle manifestation s’est déroulée ce dimanche, cette fois-ci tournée contre les projets « famille » du gouvernement actuel. Avec quelque raison, l’opposition pense que malgré les dénégations du gouvernement, la majorité, ou au moins quelques parlementaires de cette majorité, ont toujours en tête d’élargir le principe de la procréation médicale assistée ou de la gestation pour autrui (PMA et GPA) aux couples homosexuels. Ils n’ont sans doute pas tort… Du coup ce soir le gouvernement reporte à des jours meilleurs la présentation de sa loi sur la famille.

    Bon, rien ne presse finalement, bien que le projet comportait également bien d’autres points non liés à la PMA ni à la GPA, il y a suffisamment de sujets sur la table pour occuper nos responsables pour le moment. Ce qui est amusant c’est de voir l’opposition, qui devrait se réjouir de ce retrait, en profiter pour agonir Hollande et son gouvernement qui ont eu tort de vouloir présenter ce texte comme de le retirer…

    Ceci étant dit il y a effectivement des parlementaires et des citoyens qui souhaitent que cette PMA-GPA bénéficie aux couples homosexuels. Comment fait-on ? On ne va pas les pousser dans la Seine ! Parlons, expliquons, argumentons et laissons le parlement décider. Et puis si une loi de gauche ne plaît pas à la droite, il suffira lors de la prochaine alternance de voter une nouvelle loi pour annuler la précédente. Nos élus font ça tous les matins en arrivant au parlement : défaire ce qui a été fait précédemment. Ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat.

  • In extrémis

    Deux gamins de 15 ans envolés pour rejoindre les combats en Syrie sont rattrapés par leurs parents en Turquie et ramenés en France où ils sont mis en examen par un juge. Un de leurs avocats explique que ce voyage était à but humanitaire et que les gamins partaient là-bas pour aider, pas pour se battre.

    C’est possible mais, dans le contexte actuel, un juge peut raisonnablement envisager que ces lascars soient partis vers la Syrie pour participer au jihad. On ne peut pas complètement l’exclure. Cela s’est déjà été fait avant ce cas et se fera encore après. La justice passera.

  • Hugo Victor, ‘Notre-Dame de Paris 1482’.

    Sortie : 1831, Chez : Le Club Français du Livre MCMLXX. Un roman flamboyant du grand écrivain et poète français sur le Paris du XVème siècle où cohabitent les truands de la cour des miracles, le Roi vieillissant Louis XI dans son donjon de la Bastille, les bourgeois dont les fenêtres donnent sur le parvis de Notre-Dame et, enfin et surtout, l’archidiacre et le sonneur (Quasimodo) de la cathédrale, tous deux amoureux d’Esméralda. Un roman foisonnant sur le bien et le mal, la pureté et le péché. Hélas le démon va gagner et la mort sera la conclusion logique pour tous les acteurs, même à l’aune de l’ultime et définitive preuve d’amour de Quasimodo pour la Esmeralda.

  • Cavanna est mort

    Cavanna

    Merde… !!! Encore un triste départ, encore un combattant qui nous quitte. Cavanna nous a fait marrer durant des décennies avec son anarchisme trash qui finalement véhiculait beaucoup de bon sens et de tendresse. Depuis ces dernières années il chroniquait dans Charlie Hebdo l’évolution démoniaque de sa maladie de Parkinson, sans oublier quelques commentaires grinçants sur cette vieillesse-naufrage. Il avait créé Hara-Kiri avec le Professeur Choron et contribué à lancer parmi les dessinateurs satyriques parmi les plus percutants. Ils ont secoué la société ronronnante. Il a écrit aussi de nombreux livres, qu’il nous reste à lire maintenant.

    Adieu l’artiste !

  • La saga des généraux en Egypte

    Etonnant : l’Egypte qui avait éjecté plutôt en douceur son ancien général dictateur, s’en remet deux ans plus tard à un nouveau général bien parti pour lui aussi endossé le costume de dictateur en treillis militaire. Entre temps des élections à peu près démocratiques ont porté au pouvoir des barbus qui ont appliqué leur programme habituel et tellement effrayé la population que celle-ci acclame dans sa majorité le retour au pouvoir de l’armée sur base d’un coup d’Etat… Il fallait quand même le faire.

    Des barbus aux galonnés et des galonnés aux barbus, l’histoire de ce pays est marquée par une triste rémanence.

  • Pete Seeger est mort

    Pete Seeger est mort : une légende de la musique folk et de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis avec Woody Guthrie qui écrivait sur sa guitare : « This machine kills fascists ». A l’issue d’une longue carrière, il avait joué avec Bruce Springsteen This land is your land de Guthrie lors de l’intronisation du président Obama en 2009, ce qui avait tout de même plus d’allure que Mireille Mathieu chantant la Marseillaise à la Concorde le jour de l’élection de Sarkozy en 2007 ! Il est mort à 94 ans, emportant avec lui une part de l’histoire musicale américaine, il était l’un des derniers à utiliser son banjo et ses chansons pour essayer de lutter contre la violence, la guerre, les inégalités… Il reste quelques rares descendants (Dylan, Springsteen…) dans une époque où les jeunes générations rêvent plus de devenir trader-fraudeur chez Goldman Sachs que protest singer !

    Que la terre lui soit légère !

  • Que d’argent perdu pour des jeux olympiques

    Des jeux olympiques d’hiver organisés en Russie, devant démarrer dans quelques jours, auraient fait exploser le compteur des coûts de préparation : on parle de 50 milliards de dollars dont un tiers parti en coulages divers et variés. Il est vrai qu’il s’agissait de transformer une station balnéaire du bord de la Mer Noire en station de ski, ce qui a nécessité quelques investissements… Les montagnes du Caucase toutes proches sont arrosées de neige artificielle depuis des semaines pour leur donner un semblant d’allure alpine et permettre aux skieurs de glisser sur autre chose que des cailloux.

    50 milliards de dollars, ou même si c’était seulement 40, cela représente beaucoup, voire beaucoup-beaucoup, d’argent pour une simple compétition de sport où des musculeux vont s’agiter sous leurs bannières nationales, déclenchant les habituels relents nationalistes de supporters aigris et de politicards à la recherche de. Les dispositifs de sécurité sont impressionnants : missiles, drones, forces de sécurité et tout le tra-la-la habituel digne d’un sommet de chefs d’Etats.

    Tout ceci laisse un peu pantois devant une telle débauche de moyens pour… du sport. Mais ainsi va le monde d’aujourd’hui.

  • La colère gronde

    Hier dimanche se sont retrouvés dans les rues de Paris et d’ailleurs, des manifestants sous l’emblème Jour de colère, une coalition hétéroclite de tout ce que la France compte d’oppositions sur des thèmes aussi variés que le mariage homosexuel, les impôts, l’éducation, etc. Leur manifeste s’affiche sur un site web Jour de colère, extrait :

    Jour de Colère est l’expression d’une prise de conscience de la société civile face à une action gouvernementale délétère qui nous mène droit vers l’abîme.
     Alors que la France sombre dans un chômage de masse, qu’elle perd un peu chaque jour plus sa souveraineté, que le désespoir de nos concitoyens augmente, que les familles sont détruites et que les valeurs historiques sont bafouées, notre devoir de citoyen éclairé nous impose à travers un sursaut salvateur de réagir face à un Président qui martèle qu’il ne déviera pas d’un pouce la route prise.
     Nous demanderons un changement radical en nous appuyant sur la « coagulation » de toutes les colères !
     Nous cristalliserons l’ensemble de ces déceptions, de ces peurs, de ces frustrations en un jour de colère, Dies Irae contemporain, qui devra sonner le glas définitif de cette politique héritée des précédentes.
     Jusqu’ici, le gouvernement table sur la segmentation des contestations pour mieux les isoler et les mépriser. Il est temps d’unir nos forces autour des points communs qui nous rassemblent.
     Nous avons tous au moins une raison d’être en colère contre ce gouvernement qui :
     • N’écoute pas le peuple
     • Matraque les contribuables
     • Affame nos paysans
     • Enterre notre armée
     • Libère les délinquants
     • Déboussole nos enfants
     • Pervertit notre système scolaire
     • Réduit nos libertés
     • Assassine notre identité
     • Détruit nos familles

    bref, tout ce que la France compte d’insatisfaits et de râleurs, agrégé par des malins surfant avec talent sur ces frustrations, reprises en cœur sur les bancs du parlement par nombre d’élus populistes dont le fonds de commerce est assis sur la beaufitude et la désinformation. On y trouve des intégristes qui rétabliraient l’Algérie française derrière un crucifix, mais aussi nos voisins de paliers, honnêtes et sympathiques, mais un peu crédules, se demandant tout de même s’il n’y aurait pas derrière tous ces sujets sociétaux un vaste complot pour tuer l’idée de famille patiemment construite par des générations de bons citoyens.

    C’est de bonne guerre, et c’est aussi le jeu de la démocratie. Ce que font ces gens n‘est pas illégal. Beaucoup d’entre eux n’ont toujours pas admis que l’institution du mariage ait été ouverte aux homosexuels. De la même façon que l’Espagne conservatrice est en train de très sérieusement limiter le droit à l’avortement, ces opposants français lorsqu’ils auront rétabli une majorité de droite au pouvoir chercheront à défaire le mariage homosexuel, voire également le droit à l’avortement ou la parité en politique. Les idées s’opposeront et la loi décidera, espérons simplement que le débat s’élèvera un petit peu au-dessus du niveau de Café de commerce qu’il a déjà du mal à atteindre aujourd’hui…

  • A quoi sert le forum de Davos ?

    Le World economic forum (WEF) vous connaissez ? C’est le machin mondain où se pressent chaque année le gratin des pédégés mondiaux, quelques politicards en mal de reconnaissance et la presse globale qui adore ce genre de rassemblements pipole. Le tout se déroule géographiquement dans une station de ski de luxe en Suisse à Davos, tout est donc réuni pour que le forum vole la vedette aux oscars d’Hollywood.

    Le forum pond une abondante littérature qui passe aux oubliettes d’une année sur l’autre et que sans doute pas grands monde ne lit, toutes ces sommités n’ayant que fort peu de temps pour dévorer ces milliers de pages, généralement assorties de joyeux graphiques colorés, incompréhensibles et inexplicables du genre :

     ou encore :

    Néanmoins, cette année, au milieu de cette logorrhée verbeuse émerge une analyse frappée au coin du bon sens concernant l’inégalité croissante des revenus qui aurait un effet dépressif sur les classes moyennes, particulièrement dans les pays émergents :

    Closely associated in terms of societal risk, income disparity is also among the most worrying of issues. It raises concerns about the Great Recession and the squeezing effect it had on the middle classes in developed economies, while globalization has brought about a polarization of incomes in emerging and developing economies. This is true despite the obvious progress in countries such as Brazil and lower levels of poverty in several developing countries in Asia and in Africa.

    Un groupe de travail doit sans doute plancher sur cet intéressant constat. Venant des participants aux WEF qui cumulent sans doute les plus gros salaires et fortunes jamais accumulés de toute l’histoire du capitalisme, leurs conclusions et recommandations risquent d’être intéressantes…

  • Sainte MAM a des visions

    Incroyable : Michèle Alliot-Marie (MAM), 67 ans, ex-député pendant plus de 25 ans, ministre durant plus de 15 ans, chefaillonne du RPR pendant quelques années, multi-cumularde, raide comme un passe-lacet, qui a du quitter ses dernières fonctions ministérielles (affaires étrangères) après avoir proposé à l’assemblée nationale de fournir au régime familiale Ben Ali en Tunisie les moyens de répression nécessaires pour mettre les opposants locaux, tout en tripatouillant gentiment et familialement avec ledit régime, MAM donc, née il y a 67 printemps en région parisienne mais d’origine du pays basque français, sort de son placard et se fait parachuter chef de la liste électorale de droite du grand sud-ouest pour les prochaines élections européennes.

    Elle explique, à 67 ans, qu’elle n’a rien demandé mais précise dans Sud-Ouest de ce jour :

    « Je comptais me consacrer à l’échéance de 2017 en élaborant un projet qui réponde au rejet des Français de la politique, à leur angoisse devant l’avenir et à leur désillusion du pouvoir socialiste. Mais de nombreux élus du Grand Sud-Ouest m’ont sollicitée pour que je me présente. »

    MAM-67-ans fait don de sa personne pour sauver le grand sud-ouest. On en a des larmes aux yeux et l’on croule sous la reconnaissance.

    Qu’est ce qui peut pousser un parti, l’UMP en l’occurrence, à aller chercher un apparatchik de 67 ans pour diriger une liste électorale ? C’est un mystère ! Elle est sympathique cette MAM-de-67-ans, un peu raide mais sympathique, mais elle n’a jamais cassé trois pattes à un canard durant sa trop longue carrière publique. Alors utilisons sa soi-disant notoriété pour promouvoir les jeunes recrues de l’UMP locale, mais par pitié ne la faisons pas rempiler au parlement, fut-il européen, où elle ne mettra sans doute les pieds que de loin en loin.

    Et en plus on apprend que : « Pour 2017 [élections présidentielles], je ne sais pas ce que je ferai. Je verrai à ce moment-là. » En 2017 elle aura 70 ans et envisage, peut-être, de poursuivre le sacrifice de sa personne en se présentant à la fonction suprême. Une telle abnégation force le respect mais que l’UMP nous en préserve. N’y-a-t-il personne dans ce parti pour lui recommander doucement de prendre sa retraite, quitte à lui décerner une breloque ou deux pour l’y aider, une présidence d’honneur par-ci, une décoration par-là.

     

  • Le contribuable paye pour Peugeot

    Les contribuables français vont mettre au pot pour augmenter le capital de Peugeot, entreprise familiale de construction automobile. Lesdits contribuables avaient déjà mis la main à la poche en octroyant une garantie de 7 milliards d’euros à la banque interne de Peugeot. Cette banque octroie des crédits aux acheteurs de véhicules Peugeot, ce qui est censé faciliter la décision d’achat.

    Un constructeur public chinois va également mettre au pot pour cette augmentation de capital de 3 nouveaux milliards d’euros. La famille Peugeot va progressivement devoir passer la main puisqu’elle n’a plus les moyens, ou pas la volonté, de réinjecter des sous dans son entreprise. Ainsi vont les dures lois du capitalisme…

    Bon, tout ceci est bel et bien et nous verrons si cela fait vendre de nouveaux des autos Peugeot. Quant à moi j’ai loué une 308 cet été et je ne vois pas bien ce que l’on reproche à ce véhicule qui m’est apparu moderne et efficace. Sans doute n’est-il pas assez clinquant pour une époque où la marque compte plus que l’objet.